The Island of the damned est un forum post Apocalyptique rassemblant un grand nombre de créatures surnaturelles.
 

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 Whatever it takes, cause I love the adrenaline in my veins || Elijiah

Vampire
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J'ai bien essayé de fermer la porte avec une grande délicatesse, une délicatesse démesurée même, mais je n'ai réussi qu'à la faire glisser entre mes doigts collants. Mes doigts dégoulinants de ce sang me souillant encore le corps d'une façon fort peu appréciable il faut bien l'avouer. Mon corps pulsait bien trop fort de l'adrénaline, de ce spasme d'énergie que je peine encore à contrôler. Celui-là même qui me poussa à m'adosser à cette porte un peu trop fortement fermée et m'y laisser glisser, posant mon visage au creux de mes mains souillées sans véritablement me soucier de la chose. Au point où j'en étais de toute façon ce n'est pas ça qui allait réellement empirer les choses. Je ne sais pas manger, disons les choses comme elles sont. Je me suis retrouvé coincé dans ce mode de vie, cet univers, comme un vulgaire enfant abandonné de ses parents. En solitaire dans ce monde de cinglés que j'ai pourtant étudier pendant des années, enfin d'une certaine façon. J'ai découvert des modes de vie tous plus intéressants les uns que les autres, des folies qu'on ne pouvait trouver nul part ailleurs. J'ai expérimenté un peu pour le simple plaisir de la chose et pourtant dans la présente situation je me sens plus perdu que je ne l'ai été jusqu'à maintenant. Bien davantage que lors du décès de mon oncle où je croyais avoir touché le fond de mon esprit tourmenté et planant sur un nuage dont je ne semblais pas être en mesure de descendre. Tout de ce moment, de cet instant et ce qui l'a précédé est bien pire que tout ce que j'ai pu expérimenter. Être coincé ici parce que le monde a choisi ce moment bien précis pour dévoiler l'existence des créatures comme celle que je suis devenu contre ma volonté. Être enfermé sur cette île stupide parce que je n'ai pas été assez intelligent pour rentrer chez moi alors que j'avais la chance de le faire il y a ce qui me semble être bien trop d'années maintenant. Parce que j'ai été trop imbécile pour modérer l'alcool que j'ai ingurgité ce soir-là en pensant profiter comme je l'ai fait partout ailleurs, oublier ne serait-ce que l'espace d'une soirée ce qui me ronge si férocement l'âme depuis une éternité. Ce qui continuera de le faire pour une réelle éternité. Parce que c'est ce dans quoi je suis coincé désormais, cette boucle infernale à me nourrir du sang de ce que j'ai été et fuir mes semblables pour ne pas me faire stupidement infecté par cette saloperie que je fuis comme la peste depuis que j'en connais l'existence. C'est bien là la seule chose que j'ai fait depuis les dernières années, fuir, me cacher de tout ce bordel et éviter de croiser la route d'un vampire de trop pour ne pas crever comme je suis né dans cette vie. Seul à agoniser dans un trou pourri comme cette maison que je me suis temporairement approprié. Dans cet état qui en voudrait de toute façon?

C'est là que je me cache depuis deux, trois jours même. Tâchant de calmer la bête en moi qui me demande toujours plus de l'hémoglobine désormais essentielle à ma survie, le reste n'étant plus que de la fioriture ridicule dans le lot de cette existence merdique sur tous les points. Oh on pourrait croire qu'il y a de quoi se réjouir de la vie éternelle, mais non. On ne peut pas ou du moins je ne peux pas me réjouir de cette condition digne de comptes stupides qu'on me racontait quand j'étais encore un enfant. Je le resterai toujours un peu désormais, coincé dans cette enveloppe de 28 ans qui ne saura pas ce qu'est une ride ou même l'incontinence. Ça pourrait être des avantages non négligeable, mais ça ne l'est pas. Comment est-ce que ça pourrait l'être alors que le prix à payer pour une telle condition est une horreur sans nom que je prends pourtant tant de plaisir à exploiter jusqu'au tréfond de mon être pourri jusqu'à la moelle? Je dois tuer pour survivre, tuer à défaut d'arriver à simplement largement affaiblir parce que je n'arrive pas à contrôler cette merde. Manger ne me sert plus à rien, le soleil ne peut plus réchauffer ma peau aux petites heures du matin, la vie a perdue de sa clarté et sa saveur. Il n'en reste que les cendres de ce qu'elle aurait pu être. Je suis coincé dans ce trou à rat dont je n'arriverai jamais à sortir, un endroit et une condition qui cette fois m'empêcheront réellement de revoir ma famille d'une façon ou d'une autre. Même si je sortais d'ici, je ne voudrais pas risquer de les tuer. Je le comprends presque de m'avoir semblé si fou, celui qui m'a fait ça. Je le comprends presque d'avoir laissé la vie suivre son cours après je ne sais combien d'années, même si dans son cas ce n'est pas réellement ça qui l'a poussé à embrasser le soleil une dernière fois. J'y ai bien pensé, le repos éternel, mais c'est tellement plus facile à imaginer qu'à réaliser. C'est tellement facile de se dire qu'il suffit d'ouvrir la porte un beau matin pour que tout soit terminé, mais je n'ai pas même les nerfs de faire ça... Alors comment est-ce que j'aurais les nerfs de ne pas devenir complètement cinglé à force de voir toute forme de vie s'éclipser du regard de mes pauvres victimes dont je suis souillé jour après jour?

Du sang que je laisse s'écouler sous le jet glacial de l'eau de cette douche toute aussi pourrie que cette maison pas même foutue d'avoir de l'eau chaude pour me réchauffer un peu le corps. Et pourtant je reste là, grelottant sous le jet à réfléchir et penser, mais pas trop. Parce que si je pense trop je vais encore chercher une façon d'en terminer, une façon de juste tout abandonner même si j'aurais sans doute encore tant à vivre. Alors je me contente de fermer l'interrupteur des émotions, de la peine, la misère et la déception pour me laisser envahir par la colère et une violence que je ne m'étais pas connu jusqu'à maintenant. Parce que c'est de ça que je suis fait maintenant, de violence et de bains de sang. Contraint de vivre dans des gîtes miteux à défaut d'avoir mon lit douillet dans lequel me laisser couler en toute tranquilité sans penser à demain. Je me traîne plutôt de la douche à la pièce principale après un trop long moment, me laissant tomber sur ce qui fait office de lit à cet endroit défraîchit pour y enfiler des vêtements que j'ai volé quelque part. Je ne sais plus où. Ce n'est pas comme si j'avais réellement le choix de toute façon. À manger comme je le fais, à avoir plus de sang me ruisselant sur le corps que dans la bouche, il me faut changer de vêtements régulièrement pour ne pas me retrouver l'acteur principale d'un film d'horreur sans la moindre subtilité alors que j'essaie justement de me faire oublier. Comme je le fais encore à l'instant, me roulant en boule sur le matelas en fermant les yeux, plissant la bouche d'un découragement certain non sans me lécher les lèvres dans le vain espoir d'y goûter encore ne serait-ce qu'une minuscule goutte de sang que j'ai pourtant frotté comme si je tentais d'éradiquer la peau de mon corps.
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« Do you hear the Angels. Sing for you my baby. Men and kings have come to bow to you. But here in my arms, so close to me. The son of God. Now all can see. Hallelujah We've been found. A child is born to save us now. Jesus Halleluiah light has come. A savior set us free...»

L'eau coulait. Tandis que je me tenais debout, au milieu de la pièce. L'esprit endormi. Tel un corps dépourvu de vie, les bras relâchés dans le vide et les jambes raides comme des morceaux de bois.

Une eau froide. L'évacuation de la douche peinant sans doute à correctement se faire. Si je me fiais au toussotement que produisaient les conduits passant sous la maison et jouxtant le plancher. Leurs vibrations laissant émaner des ondes qui à présent remontaient jusqu'à la plante de mes pieds. Le chauffe-eau ne déclenchant toujours pas.

Et pour cause – puisqu'après la rafle dont j'avais été victime quelques nuits plus tôt – il m'avait paru assez difficile de revenir ici pour mener à terme les travaux de réfection que Shannon et moi, on avait entrepris de commencer. Ensemble. Bien avant qu'elle disparaisse à son tour. De sorte qu'à la place de rénover l'intérieur de la maison, j'avais alors choisi de la laisser à l'abandon. Revenant juste chercher mes affaires afin de pouvoir m'installer au château. Près du seul infant qu'il me restait encore. Dans l'attente. Ne sachant pas clairement ce qu'il adviendrait de demain.

Vivant au jour le jour. Un peu comme lui, je crois. Ce jeune vampire qui avait pris possession des lieux sans que personne ne l'ait d'abord invité à entrer. Un détail de taille, dont l'importance ne me paraissait pourtant pas si négligeable que ça. Mais n'ayant de toute évidence pas suffit à le décourager. Soit. Tel un hôte digne de ce nom, je m'apprêtais donc à lui souhaiter la bienvenue d'une manière qu'il ne serait pas prêt d'oublier. Foi d'irakien. Pas vraiment inquiet de me retrouver face à un néo perturbé. Ma main à couper. Je le sentais. Tout en lui me le hurlait. Que je le vois de mes yeux, ou bien que je me limite à le sonder de loin. Trop habitué à ce genre d'exercice. Mon instinct ne me trompant que très rarement, pour ainsi dire jamais. Perturbé qu'il était pour déceler une présence que je travaillais à annihiler.

Pour sûr, il allait regretter d'avoir établi ses quartiers entre mes murs. Même si d'accord. Oui. Je savais combien survivre là, dehors, pouvait être difficile. La famine, la maladie, Tullamore. Rien que de bonnes raisons pour se mettre à l'abri. Surtout lorsqu'on était seul et livré à soi-même. Aussi, quoi de mieux qu'une vieille bâtisse tombant en ruines ? Je lui concédais. Il n'empêche que sur le coup, je n'appréciais que très moyennement son intrusion dans mon intimité.

Nul ne pouvant impunément profiter de mon hospitalité. Qu'importe que cette maison ne m'appartienne pas vraiment au bout du compte. En sachant que j'en avais simplement pris possession à mon arrivée à Belfast, après les bombardements. Emporté par la vague de migrants. Totalement démuni. Faisant passer mes besoins les plus primaires avant tout le reste. L'essentiel consistant à trouver un endroit où me loger et un toit sous lequel m'abriter. Me nourrir. De sorte qu'en voyant que personne n'y habitait, je me l'étais approprié. Retapant la charpente. Rétablissant les canalisations et raccordant l'eau courante. Me complaisant au milieu de ce délabrement tellement confortable. Rassurant. Réapprenant à sourire et à vivre dans le dénuement le plus complet. Protégé de la laideur du monde et étranger à ce qui se passait au coin de la rue.

Voilà exactement pourquoi je me tenais debout, au centre de la pièce. Comme déjà dit. Une pièce faisant à la fois office de salon et de chambre à coucher.  À l'écoute. Ressentant subitement ce manque cruel de chaleur qui venait habituellement se dégager du foyer de la cheminée. Puisque désormais, il n'y avait plus personne pour veiller à en alimenter le feu. Laissant planer par-dessus son âtre un souffle glacial. Paupières closes. Calant mes émotions sur les tiennes. Toi, qui passais par tous les états. Tes pensées se diffusant de partout, tout autour de nous. En terminer. Abandonner. Tellement à vivre encore. Avec pour toile de fond ta peine, cette misère qui t'habitait depuis qu'on t'avait infanté, la déception. Seulement vois-tu, je ne nourrissais guère l'ambition de jouer les Sire de substitution. Crois bien que j'avais déjà donné. De trop. Alors explique-moi pour quelles raisons je devrais aussi supporter tes colères et la violence qui en résultait. De mon point de vue, je n'en trouvais aucune. Tu allais juste prendre tes cliques et tes claques, puis déguerpir. Dégager. Libérer la place. Faute d'un lit douillet, c'est mon pied dans le cul que tu recevrais. Décidément, la nouvelle génération ne doutait de rien.

Sur quoi, je me tapissais dans l'ombre d'un recoin en t'entendant sortir de la salle d'eau. Entre la cheminée et le fauteuil sur lequel je m'étais si souvent assis. Tuant le temps en écrivant mes mémoires. Une confession que je destinais à Ezechiel, quatre cent ans relatés dans un carnet. Et un nombre incalculable d'heures d'écriture, à voyager au fil de mes souvenirs. T'observant. Nu et offert, un instant avant que tu n'enfiles des vêtements. Continuant à te dissimuler ma présence dans la pièce. Ne te touchant que des yeux. Pendant que tu te roulais en boule sur le matelas jeté à même le sol.

- Chez moi, on t'aurait déjà coupé les deux mains pour t'être permis d'entrer sans y avoir été invité. Par chance, l'Irlande est un pays civilisé. Tu ne crois pas ? Maintenant, dis-moi ce que tu fais ici. Et si ta réponse me convient, alors peut-être que je te laisserais la vie sauve. Sinon… ça fera une bouche de moins à nourrir.

Durcissant le ton, je me décidais enfin à te dévoiler ma présence. Tout en approchant à pas mesurés. Tranquille. Attrapant au vol la veste en laine qui traînait sur le dossier du fauteuil. Histoire de te recouvrir. Alors que je m'accroupissais devant toi. L'une de mes mains se posant sur ta joue, puis t'enfonçant la tête dans le matelas pour t'interdire toute tentative de fuite ou de riposte. Calme. Menaçant, faisant preuve d'un sang-froid inquiétant.

Suspendu à tes lèvres. Mes doigts creusant ta joue, d'un geste ferme et autoritaire : «'asmaeuk ». Je t'écoutais. Il ne tenait plus qu'à toi maintenant de te me convaincre et de me persuader qu'il en allait de mon intérêt de t'épargner...

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Parfois je me demande ce qui me manque le plus de mon ancienne vie, si loin et pourtant si près dès lors que j'observe mon reflet fané, fade, triste, visiblement exempt de toute forme de gaité. Un reflet qui ne changera jamais si ce n'est en l'émotion véhiculée par mon regard meurtri de cette nouvelle existence, exprimant toute la rage me rongeant les os jusqu'à la moelle et me faisant agir si impulsivement que je m'en maudirais. Parce que ce n'est pas ça que j'ai voulu être, soumis à la vie. J'ai essayé de me libérer de mes chaînes, de lui faire un splendide doigt d'honneur lorsqu'elle m'a dit à quel point je devais me morfondre des suites de la mort de mon oncle. Je voulais tellement survivre, vivre, respirer l'air frais de la liberté et agir comme il me plaisait. Et maintenant quoi? Maintenant je suis coincé au royaume des horreurs à me demander si j'arriverai un jour à retrouver une once de confort ou si je serai à jamais contraint de me laver à l'eau froide avant de me coucher sur un pittoresque matelas tout sauf confortable. Je me demande si j'arriverai à sourire de nouveau plutôt que simplement toujours serrer les dents sous la frustration. Je me demande si je serai heureux d'une façon ou d'une autre ou si je devrai me contenter de si peu, vivre si tristement, à défaut d'avoir les couilles de couper court à ce calvaire. Parce que c'est ce que c'est réellement tout ceci, un calvaire. Une torture que je peine à décrire tant tout de qu'elle me donne envie de faire c'est hurler. Hurler comme je me suis retenu de le faire en entendant une voix derrière-moi, me faisant ouvrir les yeux prestement et bondir pour me redresser sur le matelas. Un hurlement qui s'est étouffé au fond de ma gorgée serrée qui peine à déglutir à l'idée que cette voix soit celle d'une personne contaminée. Ce serait bien le bout de ce bordel, quoi que ce serait peut-être la solution facile tout compte fait. Peut-être que c'est ça que je devrais faire, aller les lécher ces cons contaminés pour attraper cette saloperie et la laisser faire ce que moi je ne suis pas en mesure de faire par mes propres moyens.

D'ici à ce que je me fasse une opinion sur le sujet je reste immobile, fixant l'homme qui s'approche en tâchant de limiter mes mouvements. Ne souhaitant pas le brusquer plus que de raison. Pas tant parce que je ne sais pas ce qu'il est encore exactement que parce que je ne suis pas aveugle au point de ne pas remarquer qu'il fait bien deux fois la largueur de mon corps trop frêle en comparaison. De quoi ne pas me donner l'avantage à puissance équivalente. Je le laisse donc approcher à défaut de réellement avoir un autre choix, écoutant le choix de ses propos en rien rassurants et c'est bien là le soucis de ma personne. Si j'arrive à tuer des gens, presque trop violemment pour que la chose soit réellement respectable, ça ne fait pas pour autant de moi une personne immunisé à la peur sous toutes ses formes. Je reste encore bien trop près de l'humain que j'étais, bien trop convaincu qu'un rien saura être plus fort que moi dans cet endroit. Sans doute parce que n'importe qui le serait, plus fort que moi. Plus habitué à ses capacités que j'arrive à l'être, plus doué pour un combat que je n'ai jamais réellement appris parce que je n'en ressentais pas le besoin. Parce que ma vie était normale avant tout ce bordel. Elle ne nécessitait pas de moi que je sois en mesure de me défendre contre une menace bien plus grande que celle que je suis devenu. Et si oui, je cherche sans doute à trouver la façon la plus simple d'abréger mes souffrances à l'occasion, je reste néanmoins presque déterminé à ne pas stupidement mourir parce que j'ai été trop con pour me protéger un minimum.

Alors je ne me débats pas lorsqu'il enfonce ma tête dans le matelas, la maintenant fortement en place pour me couper toute envie de le faire de toute façon. À croire qu'ils ne connaissent que la violence par ici pour régler de potentiels conflits, et après c'est lui qui vient me parler de civilité là où il aurait pu se contenter de me demander ce que je fiche ici sans me menacer pour autant. Cet imbécile. Je sens ses doigts s'enfoncer dans ma joue et je grogne légèrement, n'y comprenant rien du tout au mot qu'il prononce de façon si autoritaire. Comme si j'étais un gamin se faisant gronder par un de ses parents. Peut-être oui que je le suis encore un peu, un gamin. Peut-être même que ma bouille le trahi tout autant que mon attitude, mais qu'est-ce qu'il en sait? Je pourrait bien être trois fois plus vieux que lui qu'il ne pourrait pas le deviner. Sauf si bien sûr ils sont tous comme lui, les vieux de l'île. Plus prompt à user de la violence avant toute chose en espérant ainsi obtenir plus facilement des réponses. Chose que je lui fourni dans le plus strict minimum de la chose. « Je voulais pas dormir dehors. » Que je marmonne difficilement, mon visage écrasé dans le matelas. « Puis tu peux bien parler de civilité du con alors que t'es pas foutu de poser des questions sans faire usage de la force. Les bonnes manières ça se perd par tout le monde il faut croire. » Et si je n'étais pas si loin de sa gueule peut-être même que je me serais permis de lui cracher un bon coup au visage, par principe. Parce qu'à défaut d'avoir de la force, ma bouche au moins je sais m'en servir. Pas de bonté de cœur, mais visiblement par nécessité même si ça ne m'enchante pas plus que nécessaire. « Faudra me lâcher si tu veux que je me tire. Sauf si t'es du genre à apprécier voir tes proies s'agiter comme des asticots pour ton bon plaisir de sadique dégénéré. »
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Il fut un temps où te voir te soumettre ainsi m'aurait presque paru jouissif. Tu peux me croire. Un peu comme à cette époque pas si lointaine durant laquelle j'avais pris tant de plaisir à regarder Saor se débattre contre ce qu'il ressentait pour moi. Semant le doute dans son esprit. M'introduisant petit à petit dans son monde, et abusant de ses faiblesses. Par excès de confiance. Uniquement parce-qu'à ce moment précis j'éprouvais le sentiment absurde de tout contrôler. De tirer les ficelles d'une éternité qui pourtant m'échappait déjà. Quitte à faire taire mes remords. Jusqu'à finalement me laisser prendre à mon propre piège. Pour le voir partir, le regarder disparaître. Impuissant.

Prisonnier. Enfermé derrière les barreaux d'une cage. Condamné à mort et me préparant à subir le plus odieux des châtiments qui puisse exister. Le supplice de l'aigle. Avec la lame de ce couteau glissant sur ma peau, et suivant mon épine dorsale. En partant de la base de ma nuque pour descendre se planter entre mes reins. Mon dos s'ouvrant. Mes tissus se déchirant et les lambeaux de ma chair laissant entrevoir mon squelette. Mis à nu. Retenant mes hurlements sous la cassure de ces os que l'on brisait les uns après les autres. Puis mes poumons venant enfin reposer sur mes épaules. Signant le début de mon agonie. D'ailleurs, mieux valait encore que je chasse ces images de ma tête. Que je fasse table rase du passé. Que j'arrête d'y penser, de l'imaginer. La crispation de mes doigts sur ton visage se faisant plus pressante. Plus oppressante. Mais le pire dans tout ça, le pire – tu sais ce que c'est toi ? – le pire de tout, c'est que si c'était à refaire je ne changerais absolument rien. Pourquoi… sans doute à cause de lui. De Saor. Qui m'avait fait confiance, aveuglément et que j'avais trahi. Vouloir changer ce qui nous avait réuni et réécrire l'histoire, ce serait lui manquer de respect. Le réduire à l'état d'une chose. D'un objet que j'avais utilisé.

Plus jamais. Jamais je ne recommencerais. À manipuler, mentir, à pousser un homme à marcher dans mes pas afin de ne servir que mes propres intérêts. Égoïste. Dénué de compassion. Un soldat en mission, se moquant bien de savoir combien de dommages collatéraux il provoquerait sur son passage. Créant de la détresse inutile. Et va donc savoir pour quelles raisons je pensais à lui, ici et maintenant. Ton aura ayant dégagée pendant une fraction de seconde ce petit quelque chose qui lui appartenait. Me saisissant au cœur et aux tripes. Sauf que c'était impossible.

Qui étais tu ? Non attends. Je ne voulais pas de réponse. Sors plutôt. Dehors ! Ce que je ne voyais pas, n'existait pas. De base, j'étais simplement repassé chercher le reste de mes affaires. Pour m'installer au château ou pour suivre Amarok jusqu'aux limbes, à Riverdall. Peu importe. Tout ça n'avait plus aucun sens. Aucun. Saor était parti. Sans se retourner. Sans lever ne serait-ce que le petit doigt pour m'aider. Et tu veux que je te dise, il avait eu raison. Je ne méritais pas mieux que son mépris après ce que je lui avais fait. Alors même qu'au-delà de la rivalité personnelle et viscérale m'opposant à son sire, le facteur attachement et amour était venu se mêler de notre histoire. Cette histoire que je me refusais de changer. Ça y est. Voilà que je m'enfonçais. Sombrant à nouveau dans ce tunnel de souvenirs qui m'aspirait. Sur quoi, le crâne douloureux et presque nauséeux, je t'entraînais dans ma chute.

- Saor O'Donoghue, ça te dit quelque chose ?

Comme tu le devinais à présent, mes préoccupations ne se situaient plus vraiment sur le même plan que les tiennes. Si tu étais ce que je pensais, si tu possédais un quelconque lien de parenté avec ce dernier, je pouvais d'ores et déjà t'assurer que tu n'aurais plus jamais à dormir dehors. Sinon… dans le cas contraire et autant te le dire dès maintenant, je détestais tout ce que ta présence évoquait en moi. Trop semblable à ma pitoyable petite chose. Trop débordé par tes émotions, et paradoxalement soumis. Physiquement. Pas de taille à m'affronter. Quoique hargneux. Dans ta façon de t'exprimer, de me provoquer. Avec des mots. Ironisant sur la situation, juste irritant au possible en fait.

- Et puis, pour ta gouverne, la politesse voudrait déjà que tu commences par te présenter plutôt que d'insulter ton hôte. Quand à mon pseudo usage de la force, il n'a d'autre but que d'assurer ma sécurité. Tu survivras. Bref. Je m'appelle Elijiah. Elijiah Jazeem. Est-ce que je me montre assez poli pour toi là ?

Me relevant, je te forçais alors à te remettre sur tes deux jambes. Mes doigts glissant de ton visage à tes cheveux pour les agripper. Pas brutalement, mais assez férocement pour pouvoir te projeter contre la table. Au risque de te voir passer au travers tant les planches la constituant étaient en piteux état.

- Je t'ai lâché ! Est-ce que mes bonnes manières te paraissent suffisamment convenables ? Ou bien, est-ce que tu veux qu'on approfondisse le sujet ? Quant à mon bon plaisir, il ne nécessite pas que mes proies comme tu le dis, s'agitent. Le sadique dégénéré n'a pas besoin de ça. Rassuré ? Saor… est-ce que…

Est-ce que son sang coulait dans tes veines… il fallait que je sache, pour que mon sang cesse de battre mes tempes. Il le fallait. Pourquoi ne t'accompagnait-il pas ? Si ce qui émanait de toi contenait véritablement une partie de lui. Même infime. Est-ce qu'il allait bien ? Saor… mais peut-être que je me montais la tête…

Peut-être. Que je m'inventais des trucs. Peut-être aussi qu'après son départ, j'aurais tout donné pour lui demander pardon. Pour réparer. Pour ne pas avoir été l'homme droit et honnête qu'il espérait...

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Je ne sais réellement à quoi je m'attendais en guise de représailles à mes paroles dénuées de délicatesse et assurément en rien prononcées à mon avantage. Sans doute à cette main ferme enfonçant plus profondément ses doigts en la chaire si tendre de ma joue broyée sous le mouvement. Peut-être même à un coup si facilement échappé sous l'échelon de colère titillé par mes propos provocateurs. Les propos d'un être perdu aspirant simplement s'échapper de cette misère au plus vite pour retrouver sa pitoyable routine quotidienne. Dormir, manger, tuer, se cacher, encore et encore et encore jusqu'à ce qu'un jour enfin par pitié mort s'ensuive, mais ça ne serait pas si simple. Parce que l'immortalité a frappé à ma porte comme le monstre se tapissant sous le lit de l'enfant pour l'effrayer, le convaincre de s'endormir là où moi il tente de me convaincre de faire le nécessaire pour survivre. Tuer pour ne pas mourir, voler à défaut de prendre le temps de payer de mes moyens limités, cracher mon venin pour ne pas me faire écraser comme une vulgaire souris sans défense. Alors je m'attendais à tout oui, sans doute, tâtant de la force de l'inconnu à un niveau que j'espérais ne pas être humain, que je ne sentais pas humain. Rien en lui ne me donnait envie de lui sauter au cou pour le vider de la moindre parcelle de ce nectar nécessaire, mais ô combien difficile à se procurer sans laisser la souillure de mon repas dans mon sillage. Chose que je ne voulais pas voir se répandre ici. Son sang, mon sang, notre sang couvrant le sol de cet abri un semblant confortable que je me sentais déjà forcé de délaisser au profit d'une nouvelle insécurité. Puisque c'est de ça que ma vie mouvementée était portée depuis le grand changement, d'une constante insécurité et d'un manque cuisant de ce si rassurant sentiment de sécurité manquant cruellement à mon existence. Sans doute était-ce la raison pour laquelle je n'ai pu m'empêcher d'imaginer le pire pour la suite, la stature de l'inconnu jumelé à ses propos au ton de provocation et mes réponses l'étant tout autant. Pourtant, ce n'est en rien ce qui me frappa comme une baffe en plein visage au terme des trop longues secondes passées à attendre une manifestation de sa part.

Ce fût ce nom, celui-là même qui me fit me crisper et frémir de dégoût bien contre mon gré. Le nom de mon geôlier, celui m'ayant enfermé dans cette prison cauchemardesque avant de se sauver avec la clé sans me laisser la moindre chance de la récupérer. Ce nom que j'espérais sans doute trop ne pas entendre de toute l'interminable durée de mon éternité et qui pourtant venait de fuser des lèvres dorées de ce boulet à mon bien-être. Comment... pourquoi... qu'est-ce qui a bien pu le lui faire prononcer? Était-ce écrit en plein centre de mon front sans que je ne m'en sois rendu compte? Était-ce la capacité d'une créature que je ne saurais maîtriser? Non, bien sûr que non, c'était bien pire que tout ce que j'avais pu imaginer, mais ce n'est que lorsqu'il continua de marmonner des paroles que je n'entendais plus que je pus le réaliser. Lorsqu'il se présenta et son prénom raisonna dans les méandres de mon esprit embrumé de tant de choses depuis que mon si cher créateur m'avait parlé de son existence misérable et ce qui avait découlé du moindre de ses stupides choix. Forcément, je n'étais pas tombé sur ce petit sous-fifre mentionné au détour d'une anecdote pour le bien de la chose. Je me trouvais plongé à même le noyau central de sa chute vers les abysses de la démence et ce besoin d'en terminer pour ne plus le ressentir, ce cœur palpitant douloureusement dans son torse glacé.

Je n'avais toujours pas prononcé le moindre mot lorsqu'il me força à me relever, glissant ses doigts contre mon visage ce qui me soutira un nouveau frémissement alors que je le fixais. Assuré, mais surtout enragé. Expression qui ne s'évanouie pas lorsqu'il en vint à me projeter contre une table sans la moindre raison, amenuisant plutôt toute la rage bouillonnant en mes tripes dégoûtées de cette situation m'explosant à la gueule comme une bombe. La mauvaise blague. Ce qui n'empêche en rien un grondement de douleur de s'échapper de mes lèvres alors que j'essaie de me relever de peine et misère, ou au moins de me redresser en le fusillant du regard. Laissant finalement un sourire mauvais déformer mes traits avant d'expier un léger rire à la fois sadique, mais certainement amusé. « Tu dis m'avoir lâché, mais tu me balances contre la première surface dure à portée pour ensuite espérer avoir des réponses de ma part. Wow, sérieusement les bonnes manières c'est pas ta force du tout à toi. J'ai été honnête avec toi. Je t'ai dit que je voulais seulement pieuter, que j'allais me tirer si tu me laissais putain de tranquille... Alors tes réponses j'ai envie de te dire de te les foutre là où je pense. » J'hésite un instant, me relevant pour me mettre debout devant lui tout en cherchant les bons mots à utiliser en sachant très bien que du mal je peux lui en faire plus qu'il ne peut l'imaginer en ce moment. Parce que je sais ce qu'il en est de cet amant passé qu'il a sans doute aimé, pour qui il a tant souffert. Je le sens dans ses gestes et son attitude qu'il y a quelque chose d'inachevé qu'il n'arrivera jamais à combler désormais. Je sais qu'il me suffit de prononcer trois mots pour le voir s'écrouler à mes pieds et espérer en profiter pour me sauver, mais je sais aussi que ne rien dire en viendrait à lui donner une raison de me tuer.

Alors je fais quelques pas dans sa direction, plantant mes yeux dans les siens avant de continuer de parler. « Est-ce que quoi? Est-ce que je le connais? Est-ce que je l'ai croisé? Est-ce que je sais où il est? Est-ce que ce connard prétentieux et nombriliste a osé gâcher ma vie à tout jamais? C'est ça que tu veux savoir? Tu veux savoir si son putain de sang me brûle les veines à chaque foutue seconde que je passe à essayer de survivre dans ce bordel? C'est ça pas vrai? » Et alors que je parle je sens le rouge me monter au joue, mes poings se serrant bien malgré moi à m'en blanchir douloureusement les jointures. Je sens mon corps se crisper, ma voix s'emporter et augmenter en intensité au fil des paroles que je me risque à prononcer. Simplement parce que je suppose que c'est la seule façon que j'ai de m'en sortir en ce moment, lui dire quelque chose. Assurément pas tout, mais le stricte minimum. Suffisamment pour m'assurer au moins une putain de bonne nuit de sommeil dans le chaos. Je fais encore deux pas pour diminuer plus amplement la distance nous séparant, bien décidé à ne pas me laisser intimider par son petit jeu de force malgré ma stature et le fait que ce nom implique de trop longues années d'expérience vampirique que je ne serai jamais en mesure de compétitionner. « Oui. Oui à tout. Et maintenant... ose me toucher et je te jure que c'est tout ce que tu sauras de moi. »
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Je ne me trompais pas. N'est-ce pas ! Tout en toi me le hurlait – que ce soit à ton corps défendant ou bien que ça se manifeste à travers cette crispation venant douloureusement raidir tes muscles – Jusqu'à t'en faire frémir.

Ainsi, voilà que tu me confessais être sien. Les mots me paraissant désormais aussi dérisoire que toutes ces questions que tu laissais en suspend. Oui. Oui, à tout. M'obligeant à reculer pour m'appuyer contre le mur. Tandis que l'arrière de mon crâne cognait la surface froide et dure contre laquelle mes mains glissaient. Ne te voyant plus toi. Et mes yeux se mettant dès lors à ne plus discerner que les traits de son visage à lui lorsque je te regardais. Sa longue chevelure brune et effilée, retombant sur ses fines épaules. La pâleur presque maladive de sa peau et le vairon de ses prunelles. Avec sa silhouette longiligne. Entraînant son lot de bouleversements. Ces provocations acerbes que tu me crachais en pleine gueule venant à résonner dans ma tête comme un dernier chant du signe. Tu sais, qu'on puisse les voir ou pas, il y a avait beaucoup trop de fantômes autour de nous. Trop de revenants. Dont certains continuaient même à marcher dans mes rêves et que je redoutais d'entendre frapper à ma porte. Jusqu'à toi. Qui sans le vouloir te muais en messager.

Mais parfois, mieux valait ne pas se risquer à remuer le passé. Et frénétiquement, je continuais de cogner l'arrière de mon crâne contre ce foutu mur. Poc. Poc. Poc. Les paupières fendues, mes doigts se rétractant sur les paumes de mes mains. Ne rouvrant les yeux que lorsque tu te mettais à rire. Haineux. M'arrachant à cet état second dans lequel j'avais plongé à la seule évocation de Saor. Ma pitoyable petite chose. Est-ce que sa folie t'avait toi aussi gagné ? Contaminé. Pour peu et à te voir ainsi sourire, j'aurais presque pu le croire. Le penser. Seulement, ce sont bien d'autres sentiments qui t'animaient. Alors non. Je ne te foutrais pas la paix. Parce-que désormais, tu devenais le seul lien tangible auquel je puisse encore me raccrocher pour le retrouver. Lui parler. Le toucher. Respirer son odeur et le revoir une dernière fois.

Devenant malgré toi une espèce d’extension entre nous. Comme une sorte de pont qui relierait deux époques, cette passerelle qu'il me suffisait d'emprunter pour le rejoindre. Où qu'il soit. Et tandis que tu te redressais, courbaturé, je luttais pour ne pas me jeter à nouveau sur toi. Ça aurait été si facile. De te forcer à me donner les informations que je cherchais à obtenir en te questionnant. Tout bêtement. Choisissant de dialoguer plutôt que de prendre sans demander. Même si j'avais merdé en te bousculant. Je pouvais le reconnaître. De vieilles habitudes. D'anciens réflexes. Rien que mon instinct de survie qui s'exprimer à travers la violence que je venais de te témoigner.

Tu sais bien ce qu'on dit pourtant. Qu'il vaut mieux prévenir que guérir. Aussi, j'anticipais. Te froissant, te poussant aux limites de tes retranchements, jusqu'à regretter de ne pas avoir su réfléchir. Comme toujours. Agissant sur l'impulsion du moment. Ne pesant que le pour et le contre après. Trop tard. Certaines choses ne changeant jamais.

- Tu peux rester ici, autant que tu voudras. Je suis désolé. Pour ce que Saor t'a fait et aussi, pour la manière dont je t'ai accueilli. Mais les temps sont durs pour nous tous et la vérité, c'est que j'ai aussi peur que toi de ce qui se passe dehors. Seulement, celui qui le montre est un homme mort et ni toi ni moi n'avons envie de mourir n'est-ce pas ?

Des excuses. En guise de drapeau blanc que j'agitais sous ton nez. Le sang de Saor coulait dans tes veines et le moins que je puisse faire, c'était de ne pas répéter par deux fois les mêmes erreurs. Même s'il m'était impossible de bouger les lignes du destin. Figé dans mes remords. Parce-que j'avais détruit sa vie et que par ma faute, il lui avait fallu s'exiler. Sans savoir combien il comptait. Ignorant à quel point j'aurais voulu changer les choses. Ensemble, on aurait peut-être eu un avenir. Il devait savoir qu'après tout ça, je ne l'aurais pas abandonné. Il aurait pu rejoindre la fondation ou simplement, prendre du recul. Juste apprendre à exister par lui-même. Sans moi. Sans l'autre.

L'autre. Ton grand-père. Le plus redoutable de mes ennemis, ce roi qui après avoir vacillé avait fini par s'effondrer. Tel un géant aux pieds d'argile. La perte de ton sire lui ayant porté le coup fatal, avant que des bombes ne se mettent à pleuvoir du ciel et que cette saloperie de virus n'infecte son organisme. Il pouvait crever, je n'irais pas le pleurer.

Pour ce que ça valait. Comme si une coalition pouvait effacer les douleurs d'hier et apaiser toutes nos colères. Tout ça, ce n'était que du vent. Sur quoi, je me décollais du mur lorsque tu approchais pour me faire face. Me défiant du regard. Un regard qui ne possédait pas cette fêlure dans laquelle j'aimais tant m'engouffrer. Quand ses doigts à lui couraient sur ma peau. Quand la pâleur diaphane de son teint de petit blanc en arrivait à illuminer toutes mes ombres.

- Vas-y. Cogne-moi si ça peut te soulager. Fais le… et ensuite, peut-être que tu voudras bien me parler de lui.

Sois gentil. Dis-moi qu'il va bien. Qu'il est heureux et qu'il a enfin trouvé son coin de paradis. Il le mérite. Bien plus que n'importe qui d'autre. La boule dans ma gorge m'empêchant de poursuivre, mais sois assuré que je ne te toucherais plus. Que finalement, je te laisserais tranquille si je le devais. Que quoi qu'il ait pu te raconter, je garderais mon calme.

Je m'y engageais. Comprends juste que dans un contexte comme le notre, se préserver était une priorité. Je n'avais rien contre toi. Rien de personnel, au contraire. Et les jambes en coton, je suspendais mon souffle à tes lèvres...

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Poc. Poc. Poc. Seul bruit malmenant le silence qui s'est installé entre nous des suites de mes affirmations soutenues, de cet aveux qu'il semblait tant attendre de ma part. Oui je suis sa création, mais surtout oui je sais où il se trouve. Il moisit avec les rats, sent les flammes de l'enfer lui lécher le cul et ne reviendra jamais malgré toutes les belles paroles que tu pourras prononcer pour le ramener. Ça en est terminé de lui, mais ça je ne te le dirai pas. Du moins, pas maintenant. Pas tant que je n'aurai pas trouvé de plan B à celui se matérialisant si merveilleusement à mon esprit alors qu'un nouveau rire m'échappe. Mesquin, cruel, sadique, je le suis sans doute, mais pas de bonté de cœur. Simplement parce que c'est ce que la vie a fait de moi pour me permettre de survivre, c'est ce que lui a fait de moi. Un être qui n'en a que faire des autres, de leurs sentiments, de leurs états d'âme, de tout ce qu'ils peuvent apporter à ma si misérable existence qui ne pourra pas aller en s'améliorant tant que je serai coincé dans cette cage aux lions où le plus gros mangera tous les autres. Je ne rêve pas. Je me doute bien que pour quelques années ou pour l'éternité c'est ici que je risque de terminer ma vie, moisir jusqu'à la fin de mon existence. Cependant, je sens le vent tourner, parce qu'il ne pouvait y avoir que du mauvais en cette situation. Je la sens cette brise me caresser les neurones et me faire réaliser ce que je tiens réellement entre mes mains, ce bouclier que je n'avais su trouver ailleurs. La protection de ce que le contenu de ma tête peut bien contenir et que seule ma bouche sera en mesure de libérer. Le trésor caché de mon Sire dont je suis le seul à posséder la clé. C'est ce qui m'a suffit, ce qui m'a convaincu à lui exprimer avant tant de rage et de ferveur que ses présomptions étaient entièrement fondées à mon sujet. Le fait que désormais je passais d'étranger abusant d'un territoire n'étant pas le mien à carcasse se devant d'être préservée pour le bien de ses questionnements. Malgré son âge, sa stature, sa présence... Tout ça n'avait pas la moindre importance, pas plus qu'une quelconque menace de me torturer pour me soutirer le tout puisque la torture j'avais déjà gouté. J'avais déjà appris à encaisser pour le bien du peu de santé mentale pouvant subsister dans mon petit crâne déterminer à faire chier ma nouvelle rencontre de la journée. Peut-être qu'au fond les choses n'arrivent pas sans raison, que notre route devait se croiser à un moment ou un autre. Ne serait-ce que pour me donner un peu de répit et me permettre de réellement me poser et assimiler au calme ce qui explose autour de moi sans craindre constamment la présence d'un monstre par dessus mon épaule.

Ce qu'il ne tarde d'ailleurs à me confirmer lorsque les coups de tête contre le mur cessent et qu'enfin il se décide à répondre, mentionnant d'emblée que je semble avoir enfin un toit un peu plus stable au-dessus de la tête. Je ne lui fais pas le bonheur de m'extasier de soulagement, mais intérieurement je dois bien admettre avoir senti la pression en ce sens diminuée. D'autant plus si je suis sous la présumée protection d'un vampire en tout point plus puissant que moi. Du moins, tant que je n'aurai pas parlé puisque ce sera autre chose lorsque la lame va tomber et que le choc engendrera sans doute bien plus que quelques coups dans le mur, mais qui suis-je pour m'en soucier. D'ici-là tout ce que j'ose espérer c'est avoir trouver de quoi continuer de me protéger sans avoir à rester dans ce trou à rat qui devra me faire office de résidence à défaut d'avoir mieux, à défaut de pouvoir mieux me protéger malgré la constante contradiction en mon esprit entre la vie et la mort. Surtout qu'il risque de m'en vouloir d'avoir attendu avant de larguer la bombe à son visage, peu importe ce que je pourrai bien dire pour justifier mon choix de ne pas l'avoir fait d'emblée. Ayant tout à perdre et rien à gagner de le faire bien plus que de préserver la chose comme mon bien le plus précieux, ce qui n'est pas entièrement faux puisque je n'ai plus rien.

Pour ce qui est du reste... Je pince les lèvres en l'entendant s'excuser et prétexter une excuse similaire à celle que j'en viendrai sans doute à utiliser pour excuser un comportement que je n'ai pas envie d'excuser. Après tout, il vient lui-même de mentionner comme celui qui montre la faiblesse ne saurait s'en sortir dans cet apocalypse grandissant qui s'empreint de l'extérieur de cette maison. Raison de plus de lui envoyer mon poing dans le visage lorsqu'il m'y invite si gentiment. Pourquoi m'en priver alors qu'il ne s'est en rien modéré sur mon pauvre corps que je sens encore craquer douloureusement à chaque mouvements. « Content? » Que je lui lance avant de me détourner en soupirant pour trouver de quoi m'asseoir et éviter de le fixer dans les yeux. Non pas parce que je le crains, mais parce que je ne veux pas qu'il puisse y voir comme je me fou de sa pauvre tronche pour le bien de la mienne. « Et si j'ai pas envie de parler de lui? Tu vas me cogner encore? Tu vas tout faire pour me faire parler? Parce que si c'est ça que tu comptes faire tu devrais me tuer tout de suite, ça sera plus rapide. J'ai pas peur de la mort. » Plus maintenant... « Il n'y a pas des masses à dire de toute façon. Complètement fou le mec. » Que je termine d'ajouter d'un ton de voix détaché.
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Vas-y. Cogne-moi si ça peut te soulager. Fais-le et ensuite, peut-être que tu voudras bien me parler de lui… ou peut-être aussi que parfois, mieux valait continuer à ignorer certaines choses. Au risque de se confronter à de nouvelles déceptions. Insurmontables et bien trop douloureuses pour qu'on puisse tout simplement les accepter sans au moins se révolter. Personne ne méritant ça. Ni toi, ni moi, ni même celui par la main duquel les pires malheurs arrivaient. Qu'importe qu'on me reproche d'être aller trop loin. De toujours être au centre des tensions et de détruire les autres sur mon passage. Tant pis. Aujourd'hui, je n'aspirais plus qu'à tourner des pages. Sinon à les déchirer et à les brûler. Alors qu'est-ce que tu attendais ? Pour m'accuser à ton tour de toutes les conneries qui te passeraient par la tête.

Je vous emmerdais ! Très égoïstement, c'est ma peau que j'essayais de sauver. Puis ces regrets qui me pourrissaient l'existence, c'est au feu que j'aurais dû les jeter. Seulement plus je te regardais et plus je me sentais redevable. Fou, fou, fou à lier. Si j'avais pu me fracasser le crâne contre ce mur, pour sûr, je n'aurais pas hésité.

Maintenant, frappe-moi. Rends-moi tous ces coups que je lui avais donné et surtout, ne m'épargne aucun détail sur ce qui lui était arrivé. Dieu m'en soit témoin. Ce n'est pas ce que je voulais, il faut me croire.

Ce à la place de quoi, tu riais. Bêtement. En te prenant sans doute pour un caïd. Petit con va. Comme si autre chose que ce que tu avais en tête pouvait m'effrayer. Méfie toi. Ne relâche pas ta garde. L'homme te faisant face restait celui qui pensait quelque chose et disait tout son contraire. Borderline. En pleine phase descendante. Blessé. Grand malade. Amant quitté, amant objet de rejet, le type qu'on prenait puis qu'on jetait. Celui qui s'était fait ouvrir en deux pour ton Sire, celui qu'on avait sacrifié. Et ça tournait. Juste accepte mes excuses et restons en là.

Mais non. Comme sur des montagnes Russes, je montais. Pour mieux me casser la gueule après. L'homme qu'on désirait, le héros qu'on aimait et auquel on se raccrochait dans les moments critiques. Explosé au sol. Pas loin de couper court avec la réalité afin de me réfugier dans des mondes moins cruels. La camisole de force m'attendant à la sortie de cet enfer. Pourtant, j'avais trouvé les ressources nécessaires pour me décoller du mur. T'approchant désormais à grands pas. Vas-y gamin. Fais acte de virilité. N'accepte jamais de devenir une victime, ici-bas, seuls les prédateurs survivent. Pas de pitié. Sois juste mauvais, ne baisse pas les yeux et prends la place qui te revient de droit. Sinon, regarde à quoi tu ressembleras. Regarde bien. Je ne suis qu'une projection d'un avenir auquel tu n'as rien à envier. Prends tes couilles en main. Ne laisse personne infiltrer tes systèmes de défense. Sois plus malin. Joue toi du destin et déjoue les plans de la fatalité. Si je pouvais tout recommencer, si seulement.

Allez. Cogne ! Fais-moi mal. Aide-moi à renaître encore une fois de mes cendres, empile une pierre de plus à mon édifice. Consolide cette crise de folie qui me prenait en corps-à-corps. Frappe ! Aide-moi à ravaler mes larmes. De dépit, de douleur, de désespoir. Et enfin, ton poings venait m'éclater la mâchoire. Me renvoyant dans mes bases. Face contre le mur. Ma langue léchant le sang sur ma lèvre ouverte. Comme il faisait sombre tout en bas. Comme c'était bon de ressentir un début de douleur physique. Comme je me sentais basculer, sombrer, presque reconnaissant aux Tullamore de tous nous maintenir sous leur joug. Enfermés. Dressés. Bouclés, et en captivité.

Finalement, tu lui ressemblais plus que tu ne voulais te l'avouer. Lui aussi avait levé la main sur moi. La nuit de mon arrestation. Je t'aime Saor. C'est ce que je lui avais dit, dans ma langue maternelle. Il n'avait pas besoin de me comprendre. Un amour contre nature, un amour défiant le régime et le roi des vampires.

Est-ce qu'il t'avait parlé de moi, de nous ? Il fallait que je sache. Ressens cette urgence. Ou est-ce que lui aussi m'avait oublié. L'homme qu'on aimait aussi vite qu'on le détestait. Le parfait bouc-émissaire. Le mec qui profitait de la situation au moment opportun. Il paraît, à m'en écœurer. Alors non BORDEL ! Non. Je n'étais pas content. Pas satisfait. Je demandais réparation. Je demandais à ce qu'on me respecte putain, à ce qu'on arrête de me prendre pour un CON !! Moi aussi j'avais des sentiments. Moi aussi je souffrais. Moi aussi j'avais droit à un minimum de considération. Content, mon cul. Et me retournant, je choppais une chaise pour revenir l'exploser contre le mur. Hurlant de rage. Pendant que tu t'asseyais, me racontant de la merde.

- Qu'est-ce que tu peux bien connaître de la peur de mourir ?

Pauvre imbécile. Ta vie, tu commençais à peine à la vivre. Tu croyais déjà avoir tout vu, tout vécu, mais la vérité c'est que tu ne savais rien de ce qui t'attendait. J'aurais pu faire beaucoup plus que te buter.

- Et puis, je crois qu'on a un problème alors. Toi, tu n'as pas envie d'en parler. Mais moi vois-tu, je n'ai plus de temps à perdre. J'ai failli mourir pour ton sire, j'ai donné ma vie pour lui et trahi mes idéaux.

Balançant les débris du dossier de la chaise que je tenais toujours entre mes doigts, je revenais vers toi. Tu voulais t'enfoncer dans des mystères inutiles, très bien. Comme il te plaira. Et me penchant sur toi, je posais mes mains sur tes épaules pour t'empêcher de te relever. Avant de les faire glisser au creux de tes épaules, puis d'entourer ton cou. Dans une caresse aussi douce, que menaçante. Esquissant un sourire amusé.

- La mort n'est rien. Elle n'est qu'un passage, un couloir conduisant à l'autre monde. En revanche, elle peut-être très douloureuse. Longue. Si longue que les minutes te paraîtront des heures. L'art de la torture demande de la patience. Rien ne presse. On a l'éternité. Oui. La mort elle, n'est que le prolongement de la vie. Un rite de passage que Dieu à inventé pour permettre aux hommes d'accomplir le voyage. Est-ce que ça te rassure de savoir que je n'ai nullement l'intention de te tuer ? Parce-que, quoi que Saor ait pu te de dire, tout est vrai. Fais le bon choix.

De ton cou, mes mains glissaient sur ton visage. Mes ongles éraflant ta peau lorsque j'agrippais tes joues, pour ensuite venir enfouir mes doigts dans tes cheveux. Trop courts. T'obligeant à me regarder droit dans les yeux. Je ne plaisantais pas. La mort n'était qu'une délivrance, tandis que tout ce qui se passait avant...

La lame d'un couteau m'ouvrant le dos. Détachant mes chairs de mes os. Mes poumons reposant sur mes épaules, et une chambre noire. Avec ce lit dans lequel mon corps reposait. Couché sur le ventre…

- Puis encore une chance que la folie ne soit pas contagieuse, n'est-ce pas ?

Lentement, mes mains reglissaient jusqu'à tes épaules. Pour dégringoler le long de tes bras en même temps que je m'accroupissais devant toi. Ces mêmes mains que je laissais courir à la surface de ta peau trouvant refuge sur tes cuisses. Dis-moi juste ce que je te demande et le sujet serait clos. J'ignorais à qui tu pensais avoir affaire, mais je m'engageais à te la retaper cette baraque et à te loger. Je ne pouvais pas te proposer mieux. D'autant que je devais t'avouer que ton attitude me dépassait quelque peu. Vu la gueule que tu avais tiré à l'annonce de mon nom, pour sûr, tu connaissais mon existence. Mais encore. Ça t'avançait à quoi de repousser l'échéance ? Ou alors, ce n'était que pour le plaisir de me faire du mal. Sauf qu'on ne se connaissait pas. Un tel comportement me paraissant assez puéril. Complètement stupide. Néo ou pas. Ton éducation, on allait devoir la parfaire...

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Date d'inscription : 03/06/2018

Je sursaute en entendant le grand fracas d'une chaise s'explosant contre le mur. Un signe parmi tant d'autres que notre petite discussion pouvait très mal se terminer si je ne jouais pas mes cartes à la perfection, mais ça je m'en doutais déjà. Chaque rencontre était un nouveau combat, une nouvelle chance de chopper cette saloperie de virus ou simplement voir ma gueule se faire exploser par plus fort que moi. La loi du plus fort à son meilleur, voilà ce qu'on peut tester dans cette stupide prison où on s'est tous fait coincer comme des cons. Moi le premier. Plutôt deux prisons dans mon cas, j'ai envie de le voir ainsi. Cette île et mon propre corps ayant pris en otage celui que j'ai toujours été avant d'être confronté à cette part de noirceur, la bête, que je peine tant à contrôler. Ce serait mentir que d'affirmer ne pas avoir changé depuis la transformation et en rien pour le mieux. Je me déteste tant et je déteste tant tout de cette situation. Pourtant, je n'ai pas réellement d'autre choix que celui de garder la tête haute et cette expression blasée sur mon visage pour compenser cette assurance que je feints d'avoir alors qu'il n'en est rien. Je roule même des yeux lorsqu'il mentionne ne plus avoir de temps à perdre, être presque mort pour mon crétin de Sire et autres bêtises de ce genre. Croisant les bras en l'entendant s'approcher et me faisant violence pour ne pas bouger lorsque je sentis ses mains se poser sur mes épaules avant d'en arriver à enserrer mon cou. Pas tant de peur de mourir étouffé que de la force surnaturelle pouvant suffire à me détacher la tête du corps, je n'en doutais pas. Je le fixe, déglutissant malgré-moi en l'écoutant parler de la mort. Je l'écoute énoncer des mots qu'il n'est pas difficile de déchiffrer pour imaginer la torture de laquelle il essaie de me menacer pour me faire parler. Longue agonie à goût d'éternité à laquelle je ne pourrais sans doute pas me soustraire parce que je n'ai pas la force de le faire. Pas contre lui dont je sens les mains quitter mon cou pour trouver mon visage, mes joues qu'il agrippe de ses doigts dont je sens les ongles m’érafler la peau. Ses doigts remontant jusqu'à mes cheveux, glissant contre mes épaules, mes bras... Au point de m'en dégoûter de me sentir tant touché par un pur inconnu alors que ce n'est pas ce qui m'arrêtait il y a encore quelques années lorsque je voyageais et me complaisais à tester la marchandise locale. Le contexte est pourtant différent cette fois en tant de points. J'en frissonne, pinçant mes lèvres que je n'ai pas encore ouvertes malgré son petit monologue qu'il voudrait sans doute effrayant, mais ce n'est pas ce qui suffira à me faire craindre sa présence. Qu'il me torture, qu'il me tue, qu'il me fasse ce qu'il veut je m'en moque. Je ne plierai pas l'échine pour son bon plaisir. Pas alors que j'essaie si fortement de garder le contrôle sur ce qui me reste, c'est-à-dire presque rien. Qu'il me brise s'il le souhaite. Au moins je serai resté fidèle à moi-même, à mes convictions improvisées du moment, et ça il ne pourra pas me l'enlever. Jamais.

« Tu veux savoir ce qu'il m'a dit à ton sujet c'est ça? » Que je dis enfin lorsque ses mains se sont stoppées sur mes cuisses crispées, comme le reste de mon corps alors que je serre mes poings toujours cachés à hauteur d'aisselles de mes bras croisés. « Il m'a dit que tu l'as trahi et qu'on ne pouvait pas te faire confiance. Il m'a dit qu'il avait eu tord de te faire confiance et qu'il en avait regretté chaque instant, que c'était bien fait pour toi ce qui t'étais arrivé. » Est-ce vrai? Partiellement oui. Ce n'est pas de tant de hargne qu'il l'avait prononcé. Plutôt d'une voix empreinte d'une déception palpable face à cette situation qui lui avait assurément échappé. Rien ne m'empêchait pour autant d'ajouter une couche supplémentaire à cette trahison qu'il avait réellement mentionné, ce cher Sire. Simplement pour appuyer mon attitude face à celui qui voulait se vendre comme mon tortionnaire. Lui expliquer pourquoi je ne comptais pas si facilement vendre la mèche. Loin de la réalité, mon envie d'avoir un toit sur la tête. Je me moquais bien des informations en ma possession et en d'autres circonstances peut-être que j'aurais tout craché à son visage sans m'en formaliser, mais pas maintenant. Pas ainsi. « Alors comment est-ce que je suis supposé te faire confiance si toi, alors que tu sembles tellement attaché à lui, tu n'as pas été foutu de faire autrement que le trahir? » Je hausse un sourcil puis décroise finalement les bras pour prendre les mains sur mes cuisses et les en retirer en me penchant, posant mes yeux dans les siens avant insistance.

« Donne-moi une bonne raison de te faire confiance? Donne-moi une bonne raison de croire que tu ne vas pas me trahir moi aussi, moi qui suis son sang, lorsque j'aurai dit tout ce que j'ai à dire? Surtout que j'en sais tellement plus que toi Elijiah. Je sais tout. Je sais ce qui s'est passé sur le bateau, au manoir de McGuinness. Je sais ce que tu as fait, pourquoi il est parti et ce qu'il a fait depuis. Je sais tout ce qu'il ne t'a jamais dit. Peut-être parce qu'il savait que tu allais le trahir, va savoir. » Je m'appui de nouveau dans le canapé avant de continuer. « Tu veux me faire peur? Me torturer? Tu n'y arriveras pas. Tu n'arriveras qu'à me faire me fermer comme une huitre et me taire pour l'éternité. Est-ce que c'est vraiment ce que tu veux? Parce que si c'est vraiment ton meilleur plan pour me faire parler, tu perds ton temps. J'ai assez pris chez les Tullamore pour ne pas craindre de me faire charcuter ou subir cette merde que tu as pris pour ta trahison. Et si tu ne me crois pas, teste-moi et on verra bien qui sera le plus perdant. » Mon regard reste fixé sur le, provocateur, attendant de voir s'il comprendra enfin que dans toute cette histoire c'est moi qui a le contrôle. Du moins, j'essaie fortement...
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Whatever it takes, cause I love the adrenaline in my veins || Elijiah
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