The Island of the damned est un forum post Apocalyptique rassemblant un grand nombre de créatures surnaturelles.
 

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 « Knowledge is power » | Feat Jughead

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Knowledge is power

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Balian sortait du château pour la énième fois cette semaine. Il avait multiplié ses visites à Léandre pour des prétextes futiles ou idiots, trop fier pour avouer qu’il avait simplement besoin de la présence de son ami. Parfois, ses entrevues étaient brèves. Il se contentait de fumer une cigarette, assis sur le fauteuil, d’échanger quelques politesses, puis il se levait et quittait la chambre aussi vite qu’il était arrivé. D’autres fois, et c’était plus souvent le cas, ses visites s’éternisaient. Balian restait jusqu’à vider la bouteille de vin ou le paquet de cigarettes, sans se soucier de toujours combler le silence. Parfois, il ne disait plus rien, demeurant silencieux pendant de longs instants, comme s’il était seul chez lui. Il attendait que Léandre le chasse ou qu’un autre vampire vienne déranger leur quiétude pour trouver le courage de se lever et partir. Il ne supportait plus l’endroit où il vivait. Le calme religieux qui y régnait. Le vide lugubre des murs dénudés et des pièces à peine meublées. Le parfum effacé de Stacey. C’était déprimant. Cet endroit le rendait dingue. Il était incapable d’y rester plus de quelques heures sans avoir une pensée pour le mortel qui indéniablement lui pinçait le cœur. Balian se détestait, quand il était dans cet état. Il avait déjà survécu à la solitude, il imaginait mal qu’un misérable humain puisse le bousculer à ce point. Et pourtant… Pourtant. Il devait se rendre à l’évidence : Stacey lui manquait. Il se sentait comme incomplet, et ce sentiment ne lui était pas familier. Pas avec Stacey. Du temps de River Crow, le jour où l’esclave avait fui, évidemment, il avait ressenti quelque chose de similaire, mais ce n’était pas… Pas aussi intense. Pas aussi physique. Il n’y avait qu’Hamid qui lui faisait cet effet, mais Hamid était son infant, quelque part, c’était logique. Et Stacey était… Qu’est-ce qu’il était, au fond ?

Balian soupira en glissant les mains dans ses poches. Il était reconnaissant de la sollicitude de Léandre. Ça lui faisait du bien, après le départ de Stacey. Lorsqu’il n’était pas occupé à se morfondre, il défoulait sa tristesse dans la rage. Lui qui s’en donnait déjà à cœur joie lorsqu’il croisait le chemin d’un Tullamore s’aventurait de plus en plus souvent en dehors de la ville à la recherche d’une proie. Il avait besoin de ça. De cette violence. De cette brutalité. N’étant pas du genre à épancher sa tristesse dans des sanglots déchirants, il préférait s’en débarrasser dans le sang et les cris. Il ne faisait pas bon être un Tullamore lorsque Balian était de cette humeur-là. La colère exaltait ses sens. Il se désinhibait totalement pour mieux oublier sa douleur. Il n’y avait rien de plus satisfaisant que la souffrance des autres, à ses yeux, pour oublier ses propres sentiments. Le plaisir était de courte durée, le soulagement était bref. Ces parties de chasse lui laissaient un goût un peu insipide au fond de la gorge, une sorte de ‘à quoi bon’ qui ne lui ressemblait que peu. Il savait, au fond, que peu importe le nombre d’agents qu’il tuerait, Stacey ne reviendrait pas plus vite. Peu importe le nombre de litres de sang ingurgités, l’humain ne montrerait pas plus vite le bout de son nez. Il n’avait même pas la certitude de le revoir un jour. Il lui arrivait d’imaginer son visage à la place de celui de ses victimes. Il essayait de visualiser le corps sans vie de Stacey pour voir ce qu’il ressentirait. Des fois aussi, il imaginait Killian. Puis il soupirait en songeant qu’il avait vraiment besoin de passer à autre chose. Ressasser cette histoire ne lui rendait pas service. Il avait besoin de se concentrer sur les choses vraiment importantes, comme la guérison de Léandre ou la destruction de Tullamore. Il se convainquait qu’il existait des sujets bien plus capitaux que Stacey.

Alors qu’il remontait la rue en direction de sa maison, au détour d’une ruelle, il assista à un échange plutôt singulier. D’ordinaire, il n’y aurait pas prêté la moindre attention, mais en sachant que personne ne l’attendrait chez lui, Balian se montrait plus attentif à de potentiels divertissements. De loin, la scène aurait presque pu ressembler à une banale conversation, mais quelques coups d’œil lancé par un des interlocuteurs lui indiquèrent que cet entretien devait être secret. Par curiosité, il se rapprocha discrètement. Par curiosité seulement, à la base. Une simple envie d’assouvir sa soif de savoir, de répondre aux quelques questions que cette situation lui inspirait. Pourtant, Balian n’en resta pas là. ‘Tullamore’. Ce mot résonna dans son esprit quand il l’entendit fuser au cours de l’échange. Un dossier passa d’une main à l’autre, geste vif et nerveux, avant que l’objet ne disparaisse sous la veste du vampire qui n’attendit pas bien longtemps pour disparaître, laissant son vis-à-vis seul dans la petite ruelle. Un informateur ? L’homme en question, pourtant, n’avait pas franchement la tête de l’emploi. Un humain, Balian le flaira tout de suite. Pas très vieux, visiblement. Pas plus âgé que Stacey. Ses traits étaient encore juvéniles, son visage, encore vierge de rides. Les informateurs ne couraient pas les rues, mais de cet âge-là ? Le palestinien était bien surpris. Il refusa cependant de se laisser berner par les apparences. Dernièrement, le monde le surprenait de plus en plus. Des bombes qui tombaient du ciel, des créatures qui surgissaient de nulle part, son ex-esclave qui clamait haut et fort sa liberté… Oui, décidément, le vieux vampire ne pouvait plus se fier à ce qu’il croyait savoir. Il aurait été idiot de laisser passer cela, encore plus en ayant surpris ce mot magique qui faisait naître en lui une rage sourde : Tullamore. Si ce gosse savait des choses, il voulait les savoir. Peu importe quoi. Il voulait savoir. N’importe quoi pour les détruire, pour aider Léandre. Il était désespéré à ce point.

Le jeune homme semblait si inoffensif que Balian oublia de se méfier. Plein d’une assurance qu’il avait bâtie au fil des siècles, il se glissa dans l’ombre pour pister le malheureux, observant silencieusement sa silhouette frêle se mouvoir dans la nuit. D’où pouvait surgir un pareil gosse ? Il se le demandait. Qu’un humain lambda se promène dans les rues de Belfast ne le surprenait pas, mais la plupart d’entre eux ne savaient pas grand-chose de Tullamore. Pas assez pour vendre des informations, en tout cas. Alors oui, il était intrigué. Curieux. Impatient. Et peut-être un peu en colère, aussi, comme à chaque fois qu’il pensait à ces ordures retranchées dans leur forteresse. Balian serra le poing. Il les aurait. Bientôt. Il se préparait. Il n’allait pas foncer tête baissée, même si ça lui ressemblait. Il n’avait pas oublié les stratégies de la guerre et de la conquête. Tout cela se planifiait. Se préparait. Et lui aussi, à sa façon, il constituait doucement son plan d’attaque. Ligne par ligne. Comme un long puzzle. C’est dans un geste doux mais ferme qu’il posa sa main sur l’épaule du garçon pour l’arrêter. Ses doigts pressèrent toutefois un peu sa chair, comme un avertissement silencieux. C’est pourtant un sourire charmant qu’il adressa au mortel, les yeux brillants d’un intérêt sincère.

« Est-ce que tu t’es perdu ? » Lui demanda-t-il en ronronnant, sa deuxième main se posant sur son autre épaule pour le faire pivoter lentement. « Laisse-moi te montrer le chemin. » Il le poussa dans cette autre direction. Vers chez lui. Là où ils pourraient discuter au calme. « Dis-moi, que fais-tu ici, dans la cité des vampires ? Tu viens rendre visite à un ami, peut-être ? » Il joua les ingénus en souriant poliment.

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Dealer des informations, troquer nos connaissances contre de l’aide, de la nourriture, un toit, voilà la seule chose qui nous restait. C’était un jeu dangereux. Alec et moi en savions beaucoup trop. Vraiment trop sur ce qui se passait ici, et personne ne devait l’apprendre. C’était notre petite secret, la monnaie d’échange pour sauver mon père, cet espoir naïf de pouvoir un jour sortir d’ici. Tullamore nous avait manipulé. C’était notre tour. Quand, on l’ignorait, mais pour le moment, on faisait au mieux pour rester discret. Ils avaient voulu jouer aux cons avec nous, et on avait gagné, enfin pas tout à fait, mais ce n’était qu’une question de temps. Un jour où l’autre, on arrivera à ça. A ce jour où j’irais frapper à la porte de la prison, brandissant tel le st grâle cette clé USB qui contenait des informations secrète sur le réseau. Sur tout ce qui se passerait par la suite. Dont une que j’étais prêt à divulguer pour sauver ces hommes qui n’avaient rien demandé à personne. J’avais entendu parlé d’une réunion qui aurait lieu dans un lieu secret, j’y participerai avec Alec, et on ferait le premier pas. Mais en attendant, on se contenter d’aider les autres. Les humains, les vampires, les Lycans, peu importait leur race. On faisait appel à nous pour trouver des proches perdu, pour donner des réponses, pour divulguer des informations de la plus haute importance. On savait que l’on était précieux et que rien que pour ça, on restait intouchable d’une certaine manière. Parce qu’on savait que l’on avait ce savoir qui nous permettait de rester en vie. Tout du moins, le temps que ça durera.

Et c’était déjà ça. Voilà ce que j’étais venu faire ici à Belfast. Mon sac à dos sur l’épaule, plus proche du sac de randonné qu’autre chose, contenant des vêtements, des vivres, mon ordinateur, et tout un tas de bordel divers et varié. Mon éternel bonnet sur la tête, continuant de porter fièrement mon blouson de cuir au nom des Serpent, seul héritage de mon père. De ma vie d’avant. Avant Polaris, avant Tullamore, avant toute cette merde qui était la même pour tout le monde. Un vampire du nom de Santo recherchait sa sœur jumelle, et j’étais en train de lui apprendre qu’elle était coincée entre les murs de Tullamore. Prononçant ce mot. L’invitant à entrer en contact avec d’autres personnes qui cherchaient eux aussi des proches enfermés là-bas. Parce que oui, pour moi il n’y avait pas de créature, juste des personnes, des êtres humains, avec ou sans pouvoir, on était tous dans la même galère, ce qui nous rendait pas si différents au bout du compte. C’est ce que je pensais en tout cas. Je l’ai laissé là après lui avoir tendu le dossier de sa sœur, pensant furtivement à mon frère. Putain, je me demandais bien ce qu’il pouvait foutre avec les Tullamore après tout ce qu’ils nous avaient fait à notre père et moi. Des fois, je ne le comprenais tellement pas. Mais pour tout dire, je n’avais plus envie de le revoir. Jayson avait fait ses choix, qu’il les assume maintenant. Tout comme j’avais fait les miens. J’avais choisi mon camp et j’en restais persuadé, c’était celui des futurs vainqueurs. C’est pour ça qu’on les aidait, que je leur apportais mon aide. Et très franchement, je ne regrettais rien.

J’ai fini par prendre congé, souhaitant bonne chance à Santo, j’allais retourner vers ma bécane, prêt à rentrer chez moi où tout du moins, à retourner au squat qui nous servait de logement à Alec et moi. Mon pote était sur une autre affaire du côté de Galway, on s’était pour une fois divisé. Lui avait pris une direction, moi une autre. J’avoue, on l’avait joué à pile ou face et évidement j’avais perdu. Galway était plus sécure que Belfast, surtout que la pleine lune serait là dans une quinzaine de jours ce qui rendait le territoire relativement sans danger à la différence de Belfast. Bien que le traité avait été signé je savais que certains vampires avaient une nature bien plus primitive. Chasser, manger, surtout que le peuple caïnite souffrait de la famine ces derniers temps. Pour ça que j’avais pris une machette, juste au cas où, bien que je devais avouer que je ne savais pas m’en servir. Mais ça me donnait l’impression de me tenir en sécurité. C’était sans doute naïf, mais je misais tous sur le fait d’espérais qu’aucun vampire ne serait trop con pour prendre le risque de briser la coalition. Dans le fond c’est ce qui nous maintenait tous en vie, et on avait surtout besoin des uns des autres. Mais ça semblait complétement con de penser ça. Surtout que je savais que les suceurs de sang n’étaient pas les créatures les plus stables de cette île. Surtout affamé ou sans doute brisé. Et évidemment, il a fallu que je tombe sur toi. Si je connaissais tout le monde ici ? Evidement que non, mais certains noms sortaient plus que d’autres et c’est vrai que je m’étais renseigné sur les personnes fréquentables, et les non fréquentables, et toi… Toi… Tu ne faisais pas partie de ma liste des hommes à croiser.

J’aurais voulu avoir le temps de te repousser, de te demander de me laisser tranquille, mais tu m’entrainais déjà dans une direction opposée à celle que j’allais. Intelligemment, j’ai joué les ignorants. Ce genre de personne qui ne sait rien sur rien. Qu’est-ce que tu me voulais ? Je n’en savais rien. Mais je savais que de toute manière j’étais dans une merde monumental. Toi, le bras droit du Roi des vampires, son meilleur ami, un vieux vampire qui a vécus à travers les âges et qui est resté encré dans des méthodes moyenâgeuse compte tenue de sa façon de torturer ou même de tuer. Voilà ce que je savais à ton sujet et ça me suffisait pour avoir envie de faire dans mon froc à l’instant même où ta main s’est posée sur mon épaule. Je n’avais pas vraiment le choix que de te suivre. Pourtant je n’étais pas perdu du tout, alors je me suis arrêté de marcher, arrêtant de te suivre en même temps, repoussant ta main sur mon épaule avec détermination. Je n’étais pas un mec très tactile d’ordinaire et je n’aimais pas trop sentir ce poids que tu exerçais sur moi.

« A vrai dire j’allais dans la bonne direction et c’est toi qui es en train de me perdre. Ma bécane est juste là-bas. »

Là-bas, à l’opposé de là où tu m’emmène. D’un signe de tête je t’ai montré la Harley qui était garée au bout de la rue. Je pouvais la voir, elle n’était pas loin. Je t’ai répondu, sans doute un peu froidement, et j’avais conscience que ma voix trahissait un certain malaise. Mais je me demandais ce que tu pouvais bien me vouloir si ce n’était mon sang, ou satisfaire très certainement une de tes envies macabres. J’avais envie de tourner les talons, mais une voix dans ma tête me disait qu’il ne valait mieux pas t’énerver et pour ça il fallait que j’aille dans ton sens, et non pas à l’opposé. Je savais que je ne ferais pas le poids face à un vieux vampire, face à un vampire tout court d’ailleurs, je n’étais pas un combattant et mon assurance vie ici se résumait à dealer des informations en tout genre. J’utilisais ma tête et non mes bras. La violence, j’avoue que je détestais ça, j’étais plus dans le combat pacifistes qu’autre chose.

« Mais merci quand même, c’est… Sympa de… Proposer ton aide. A charge de revanche ? »


Ou pas. Je devais avouer que si je ne devais jamais te revoir je ne m’en plaindrais pas. T’offrant un sourire comme je pouvais je t’ai tendu la main. Je ne sais pas pourquoi je faisais ça, sans doute que c’était nerveux. Mais je ne sais pas pourquoi une petite voix dans ma tête me disait que la soirée allait être très longue. Trop longue même…





©️ Fiche codée par Aindreas An'Sionnach



I'm a weirdo
IN CASE YOU HAVEN'T NOTICED... I'M WEIRD....I'M A WEIRDO. I DON'T FIT IN... AND I DON'T WANT TO FIT IN. HAVE YOU EVER SEEN ME WITHOUT THIS STUPID HAT ON ? THAT'S WEIRD. I'M THE DAMAGE, LONER OUTSIDER, FROM THE WRONG SIDE OF THE TRACKS.
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Tiens donc. L’humain lui résistait. Balian pouvait pourtant jurer sentir son malaise profond en sa présence. Une sorte de peur teintée de dégoût, comme s’il savait instinctivement à qui il avait affaire. Il ne se demanda pas si le gamin le connaissait, songeant naturellement que les humains, au fond, savaient spontanément reconnaître un prédateur. Une sorte de réflexe inscrit dans leurs gènes, tout comme leurs ancêtres leur avaient inculqué la peur du noir, du vide ou des serpents. Malgré cet effroi, pourtant, le petit informateur osa repousser sa main pour pivoter dans la direction opposée. De bon gré, Balian le laissa faire, posant un regard attentif sur le véhicule que lui désigna l’humain. « Joli bolide. » Se permit-il même de rétorquer d’une voix calme et posée. Il sentait bien que le mortel tentait de se dépêtrer de cette situation comme il le pouvait. C’était plutôt amusant de voir le garçon tenter de le brosser dans le sens du poil alors même qu’il sentait son envie monstrueuse de prendre ses jambes à son con. Il fallait être un idiot pour ne pas craindre Balian de Lusignan. Le vieux vampire lui-même ignorait s’il pourrait respecter encore longtemps le traité, alors paix ou non, aucun humain n’était véritablement à l’abri de ses crocs… De toute façon, s’il ne le tuait pas, ça ne comptait pas, si ? Pas question, en tout cas, qu’il le laisse s’échapper sans en savoir plus. Avoir entendu le nom de l’ennemi sortir de sa bouche n’était certainement pas un hasard. Cette petite tête angélique savait des choses… Des choses que le vampire voulait aussi savoir. Cela lui apprendrait à vendre ses informations à portée des oreilles de Balian. Il n’avait suffi que d’un mot pour allumer son intérêt. Et il faudrait bien plus qu’une poignée de main pour le dissiper. Balian détestait rester sur sa faim. Il observa quelques secondes la main tendue avant de s’en saisir souplement.

« Tout le plaisir est pour moi. » Ses doigts froids pressèrent fermement la paume du mortel. « Rentre bien. »

Il relâcha sa main et sur ces mots, le laissa s’éloigner. Il resta pourtant là à le regarder, à scruter la distance entre l’humain et la moto se réduire. Il attendait le bon moment. Le moment pour agir. Pour surgir. Il se doutait bien que le jeune homme devait sentir sur son dos le poids de son regard, mais ce dernier sentit également bien vite la fraîcheur de sa main sur son poignet lorsque Balian se rapprocha soudainement. Ses lèvres se déformèrent en un rictus amusé, presque malsain. Lui laisser croire qu’il avait la possibilité de se glisser dans l’ouverture pour finalement briser ses espoirs. C’était cruel mais terriblement amusant. Il était comme un chat jouant avec sa proie, la laissant filer pour mieux la rattraper. L’humain avait bien mal dissimulé son envie de partir. Ça avait donné envie à Balian d’en jouer un peu. Il n’avait pas pu s’en empêcher. Il manquait bien trop de distractions, dernièrement. Il le tira fermement en arrière sans avoir vraiment besoin d’y mettre trop de force. Entre lui et le jeune homme, la différence de puissance était notable. On pouvait même dire qu’il y avait carrément un gouffre entre eux. Les humains, de base, avaient peu de chance de s’en sortir, désarmé face à un vampire. Dans la force pure, les immortels gagnaient sur tous les plans. Les plus aguerris et les plus belliqueux des humains pouvaient lutter un peu plus longtemps que leurs semblables, mais honnêtement, le garçon n’avait pas vraiment la tête d’un combattant, bien au contraire. Ce visage juvénile attisait d’autant plus la cruauté du vampire, car à n’en pas douter, il n’avait pas dû beaucoup connaître la torture, dans sa courte vie. Cela se sentait tout de suite à son attitude, et il terminait de le deviner en le lisant dans son regard.

« Au fait… Puisque tu semblais si pressé d’être mon obligé, je viens de me souvenir qu’il y a bien un service que tu pourrais me rendre. » Ronronna Balian en se penchant vers lui pour effleurer son oreille du bout des lèvres. « Le mieux serait que tu me suives et que tu laisses ta moto ici, en sécurité. Ce serait vraiment dommage qu’il lui arrive quoi que ce soit. »

La menace perçait bel et bien dans sa voix, à peine dissimulée. La belle Harley avait beau avoir fière allure, Balian pouvait aisément la rouer de coups pour en écraser la carrosserie et détruire le moteur. Pour tout dire, il avait presque envie de le faire, là, maintenant. Il n’avait pas besoin d’être un génie pour voir que le gamin tenait à sa bécane. Le petit motard en herbe allait peut-être pleurer en voyant son véhicule se faire mettre en miettes. Toute possession devenait si précieuse, ici, dans une île en ruines. Il était certain que faire réparer une moto pareille ne serait pas tâche aisée – pour ne pas dire impossible. Si le jeune homme était assez intelligent, il le comprendrait vite. Et même s’il ne le comprenait pas vite, Balian allait l’aider ; premièrement en le poussant dans le dos pour le faire avancer dans la direction opposée, celle-là même où il avait tenté de l’emmener à l’instant. Cette fois-ci, toutefois, il n’allait pas le laisser se défiler. Son sourire avait disparu, remplacé par un regard sombre et perçant qui ne laissait plus de doutes sur ses intentions. Quelles qu’elles soient, elles étaient mauvaises. Même un idiot aurait pu le deviner : Balian ne s’en cachait pas. Pourtant, c’est avec une arrogance folle qu’il sortit un paquet de cigarettes de sa poche pour s’en griller une, presque comme si une potentielle lutte avec l’humain était si vaine qu’il pouvait se permettre une telle nonchalance. En fait, c’était presque le cas. Rien que leur différence de gabarit le prouvait. Le jeune humain avait beau être un grand gaillard, il avait plus l’allure d’un casanier que d’un grand sportif. En soufflant quelques volutes de fumée, le vieux vampire dévoila ses crocs, usant de sa main libre pour attraper le col de sa veste en cuir.

« Enfin… Sauf si tu es pressé. » Souffla-t-il d’une voix traînante. « Tu es pressé ? »

Si ça ressemblait à une question piège, c’était parce que c’en était une. Il testait le mortel en le secouant un peu. D’une part pour mesurer ses réactions et d’autre part, et bien… Pour son amusement personnel. La vérité, c’était que pressé ou non, l’humain finirait entre ses griffes. Mais son état dépendrait grandement de sa docilité. S’il décidait de se rebeller, après tout, Balian n’aurait d’autre choix que de le convaincre avec la manière forte. Et il était doué, avec la manière forte. Du temps de River Crow, il avait réussi à soumettre de nombreux rebelles, de ses mains talentueuses. Il n’avait pas de pareil pour insuffler la douleur. Ce n’était pas pour rien, qu’il avait gagné son surnom de Bourreau. Il serait donc ravi de le prouver à ce joli jeune homme qui passait tout bonnement au mauvais endroit, au mauvais moment… Balian coinça sa cigarette au coin des lèvres pour se saisir du menton de sa victime, examinant attentivement son visage, une lueur presque malsaine brillant au fond de ses yeux sombres. L’absence de Stacey ne faisait qu’attiser l’appétit de la bête. Le vampire avait besoin de violence pour oublier sa douleur.

« Quel âge tu as, la vingtaine ? C’est drôlement dangereux pour un enfant aussi jeune, de se promener seul la nuit... Tu sais, on ne sait jamais sur qui on peut tomber, ici. » Son ton était presque sarcastique. Presque. « Heureusement, ce n’est que moi. »

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J’étais dans la merde. Jusqu’au cou. Je pouvais le sentir venir même après que tu m’es laisser partir. Y’avait anguille sous roche. A quoi tu jouais ? J’en sais rien, mais tu jouais bien. Instinctivement j’ai pressé le pas, essayant d’atteindre ma bécane comme je le pouvais. Plongeant ma main dans la poche de ma veste pour appuyer sur un bouton et activer le signal GPS. C'était un code avec Alec. Si on était dans la merde on avait juste à l’activer pour que l’autre puisse nous trouver. Mais Alec était loin et je le savais. En clair, tu avais clairement le temps de me bouffer avant qu’il n’arrive. Je crois bien que je ne contrôlais pas les battements cardiaque dans ma poitrine. J’avais soudainement chaud, encore plus quant à deux pas de la moto tu m’as soudainement rattrapé. Comme une sorte de jeu du chat et de la sourie. Enfoiré ! T’allais pas me laisser partir je me trompe ? J’ai sursauté malgré moi, réalisant que j’étais complétement piégé. Pire qu’une mouche prise dans une toile d’araignée. Qu’est-ce que t’allais me faire dis-moi ? J’ai hésité je dois avouer, entre te renvoyer chier et me résilier. Mais tu m’as menacé et j’ai compris. Si je ne t’écoutais pas c’était à ma bécane que t’allais t’en prendre et il en était hors de question. C’était tout ce qu’il me restait de mon père cette bécane. Je n’avais jamais été matériel, mais pourtant, en sortant de Polaris c’est la première chose que je suis allé chercher. J’y tenais comme à la prunelle de mes yeux à ce truc. Alors c’est bon, t’as gagné. De toute manière je n’avais plus le choix. J’ai pourtant eu un moment de recule, te repoussant comme je pouvais quand tu me touchais. Ca me dégoutais putain.

« C’est bon lâches-moi, je te suis.»

Je te suis, je capitule. T’avais gagné. Je t’aiderais à retrouver ce que tu veux. Enfin si tant est que c’était ce genre de service que tu allais me demander. J’étais naïf. Je sentais que j’allais prendre chers, mais j’espérais qu’il ne le fasse pas. Qu’il était désespéré comme les autres et prêt à tout pour retrouver ce qu’il avait perdu. Mais allez savoir ce qui pouvait bien blesser un type tel que Balian de Lusignan. Je savais même pas que ce genre de choses étaient possible. Nerveusement je me suis passé une main dans les cheveux, tu t’es allumé une clope, style de rien, imperturbable. Pressé ou pas qu’est-ce que ça pouvait te foutre ? Je n’avais pas le choix que de te suivre je me trompe ? T’étais prêt, bien trop prêt. Mais je me suis résilié à te repousser. J’avais tenté et très franchement ça n’avait servie à rien. Alors je restais là comme un couillon, à t’obéir comme une bête docile. Je me disais que foutu pour foutu de toute manière, autant essayer de calmer le jeu comme on pouvait. A l’évidence tu n’avais pas aimé que je tente de m’enfuir dès le départ alors c’est bon. J’étais là. T’avais gagné. Regarde, je ne bougeais même pas. Je tentais comme je pouvais de rester calme et tranquille. Mais très franchement, qui arriverait à le rester dans ma situation ? Personne, j’en étais convaincu. A moins d’être autant taré que toi, mais ça je me demandais comment c’était humainement possible. Alors ta question piège tu pouvais te la carrer où je pense. Malgré moi je te défier du regard, une lueur sombre s’étant immiscer dans le mien malgré la peur. Tu cherchais quoi hein ? A passer tes nerfs sur le premier venu histoire de te détendre ? Connard !

Voilà ce que tu pouvais lire dans mon regard. Et je crois que je n’aurais pas dû. T’es venu m’attraper par le menton, comme pour appuyer une certaine domination. J’avais envie de te cracher à la gueule, j’étais prêt à le faire même, mais je te voyais déjà venir me frapper et me démolir la gueule. T’as pas honte de t’attaquer à plus faible que toi sérieux ? Je connaissais tes anciens exploits ne t’inquiète pas. Tu en avais détruit des humains, tellement. Juste pour ton petit plaisir. T’étais pire qu’une gangrène, une pouriture sérieux. Si y’a bien un type qui devait crever ici c’était bien toi. Mais vas-y ! Fais-toi plaisir. Je suis presque certain que McGuinness serait ravi d’apprendre que son bras droit à foutu en l’ai sa tendre coalition. Je suis presque sûre que tu prendrais chers. Ca te fera les pieds ! Lâches-moi connard ! Nerveusement j’ai attrapé ton poignet pour te faire lâcher prise. Ca te ne suffisais pas un de me savoir mort de trouille, fallait que fasse plus. Que du rabaisse, que tu soumettes, que tu dénigres et humilie. Ca te donnait sans doute cette impression d’être encore au-dessus de nous tous. Mais tu veux un scoop ? T’es plus rien ici ! Juste un pauvre pion prêt à se faire écraser à la première occasion. Sérieux je serais mort de rire à l’idée de te savoir ramper sous les tortures de Tullamore. Peut-être que tu comprendrais enfin la vie ? Quoi que, j’en n’étais même pas sûre. Tu ne ressentais rien pour personne. J’avais de gros doute quant à ton quotient émotionnel sérieux. T’étais pathétique Balian ! Qu'est-ce que tu comptais faire hein ? Me massacrer ? Me baiser ?

« Qu’est-ce que ça peut te foutre l’âge que j’ai ? Tu les préfère jeune et vulnérable c’est ça ? T'attends quoi de moi putain ? Tu veux me bouffer ? Tu veux me tuer ? Ca t’fais bander c’est ça de faire du mal ? Je sais qui tu es, Balian de Lusignan. Dit l’ancien bourreau de River Crow. Je dis ancien parce que dis-moi si je me trompe, mais il est où ton royaume là ? Nulle part ! T’es plus rien mon pauvre.»

J’avais essayé, vraiment, j’avais essayé de ne pas exploser. De rester calme. De me plier mais c’était trop dure. Je n’aimais pas me laisser faire, sur Polaris j’avais défié bien grand nombre de Tullamore. Je ne me défilerais pas, et de toute manière, foutu pour foutu, autant que tu te retrouves face à quelqu’un qui osait enfin te balancer tes quatre vérités. Si je devais mourir ce soir autant que ça ne se fasse pas en lâche. Enfin c’est ce que je me disais. J’ai fait un pas en arrière, me retrouvant bloqué contre le mur, sans plus aucune porte de sortie. Je gardais pourtant la tête haute. J’allais prendre c’était une évidence. Mais comment ? Ca je ne le savais pas. Mais ce que tu ignorais c’est que si tu me tue, plus personne ne pourra vous avertir des coups prévus par Tullamore. Plus personne ne pourra vous mettre en garde. Parce que je suis le seul à connaitre la suite. Le virus ce n’était rien face à ce qu’il prévoit tu peux me croire. Alors je t’ai souri, presque provocateur, me surprenant moi-même de la chose. L’adrénaline nous faisait parfois faire de drôle de choses. Et pour tout avouer, parfois pas que des bonnes c’était une certitude.

« Si tu me tue tu fous tout le monde dans la merde Balian. T’es au courant de la réunion qui va avoir lieu la semaine prochaine je me trompe ? J’aurais des révélations importantes à vous faire. Cela dit ! Si tu me tue... Tu peux te les foutre aux culs les informations. Et crois-moi, elles vous seront bien plus utiles que tu ne le penses. Tu pourras peut-être même sauver ton grand pote Léandre qui sait. Je suis le seul à pouvoir vous faire entrer dans Tullamore... Le seul... Et l’unique. »

Tu vois Balian, moi aussi je pouvais abuser du chantage. Moi aussi je pouvais avoir de bons moyens de pressions. Restant contre le mur j’ai décroisé les bras. Te faisant comprendre que je ne me défendrais pas. Alors vas-y, prends ce que tu voulais. Tu voulais me démolir je me trompe ? Faus-le, mais j’étais sans doute le seul à pouvoir libérer le fils du Roi afin de le sauver. Les secrets de Tullamore sont mes secrets. Et c’est ça, mon assurance vie. A toi de faire le bon choix Balian... Bourreau de River Crow.





©️ Fiche codée par Aindreas An'Sionnach



I'm a weirdo
IN CASE YOU HAVEN'T NOTICED... I'M WEIRD....I'M A WEIRDO. I DON'T FIT IN... AND I DON'T WANT TO FIT IN. HAVE YOU EVER SEEN ME WITHOUT THIS STUPID HAT ON ? THAT'S WEIRD. I'M THE DAMAGE, LONER OUTSIDER, FROM THE WRONG SIDE OF THE TRACKS.
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Et bien. C’est que le gosse avait du répondant, tout compte fait. Balian l’avait pris pour un petit chiot apeuré, mais au final, il aboyait plus fort qu’il n’en avait l’air. Le vampire arqua un sourcil, surpris d’entendre l’humain répliquer, étonné de constater qu’il connaissait même son nom et sa réputation. C’est qu’il en savait des choses, ce mortel… Plus qu’il n’avait voulu le faire croire. Le regard rivé sur le visage de l’humain, Balian l’écouta, impassible, sa mâchoire se tendant légèrement sous les provocations. Il ne lui fit pourtant pas le plaisir de laisser sa rage exploser. À en juger par les piques verbales lancées par le gamin, c’était pourtant l’objectif. Il fallait être idiot pour le provoquer de la sorte… Idiot ou suicidaire. Ou bien protégé par une loi stupide qui interdisait de tuer les humains des limbes. Léandre et ses idées à la con… Balian fronça légèrement les sourcils en réprimant sa fureur. Il aurait pu le tuer si facilement. Si rapidement. Le saisir par le col et lui cogner le crâne contre le mur. L’attraper par la nuque et lui briser les cervicales. Plonger ses crocs dans sa chair et lui déchirer la jugulaire. Balian visualisait les différentes manières de mettre fin à sa vie, mais il n’en appliqua aucune. Il resta au contraire calme et silencieux, encaissant tant bien que mal les quatre vérités que le jeune homme lui envoyait. Il était au courant… Au courant de la disparition de son royaume, de la chute du règne des vampires, de la vanité de la hiérarchie d’autrefois. Il était le premier au courant, d’ailleurs, alors les remarques le touchèrent moins qu’espéré, probablement. En deux ans, il avait eu le temps de se faire à cette idée. Il ne l’acceptait toujours pas entièrement, mais il s’y était fait, à cette triste vérité. C’était la fin d’un monde et d’une époque.

Ce qu’il apprécia moins, ce fut le chantage qui suivit. Balian plissa doucement le regard, intrigué, tout d’abord. Il avait eu raison de s’intéresser à ce gamin, il avait bel et bien des informations importantes sur Tullamore… Et probablement plus que ça, puisqu’il prétendait être la clé de leur victoire. Un peu vaniteux, pas forcément vrai, mais… Suffisant pour le faire tiquer. Jusqu’ici, le vieux vampire n’avait jamais eu l’intention d’attenter à la vie de cet enfant, mais cette provocation de trop lui donna de réelles envies de meurtre. Des envies qu’il dut étouffer en pensant fort à Léandre. Pour lui, il devait rester fort. Rester calme. Et ne pas étrangler ce môme insolent. Pour lui, il ne devait pas laisser sa colère prendre le dessus. Balian inspira longuement en détaillant le visage du mortel, admirant ce courage fou de lui avoir lancé en face ce genre d’insanités. Stacey aurait probablement apprécié cette force de caractère. Mais Stacey n’était pas là… Et Balian esquissa alors un sourire féroce en tendant la main pour caresser tendrement la joue du jeune guerrier. Il avait donc sous la main un élément essentiel à leur survie sur cette île ? Un gamin qui connaissait des choses assez importantes pour permettre aux rebelles de pénétrer Tullamore ? Il avait vraiment touché le gros lot… Et d’après ses dires, tant qu’il ne le tuait pas, tout allait bien. Parfait, alors. Entre tuer et le laisser en vie, il avait un large éventail de possibilités et il commençait déjà à y réfléchir, sa rage s’évaporant tandis que son imagination s’activait. Gamin spécial ou non, son divertissement de la soirée, il allait l’avoir. Il avait connu des plus grosses gueules du temps de River Crow, des rebelles agités qu’il avait su changer en brebis dociles à force de… Doigté. S’il y avait bien un domaine dans lequel il excellait, c’était la torture.

« Comme tu es mignon… Tu crois pouvoir me faire chanter. C’est adorable. » Ironisa le palestinien en ricanant. « Tu sais, gamin, ton culot m’impressionnes. Je veux te récompenser. » Enchaîna Balian en le saisissant par le menton pour lui faire remonter son visage vers lui. « C’est un cadeau inestimable dans un monde comme celui-là : une bonne dose de réalité. »

Il avait l’air d’en avoir besoin. Balian pouvait lire une sacrée dose de naïveté dans son regard. C’était à la fois touchant et pathétique, mais rien n’était plus grisant que d’éteindre cette lueur tellement pure dans les yeux de ses proies. Cet instant où il écrasait sciemment les espoirs et les croyances pour mieux broyer l’esprit, où ses victimes comprenaient que le monde dans lequel elles vivaient n’était pas aussi rose qu’elles ne le pensaient. Il accula un peu plus Jughead contre le mur, se délectant de le sentir se crisper. Ça aboyait beaucoup, mais pour mordre… Balian ricana en se reculant. Il ne le laissait pas s’enfuir, non. Et il savait que le gamin n’allait pas risquer ça. Il avait besoin de sa moto, pour le distancer assez rapidement. Et justement, sa moto, Balian en faisant son affaire. Il poussa le jeune homme sans ménagement pour revenir vers la Harley, qui, il le savait, constituait un sacré trésor pour le gamin. Probablement plus émotionnel que matériel, d’ailleurs. Les motards étaient toujours dingues de leur bécane. La Harley se fit rapidement arracher sa bobine d’allumage, Balian l’agitant ensuite fièrement pour la montrer à son propriétaire avant de la ranger dans sa poche. Il avait bien envie de voir comment il s’y prendrait pour démarrer, maintenant… Il se doutait bien que le gamin n’avait pas de pièce de rechange sous la main.

« Je ne veux pas te bouffer ni te tuer. Juste m’amuser. » Lui avoua le bourreau dans un rictus mauvais. « Sois sage, maintenant. Ton insolence m’excite un peu trop et je m’en voudrais de te brusquer. N’aie pas peur. Vois ça comme une nouvelle expérience. » Il franchit la distance qui les séparait pour glisser ses doigts froids le long de sa nuque. « Tu en ressortiras grandi… »

C’était un ton plein de promesses, mielleux et grave, faussement séduisant. Son regard, lui, brillait d’une lueur malsaine. Le mortel avait appuyé sur un mauvais bouton en décidant de le provoquer, attisant la soif de violence du vampire. Rapidement, Balian le saisit brutalement par les cheveux pour l’obliger à pencher la tête en arrière.

« Ouvre la bouche. » Ordonna-t-il d’une voix forte et cinglante. « Tu l’as si bien fait tout à l’heure, montre-moi encore. »

Il se mordit le poignet de son autre main pour s’ouvrir une veine et faire couler quelques gouttes entre les lèvres de l’humain. Une prévention ? Peut-être. Pour ce qu’il lui réservait, le mortel allait avoir besoin d’un sacré remontant… Et peut-être même plus, qui sait ? Balian lui-même ignorait jusqu’où il oserait pousser le vice.

« Avale. Ou c’est la fichue pièce de ta moto que j’enfoncerai dans ta trachée. »

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