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 Rencontre sauvage † Aleyde A. Stakweather Ft. Callan De Rhénanie

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Rencontre Sauvage
Callan & Aleyde

« DE LEURS ENNEMIS LES SAGES APPRENNENT BIEN DES CHOSES.» ▬ ARISTOPHANE
Le territoire des vaudous avait un de ces quelque chose qui faisait froid dans le dos. Une familiarité flippante, une odeur de chez elle qu'Aleyde ne pouvait supporter. Elle avait découvert l'Irlande du sud tardivement, ayant commencé son voyage en partant du nord. Pour elle, cet endroit était le pire de tous, en comptant Tullamore. Elle avait été plutôt bien accueillie la première fois que ses pieds avaient touché ce lieu maudit, seulement quand on connaît la petite sorcière et ses penchants pour la confrontation, on se doute rapidement que les échanges n'avaient pas été de tout repos. Aleyde méprisait ses semblables et le traitement qu'ils faisaient subir volontairement à d'autres créatures. De quel droit pouvaient-ils se sentir supérieur à ce point ? Elle détestait l'ignoble vérité sur ses frères et soeurs : ils aimaient tous la magie noire, le sang, la mort. Le simple fait que des cadavres ornaient l'entrée ignoble de leur forteresse, avait suffi à Aleyde pour les détester. Cependant, la faim justifie les moyens. Elle ne pouvait pas se passer d'onguents, de plantes étrangères et de toutes sortes d'ingrédients indispensables à ses sortilèges, potions et rituels qui étaient son lot quotidien. C'était avec désespoir et tristesse qu'elle s'aventurait donc dans ces rues putrides. La sorcière ne connaissait personne qui aurait pu l'aider à se procurer de telles choses, alors elle s'était résignée. Sa robe noire déchirée, des chaussures qu'elle gardait au cas où et une veste à capuche, Aleyde s'était faufilée dans la populace grouillante de ce monde. Elle avait réussi à ne dire que quelques mots, pour ne pas être reconnue avec son accent russe. Une fois ses achats effectués, la porte de ce monde fermée, la sorcière se précipita dans la forêt. Elle emplie ses poumons d'air frais, laissant derrière elle l'odeur pestilentielle de la mort. Les yeux clos, droite, elle se détendait lentement. Ses pieds, une fois nus, s'enfoncèrent dans la terre fraîche. Il faisait encore jour, mais la nuit n'allait pas tarder à se montrer. Aleyde attrapa son sac, fourra sa paire de chaussure à l'intérieur, en veillant à ne pas casser les flacons qu'elle venait d'acheter, ou de voler, puis entama une course à travers les arbres à la recherche d'un abri pour la nuit. Même si ses sens restaient aux aguets, Aleyde s'amusait grandement dans cette recherche à travers la nature. Les bruits d'animaux venaient lui chatouiller les oreilles, tandis que les branches des arbres frôlaient son corps. Rien n'était plus agréable que ces sensations qui venaient purifier son âme. Une forme de joie emplissait le coeur de la jeune femme, transcendée par tant de beauté. Les paysages russes lui manquaient, avec toute cette neige et ce froid, seulement elle appréciait également cet endroit. Le seul défaut qu'elle trouvait à ce lieu était la présence d'êtres vivants.

Une clairière apparue devant elle, baignée d'une lumière douce. L'herbe verte avait l'air incroyablement confortable et un petit cours d'eau glissait au bord du creux de verdure. Habituellement, Aleyde était prudente et dormait en hauteur, à l'abri des animaux. Seulement, proche de ce lieu maudit, elle ne sentait pas le danger arriver et n'imaginait pas qu'un être puisse s'aventurer la nuit, aussi proche des sorciers vaudous. Quant à eux, elle n'en avait pas peur. Elle n'avait peur de rien, finalement. C'est ainsi que quelques minutes plus tard, après avoir vérifié le pourtour de ce lieu idyllique, Aleyde posa son sac dans l'herbe parfaite. La nuit venait de tomber violemment sur sa tête, comme toujours ici. Ce pays manquait cruellement de coucher de soleil, pour prévenir du danger des ombres. La sorcière n'était pas surprise et commença sa toilette, se débarrassant de la puanteur du lieu qu'elle oubliait déjà peu à peu. Une fois propre, elle enfila une nouvelle robe, qu'elle avait volé à un cadavre, qui était en parfait état. Ses cheveux trempés dégoulinaient sur le tissu noir, la rafraîchissant délicieusement. C'était une soirée très agréable. Aleyde profitait du calme ambiant. Elle installa cérémonieusement des bougies, des branches d'encens et une poudre noirâtre autour d'elle, en cercle. Elle se purifiait chaque soir, elle pensait par habitude que cela repoussait sa malédiction. Il s'agissait plus d'un rituel réconfortant, qu'un acte ayant une réelle efficacité sur ses malheurs. Seulement, ayant tout perdu, n'ayant plus de repaires, elle s'accrochait à ce qu'elle pouvait. Psalmodiant divinement des paroles d'un autre monde, des particules flottait autour d'elle. De fines gouttes d'eau et de la cendre, volaient dans l'air au rythme de sa voix. Ses yeux, grand ouverts, étaient d'une blancheur effrayante et fascinante. Quand elle sentit son être totalement vidé, les particules redescendirent et ses pupilles réapparurent. Un sourire se dessinait sur son visage pendant qu'elle replaçait les bougies près d'elle, regroupées. Sa vieille robe était posée comme coussin, près de ses affaires et Aleyde s'allongea dessus, vidée. La journée avait été fatigante, la sorcière avait besoin de repos avant de pouvoir s'éloigner des sorciers infects qui habitaient ce lieu.

Les yeux de la jeune femme se fermaient sous les étoiles du ciel d'Irlande. Elle combattait le sommeil espièglement, rendant sa détente encore plus profonde. Aleyde n'avait pas le droit à des moments aussi parfaits et calmes. Comme sa mère le lui avait dit, elle ne pourrait jamais être heureuse. La sorcière le savait, mais elle s'interdisait de gâcher ces moments de grâce que le ciel lui faisait, avec des pensées de malédictions et autres conneries du genre. Cependant, le calme est vite ébranlé dans un monde comme le sien. Une sensation de vide en elle écorcha son sommeil. Sa gorge se serra douloureusement et ses yeux s'écarquillèrent. D'un bond, elle se releva, accroupi, prête à mordre, à griffer. Ses sens s'étaient affolés et elle sentait le danger présent, pesant. Ses yeux passaient d'une ombre à l'autre, comme fous. La nuit et le sommeil rendaient sa vision difficile et l'adaptation à l’obscurité se faisait que trop lentement. Sa main, lentement, cherchait quelque-chose vers son sac. À tâtons, elle essayait d'attraper son couteau, mais sa main tombait inlassablement sur des fioles. Elle se maudissait d'avoir été aussi imprudente. C'était son sentiment le plus présent : elle se détestait de ne pas avoir fait plus attention. La peur était juste assez présente pour la tenir en alerte. Elle renifla bruyamment, afin d'essayer d'identifier le danger. Elle se sentait traquer et son visage se contracta dans un rictus de colère. Elle était prête. Désarmée, pour le moment, mais prête à mordre, à griffer et à tuer s'il le fallait.
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| rencontre sauvage |


there’s no reason to cry now, there’s nothing to forgive,
this suffering’s my blessing, the death of sin is how i live.

Désordre mental. Distorsion du réel. Amalgame d'aliénations personnelles. Tant d'explications inconsistantes et dérangeantes qui n'illuminent aucunement le noir qui s'étale en lui. Callan est absent. Il a l'esprit en exile, le cœur laissé aux charognes. Chaque particule de son enveloppe faisant honneur à la Mort qui l'embrasse depuis huit siècles. Chaque attention portée suintant de cette indifférence latente qu'il porte au monde et à ces autres qui l'entourent. Il traîne, dans les décombres d'une île qui n'est plus sienne. Vagabond agacé par les lamentations du peuple. Prince Déchu qui, de ses lèvres, goûte à nouveau à l'amertume que possède la poussière. Les ombres de sa fierté deviennent orage en sa poitrine immobile. L'illusion que sa rage est assez forte pour réanimer ses pulsations cardiaques est si dense qu'il pourrait presque penser qu'elle est réelle. Mais tout se fragmente à son absence de souffle. Ses ambitions autant que ses repères volent en éclats à la minute où la fatalité s'abîme contre sa peau de marbre. C'est la carence de grandeur qui le pousse jusqu'aux portes de Mallow, l'absence de peur et la détermination de se relever. Encore. De reprendre le contrôle sur cette existence qu'on lui a volé. Il blâme son Sire, il blâme sa faiblesse. Il le juge et condamne sa naïveté, à croire qu'un jour on puisse le voir pour ce qu'il est vraiment : un monstre. Puisqu'ils le sont tous. Il se compte dans l'équation, cherchant même à faire pencher la balance en faveur à tout ce que les hommes refusent d'affronter dignement. La cruauté, la violation, l'obscurité et la différence. Des crimes pour lesquels on le juge. Des affronts qu'il porte sur sa peau comme des médailles infernales, offertes par les démons, nichés au creux de ses entrailles anciennes. Insoumis aux mœurs humaines. Anarchiste face aux espoirs décevants de la population. Il pactise alors avec ceux qu'on évite, ceux qu'on fuit. Il s'allie aux terreurs nouvelles qui agitent les sombres nuits irlandaises et s'imbibe du poison poisseux que portent les sorciers noirs.

Callan s'inspire de leurs souffles impériaux, s'évade dans l'insanité de leurs rituels. Il partage, et son sang et son âme. Pour quelque chose de plus grand. Il apprend et compose avec ces chimères cauchemardesques, se faisant presque une place auprès de la femme à la tête de cet empire noirâtre. Proche, dans les lueurs infâmes de leur perversion commune. L'allemand attise et fait fermenter les graines de son soulèvement personnel. Prendre le risque de se laisser ensevelir par ces forces dont on le met en garde, infidèle aux promesses qu'il a pu faire autrefois. Les choses étaient différentes à présent. Callan était plus proche des parias que de ces leaders nouveaux. Toujours plus en harmonie avec l'opposition que la coopération. Ce n'était donc pas la première fois qu'il s'évadait dans cette zone ombrageuse ni même la première fois qu'il goûtait au confort nuptial d'une sorcière noire. Il en peignait son quotidien de sacrifices et d'offrandes, partageant son sang avec les profondeurs terrestres pour mieux les éveiller. Il en appelait l'indécence et la furie, en espérait l'implosion et l'implacabilité. Il voulait comprendre l'impossible ainsi que tout ce qui lui était invisible, sans en craindre les rugissements ni même le désastre des conséquences. Décorant même son Âme d'échardes célestes, invoquées par la luxure qu'il éprouvait pour la douleur et l'horreur, complètement indifférent à la haine viscérale que l'on pouvait lui porter. Callan ne cherchait pas la rédemption, il s'en moquait. Avec insolence et authenticité. Il préférait de loin les mouvements inconstants de ses vagues fiévreuses, l'éclatement théâtral de ses colères. La douleur animait ses nuits et ses songes, avec perniciosité et élégance. Callan en était le disciple. Il l'aimait avec la ferveur d'un amant et s'y abandonnait avec toute la dévotion dont il était capable d'émaner. Dans la peur, le chaos et l'atrocité, il était chez lui.

Mais il devait rentrer, abandonner ces draps pour retrouver son errance. Il ne descendait à Cork que pour assouvir sa soif de blasphèmes. Il ne s'enterrait entre les bras de cette femme que pour embrasser les profondeurs de son Immoralité. Callant dût attendre la tombée de la nuit pour finalement sortir et atteindre la forêt afin de passer entre les mailles de filet, préférant la solitude à la cacophonie dont étaient pourvus ces hommes qu'il haïssait. Le silence étant plus réconfortant que n'importe quel discours, il ne s'attachait qu'au bruit du vent à travers les feuillages. À celui des animaux qui chuchotent, laissant les battements de leurs cœurs effleurer son ouïe acérée. Au crépitement des branches qui se brisaient sous ses pieds. Il passa quelques minutes à errer de cette manière, remontant toujours vers le Nord mais s'arrêta à quelques mètres d'une femme, installée en plein milieu d'une clairière. Sa longue chevelure d'ébène appelant son regard à l'observer un peu plus longuement, la brume l'entourant légèrement lui donnant des airs d'allégories disparues. Il décortiqua le moindre de ses gestes lorsqu'elle préparait son rituel, lui révélant ainsi sans qu'elle ne le sache sa nature et ce dont elle pourrait être capable pour se protéger. Sa contemplation s'emboîtait naturellement dans la curiosité qu'il ressentait d'en savoir plus. Ainsi lorsqu'elle s'est finalement allongée, il s'est avancé, se détournant de son chemin pour céder à l'envie qu'il avait de la découvrir. À nouveau, il prenait le risque d'affronter tout ce que les hommes cherchaient à éviter, se fichant totalement de la déranger ou d'attiser son mécontentement.

La réaction de la sorcière fut d'ailleurs quelque peu surprenante. Elle bondissait, transformant sa position latérale en un accroupissement en l'espace de quelques secondes, à peine. Son regard était aussi vif que fou, fouillant les arbres pour ne rien trouver d'autre que du vide. Callan pouvait entendre les battements de son cœur hurler, le flux de son sang aguichant déjà ses crocs sans qu'elle ne s'en rende compte. Il attrapait les effluves du carmin qu'elle possédait dans ses veines, les laissant s'en enivrer impunément. Cette femme ressemblait à un animal blessé. Elle avait l'attitude excessive et la violence mordante, prête à bondir pour sauver sa vie. Callan reconnaît la survie lorsqu'il la croisait, lui-même bien trop marqué par elle pour pouvoir en oublier les caractéristiques. Cependant, il restait plus puissant de par ses facultés. Plus expérimenté de par son âge avancé et plus apte à lui échapper. Pourtant quelque chose de malsain semblait brûler en elle, quelque chose de difforme et d'alarmant qui ne faisait que l'attirer, lui, incontestablement. L'allemand usait ainsi de sa vitesse pour la faire tourner sur elle-même durant quelques minutes, s'amusant de mettre de l'huile sur le feu déjà grand qui semblait irradier l'âme de la sorcière. Il aiguisait ses sens, se délectant de cette intense rage dont elle émanait. Une rage qui, étrangement, ressemblait à la sienne. Lorsqu'il s'arrêta enfin, il était adossé à un tronc d'arbre qui lui faisait face, se contentant simplement de la toiser avec une impassibilité sordide et douteuse.

« Bonsoir, enfant sauvage. On ne t'a jamais dit que les bois étaient dangereux, la nuit ? »

Dangereux, pour tout le monde. Autant pour elle que pour lui.

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When you speak my name, it don't matter to me. Where you place your blame, it don't matter to me. Where could you be walking to, it don't matter to me. Take my wicked heart, it don't matter to me. Turn my twisted words, it don't matter to me. What are you here waiting for, it don't matter to me. Where do you go to, you don't matter to me.

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Rencontre Sauvage
Callan & Aleyde

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Son cœur ne cessait de battre trop violemment dans sa poitrine. Douloureux signe de vie. Aleyde sentait que ce qui était en face d'elle, se jouait très certainement de sa personne. La chose s'agitait dans la pénombre et laissait tourner en rond la nécromancienne. Par ego, Aleyde aurait pu s'arrêter sur place, se sentant stupide. Seulement, là, il n'était pas question de se laisser berner par un sentiment aussi puéril. La survie d'Aleyde ne pouvait pas reposer sur une humanité latente, boudeuse. Certes, elle ne brillait pas d'une splendeur éblouissante, tournant en rond comme elle le faisait, mais elle ne se donnait pas l'autorisation de tourner le dos à qui que ce soit. Pourtant, Dieu seul sait à quel point Aleyde peut être boudeuse et humaine.

La chose énervait dangereusement la brune qui sentait ses dents se serrer sous la pression de sa mâchoire. Elle grognait, fiévreuse de sauter sur ce qui venait de la déranger. Tout en dansant avec l'ombre, Aleyde activait ses sens : sa vue capta une lueur couleur or et son odorat perçu un parfum macabre. La rapidité du fantôme, ainsi que sa faculté à ne pas faire trop de bruit, achevèrent de décider Aleyde : elle avait en face d'elle un mâle, appartenant certainement à la communauté vampirique du coin. La sorcière n'était pas en bon terme avec les vampires qui vivaient avec elle, dans cette prison. Elle avait côtoyé pendant longtemps Hakon et portait un amour tout particulier à cette population. Seulement, la vérité n'était pas toujours aussi douce. Ici, elle n'avait croisé que des vampires sadiques, voir fous. Al' comprenait l'idée de survie et de chasse obligatoire pour leur espèce. Toutefois, elle ne supportait pas en être une cible et cela depuis son arrivée ici. À l'extérieur, les humains étaient les seuls en danger. En ce lieu, elle se sentait traqué stupidement. Immangeable, voilà ce qu'elle était. Cependant, ils ne semblaient pas le comprendre. Sa colère était d'autant plus intense, qu'elle venait de passer un moment agréable, seule avec elle-même. Encore une fois, on venait détruire tout ce qui était vivable pour la sorcière.

Ses sens en alerte, sa gorge entravait par la rage, Aleyde attrapa son couteau et le glissa derrière son dos, coincé dans son poing serré jusqu'au sang. Son sourire se dessina de nouveau sur son visage : elle ne se sentait plus si stupide. Le vampire était plus ou moins visible et apparaissait petit à petit, jusqu'à se révéler en face d'elle, appuyé contre un arbre. Pour un être qui venait de passer trop de temps à danser avec Aleyde, elle le trouvait drôlement indifférent, maintenant qu'il laissait apparaître son véritable visage. La sorcière avait en face d'elle quelque-chose qui était à la fois très semblable de ce qu'elle connaissait et très différent. D'une androgénie flagrante, le vampire ressemblait à beaucoup de ses semblables. Hakon était différent, lui. Viril, immense, imposant et doux à la fois. Les vampires androgyne donnait un sentiment de malaise à Aleyde. Elle les trouvait malsain, sans savoir ce que ce sentiment venait faire là. Peut-être cela était dû à l'idée qu'un être au visage d'ange, pouvait lui arracher la tête d'un coup de griffe. Elle ne se faisait plus avoir et le flegme de l’intrus ne faisait qu'accentuer ce sentiment : il faut toujours se méfier des apparences. La sorcière avait en fasse d'elle un être particulier. Aleyde était attirée par la puissance, la force, l'opposition à la féminité qu'elle connaissait. Seulement, cet homme était singulier. Ses yeux avaient absorbé la sorcière : ce n'était pas l'océan qui s'agitait à l'intérieur de ses iris, mais la violence des sentiments qui s'y trouvaient noyés. Elle avait en face d'elle un être qui semblait complexe et violemment différent du monde entier.

Quand le vampire ouvrit la bouche, Aleyde se crispa, prête à bondir. Sa voix hurlait dans le silence de la forêt. Les yeux de la sorcière se fixèrent sur la bouche du jeune homme, passant par la mâchoire anguleuse de celui-ci. Son sang se glaça quand il eut terminé ses deux petites phrases.

« Bonsoir, enfant sauvage. On ne t'a jamais dit que les bois étaient dangereux, la nuit ? »

Rien n'aurait pu énerver plus Aleyde, qui fusillait du regard la créature. Elle se redressa légèrement, laissant apparaître la déception sur sa figure si expressif. L'animalité s'estompa sur son visage, pour ne cibler que ses yeux bruns. Elle le jaugeait de haut en bas et mit un temps avant de répondre. Elle cherchait ses mots.

« Je vois qu'un enfant ici et c'n'est pas moi. » Réponse puérile, mais tellement satisfaisante pour la sorcière. « Tu as l'habitude de discuter avec ta viande avant de le manger ? Moi non. Si je ne le suis pas, pars. C'est "dangereux" ici. » Aleyde sifflait ses mots, des fois peu compréhensibles. Elle était en colère et ne se contentait pas de feinter le stoïcisme comme l'inconnu. Boule de rage vivante.Un sourire féroce se dessinait sur ses lèvres, quand elle mentionna le danger ironiquement. Elle attendait que le vampire se mut, sur la défensive. « Si tu veux des banalités : ce n'est pas poli de déranger un personne. » Elle secoua la tête, arborant une moue méprisante. Qui était-il ? Que lui voulait-il ?
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Indifférent, il l'était. À elle autant qu'à ses démonstrations bestiales. La désinvolture dont émanait son visage le rendait sans doute bien plus méprisable qu'il ne l'était déjà et son insensibilité aux conséquences que cela pouvait provoquer en elle ponctuait la situation de condescendance. Callan ne la craignait pas. Cette hargne dont elle transpirait l'interpellait, actionnant les perversités de son esprit contusionné. Elle avait la furie féroce de vouloir survivre, quitte à défier les ténèbres les plus sordides. L'Allemand n'avait qu'à poser ses prunelles sur sa silhouette agitée pour comprendre qu'elle n'était qu'une enfant blessée. Comme lui a pu l'être, un jour. Ce rappel inattendue ne lui plaisait guère. Il en mordait ses certitudes antiques, remettait en question des futilités auxquelles il n'avait pas pour habitude de s'attacher. Pourtant il s'était arrêté, drôlement intrigué par la frénésie à laquelle l'inconnue propulsait son cœur sauvage. Il l'écoutait frapper, avec force et impétuosité, jusqu'à en frôler la rupture. Attentif, Callan absorbait les souffles de l'animal indompté, mesurait leur fréquence et tentait de comprendre le langage de ses tempêtes intérieures. Il la sentait profondément humaine et pourtant... Pourtant, il n'était pas convaincu qu'elle soit comme les autres. Comme ces hommes qu'il haïssait et qu'il avait pour ambition d'exterminer. Mais ces illusions étaient parfois trompeuses. Il connaissait les manèges des faux semblants, comprenait les duperies lorsqu'elle gravitait autour de lui. Ses indignations les condamnait à la cruauté animant ses mains de meurtrier. Alors il préférait attendre, se faire sa propre idée. Sur ce qui peignait l'esprit de l'Indomptée. Sur ce qui troublait les eaux sombre de son âme incisive. Il la sentait fougueuse et éloignée de tout ce que la civilisation imposait. Et dans cette liberté estropiée, elle incendiait ses prunelles comme l'aurait fait une comète égarée dans la suie de l'obscurité nocturne. Destructrice mais pourtant si éphémère. Elle disparaîtrait sans doute de sa vie, à la même vitesse.

Cependant il ne la sous-estimait pas, elle et sa dangerosité mais il s'en amusait, alimentant d'ores et déjà l'irritation qu'il avait fait bourgeonné en elle en la faisant tourner en rond. Technique bancale pour décortiquer l'attitude de sa proie mais suffisamment efficace pour qu'il devine déjà ses points faibles et ses points forts. Lui donner la sensation d'être en danger, c'était comme ouvrir une porte sur les possibles plans d'attaque qu'elle pouvait avoir en tête. Et il fut si facile, pour lui, d'agiter cette furie constante qui semblait habiter la sorcière. Aucun mot pourtant n'avait quitté ses lèvres depuis qu'il s'était mis à la faire danser. Aucun murmure, aucun souffle n'était venu perturber la cacophonie de sa fébrilité. La sorcière était à vif, comme si on venait à peine de lui écorcher l'âme. Et Callan se nourrissait du bruit acharné que faisait le cœur, caché au creux de sa poitrine. Lorsqu'il s'est finalement arrêté, ce ne fut que pour s'échouer contre un arbre faisant face à l'enfant sauvage. Son regard la perforait comme aurait pu le faire n'importe quelle lame bien aiguisée et ce silence qui les entourait fut brisé par son initiative. L'Allemand attisait en sa proie des sentiments contraires. Il cherchait à déstabiliser ses attentes autant que ses plans. Peu adepte à rentrer dans les cases dans lequel on le mettait, par erreur. Il tirait profit de ce qu'il laissait paraître, pour mieux anéantir ceux qu'il avait décidé de prendre pour cible. Callan était pourtant dénué d'illusions. Il avait la franchise comme bouclier, la violente réalité comme épée. Les mensonges lui donnaient autant la nausée que les stupidités dans lesquels les naïfs se perdaient. Il estimait la bravoure de faire face à l'atrocité, de composer avec et de survivre, malgré tout. Ce qu'il percevait en cette fille paumée résonnait brutalement avec ses convictions. L'Allemand remarquait sa différence en soulignant qu'elle ne cherchait ni à plaire ni à tromper. Elle semblait sans filtre. Sans duperies sordides, cachées derrière la saveur mielleuse des mensonges.

Callan esquissait un sourire indescriptible aux premiers mots qu'elle lui adressa. Il ne perdit pas une miette de la lassitude dont s'emparait à présent son visage, délaissant l'animalité pour faire place à quelque chose de plus humain et de plus... familier, pour l'ancien vampire. La sorcière visait juste, il n'avait pas pour habitude de faire dans les sentiments et ne s'attachait que très rarement au comportement que ses victimes pouvaient avoir avant de mourir entre ses mains. Mais le destin en avait décidé autrement, ce soir. Au grand dam de l'Indomptée dont les vociférations fugaces glissaient comme de l'eau sur sa peau ancestrale. Il reconnut un profond accent de l'Est à l'intonation dérangeante de sa voix. Russe, à coup sûr. Callan ne doutait pas. Il avait trop parcouru ces contrées glacées pour en oublier les sons et les voix. La Russie était bien trop chère à son cœur pour qu'il ne fasse la grossière erreur de se tromper sur l'accent si particulier qu'elle accordait à tous ses enfants. Ainsi donc, il s'avançait vers elle, le pas tranquille et froid, autant que l'était l'aura inquiétante qu'il dégageait naturellement. La peur l'avait quitté depuis trop longtemps pour qu'il ne se souvienne de ce qu'elle pouvait lui faire endurer. Elle avait cédé sa place à une inhumanité sordide, un dévouement sans limites pour les forces obscures que dégageaient les plus puissants démons. Callan était devenu l'un de leurs instruments, une ignominie qu'aucun homme ne désirait croiser sur son chemin. En cela, l'Indomptée n'avait rien de différent des autres. Du moins, pas pour le moment. Il s'est approché si près d'elle que leurs deux visages ne furent séparés que par quelques centimètres ridicules. Ses phalanges glacées étaient venues agripper sa mâchoire pour l'enserrer brutalement alors que son regard clair se plantait dans l'obscurité mordorée du sien, toujours aussi indifférent et dénué d'expression. Il cherchait ses émotions à elle, fouillait même son esprit pour découvrir les couleurs insanes de cette rage avec laquelle elle l'avait attiré. « Qu'est-ce que tu comptes me faire, si je refuse de te quitter ce soir ? Éclaire-moi. » Il s'était exprimé de ce Russe qu'il avait délaissé ces dernières années, ne pouvant s'empêcher de repenser aux instants libres qu'il avait passé là-bas en le reparlant. Callan admirait le culot qu'elle avait de le défier, lui dont la réputation n'était pourtant plus à refaire. Lui qui était la cause d'un nombre incalculable de malheurs. Et il se demandait si elle était bien consciente que si elle venait à le blesser d'une quelconque manière, c'est avec le sang s'écoulant dans ses veines qu'il se soignerait.

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