The Island of the damned est un forum post Apocalyptique rassemblant un grand nombre de créatures surnaturelles.
 

Partagez | 

 It's hard to maintain, any smile on my face (ft. Lahja)

Djinn
Progéniture d'Ève
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 108
Points RP : 264
Date d'inscription : 29/06/2018

It's hard to maintain, any smile on my face
Lahja Vehviläinen & Henrik Jorgensen

 
« Now tell me: how did all my dreams turn to nightmares? How did I lose it when I was right there? Now I'm so far that it feels like it's all gone to pieces Tell me why the world never fights fair I'm trying to find  »
Cigarette entre les lèvres, qui se consume lentement, sans qu'il n'aspire la fumée pour autant. Bouteille de whisky dans la main, sans qu'il ne la vide pour autant. Regard vide posé sur l'horizon et ce soleil, qui pointe timidement son nez au travers des nuages lourds. Paysage quotidien de cette île de malheur. Qu'il n'a pas encore su apprécier. Probablement parce qu'il n'apprécie plus grand chose. Ni les couleurs châtoyantes, de ce début de journée. Ni l'air frais et marin, qui s'écrase sur son visage buriné. Ni même cet alcool, qui brûle régulièrement sa gorge, lorsqu'il daigne pointer la bouteille à sa bouche. Profond soupir, qui ne fait qu'exprimer la terrible lassitude qui traîne contre sa peau. Dans le fond, il n'a même plus envie de se nourrir. Il n'a même plus ce besoin, de conserver sa vie si longue, qui lui permettrait d'apprendre toujours plus. Il a devant lui, à portée de main, tant de connaissances nouvelles à acquérir. Et pourtant il reste là, planté, droit comme un piquet, à observer le monde, sans avoir l'air d'en faire partie pour autant. Cruelle existence, qui se rappelle à lui sans discontinuer. Dans cette faim, qu'il ressent pourtant au plus profond de ses entrailles. Et puis il se dit, quelque part, là au fond de lui, qu'une chasse lui fera le plus grand bien. Rien de très important. Un simple humain à attaquer. Plus pour le plaisir d'être le prédateur, que par réelle envie de se nourrir. Les lois sont contre lui. Cette coalition des races, est contre lui. Seulement il s'en moque bien, de tous ces gens qui pensent décider pour lui. Dans un geste sec, il jette sa cigarette à moitié consumée sur le sol, il amène la bouteille à ses lippes, pour vider la dernière gorgée et à l'instar du bâton mortel, il en jette la carcasse sur le sol. Et enfin il se décolle de son mur, pour s'éloigner d'une démarche, d'abord incertaine, puis beaucoup plus assurée, à chacun de ses pas.


Son dévolu se porte bientôt, alors qu'il s'éloigne de la ville, sur cet homme, qui s'est aventuré bien trop loin de sa demeure, de son centre adoré. Imprudent bienvenu, qu'il observe d'abord de ce sourire sardonique qui le caractérise tant dernièrement. Traits figés, dans une impression d'indifférence, qu'il quitte rarement. Même s'il s'apprête à réveiller sa nature profonde. Même s'il s'apprête à attaquer cette personne. Même s'il va faire quelque chose, qu'il apprécie finalement. Tout cela n'importe que peu. Il s'approche finalement, dans un bruit calculé, destiné à effrayer. La peur sur les visages. Il s'en délecte inconsciemment. Cela lui ressemble peu. A l'origine. Seulement plus rien ne l'étonne maintenant. Des yeux se lèvent vers lui, l'effet semble réussi. Ce n'est donc pas une créature. Ce n'est pas une de ces choses, sur lesquelles il ne pourrait pas se nourrir. L'humanité est probablement la seule à s'effrayer encore de ces bestioles variées. Ses lèvres s'étirent un peu plus, la proie tente de fuir... pas longtemps. Juste quelques enjambées, il essaye de retourner vers son domaine. Pas assez vite néanmoins. Le Djinn trouve le moyen de le rattraper et d'un coup de pied, le fait trébucher et tomber lourdement sur le sol. Le cri s'échappe. Et lui soupire en réponse. Shhhh! Sa main vient caresser ses lèvres, dans ce mouvement si caractéristique du silence. L'homme veut crier bien sûr. Il est au courant des lois lui aussi. Il sait que le génie n'agit pas comme il le devrait. Alors il laisse ses poumons s'exprimer, lorsque le danois réplique d'un claquement de langue agacé. Il ne prend que quelques secondes, pour prolonger son contact et enfin anéantir toute forme de velléité, en le plongeant dans ce monde de rêve si caractéristique.


Sa peau s'illumine, de ce bleu, de ces tatouages et sa nature se révèle. En plein jour. Il peut le faire maintenant. C'est interdit, certes, d'utiliser les humains non consentants pour se nourir. Seulement personne ne s'étonnera de le voir changer de peau de cette façon. Hey! Vous là! Arrêtez! Concentré sur son acte, il n'a pas entendu les pas derrière lui. Concentré sur son méfait, il n'a pas imaginé une seconde être pris sur le fait. Lui habituellement si prudent, vient de se faire avoir de la pire des façons. Son regard vient se poser, sur celui qui s'est interposé. Noir, presque agressif, il l'observe, comme pour évaluer le danger qu'il court, à rester dans le coin. Délaissant sa victime une seconde, il se redresse, de toute sa hauteur, comme pour impressionner le nouveau venu, avant de lancer d'un ton plus tranquille que son tumulte intérieur. Oh mais je fais rien de mal voyons. Il m'a pris pour le génie d'Aladin. Je n'ai fait que lui offrir un voeu. Ses lippes s'écartent d'autant plus, de ce sourire moqueur si présent parfois. Il se joue de lui, le prend pour un idiot, quand visiblement, il ne l'est pas. La blague n'est pas appréciée à sa juste valeur et l'intrus s'approche de lui, presque menaçant. Une seconde, le plus grand prend peur, face à cet inconnu. Il peut être n'importe quoi. Absolument pas humain. Une créature sur laquelle il ne pourrait avoir le dessus. Le djinn sait qu'elles existent, même s'il ne sait pas encore les distinguer. Alors il recule d'un pas, trébuche sur le pied de sa victime et chute au sol, violemment. Forcément. Il s'éloigne encore, sur le sol, avant de se relever le plus prestement possible. Sa dignité semble enfuie, mais il réussit à relever le menton, pour toiser le perturbateur. Vous êtes hors la loi. Et vous le savez. La main fuse, droit vers sa gorge qu'elle agrippe. Le Djinn se moque bien de blesser quelqu'un d'autre. On va s'calmer monsieur l'agent. J'voudrais pas vous envoyer au pays des rêves à votre tour... Ses dents viennent agripper ses lèvres, en une expression visible de ravissement. Sans aviser le sorcier, qui semble pourtant à deux doigts d'utiliser ses pouvoirs contre lui...
(c) DΛNDELION
Revenir en haut Aller en bas
♣ Elementaire ♣ Administratrice
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 1303
Points RP : 2273
Date d'inscription : 22/09/2017



IT'S HARD TO MAINTAIN, ANY SMILE, ON MY FACE
(*) Olin kiinni rakkaudessas. Vanki niin kuin sinäkin. Vaikka soudan maaliman ääriin, varjos seuraa sinnekin.

 
Henrik Jorgensen | Lahja Vehviläinen

Dublin, plus souvent appelée le Purgatoire. Zone crainte et évitée que Lahja n'avait pas encore foulé, retenue par les appréhensions carnassières de son frère. Lui qui ne pouvait s'empêcher de l'imaginer disparaître au moindre coup de vent. Lui qui tentait de la préserver du pire alors qu'autour d'elle, le danger était devenu omniprésent. Elle entendait ses mises en garde, ses conseils, sans pourtant les appliquer à son quotidien bancal. De plus en plus esseulée par les missions qu'elle se donnait. Comme pour fuir toutes les émotions abîmant son muscle moteur lorsque le silence remplaçait les pleurs des enfants, la douleur des patients et les protestations éternelles des prisonniers. Cela faisait un moment, que brique par brique, elle s'emmurait dans la stérilité d'une vie vouée à ce devoir qu'elle n'avait pas choisi d'endosser. Leader des élémentaires, représentante du peuple sorcier. Tant de mots qui ne voulaient pas dire grand chose au final. Des mots qui, au fil du temps, s'étaient pourtant intégrés aux cellules les plus profondes de son organisme, jusqu'à en altérer son Humanité dans l'espoir d'être suffisamment forte et digne pour sauver les meubles. C'était ce que ses parents auraient voulu qu'elle fasse, après tout. Cependant, le chaos n'en avait pas fini de s'emparer de ses rêves. Il n'en avait pas fini de piétiner ses fragilités, quitte à emplir sa tête de cauchemars désordonnés. Le monstre de ses angoisses ravageant à chaque fois un peu plus les aurores boréales qui constellent ses desseins ainsi que sa compassion. Cela lui donnait la sensation de sentir son âme s'étioler au moindre souffle qu'elle prenait. N'était-ce pas ridicule de porter le monde à bout de bras alors que l'on peinait soi-même à se guérir ? Cette île la changeait et le relent des erreurs qu'elle avait commises lui brûlait la trachée. Il était si dur de se battre contre la noirceur oppressante de la nouvelle vie qu'on lui avait imposé. Il était si dur de rester brave, de sourire et de ne pas céder à ces furies qui ne rugissaient qu'à l'intérieur de son ventre. Il était si dur de rester humaine, tout simplement. Pourtant, il le fallait. Alors, à chacun de ses réveils, elle délaissait ses propres fissures pour mieux colmater celles de ceux qui en avaient le plus besoin. C'était son exutoire : donner pour mieux s'effacer.

Et surtout oublier, qu'elle aussi souffrait. D'autres maux, d'autres histoires. De quelques lambeaux qui  hantaient le creux de ses insomnies pour lui retirer le luxe immatériel de l'inconscience, gardant ses paupières grandes ouvertes sur tout ce qu'elle avait pu rater lorsque le monde était encore paisible et tranquille. Lorsque le monde était encore civilisé. Ce monde-là n'était plus et une part d'elle-même avait été assassinée lorsque ses parents ont été tués. Lahja n'était plus la même depuis l'événement, depuis que la haine était dominante. Cette femme qu'elle croisait au détour d'un miroir lui était totalement étrangère. C'est quelque chose de terrifiant de se faire face sans pour autant se reconnaître. De se chercher au fond d'un reflet sans jamais se trouver. Pour cela, elle n'avait que sa mémoire en sourdine, même si tous ses plus beaux souvenirs avaient un goût amer, prêt à l'étrangler à tout moment si elle prenait le risque de se perdre à l'intérieur. La plupart du temps, elle préférait s'accrocher à la réalité de la guerre qui se préparait, à cette diplomatie avec laquelle elle s'habillait pour mieux éloigner l'ennemi. Maintenir la précarité du traité étant une tâche bien plus difficile qu'elle ne l'aurait cru puisque la survie devenait peu à peu une excuse aux plus terribles des ignominies. Puisque la violence ambiante était si présente qu'elle justifiait les moyens. Pour elle, ce n'était qu'un amas de mensonges au sein duquel certaines créatures tiraient profit. Le seul bémol inévitable à son semblant d'harmonie, le crissement sévère contre le tableau noir de cette faible droiture qui traînait dans l'air. De l'air que les générations futures inspiraient inconsciemment, incrustant déjà dans leurs pores les arts de la guerre et de la discorde.

C'était donc à Dublin qu'elle s'était rendue cette fois. Muselant la frénésie de ses regrets pour mieux laisser parler son implication dans la cause. Pour être plus efficace. Avec quelques uns de ses collègues et surtout Clent puisque c'était le compromis qu'elle avait passé avec son frère pour qu'il la laisse partir. En repérages, dans le but de se familiariser un peu plus avec les progénitures d'Ève. Elle était celle à qui l'on faisait confiance, celle qui savait discuter et apaiser les tensions. Le rôle d'une médiatrice, une patte blanche face à des mains pleines de sang. Du moins, c'était l'image qu'on lui attribuait et quelque chose dont elle usait comme marque de fabrique. Seul Heikki connaissait ses plaies, ses défauts. Le tranchant que pouvait avoir ses mots avec lesquels elle apaisait pourtant les autres. Tous ces autres qui ne la connaissaient pas et qui avaient bien trop à faire pour s'user l'échine à déchiffrer ses attitudes asociales. Mis à part Clent qui commençait à peine à comprendre les subtilités frauduleuses derrière lesquelles elle se protégeait. Elle l'appréciait de ne pas la sous-estimer mais surtout de la manière qu'il avait de la traiter d'égal à égal. Ce n'était que peu de choses. Peu de choses qui pourtant savaient l'apaiser. Ils se soutenaient et Lahja lui vouait presque son entière confiance. Même si parfois Clent partait au quart de tour. Agressif et quelque peu impulsif, même si ce n'était que pavé de bonnes intentions. Il lui arrivait de déborder, de laisser parler sa haine face au crime plutôt que sa raison face à l'individu. Et c'était une de ces situations qui s'offrait à eux, soudainement, comme un cheveu dans la soupe alors que Lahja discutait avec un de leurs collègues à l'intérieur de leur 4x4. Du moins jusqu'à ce que la voix rauque de Clent n'alourdisse l'atmosphère d'hostilités, alarmant ainsi leur sens et leur méfiance. Ils n'ont pas eu le temps de sortir du véhicule que les deux hommes en étaient déjà arrivés aux mains.

Elle ne le reconnaissait absolument pas, de loin. Non, elle ne reconnaissait pas ce corps qu'elle avait pourtant tant aimé autrefois. Cette grandeur qui était si caractéristique à sa personne ne lui disait rien. Puisqu'elle s'était efforcée de l'enterrer, à la force du temps qui passe, sous les miettes des rêves qu'ils avaient partagé. L'élémentaire avait laissé son amour se meurtrir aux caresses de la solitude. Elle l'avait abandonné, dans le flou inébranlable que dégageaient ses longs silences, ne lui laissant que les effluves éphémères de son parfum comme adieux. Il a fallu qu'elle s'avance, avec l'inconscience innocente dont suintait le moindre de ses pas, pour finalement s'attacher à ce visage. Celui-là même qu'elle avait embrassé plusieurs centaines de fois... Avec un désir, une passion, si purs et authentiques, qu'elle n'avait jamais envisagé des les offrir à quelqu'un d'autre. Il a fallu que leurs regards se perforent, que le sien lui fasse l'effet d'un barre de fer frappant son ventre, pour qu'elle comprenne finalement qu'il était là. Face à elle. Sa présence lui faisant revivre la fulgurance de ce qu'il parvenait à lui faire ressentir, en l'espace d'un simple battement de cœur, puisque dans sa poitrine, ce dernier s'acharnait. Jusqu'à lui en faire mal. Son corps refusant de répondre aux ordres que lui donnait son cerveau pour retenir Clent. Pour l'affronter, lui. La honte rongeant toutes les particules composant ses muscles, y compris ses poumons qui s'atrophiaient sous son impression d'être prise au piège alors que son souffle se coupait. Jusqu'à ce qu'elle sente la terre trembler sous ses pieds puisque Clent avait choisi de se défendre, laissant le sol se craqueler progressivement jusqu'à sous le djinn. Djinn qu'elle connaissait et qu'elle découvrait alors que ses prunelles déstabilisées parcouraient des tatouages qu'elle avait trop de fois caresser pour ne pas parvenir à les identifier. Et aussi soudainement qu'elle semblait s'être tendue, elle s'était mise à hurler, s'interposant entre eux pour limiter les dégâts, cherchant à inciter Henrik à relâcher son emprise alors que Clent incitait la Terre à engloutir son assaillant.

« Clent ! Arrête ! Je le connais, arrête. »

Le souffle court, l'esprit entremêlé par des émotions qui lui échappaient, elle fixait son ami sans ciller. Pour qu'il sache qu'elle avait les choses sous contrôle, pour qu'il lui fasse confiance. Ce qu'il fit, cessant les perturbations terrestres qu'il émettait de par sa magie, pour finalement s'éloigner et s'occuper de l'humain, mis en sommeil par celui qui avait été la cause de ce grabuge, ne se privant cependant pas de le toiser avec agressivité. Elle tenta de se reprendre durant quelques secondes, les mains déjà moites et le cœur pris dans un tourbillon d'effervescence, avant de finalement lui faire face. « Henrik... » C'était presque un soupir, une plainte directement venu de ses entrailles, qui rendait le son de sa voix fébrile et usé alors qu'elle passait une main nerveuse dans ses cheveux blonds. Elle s'emparait à nouveau de son regard, bien consciente que de toute évidence, il fallait qu'elle assume. Henrik, six lettres qu'elle n'avait plus prononcé depuis tant d'années que sa douleur n'en fut que plus vive. Henrik, dont elle avait cru pouvoir se défaire mais qui, de par son absence dans sa vie, avait su briser son cœur nordique.


(*) TRADUCTION : I was stuck in love. Captive, as you too. Even though I row to the end of the world, your shadow will follow me there too.





You'll be given love, you'll be taken care of, you'll be given love, you have to trust it. Maybe not from the sources you have poured yours, maybe not from the directions you are staring at. Twist your head around, it's all around you. All is full of love, all around you, all is full of love. All is full of love.

Revenir en haut Aller en bas
Djinn
Progéniture d'Ève
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 108
Points RP : 264
Date d'inscription : 29/06/2018

It's hard to maintain, any smile on my face
Lahja Vehviläinen & Henrik Jorgensen

 
« Now tell me: how did all my dreams turn to nightmares? How did I lose it when I was right there? Now I'm so far that it feels like it's all gone to pieces Tell me why the world never fights fair I'm trying to find  »
Sur cette dispute concentré, il n'avise rien autour. Ni ces amis, qui s'avancent vers eux, ni cette magie, qui semble prête à se déclencher contre lui. Seule l'agressivité, émanant de son adversaire du moment, semble lui importer. L'humain endormi, n'est plus que secondaire, dans ce conflit. La fierté s'éloigne, pour faire place à cette violence latente, qui court dans ses veines depuis trop longtemps. Chaque jour le blesse, le pousse à prendre sur lui. Chaque occasion, pour se défaire de ce tumulte intérieur, est bonne. Cet homme sera son exutoire du moment, à défaut de mieux. Les pas se font plus nets, ils détournent son attention au moment où il allait enfin utiliser sa faculté contre lui. Ses yeux s'évadent, quitte son regard noir, pour ancrer le sien. Sa prise sur le sorcier s'affaisse légèrement alors que son coeur s'emballe comme jamais auparavant. Son palpitant perd pied, semble vouloir s'évader de sa cage, en une bruyante course contre lui. Ces azurs perdues, qu'il n'aurait jamais cru revoir, le transpercent, comme un couteau viendrait s'échoir dans sa peau. Les vestiges de leur passé viennent le hanter soudain. Juste quelques secondes. Il ne lui faut que quelques secondes, pour que les souvenirs se mélangent avec la réalité. Cruels, ils viennent se planter dans sa chair, comme autant d'épines. L'exactitude de quelques détails perdus, viennent gratter son âme et l'abîmer allégrement. La douceur de sa peau contre la sienne. La chaleur de son corps contre le sien. La légèreté de ses lèvres sur les siennes. L'amertume, de tous ces moments, passés l'un avec l'autre.


Et le craquement de la terre, sous ses pieds, qui le ramène aussi sec à la dure réalité. Ils ne sont plus en Finlande. Ils ne sont plus dans la douceur de leur cocon oublié. C'est l'Irlande et la sévérité de ce monde qui n'est plus que ruines. A l'image de son coeur, qu'elle a détruit de ses mains, en le quittant sans mot dire. Ses prunelles la quittent, pour revenir sur l'homme, qui l'a agrippé à la gorge à son tour. Egaré dans ce monde perdu, il en a perdu le contrôle sur ses actes et cette bagarre, pourtant dangereuse. Clent! Arrête! Je le connais, arrête! Sa voix s'élève, plus grave que dans son souvenir. Plus autoritaire aussi. Difficilement il déglutit, sentant une bile amère remonter sa trachée. Il ne se sent pas bien. Son estomac se soulève, il a envie de s'enfuir en courant pour ne pas la laisser s'incruster de nouveau dans chaque pore de sa peau. Son regard reste dans celui dans l'homme, pour ne pas se perdre de nouveau dans le bleuté de ces yeux. Etrangement il se rassure, dans l'agressivité authentique de ce Clent, qui semble se défaire de l'emprise avec peu d'entrain. Le génie lui même, desserre ses doigts, peu enclin à se montrer si mauvais, en la présence de l'ange de sa vie. Henrik! Son prénom résonne étrangement entre ses lèvres. Comme un soupir révolu, qu'il n'aurait jamais cru entendre de nouveau.  Chaque battement de son coeur, résonne jusque dans ses tympans et il comprend, à ce moment, qu'il n'en a pas la force. Il ne peut pas affronter cette femme, ce fantôme du passé. Chaque cri poussé, chaque larme versé, chaque verre vidé, revient dans sa face, comme une claque douloureuse. Alors c'est plus fort que lui. Il revient poser ses yeux dans les siens. Une seconde, deux secondes, trois secondes ne passent. Longue agonie, qu'il conclut d'un pincement de lèvres.


Les mots se bousculent, comme une litanie, mais pas un ne réussi à franchir la barrière qu'il impose. Il ne veut pas lui parler. C'est sans dire un mot, qu'il se détourne alors. Raide comme un piquet, il essaye de ne pas s'écrouler sous le poids de ses sentiments à peine admis. Lentement, douloureusement, il lève le pied pour s'éloigner. Chaque parcelle de son corps, lui crie de rester là, pour la prendre dans ses bras au moins une seconde. Chaque cellule de son être le pousse à mettre de côté cette douleur, pour simplement se réjouir du fait qu'elle est encore en vie et se tient, là, devant lui. Seulement il ne parvient pas à s'écouter. C'est son coeur, trop abimé, trop touché, qui prend le pas sur tout le reste et qui le pousse, dans cette course salvatrice. Chaque pas lui coûte, il se sent de plomb et difficilement il s'éloigne, tout en marmonnant entre ses dents. Elle n'est pas morte putain... Elle m'a juste abandonné. Ce doute, qui ne le quittait plus depuis son départ, s'évanouit désormais pour faire place à cette certitude. Dans sa douleur, il retrouve son Danois maternel. De toute façon, il ne fait que se parler à lui même. Il ne veut pas lui parler. Pas à elle. Pas à cette femme qu'il a tant aimé. Chaque sentiment revient, exacerbé par cette absence prolongée. Impossible pour lui de réfléchir, dans cet entrelac que forment ses sentiments et souvenirs. Impossible aussi, de lui faire face, en toute rationalité. La fuite lui semble être le meilleur échappatoire, pour ne pas prononcer ces choses, qu'il viendrait à regretter ensuite. Pourtant il en a, des choses à lui dire, des choses à lui reprocher, des choses à lui demander. Il s'en sent incapable...
(c) DΛNDELION
Revenir en haut Aller en bas
♣ Elementaire ♣ Administratrice
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 1303
Points RP : 2273
Date d'inscription : 22/09/2017



IT'S HARD TO MAINTAIN, ANY SMILE, ON MY FACE
(*) Olin kiinni rakkaudessas. Vanki niin kuin sinäkin. Vaikka soudan maaliman ääriin, varjos seuraa sinnekin.

 
Henrik Jorgensen | Lahja Vehviläinen

Et puis la peur vient remplacer ce qui aurait dû être toute l'affection qu'elle pouvait lui vouer. La peur qu'il ne la rejette. Froidement et brutalement. Avec des mots incisifs et les lames d'une colère qu'elle méritait pourtant de recevoir. La peur qu'il ne l'ait complètement effacé. De sa mémoire tout comme de son cœur. Celle de croiser, au fond de ce regard en lequel elle s'est si souvent perdue, le dégoût et la haine que l'on peut éprouver après avoir été abandonné. Celle qu'ils ne se reconnaissent plus, qu'ils ne soient devenus pour l'un comme pour l'autre de simples étrangers ; dupés par le temps qui passe et qui s'en fout. Eux, qui pourtant, ne s'étaient jamais lassés de s'apprendre par cœur. Parfois même jusqu'à en perdre le fil des heures et de la vie, à l'extérieur. Cette douleur qui s'épanche en sa poitrine emporte la constance de ses souffles et mitraille ce sang-froid derrière lequel elle avait pourtant l'habitude de se cacher. Tout autour d'elle s'embrume. Ses émotions la pulvérisent de l'intérieur, faisant trembler son corps tout entier alors que l'inertie, doucement, la tétanise. Puisque toutes ses armures, face à lui, ne valent rien. Puisqu'il connaît la brillance de ses larmes autant que les couleurs qui pouvaient colorer ses lèvres à ces sourires dont il avait été le plus puissant créateur. Avant qu'elle ne disparaisse, avant qu'elle n'écoute ses peurs et ne devienne l'esclave de ses terreurs. C'est entre ses phalanges que demeurait le squelette de son amour, dans le fond de ses pupilles qu'elle s'autorisait à vivre et à respirer. Réellement. Il était son sanctuaire, la plus addictive de ses évasions. Henrik savait comment tracer le contour de ses rêves sur sa peau, lui avouant des douceurs que personne n'aurait pu s'imaginer lui appartenir. Elle aimait s'inventer gardienne de ses fragilités, amante de ses ambitions. Persuadée qu'ensemble ils pourraient effleurer ces cimes célestes au sein desquelles s'immortalisaient leurs étoiles. Leur histoire était limpide et évidente. Comme les premières lueurs d'un soleil attendu, jusqu'aux derniers précieux éclats de l'astre lunaire. Des instants irréels qui s'harmonisaient étrangement au quotidien qu'était devenue leur vie à deux.

Mais rien ne dure éternellement et irrévocablement, sont apparues les premières fissures. Responsable de la terrible coupure, créatrice de cette intense déchirure qu'a été leur rupture. Lahja porte en elle le fardeau de tout ce qu'ils n'ont pas pu concrétiser, l'amertume sordide d'avoir cédé à la lâcheté. Le regret d'avoir tiré un trait sur ce qu'ils étaient en échange d'heures creuses, où résonne le silence cadavérique de son égoïsme solitaire. Elle s'en maudissait parfois, lorsqu'elle se souvenait de lui. De leurs nuits. De sa voix au réveil, aimante et sincère. Davantage depuis que les murs de cette prison l'empêchaient de se réaliser en tant qu'individu. En tant que femme, en tant qu'humaine. Depuis que les murs de cette prison l'empêchaient de le retrouver, de réparer son erreur. La sensation d'avoir tout foutu en l'air agitant ses cauchemars jusqu'à la frénésie. Ce sont les ombres de ces regrets latents qui revenaient s'évanouir dans l'azur de ses iris alors que peu à peu, les deux hommes s'éloignaient l'un de l'autre. Elle ne parvenait pourtant pas à détailler autre chose que les traits de son visage, s'abreuvant du moindre détail que ce dernier possédait. Comme si cette image était la dernière qu'elle aurait de lui. De peur qu'il ne s'efface pour de bon. Après être apparu, sans qu'elle ne l'attende, dans son champ de vision. Mais il se tourne finalement vers elle. Et si ce n'est pas lui qui l'agresse, c'est bien son silence et toute cette douleur noire qu'elle déchiffre dans le regard qu'il lui porte. C'est la première fois qu'il la regarde de cette manière. La première fois qu'elle se sent condamnée par les déceptions qu'elle lui a laissé en souvenirs, par l'abandon injustifié pour lequel elle s'était détournée de leur relation.

Lahja n'entend plus Clent. Elle n'entend plus ses amis qui s'inquiètent derrière elle. C'est à peine si ce monde, au-delà de celui qu'elle avait façonné avec Henrik, n'existe encore pour elle à cet instant. Monde qu'il repoussait pourtant volontairement en se détournant d'elle, la laissant à ses erreurs et à sa culpabilité alors qu'à l'intérieur de sa poitrine, son cœur de finlandaise s'effondrait. Encore une fois. Peut-être la fois de trop. Son regard se perd l'espace de quelques secondes sans savoir où s'accrocher. Puisqu'il a choisi de s'en aller. De la laisser, comme elle-même l'avait laissé quelques années plus tôt. Bientôt, des larmes viennent remplacer l'horizon qu'elle contemple et elle n'a pas la force de les retenir. Incapable de faire semblant cette fois. Pas assez forte pour prétendre qu'il ne la touche pas. Pas assez solide pour prétendre qu'elle n'avait pas besoin de lui. Déchirée, entre le constat que tout était fini, par sa faute, et l'irrépressible besoin qu'elle avait de le retenir. Elle hésitait, aussi immobile qu'une statue de marbre alors que ses pas à lui agrandissaient la distance qui les séparait. La raison aurait certainement dû l'emporter sur le cœur mais toute la douleur environnante, le chaos dans lequel ils étaient prisonniers, lui interdisaient de ne pas le rattraper. Dans le cas contraire, ça n'aurait été que prendre le risque de le perdre définitivement. Et ils n'avaient plus le temps, plus le luxe de s'oublier à présent. Elle avait perdu sa famille. Elle ne survivrait pas à l'idée de le perdre, lui aussi. Alors elle s'est mise à courir, pour lui faire face à nouveau, posant ses deux mains contre son torse pour l'empêcher d'avancer. Seul. Et sans elle.

« Non... Tu ne peux pas me laisser comme ça. Pas maintenant. »

Pas maintenant alors que le monde se déchire sous leurs yeux. Pas maintenant alors qu'ils peuvent mourir, d'un instant à l'autre. Pas sans qu'ils ne trouvent la force de se dire toutes les choses qu'ils doivent se dire. Elle refusait son indifférence mais plus encore son silence, son absence alors qu'ils étaient si proches, l'un de l'autre. Comment pourrait-elle reprendre le cours de sa vie après être tombée sur lui sans qu'il ne lui ait adressé la parole ? Comment pourrait-elle aider les autres si elle ne parvient pas à apaiser les maux qu'elle lui a causé ? La fuite lui avait permis d'occulter sa souffrance mais maintenant qu'elle l'avait vu, maintenant qu'elle l'avait senti au plus profond de son regard, les choses étaient différentes. Sa présence inopinée, leurs chemins qui se croisent à nouveau, piétinaient le déni dans lequel elle s'était emprisonnée jusqu'ici. Il était réel et elle n'avait plus envie de le fuir, plus envie de faire comme s'il n'avait jamais existé.

« Hurle-moi dessus, si tu veux. Insulte-moi mais ne me laisse pas comme ça. »

Et même ces larmes, qu'elle ne contrôlait plus, ne pourraient pas décrire la douleur que son silence provoquerait en elle s'il l'abandonne à ces retrouvailles écorchées. Lahja connaissait l'horreur de ce nouveau monde. Elle savait à quel point tout était fragile à présent. Fragile et éphémère. Et Henrik lui rappelait qu'il lui restait encore une véritable raison de continuer, une raison pour elle de ne pas se perdre pour de bon. S'il était là, elle n'était plus errante. S'il était là, c'est un morceau de sa famille qu'elle récupérait. Et sa violence, comparé à son absence, n'était au final que peu de choses.  


(*) TRADUCTION : I was stuck in love. Captive, as you too. Even though I row to the end of the world, your shadow will follow me there too.





You'll be given love, you'll be taken care of, you'll be given love, you have to trust it. Maybe not from the sources you have poured yours, maybe not from the directions you are staring at. Twist your head around, it's all around you. All is full of love, all around you, all is full of love. All is full of love.

Revenir en haut Aller en bas
Djinn
Progéniture d'Ève
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 108
Points RP : 264
Date d'inscription : 29/06/2018

It's hard to maintain, any smile on my face
Lahja Vehviläinen & Henrik Jorgensen

 
« Now tell me: how did all my dreams turn to nightmares? How did I lose it when I was right there? Now I'm so far that it feels like it's all gone to pieces Tell me why the world never fights fair I'm trying to find  »
Chaque pas qui l'éloigne, fissure son coeur, son âme, juste un peu plus. Elle est là. A portée, de doigts, de bras, de lèvres. Tout ce qu'il doit faire, c'est se retourner et prendre possession de ce corps, qu'il a tant aimé auparavant. Chaque ligne, chaque courbe, chaque frisson, lui revient en mémoire tandis que la distance s'agrandit, un peu trop lentement à son goût. Il est trop près. Il peut sentir son regard darder son dos, ses épaules s'affaissent face à la tourmente de ses sentiments trop intenses. Quand le passé s'impose, qu'il vient s'insinuer dans ses veines alors qu'il était prêt à faire son dueil, de leur relation enfouie dans un puit d'oubli. Cette tignasse blonde, n'était plus qu'un point dans son esprit. Toujours là, grattant parfois sa carapace trop durement forgée, s'incrustant dans son être jusqu'à lui rappeler pourquoi il n'est plus le même, pourquoi il se sent parfois mal en respirant simplement, pourquoi il a simplement cessé de rechercher l'inconnu. Ce point, parfois plus flou, jusqu'à se fondre parfaitement dans le simulacre de vie qu'il subit depuis. Ce point, qui se fait silhouette, maintenant qu'elle est revenue d'entre les morts, pour lui faire face d'une cruelle façon...


Perdu dans ses pensées, dans cette douleur qui lentement refait surface, il ne l'a pas entendu bouger, se dépêcher pour le doubler et se planter dans sa trajectoire. Son visage s'abaisse, vers la beauté du sien et ses yeux ancrent les siens de nouveau. Incapable de se détourner. Ces iris l'hypnotisent, comme ils ont si bien su le faire dans le passé. Pourtant les siens sont vides. De sens, de douleur, de sensations ou sentiments. La colère s'en est allée, pour faire face à une curieuse lassitude et une cruelle impassabilité. Lui pourtant incapable de conserver un visage neutre, se trouve à cet instant tant dépourvu, qu'il sent un masque lui raidir chaque trait. Comme un mannequin de plastique, sans expression, il la fixe. Sans vraiment la voir, sans vraiment chercher à l'éviter. Sa présence, si près... Il la sent. Sa chaleur l'atteint, sa peau l'attire, son regard le brûle. Il souffre de cette proximité, qu'il aurait voulu éviter. Tout son corps se tend vers elle, il veut entourer de ses bras sa silhouette qu'il a tant adoré. Pourtant il esquisse un mouvement de recul lorsqu'elle vient déposer ses mains sur son torse pour le retenir. Qui se fige du contact, qu'il salue d'un soupir, autant irrité qu'étonné. La surprise n'est pourtant rien, à côté des mots qu'elle lâche. Bombe, qui éclate ses tympans, le pousse à entrouvrir les lèvres, comme pour répliquer. Aucune parole ne s'échappe pourtant. Bloquées, dans sa gorge, il n'arrive pas à émettre le moindre son. Comme choqué. Autant par ses mains, si chaudes contre lui, que par ses mots, qu'elle a osé prononcer.


Sa machoire se crispe lorsqu'il referme finalement la bouche, sans qu'un son ne l'ai quitté. Impossible, de mettre de l'ordre dans le chaos que forment ses pensées, dans le bayou de ses sentiments. Les amalgames se forment, les injustices résonnent et finalement, une voix blanche le quitte, en réponse à sa dernière phrase. Je ne peux pas? Du bout des lippes, les mots sortent, hâchés, presque douloureux. Chaque intonation résonne étrangement à son oreille, il n'a pas l'habitude d'être si laconique, si peu à l'aise. Tout en elle éveille des démons qu'il voudrait oublier. Alors soudain il ferme les yeux. Paupières protectrices, qui lui permettent de se soustraire à l'intensité de ce moment, à la force de ses larmes qui plantent des poignards dans son palpitant effrené. Ce n'est pas juste. De nouveau, les mots s'échappent, cette fois incontrôlable. Il se maudit, d'avoir si peu de contrôle sur lui même, en présence de la jolie blonde qui hantait si souvent ses rêves et qui le berce désormais de ses cauchemars. Ce sentiment... d'injustice intense, se voit être plus touchant que le reste. Ce n'est pas juste. Qu'elle pleure. Qu'elle le force à rester devant elle. Qu'elle le pousse à quitter le silence. Qu'elle l'emporte dans ce désespoir. Ce n'est pas juste... Il n'ose reprendre à voix haute. De peur d'entendre un sanglot quitter ses lèvres.


Amer, il lève lentement le bras, pour attraper les doigts qui le tourmentent de leur toucher pourtant léger. Ce n'est qu'un contact de plus. Juste quelques centimètres de peau qui se touchent, mais c'est une décharge qui parcourt son corps. Frisson qui court le long de sa colonne vertébrale. Comme brûlé, il la lâche aussitôt et recule d'un pas, pour se défaire entièrement de son emprise cruelle. Qu'est ce que tu me veux Lahja? Mordant, il quitte son apparente impassibilité, pour esquisser une moue presque dégoûtée. Jamais, auparavant, il ne l'a regardé de cette façon. Jamais, auparavant, il n'a senti autant de colère envers elle. Jamais auparavant, il n'aurait cru ressentir ce genre de choses pour cette femme, qui animait pourtant son coeur d'un amour pur. Son finnois glisse entre ses lèvres, teinté de son accent danois, mais il le lâche du bout des dents, incapable de ne pas ressentir cette rancoeur, de n'avoir pu le parler dans les dix dernières années...
(c) DΛNDELION
Revenir en haut Aller en bas
♣ Elementaire ♣ Administratrice
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 1303
Points RP : 2273
Date d'inscription : 22/09/2017



IT'S HARD TO MAINTAIN, ANY SMILE, ON MY FACE
(*) Olin kiinni rakkaudessas. Vanki niin kuin sinäkin. Vaikka soudan maaliman ääriin, varjos seuraa sinnekin.

 
Henrik Jorgensen | Lahja Vehviläinen

État d'urgence. Imposé par l'acerbité des remords sourds qui la hantent. Elle contemple la naïveté de ses anciens idéaux lacérer ce qui lui reste d'innocence ; le soufre de la déception qu'il lui transmet, d'un simple contact visuel, finissant même par en anéantir les derniers espoirs. Déception à laquelle leur rupture avait donné naissance, inévitablement. Amer regret qu'elle a choisi d'incarner en son cœur, démolissant ainsi toutes les douceurs qu'elle avait pu lui inspirer lorsqu'ils se sont rencontrés. À cette triste constatation, son muscle moteur se contracte douloureusement alors que sa respiration effleure l'intransigeance du néant. Les pieds bien ancrés au sol, ce sont les filaments de sa sérénité qui pourtant s'envolent. À défaut d'avoir le courage de disparaître une seconde fois. D'échapper à cette dépendance cruelle, qu'elle ne contrôle pas. Ces filaments deviennent barbelés autour de sa trachée, resserrant leur emprise à chaque fois qu'elle ose défier l'impassibilité inquiétante dont il émane. Elle est aveuglée par l'usure qui traîne sur son faciès. Bouleversée, par toutes ces fissures que son départ a laissé sur sa peau. Craquelures subtiles, qu'elle devine sans mot dire et pour lesquelles elle souhaiterait se maudire. Henrik n'est plus tout à fait le même. Du moins, c'est ce qu'elle s'imagine. Puisque le sourire désinvolte qui veillait autrefois sur ses lèvres est aujourd'hui bafoué par les morsures impartiales d'une indifférence, qu'elle n'avait jamais décelé en lui jusqu'ici. En faisant face à cette froideur agressive, elle en venait presque à regretter son geste, ses mots, tout comme cette idée naïve qu'elle eut de le retenir auprès d'elle. Auprès de ces ruines, sous lesquelles leurs sentiments étaient à présent enterrés. Ne valaient-ils donc pas plus que cela ?

Elle lui en voulait. Injustement. D'avoir été assez fort pour s'éloigner de sa présence, d'avoir été assez fort pour simplement tourner la page. Cela faisait des années... Et pourtant, elle lui en voulait atrocement. Démesurément. Pour s'être détourné d'elle aussi froidement. Pour ne plus apercevoir, au fond de ses prunelles, cette chaleur réconfortante en laquelle elle aimait tant se blottir. Il n'existait plus aucune once de sentiments dans ces deux pupilles noires gravitant à l'intérieur de ses iris. Elles suintaient de naufrages terribles, d'incroyables vides, cisaillant son âme de la plus exécrable des manières. Ces relents de colères chaotiques la froissaient, bien plus qu'elle ne l'aurait cru, diffusant en elle les crissements désagréables d'un Ego qu'elle n'assumait pas. Les échos de son égoïsme lui rappelant à quel point elle avait pu l'aimer, à quel point l'idée qu'il ait pu refaire sa vie la terrifiait. Aucun homme n'avait su la captiver, comme lui l'avait fait. Aucune âme n'avait su l'apprivoiser, comme la sienne l'avait fait. Elle n'avait jamais connu d'autre amour que celui qu'il avait pu lui offrir et cette réalité ne faisait qu'accentuer son incapacité à agir de manière rationnelle. Anormale, ensevelie sous une asociabilité craintive, en profond décalage, Lahja ne correspondait pas aux apparences qu'elle dégageait. Elle n'était pas cette blonde agréable et populaire, confiante et assurée. C'est tout l'inverse qu'elle incarnait. Plus encore, depuis qu'un autre eut l'idée d'en faire son jouet. De la salir, pour mieux satisfaire l'empire de ses plaisirs.

Comment lui dire qu'elle n'était plus aussi belle qu'elle n'avait pu l'être à ses côtés ? Comment lui expliquer qu'elle était parfois sous l'emprise d'une haine qu'elle n'avait jamais pensé pouvoir un jour éprouver ? Que penserait-il d'elle, en comprenant qu'elle avait perdu ces lueurs de candeur pour lesquelles il l'avait aimée ? Ils semblaient si différents de ce qu'ils avaient été en Finlande. Si éloignés de cet Eden en lequel ils s'étaient promis de ne pas se laisser. Et ce sont bien les murmures de cette ancienne promesse qui résonnaient en elle comme la plus douloureuse des litanies. Celle qu'elle avait brisé, au profit d'un individualisme qui finira sans doute par la perdre. Celle de cet échec impassible qu'elle avait laissé au creux de son lit. Henrik le lui rappelle, indirectement, dans l'intonation fade de sa voix brisée. Lorsqu'il ferme ses paupières, pour fuir l'authenticité de la peine qui se perd dans le regard de la finlandaise, elle soupire, avant de chercher l'air dont il la prive en souhaitant l'ignorer. Ces larmes qu'elle perd sont destinées à toutes ces heures qu'ils n'ont pas pu partager, à cette erreur qu'elle se devait pourtant d'assumer. Malgré les vertiges que cet homme pouvait infuser en son cœur de sa simple présence à ses côtés. Henrik n'avait pas besoin de plus, pour s'emparer de tout ce qui la constituait. Il ne lui suffisait que d'exister, que de laisser son cœur battre. Puisque c'est entre ses respirations, que les siennes désiraient s'entremêler.

Ce n'était pas juste, qu'il lui disait. Non, ça ne l'était pas mais c'est pourtant tout ce que son être lui disait de faire. Ses mains voulaient le toucher. Ses lèvres voulaient l'embrasser. Son regard, le dévorer. Son corps, s'échouer contre le sien. Lahja voulait l'aimer, le retrouver. Combler, de son amour, tous ces vides aberrants qu'elle lui avait laissé. Mais elle n'en avait pas le droit. Elle n'en avait plus le droit. Et elle était la seule à blâmer. Cependant, la scandinave était incapable de lui mentir, de retenir la douleur qu'elle éprouvait de faire face à ces murs qu'il avait érigé entre eux. Pour se protéger. Pire même, pour se protéger d'elle. Lahja le comprend lorsqu'il enroule ses phalanges autour des siennes, dans l’unique but de se défaire de son contact. Comme une sensation naturelle et vitale, cet effleurement en apparence futile diffuse une chaleur oubliée au creux de son ventre. Celle dont étaient imbibés chacun de leurs sentiments mais qui n'était plus que froideur pour lui, à présent puisqu'il recule, la laissant prisonnière d'une retenue à laquelle elle était pourtant habituée à faire face. Tout était cependant différent avec lui, autrefois. Il avait pour habitude de la libérer mais ces effluves de quotidien oublié n'étaient plus depuis longtemps. Et leur distance se confirme avec brutalité lorsqu'il la nomme par son prénom, qu'il la condamne d'une absence flagrante d'affection. C'est difficilement qu'elle ravale les miettes de sa fierté alors que ses bras, sur sa poitrine, finissent par se croiser. Skat, c'était ainsi qu'il l'appelait auparavant mais Skat ne valait plus rien à cet instant.

« Que tu ne disparaisses pas... » dit-elle, le cœur atrocement foulé par son attitude envers elle. Elle se reprend pourtant, impose ces lois qu'elle avait écrites avec les autres dirigeants, éloignant incontestablement leur familiarité pour lui rappeler une réalité cruelle qu'elle n'appréciait pourtant pas. « Que tu respectes ces lois que j'ai créé et signé il y a un an. » Elle le juge, sans équivoque. Puisqu'il a décidé de se cacher plutôt que d'affronter les sentiments qu'elle pouvait éprouver pour lui. « Qu'est-ce qui t'as pris, Henrik ? Est-ce que c'est le genre d'homme que tu es véritablement ? » Sa voix était calme mais dure. Fidèle à cette femme qu'elle était devenue, par la force des choses. Celle de cette femme qui n'avait plus rien de l'adolescente qu'il avait connu.


(*) TRADUCTION : I was stuck in love. Captive, as you too. Even though I row to the end of the world, your shadow will follow me there too.





You'll be given love, you'll be taken care of, you'll be given love, you have to trust it. Maybe not from the sources you have poured yours, maybe not from the directions you are staring at. Twist your head around, it's all around you. All is full of love, all around you, all is full of love. All is full of love.

Revenir en haut Aller en bas
Djinn
Progéniture d'Ève
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 108
Points RP : 264
Date d'inscription : 29/06/2018

It's hard to maintain, any smile on my face
Lahja Vehviläinen & Henrik Jorgensen

 
« Now tell me: how did all my dreams turn to nightmares? How did I lose it when I was right there? Now I'm so far that it feels like it's all gone to pieces Tell me why the world never fights fair I'm trying to find  »

La fuite. Douce utopie qui s'éloigne à chaque seconde de plus. Sa fermeté s'évade, pour laisser place à un cruel malaise qui semble vouloir s'emparer de chaque partie de son corps. Son souffle, bloqué dans sa trachée, le pousse à serrer la mâchoire, alors qu'il sent une vague nausée le prendre. Son visage se durcit sans qu'il n'y prenne garde. Son implacabilité s'évade, pour laisser place à une lente lassitude. Seulement il ne sait pas comment le montrer. Il ne parvient pas à offrir une émotion concrète à son ancien amour. Douceur voudrait s'imposer, en souvenir de ce qu'ils ont pu partager. De ces étreintes, aussi ardentes que suaves. De ces baisers, aussi fougueux que tendres. De ces conversations, aussi intéressantes qu'immatures parfois. Tous ces partages, qui ne sont désormais plus qu'un point flou, quelque part dans un coin de son esprit. Cette cage, dont les barreaux enserre son cœur chaque seconde un peu plus, autant qu'ils enferment sa conscience de cette relation bafouée, avortée. Il prend conscience soudain, de cette corde, qui s'enroule de plus en plus autour de son âme, se resserrant, jusqu'à le faire battre plus encore. Le bruit résonne, fait vibrer ses tympans, agresse ses tempes d'une douleur qui vient poindre doucement. Pieds ancrés dans le sol, il cherche à faire volte place, mais se retrouve cloué, par ces azurs qui ne le quittent plus. Ce qu'il peut aimer ces yeux. Ces petites perfections dans lesquelles il s'est si souvent plongées, tête en premier. Désormais, il les ressent plus que des chaînes, qui le lierait encore à la douce blonde en face de lui. Les mots le quittent, il s'inquiète de cette retenue, qui le pousse à rester si près d'elle. Et la réponse le laisse coi, mal à l'aise et entièrement sous le choc. Que moi je ne disparaisse pas? Le discours grince contre sa caboche éreintée. Et toi, tu peux le faire? Disparaître... Il souffre de ces pensées, qu'il refuse d'énoncer.

Que je... Oh... Il feint l'étonnement, il prétend ne pas comprendre ce dont il s'agit, avant de finalement sentir ses sourcils se froncer douloureusement. Il perd contenance, perd le peu de calme dont il était encore pourvu, pour se délaisser de son amertume, dans une réplique plus agressive qu'il ne l'aurait souhaité. Il ne voulait pas la laisser l'atteindre de nouveau. Seulement son indifférence s'est ternie, pour faire place à cette véhémence qu'il aurait voulu garder dissimulée. Tu veux dire, que je me plie encore une fois à ce que tu cherches à m'imposer? Je n'ai pas signé ces lois. Tout comme je n'ai jamais voulu ton départ. L'accusation traîne contre ses lippes, mais y reste enfermée, dans un sursaut de bienséance, de protection. Il ne veut pas lui envoyer au visage toute sa rancœur. Ce n'est pas l'envie qui lui manque. Seulement il refuse de voir la tristesse dans ces yeux si bleus. Il s'inquiète de la savoir blessée par ce qu'il pourrait lui dire. Tout son coeur, blessé par ce passé si douloureux, se tend vers ces mots qu'il voudrait prononcer. Sa compassion pourtant, celle qui ne s'éveille que pour la blonde de son passé, se montre toujours aussi prépondérante. Il ne peut pas lui faire du mal. Probablement parce qu'il s'effraie d'assumer la douleur, qui pourrait se dessiner. Ses larmes déjà, à peine coulées, ont su percer un trou dans son âme. C'est plus qu'il ne saurait supporter. Il se contente d'un silence, qu'il conserve difficilement alors que les mots finissent par s'échapper dans un soupir contrit. Ou bien est-ce le genre d'homme que je suis devenu. Il ment. Son départ est responsable de beaucoup, mais pas de ce besoin inhérent. Cruelle vengeance, puérile parole, qui le pousse à répondre avec une insolence palpable. Sa bienveillance le quitte, lorsqu'il laisse finalement ces paroles s'échapper. Une cruauté qui ne lui ressemble pas. Qu'elle ne mérite peut être pas non plus.


Trop tard pour les regretter, alors qu'il croise finalement ses bras contre sa poitrine. Son attitude n'est pourtant pas agressive. Il n'est même pas sur la défensive. Juste lassé. De se retrouver face à elle, sans possibilité de se défendre efficacement. Il en est incapable. La véhémence n'est que pour les autres. Pas pour cette face d'ange, qu'il a tant parcouru, dans ses rêves et de ses doigts romanesques. Pas pour cet esprit vivace, qu'il a tant aimé provoqué, dans ces discussions parfois sans fin. Pas pour ces yeux, qui ont toujours su voir, si loin, si profondément, au fond de son âme. Je t'interdis de me juger. Je refuse de te laisser ternir ce qui nous a uni, par ces mots. TU, es censé voir plus loin, voir mieux. Ne commence pas à te comporter comme le commun des mortels. La déception flirte avec le mépris, lorsqu'il comprend qu'elle se désillusionne, qu'elle renie ce qu'ils ont partagés, à cause de sa nature profonde. Celle qu'il a tant hésité à lui révéler lorsqu'ils étaient encore un couple. Celle qu'il est bien content d'avoir dissimulé, quand il voit sa réaction. Et de nouveau il détourne le regard, dans un claquement de langue agacé, pour ne pas se laisser avilir, par cette déconvenue qu'elle ressent probablement, qu'elle a exprimé dans ces quelques mots, vexants. Fierté, qui l'empêche de se laisser insulter, par ces lèvres qu'il voudrait goûter de nouveau pourtant. Cruel antagonisme, qui agite son palpitant de sentiments contradictoires et le pousse à se fermer, encore et encore...
(c) DΛNDELION
Revenir en haut Aller en bas
♣ Elementaire ♣ Administratrice
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 1303
Points RP : 2273
Date d'inscription : 22/09/2017



IT'S HARD TO MAINTAIN, ANY SMILE, ON MY FACE
(*) Olin kiinni rakkaudessas. Vanki niin kuin sinäkin. Vaikka soudan maaliman ääriin, varjos seuraa sinnekin.

 
Henrik Jorgensen | Lahja Vehviläinen

Le connaissait-elle réellement ? Avait-elle compris ses réelles ambitions, ses véritables pensées ? S'était-elle trompée ? Sur la tendresse infinie qu'elle avait cru entrevoir dans ses yeux lorsqu'ils s'aimaient, sur cette confiance aveugle qu'il avait su lui inspirer dès lors qu'elle s'était abandonnée entre ses bras. Avait-elle été aveuglée, à ce point, par les amours adolescents qu'il lui avait fait découvrir ? Lahja peinait, soudainement, à différencier le vrai du faux. S'agressant le cœur de doutes et d'incompréhensions inopinés, mêlant ses émotions blessées à la perdition incontrôlable qui l'envahissait, à mesure que leur conversation houleuse progressait. Et puis cette image intolérable... Le souvenir de cet homme qu'il s'apprêtait à tuer, quelques minutes plus tôt. De sang-froid. Sans la moindre hésitation. Son visage enveloppé par l'indifférence inquiétante des pires meurtriers. De ces individus contre lesquels elle avait choisi de lutter. De ces individus qui prenaient plaisir à voir une vie s'éteindre alors qu'elle ne pensait qu'à la réanimer. Elle cherchait, dans l'horreur de ses idées embrouillées, les traits de l'homme qu'elle avait aimé. Elle tentait de se souvenir, de récupérer, au plus profond d'elle-même, les raisons pour lesquelles il lui apparaissait autrefois comme un homme bon. Quelqu'un en qui elle pouvait avoir confiance, quelqu'un auprès duquel elle ne craignait rien. Mais elle était étrangement tétanisée par ce dont il était capable, par ce qu'il avait pu commettre. Alors son cœur s'emballait, encore et encore, jusqu'à en frôler le malaise. Malgré cette apparence glaciale qui ne visait qu'à la protéger. Désormais incapable de lui montrer les faiblesses qui pouvaient la tirailler. De peur qu'il ne s'en serve contre elle, de peur qu'il vienne à en abuser.

Elle le fixait. D'un regard maintenant craintif, encore humide, des quelques larmes qu'elle avait versé. Par mégarde. Soumise à la pire des prises de conscience. Soumise à ce sale constat que la véritable nature de son premier amour était celle d'un assassin. D'un homme qui, en vérité, était un prédateur. Cela lui faisait d'autant plus de peine lorsqu'elle pensait à son père, à sa mère, qui avaient fini par le reconnaître comme l'un des leurs. Cela lui faisait d'autant plus de peine lorsqu'elle se rappelait qu'elle l'avait greffé à sa famille, qu'elle lui avait donné sur un plateau d'argent ce qu'elle avait de plus précieux. La chute déjà brutale, n'en fut que plus violente, lorsque ces informations inévitables s'imbriquaient l'une dans l'autre. Pour tisser le voile de tout ce qu'il avait pu lui cacher. Sans savoir réellement si c'était pour préserver leur histoire ou pour mieux la duper. L'élémentaire était incapable de faire preuve de recule puisque ça touchait immédiatement son cœur, son âme et même son corps qu'elle avait tant de fois perdu entre ses mains, souillées par la Mort et le Chaos. Il lui fallait du temps, pour encaisser les vérités qui s'imposaient à elle. Du temps, pour faire le deuil d'une pureté qui n'était peut-être pas aussi authentique que ce qu'elle avait pu s'imaginer. Mais du temps, Lahja n'en avait jamais. Plus depuis qu'elle avait décidé d'assumer cette position de leader qui la désignait inévitablement comme la protectrice de tout un peuple.

Une part d'elle n'appartenait pas à ce monde et c'est cette part d'elle que le danois avait connu. Celle dont il était tombé amoureux, celle qui peinait à vivre avec les autres mais qui ne pouvait s'empêcher de les aimer, celle qui n'avait besoin que de sa présence à lui pour subsister, pour s'épanouir. C'est cette allégorie chimérique qui saigne à présent. De leur éloignement, de cette incompréhension funeste qui les anime tous deux, de ce manque de confiance qu'elle n'avait jamais soupçonné entre eux mais qui était bel et bien réel. Elle en reste sans voix, longtemps, puisque de toute évidence sa gorge se nouait de plus en plus alors que lui s'ancrait dans ses positions macabres, soulignant le fait qu'il n'acceptait ni les lois dont elle parlait ni même son opposition au carnage. Tout ce qui vibrait en cette voix, qui pourtant la rassurait autrefois, n'était plus que le soufre d'une colère déstructurée. Provoquée par ce que son départ avait pu lui faire endurer. Par cette absence qu'elle lui avait imposé. À cet instant, c'est elle qui détourne le regard, désarmée par la virulence de ce que ce refus sous-entend. Le cœur si serré que l'eau salé revient naturellement lui rappeler qu'elle n'est pas encore assez forte pour affronter de tel déchirement avec lui.

Elle aussi, aimerait s'échapper et tout effacer. Disparaître pour ne plus jamais avoir à souffrir de cette manière. Lahja cherchait ses mots sans les trouver alors que la lame de son répondant s'enfonçait de plus en plus en son âme. Le pire se scelle lorsqu'il la rend responsable de ce qu'il est devenu, de ce comportement aux antipodes de ce qu'elle donne sans compter. Du moindre de ses gestes. Envers le monde, envers les autres. Envers tout ce qui l'entoure. Ce sont de simples mots qui s'entrechoquent dans sa boîte crânienne, incessamment, explosant jusqu'aux battements défectueux de ce cœur en elle qui, peu à peu, sombrait dans le coma d'une torpeur inégalée. Comment pourrait-elle renouer avec lui s'il décidait d'agir comme celui qui l'avait déchiré, deux ans plus tôt ? Comment en était-elle venue à le comparer à cet homme qui s'était acharné à la mettre plus bas que terre ? À cette idée, elle aurait voulu s'effondrer mais quelque chose de miraculeux, d'insensé, l'aidait à se tenir droite et à ne pas faillir. Quelque chose qu'elle ne pouvait pas décrire mais qui lui avait pourtant permis de survivre.

« Pourquoi ? Vas-tu me tuer, me vider de mon sang, comme tu le fais avec eux, dans le seul but de combler ta faim ? »

Sa voix était presque interdite, cassée par la tristesse qui la tourmentait. La Finlandaise se sentait impuissante, démunie face à l'idée qu'ils soient voués à se déchirer de la sorte. C'est un regard absent qu'elle lui portait maintenant, un regard qui n'attendait que de comprendre, un regard abîmé qu'il ne saisirait sans doute pas car lui ne se battait pas. Lui ne se battait plus. Alors qu'elle, se perdait dans l'idée folle qu'un jour chaque être en ce monde puisse vivre librement et sans crainte de mourir. Elle espérait se tromper. Elle espérait que cet homme, à qui elle avait donné son cœur, soit encore là ; quelque part, encore vivant sous l'épaisse couche de noirceur qui lui faisait face actuellement.

« Explique-moi juste pourquoi. Quelle raison, selon toi, peut valoir la destruction d'une vie ? »

Qu'il lui montre, qu'il lui décrive. Comment tuer pour se satisfaire, comment se réjouir de la souffrance des autres. Comment s'en nourrir et comment grandir au sein de leur malheur.


(*) TRADUCTION : I was stuck in love. Captive, as you too. Even though I row to the end of the world, your shadow will follow me there too.





You'll be given love, you'll be taken care of, you'll be given love, you have to trust it. Maybe not from the sources you have poured yours, maybe not from the directions you are staring at. Twist your head around, it's all around you. All is full of love, all around you, all is full of love. All is full of love.

Revenir en haut Aller en bas
Djinn
Progéniture d'Ève
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 108
Points RP : 264
Date d'inscription : 29/06/2018

It's hard to maintain, any smile on my face
Lahja Vehviläinen & Henrik Jorgensen

« Now tell me: how did all my dreams turn to nightmares? How did I lose it when I was right there? Now I'm so far that it feels like it's all gone to pieces Tell me why the world never fights fair I'm trying to find »
Ses yeux s'arrondissent, d'une surprise douloureuse, lorsqu'elle reprend finalement la parole. Le silence, était bien moins touchant que cette repartie, qui appose une marque dans son cœur. N'importe qui d'autre, aurait été envoyé au loin, d'un coup bien placé ou d'une remarque déplaisante. Si la silhouette, devant lui, n'avait pas été celle de la Finlandaise, probablement aurait il tourné les talons, pour ne plus recevoir ce regard, qu'il n'aurait jamais souhaité voir dans ses yeux. Cette crainte, qu'elle semble ressentir à son égard, le blesse plus efficacement que n'importe quelle arme. Ce qu'il aperçoit, plus loin, derrière cette peur visible, c'est une remise en question de ce qu'il est... De ce qu'ils ont été. C'est pour cela qu'il lui a demandé de ne pas le juger. De ne pas se comporter comme tous ces autres, qui n'ont su voir au delà de l'apparence louche qu'il dégage. Carapace qu'il porte depuis plus d'une centaine d'années. Façade qu'il impose, dans une nonchalance qui le caractérise tant. Jeu, percé par l'acuité de son regard et sa bienveillance à son égard. Et à cet instant, à travers ces mots qu'elle lui lance... Elle remet à jour ce mur infranchissable et impose cette distance, psychologique, qui ne devrait pas exister entre eux. Et pourquoi pas tiens? Ca m'a l'air d'être une idée formidable. Mépris et moquerie se disputent dans son ton pourtant las. Il en a assez de se battre, de montrer un masque qui fond chaque seconde face à l'amertume de ces retrouvailles salées par les larmes. Celles qui coulent allégrement sur sa peau si douce. Celles qu'il ne peut verser, tant il a déjà pleuré à cause d'elle, de son absence.


Toi explique moi. Les mots de nouveau, restent bloqués. Il n'arrive pas à lui demander des explications de façon claire et précise. Il n'arrive pas à l'accuser du malaise qui le bouffe chaque seconde un peu plus. Pourtant elle en est responsable. Son cœur s'affole, des sentiments qu'elle lui fait ressentir, mais qui n'ont plus rien à voir avec ceux qu'elle lui imposait des années plus tôt. Elle réclame des explications. Lui le fait aussi, de ce regard noir qui n'a rien d'avenant. Ses doigts se serrent et se desserrent, en poings serrés, de cette colère sous-jacente, qu'il ne croit plus ressentir, mais qui reste pourtant là, tapie dans un coin, prête à surgir à la moindre occasion. A chaque moi de travers qu'elle pourrait prononcer. Et si parfois, ses nerfs s'enflamment, sa langue reste étonnamment inactive et ses paroles restent coincées le long de sa trachée. Seulement il ne peut rester inactif, ni impassible. Alors il attrape son paquet de cigarettes, qui traîne dans sa poche. Habituellement, il cherche à les économiser, pour ne pas tomber en panne. Seulement à cet instant... Il a besoin d'occuper ses lèvres, ainsi que ses doigts, pour ne pas ressembler à un total idiot. Alors il l'allume et lui offre, ce regard moqueur, qu'il offre habituellement à ces gens qui n'ont pas d'importance. Ah? Les explications reviennent à la mode alors? C'est plus fort que lui. Il utilise l'humour douteux, pour simplement éviter cette souffrance qui l'envahit toujours un peu plus. Rien que sa présence, si proche de lui, lui apporte les effluves de son parfum et du même coup, de ces nuits passées entre ses bras. Lorsque rien d'autre ne comptait, mis à part cette odeur qui lui chatouillait le nez dans un éclat d'amour inespéré. Rien ne subsiste ici, que ces souvenirs rances, qu'il essaie d'enfouir dans un coin de son être, mais qui reviennent sans cesse sur le devant de la scène. Elle est trop près, beaucoup trop près et il sait qu'il risque bien gros à rester dans le coin.


Pourtant rien ne bouge. Exceptée cette fumée, qu'il aspire d'abord, avant de la recracher dans un soupir las. Sur son visage de nouveau, les traces d'une indifférence qu'il aimerait réellement ressentir au fond de lui. Pourtant ce ne sont que les marques de cette lassitude. Sa présence, si proche de lui, le blesse, le pousse dans ses retranchements et s'il rechigne à lui demander des explications à son tour, il sait qu'il le doit. Pour le salut de son âme. Pour simplement faire le deuil, de cette relation qui lui a tout pris. Son cœur, toujours emballé à la simple vision de sa beauté. Sa fierté, toujours écrasée, par cette absence savamment orchestrée. Son âme, toujours amochée, de les pics acérés de son départ. Son corps, toujours détruit, de ce manque flagrant de son contact. Rien de lui ne subsiste réellement, après le passage de l'ouragan Skat. Juste l'amertume, qui reste là, et motive finalement cette verve, jusque là contenue miraculeusement. Tu es si belle, à me faire la leçon, comme si tu étais blanche comme neige. C'est du foutage de gueule Lahja. T'es qui pour me reprocher quoi que ce soit? Ah. Oui. La signataire de ces lois bidons. Sauf que j'en ai rien à foutre. De tes lois. De ton jugement à deux balles. Et de toi, pour ce que ça vaut. Il n'est pas aussi agressif qu'il l'aurait voulu. Acidité contenue, par les restes de l'affection qu'il a pu lui porter un jour. Son âme ne se trouve pas apaisée, par cette réplique pourtant pleines de vérités... mais de mensonges aussi. Skat! Le mot, autrefois susurré avec un amour infini, cogne contre ses lèvres comme une insulte. La syllabe échappée, il le regrette aussitôt, mais il est trop tard. Aussi il tire frénétiquement sur le bâton de la mort, comme il aurait pu s'accrocher à une bouée de sauvetage... Désespérément...

(c) DΛNDELION
Revenir en haut Aller en bas
♣ Elementaire ♣ Administratrice
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 1303
Points RP : 2273
Date d'inscription : 22/09/2017



IT'S HARD TO MAINTAIN, ANY SMILE, ON MY FACE
(*) Olin kiinni rakkaudessas. Vanki niin kuin sinäkin. Vaikka soudan maaliman ääriin, varjos seuraa sinnekin.

 
Henrik Jorgensen | Lahja Vehviläinen

De l'insipide ironie. Voilà ce qu'il étale sur son cœur alors que le son de sa voix revient caresser son ouïe. C'est à la force de son dédain insultant qu'il ensevelie la beauté de ce qu'ils ont pu être sous ces innombrables marées noires, ces épaisses couches de désespoir. La Finlandaise se lasse, peu à peu, des blessures que lui infligent les mots que ses lèvres lui tendent. Son agressivité n'étant que le reflet de ce que leur monde était devenu. Depuis qu'elle était partie. Depuis que la guerre, autour d'eux, s'épanouissait. Prisonnière, de ces murs autant que de ces mauvais rêves, la saveur de ses anciennes lueurs se voilait d'amertume et d'acerbité. Elle perdait les merveilles de ces couleurs grandioses que ses parents lui avaient légué afin de mieux épouser le rouge. Incarnat, vermeil, pourpre. Toutes ses nuances se mêlant aux colères sourdes, coincées derrière l'impénétrable manteau de glace qui l'habillait de froideur et d'indifférence. Peu importe si son Âme en suffoquait, au fond. Ce n'est pas comme si on lui avait laissé le choix. Lahja sombrait, à demi-mot. De manière pratiquement imperceptible. Sa noirceur s'alliant à l'invisible afin de mieux la conquérir. Au-delà de tout ce qu'elle s'était promis, au-delà de ces idéaux en lesquels elle était persuadée de croire. La réalité voulait que l'univers qui la gardait entre ses bras tremblait, que la Terre sur laquelle elle marchait se fissurait. Et que sa vie d'avant, celle où danser et l'aimer, lui, plus que de raison mourrait. Doucement. Suffisamment longtemps pour qu'elle en ressente pleinement la plus infime des écorchures.

Jusqu'à en écraser sa cage thoracique autant que ses poumons, la privant d'air autant que de son impassibilité. Ainsi, les battements de son muscle moteur semblaient s'alourdir et des vertiges nébuleux vinrent remplacer la cacophonie de ses pensées entremêlées. Lahja s'évadait, dans les profondeurs égoïstes de ses propres malheurs. Incapable d'imaginer que Henrik soit à l'image de cet homme sordide qui a crucifié autant son esprit que son corps. À coups d'injustice et de fureur. Elle ne parvenait pas à tolérer l'idée qu'il se soit égaré à ce point, qu'il ait été jusqu'à anéantir cet homme qu'il avait été à ses côtés. Celui avec lequel elle aurait voulu construire une famille et aux côtés duquel elle aurait tant aimé vieillir. Mais le Danois n'était plus celui qu'elle avait quitté, dix ans plus tôt. Il n'était devenu que l'ombre de l'être cher et en raison de cette noirceur, elle n'était plus certaine d'apprécier ses propres souffles en sa présence. Puisque le bien-être qu'ils s'offraient autrefois ne se résumait plus qu'à des lambeaux d'amertume aujourd'hui. Lahja n'arrivait plus à le regarder. À faire face à la vacuité terrible que son absence avait causé en lui. Elle se maudissait autant qu'elle le maudissait lui, de lui parler de cette manière. De parvenir à la haïr à ce point alors qu'elle ne pensait qu'à le retenir. Pour mieux le préserver, dans l'espoir qu'il cesse de se détruire alors qu'elle ignorait encore le pire. Il enchaîne pourtant des gestes mécaniques, attrapant ainsi une cigarette afin d'oublier la déception que devait être pour lui son apparition alors que cette idée déchirante, qu'il préférerait la savoir morte, s'insinuait en elle comme le plus violent des poisons. Elle aurait tant aimé pouvoir être capable de hurler. Sa douleur autant que son incapacité à encaisser ces mots qu'il lui assène. Mais la tristesse verrouille ses lèvres autant que sa volonté ; d'arranger les choses, d'apaiser ces tourments au creux desquels elle se noie.

Elle soupirait, plus de lassitude mais de souffrance, alors que le moindre de ses muscles se crispait sous la pathétique vérité de sa propre lâcheté. Lahja avait conscience de cette erreur indélébile. Puisque ce passé partagé et aimé ne la quittait jamais réellement. Henrik la poursuivait, jusque dans ces terreurs les plus fortes. Jusqu'ici il faisait partie de ces souvenirs, auxquels elle se rattachait fébrilement, lorsque la route devenait trop longue et qu'elle était lasse de vivre dans ce corps. Celui que Viggo avait tant profané, qu'elle n'était plus certaine qu'il lui appartienne encore. Mais ce souvenir se confondait avec l'horreur du présent et de ce qu'elle pensait comprendre, de ce qu'il lui démontrait. Avec froideur et indifférence. « Je suis partie parce que je ne me suis jamais sentie assez forte. Face aux hommes, à leur société, à leurs jugements. Face à leur réaction envers tout ce qui est différent. Tout ce qui est comme toi ou comme moi. » L'intonation de sa voix avait l'odeur de sa tristesse usante et de toute cette impuissance infâme, à laquelle elle fait face depuis qu'elle est enfant. « Alors j'ai été jusqu'au bout du monde, en espérant pouvoir devenir quelqu'un d'autre, quelqu'un de plus fort sans doute, quelqu'un qui serait capable d'affronter ces choses. » Ces choses pourtant quotidiennes qui étaient anormales pour elle. Elle qui avait pour habitude de se barricader derrière des fragilités idiotes que peu de gens, au fond, comprenaient. « Mais je n'ai pas vraiment changé. Et lorsque je suis rentrée, la guerre des hommes contre nous tous est arrivée. Ils m'ont pris mes parents, ma vie et en ont abusé. » Mais peut-être que ce n'était pas suffisant finalement. Peut-être qu'elle n'avait pas encore assez donné pour compenser cette intolérance, cette peur sans doute irrationnelle qu'elle a toujours éprouvé envers l'Humanité.

Elle avait toutes les raisons de haïr le monde, de n'aspirer qu'à la destruction. Oui, son cœur ne lui murmurait pas le pardon. Il la frappait de haine et d'espoirs vengeurs. Il l'étranglait d'horreurs et d'égoïsme. Mais c'est sa raison qui l'en empêchait, cette raison même qu'elle avait la sensation de perdre alors qu'elle enfouissait son regard arctique dans celui de son ancien amour avant de finalement capituler. Car il avait raison, elle n'était pas aussi belle qu'elle ne l'aurait voulu. Et tellement loin de mériter ce nom que son père lui avait laissé en héritage. « Tu as raison de sous-entendre ma laideur... Je ne suis pas si belle. J'y ai presque cru, pourtant, quand tu me le disais. J'arrivais presque à m'en convaincre. » Presque, oui. Puisqu'elle n'avait plus d'autres réalités, si ce n'est que celles de leurs jours bleus entremêlés. Pourtant, c'est la fin de tout qui vibrait maintenant sur ses lèvres alors qu'il balafrait la tendresse de ce surnom qu'il lui donnait, malmenant sa langue maternelle autant qu'il assombrissait les échos poétiques du finnois de la blonde. Et la continuité déroutante, de ces larmes qu'elle ne parvenait pas à arrêter, lui paraissait tellement ridicule à cet instant. Le tout qu'il formait s'était tu. Mort, de toute cette haine qui fleurissait autour d'elle depuis plusieurs années déjà. Elle aurait voulu lui expliquer à quel point elle regrettait, à quel point il ne méritait rien de cette indifférence à laquelle elle l'avait abandonné. Mais ils n'étaient plus. Et elle n'était plus certaine, de le reconnaître, de l'avoir aimé entièrement. Puisqu'elle ne le connaissait pas autant qu'elle avait pu le croire.

« Fous-toi de moi autant que tu le souhaites, Henrik. Mais te foutre des autres, d'innocents, au point de t'en prendre à leur vie est une autre histoire et malheureusement pour toi, tu n'en as plus le droit. » Elle aurait voulu qu'il comprenne, qu'il cesse de lui cracher l'acidité de sa rancune en plein visage. Lahja désirait tant de choses qu'il ne saisissait pas. Elle espérait des étoiles alors que la lumière de son existence entière disparaissait dans le trou noir de tout ce qui est sale. « Je ne te laisserais pas faire. Pas toi. Je sais que tu vaux plus que ça. » Détermination blessée, survivante désespérée... C'était du pareil au même.


(*) TRADUCTION : I was stuck in love. Captive, as you too. Even though I row to the end of the world, your shadow will follow me there too.





You'll be given love, you'll be taken care of, you'll be given love, you have to trust it. Maybe not from the sources you have poured yours, maybe not from the directions you are staring at. Twist your head around, it's all around you. All is full of love, all around you, all is full of love. All is full of love.

Revenir en haut Aller en bas
Djinn
Progéniture d'Ève
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 108
Points RP : 264
Date d'inscription : 29/06/2018

It's hard to maintain, any smile on my face
Lahja Vehviläinen & Henrik Jorgensen

 
« Now tell me: how did all my dreams turn to nightmares? How did I lose it when I was right there? Now I'm so far that it feels like it's all gone to pieces Tell me why the world never fights fair I'm trying to find  »
Son souffle enserre son cœur, alors qu'il reste bloqué dans sa cage thoracique. Il ne respire plus. Il ne vit plus. Alors que l'ironie de son ton se meurt entre eux. Il utilise l'humour douteux, pour amener un sujet capital. Pourquoi? Cette question, qui tourne et résonne dans son crâne depuis désormais une dizaine d'année. Il en a eu des milliers, depuis son départ. Elle, reste pourtant là, récurrente. Grignotant chaque jour un peu plus les affres de sa conscience. L'homme bon. Celui qui avait su se développer à ses côtés, s'en est allé, s'est fait manger petit à petit par cette perfide, qu'il a enfin laissé échapper. Les battements de son cœur s'affolent, alors qu'il vient à manquer d'air. Sauf qu'il ne parvient pas à respirer. Il n'arrive pas à reprendre son souffle, quand ses doutes se trouvent sur le point d'être balayés. Du moins il l'espère, quand il plonge dans le glacial de ses prunelles infinies. Sa douleur se dessine dans les siennes, il n'arrive plus à jouer la carte de l'indifférence. Sur quelques minutes, il lui est aisé de maintenir une illusion éphémère. Plus le temps s'échappe et plus la difficulté s'invite, jusqu'à ce point de non-retour, jusqu'à cet instant où le masque tombe, pour révéler géhenne qui lui vrille le palpitant. Enfin les mots viennent. Remplacent l'attente et délivrent sa trachée, qu'il vide dans un soupir de soulagement perceptible. Ses muscles tétanisés par la position immobile dans laquelle il s'est ancrée. Sa cigarette au bec, qui se consume seule alors qu'il oublie de l'aspirer. L'homme semble reprendre vie, alors que ses paroles viennent caresser ses tympans d'une mélodie qu'il n'est pas certain de vouloir entendre finalement.



L'excuse sonne faux, semble invraisemblable et incompréhensible. A ses yeux ce n'est rien de plus qu'une mauvais réplique. C'est pas toi, c'est moi. Cliché qui résonne dans un soupir, quand il se souvient de qui se tient devant lui. La perfidie ne coule pas dans ses veines. Pourtant, il ne peut se laisser abuser par ce qu'il croit savoir d'elle. Il la prenait pour la perfection. Pour sa sauveuse. Pour la lumière de son obscurité. Pour la flamme de son âme. Elle a tout pris... Pour ensuite l'écraser entre ses doigts graciles. Son jugement envers elle, semble si souvent altéré par les sentiments douloureux qui se sont incrustés, qu'il ne sait pas s'il doit la croire ou pas. C'est le regard qu'il pose sur elle, qui le convainc finalement. Ce n'est pas une excuse qu'elle lui sert. Seulement une amère vérité qui ajoute un poids sur ses épaules déjà accablées. Ses mots sonnent comme une fatalité. Ses efforts pour devenir un homme meilleur, ne sont que futiles face à l'amertume de la vérité. Il n'est pas assez bien pour elle. Pour la faire se sentir plus forte. Et la confiance qu'il peut s'accorder s'érode, alors qu'il a pu croire, dans son égoïsme, être aussi bon pour elle qu'elle pouvait l'être pour lui. La tristesse lentement s'infiltre, crée un océan de regrets dans son âme déjà tourmentée, mais son voyage intérieur ne perdure qu'une seconde, alors que la suite vient s'imprimer au fer blanc contre les paupières qu'il a fermé juste un temps. Que t'ont ils fait skat... Le murmure est infime, dans sa langue maternelle. Ce n'est pas une question non plus. Une pensée énoncée à voix haute, face au désarroi qu'il ressent soudain. Ses explications le perdent plus qu'elles ne l'éclairent et il prend peur face au sentiment qui s'impose dans son coeur. Il veut la serrer contre lui. Il veut l'enfermer dans ses bras pour la protéger de ce monde qui les entoure. Seulement il s'en empêche. Parce qu'il craint ce qu'une étreinte pourrait éveiller.



Du coup il se contente de pincer les lèvres, avant de jurer en Danois lorsque l'ardent bout de tabac quitte son emballage pour s'écraser dans son cou. L'immobilité s'évade lorsqu'il cherche à se débarrasser de l'embrase et finalement sa langue claque contre son palais lorsque dans son agacement il s'exprime. Arrête Lahja. Arrête. Ton incertain lorsqu'il cherche à l'empêcher de se dévaloriser ainsi. Lorsqu'elle doute des compliments qu'il lui lâchait autrefois dans une tendresse infinie. Sa fureur s'étiole, lorsqu'il prend conscience de la faiblesse de la finlandaise. Épaules redressées, voix ferme et regard déterminé, dissimulent aisément, la rendent pilier de ce nouveau monde. Par ses propos, il comprend sa douleur. Et il en vient à regretter les mots amers qu'il a prononcé à son encontre. Presque. Parce que son égoïsme sait se pointer juste à temps, pour lui rappeler qu'elle ne mérite pas beaucoup mieux que son mépris et son acidité. Elle l'a abandonné. D'un prétexte fallacieux. Et l'importance qu'il aurait du avoir à ses yeux, n'était finalement qu'infime. Il n'était qu'un rien, dans le tout qu'elle forme. Un passé révolu, qui n'est plus qu'un rêve qu'il va devoir chérir pour ne pas le voir s'effacer.



Oh je t'en prie cesse. Ne fais pas comme si mon âme t'intéressait. Je vaux mieux que quoi? Rien du tout. L'homme que tu as connu n'existe plus. Vas pas t’époumoner à me croire meilleur que je ne le suis. Ca serait perdre ton énergie. Donne moi juste une bonne raison d'obéir à tes règles à la con! Juste une. Et je le considérerais peut être. Seulement ne te perd pas dans l'inutilité. Non, ils ne valent pas mieux que moi. Non, ils ne méritent pas de vivre. Non, ils n'ont pas plus de droits que moi. Et non... aucun d'eux ne gagnera ma grâce. Ces arguments sont irrecevables... mais si tu en possèdes d'autre... Son discours n'a aucun sens. Il pue la défense pitoyable. Il préfère parler des humains et de leur sacrifice, que de ce coeur, qui s'emballe tant en sa présence. Détourner le sujet, pour l'éloigner de celui qui le blesse tant. M'a t'elle jamais aimé. Nouvelle question, qui promet mille tourments postérieurs. La force lui manque, pour l'énoncer à voix haute. Lui qui pourtant se meurt, de ce que la réponse pourrait être. A la place, il retourne dans le passé de leur discussion, pour ramener le sujet qui aurait du être clos... Tu aurais pu m'emmener... ou simplement me le dire. Voix douloureuse alors qu'il ne peut que conclure. Je t'ai cru morte. Le pire m'est passé dans la tête. Maintes fois. Et les cauchemars... Frisson qui déforme son échine. Juste une note. Un mot. ... Je vais bien ne t'en fais pas. Défaite finalement alors qu'il perd le combat et sa superbe, d'une simple chute d'épaules. Un putain d'mot.

(c) DΛNDELION
Revenir en haut Aller en bas
♣ Elementaire ♣ Administratrice
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 1303
Points RP : 2273
Date d'inscription : 22/09/2017



IT'S HARD TO MAINTAIN, ANY SMILE, ON MY FACE
(*) Olin kiinni rakkaudessas. Vanki niin kuin sinäkin. Vaikka soudan maaliman ääriin, varjos seuraa sinnekin.

 
Henrik Jorgensen | Lahja Vehviläinen

Avait-elle de réelles raisons de s'en aller ? Non. Était-elle excusable d'avoir abandonné la personne qu'elle pensait être l'amour de sa vie ? Non plus. Cette lâcheté, elle aurait très bien pu la dissimuler derrière une erreur de jeunesse. Faux pas honteux qu'elle regretterait certainement tout au long de sa vie. Cependant, il était trop tard pour sauver ce qu'ils avaient perdu. En dix ans, le fossé que leur séparation forcée avait façonné a eu le temps de se creuser. De s'approfondir. À tel point que toute la beauté de leurs sentiments s'étiolaient à présent sous la rancœur et la déception. C'était ce constat dramatique qui la lacérait. Bien plus que tous les mots cruels et insensés qu'il pouvait lui asséner. La triste réalité qu'ils n'étaient plus que lambeaux, l'un pour l'autre. Certainement condamnés à errer dans leur mémoire respective comme le feraient d'insipides fantômes. D'obscures pensées, dénuées de tout amour. Vides de tout réconfort. Lahja prenait conscience que dans l'esprit de Danois, elle n'était plus qu'une plaie ouverte et ces retrouvailles, quant à elles, étaient semblables à un millier de couteaux qui remuaient à l'intérieur. Alors tant qu'à faire, elle lui vomissait la vérité fade. Sans enrobage de douceur. Seulement teintée d'amertume et d'envies d'ailleurs. Elle était partie sans lui parce qu'elle l'avait décidé. Parce qu'elle avait fait le choix d'être seule. Elle était partie sans se soucier de ce qu'il deviendrait sans elle, sans leur histoire, sans le chemin qu'il avait parcouru à deux.

De toutes ces années qu'elle a passé sans lui, elle ne retient que cette solitude avec laquelle elle s'est construit une armure. Ainsi elle n'aurait plus jamais besoin de ses bras autour d'elle, comme autrefois. Ainsi elle pourrait affronter le monde, sans qu'il ne surveille le moindre de ses pas. Henrik n'avait pourtant jamais été étouffant. Au contraire, il était juste comme il fallait qu'il soit. Lahja n'avait jamais rien attendu, elle n'avait jamais rien réclamé. Jusqu'à aujourd'hui. Face à ce meurtre qu'il a failli commettre. Face à cette tout autre facette de sa personnalité qu'elle découvrait à peine. Malgré l'authenticité de ce qu'elle venait de lui dire, de ces quelques aveux atrophiés. Il était libre de ne pas la croire. De la blâmer même, si le le cœur lui en disait. La Finlandaise était parfaitement consciente de sa culpabilité, même si elle le dissimulait. Derrière une désillusion froide et des jugements impartiaux. Elle avait voulu la liberté mais s'y était brûlée les ailes. La réalité voulait qu'elle s'était affaiblie sans sa présence à ses côtés. Elle n'était pas devenue plus forte ni même plus heureuse. Au contraire, les conséquences n'ont été qu'un effacement de la société encore plus concret. Lahja était devenue invisible. Pas assez pourtant pour échapper à la haine de Viggo lorsqu'elle fut capturée.

Ce qu'il lui avait fait, elle n'aurait pas su le prononcer. Cela faisait deux ans maintenant qu'elle gardait le silence, qu'elle avait enseveli les meurtrissures. Sous les larmes inutiles et le crises d'angoisse. Les cauchemars et les difficultés à réintégrer la réalité ensanglantée de son quotidien. Et elle a su faire face. Plus ou moins. Puisque obligée de vivre. Au moins pour Heikki. Au moins pour qu'ils soient ensemble. Elle lui devait sa vie et puis le reste. La moindre des choses étant de lui rendre la pareille. Dans l'espace, elle répond, d'une ironie désuète. Embrassée par la mélancolie et l'amertume. Ils s'acharnent à cracher leur venin, chacun à leur manière, et elle ne fat que le sentir au plus loin de son âme. À tout cela, elle préférait encore son souvenir. Celui de l'homme qu'elle avait connu mais qui, cette fois, n'existait plus. L'ère était autre, les cœurs avaient changé. Ils n'étaient plus les mêmes. Et dans leur différence carnassière, ils ne faisaient que s'éloigner. Henrik était loin d'avoir fini. Il continuait sur sa lancée, affirmant de plus en plus ses distances, prônant l'épais mur derrière lequel il choisissait de rester. Lahja pouvait presque en sentir les barbelés lui transpercer la peau tant le malaise érafler l'air qu'ils partageaient.

Il lui demandait d'arrêter alors qu'il était le seul à marquer l'opposition, le seul aussi à lui dire qu'elle n'était plus rien pour lui depuis qu'elle avait fait le choix de s'en aller. Ils débattent sur des plaies externes, pour mieux se fuir. Pour mieux s'éviter alors qu'elle aurait préféré le retrouver. Autrement. Rien n'est pourtant facile. Pourtant son muscle moteur a beau suinté de rouge et de tristesse, elle ne peut s'empêcher d'être soulagée. De le savoir en vie. De pouvoir à nouveau le regarder. Au-delà de ses attitudes apathiques, de cette désinvolture qui enserrait les poumons de l'ancienne ballerine dans un étau. Elle souffrait de son Inhumanité nouvelle, d'apercevoir la déchéance flotter au-dessus de lui comme un nuage noir d'orage. Sa tirade désintéressée propageait en elle une colère diffuse, s'intensifiant davantage à l'arrogance dont il émanait. Lahja aurait aimé que tout ceci ne soit qu'une mauvaise blague. Pourtant ces paroles violentes étaient bien sorties d'entre les lèvres de son ancien amour. Elles crissaient dans sa boîte crânienne, infligeant quelques égratignures sur leurs plus beaux jours. Leurs plus tendres moments. Réminiscences brisées qu'il piétinait de sa violence subtile.

« Pourquoi crois-tu qu'on est enfermés ici, Henrik ? Pourquoi crois-tu qu'ils nous font souffrir de la sorte ? Parce que certaines personnes sont incapables de se contrôler. Parce qu'elles choisissent d'abuser des hommes pour en faire leur repas. Elles choisissent de leur faire comprendre ce qu'est la terreur plutôt que les aider à comprendre ce qui les différencie d'elles. Ce sont ces meurtres à répétition qui finissent par créer un mouvement de masse, une panique générale et c'est cette panique générale qui les a poussé à créer l'organisation. À prendre les armes pour se défendre et à nous considérer comme des monstres. La voilà, ta raison. Mais j'imagine que tu préfères largement t'enfiler cinq litres de sang humain plutôt que de faire face à ce que tu es réellement ainsi qu'au nombre de vies dont tu t'es emparé, simplement parce que tu n'étais pas foutu de penser aux autres solutions, n'est-ce pas ? »

Elle s'emportait, haussant le ton malgré elle alors qu'une douleur sourde commençait à s'insinuer à ses tempes. Les battements de son cœur s'emballaient, saccadant ses souffles, les rendant agités et circonspects. Lorsqu'elle finit son discours, elle fait quelques pas. Incapable de rester figée à la même place. Finalement, elle bouillonne d'une rage qu'elle retient tant bien que mal, enragée à l'idée qu'elle ne le comprenne plus aussi bien qu'avant. Fatiguée, de cette conversation qui semble ne plus en finir et sur laquelle ils ne se rejoignent pas... Ce n'est que lorsque sa voix lui revient qu'elle s'arrête, cette voix basse et heurtée, qui s'incruste en elle comme le plus odieux des poisons. La rappelant inévitablement à la cause de toute cette cacophonie.

« J'aurais pu mais je ne l'ai pas fait... J'aurais dû mais je ne peux pas changer le passé. » Elle avait beau s'en vouloir. D'entendre sa souffrance, de faire face à tout ce qu'elle avait gâché mais il était trop tard. « Je pourrais te dire que je suis désolée, t'embrasser et faire comme si rien ne s'était passé mais on sait tous les deux que ça ne changerait rien, que tu ne serais pas en mesure d'oublier et que de toute manière, tu ne le veux pas. » Parce qu'elle le savait rancunier, elle le savait fier et elle ne pourrait pas le blâmer de l'être. « J'ai regretté, oui mais j'avais l'espoir que tu m'oublies, que tu rencontres quelqu'un... » Et qu'il soit heureux. Avec quelqu'un d'assez apte pour tolérer les autres sans les craindre, quelqu'un qui avait plus de confiance et moins d'idéaux. « Je n'ai pas envie de me battre avec toi. Est-ce que tu en as conscience ? » lui demanda-t-elle alors que l'azur de ses iris cherchait la chaleur mordorée du sien. Essoufflée de s'égarer et d'observer leur complicité mourir sans pouvoir la sauver.


(*) TRADUCTION : I was stuck in love. Captive, as you too. Even though I row to the end of the world, your shadow will follow me there too.





You'll be given love, you'll be taken care of, you'll be given love, you have to trust it. Maybe not from the sources you have poured yours, maybe not from the directions you are staring at. Twist your head around, it's all around you. All is full of love, all around you, all is full of love. All is full of love.

Revenir en haut Aller en bas
Djinn
Progéniture d'Ève
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 108
Points RP : 264
Date d'inscription : 29/06/2018

It's hard to maintain, any smile on my face
Lahja Vehviläinen & Henrik Jorgensen

 
« Now tell me: how did all my dreams turn to nightmares? How did I lose it when I was right there? Now I'm so far that it feels like it's all gone to pieces Tell me why the world never fights fair I'm trying to find  »
C'est trop pour lui. Toute cette conversation l'est. Et c'est bien pour ça qu'il avait désiré l'esquiver. S'enfuyant comme le premier des lâches, pour ne pas supporter les angoisses de ses mots... ou plutôt de ses non-dits. Ce sont ses regards surtout, qui le font le plus douter. Parce que lorsqu'il la regarde, lorsqu'il se perd dans ses azurs si magnifiques, si prenants, il perd pied. Sa faiblesse éternelle. Il n'a jamais pu la fixer bien longtemps, sans éprouver une tendresse infinie, sans vouloir la prendre dans ses bras. Il lui faut toute sa volonté, pour ne pas se laisser entraîner dans cette réminiscence, ou même dans ce besoin qu'il éprouve à la serrer contre lui. Juste pour s'imprégner de son odeur de nouveau. Juste pour calmer, les battements désordonnés de son cœur maltraité. Juste pour ressentir de nouveau, ce calme olympien qu'elle a toujours su lui offrir par le passé. Il doit pourtant se faire violence, et ne pas céder à cette pulsion, qui serait somme toute naturelle. La savoir en vie, devrait suffire à emplir son coeur de joie. La savoir ici, non loin de lui, devrait pouvoir rassurer son âme tourmentée. Et pourtant non. Seul le fiel s'écoule avec entrain et il éprouve le plus grand mal, à le conserver en lui. C'est contre productif, c'est même probablement stupide, mais il refuse de lui offrir tout le ressentiment qu'il éprouve. Elle ne le mérite pas... Elle pourrait lui faire tout le mal du monde, qu'elle ne le mériterait toujours pas. Foutue faiblesse... foutu amour...


On est enfermé ici parce qu'ils ont peur. Les humains sont comme ça. Ils ont peur de ce qu'ils ne comprennent pas, de ce qu'ils ne connaissent pas. Moi, ma race, ils ne savent pas ce que l'on est. Il ne savent pas. Visiblement tu ne sais pas non plus. Tu veux savoir ce que je suis réellement? Je suis un monstre. Je l'ai toujours été. Je suis né monstre. J'ai grandi monstre. Selon les critères humains. Seulement tu sais quoi? Je suis bien plus humain que la plupart d'entre eux. Je n'ai jamais fait souffrir quelqu'un inutilement. Je n'ai jamais pris de père de famille, de sœur, d'enfant. Depuis que je suis suffisamment grand pour choisir, je ne fais que prendre, ces êtres sans famille, sans espoir. Je leur offre une vie de rêve, en échange de ma survie. Parce que c'est de ça dont il s'agit Lahja. Sans humains. Je meurs.   Chaque mot tire sur ses cordes vocales, qui deviennent plus douloureuses, à mesure de que sa voix devient rauque. Je ne t'ai jamais avoué ce que j'étais... parce que je savais que tu partirais. Tu as toujours été bien trop affable pour ce que je suis. J'avais peur de te perdre... Et ta réaction aujourd'hui... me prouve que j'avais raison de ne rien dire. Il détourne le regard. Incapable de conserver ses yeux dans les siens. Elle le juge. Depuis qu'elle l'a vu, illuminé de tous ses tatouages bleuâtres, il sent les affres du jugement transpercer sa peau comme mille aiguilles.


L'agacement de la blonde est palpable. Il est la cause de toutes cette agitation, de ses pas qui ne mènent nul part. Lui est las. Plus qu'autre chose il veut s'enfuir, quitter cette scène dont il n'est pas que le spectateur. Il lui est difficile, de ne pas lui offrir toute sa rancœur, mais il reste droit, il reste le plus impassible possible, pour simplement calmer le jeu de cette partie insensée. Ses nerfs pourtant s'agitent de plus belle. Ils s'emballent lorsqu'elle finit par lui répondre, sur le vraie sujet qui les anime... Ou plutôt qui l'anime lui, qui veut tant savoir pourquoi elle l'a zappé, aussi facilement de sa vie. Tu ne l'est pas... désolée... si tu l'étais, tu prononcerais tout de même ces mots... en sachant que je serais incapable de les accepter pour l'instant. Les mots fourmillent, dansent dans son esprit, mais restent cruellement accroché au bord de ses lèvres tremblantes. Les siens éveillent une douleur, celle pourtant enfouie sous des tonnes et des tonnes de béton armé, comme une protection visiblement bien futile, lorsqu'elle parvient à la détruire de quelques paroles à peine. Son palpitant s'emballe, alors que son âme semble partir en lambeau, face à la véracité de ce qu'il ressent. L'abandon dont il a été victime, est toujours aussi bouillonnant. Comme si les évènements avaient eu lieu la veille. Le temps s'est écoulé, mais n'a malheureusement rien guéri, de ses propriétés censées être miraculeuses. Lui l'oublie pas. Ni le tourment, ni la bague, qui a traîné des mois dans sa poche, ni cet engagement qu'il était prêt à prendre pour la blonde. Pas même le raz de marée, positif, qui s'était emparé de lui tout entier, lorsqu'il a posé les yeux sur elle pour la première fois. Il n'oublie rien... et se contente de subir l'assaut, de ses regrets qui n'en sont pourtant pas réellement... Pas à ses yeux.


Il rit... Jaune, amer, d'une façon très peu naturelle. Il a tant de venin à déverser, qu'il prend peur à l'idée de la contaminer, de la détruire rien qu'avec sa rancœur, qui vient de doubler de ce simple discours pourtant plein de bonnes intentions. Ses mains fébriles attrapent un nouveau bâton de la mort, qu'elles n'allument pourtant pas. C'est juste pour l'occuper, pour l'empêcher de dire à voix haute, tout ce qui circule dans son crâne devenu douloureux à force de se retenir, à force de ne pas s'exprimer normalement. Difficile pour lui, de garder pour lui ses sentiments. Ce n'est simplement pas naturel. Pourtant il inspire, impose de l'eau dans son vin trop acide, pour finalement reprendre, d'une voix lassée par les évènements trop intenses. Il m'a fallu plus de cent ans pour te trouver skat. Crois-tu réellement un seul instant que j'aurais pu t'oublier? Que j'aurais pu me plonger dans une autre relation? Il m'a fallu plus de cent ans pour te trouver... il m'en faudra autant pour te laisser quitter mon coeur. Dans un soupir il achève sa phrase, d'un laconisme presque effrayant. Sauf que je ne survivrais pas cent ans encore... De ça il est certain. Ces dix dernières années, il les a pris. Comme un humain. Il a vieilli, supporte cette enveloppe qui lui offre quarante ans. Et il continuera de le faire. Incapable de se résoudre à vivre sans l'amour de sa vie. J'avais envie de passer toute ma vie à tes côtés... Comme quoi, on peut pas toujours avoir ce qu'on veut. Cette fois, il allume la cigarette et tire un grand coup dessus. Pour ne pas laisser l'afflux d'émotions le prendre. Il ne veut pas lâcher la moindre goutte salée à son encontre. Il ne peut pas la laisser le voir faible. Ce n'est pas de la fierté. Pas vraiment. Bien sûr, il aime penser qu'elle l'imagine fort comme un roc. Seulement ce n'est pas sa démarche à cet instant. Il refuse de lui montrer la moindre faiblesse... parce qu'incapable d'accepter sa bienveillance et son envie de le consoler.
(c) DΛNDELION
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé

Revenir en haut Aller en bas
It's hard to maintain, any smile on my face (ft. Lahja)
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Léo ∆ I will show another me, I'll tell them what the smile on my face meant
» 04. God put a smile upon your face...
» I just might die with a smile on my face after all
» this does put a smile on my face - Nate
» Why do you smile all the time ? (RP libre : 1,2,3 personnes ?)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
The Island Of the Damned ::  :: Dublin-
Sauter vers: