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 Un fantôme venu des landes. [Eden][Terminé]

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Daryl An'Sionnach
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Un fantôme venu des landes

Ils étaient partis il y a plus de 24 heures pour ce qui aurait du être une simple course, un repérage, et rentrer à la maison dans la foulée. Sur le papier, ça ne semblait pas compliqué. Rouler jusqu'à Swanlinbar, dénicher le matériel qui avait été listé, faire le tour des spots intéressants, puis refaire le chemin à l'envers. Ils auraient du en avoir pour une dizaine d'heures grand max, voyage et fouille comprise. Les évènements en avaient décidés autrement, et ils s'étaient retrouvés contre toute attente coincés à Belfast. "Coincés" était un bien grand mot, ils auraient pu partir quand ils le souhaitaient, mais les deux lycans avaient besoin de repos après cette journée particulièrement éreintante avant de pouvoir reprendre la route. Daryl n'avait pas vraiment été enchanté à cette idée. Malgré la Coalition, le lycan avait du mal à prêter aux vampires de bonnes intentions, même si heureusement, quelques exceptions lui donnait un peu d'espoir sur la race des noctambules. Mais Jim avait raison, il était plus prudent pour lui de rester quelques heures de plus à l'infirmerie après les blessures qu'il avait subit, il se sentait parfaitement bien à présent. Les plaies causées par la balle du sniper de Tullamore et de l'intervention en urgence de Nick s'étaient complètement refermées même s'il en garderait des traces encore quelques temps, et il ne ressentait plus du tout les effets du sang de vampire sur son organisme. Une mauvaise expérience qu'il se dépêchera de rapporter à son frère dès qu'ils seront rentrés. Si sa mésaventure pouvait éviter à d'autres un pareil empoisonnement, ça serait au moins ça de gagné... Et puis Jim aussi devait se reposer. Le quarantenaire avait passé pas moins d'une douzaine d'heures non stop derrière le volant, un peu de sommeil devenait salutaire.

L'un comme l'autre avaient finalement dormi une bonne partie de la journée... Ce qui n'était pas plus mal, comme ça ils collaient davantage aux horaires de vie des vampires, et purent en début de soirée aller faire un tour à la réserve comme Nick le leur avait proposé pour prendre connaissance de la liste de matériel qui pourrait intéresser Cassy dans son projet de construction d'un brouilleur. Ils firent un peu de troc également, des munitions contre des médicaments. Murphy n'était pas très difficile en affaire, puisque plein de bonne volonté après qu'ils aient du les ramener de cette embrouille avec Tullamore sous un soleil qui leur aurait été fatal, il avait même proposé de partager d'office. L'ancien Beta voyait ça autrement, finalement ils s'étaient mutuellement sauvé la vie, alors juste prendre ce qu'il leur proposait lui aurait donné l'impression de lui être redevable. Ce qui n'était pas un problème en soit, mais de leur être redevable en revanche, c'était une autre histoire. La rancune de l'époque de River Crow ne s'effacerait pas si facilement.

Ils étaient finalement sortis en ville aux alentours de minuit, avec l'estomac dans les talons. L'avantage, c'est que dans ce secteur, il n'était pas difficile de trouver des endroits ouverts et animés en plein milieu de la nuit. Même les humains vivant à Belfast se faisaient à ce rythme, et c'est sans problème qu'ils purent trouver un endroit où faire un bon repas. Sérieusement, il aurait pu avaler un bœuf !
C'était curieux de voir comme les choses avaient changés en seulement deux ans. A cause des bombes qui avaient rasés la plupart des villes, Belfast faisant exception avait encore un aspect "normal", à cause aussi de la révélation, mais en ayant pas le choix, bon nombre s'en était accoutumés et faisaient "juste" avec. Et à d'autres moments on captait des conversations qui semblaient venir d'une autre époque, comme si rien de tout cela n'était arrivé, comme ces deux hommes qui évoquait la rumeur comme quoi l'Angleterre accueillerait la Coupe du Monde (*) l'année prochaine, plaisantant sur une éventuelle trêve de la part de Tullamore pour aller assister à l'évènement. Oui, malgré la situation générale, chacun cherchait à poursuivre un semblant de vie normale.

Les deux loups rassasiés se mirent en route pour rejoindre le château et leur véhicule qu'ils y avaient laissé. Dans trois bonnes heures, le soleil commenceraient à pointer le bout de son nez, s'ils partaient maintenant, ils devraient atteindre Moycullen Bogs un peu avant dix heures du matin. Peut-être qu'ils s'arrêteraient en route s'ils avaient la possibilités de ramener des choses intéressantes. Et en espérant ne pas avoir de nouveaux imprévus. ...Disons plutôt le début d'après-midi.

Daryl avait hâte de quitter cette ville. Il éprouvait un certain malaise à arpenter ses rues, surtout après être tombé un peu plus tôt sur un "couple" enlacé, l'un ayant ses crocs bien enfoncés dans la chair de l'autre. Son sang n'avait fait qu'un tour en voyant ça, pourtant d'un simple regard la "victime" lui avait bien fait comprendre que c'était tout à fait consenti avant qu'il ne s'en mêle de trop. Ça ne l'avait pas empêché de ressentir un inconfort persistant tout le reste de la soirée en songeant à toutes ses personnes qui devaient être en train de se faire ponctionner en ce moment même dans les rues sombres de la ville. Les étendues sauvages des environs de Galway lui manquaient d'autant plus à cet instant. Il n'était pas fait pour la ville. Et encore moins pour celle-ci.

Pourtant c'est dans ces mêmes rues qu'un sentiment nostalgique lui traversa le cœur fugacement. Un rayon de soleil caressant les landes, un parfum d'enfance, des escapades secrètes.

« Eden... »

Ce simple nom franchit ses lèvres dans un murmure avant même qu'il n'y pense, et il se figea alors d'un bloc. Quoi ? Comme suspendu dans le temps un instant, son coeur se mit ensuite à tambouriner brusquement. Qu'est-ce que c'était ? Quelque chose qui attire l'oeil dans sa vision périphérique, une odeur familière, ou bien une sensation étrange. Pourquoi soudainement repenser à la rousse ?
Parfaitement immobile, il se tourne vivement, son regard balayant tout autour de lui sans savoir ce qu'il recherchait, et puis ce nom, encore, prononcé avec plus de force en distinguant une chevelure de feu qui lui faisait dos sur le trottoir d'en face qui commençait à s'éloigner.

« Eden ?! »

Non. Pourquoi. Pourquoi est-ce qu'il l'appelait ? C'était tout bonnement impossible. Elle avait disparue il y a des années de ça. Elle était morte. Un nom de plus à ajouter aux victimes de la folie des grandeurs de McGuinness. Un frisson lui traversa le corps, son estomac se nouant douloureusement. C'était impossible. Pourtant il ne pouvait détacher son regard de cette silhouette gracile qui se tournait vers lui à son appel, n'entendant même plus la voix de son camarade qui l'interrogeait sur son comportement étrange, le temps s'était brutalement arrêté à cet instant.

NΞRIOИ


(*) Et oui, hier on était en demi-finale, j'ai été contaminé par Discord à regarder, et du coup je n'ai pas réussi à terminer mon post D8< Dédi à Riko, commentateur de la soirée, et à Asg qui a failli mourir d'hyperventilation xD ("On est en finaaale !!")
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Eden Fowler
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Un fantôme venu des landes

Je découvre la ville, en même temps que je découvre les ravages d’une défaite. Mes landes ne m’ont jamais semblé aussi loin qu’au cœur de la citée. La cohue, le bruit, le monde, les bâtisses imposantes, la domination des Hommes sur la nature. Le calme du silence me manque mais la curiosité me pousse un peu plus dans les rues que la nuit peuple de ce que je dois à présent appeler les miens. Je m’y fais difficilement, ayant passée plus de temps à les redouter qu’autre chose. Si parfois, j’arrive à comprendre leurs raisons, je ne les cautionnes jamais. La loi du plus fort… C’est tellement humain que ça en devient presque ironique. Ils fuient une humanité, dont ils portent pourtant la marque. Ils ont tous été mortel, même ceux bien trop vieux pour s’en souvenir. Partant de ce constat, ils ne devraient pas autant méprisés ce qu’ils ont été. Je secoue la tête, refusant de me perdre dans un autre état d’âme. Autant rester à la maison dans ce cas, tourner en rond et à me flageller. Si je suis sorti, c’est justement pour me changer les idées. Le simple fait de pouvoir le faire, à ma guise quand le soleil se couche, m’avait redonné le sourire. Je sais que ça inquiète Josias, qu’il se torture dès que je franchis le seuil de tout ce qui pourrait m’arriver, mais je me refuse à cette peur. Elle m’emprisonnerait aussi efficacement que les murs du Manoir.

Je reprends ma marche au hasard de mes envies. Je reviens sans cesse près du château sans jamais réussir à y entrer. Je ne suis pas encore prête à affronter les démons du passée qui y siègent. Quelques-uns de leurs noms se murmurent encore avec crainte alors qu’ils sont tous tombés. Même le Roi, malade et à ce qui se raconte dans les vapeurs de l’alcool, plus mort qui vivant. Josias n’avait pas tant mentit que ça, la Mort rodait partout et fauchait au grès de cette folie collective. Je lui en veux pourtant encore de l’avoir fait. Ah non Eden ! Tu ne va pas recommencer ! Je me sermonne de sombrer encore, refusant de gâcher l’instant. J’ai le temps pour ressasser et je refuse de le faire lorsque vient celui de me détendre. Je dois rester forte. Garder la tête hors de l’eau. Me fixer des objectifs pour continuer d’avancer. Le bonheur de Josias en tête de liste. Jonah n’est pas loin non plus. Le retrouver et quoiqu’il soit en train d’entreprendre, l’arrêter avant qu’il ne touche au but. Je le connais, mieux que lui-même, il doit se réjouir du climat ambiant. Se nourrir de cette souffrance que les vivants respirent. Attiser leurs maux. Quels plant machiavels est-il en train de comploter ? J’ai échoué à le confiner. Je ne peux me permettre de le faire en m’interposant, entre lui et le reste du monde.

Un appel… Mes sens nouvellement affûtés portent celle de sa voix, en même temps que son odeur. Familière et qui réussit finalement à m’apaiser avant que ne vienne les souvenirs. Mon cœur pourrait le faire, qu’il battrait à la chamade. Je me trompe. Assurément. Que ferait-il ici ? Je revois les terres qui s’étendaient à perte de vue et que je traversais en courant quand je l’apercevais à l’horizon. L’espoir se mêle à la nostalgie d’une époque où il était là, révolue depuis des années. C’est une vie qui m’en sépare. J’ai dû rêver éveillé. Je sursaute quelques secondes après quand je l’entend de nouveau, me stoppant cette fois ci. Je déglutis ravalant l’idée d’une déception. C’est lui. C’est forcément lui. Pourquoi est-ce que je souris sinon ? C’est instinctif. Je me tourne, le cherchant aussitôt des yeux. La ville ne m’a jamais semblé aussi peuplée. Jusqu’à ce que je le trouve. Là, elle se vide que pour sa présence.

- Daryl. Je m’avance, avant de courir. – Daryl ! Je bouscule des passants, oubliant de m’excuser. Je ne réfléchis plus. Possible ou non, je veux qu'il soit là. Je me jette contre lui, rassurée de m’y blottir. Chassant les derniers doute de sa réalité. Mes bras passent autour de son cou, ma tête contre torse alors que mes yeux se ferment, inspirant son parfum qui se teinte de nouvelles senteurs. J’ai pas la lucidité de les analyser. Plus tard. Là, j’écoute son cœur battre, rattrapé par le passée où j’étais tellement petite, que mes pieds ne touchaient pas terre quand je l’enlaçais ainsi. – Daryl… C’est bien toi. Je me serre un peu plus contre lui, la joie réchauffant tout mon être. J’ai tant pensée à lui au manoir, il m’y a tant manqué. Il faisait partir des rares que je voyais, du peu que je connaissais. Etranger devenu routinier dans une vie d’ermite qui me convenait. Il était le grand frère, dans cette famille rafistolé par une imagination enfantine.

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Un fantôme venu des landes

C'est comme si tout ses sens se brouillaient, ce qui l'entoure devient silence, que rien ne le détourne de ce que ses yeux fixent sans y croire, cette silhouette un peu plus grande que dans son souvenir, cette chevelure de feu qui vole alors qu'elle se retourne. Sa perception même du temps semble se biaiser alors que tout se passe comme au ralenti alors qu'il ne réalise toujours pas. Elle est là. Elle court vers lui. Il fait un pas dans sa direction lui aussi, avant de s'arrêter. Ce n'est pas possible. Ça ne peut pas être elle. Il est comme figé dans cette faille temporelle, avant qu'elle n'arrive jusqu'à lui. Et il reprend brusquement, comme en accéléré pour rattraper les secondes perdues, les battements de son coeur semblant en faire de même alors qu'il referme ses bras sur ce corps qui n'avait rien de chimérique. Il enfouit son visage dans la tignasse folle, la serrant vigoureusement contre lui, il ferme ses paupières avec force, inspirant son parfum à plein poumon. Est-ce qu'il rêvait ? Il entend sa voix, ce son cristallin qui a quelque chose de chantant et vaporeux, c'est trop réel pour qu'il l'imagine.

« ...Eden... »

Ce nom encore. Sa voix s'étrangle légèrement alors qu'il se niche un peu plus encore entre les mèches rousses, ses bras se nouant irrémédiablement autour de la taille gracile, et pendant un instant il oublie ces cinq dernières années où elle avait disparu. Il revoit cette petite fille curieuse qui errait dans les landes au gré de ses envies. Cette adolescente facétieuse au regard pourtant déjà si adulte. Eden. Il avait passé une partie de son adolescence avec elle et ses histoires de fantômes, leurs rencontres qui lui permettaient de sortir des carcans de la meute. Il se rappelle ces moments, qu'il attendait chaque semaine où il retrouvait cette amie rien qu'à lui, gardant jalousement cette relation particulière à l'abri de ces autres avec lesquels il partageait pourtant tout le reste.
Elle avait dix-neuf ans, quand soudainement tout s'est arrêté.

« J'ai cru... j'ai cru que tu étais morte.. »

Un jour, elle n'était plus venue. Une maison vide. Désertée. Plus personne ne l'avait vu faire ses courses au supermarché habituel ou dans les rares lieux publics qu'elle fréquentait parfois, elle qui fuyait la foule. Il savait qu'elle n'était pas partie. Pas comme ça. Sans lui laisser un mot, une trace. Quelque chose, n'importe quoi. Il était même allé là-bas, à River Crow, sur un coup de tête. Il avait observé de loin les murailles qui entouraient la ville, avec l'envie de hurler, se demandant si elle était de l'autre côté, si elle l'entendrait. Et puis le temps avait passé. Sans qu'il ne sache ce qu'il était advenu d'elle. Avec ce doute terrible. Cette incertitude. Cette impuissance. Il avait espéré les premiers mois, la voir apparaitre de nouveau, peu importe la raison de son absence subite. Un histoire de jumeau maléfique ou de créatures fantastiques, n'importe quoi, il aurait tout accepté si cela signifiait qu'elle était ailleurs. Ailleurs et pas là-bas. Mais les mois sont devenus des années. Il a arrêté d'espérer. D'autres ont eux aussi disparus depuis. On en a retrouvé certains. Morts. Mais pas Eden. Jamais. Même lorsque les rebelles ont repris la ville aux mains des maitres vampires. Même à ce moment-là, elle n'était pas réapparue. A ce moment-là, il avait eu l'horrible pensée qu'elle avait peut-être eue de la chance et avait été tuée tout de suite. Aujourd'hui encore il se rappelle de cette vague de suicides qui avait suivi la libération des esclaves du manoir McGuinness. Trop abimés par ce qu'ils avaient vécus là-bas, trop terrifiés à l'idée de retomber entre les mains de ceux qui rôdaient encore, tapis dans l'ombre, prêt à reprendre leur trône. Alors ça avait été évident. Elle ne pouvait être que morte. Eden n'était plus.  Ça avait été une pensée si claire.

Tout ça venait d'être balayé. En une étreinte, c'est comme s'ils venaient de remonter le temps. Deux gamins à l'enfance anormale qui s'étaient créés comme un point de repère au gré de leurs rendez-vous. Elle était devenue comme une sorte de petite soeur, et il l'avait cru perdu à jamais.
Maintenant, c'est comme si ses bras ne voulaient plus la lâcher, de peur qu'en s'écartant d'elle, elle ne s'envole encore, et qu'il réalise que rien de tout ça n'était réel.
Il aura profité de cette étreinte, une de ses mains remontant dans son dos alors qu'il la sent se blottir contre lui, comme à l'époque où elle cavalait à travers les champs pour venir à sa rencontre et lui bondir entre les bras, ses doigts se posent en douceur à l'arrière de son crâne pour la garder contre lui, avec cette peur irrationnelle qu'un mouvement trop brusque pourrait briser ce songe. Il aura profité de cette étreinte, encore un instant. Un instant avant que des pensées plus rationnelles et terre-à-terre ne viennent pourrir son esprit de sombres réalités.
Elle avait disparue.
Il l'avait cru morte.
Cela faisait cinq ans.
Elle n'était jamais réapparue, même à la chute du manoir.
Il y avait eu les bombes. Tullamore.
Et aujourd'hui elle était ici, à Belfast.
Que lui était-il arrivé ? Comment avait-elle survécu ? Où était-elle passée ?
Et puis soudain, de nouveau il se fige. Le tambourinement de son cœur à ses tempes couvrait tout le reste. La fraicheur de la nuit faisait frissonner sa peau sans qu'il n'ait froid pour autant. La stupeur de ces retrouvailles improbables. Il n'avait pas réalisé. Il était trop surpris. Sous le choc.
Lentement, il défait son étreinte, et s'écarte juste assez pour la contempler, la tenant à bout de bras, alors qu'il la dévisage, toujours aussi hébété.

« .. Comment... tu... »

Il ne peut pas prononcer ces mots. Retrouver un être cher, c'était un bonheur inattendu, surtout par les temps qui courent. Mais... mais, elle n'était pas...
Il inspire fébrilement, sans pouvoir détacher son regard d'elle. Il était perdu, et s'il ne se maitrisait pas si bien, ses mains seraient probablement en train de trembler. C'était un miracle tombé du ciel que de la croiser par hasard dans cette Irlande à feu et à sang. Un miracle. Mais...

« ... Daryl.. ? Tu connais cette vampire... ? »

Vampire. Le miracle est entaché. Il avait compris pourtant, alors qu'il s'était lentement défait de leur embrassade. Pas de coeur qui bat. Pas de chaleur qui se dégage de sa peau. Mais l'entendre prononcé à voix haute le fit tressaillir tout d'un bloc.
Elle était vraiment morte. Sa petite Eden.
C'était tellement cruel. Avoir cru la retrouver, pour se la faire arracher de nouveau, par ces ennemis de toujours. La malédiction de River Crow.
Pourtant en toisant ses yeux azurs, il la retrouve. Ce n'est plus vraiment son Eden, mais elle est toujours elle. Il pense. Il ne sait plus. Il n'est plus sûr de rien. Mais ça le doit. Il ne peut pas la perdre encore, comme ça, alors qu'ils viennent juste de.. non. Ce n'est pas juste ! Il les reconnait, ses grands yeux, cette façon qu'elle a de le regarder, de prononcer son nom. Sa main se lève, fébrile, hésitante, avant de venir effleurer sa joue. Sa gorge se noue, ses sourcils se plissent, il ne sait plus s'il est heureux ou dévasté.

« ... Bon dieu... qu'est-ce qu'ils t'ont fait... ? »

Il ne savait pas lui-même si c'était une vraie question. S'il voulait vraiment savoir. Il ne fallait sans doute pas, ou la valeur du traité de la coalition vacillerait dangereusement dans son esprit.

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Un fantôme venu des landes

Il est là. Il est réel. Je le touche, je le sens, je me serre contre lui. Je retrouve le réconfort de ses bras, celui où on se sent protégé, même de la fin du monde. Je souris, je ris aussi, heureuse. Je ne cherche pas à savoir comment, ou même pourquoi, je veux juste pouvoir savourer cet hasard que je n’osais espérer. Je le souhaitais vivant, oui, projetait de me le prouver, de le retrouver, comme tout ceux que j’avais perdu. Tout ceux qui comptaient. Je pensais que ce serait une lutte acharnée qui se terminera comme ça, dans une tendre étreinte. C’est un cadeau, un soulagement bienvenu dans un quotidien bien trop macabre. J’en oublie ma nature, ce que je suis devenue. J’en oublie l’adulte, me sentant petit fille gâtée, fière de recevoir son amitié. Il était plus grand, il lui avait toujours sembler si sage, si mature et si fort. Elle l’imaginait la protéger des monstres, parfois dans une belle armure étincelante, elle se tenait à ses côtés, prête pour l’aventure, persuadé de pouvoir tout affronter. Et puisque je l’oubli, je ne pense pas à la lui cacher, à tenter de dissimuler la créature que je suis. Je m’inquiéterai de son regard, pas prête à supporter son rejet. J’assimile déjà avec peine, terrifié par cette immortalité et ses conséquences. Prendre des vies pour garder la mienne, m’enivrer de l’odeur du sang. Il me faut un contrôle épuisant pour ne pas écouter l’appel des cœurs qui battent, éveillant un appétit carnassier. Ça aussi, je l’oublie contre lui, même si je n’ai l’estomac plein, Josias m’a poussé à me nourrir avant que je ne sorte. La raison était de son côté, je ne peux me mêler aux mortels le ventre vide.

Je m’accorde quelques secondes sans logique et sans question. Juste de sentiments et de sensations. Je souris quand il m’appelle encore, le sachant tout aussi ébahi que moi. Les choses sont différentes pour lui, si je le savais, le voulais, à l’abri des horreurs, auprès des siens, moi, j’avais juste disparue. Le laissant avec les questions et l’incertitude, le doute et l’absence. Je m’en étais voulu, j’aurai tant aimé pouvoir lui rassurer de ma survie. Juste de ça, je n’aurai pu lui mentir en lui assurant que tout allait bien. Il ne devait même plus s’attendre à me revoir un jour, supposée morte. – Je sais. Je suis désolée. Je me love un peu plus contre son torse, refermant les yeux. Il m’a tant manqué. Je finis cependant par me faire lucide, retrouvant un peu mes esprits de sa surprise, de ses hésitations. Les choses ont changées et il commence à le pressentir. Comme lui, je repousse ses conclusions, profitant encore un peu de son ignorance. Je retrouve une insouciance perdue en même temps que lui, quelques doux souvenirs et des confidences durant une balade. Une petite parenthèse, toujours bienvenue. Je m’y sentais sereine, comblé de leur complicité fraternelle. Je la souhaite à l’épreuve du temps et de tout ce qu’il a apporté.

-C’est une longue histoire. Pas de celle qui se rencontre à un coin d’une rue. L’évidence tombe de l’homme qui l’accompagne, je l’observe quelques secondes, soupirant qu’il me résume ainsi, j’ai été humaine bien plus longtemps qu’immortelle. Daryl s’en écarte, observant ce qu’il ne voulait pas voir. -Quoiqu'ils aient essayé de faire, ils ont échoués. Je prends sa main dans les miennes, y presse ma joue, refermant les yeux. - Ils n'ont pas réussi. Mon cœur ne bat peut être plus, mais je vis encore. Je ne veux être morte dans un bombardement, je ne veux avoir été assassiné par Josias. Il n'est pas mon meurtrier, ce n'était pas ma fin. J'ai survécu. J'ai changé sans doute, mais ils ne m'ont pas tués. Ni les hommes et leur Guerre, ni les vampires et leur Manoir. Je lui confesse à demi-mot ce qu’il m’est arrivé, sans pour autant le lui dire réellement. Je ne veux lui imposer aucune souffrance, surtout pas celle de l’impuissance ou de la culpabilité. Il serait capable de s’en vouloir, alors qu’il n’aurait rien pu faire.

Je ne l’abreuverai pas de détails. Je ne partage pas mes cauchemars. Juste mes joies. Je travaille à le faire mais pas maintenant. Je relâche sa main, posant à mon tour la mienne, sur sa joue, la caressant doucement. – Regardes moi. Ils ne m’ont pas brisée. Je veux qu’il me reconnaisse. Sans doute que j’en ai besoin aussi. Si il n’y parvient pas, je doute de le réussir. J’ai besoin d’aide pour y parvenir. De lui, à présent qu’il est là, de son soutient. J’apprend de mes erreurs et je sais que je ne peux tout affronter seule. Ni Jonah, ni les autres démons qui me hantent. Je ne peux demander à Josias de parler, si je me mure dans le mutisme. Je finis par me reculer de quelques pas, penchant la tête sur le côté, sans pour le quitter du regard. Je me sens suspendu à son jugement. Je souris pourtant, forte d’une seule certitude. – Je suis tellement heureuse de te revoir, Daryl.

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C'est elle. Il la voit bouger, sourire, il l'entend parler. Pourtant contre sa paume, il sent sa peau si froide. Est-ce que c'est son esprit qui lui joue des tours maintenant qu'il sait ? Il y a une minute encore alors qu'il la serrait dans ses bras, il n'avait pas cette sensation glacée. Au contraire, il avait eu l'impression de retrouver les rayons de soleil sur les landes de son enfance. Alors que maintenant...
Il est partagé.
Entre un instinct primaire qui lui souffle de s'écarter de cet autre prédateur alors qu'elle tend la main vers lui, et l'envie de l'enlacer encore et de la serrer plus fort pour effacer tout ça comme s'il ne s'agissait que d'un cauchemar. Au final il reste immobile, à la fixer avec des yeux ronds remplis d'incertitude alors que ses doigts viennent se poser sur sa joue comme la caresse d'un voile tandis qu'elle lui assure être toujours elle. Que si elle avait changé de nature, elle n'avait pas changé de fond. Mais si c'était le cas, le lui dirait-elle ? Tellement de questions, tellement de doutes. Pourtant dans sa tête, c'est la même pensée qui tourne en boucle. Elle n'était pas morte. Elle n'était pas morte.
Ses yeux se plissent, sentiment douloureux, quand il se rend compte qu'elle est en train de le rassurer alors que c'est elle qui a vécut des années dans cet endroit. Cet enfer. Peut-on vraiment parler de "vivre" dans un lieu pareil ? Non. Il ne doit pas imaginer. Il va vouloir demander qui sont ces "ils" qui ont tenté de la briser. Peut-être que certains d'entre eux sont toujours là, à quelques rues d'ici dans ce château qui leur sert de repère. Que ceux-là soient en train de crever du virus tout comme leur roi. C'est un bien moindre mal qu'il leur souhaite. Et elle. Eden, qui vivait dans cette ville ? Avec eux ? Comment ? Pourquoi ?

Il fronce ses sourcils quand elle lui dit être heureuse de le revoir. Il ouvre la bouche, il voudrait lui dire la même chose. Il avait gardé précieusement les souvenirs de cette gamine qui l'avait accompagné durant une partie de son adolescence. Ils avaient toujours été là, dans un coin de sa tête, même si les évènements des dernières années ne lui avait plus permis d'y penser. Elle avait disparu, il l'avait pensé morte. La vision d'une chevelure de feu, l'écoute d'une histoire de fantôme, et des réminiscences lui revenaient. Et là, maintenant, sous ses yeux, les souvenirs redevenaient plus concrets, compactes. Elle est là. Juste là. Il voudrait lui dire que lui aussi est tellement heureux de la revoir. Pourtant aucuns de ces mots ne franchissent ses lèvres à ce moment.

« Depuis quand... ? »

Depuis quand était-elle un vampire ? Depuis son enlèvement ? Au manoir ? Dans quelles circonstances ? Il avait beau se raisonner, se dire qu'il ne devrait pas se demander tout ça. Que c'était trop tard, que ça ne changerait rien. Oui, il devrait se concentrer sur l'instant. Sur le fait qu'elle était là. Qu'elle était vivante. Ou presque. Elle le lui assurait. Elle était elle. Ils ne l'avaient pas brisé. Elle était elle. Eden. C'était Eden. Toujours Eden. Il se le répétait, comme pour essayer de s'en convaincre. Il ne savait pas. Il ne savait pas comment réagir. Qu'elle attitude adopter. Est-ce qu'il était heureux ? Triste ? En colère ? Aucune de ces émotions ne prenaient le pas sur les autres, le laissant dans un flou émotionnel dont il ne parvenait pas à se sortir.
C'est le raclement de gorge de Jim derrière lui qui le débloqua dans ses pensées, l'en faisant sortir, pourtant c'est sans détourner son regard d'elle qu'il lui adressa quelques mots.

« Euh.. Jim, tu.. on se retrouve plus tard, ok ? »

Il se retourne finalement, jetant un regard à son ami qui le dévisageait d'un air interrogateur, n'ayant pas l'air convaincu que c'était une bonne idée. Devant son air insistant, il fini par capituler par un "très bien, très bien", lui laissant deux heures avant de partir à sa recherche s'il n'était pas de retour.  Daryl n'y prêta pas grande attention, Jim était quelqu'un de bien et il s'inquiétait, il faisait ce qu'il pensait nécessaire pour assurer ses arrières. Mais son intervention permis au lycan de remettre un peu d'ordre dans ses pensées, prenant un instant alors que le quarantenaire s'éloignait. C'était la première fois qu'il se retrouvait dans une telle situation, et il n'était pas du tout préparé à ça. S'il tenait énormément à Eden, sa vampirisation impliquait bien trop de choses dont il ne savait que faire parmi l'affection qu'il ressentait pourtant toujours à son égard. Il prend une inspiration et repose son regard sur elle. Elle qui est toujours là, à l'observer, dans l'attente. Il pouvait imaginer ce qu'elle attendait. Une réaction de sa part. Face à sa nouvelle nature. Elle aussi avait entendu les rumeurs sur River Crow à l'époque où tout ça ne les touchait pas directement. Ou presque. Eden n'a pas été la seule connaissance du brun a avoir brusquement disparue. Alors elle devait se douter qu'il aurait du mal avec... non, non. En réalité elle ne pouvait pas se douter. Elle ne savait finalement rien de son histoire, de sa nature non plus, pas beaucoup plus humaine que la sienne.

« On devrait... se poser, discuter, rattraper le temps perdu. Mais il a du mal, du mal ne serait-ce qu'à poser ces simples mots. Parce que ce n'est toujours pas clair pour lui, c'est toujours flou. Il a l'impression de marcher sur une crête, un précipice de chaque côté, et une nappe de brouillard épais à ses pieds qui l'empêche de voir où il les pose. Il y a un parc pas loin, si tu veux bien ? »

J'suis heureux aussi. Tellement, si tu savais. J'ai longtemps espéré, j'n'y croyais plus, et te voilà. Je suis désolé de ce qui t'ai arrivé, mais tellement content de te retrouver. Tu es différente, mais c'est toujours toi. Ma petite Eden. Ma ptite gamine étrange. Tout ça, ça ne change rien.
C'est quelque chose comme ça, qu'elle aurait voulu entendre sans doute. Quelque chose comme ça, qu'il aurait voulu lui dire, aussi. Il croit. Il.. il croit, oui. Mais il ne lui dit rien de tout ça, marchant en direction du parc. Un endroit un peu moins passant, un peu plus tranquille. Il aurait tellement de choses à lui dire, plus encore à lui demander, mais alors qu'il s'assoit sur un banc, c'est le silence qui l'entoure. Il est comme bloqué. Dans ses sentiments, dans ses gestes, dans ses paroles. Il ne sait pas aller vers elle, comme il ne sait pas la fuir. S'il n'avait pas été un voisin de River Crow, témoin malheureux de ces histoires, il n'aurait sans doute pas toutes ces réticences ancrées en lui. Peut-être. Peut-être pas. Qui sait.
Il fronce ses sourcils, chassant quelques pensées sombres, avant de finalement l'interroger.

« Tu.. tu vis ici ? A Belfast ? »

S'intéresser au présent, plutôt qu'au passé. Pour l'instant, ça lui convenait davantage.

« Tu as un endroit ? Un abri sûr ? Comment ça se passe pour toi ? »

Il l'observe, avec un peu plus d'attention. Elle n'avait pas l'air blessée ou malade. C'est vrai que, hormis le virus qui trainait en ce moment, les vampires avaient des capacités assez similaires aux lycans en terme de régénération. Si elle avait été blessée pendant les bombardements, il ne lui restait probablement aucunes traces. Il se crispa involontairement à cette pensée. C'était... c'était tellement bizarre, aberrant, de penser à elle comme ça.

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J'ai mal. Au milieu de cette euphorie de le retrouver, de cette joie de le voir debout devant moi, vivant et visiblement en forme, j'ai mal. Douleur semblable à un millier d'aiguille s'enfonçant dans mon coeur. Il ne bat certes plus, mais il souffre de son silence. De ces mots qu'il ne dit pas. De ce regard qu'il pose sur moi. Il ne me reconnait pas. Je ne lui en veux pas, je comprend. Je ne peux demander aux autres, ce que je n'arrive pas moi même à faire. Je ne me retrouve pas dans la créature que je suis devenue. Je m'effraie de ce que je la sais capable de faire, connaissait bien ma nature pour l'avoir subit durant des mois au manoir. J'ai peur de ce que je suis et maintenant, je souffre d'en perdre ma famille. Daryl était comme un frère, à présent il me voit comme une étrangère. J'ai perdue beaucoup d'ami déjà, bien avant la Guerre, alors que River Crow était encore une prison à ciel ouvert. Jonah me répétait que s'attacher à des esclaves étaient stupides. C'était tendre le fouet pour se faire battre. On était jetables puisque périssables, comme des poupées qu'on changeait dès qu'elles étaient cassées. Mais je ne l'écoutais pas, préférant pleurer des être chers disparus que de me parfaire dans l'indifférence froide qu'il aurait voulu me voir adopter. J'ai versée des larmes pour Daryl aussi. Surtout au début, quand j'avais encore la notion du temps et que je savais qu'on tombait sur un jour où j'aurai pu le voir. Il me manquait tant. Et maintenant qu'il est... Je suffoquerai si j'étais capable de respirer, à l'idée que je pourrai le perdre alors qu'on vient de se retrouver. Daryl, c'est moi. Que puis je bien faire pour te le prouver ? Dis moi, s'il te plait, dis moi que je ne suis pas vraiment un monstre. Que je ne suis pas vraiment morte. Que je reste moi. Dis le moi que je puisse le croire.

Je me refuse à pleurer, ne voulant entacher ce moment de grâce avec des perles vermeilles. Elles balafraient mes joues en même temps que mes derniers espoirs à le voir... Juste sourire. - Deux ans. Quelques mois en plus. Je me réveille encore en sursaut de revivre cette nuit; la douleur des blessures qui furent miennes, me brûlant le corps. Je ne dis rien de plus, je ne sais pas si il est souhaitable de lui raconter. Je devine les questions qu'il doit tourner en boucle dans sa tête, la frustration de ne pas avoir de réponse même si il ne me les pose pas. Je devrai lui dire que je ne l'ai pas voulu. J'ai même demandé à Josias de ne pas le faire... Mais est ce que cela changerait quelque chose ? Je n'en resterai pas moins vampire. Je père mes yeux, ne pouvant soutenir d'avantage les émotions qui animent le sien. J'ai presque envie de fuir, de me retourner, de partir en courant et de rejoindre la maison, pour me serrer dans les bras de Mon Sire, y laisser éclater ses sanglots, de honte, de peine, de tristesse, de peur,... Est ce que Stacey réagira ainsi ? Est ce que tout ceux qui ont comptés douteront ?

Je n'ai rien contre son ami, Jim, mais je suis soulagé qu'il parte. Sa méfiance devenait lourde à porter pour mes épaules. Je n'ai pas l'habitude de susciter les instincts défensives. Penser que je pourrai leur faire du mal me semble tellement ignoble, je  ne l'imagine pas, mais lui l'envisage. Je lui adresse un signe de tête timide, fixant ensuite mes pieds. Nerveuse, je tire légèrement sur ma robe sombre puis sur les manches du manteau qui la recouvre. Je ne le met que pour la forme, insensible aux caprices de la météo. Encore une chose que je peine à accepter.

Je trouve la force de relever mon regard, quand Daryl reprend parole, toujours aussi hésitant. On avait jamais eut de mal à se parler. On avait prit notre temps pour le faire mais ça n'avait jamais été un problème. -Oui, bien sur. Je te suis. Je découvre encore cette ville, qui me parait immense. Perdue dans des rues qui se ressemblent. Si je préfère de loin mes landes, je veux me familiariser avec Belfast. Josias m'a dit que Stacey était au château, avec Balian. Je voudrai le revoir, pas ceux qui y vivent. Je risque de croiser des vampires que je ne parviendrai pas encore à affronter. Balian évidemment, le bourreau qui avait prit mon frère sous son aile, Callan, dont le murmure de son retour se fait entendre,... Et d'autres que Josias à chasser de sa présence. Le silence de Daryl me laisse muette, échauffe aussi mon esprit de pensées bien sombres. J'ai imaginé de nombreuses fois nos retrouvailles, alimentant mon espoir d'un jour, le retrouver, aucune ne ressemblait à celle ci. Visiblement, même en l'ayant vécu, je reste incapable de concevoir le pire.

Je m'assois à mon tour, observant les arbres, les quelques passants et les différents sentiers, tout sauf Daryl en faîte. -Non. J'en serai incapable. Pas avec des instincts que je peine à maitriser. Pas avec mes souvenirs d'humaine parmi les vampires. Je me sens pathétique. Ridicule. Des émotions que je devrai pas ressentir en sa compagnie. - Je vis plus loin. Dans une maison isolée a..avec Josias et il fait en sorte que... ça se passe bien. Il fait au mieux, conscient des erreurs qu'il a faites et s'employant à les corriger. - J'apprends à.. à faire avec. Je fixe mes mains, jouant avec mes doigts. J'essaie de trouver les mots qui pourraient chasser ses doutes, ressusciter cette enfant qu'il pense mort sous les crocs du démon.

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Une discussion cordiale. Un "Salut, ça va ?" qu'on lancerait à une connaissance croisée au hasard dans la rue, échangeant deux trois banalités avant de poursuivre son chemin chacun de son côté. C'est à ça que ça ressemblait. Ça n'avait rien à voir avec eux. Avec leur relation. C'était pourtant tout ce qu'il en ressortait. Il ne savait pas quoi lui dire. Ça faisait cinq ans qu'il ne l'avait pas vu, le monde avait été mis à feu et à sang entre temps, et il n'avait pas la moindre. foutue. idée. sur quoi lui dire ?! Pourtant à l'époque, si cela avait été très progressif, ça c'était aussi fait le plus naturellement du monde, ils n'avaient jamais rien forcé, même leur silence se faisait de connivence, s'allongeant dans les herbes folles, mâchonnant un brin de paille en regardant les nuages défiler, sortant d'un mutisme serein seulement pour partager une ressemblance alambiquée à quelques formes imaginaires. Aujourd'hui, il devait se creuser la tête pour lui sortir deux mots, qui n'étaient même pas ceux qu'il aurait voulu lui dire.

« Un ami à toi ? C'est un.. vampire, lui aussi ? »

C'est un. Un. Un. Il fallait vraiment qu'il dépasse ce blocage. Eden est une vampire. Oui. Voilà. C'était un fait. Ce n'est pas pour autant qu'elle lui avait sauté à la gorge, ou qu'elle était devenue une meurtrière psychotique. Elle avait changé de nature, mais ça ne voulait pas dire que désormais, elle avait pour passe-temps de kidnapper, séquestrer et saigner de pauvres hères. Il lui coule un regard, alors qu'elle se triture les mains, le visage baissé. Non... même s'il la voyait les canines pointues dévoilées, il ne pourrait pas l'imaginer comme ça. Il lui suffisait de la regarder. Elle avait changé en cinq ans, mais il percevait toujours cette candeur innocente dans ses sourires, cette douceur naturelle dans sa façon de parler, dans ses gestes. Un autre miracle, après ce qu'il imaginait qu'elle ait pu subir. " Ils ne m'ont pas brisée. Ils n'ont pas réussi. " Il veut y croire. Si seulement il suffisait qu'elle le dise. Que d'une simple affirmation, elle efface tout le reste. Elle était elle. Rien qu'elle. Et le Manoir n'y avait rien changé.
Deux ans qu'elle avait été transformée. Après, ou avant les bombardements ? Mais elle vivait toujours à l'écart. Comme autrefois. Pour des raisons différentes, mais pourtant assez similaires dans le fond. Elle était toujours elle. A l'écart des vampires, de ceux qui lui avait fait ça. Mais pas trop loin non plus, elle appartenait à leur race maintenant, elle était ici sur le territoire qui leur avait été attribué. Toujours Eden. Ça ne lui effleura même pas l'esprit que ce Josias avec qui elle vivait pouvait être son Sire. Pourquoi vivrait-elle avec celui qui l'avait assassinée ? Ce serait absurde ! Mais il ne sait pas, il ne sait pas dans quelles conditions ça s'est passé. Il ne peut pas savoir s'il ne demande pas. Mais il a peur de la réponse qu'il pourrait avoir. Si elle ne lui plaisait pas ? Si ça ne ressemblait pas à Eden ? Si en quelques mots, il basculait de ce doute lancinant au rejet pur et simple ? Il ne veut pas ne pas la croire.

Sur le banc, il s'abaisse légèrement, courbe l'échine pour poser ses coudes sur ses genoux et se frotter le visage à deux mains. C'était Eden qui était là. Et cet air triste sur son visage, ce n'était pas à cause de vampires dans un manoir lointain, ou parce que son coeur ne battait plus, c'était de sa faute, à lui. Qu'est-ce qu'il était en train de faire ?
Il redresse son visage et croise ses mains, sa mâchoire se serrant avant qu'il ne déglutisse.

« ... Je suis désolé. Il pouvait l'être de tellement de choses. De l'avoir laissée seule dans cette maison, alors qu'elle n'était même pas encore majeure, de ne pas l'avoir protéger, alors qu'elle était une cible facile pour les prédateurs qu'il savait pourtant rôder dans le coin. De l'avoir cru morte, et d'avoir fini par cesser d'espérer la revoir un jour. D'avoir arrêter de penser à elle. Il pouvait l'être de tellement de choses... Mais il lui parlerait de cette nuit. De maintenant, de cet instant alors qu'ils sont tout les deux dans ce parc. Quand... quand tu as disparue, je.. Il s'arrête un instant. Il n'avait sans doute pas réagit de la meilleure façon qui soit, de la manière qu'elle aurait espérée, maintenant encore ce n'était pas ça, il ne s'en sentait pas capable, pas encore. Mais même si ce n'était pas son fort, il devait essayer de lui dire ce qu'il avait sur le coeur, il lui devait bien ça. .. j'imaginais que je finirais par te retrouver, ou que tu réapparaitrais, je t'aurais serrée dans mes bras, je t'aurais dis que tout irait bien à partir de maintenant, que c'était fini, que plus rien ne t'arriverait désormais, que tu étais en sécurité. »

Un mince sourire, et il rit légèrement devant le ramassis de clichés qu'il venait de lui sortir. Un rire ironique, contraint par le temps qui passe et la futilité de certaines illusions passées.

« C'est.. ridicule, c'était le mot. Enfin bref. Ça n'est jamais arrivé. Et j'ai fini par penser que ça n'arriverait jamais. Mais, maintenant tu es là, et ça me semble vraiment dingue. Quand j'imaginais ce moment, j'pensais pas... j'imaginais pas que... ça se passerait comme ça. Alors, je suis désolé. Je suis désolé parce que, j'ai envie, j'aimerais, que ça se passe comme je l'avais imaginé à l'époque mais... je, j'vais avoir besoin, d'un peu de temps pour m'y faire. »

Il inspire, une grande goulée d'air, retenue et un peu fébrile, comme s'il avait retenu sa respiration tout ce temps et qu'il ne souhaitait pas que ça se remarque. En connaissant certaines horreurs comme ce manoir dont les vampires s'étaient rendus maitres, il voulait croire que la vampirisation y était pour quelque chose, que ces créatures ne pouvaient pas être comme ça naturellement, que quelque chose avait du se briser en eux au moment de leur première mort, ce qui ne les rendait pas tout à fait aptes à se rendre compte des horreurs qu'ils pouvaient commettre. Il fallait bien que quelque chose cloche dans le processus pour qu'ils deviennent tous des monstres de cruauté ! Et puis, il s'était rendu compte qu'en réalité, ils n'étaient pas tous comme ça. Il y avait eu Charles, prenant soin de Scylla, les histoires d'Aindreas, leur révélant que certains luttaient à leurs côtés à la Fondation, contre le despotisme de McGuinness. Il y avait Murphy et son équipe, Bellamy, Guillaume et les autres. C'était de braves gars, qui sortaient de cette image qu'il s'était faite des suceurs de sang à cause d'un voisinage déplorable. Ils n'étaient pas tous comme ça. Alors.. si ce n'était pas la vampirisation qui les rendait mauvais, si ce n'était que leur nature profonde avant même d'être changé, ou bien le temps qui au fil des siècles effaçait les nuances pour les rendre plus imperméables au sort de ceux qui étaient autre fois leurs semblables, alors la nature profonde d'Eden elle aussi restait la même ? Peut-être, peut-être qu'au final, devenir vampire était plus semblable qu'il ne le pensait à éveiller le gène chez les lycans ? Si elle était toujours la même, comme elle le lui disait. Alors il avait du la blesser, en la traitant avec méfiance, c'était certain. Il avait beau la connaitre, il ne pouvait pas effacer comme ça une vie de défiance envers les vampires. Mais il ne voulait pas non plus être le responsable d'une nouvelle souffrance chez son amie.
Sa poigne se crispe un instant, puis il détache ses mains pour en poser une eux, sur le banc, paume vers le ciel, à l'adresse d'Eden, posant son regard sur elle.

« .. Tu veux bien, me laissez un peu de temps ? »

Il la scrute, espérant ne pas l'avoir trop blessée, espérant avoir fait le bon choix en accordant du crédit à ses paroles. Il connaissait bien trop peu le mécanisme d'infantement pour savoir. Mais il voulait croire que l'Eden qui l'avait serrée dans ses bras un peu plus tôt était bien son Eden, et pas une mascarade. Oui, c'était elle. Dans le fond, il le savait. Il fallait juste maintenant qu'il s'y habitue.

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Josias est bien plus qu'un ami, c'est la première chose que j'ai envie de lui répondre, mais que lui dire ensuite ? Comment lui expliquer sans le plonger d'avantage dans ses tourments ? Je n'ai pas besoin de lever mes yeux vers lui, pour deviner ses débats intérieurs qui le confronte tous à ma nature. Je les gardes donc sur mes mains, tortillant mes doigts en essayant de me rassurer. Je ne pourrai convaincre personne si je ne suis pas sûr de ce que j'avance... Mais je ne serai pas sûr de ce que j'avance, tant que ceux que je connaisse ne seront pas convaincu que je suis la même. Moi, je ne peux en avoir la certitude seule. Je ne peux me rendre compte de ses changements qui s'opèrent et me borne à espérer qu'ils ne modifieront pas ce que je suis. J'ai peur d'un jour réaliser que je suis devenue ce qui m'effrayait sans même m'en être rendu compte. Si Daryl ne me reconnait pas, c'est peut être parce que c'est déjà le cas. - Oui, c'est un vampire. Mon Sire, mon protecteur, celui qui a voulu me sauver de la mort, en vers et contre tout. J'ignore ce que je ferai, sans lui à mes côtés. Il est le seul, qui une fois à mes côtés, ne les a jamais quittés, malgré Jonah, malgré mon humanité, puis son absence. Je deviendrai un monstre qu'il serait toujours là. Je crois que je le ferai du mal qu'il serait toujours là. -Et un ami aussi. Je suis prudente des mots que j'emploi, réfléchissant à deux fois avant de parler. Avec Daryl, je n'avais jamais eut à le faire, je n'avais même jamais pensée à le faire. Je pouvais tout lui dire, tout lui confier... Je n'avais jamais peur d'être jugée ou repoussée. Le craindre de lui me met au bord d'un précipice profond d'angoisse.

Je suis responsable de son état. Savoir que c'est moi qui le bouleverse autant, mon histoire, fait remonter quelques larmes que je peine à ravaler. Ma gorge est nouée de les déglutir, encore. Ses excuses me surprennent donc, sans doute parce que c'est moi qui devrait les formuler. Il n'est pas responsable. Ni de cette nuit, ni de celle où j'ai disparu, pas plus que de celle où je suis morte. Mon regard revient vers lui, venant poser ma main sans m'en rendre compte, sur son bras. Tentative de le réconforter dans ce que je le force à traverser. Il avait fait mon deuil après avoir espérer un retour qui ne se ferait pas. C'est ce que je voulais, qu'il finisse juste... Par m'oublier. C'était plus souhaitable, moins douloureux que de se flageller d'hypothèses.

Nous avions imaginé des retrouvailles semblables, quand je me raccrochai à quelques rêves pour ne pas sombrer das l'enfer du quotidien. Une étreinte et des promesses. ça aurait suffit à mon bonheur. Qu'il les tiennent ou non. -Ce n'est pas grave, si ça ne se passe pas comme ça. Je retrouve un sourire, même si il est timide. - Ce ne sont pas les conditions qu'on avait envisagés. Je soupire par habitude. - J'y ai pensée aussi. Beaucoup. J'imaginais ce que je te dirai. Ce que tu me répondrai... Je pose mes yeux dans le sien. Je n'ai pas besoin de lui dire que je ne suis pas partit. Que je n'ai pas disparue de mon plein grès, visiblement, il le sait déjà. Je sens mes joues chauffées alors que je lis son désarroi dans ses prunelles j'ai du mal à supporter ce que je provoque. Il semble presque déchiré. Je fixe de nouveau mes pieds, souriant tristement quand il me demande du temps.

- Cela fait deux ans Daryl et moi, je ne m'y suis toujours pas faîte. J'observe mes mains, avant de refermer quelques secondes les yeux. - Je... Je ne l'ai pas voulu. Je doute que cela change quoique ce soit, vu que le résultat reste le même. - J'aurai... J'aurai préférée mourir. Cela aurait été préférable. Pour lui qui aurait pu laisser cette page tournée, pour moi, qui aurait connu cette paix qu'on dit éternel. Je n'ai jamais été suicidaire, ni vénéré la mort comme mon frère. J'ai toujours réussi à aimer la vie, à me gorger de bonheur volé et de joie brûlante d’éphémère dans un destin que l'on a brisé, j'estime juste que j'étais prête à mourir sous les ruines de la ville. Je serai partit sans regret, ayant suffisamment ressenti. C'est pour cela que les âmes existent, pour se nourrir d'émotions intenses. La mienne avait largement atteint son quota. Je soupire, longuement. -Mais Josias... il n'a pas pu. Je ne le lui reproche pas, même si parfois, je lui en veux.

-Prend tout le temps dont tu as besoin, je saurai attendre. Je sais qu'il va bien, qu'il a des personnes qui veillent sur lui, je me contenterai de ça, à défaut de sa joie et de son affection. Il doit savoir de quoi sont capable les Vampires pour autant craindre ce que je suis devenue. Ça éclipse sa confiance, ces souvenirs partagés. Ça me fait mal, mais je comprend. Je pose la paume de ma main contre la sienne. Brûlante de la mienne si froide. Je peux sentir battre son coeur au travers de sa peau.-Et si... ça ne venait à ne jamais arriver, ne t'en veux pas. Ne te le reproche pas. Je souris, un peu plus chaleureusement. Je ne le jugerai de me condamner, mais ça influera sur mon propre jugement.

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Il n'était pas surpris de sa réponse. A vrai dire, pour vivre avec quelqu'un qui lui "apprenait à faire avec", il imaginait mal une jeune vampire en parfaite harmonie avec un humain, cela pourrait s'avérer problématique avec sa nouvelle soif de sang qui accompagnait sa transformation. Il avait entendu dire que les néo-vampires avaient plus de mal à se contrôler. Encore un point commun avec les loups au gène fraichement déclenché quand il y pensait.
C'était vraiment bizarre. Il avait beau le savoir. Il avait toujours du mal à se dire qu'elle l'était vraiment. Peut-être même qu'il n'en prendrait jamais vraiment conscience tant qu'il ne l'aurait pas vu mordre quelqu'un. Mais en même temps, il ne pouvait pas non plus faire comme si de rien n'était. Il était dans une sorte d'entre deux assez paradoxale. Ne la voyant plus comme avant, plus humaine. Mais pas comme ces prédateurs nocturnes qui habitaient ces rues non plus.

Son coeur se serre quand elle lui avoue y avoir beaucoup pensé elle aussi. Elle avait du attendre, espérer, que quelqu'un vienne la chercher, la sorte de sa prison, de son enfer. Il revoit cette jeune femme, à peine sortie de l'adolescence.. il ne doit pas, il ne doit pas l'imaginer en train d'attendre, en train de comprendre, que personne ne viendra la chercher. Il serre les poings, et s'intime à une respiration lente et mesurée. C'est d'autant plus difficile quand elle lui dit ça en le regardant dans les yeux avec ce sourire timide, avant qu'elle ne les détourne de nouveau. Bon dieu Eden, si seulement il était possible de revenir dans le passé et de changer tout ce qu'il t'était arrivé. Ça lui donnait envie de hurler ! C'était tellement injuste, elle avait déjà tellement souffert alors qu'elle n'était encore qu'une gosse, pourquoi fallait-il que le sort s'acharne comme ça ?!

Le suite ne l'aidait pas à entrevoir un peu de lumière dans tout ça. Il n'imaginait pas l'Eden qu'il connaissait à l'époque souhaiter devenir l'une de ces créatures, pourtant quand elle lui révèle avec peine, butant sur les mots, qu'elle ne l'avait pas souhaité, qu'elle aurait voulu mourir, il sent ses muscles se tendre, détournant alors légèrement la tête pour prendre une profonde inspiration silencieuse, rester calme, ne pas craquer. De quoi est-ce qu'il aurait l'air s'il s'effondrait devant sa petite Eden ? Elle avait toujours été si forte, même enfant, alors que sa mère la délaissait complètement, elle voyait toujours le bon côté des choses, éternelle optimiste. Malgré toutes les embuches que cette chienne de vie mettait sur son chemin, elle avait toujours sut garder ce sourire, cet éclat. Elle était si forte. Alors, l'entendre parler comme ça...
C'était donc ce Josias, son ami, qui lui avait fait ça. Il sentit une vague de colère affluer sous sa peine, envers ce type qu'il ne connaissait pas. Mais en même temps, alors qu'il refermait ses doigts sur cette main bien plus petite que la sienne, une interrogation bien plus insidieuse se forma dans son esprit.
Quand il l'avait pensé là-bas, c'est vrai, il avait espéré qu'elle soit morte. Une mort rapide qui lui aurait évité bien des souffrances. Mais si ça avait été le cas, elle ne serait pas là maintenant. Il était facile de se dire qu'il fallait mieux la mort à la damnation, mais s'il avait été là, au moment où elle s'apprêtait à rendre son dernier soupir, et qu'on lui présentait une possibilité, une alternative à la fin... aurait-il pu s'y résoudre, ou aurait-il fait ce choix égoïste de ne pas avoir à endurer sa perte ? Difficile de se dire qu'il aurait été mieux devant sa tombe, alors qu'elle était juste là à ses côtés, si similaire à celle dont il se rappelait, si pleine de vie alors que son coeur ne bat pourtant plus. Il serre doucement sa main. S'il s'était imaginé que sa transformation ne venait pas d'elle, s'il avait espéré que ce n'était pas de son propre choix, l'entendre le lui dire de cette manière ne le soulagea pourtant en rien. Elle aurait préféré mourir. Qui d'un tant soit peu sensible pouvait réellement se réjouir d'entendre ça de la bouche d'une personne aimée ?!

Cela fait deux ans. L'entendre lui dire ça pourrait lui faire craindre qu'elle cherche à mettre fin à sa condition vampirique. Mais cela fait deux ans. Deux ans déjà... Il a toujours autant de mal à assimiler l'information. Cependant, elle est toujours là. Il espère que ce "désir" est passé à présent, alors qu'il serre doucement sa main, en effleurant la peau fraiche de son pouce. Il fronce légèrement ses sourcils, alors que ses yeux sont posés sur leurs doigts enlacés.

« ... Ce qui est fait, est fait. »

Ils ne pouvaient pas revenir sur le passé. Il sourit doucement en l'entendant poursuivre, c'est elle encore, qui cherche toujours à l'apaiser, le rassurer, en venant même à le justifier si jamais il ne pouvait pas faire avec, lui trouvant des excuses, se montrant compatissante, compréhensive. Prenant la "faute", s'il y en avait une, sur elle. Elle avait toujours été comme ça. Plus généreuse qu'elle n'en avait les moyens, tournée vers les autres. Douce, chaleureuse, étincelante. Elle donnait envie de la protéger, alors que finalement, c'est elle qui prend soin des autres. Il semblerait qu'être privée de soleil ne l'ait pas rendue moins rayonnante. Les yeux posés sur son visage souriant à l'air pourtant soucieux qu'elle ne pourrait lui cacher, il la fixe, la scrute, la jauge, impartial, la reconnait. A son tour il lui rend un sourire, peiné, mais heureux à la fois.

« J'peux pas dire que ce soit une bonne chose que tu sois devenue vampire mais... je suis content, que tu ne sois pas morte cette fois-là. »

C'était un sentiment assez paradoxale. Finalement, il pouvait bien comprendre ce qu'avait ressenti cet ami dont elle lui avait parlé. Même s'il n'aurait peut-être pas pris la même décision. Aujourd'hui, il pouvait la revoir, mettre un point à cette histoire. Il était un peu tôt pour savoir s'ils allaient en ouvrir une nouvelle, il fallait un peu de temps. Mais quelque part, n'en était-ce pas déjà l'introduction ?

« Tu es... une sorte de super Eden maintenant. Il lui sourit doucement. Si tu restes fidèle à ce que tu es, les supers pouvoirs en plus, tu pourrais apporter beaucoup. »

En même temps qu'il prononce ces mots, il se rend compte qu'il y croit vraiment. En faisant ce qu'elle savait faire de mieux, peut-être qu'elle s'aiderait elle-même. Il avait toujours cet apriori sur Belfast et les vampires qui y vivaient qui lui faisait dire que ce n'était pas le meilleur endroit pour ça. Mais si de "mauvais" vampires avaient pu créer un enfer, alors peut-être que de "bons" vampires pourraient inverser la vapeur, et rendre les choses meilleures. Eden n'était pas toute seule. Il la voyait bien redonner du courage aux âmes égarées de cette cité, et il espérait que d'autres lui rendraient la pareille. Quelque part il était soulagé de savoir qu'elle avait un vampire à ses côtés - même si, sans le connaitre, il ne pouvait pas s'empêcher de ne pas aimer ce Josias.

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Un fantôme venu des landes

Ma main se pose sur ses poings qui se serrent. Je n'y réfléchis pas, je remarque cette agitation soudaine, ne peut qu'en deviner la cause, à défaut de la ressentir. Je n'en ai pris conscience qu'après l'avoir perdu mais ma magie me manque. Celle qui me permettait de voir les troubles de l'âme, de mettre des images sur des perceptions. Je déambulais dans un autre monde. J'ignorai ce que je faisais, je ne ne savais nommer cette sorcellerie qui m'animait et cela ne m'empêchait pas d'en profiter. Je veux croire que j'apaisais alors les maux, sans rien avoir à dire. Je dénouais des noeuds, c'est comme ça que je le percevais. Je prenais une corde qui me menait dans un pêle mêle de sensations et patiemment, je remontais le fils. Qu'il m'était alors facile d'apaiser. De guérir, si je peux oser en avoir la prétention. Savoir que Jonah est encore capable d'user de la sienne me torture, parce que je ne peux l'arrêter. Qu'ai je à présent pour aider ? Qu'ai je à offrir à ceux qui m'ont tant donné ? Je déplore mon impuissance. Je suis l'origine d'une tempête, je constate les dégâts que provoquent ma nouvelle nature et retient des larmes de frustrations, face à celles qui le rongent. Mes doigts effleurent les siens, mon sourire s'emploie à motiver ses lèvres d'imiter les miennes.

Je le connais. Assez pour savoir qu'il aurait aimé pouvoir faire quelque chose. Pour être devenu ce que je suis, sans doute. Pour me retrouver, après ma disparition, assurément. -Tu sais... Tu n'aurais rien pu faire Daryl Je tiens à le lui dire. A ce qu'il entende, que cela vienne de moi, compte peut être encore. - Rien que ne t'aurai mit en danger ta famille ou toi. Elle a de l'importance pour lui. Petite, j'espérai parfois que ma mère m'accueille comme les siens le faisait. Je voulais ça chaleureux, parce qu'il avait souvent le sourire quand il parlait d'eux. Même quand il râlait. J'adorai imaginer son quotidien le soir, avant de m'endormir. - Te savoir en sécurité, bien entouré, ça m'a aidé. Je souris un peu plus, sans doute parce que je dis est vrai. Je retire ma main de la sienne quand je me rend compte que je la serre. J'ai remarqué il y a peu, en rencontrant d'autres personne que Josias, que je ne mesurai pas toujours ma force. Lui briser les doigts n'aidera pas à nous prouver que je n'ai pas changé. je sens le rouge me monter aux joues et détour le regard. Je ne peux que lui donner raison, ce qui est fait, est fait. A moi d'apprendre à vivre avec les conséquences.

Il résume tout la situation d'une simple phrase, ramenant ce qu'il ressent à des mots. Je me contente autant des paroles, qui mettent des images sur ce que je devinai, que de leurs significations, apaisant mes craintes. Il ne me préfèrerai pas morte. définitivement. C'est peut être stupide, mais ça me suffit. Je serai patiente, j'accepterai ses doutes, autant que le temps qu'il lui prendra pour les dissoudre. Et si ils venaient à se concrétiser ou qu'il ne voudrait me voir, je le comprendrai. - Merci. C'est presque timide que je lui répond, léger murmure, miroir à ce baiser que je dépose sur sa joue. Il me laisse une chance, malgré tout ce que les vampires semblent lui évoquer. Je crains les mauvaises expériences qu'il a du connaître à leurs côtés, préférant ne pas les envisager. Je fais taire cette voix perfide qui se demande si Callan, ou même Balian, sont des noms qui lui évoquent quelque chose.

Je ris. ça me fait du bien. L'idée d'une super Eden est aussi amusante que plaisante, pareille aux autres qu'elle éveille. Une opportunité. Une occasion à saisir d'aider, de sauver ces êtres qui me sont chères. Offrir ce que j'ai à mon prochain, sans distinction de race. Vraiment agir. Vraiment compter. Je ne suis pas condamné à être ce fantôme, défunte depuis la décès de mon jumeau. Lui n'avait plus de corps, il est tout de même revenu à la vie. Pourquoi pas moi ? Qui d'autres pour l'arrêter ? J'observe quelques passants au loin, songeuse et rêveuse. -J'espère que tu as raison, Daryl. Je souris, hochant la tête avant de serrer à mon tour le poing, mais pour d'autres raisons et avant tout par conviction. - Je travaillerai à ne pas te donner tort. Je lui tire la langue, légère un instant, mutine par instinct.

L'idée même de croire m'a toujours plu. C'est ma plus belle motivation pour avancer. Concrétiser ce que je rêve, tout en cueillant les joies du quotidien. Croquer ce bonheur juteux de ce hasard qui a placé Daryl sur mon chemin, précisément ce soir. Un signe. Un cadeau. Un avenir qui caresse l'ombre de sa présence. Daryl a compté. Il compte aujourd'hui et comptera encore demain, puis le suivant. Il sera toujours ce frère protecteur, cet ami prévenant qui me tendait toujours la main. Il venait écraser les larmes enfantines sur mes joues, autant de son pouce que de ce sourire qu'il savait faire naître. Maintenant, je veux croire qu'en plus, il continuera à faire partit de ma vie, je veux croire que tout ce que j'ai vécue, tout ce qui m'a amené à être ce que je suis, ne me séparera pas de ma famille.

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Un fantôme venu des landes

Il n'aurait rien pu faire. Il le sait. Il le savait déjà à l'époque. Mais ça ne rendait que plus frustrante la situation. Le désespoir se mêlant à une rage sourde. Comme aujourd'hui, alors qu'ils sont tous prisonniers, et qu'il voit ces Hommes effrayés devenir bourreaux, emportant les siens un à un, sans pouvoir s'y opposer. Savoir - se douter - où elle était, où ils sont, et devoir rester là, ne rien faire, pour le bien de ceux qui restent. Ne pas attirer un nouveau courroux sur eux en attirant l'attention. Tullamore n'était finalement qu'un River Crow à plus grande échelle, et ça le rendait malade. Il pouvait bien prendre sur lui, courber l'échine, si cela leur permettait de vivre en paix, en sécurité. Mais cela ne suffisait plus, et Tullamore profitait un peu trop de leur apparente docilité, tirant toujours un peu plus sur la corde qui finirait par casser, lâchant les fauves. Ils avaient du fermer les yeux sur bien des sacrifices pour un semblant d'accalmie, et Eden faisait partis de ceux-là. Avoir gagner en contre-partie un peu de paix... ce n'était qu'un poids en plus sur leurs consciences à ajouter aux remords de ne pas avoir pu les empêcher.
Ça devrait être à lui, de lui soutenir que si elle ne pouvait pas lui pardonner de l'avoir abandonné, il comprendrait, qu'elle avait le droit d'être en colère. Mais qu'il espérait pouvoir se rattraper, à défaut d'avoir pu lui éviter les plaies, réussir peut-être à les soulager et obtenir alors une rédemption. Parce qu'il n'y avait pas qu'Eden. Combien d'autres en avait-il abandonné pour le "bien" du plus grand nombre ? Il doutait que tous ceux qu'il avait laissé derrière le prendrait aussi bien que la rouquine. En le prenant de cette manière, il est bien mal placé pour lui faire quelque reproche que ce soit.

La voilà même qui le remercie, il se sent bien indigne de recevoir un tel sentiment de sa part. Ses sourcils se haussent, plus décontenancé par ce simple petit mot que par le baiser qui s'en suivi. Il se redresse alors légèrement, tournant son visage vers elle. Il l'observe, alors qu'elle acquiesce à ses paroles, s'en empare et les fait siennes. Merci ? C'est lui qui devrait la remercier. Merci de ne pas m'en vouloir, merci de ne pas être morte, merci de continuer à sourire, de te montrer toujours aussi forte et déterminée. Merci d'être toujours en vie, et de me faire miroiter qu'il y a toujours un espoir. Merci d'être toujours toi malgré ce que tu as pu traverser.
Il sourit doucement quand il l'entend promettre de faire de son mieux, il sent son coeur se gonfler et battre plus fort en même temps qu'elle gagne en conviction et que ses lèvres s'étirent en un plus franc sourire sans qu'il ne le réalise vraiment, et quand elle lui tire la langue avec cet air mutin qu'il lui connaissait si bien... il l'enlace subitement sans signe avant-coureur, et la serre contre son torse abruptement, ne riant qu'ensuite de cette figure facétieuse qu'elle lui montrait, sans trop comprendre l'origine de cet éclat. La fatigue ? Les nerfs qui lâchent ? Un trop plein d'émotions ? Il n'en savait rien, mais peu importe, parce que ça faisait du bien.
Eden était un miracle qu'il n'attendait plus. La retrouver était inespéré. Qu'elle ait gardé cette conviction plus encore. Elle était cet espoir qu'il ne s'était pas rendu compte avoir perdu, que les autres eux aussi pourraient s'en sortir. La retrouver lui faisait soudain prendre conscience qu'il était en mode survie depuis bien trop longtemps. Les mots d'encouragement qu'il prononçait aux siens reprenaient ce sens qui s'était terni sans qu'il n'y prenne garde. Alors qu'il étreignait la rouquine avec force, il retrouvait ce petit quelque chose qui avait été enterré, caché sous les nuages de poussières provoquer par les bombes. Le visage niché dans ses cheveux, il s'excuse de son comportement un peu brusque.

« Excuses moi,  je ne sais pas trop ce qui m'a prit... »

A son tour, il lui colle un baiser sur la joue, bien moins timide que celui de sa petite Eden, il y exprimait des remerciements silencieux dont il n'avait pas vraiment conscience, réagissant davantage sur un ressenti que sur une réflexion. Puis il la relâche, gardant ses mains sur ses bras, juste au-dessous de ses épaules alors qu'il la fixe, gardant un demi-sourire, alors que ses sourcils se froncent, encore incertain de ce qu'il vient de se produire.

« ... J'ai l'impression que c'est moi qui devrait te remercier. Alors, merci. »

Il la contemple encore un instant, avant de finalement la relâcher, observant à son tour les personnes qui passaient là-bas, plus loin dans le parc. Il inspire profondément, et sans trop savoir pourquoi ni comment, il se sent plus léger à ce moment-là. Et il sourit, imaginant déjà Eden en warrior de l'humanitaire, circulant entre les êtres tristes et monotones, leur redonnant de la couleur sur son passage. Elle pourrait travailler à l'hôpital, redonnant du baume au coeur aux blessés et aux malades, même si cette perspective ne l'enchantait guère, c'était un risque de la voir attraper ce virus qui trainait parmi les vampires. Ou peut-être dans cette équipe, qu'il savait mener des opérations pour venir en aides aux membres de la coalition en danger. Pourquoi pas rester tout simplement ici, à travailler à la bonne entente des humains vivant toujours à Belfast, et les vampires qui dépendaient de leur don du sang. Il y avait tant à faire... il ne doutait pas qu'elle trouve sa voie parmi tout ça, et une petite voix lui soufflait qu'elle ne le décevrait pas. Elle ne l'avait jamais déçue. Pas même aujourd'hui, alors qu'elle était devenue une vampire. Il éprouvait bien des choses à cet égard, mais pas de la déception. Non. Elle avait toujours été si forte. Ce n'était pas une nature vampirique qui allait l'abattre, pas vrai ?!

« Si tu veux te rendre utile, ou si tu as un problème, adresses toi à Nick Murphy au château. C'est un mec bien. Il hésite un peu, avant d'ajouter finalement. Je lui fais confiance. »

Ça avait été tendu la nuit dernière. Malgré la situation et les quelques accrocs, ils ne s'en étaient pas trop mal sortis au final. Il ne lui faisait pas confiance comme il faisait confiance à Jim ou Nate, mais si Eden avait des ennuis, il serait soulagé de savoir qu'elle avait quelqu'un comme lui dans son entourage.

« Oh, et puis... Il tapote ses poches, à la recherche d'un papier et d'un stylo. Gestes purement réflexe, parce qu'il n'avait rien du genre sur lui... merde. Pas de stylo. Eden non plus. Il sort un mouchoir en papier, et finalement un sachet de ketchup de leur repas avec Jim de cette nuit. C'est peu conventionnel, mais... le temps qu'elle trouve de quoi l'écrire au propre, cela fera l'affaire. Et voilà un numéro de téléphone écrit au doigt ketchupé sur le mouchoir. Tu ne tomberas pas sur moi, mais si tu as un problème, n'hésites pas à appeler, et je viendrais au plus vite. »

Il lui tend le mouchoir et se lèche le doigt. Moycullen Bogs n'était pas la porte à côté, mais si Eden avait besoin de lui, il ferait son possible pour lui venir en aide. Il allait déjà devoir l'abandonné encore une fois pour retourner parmi les siens, sans pouvoir l'emmener car elle n'y aurait pas sa place. Un amère goût de déjà vu qui le faisait grincer des dents. Mais cette fois il ne la laisserait pas seule. Elle avait son ami, Josias, et puis l'air de rien, il espérait tout de même qu'elle noue quelques contacts avec les gens du coin. Elle avait aussi ses capacités de vampire, elle n'était plus sans défense. Même si elle ne l'avait jamais vraiment été, aujourd'hui elle avait la force physique de se battre s'il le fallait. ... Pourvu qu'il ne le faille pas... mais si ça devait arriver, cette fois il viendrait, et il ne s'arrêterait pas à un mur qui pourrait les séparer. Faites en sorte que ça n'arrive pas.

Il sourit, amer, et soupire.

« J'aimerais pouvoir t'emmener... Il fronce un peu ses sourcils, contrarié. Il avait déjà été dans cette situation, et ça ne lui plaisait pas plus qu'à cette époque. J'ai l'impression d'être à nouveau à cette époque, quand tu as perdu ta mère. Je t'ai laissé toute seule, et ensuite... Et ensuite elle avait été enlevé, séquestré, et il ne l'avait plus revue. Avant cette nuit. Lui qui s'était senti plus léger un instant, se sentait maintenant défaitiste. Nouveau soupir, plus bref celui-ci, puis il sourit de nouveau, posant son regard sur elle. Mais un vampire au milieu des loups, ça ferait vraiment pas bon ménage, hein ? »

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Un fantôme venu des landes

Il y a longtemps que je ne m'étais pas sentit ainsi. Apaisée et rassurée, ne craignant ni les démons des autres, ni les miens. Rien ne peux m'atteindre, rien ne peux me faire du mal, dans les bras de Daryl, je me suis toujours sentit invincible. Petite, je me disais que, de ses étreintes, il arrivait à me donner un peu de cette force dont il émanait. Quand ses bras se referment sur moi, je redeviens cette petite fille que bien de choses effrayaient mais prête à les affronter. Je ne peux craindre quoique ce soit lorsqu'il me protège de sa présence. Si il avait été là, cette nuit où Callan s'est introduit dans cette maison que le voisinage disait maudite, il aurait tout fait pour l'empêcher de m’arracher à mon foyer, y comprit mourir. Le savoir me suffit, je n'avais pas besoin d'autres preuves, pour être convaincu de son affection. Je me blottie contre lui, ne pouvant m'empêcher de sourire, ni de me saisir de son haut pour le serrer entre mes doigts, certains réflexes enfantins, survivent visiblement à la mort. J'ignore pourquoi j'ai soudainement envie de pleurer, j'ai pourtant l'impression qu'il me retire le poids du monde des épaules. Mon nez se niche dans on cou, inspirant son odeur que je respire mieux que jamais, teinté de cette subtilité que je n'ai toujours pas identifié. -Ne t'excuses pas, Daryl. Je n'ai à te pardonner de rien. Encore une fois, je ne peux lui en vouloir de supposer le pire de ma nature, les vampires ont tendance à montrer le pire et conserver le meilleur, quelque part en leur être, comme si c'était une faiblesse qu'il ne fallait garder que pour soit. Mes larmes s'estompent avant de couler, de son baiser sur ma joue; plus chaleureux que tout ce qu'il m'avait donné jusqu'ici. Peut être... Peut être parce qu'il a vu, ce que j'ai du mal à apercevoir dans le reflet du miroir; celle que j'ai été, encore debout, encore en vie, malgré tout.

Je ne peux m'empêcher de sourire quand il me remercie... Il est tellement sincère alors que je ne sais même pas de quoi il m'est reconnaissant. Je n'ai rien fais qui ne mérite qu'il le soit, mais il l'est. Je ne dis rien pourtant, je continue de sourire, juste. Je ne suis pas dans son esprit. J'en ai peut être un jour effleuré la surface, lorsque j'abritai une magie ignorée et qu'il me semblait si simple de comprendre ce qui lui passait par la tête. Comme une intuition saisissante. Je n'ai plus rien à présent, mais  si il me le dit, c'est qu'il en ressent le besoin, alors j'accepte sans le contrarier de question, mutine, retrouvant une étincelle dans le regard, sous ses lèvres qui sont toujours étirées, même si ce n'est qu'à moitié. ça me fait du bien de le voir sourire, surtout pour moi.

J'ai parfois ce sentiment, que le hasard cherche à nous pousser, dans une voie particulière, vers un lieu précis ou à faire une rencontre qui pourrait changer les choses. Je l'ai encore, alors qu'il me conseille de trouver une personne, capable de me donner une utilité concrète. Nick... c'est la deuxième fois que j'entends ce nom. La première s'était lorsque Josias était au pied du mur, face à ce mensonge qu'il avait construit durant deux années, entièrement détruit en une nuit. Il voulait que je sois dans un lieu sûr si je devais partir, chassé par les fables qu'il m'avait raconté, que je connaisse au moins une personne sur qui compter, que je ne sois pas seul si je décidé de le laisser lui. Je suis curieuse de ce vampire qui a gagné l'affection de mon Sire et celle de Daryl, alors même que ceux de mon espèce le rebute visiblement. - J'irai le trouver alors. Un sourire se dessine sur ma bouche, de ceux qui font pétiller le regard. - D'autant plus si il a sut gagner ta confiance. Il a la mienne sans que je n'ai besoin de le rencontrer puisqu'il a celle de Daryl et de Josias.

Je ris, de son ingéniosité, qui le fait transformer une sauce en un stylo et un mouchoir en papier. Lui aussi est magicien. Je récupère son numéro, regardant les chiffres, cherchant déjà à les mémoriser pour ne pas les oublier. Josias m'a dit que la plupart des moyens de communication étaient coupées, qu'il n'y avait que les Tullamores pour encore pouvoir se servir du réseau, mais là aussi, il a du être  débrouillard et trouver un moyen. - Et... Et si je n'ai pas de problème... Si je veux juste te voir... ou te parler ? Je retiens un soupire, observant quelques seconds le parc avant de reposer mes yeux sur lui. - Je ne veux pas t'appeler pour t'annoncer que tout va mal.  Je ne veux pas attendre d'avoir des ennuis pour te revoir, Daryl. Il est peut être encore trop tôt pour qu'il envisage de revenir dans ma vie. Ou peut être est il trop tard et lui trop loin. j'observe le mouchoir, fronce légèrement le nez sous l'odeur sucrée du Ketchup qui me picote les narines, alors que je refuse de me dire que je devrai me passer de ce grand frère que j'ai choisis alors que je viens tout juste de le retrouver.

Et puis si il voulait être absent de mon avenir, pourquoi me donner ce numéro ? Pourquoi me dire qu'il aurait aimé m'emmener, comme lorsque j'étais enfant et que Jonah venait de commettre l'irréparable, armée de mon corps et de sa seule volonté. j'aurai aimé qu'il m'emmene aussi, mais je savais que c'était une mauvaise idée. Je devais tenir éloigner mon jumeau du reste du monde, pour qu'il ne puisse plus faire de mal. Surtout pas à ceux qui comptait pour moi. Il y aurait prit un plaisir malsain avant de me rejeter la faute, me rendant coupable de ses actes puisque je ne savais l'arrêter. -Tu ne m'a jamais laissé toute seule. Je repose ma main sur la sienne, la serrant doucement. - Tu venais me voir dès que tu pouvais et peut être même quand tu n'aurai pas dû. Tu as toujours été là. Il n'aurait rien pu empêcher de toute façon, il n'aurait rien pu changer. J'ai appris à connaître celui qui m'a volé à cette vie que je désirai... Rien ne l'aurait arrêté. J'aurai sans doute mis Daryl et sa famille en danger, idée qui me révolte autant qu'elle me révulse.

Je perd le fil de mes pensées et la parole pendant quelques secondes alors que je réalise ses mots, alors que je comprend ce qu'il vient de dire. Au milieu des loups... Tout prend un sens, ou plutôt, les choses s'éclairent différemment. Ses réponses évasives sur les questions que je pouvais lui poser petite, cette... Sensation que j'avais lorsque j’effleurai le voile qui cachait son âme, l'odeur dans son parfum que je ne parvenais à identifier... jamais encore je n'avais respirer de Lycan. Je pensais ne jamais en avoir vu et que seul les vampires rodaient près de River Crow avant que les bombes ne la réduisent en ruine. Je me trompais. - Tu.. Je secoue la tête pour essayer de me reprendre. Je ne suis pas choqué qu'il le soit, au fond ça ne change rien à ce qu'il est, puisque je devine que lui l'a toujours été; Je l'ai connu comme ça et même si j'ignorai sa nature, elle était tout de même là, il était tout de même un loup. Mais la surprise est tout de même grande - Tu es mieux placé que moi pour le savoir. Daryl, un lycan...Je retrouve mon sourire, mordillant ma lèvre pour retenir toutes ses questions que la curiosité me souffle...

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La situation est tendue depuis si longtemps maintenant, qu'il en oubliait tout ce qu'il y avait à côté. Il passait son temps à courir à droite et à gauche pour régler les problèmes, et lorsque c'était plus calme, c'était alors le moment propice pour entreprendre des actions pour parer aux futurs ennuis qui ne manqueraient pas de leur tomber sur le coin de la gueule. Si bien que lorsqu'Eden évoqua le fait de pouvoir se parler sans qu'il n'y ait un soucis à l'origine de leur conversation, il du bien avouer que cette possibilité ne lui avait même pas effleuré l'esprit... Il se sentit bête de ne pas y avoir songé. Restant interdit devant sa propre bêtise pendant une seconde, il sourit ensuite, se rappelant les histoires qu'ils pouvaient se raconter étant gamins, des dialogues bien souvent sans but, juste pour le plaisir de partager ces moments à deux.
Il aimerait pouvoir lui répondre "oui", comme ça, tout simplement. Mais le fait est qu'il n'avait lui-même pas de téléphone, et d'ordre général, lorsqu'un message arrivait sur celui de Nathan, c'était plutôt pour les urgences justement. Les mobiles et les fréquences appartenant à Tullamore, le lycan utilisait le moins possible ce moyen de communication, s'imaginant toujours le pire. D'un autre côté, même s'ils étaient sur écoute, tant qu'aucune information sensible n'était échangée, quel risque pouvait-il y avoir ?

« ... Si tu as un téléphone, envoie juste ton nom à ce numéro. J'essayerais de t'appeler de temps en temps, et, promis, chaque fois que je viendrais dans le coin, tu seras la première à le savoir. »

Il aimerait lui proposer plus que ça, lui promettre de l'appeler tout les jours, et de se voir tout les week-end. Mais ce n'était pas possible. Et pour être honnête, il ne venait que rarement à Belfast. Pourtant la perspective de renouer avec la rouquine était enviable. Le plus terrible dans tout ça, c'est qu'elle était encore à le rassurer sur son abandon passé, comme quoi ça n'avait pas été le cas, qu'il avait fait ce qu'il a pu et qu'elle lui en était reconnaissante. La vérité c'est qu'il l'avait mise de côté dès lors que son gène s'était déclenché, et qu'il avait prit des responsabilités au sein de la meute. Alors il venait toujours la voir, c'est vrai, parce qu'il s'inquiétait et parce qu'aussi, ça lui faisait du bien à lui aussi. Mais certainement pas aussi souvent qu'une gamine d'à peine quinze ans esseulée en aurait eu besoin. C'était d'une mère, d'une famille, de quelqu'un de stable et qui aurait pu prendre soin d'elle au quotidien, et pas par intermittence, quand il avait un moment de libre, c'était de ça dont elle aurait eu besoin. Pourtant, elle ne s'en était pas si mal sortie... Eden aurait eu toutes les raisons du monde de mal tourner. Et ça même avant son enlèvement. Pourtant ni l'absence d'un foyer aimant, ni les sévices subis au manoir, ni même sa mort et sa renaissance en tant que créature de la nuit, suceuse de sang, ne semblaient l'avoir pousser sur une voie plus sombre et malveillante. Sa raison lui disait toujours de se méfier, il n'avait aucune assurance que ce ne soit pas le cas en réalité, mais son coeur voulait croire à cette Eden souriante, optimiste, pensant toujours en priorité au bien-être des autres plutôt qu'au sien. Une jeune femme généreuse et altruiste, sans doute même parfois trop pour son propre bien... Cependant les personnes comme elle étaient une bouffée d'air dans cette atmosphère asphyxiante.
Quand il la regarde, il n'a pas besoin de réfléchir pour se dire que oui, il avait envie de la revoir. Ils avaient grandis tout les deux, avaient suivi leur propre chemin, et sans doute que ça n'aurait plus rien à voir avec leurs rendez-vous d'alors. Mais oui. Oui, il voulait la voir encore. Il voulait l'entendre rire, l'entendre lui raconter ses histoires, savoir qu'elle s'en sortait avec sa condition vampirique, qu'elle vivait à l'abri avec son ami, que tout allait bien. C'était un peu naïf et utopiste comme pensée, c'est sans doute pourquoi il ne lui dit rien de tout ça à voix haute. Parce qu'aussi, s'il se promettait de faire en sorte de garder contact avec elle, ce serait sans doute bien en deçà de ce qu'elle pouvait imaginer. Tullamore rôdait, les gens disparaissaient, la Coalition restait fragile, et il y avait tout les jours de nouveaux défis à relever. Ils avaient tant de choses à faire, à voir, à prévoir... Il devait se concentrer sur la meute.

La meute. Les loups-garous.

Les loups-garous, ça n'existent pas. C'est ce que pensaient les humains. Ce dont ils étaient persuadés. Un mythe. Des histoires pour enfants, ou des croyances déformées. C'est ce qu'il s'était employé à perpétuer depuis toujours. Et puis il y a deux ans, Tullamore avait annoncé sur les écrans du monde entier leur existence. Si ce n'était que ça, ça aurait pu passer pour un canular, une blague de mauvais goût, une manière de détourner l'attention des vrais problèmes du monde. Ils auraient pu démonter les arguments, discréditer l'annonce, personne ne croyait une telle histoire de toute manière. Mais c'était plus profond, plus travaillé. Cela faisait des années que Tullamore préparait son coup, les services secrets de tout les continents étaient dans la confidence, ils avaient déjà capturés des créatures de toutes les espèces alors même que ce mur autour de l'Irlande commençait tout juste à se monter. Les bombes sont tombées, ils ont montré des images, des vidéos. Le secret millénaire a volé en éclats. Tout le monde savait. La transition fut difficile, mais dans l'ambiance de chaos il fallait s'adapter vite. Les capacités surnaturelles étaient d'un grand secours, les Hommes avaient une fascination morbide à voir ces monstres s'entre-déchirés sur le fond d'une Irlande ravagée. Et puis la Demon's Race. Et finalement la Coalition. Ils avaient du se montrer aux yeux de tous. Et ce jour-là, les An'Sionnach étaient venus signer le traité, même avec lui, Léandre McGuinness, celui-là même qui s'était donné il y a un siècle déjà l'idée d'exterminer toute leur lignée.
L'existence des lycans était révélée et depuis la Coalition, tout le monde associait avec évidence le nom des An'Sionnach à cette race.
Il avait pensé qu'elle savait. Comme tout le monde d'un tant soit peu au courant sur l'île savait.
C'était... tellement étrange pour lui, lui qui avait fait toutes ces choses par le passé pour protéger ce secret si important à l'époque, plus important que tout, de ne même pas pensé aujourd'hui que quelqu'un pouvait ne pas savoir qu'il était un loup-garou.
C'est en voyant son expression qu'il réalisa qu'Eden ne savait pas, elle n'était pas au courant.

C'est pourtant à peine si elle réagit, tout juste ses yeux qui s'arrondissent et ses sourcils se haussant. Toute cette remise en question sur la rouquine à cause de sa nouvelle nature a comme un goût d'hypocrisie alors qu'elle-même découvre qu'il n'était pas l'humain qu'elle avait toujours cru qu'il était. Mais lui n'avait pas changé, il avait toujours été un loup, même avant ses 16 ans, lorsque ses capacités se sont éveillées en même temps que son gène, même avant ça, c'était dans ses gènes, sa nature profonde, simplement endormie. Il n'avait pas changé, mais il lui avait menti pendant tout ce temps. Éludant ses questions, changeant de sujet lorsqu'il se portait sur un qu'il ne devrait pas aborder... une omission restait tout de même un mensonge.

« ... Je.. J'aurais voulu te le dire, mais je.. ça devait rester un secret, tu comprends ? »

Elle ne lui avait rien demandé, mais il se sentait obligé de se justifier. Il aurait aimé le lui dire, même si le fait que ce soit une règle de garder leur nature secrète l'avait peut-être bien arrangé à l'époque... " Au fait Eden, je suis un loup-garou, j'me transforme en une énorme bête chaque soir de pleine lune, mais t'inquiètes, on est plusieurs comme ça, les vieux me surveillent pour pas que j'trucide des innocents, c'est bien arrivé quelque fois mais je viens jamais vers chez toi, promis... ! " Une petite voix lui soufflait pourtant que la petite rouquine de l'époque aurait été plus enthousiaste et curieuse qu'effrayée. Un peu comme ce qu'il pouvait constater à présent dans le regard de son amie. Que l'on puisse découvrir sa nature l'avait longtemps angoissé. Pour diverses raisons. La peur, le rejet, les conséquences. Aujourd'hui celles-ci étaient moindres, il avait eu deux longues années pour s'y habituer, il fut tout de même soulagé de lire cette acceptation bienveillante dans le regard de celle qui avait été comme une petite soeur pour lui. Et il devinait aisément ce que les grands yeux posés sur lui cachait, avec cette lèvre mordillée. C'est finalement un sourire qui peint ses lèvres à son tour, ayant comme un petit soupir vaincu.

« ... Vas-y, demande. Je crois que je te dois bien quelques explications après tout ce temps... »

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Un fantôme venu des landes

- J'en trouverai un. Josias en a peut être un, à moins qu'il sache où en chercher. Et si ce n'est pas le cas, je le ferai moi même. Je peux encore me débrouiller seule. J'ai grandis, j'ai mûrie et si je veux le prouver aux autres, je dois avant tout me le prouver. J'ai beau me sentir... Déconnecté de ce qu'est devenu ce monde, je me dois d'y évoluer à mon aise avant de songer à aider qui que ce soit. Je veux être utile, pas devenir un poids à supporter ou un boulet qu'on traine. Me procurer un portable, c'est dans mes cordes. Je me doute bien que ce n'est plus aussi facile qu'avant, mais je me débrouillerai. J'en ai rencontré des personnes au manoir, des esclaves qui, comme moi, se retrouvent à présent coincé au milieu de ceux qu'ils voulaient fuir à tout prit. Galahad, Stacey, Hati... Ils m'ont apprit beaucoup, notamment que je ne savais pas grand chose. Je devais faire figure de simplette à leurs côtés, moi, la gamine des landes qui ne connaissait rien que ses terres natales, coupée du reste. Heureuse de sa propre ignorance. Je n'ai plus le loisir d'être une enfant insouciante, alors je serai une adulte responsable, sur laquelle on peut compter.Je veux pouvoir aider Daryl, même si j'ignore encore comment, je veux le revoir aussi, alors il me faut ce cellulaire. Nos discussions me manquent, nos silences aussi, sa simple présence à mes côtés alors qu'on marchait sur des sentiers qu'on était sans doute seul à connaître. Ce ne sera plus pareil, je ne suis pas naïve au point de croire le contraire mais dans un sens... tant mieux. Il n'est plus le même, moi non plus, le temps nous a changé, moi, plus que lui.

j'ai dû en louper des choses. Deux ans où la terre à continuer de tourner sans que j'en ai conscience. Je suis larguée, cette vérité est phare parmi les mensonges que Josias m'a raconté. J'ai beaucoup à rattraper. Je sais bien que la colère qui pointe son nez quand j'y pense est légitime, qu'il n'avait aucun droit de m'enfermer, de se justifier en m'assurant une mort certaine si je quittais la maison... Mais je n'arrive pas à y céder. Elle est là, à me retourner les entrailles, à agiter l'eau calme qu'est le lac de mon âme. J'observe tous ses remous, j'en subis la violence.. Mais je n'arrive pas à l'exprimer, surtout lorsqu'il est là, qu'il me fait face et qu'il se justifie maladroitement. Il pensait faire au mieux. C'est ce que je me répète au cœur de la tempête, pour en calmer le souffle. Il ne pensait pas à mal, il ne voulait pas m'en faire... ça devrait me suffire, non ? Pourtant, quand on me devant ces évidences que je devrai connaître, comme la véritable nature de Daryl qui semble surprit que je l'ignore encore... ça me fait mal. ça me fait douter. Et ça ne me suffit pas. Je ravale cette colère qui n'a rien à faire entre lui et moi, je la garde pour plus tard, espérant l’extérioriser avant qu'elle n'implose et détruise ce qui reste de moi

-Hey...
Je lui souris, reposant sur lui un regard, que seul mon sourire trouble de quelques étincelles malicieuses. -Ne fais pas cette tête. Tu avais tes raisons. Il est vrai que je ne les connais pas, mais je sais qu'elle sont bonnes. Que si il l'a fait, c'est parce qu'il le devait. J'aurai adoré le savoir pourtant, à cette époque où je voyais encore la magie partout et surtout dans mes landes, il aurait été la preuve que j'attendais. Celle qui justifiait cette voix dans ma tête, celle qui me faisait passer pour une folle alors qu'elle était vraiment là. Si Daryl était un Lycan, alors mon frère pouvait bien être revenu d'entre les morts. Un bouclier de plus à brandir contre ceux qui n'ont jamais voulu voir l'émerveillement dans leur quotidien, persuadé que les contes et légendes n'existent que pour les enfants. - Je comprend. Ne t'en fais pas. Tout prend sens, y comprit les mystères qui entouraient sa famille. -Tu devais te protéger et protéger les tiens. C'est normal. Je souris un peu plus, ne pouvant m'empêcher de chercher chez lui ce qui pourrait trahir ce qu'il est et que je n'aurai pas vu à l'époque. C'est stupide, mais ça me fait rire. Heureusement pour eux, que leur nature lupine ne s'affiche pas sur leur visage, les humains les auraient bien plus tôt banni de leur société.

Il me connait toujours autant, il sait encore lire mes expressions, aussi facilement que je le fais avec lui. Certaines choses ne changent pas et ça me rassure. Je trépigne, je mord un peu plus ma lèvre, cherchant l'ordre dans lequel poser mes questions. Certaines me semblent plus importante que d'autres et ces réponses que je veux en premier. Je tapote le bout de mon nez, observant quelques secondes le ciel sombre avant de me décider, pensant avoir trouver une retenu nécessaire pour le laisser parler. Mais ma curiosité n'en a toujours fais qu'à sa tête - A quoi ressemble ton loup ? Je pourrai le voir un jour ? Est ce que ça te fais mal ? Est ce que tu l'es depuis toujours ? Toute ta famille ? Est ce que tu le sens en toi, même maintenant ? Qu'est ce que ça fait de pouvoir voir le monde, autrement qu'en tant qu'homme ? Est que tu t'en souv.... Je me tait, me rendant compte du flot avec lequel je l'inonde. Je rougis je crois. -Pardon... ça fait peut être un peu beaucoup de question. Je souris en le regardant. - Choisit celle à laquelle tu veux répondre !

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Un fantôme venu des landes

Il observe ses gestes, ses mimiques, qui le replonge dans des souvenirs d'un autre temps qui lui réchauffent le coeur. Il ne l'avait pas oublié, mais comment aurait-il pu croire qu'elle était toujours en vie, ici, à Belfast, et devenue vampire. La couvant du regard alors qu'elle se lance dans un flot d'interrogations, l'image de la gamine d'autrefois se superpose à la jeune femme d'aujourd'hui. La voir là, devant lui, fait rejaillir tout un tas de souvenirs auxquels il n'avait plus pensé depuis bien longtemps. Un sourire mélancolique peint ses lèvres alors qu'elle le bombarde de questions après un bref moment de réflexion. L'enthousiasme d'Eden, sa joie de vivre, influence sans aucun doute la perception qu'il a de sa nouvelle nature vampirique et l'aide grandement à accepter. Quand il la voit ainsi, il en viendrait presque à se dire que finalement, ce n'était pas si grave ? ... Si seulement c'était aussi simple que ça.

Il a bien remarqué cette tension subtile qui s'était installé, comme quelque chose qui crépite dans l'air, une très légère modulation dans l'aura qui l'entoure, si fugace et éphémère qu'il s'imagine l'avoir rêvé.
Plus elle parle et elle s'anime, et plus tout ce qu'il pouvait craindre de ce qu'elle est advenu s'efface au profit d'une image onirique, qu'il embellie sans aucun doute, juste pour cette nuit, au moins pour cette nuit. Une pause qu'il se permettait de prendre à ses côtés avant de devoir replonger dans les vicissitudes de leur quotidien actuel. Et comme lorsqu'ils étaient enfants, il se prête alors à un jeu de questions-réponses, auxquelles il peut répondre aujourd'hui bien plus honnêtement.

« ... Ne t'excuses pas. Je crois... oui, j'crois que j'aurais adoré partager ça avec toi à l'époque. Pas tout. Mais, tout le côté nouveauté et émerveillement... Il fallait passer par des moments difficiles pour devenir lycan, mais devenir un loup... c'était génial. Et puis étant ado à l'époque, tu pouvais te la raconter ensuite devant les copains, qui eux étaient coincés à la maison les nuits de pleine lune. C'est douloureux oui, mais une fois que c'est terminé, que je suis entièrement loup, c'est... génial ? Magique ? Je peux pas te décrire ça avec des mots, mais c'est tellement différent du reste. Parfois, j'trouve ça même dur de redevenir juste humain et de perdre tout ça. C'était comme être léger comme une plume, capable de s'envoler, puis soudainement se retrouver cloué au sol, avec des chaines aux pieds. Un sentiment assez paradoxal puisque le sentiment d'invincibilité qu'il pouvait avoir en tant que loup, était contrebalancé par cette faim dévorante qui les obnubilait tous une fois la transformation achevée. Une fois la faim rassasiée, venait déjà le petit matin, les empêchant de profiter pleinement de tout ce que le monde avait à leur offrir. Et puis ça recommençait le mois suivant. Un cycle foutrement ironique si on lui demandait son avis. Noir sur le dos, qui s'éclaircit ensuite jusqu'à devenir blanc sur le ventre. »

C'était assez curieux de se décrire soi-même, mais les loup-garou en général étaient assez fiers de ce qu'ils étaient. Du moins ceux nés dans une meute, c'était bien plus compliqué pour les autres, ceux qui se découvraient lycan par un malencontreux hasard.
Dire qu'aujourd'hui, n'importe quel ahuri pouvait les voir sous leur forme lupine en zappant sur la chaine de propagande de Tullamore qui diffusait non stop des images de l'île. Une fierté bien mise à mal d'être exposée comme un sujet pour faire de l'audience façon télé-réalité.

« J'aimerais beaucoup te montrer, mais si tu devais me voir transformé un jour, ce serait surement une mauvaise nouvelle. Voilà deux soirs de suite qu'il en venait à répondre à ce genre de questions. Lui qui, il y a 48h encore, ne se serait jamais imaginé avoir une discussion de ce genre avec un vampire, comme quoi la vie prenait parfois des tournants inattendus. Alors tout comme il l'avait fait pour Nick, il rappela - apprit, si cela n'était pas évident - à Eden la dangerosité que pouvait représenter un lycan tout juste transformé. Ne t'approches jamais d'un loup-garou un soir de pleine lune, peu importe que tu le connaisses ou non. D'un loup-garou, ou même en général, d'un endroit où tu sais qu'il peut y en avoir. Je suis vraiment sérieux là-dessus Eden. Je t'ai dis que la transformation était douloureuse... elle nous rend aussi agressif. Beaucoup de lycans ne se contrôlent pas une fois changés, et au moins autant ne portent pas les vampires dans leur coeur, à cause de.. enfin, tu sais. »

River Crow. Tout ça. Pas la peine de remuer encore le couteau dans la plaie, hein, elle était la mieux placée pour savoir.

« Et oui, toute ma famille. C'est héréditaire, dans nos gènes. Après certains l'éveille ou pas. Mes deux parents étaient lycans, mais ma mère ne l'a jamais déclenché par exemple. Et non, personne ne se couvrira de poils après s'être fait mordre par un loup-garou. »

Il affiche un sourire amusé en dénonçant cette croyance populaire. S'il avait paru surpris de se rendre compte qu'Eden ignorait tout de sa nature, habitué aujourd'hui à ce que toutes ses connaissances proches ou lointaines n'en fassent plus de mystère, il était loin de se douter à quel point elle était ignorante des évènements qui avait impacté le pays ces dernières années. De ce qui avait été fait, dit, ou dévoilé.

« ... J'aimerais voir où tu es installée, s'assurer quel est dans un endroit correct, en sécurité, qu'elle ne manque de rien. Mais je dois partir cette nuit. Il fronce un peu ses sourcils, un sourire déconcerté en se rendant compte de la succession d'évènements qui avait du se produire pour en arriver à ces retrouvailles les plus inattendues. Je ne devrais même pas être là. »

Il y avait d'abord eu le fait de tomber sur l'équipe de Nick pendant un raid. Combien de chance de se retrouver à piller la même ville, le même jour, sur un territoire n'appartenant de base ni aux vampires, ni aux lycans ? Qu'en plus cette nuit-là, il y ait aussi une patrouille de Tullamore au même endroit, qu'il soit blessé et que dans leur équipe Terry soit là juste pour cette sortie, l'obligeant à aller lui, à Belfast pour ramener Nick et le matériel malgré sa blessure, cette dernière l'obligeant à rester une journée de plus au château, pour finalement se retrouver cette nuit, dans les rues de Belfast, pour un repas avant de reprendre la route et de tomber sur Eden à ce moment-là. Quelles étaient les probabilités ?! D'autant plus en sachant que le brun ne mettait jamais les pieds dans cette ville, hors impératifs de la Coalition. Il aurait pu ne jamais savoir qu'Eden était toujours parmi eux s'il ne s'était pas fait tirer dessus la veille en compagnie de vampires.

« Si tu savais le nombre de coïncidences qui ont du se succéder pour qu'on se croise ce soir... Il a un rire en se rendant compte de l'improbabilité de la chose, c'était tout bonnement incroyable qu'elle passe dans la rue juste à cet instant. Je pourrais me mettre à croire au destin. »

Il la dévisage, ayant toujours du mal à en revenir, puis secoue légèrement sa tête et tend ses bras.

« Bordel, viens là. Il l'étreint de nouveau, la serrant contre lui, se rendant compte à quel point elle lui avait manqué. Il pourrait la garder là, au creux de ses bras pendant des heures, à la cajoler et à l'écouter poser toutes les questions qu'elle voudrait, pour rattraper tout le temps qui leur avait été volé. Eden, sa ptite gamine sauvage et mystérieuse, comme un mirage au coeur des landes. Cette petite puce qu'il avait vu grandir si vite, il ne restait plus grand chose d'enfantin chez elle si ce n'est ce rire qui sonnait comme un rappel de ses jours plus heureux à ses oreilles. Elle était devenue une femme, magnifique. Une vampire aussi. Pourtant, est-ce qu'il ne la verrait pas toujours comme cette fillette atypique qui lui parlait d'ami imaginaire et qu'il s'amusait à faire loucher en appuyant sur son petit nez ? Il expire longuement, la joue appuyée contre le sommet de son crâne, les yeux mi-clos dans l'obscurité environnante du parc, et soupire doucement. J'crois bien que je pourrais rester comme ça et ne plus te lâcher. »

Pourtant il faut bien. Alors doucement, il fini par la relâcher, non sans avoir collé un baiser sur sa tempe avant ça, et remet en place quelques mèches de ses cheveux roux, perdu quelque part dans ses pensées, avant de revenir à l'instant présent et d'abaisser son bras.

« J'essayerais de ne pas mettre autant de temps pour te retrouver la prochaine fois. A ce moment-là, peut-être que tu pourras me montrer ton nouveau chez toi ? Il lui sourit, et plisse légèrement ses yeux avec un air plus complice. Peut-être que je pourrais te ramener quelque chose, si tu as une idée qui pourrait te faire plaisir ? »

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