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 Whatever it takes, cause I love the adrenaline in my veins || Elijiah

Vampire
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J'ai bien essayé de fermer la porte avec une grande délicatesse, une délicatesse démesurée même, mais je n'ai réussi qu'à la faire glisser entre mes doigts collants. Mes doigts dégoulinants de ce sang me souillant encore le corps d'une façon fort peu appréciable il faut bien l'avouer. Mon corps pulsait bien trop fort de l'adrénaline, de ce spasme d'énergie que je peine encore à contrôler. Celui-là même qui me poussa à m'adosser à cette porte un peu trop fortement fermée et m'y laisser glisser, posant mon visage au creux de mes mains souillées sans véritablement me soucier de la chose. Au point où j'en étais de toute façon ce n'est pas ça qui allait réellement empirer les choses. Je ne sais pas manger, disons les choses comme elles sont. Je me suis retrouvé coincé dans ce mode de vie, cet univers, comme un vulgaire enfant abandonné de ses parents. En solitaire dans ce monde de cinglés que j'ai pourtant étudier pendant des années, enfin d'une certaine façon. J'ai découvert des modes de vie tous plus intéressants les uns que les autres, des folies qu'on ne pouvait trouver nul part ailleurs. J'ai expérimenté un peu pour le simple plaisir de la chose et pourtant dans la présente situation je me sens plus perdu que je ne l'ai été jusqu'à maintenant. Bien davantage que lors du décès de mon oncle où je croyais avoir touché le fond de mon esprit tourmenté et planant sur un nuage dont je ne semblais pas être en mesure de descendre. Tout de ce moment, de cet instant et ce qui l'a précédé est bien pire que tout ce que j'ai pu expérimenter. Être coincé ici parce que le monde a choisi ce moment bien précis pour dévoiler l'existence des créatures comme celle que je suis devenu contre ma volonté. Être enfermé sur cette île stupide parce que je n'ai pas été assez intelligent pour rentrer chez moi alors que j'avais la chance de le faire il y a ce qui me semble être bien trop d'années maintenant. Parce que j'ai été trop imbécile pour modérer l'alcool que j'ai ingurgité ce soir-là en pensant profiter comme je l'ai fait partout ailleurs, oublier ne serait-ce que l'espace d'une soirée ce qui me ronge si férocement l'âme depuis une éternité. Ce qui continuera de le faire pour une réelle éternité. Parce que c'est ce dans quoi je suis coincé désormais, cette boucle infernale à me nourrir du sang de ce que j'ai été et fuir mes semblables pour ne pas me faire stupidement infecté par cette saloperie que je fuis comme la peste depuis que j'en connais l'existence. C'est bien là la seule chose que j'ai fait depuis les dernières années, fuir, me cacher de tout ce bordel et éviter de croiser la route d'un vampire de trop pour ne pas crever comme je suis né dans cette vie. Seul à agoniser dans un trou pourri comme cette maison que je me suis temporairement approprié. Dans cet état qui en voudrait de toute façon?

C'est là que je me cache depuis deux, trois jours même. Tâchant de calmer la bête en moi qui me demande toujours plus de l'hémoglobine désormais essentielle à ma survie, le reste n'étant plus que de la fioriture ridicule dans le lot de cette existence merdique sur tous les points. Oh on pourrait croire qu'il y a de quoi se réjouir de la vie éternelle, mais non. On ne peut pas ou du moins je ne peux pas me réjouir de cette condition digne de comptes stupides qu'on me racontait quand j'étais encore un enfant. Je le resterai toujours un peu désormais, coincé dans cette enveloppe de 28 ans qui ne saura pas ce qu'est une ride ou même l'incontinence. Ça pourrait être des avantages non négligeable, mais ça ne l'est pas. Comment est-ce que ça pourrait l'être alors que le prix à payer pour une telle condition est une horreur sans nom que je prends pourtant tant de plaisir à exploiter jusqu'au tréfond de mon être pourri jusqu'à la moelle? Je dois tuer pour survivre, tuer à défaut d'arriver à simplement largement affaiblir parce que je n'arrive pas à contrôler cette merde. Manger ne me sert plus à rien, le soleil ne peut plus réchauffer ma peau aux petites heures du matin, la vie a perdue de sa clarté et sa saveur. Il n'en reste que les cendres de ce qu'elle aurait pu être. Je suis coincé dans ce trou à rat dont je n'arriverai jamais à sortir, un endroit et une condition qui cette fois m'empêcheront réellement de revoir ma famille d'une façon ou d'une autre. Même si je sortais d'ici, je ne voudrais pas risquer de les tuer. Je le comprends presque de m'avoir semblé si fou, celui qui m'a fait ça. Je le comprends presque d'avoir laissé la vie suivre son cours après je ne sais combien d'années, même si dans son cas ce n'est pas réellement ça qui l'a poussé à embrasser le soleil une dernière fois. J'y ai bien pensé, le repos éternel, mais c'est tellement plus facile à imaginer qu'à réaliser. C'est tellement facile de se dire qu'il suffit d'ouvrir la porte un beau matin pour que tout soit terminé, mais je n'ai pas même les nerfs de faire ça... Alors comment est-ce que j'aurais les nerfs de ne pas devenir complètement cinglé à force de voir toute forme de vie s'éclipser du regard de mes pauvres victimes dont je suis souillé jour après jour?

Du sang que je laisse s'écouler sous le jet glacial de l'eau de cette douche toute aussi pourrie que cette maison pas même foutue d'avoir de l'eau chaude pour me réchauffer un peu le corps. Et pourtant je reste là, grelottant sous le jet à réfléchir et penser, mais pas trop. Parce que si je pense trop je vais encore chercher une façon d'en terminer, une façon de juste tout abandonner même si j'aurais sans doute encore tant à vivre. Alors je me contente de fermer l'interrupteur des émotions, de la peine, la misère et la déception pour me laisser envahir par la colère et une violence que je ne m'étais pas connu jusqu'à maintenant. Parce que c'est de ça que je suis fait maintenant, de violence et de bains de sang. Contraint de vivre dans des gîtes miteux à défaut d'avoir mon lit douillet dans lequel me laisser couler en toute tranquilité sans penser à demain. Je me traîne plutôt de la douche à la pièce principale après un trop long moment, me laissant tomber sur ce qui fait office de lit à cet endroit défraîchit pour y enfiler des vêtements que j'ai volé quelque part. Je ne sais plus où. Ce n'est pas comme si j'avais réellement le choix de toute façon. À manger comme je le fais, à avoir plus de sang me ruisselant sur le corps que dans la bouche, il me faut changer de vêtements régulièrement pour ne pas me retrouver l'acteur principale d'un film d'horreur sans la moindre subtilité alors que j'essaie justement de me faire oublier. Comme je le fais encore à l'instant, me roulant en boule sur le matelas en fermant les yeux, plissant la bouche d'un découragement certain non sans me lécher les lèvres dans le vain espoir d'y goûter encore ne serait-ce qu'une minuscule goutte de sang que j'ai pourtant frotté comme si je tentais d'éradiquer la peau de mon corps.
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L'eau coulait. Tandis que je me tenais debout, au milieu de la pièce. L'esprit endormi. Tel un corps dépourvu de vie, les bras relâchés dans le vide et les jambes raides comme des morceaux de bois.

Une eau froide. L'évacuation de la douche peinant sans doute à correctement se faire. Si je me fiais au toussotement que produisaient les conduits passant sous la maison et jouxtant le plancher. Leurs vibrations laissant émaner des ondes qui à présent remontaient jusqu'à la plante de mes pieds. Le chauffe-eau ne déclenchant toujours pas.

Et pour cause – puisqu'après la rafle dont j'avais été victime quelques nuits plus tôt – il m'avait paru assez difficile de revenir ici pour mener à terme les travaux de réfection que Shannon et moi, on avait entrepris de commencer. Ensemble. Bien avant qu'elle disparaisse à son tour. De sorte qu'à la place de rénover l'intérieur de la maison, j'avais alors choisi de la laisser à l'abandon. Revenant juste chercher mes affaires afin de pouvoir m'installer au château. Près du seul infant qu'il me restait encore. Dans l'attente. Ne sachant pas clairement ce qu'il adviendrait de demain.

Vivant au jour le jour. Un peu comme lui, je crois. Ce jeune vampire qui avait pris possession des lieux sans que personne ne l'ait d'abord invité à entrer. Un détail de taille, dont l'importance ne me paraissait pourtant pas si négligeable que ça. Mais n'ayant de toute évidence pas suffit à le décourager. Soit. Tel un hôte digne de ce nom, je m'apprêtais donc à lui souhaiter la bienvenue d'une manière qu'il ne serait pas prêt d'oublier. Foi d'irakien. Pas vraiment inquiet de me retrouver face à un néo perturbé. Ma main à couper. Je le sentais. Tout en lui me le hurlait. Que je le vois de mes yeux, ou bien que je me limite à le sonder de loin. Trop habitué à ce genre d'exercice. Mon instinct ne me trompant que très rarement, pour ainsi dire jamais. Perturbé qu'il était pour déceler une présence que je travaillais à annihiler.

Pour sûr, il allait regretter d'avoir établi ses quartiers entre mes murs. Même si d'accord. Oui. Je savais combien survivre là, dehors, pouvait être difficile. La famine, la maladie, Tullamore. Rien que de bonnes raisons pour se mettre à l'abri. Surtout lorsqu'on était seul et livré à soi-même. Aussi, quoi de mieux qu'une vieille bâtisse tombant en ruines ? Je lui concédais. Il n'empêche que sur le coup, je n'appréciais que très moyennement son intrusion dans mon intimité.

Nul ne pouvant impunément profiter de mon hospitalité. Qu'importe que cette maison ne m'appartienne pas vraiment au bout du compte. En sachant que j'en avais simplement pris possession à mon arrivée à Belfast, après les bombardements. Emporté par la vague de migrants. Totalement démuni. Faisant passer mes besoins les plus primaires avant tout le reste. L'essentiel consistant à trouver un endroit où me loger et un toit sous lequel m'abriter. Me nourrir. De sorte qu'en voyant que personne n'y habitait, je me l'étais approprié. Retapant la charpente. Rétablissant les canalisations et raccordant l'eau courante. Me complaisant au milieu de ce délabrement tellement confortable. Rassurant. Réapprenant à sourire et à vivre dans le dénuement le plus complet. Protégé de la laideur du monde et étranger à ce qui se passait au coin de la rue.

Voilà exactement pourquoi je me tenais debout, au centre de la pièce. Comme déjà dit. Une pièce faisant à la fois office de salon et de chambre à coucher.  À l'écoute. Ressentant subitement ce manque cruel de chaleur qui venait habituellement se dégager du foyer de la cheminée. Puisque désormais, il n'y avait plus personne pour veiller à en alimenter le feu. Laissant planer par-dessus son âtre un souffle glacial. Paupières closes. Calant mes émotions sur les tiennes. Toi, qui passais par tous les états. Tes pensées se diffusant de partout, tout autour de nous. En terminer. Abandonner. Tellement à vivre encore. Avec pour toile de fond ta peine, cette misère qui t'habitait depuis qu'on t'avait infanté, la déception. Seulement vois-tu, je ne nourrissais guère l'ambition de jouer les Sire de substitution. Crois bien que j'avais déjà donné. De trop. Alors explique-moi pour quelles raisons je devrais aussi supporter tes colères et la violence qui en résultait. De mon point de vue, je n'en trouvais aucune. Tu allais juste prendre tes cliques et tes claques, puis déguerpir. Dégager. Libérer la place. Faute d'un lit douillet, c'est mon pied dans le cul que tu recevrais. Décidément, la nouvelle génération ne doutait de rien.

Sur quoi, je me tapissais dans l'ombre d'un recoin en t'entendant sortir de la salle d'eau. Entre la cheminée et le fauteuil sur lequel je m'étais si souvent assis. Tuant le temps en écrivant mes mémoires. Une confession que je destinais à Ezechiel, quatre cent ans relatés dans un carnet. Et un nombre incalculable d'heures d'écriture, à voyager au fil de mes souvenirs. T'observant. Nu et offert, un instant avant que tu n'enfiles des vêtements. Continuant à te dissimuler ma présence dans la pièce. Ne te touchant que des yeux. Pendant que tu te roulais en boule sur le matelas jeté à même le sol.

- Chez moi, on t'aurait déjà coupé les deux mains pour t'être permis d'entrer sans y avoir été invité. Par chance, l'Irlande est un pays civilisé. Tu ne crois pas ? Maintenant, dis-moi ce que tu fais ici. Et si ta réponse me convient, alors peut-être que je te laisserais la vie sauve. Sinon… ça fera une bouche de moins à nourrir.

Durcissant le ton, je me décidais enfin à te dévoiler ma présence. Tout en approchant à pas mesurés. Tranquille. Attrapant au vol la veste en laine qui traînait sur le dossier du fauteuil. Histoire de te recouvrir. Alors que je m'accroupissais devant toi. L'une de mes mains se posant sur ta joue, puis t'enfonçant la tête dans le matelas pour t'interdire toute tentative de fuite ou de riposte. Calme. Menaçant, faisant preuve d'un sang-froid inquiétant.

Suspendu à tes lèvres. Mes doigts creusant ta joue, d'un geste ferme et autoritaire : «'asmaeuk ». Je t'écoutais. Il ne tenait plus qu'à toi maintenant de te me convaincre et de me persuader qu'il en allait de mon intérêt de t'épargner...

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ELIJIAH HASSAN JAZEEM
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Parfois je me demande ce qui me manque le plus de mon ancienne vie, si loin et pourtant si près dès lors que j'observe mon reflet fané, fade, triste, visiblement exempt de toute forme de gaité. Un reflet qui ne changera jamais si ce n'est en l'émotion véhiculée par mon regard meurtri de cette nouvelle existence, exprimant toute la rage me rongeant les os jusqu'à la moelle et me faisant agir si impulsivement que je m'en maudirais. Parce que ce n'est pas ça que j'ai voulu être, soumis à la vie. J'ai essayé de me libérer de mes chaînes, de lui faire un splendide doigt d'honneur lorsqu'elle m'a dit à quel point je devais me morfondre des suites de la mort de mon oncle. Je voulais tellement survivre, vivre, respirer l'air frais de la liberté et agir comme il me plaisait. Et maintenant quoi? Maintenant je suis coincé au royaume des horreurs à me demander si j'arriverai un jour à retrouver une once de confort ou si je serai à jamais contraint de me laver à l'eau froide avant de me coucher sur un pittoresque matelas tout sauf confortable. Je me demande si j'arriverai à sourire de nouveau plutôt que simplement toujours serrer les dents sous la frustration. Je me demande si je serai heureux d'une façon ou d'une autre ou si je devrai me contenter de si peu, vivre si tristement, à défaut d'avoir les couilles de couper court à ce calvaire. Parce que c'est ce que c'est réellement tout ceci, un calvaire. Une torture que je peine à décrire tant tout de qu'elle me donne envie de faire c'est hurler. Hurler comme je me suis retenu de le faire en entendant une voix derrière-moi, me faisant ouvrir les yeux prestement et bondir pour me redresser sur le matelas. Un hurlement qui s'est étouffé au fond de ma gorgée serrée qui peine à déglutir à l'idée que cette voix soit celle d'une personne contaminée. Ce serait bien le bout de ce bordel, quoi que ce serait peut-être la solution facile tout compte fait. Peut-être que c'est ça que je devrais faire, aller les lécher ces cons contaminés pour attraper cette saloperie et la laisser faire ce que moi je ne suis pas en mesure de faire par mes propres moyens.

D'ici à ce que je me fasse une opinion sur le sujet je reste immobile, fixant l'homme qui s'approche en tâchant de limiter mes mouvements. Ne souhaitant pas le brusquer plus que de raison. Pas tant parce que je ne sais pas ce qu'il est encore exactement que parce que je ne suis pas aveugle au point de ne pas remarquer qu'il fait bien deux fois la largueur de mon corps trop frêle en comparaison. De quoi ne pas me donner l'avantage à puissance équivalente. Je le laisse donc approcher à défaut de réellement avoir un autre choix, écoutant le choix de ses propos en rien rassurants et c'est bien là le soucis de ma personne. Si j'arrive à tuer des gens, presque trop violemment pour que la chose soit réellement respectable, ça ne fait pas pour autant de moi une personne immunisé à la peur sous toutes ses formes. Je reste encore bien trop près de l'humain que j'étais, bien trop convaincu qu'un rien saura être plus fort que moi dans cet endroit. Sans doute parce que n'importe qui le serait, plus fort que moi. Plus habitué à ses capacités que j'arrive à l'être, plus doué pour un combat que je n'ai jamais réellement appris parce que je n'en ressentais pas le besoin. Parce que ma vie était normale avant tout ce bordel. Elle ne nécessitait pas de moi que je sois en mesure de me défendre contre une menace bien plus grande que celle que je suis devenu. Et si oui, je cherche sans doute à trouver la façon la plus simple d'abréger mes souffrances à l'occasion, je reste néanmoins presque déterminé à ne pas stupidement mourir parce que j'ai été trop con pour me protéger un minimum.

Alors je ne me débats pas lorsqu'il enfonce ma tête dans le matelas, la maintenant fortement en place pour me couper toute envie de le faire de toute façon. À croire qu'ils ne connaissent que la violence par ici pour régler de potentiels conflits, et après c'est lui qui vient me parler de civilité là où il aurait pu se contenter de me demander ce que je fiche ici sans me menacer pour autant. Cet imbécile. Je sens ses doigts s'enfoncer dans ma joue et je grogne légèrement, n'y comprenant rien du tout au mot qu'il prononce de façon si autoritaire. Comme si j'étais un gamin se faisant gronder par un de ses parents. Peut-être oui que je le suis encore un peu, un gamin. Peut-être même que ma bouille le trahi tout autant que mon attitude, mais qu'est-ce qu'il en sait? Je pourrait bien être trois fois plus vieux que lui qu'il ne pourrait pas le deviner. Sauf si bien sûr ils sont tous comme lui, les vieux de l'île. Plus prompt à user de la violence avant toute chose en espérant ainsi obtenir plus facilement des réponses. Chose que je lui fourni dans le plus strict minimum de la chose. « Je voulais pas dormir dehors. » Que je marmonne difficilement, mon visage écrasé dans le matelas. « Puis tu peux bien parler de civilité du con alors que t'es pas foutu de poser des questions sans faire usage de la force. Les bonnes manières ça se perd par tout le monde il faut croire. » Et si je n'étais pas si loin de sa gueule peut-être même que je me serais permis de lui cracher un bon coup au visage, par principe. Parce qu'à défaut d'avoir de la force, ma bouche au moins je sais m'en servir. Pas de bonté de cœur, mais visiblement par nécessité même si ça ne m'enchante pas plus que nécessaire. « Faudra me lâcher si tu veux que je me tire. Sauf si t'es du genre à apprécier voir tes proies s'agiter comme des asticots pour ton bon plaisir de sadique dégénéré. »
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Il fut un temps où te voir te soumettre ainsi m'aurait presque paru jouissif. Tu peux me croire. Un peu comme à cette époque pas si lointaine durant laquelle j'avais pris tant de plaisir à regarder Saor se débattre contre ce qu'il ressentait pour moi. Semant le doute dans son esprit. M'introduisant petit à petit dans son monde, et abusant de ses faiblesses. Par excès de confiance. Uniquement parce-qu'à ce moment précis j'éprouvais le sentiment absurde de tout contrôler. De tirer les ficelles d'une éternité qui pourtant m'échappait déjà. Quitte à faire taire mes remords. Jusqu'à finalement me laisser prendre à mon propre piège. Pour le voir partir, le regarder disparaître. Impuissant.

Prisonnier. Enfermé derrière les barreaux d'une cage. Condamné à mort et me préparant à subir le plus odieux des châtiments qui puisse exister. Le supplice de l'aigle. Avec la lame de ce couteau glissant sur ma peau, et suivant mon épine dorsale. En partant de la base de ma nuque pour descendre se planter entre mes reins. Mon dos s'ouvrant. Mes tissus se déchirant et les lambeaux de ma chair laissant entrevoir mon squelette. Mis à nu. Retenant mes hurlements sous la cassure de ces os que l'on brisait les uns après les autres. Puis mes poumons venant enfin reposer sur mes épaules. Signant le début de mon agonie. D'ailleurs, mieux valait encore que je chasse ces images de ma tête. Que je fasse table rase du passé. Que j'arrête d'y penser, de l'imaginer. La crispation de mes doigts sur ton visage se faisant plus pressante. Plus oppressante. Mais le pire dans tout ça, le pire – tu sais ce que c'est toi ? – le pire de tout, c'est que si c'était à refaire je ne changerais absolument rien. Pourquoi… sans doute à cause de lui. De Saor. Qui m'avait fait confiance, aveuglément et que j'avais trahi. Vouloir changer ce qui nous avait réuni et réécrire l'histoire, ce serait lui manquer de respect. Le réduire à l'état d'une chose. D'un objet que j'avais utilisé.

Plus jamais. Jamais je ne recommencerais. À manipuler, mentir, à pousser un homme à marcher dans mes pas afin de ne servir que mes propres intérêts. Égoïste. Dénué de compassion. Un soldat en mission, se moquant bien de savoir combien de dommages collatéraux il provoquerait sur son passage. Créant de la détresse inutile. Et va donc savoir pour quelles raisons je pensais à lui, ici et maintenant. Ton aura ayant dégagée pendant une fraction de seconde ce petit quelque chose qui lui appartenait. Me saisissant au cœur et aux tripes. Sauf que c'était impossible.

Qui étais tu ? Non attends. Je ne voulais pas de réponse. Sors plutôt. Dehors ! Ce que je ne voyais pas, n'existait pas. De base, j'étais simplement repassé chercher le reste de mes affaires. Pour m'installer au château ou pour suivre Amarok jusqu'aux limbes, à Riverdall. Peu importe. Tout ça n'avait plus aucun sens. Aucun. Saor était parti. Sans se retourner. Sans lever ne serait-ce que le petit doigt pour m'aider. Et tu veux que je te dise, il avait eu raison. Je ne méritais pas mieux que son mépris après ce que je lui avais fait. Alors même qu'au-delà de la rivalité personnelle et viscérale m'opposant à son sire, le facteur attachement et amour était venu se mêler de notre histoire. Cette histoire que je me refusais de changer. Ça y est. Voilà que je m'enfonçais. Sombrant à nouveau dans ce tunnel de souvenirs qui m'aspirait. Sur quoi, le crâne douloureux et presque nauséeux, je t'entraînais dans ma chute.

- Saor O'Donoghue, ça te dit quelque chose ?

Comme tu le devinais à présent, mes préoccupations ne se situaient plus vraiment sur le même plan que les tiennes. Si tu étais ce que je pensais, si tu possédais un quelconque lien de parenté avec ce dernier, je pouvais d'ores et déjà t'assurer que tu n'aurais plus jamais à dormir dehors. Sinon… dans le cas contraire et autant te le dire dès maintenant, je détestais tout ce que ta présence évoquait en moi. Trop semblable à ma pitoyable petite chose. Trop débordé par tes émotions, et paradoxalement soumis. Physiquement. Pas de taille à m'affronter. Quoique hargneux. Dans ta façon de t'exprimer, de me provoquer. Avec des mots. Ironisant sur la situation, juste irritant au possible en fait.

- Et puis, pour ta gouverne, la politesse voudrait déjà que tu commences par te présenter plutôt que d'insulter ton hôte. Quand à mon pseudo usage de la force, il n'a d'autre but que d'assurer ma sécurité. Tu survivras. Bref. Je m'appelle Elijiah. Elijiah Jazeem. Est-ce que je me montre assez poli pour toi là ?

Me relevant, je te forçais alors à te remettre sur tes deux jambes. Mes doigts glissant de ton visage à tes cheveux pour les agripper. Pas brutalement, mais assez férocement pour pouvoir te projeter contre la table. Au risque de te voir passer au travers tant les planches la constituant étaient en piteux état.

- Je t'ai lâché ! Est-ce que mes bonnes manières te paraissent suffisamment convenables ? Ou bien, est-ce que tu veux qu'on approfondisse le sujet ? Quant à mon bon plaisir, il ne nécessite pas que mes proies comme tu le dis, s'agitent. Le sadique dégénéré n'a pas besoin de ça. Rassuré ? Saor… est-ce que…

Est-ce que son sang coulait dans tes veines… il fallait que je sache, pour que mon sang cesse de battre mes tempes. Il le fallait. Pourquoi ne t'accompagnait-il pas ? Si ce qui émanait de toi contenait véritablement une partie de lui. Même infime. Est-ce qu'il allait bien ? Saor… mais peut-être que je me montais la tête…

Peut-être. Que je m'inventais des trucs. Peut-être aussi qu'après son départ, j'aurais tout donné pour lui demander pardon. Pour réparer. Pour ne pas avoir été l'homme droit et honnête qu'il espérait...

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