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 I'll live for you, before I die | Killian

Tullamore ♝ Humain mais pas trop…
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I'll live for you,
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Negan McMara | Killian McGrath




Migraine. Estomac noué. Lèvres sèches et palpitations démesurées. Le malaise qui la prend détient les couleurs d'une insensibilité qui lui est familière ; celle de Scott, celle d'un homme qui fut autrefois son mentor et son guide. Leurs retrouvailles furent pourtant loin d'être chaleureuses. Boyle n'a jamais fait dans les sentiments avec elle, ni même dans la pitié. Il a toujours été dur et impassible. À un point tel que leur attachement n'a jamais été perceptible. Pourtant il sommeillait en elle, comme un nuage noir, prêt à exploser. Passer sous silence le soulagement qu'elle avait de le revoir n'était pas un problème. En vérité, elle n'était pas là pour lui. Elle n'était là que pour Killian. Scott n'était qu'une étape à franchir, une épreuve, qu'elle réussit à passer au bout de plusieurs heures d'interrogatoire. La méfiance de l'Écossais s'était renforcée, le rendant plus paranoïaque que ce qu'elle n'aurait pu imaginer. Il était toujours comme elle. Brûlé par la rage. Complètement aveuglé par la douleur. Elle s'est toujours reconnue au travers de son regard agressif et rien n'avait changé. Si ce n'est qu'à présent, ils n'étaient plus dans le même camp. Cette idée soulevait son estomac, ensevelissait son esprit sous de lourds vertiges. Negan n'allait pas bien, ne sachant pas si sa conscience était coupable des nausées qui la tourmentaient ou s'il s'agissait du dégoût qu'elle éprouvait de savoir que son mentor s'était allié aux monstres contre lesquels ils s'étaient autrefois battus, corps et âme. Son regard sur lui fut lourd et blessé. Elle avait, en son intérieur, des milliers de rancœurs. Des colères impétueuses qu'elle enterrait à contre-cœur derrière cette épaisse carapace d'indifférence qu'elle s'était forgée avec le temps. À la cadence d'entraînements excessifs, de perdition sensorielle, d'oubli magistral. Lasse de devoir faire face aux murs gigantesques que Scott érigeait entre eux, elle a finalement mis les voiles après qu'elle ait obtenu ce qu'elle désirait : l'adresse de Killian.

Ce fut sa seule consolation. La seule véritable envie qu'elle avait ne siégeant que dans l'idée de le revoir. En chair et en os. Au-delà du fait que l'appréhension lui vrillait autant le cœur que l'encéphale. Negan était malmenée par des émotions contraires, épuisée de l'avoir cru mort alors qu'il était en vie. Loin d'elle, loin de ce qu'ils avaient pu être ensemble. Et elle s'apprêtait maintenant à le retrouver, après des années de douleur, à tenter de faire un deuil forcé. Malgré elle. Malgré ses sentiments. Son image ne la quittant pourtant jamais réellement, leurs souvenirs lui écrasant le muscle moteur à chaque fois qu'elle avait la faiblesse de s'égarer entre eux. Elle s'était détestée de l'avoir tant aimé, détestée de l'impuissance qu'elle récoltait de son absence. Pratiquement dépendante à ces sourires timides qu'il lui donnait si souvent. Negan en souillait son âme d'insanités dérangeantes, choisissant de remplacer tout cet amour perdu avec la haine. La haine avec laquelle elle condamnait tout ce qui n'était pas humain, refusant catégoriquement de leur laisser une chance. Elle est devenue prisonnière de cette méfiance irrationnelle puisqu'ils lui avaient tout pris et que c'est bien leur bestialité vulgaire qui a entaillé les profondeurs du cœur qui bat à l'intérieur de sa poitrine. Elle n'était pas si différente de Scott, au final. Alors, était-elle en droit de le juger ainsi ? Probablement pas. Pourtant elle ne pouvait s'empêcher de le mépriser, à cet instant. Rancunière et totalement perturbée par le choix qu'il avait fait. Elle ne le reconnaissait plus et c'est exactement ce qui la rendait si amère envers lui. Killian serait-il différent, lui aussi ? À quel point avait-il pu changer en son absence ?

Des tas de questions lui brûlaient les neurones, accentuant un peu plus la souffrance que lui provoquait ce foutu mal de tête. Arrêter de réfléchir aurait été plus sage mais elle avait failli à son désir de ne plus rien ressentir à la seconde où elle avait appris que Killian avait survécu. Aux bombardements et au reste. Ils pouvaient bien tous mourir tant que ce n'était pas sa fille, tant que ce n'était pas lui. Ses pas étaient lourds et usés. Elle traversait les rues de Riverdall sans vraiment les contempler, incapable de songer à autre chose qu'à la présence de Killian à ses côtés. Ces gens, cette communauté, n'ayant encore aucun impact sur elle ou sur les ambitions qu'elle était venue conquérir ici. Elle restait un soldat, malgré tout. Fatiguée et blessée, certes, mais déterminée à atteindre les objectifs qu'elle s'était fixée. Le premier étant de récupérer cette histoire, l'existence qu'on tentait, à la force des enfers, de leur arracher. Alors lorsqu'elle est arrivée au seuil de sa porte, les mains tremblantes et le cœur en suspens, elle n'a pas hésité une seconde. À frapper à sa porte, à le ramener à elle. Sous l'œil avisé d'une fatalité à laquelle il ne pourrait pas échapper. N'était-ce pas ce qu'ils s'étaient promis ? N'était-ce pas ce qu'ils faisaient déjà naturellement avant d'officialiser leur relation ? Ne jamais s'abandonner. Rien n'était plus important pour elle. Peut-être même pas la cause pour laquelle elle se battait constamment. Elle ne s'était jamais battue avec Killian. Elle n'en a jamais eu besoin. Entre ses bras, elle n'avait connu que la paix et le repos. La douceur et l'authenticité. Mais les choses étaient si différentes maintenant. Peut-être qu'il l'avait enterrée, dans un coin de son esprit. Peut-être qu'il ne voulait ni la revoir ni même qu'elle chamboule cette vie, à laquelle il s'était habitué. Sans elle. Mais la porte a fini par s'ouvrir, permettant ainsi à son regard d'embrasser son visage alors que son corps resta figé durant de longues secondes. Secondes durant lesquelles le silence l'étranglait mais qu'elle a brisé d'une étreinte inopinée, laissant son corps s'échouer contre le sien pour le serrer. Si fort qu'elle en oubliait ses retrouvailles pathétiques avec Scott. Si fort qu'elle en oubliait la raison de sa venue, ici, à Riverdall.

« Tu m'as tellement manqué. J'ai cru t'avoir perdu... »

Elle l'a tellement cru que le déni l'avait empêché de colmater les fissures s'étendant sur son âme. Elle l'a tellement cru que cette étreinte, désespérée et irrationnelle, lui semblait presque inappropriée. Negan s'est donc reculée, cherchant à reprendre une contenance qui, pourtant, n'avait pas lieu d'être lorsqu'ils étaient ensemble. Elle tentait de maîtriser ces souffles qui, pris dans le tourbillon de ses émotions violentes, perdaient leur cadence régulière pour laisser place à la crainte que, lui aussi, se soit égaré depuis que leur monde s'était lamentablement effondré.

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Negan McMara | Killian McGrath




Les affaires volent et les fioles s’écrasent contre un mur sans fenêtre. Le scientifique renverse les tiroirs, balance un nombre incalculable de matériel de laboratoire et de babioles derrière lui, sans même se préoccuper de leur impact destructeur sur le sol. Ses pognes tremblent et son corps tout entier est fébrile et moite. Il souffre. Chaque parcelle de son corps blafard crie famine, imprégnée de douleur. Chaque respiration poignarde sa poitrine, chaque faisceau de lumière empale ses globes fatigués. Il retourne la pièce entière, poussant son labeur méticuleux et fragile avec une hargne inconsciente, presque démentielle, ruinant des heures et des heures de travails dans ce sous-sol qu’il utilise comme laboratoire. Les verreries s’écrasent sur le carrelage et éclatent en des milliers de morceaux, et Killian ne porte aucun intérêt au fait que ses chaussures trempent dans des substances dangereuses.

Tout ce sur quoi le drogué porte sa volonté sont ces foutues pilules qui dictent ses humeurs et sa stabilité. Il en a bien conscience La simple idée qu’il ait pu épuiser tous ses stocks de comprimés l’épouvante à en lacérer sa gorge, le faisant suffoquer. Le jeune homme en a assez, de toutes ces merdes. Il en a tellement assez, et pourtant, il est en manque. Chacune des cellules de son corps pousse ce cri strident de la douleur et de la famine. Il lui faut absolument trouver sa dose. Pourtant, de l’autre côté, sa raison souhaiterait ardemment écraser ces comprimés malfaisants entre ses poings serrés et les jeter aux oubliettes. Ces pensées se font d’ailleurs de plus en plus bruyantes depuis que cette jeune sorcière a pu lui affirmer assurément que Negan sillonne toujours l’Irlande, quelque part non loin d’ici. En entendant cette nouvelle, Killy a vu le sol se défaire sous ses pieds. La femme qu’il aime, celle qu’il n’osait alors pas imaginer sans vie, celle qui hante encore ses rêves, est quelque part sur l’Île, et le scientifique, malgré le pouvoir de tous ses neurones engourdis, s’est vu incapable de la retrouver. Et pour cette raison, la colère l’envahit. Il s’énerve non seulement de ne pas avoir su retrouver la personne la plus importante à ses yeux, mais également de ne pas trouver ces pilules diaboliques, et de cette fichue dépendance. Et pour exprimer sa frustration et sa détresse ridicule, il ne peut s’empêcher de détruire, en ce moment même, tout ce qui a le malheur de croiser son regard, à cause de la hargne, de la maladresse, et de l’empressement. Du manque. Et tout cela pour ne serait-ce qu’une seule dose. Une seule. Cela en vaut-il vraiment la peine ? Killian a-t-il seulement conscience de ses gestes ?

Il balaie sa paillasse d’un revers de bras. Tout le pyrex présent sur le plan de travail se brise par terre en une nouvelle centaine d’éclats pointus. Des bidons remplis de divers produits trébuchent, et l’un d’entre eux finit par déverser son contenu sur le l’avant-bras et la main du McGrath. Mais il reste indifférent, préférant se concentrer sur sa quête de stupéfiants, supposant qu’il s’agit probablement d’un simple bidon d’eau distillée. Rien de bien grave dans ce cas-là, vous en conviendrez. Plus loin, le cyclone jette son dévolu sur une armoire et bien vite, tout le matériel se retrouve au sol, sans dévoiler le moindre petit sachet contenant ces petites pilules rougeâtres si reconnaissables. Où Killian a-t-il caché ces foutus comprimés ? Où sont-ils ? Ses souvenirs sont si… flous. Son agacement se mue bientôt en hystérie, la douleur bouillonne en lui, dans l’entièreté de son corps, embrasant chacun de ses nerfs auparavant engourdis. Il en vient même à vider des bidons sur le seul et à faire choir, dans un vacarme assourdissant, cette satanée armoire qui ne veut pas lui donner ce qu’il veut.

Puis l’Anglais découvre l’état de son bras, la peau littéralement en ébullition, anesthésiée par sa détresse. Le sang ne fait qu’un tour dans ses veines et il le fixe, surpris, pendant de longues secondes. Le temps de réaliser ce qu’il s’est passé. De l’eau distillée, a-t-il pensé ? Évidemment que ça n’en est pas. L’eau ne forme pas de cloque et ne nécrose pas les tissus. Lui qui n’a jamais pris l’habitude de jurer, le voilà à présent qui se lâche dans sa tête. Ça lui faisait chier. Royalement chier, même. Sa peau, son bras. Sous le coup de l’impulsion, son poing s’écrase contre le mur, comme si ce geste était en mesure de lui apporter assez de soulagement pour le soulager. Bien au contraire, évidemment. Sa voix s’écorche alors que cette fois-ci, il crache de nombreux jurons, avant d’escalader en hâte les escaliers du sous-sol pour se précipiter dans la salle de bain. Sur le tapis de bain, le scientifique trébuche sur un petit sachet qu’il s’empresse d’empoigner, avant d’afficher un regard noir qui ne lui ressemble pas. Les fameuses pilules. Sa drogue. Bien sûr, elles sont ici. Elles apparaissent maintenant qu’il ne les cherche plus, et il avait été probablement trop aveuglé par le manque pour les remarquer au moment de fouiller sa salle de bain. McGrath les hait. Il les hait tellement, ces pilules. Sous l’effet de la douleur s’amplifiant de seconde en seconde, il les insulte, tandis que la peau de son bras lui donne l’impression de crépiter comme un cachet effervescent. Crispation impulsive, la hargne déborde. Ses phalanges écrasent les médicaments dans leur emballage en plastique et, les dents si serrées qu’elles pourraient se fissurer, il les jette dans les toilettes, sa hargne et sa haine comprimant ses muscles et son impulsivité ; la cuvette manque d’exploser lorsqu’il l’abaisse. Il tire la chasse d’eau. Adieu, foutues pilules.

Sans plus attendre, Killian saute dans la baignoire tout habillé et enclenche l’écoulement d’eau à toute pression. L’eau est d’abord glaciale, et s’écoule sur tout le corps du scientifique, le trempant jusqu’à la moelle, et s’écoulant sur son bras endolori, apaisant les crépitations de douleur de l’acide qui ronge son derme. Le jeune homme laisse les gouttes d’eau lénifier sa misère et sa détresse, et lentement ralentir les battements effrénés de son myocarde déchaîné. Bientôt, les tremblements de froid viennent s’ajouter à ceux du manque. Killy grelote, de froid, de fièvre et de sanglot. Les larmes se mettent à couler, se mêlant à l’eau douce de la douche. Il craque. Il ne connaît même pas exactement les raisons des sanglots qui fourmillent dans son corps… si ses larmes sont dues à la colère, au désespoir, ou à une espèce de soulagement… Ou au mélange des trois.

Killian enlève ses habits, un à un, lentement, en essayant de ne pas aggraver sa brûlure. Il les lance à l’extérieur de la baignoire et s’assied sous la pluie de gouttes glacées. Une demi-heure. C’est le temps minimal qu’il doit rester sous l’eau clair avant d’être sûr que tout produit chimique ait quitté la peau de son bras et de sa main, voire davantage vu l’état de sa peau. Mais il finit par rester bien plus longtemps que cela, appréciant les morsures de la pluie sur sa peau gélive, ses poings et sa mâchoire refusant de se desserrer tout de suite. La fraicheur de l’eau finit par soulager son esprit plus que sa brûlure, et capter le fil de ses pensées douloureuses et les canaliser, et, paradoxalement, par calmer ses tremblements. Une prise de conscience. Avec un peu de recul, Killy a dépassé les limites du ridicule, et, maintenant, il s’en rend compte. Il vient de brûler son bras au moins au deuxième degré, tout ça en cherchant désespérément l’emplacement des dernières doses de drogue qui lui restaient. La honte se met à le ronger comme l’acide et il se répète : c’est bien fait pour moi. Il aurait dû écouter Stacey, la première fois. Il n’y est pas parvenu. Il s’est montré trop faible pour mettre un terme à ses souffrances, pour briser le cercle vicieux des tourments et des fausses échappatoires.

Vient alors le moment de sortir de la douche et de se faire un bandage. Perçage des cloques, excision des tissus nécrosés, crème, pansement protecteur. Heureusement que Killian se doit de posséder chez lui du matériel de soin au vu de son rang. Parfois, les habitants de Riverdall viennent directement chez lui s’il leur est arrivé un malheur, son logement est alors toujours muni de quoi donner au moins les premiers soins. Diable, qu’il aimerait un shoot de morphine… Il fait alterner le bandage fin et aéré entre ses dents et sa main intact, mais malgré la douceur du tissu, la douleur du contact lui noue l’estomac. Mais il refuse de céder à l’appel de la morphine. Non, la douleur sera sa punition. Il l’a amplement mérité, estime-t-il. En plus de cela, il lui faudra nettoyer le bordel qu’il a imposé au sous-sol.

C’est d’ailleurs en finissant de ramasser les derniers morceaux de fioles brisées qu’il entend frapper à la porte. Encloisonné dans son silence, il a manqué de sursauter malgré la faiblesse du bruit qu’il perçoit depuis son laboratoire. « J’arrive ! », s’écrie-t-il, ayant enlevé son masque pour avoir une voix plus portante, mais doutant que la personne sur le seuil l’entende quoi qu’il en soit. Muni de deux fioles fissurées qui tiennent par miracle dans sa main bandée, il s’avance vers la porte d’entrée, prenant le soin de glisser un flingue sous l’élastique de son survêtement. Même à Riverdall, on n’est jamais trop prudent. Chaque habitant le sait. Et malheureusement, la porte de la petite maisonnette de Killy ne possède pas d’œil de bœuf. Alors, se doutant qu’il s’agit probablement de Stacey, de Scott, d’un ancien de la Fondation ou d’un malade, il ouvre la porte sans montrer une méfiance démesurée. Et là, il se pétrifie. Même les flacons qu’il laisse, sans même s’en rendre compte, choir et se briser en un millier d’éclats sur le seuil n’ont pas le pouvoir de le sortir de cet état de paralysie totale que l’effarement a répandu aussitôt en lui. L’existence des fantômes ou autres créatures occultes n’aurait pas étonné le scientifique, mais la présence de cette humaine, vivante, en face de lui, le statufie comme si c’était le regard de Méduse qu’il venait de croiser. La paralysie est si pénétrante qu’il ne peut cligner des yeux pour balayer les hallucinations, pour éloigner la possibilité d’une image chimérique. Si pénétrante qu’il ne parvient à enfouir ses doigts dans la chevelure flavescente de la femme qui détenait son cœur. Seule l’humidité timide de quelques larmes vient animer son regard stupéfié. Le parfum de sa peau caresse ses narines… le sien. C’est elle… n’est-ce pas ?

« Non. », finit-il par marmonner dans sa barbe, ses lèvres engourdies peinant à prononcer le moindre mot. Non, ce n’est pas toi. « Je t’ai cherchée partout. » Killian secoue la tête d’un côté à l’autre et s’arrache à la facilité de se soustraire à cette illusion, pourvu que c’en soit une. D’une main tremblante, il empoigne le pistolet à sa taille et le pointe droit sur la créature qui se fait passer pour Negan… Ça ne peut être elle, qui se tient devant lui. Negan… que lui avez-vous fait ?! Le scientifique voit encore l’image de son corps sans vie sous les décombres de River Crow après les bombardements, cette image qui hante ses rêves. Il voit encore ses mains en sang à essayer de la sortir de là. Quand bien même elle aurait survécu aux attaques de Tullamore, voilà plus de deux ans qu’il aurait pu lui arriver des malheurs bien pire que celui de mourir sous des blocs de pierres. Il perçoit encore le contact de son étreinte contre son corps, et celui de bien d’autres étreintes qui semblent aujourd’hui appartenir à un autre monde. Les larmes brouillent sa vue, sa mâchoire se serre et il essaie, tant bien que mal, de garder un air sérieux et de ne pas se décontenancer devant cette silhouette trompeuse. Son cœur lui crie de se ruer à nouveau dans ses bras, de la serrer fort contre lui, d’humer à nouveau son parfum délicat… de retrouver cette vie… de retrouver cet amour… d’accepter cette lumière dans la sombreur de son monde. Le souvenir de ses rires, de son sourire qui ferait fondre n’importe qui comme neige au soleil. La bourrasque qui avait balayé tous les nuages qui obombraient autrefois son bonheur… Sa bouée de sauvetage… Avec Neg, Killian était incapable de dériver dans les profondeurs de ses pensées abyssales. Avec elle, il s’était endurci, et en son absence, les forces qu’il s’était trouvées l’ont quitté. Avec elle, le monde était beau, avec elle, les obstacles s’aplatissaient… Et si c’était bien elle, devant lui ? Et si elle avait toujours le pouvoir de balayer ses tourments ? Killian n’a qu’à baisser son arme pour lui redonner ce pouvoir…

Non. Sa raison vient le protéger d’un nouveau déchirement. Ne dit-on pas qu’il vaut mieux prévenir que guérir ? Son palpitant porte encore les cicatrices de leur séparation forcée. Une mauvaise surprise, un faux espoir, ne feraient que lui donner le coup de grâce et il échouerait six pieds sous terre. C’est pourquoi, malgré les tremblements des émotions et du manque revenus au galop et sa vue troublée, il maintient fermement son flingue contre cette créature douloureuse à regarder. Lorsque l’Anglais entend sa voix, il manque de faillir. Tout. Absolument tout est là pour qu’il croie que c’est bien elle. Mais il n’ose pas y croire. Il n’ose pas accepter la véracité de son regard viridien et de son parfum reconnaissable entre tous. Il n’ose croire à l’honnêteté transparente de sa respiration saccadée et à l’électricité de leur contact. Il n’ose se dire que cette drôle de façon dont son sourcil est arqué lorsqu’elle a une migraine est réelle.… Quelque part en lui, il sait que c’est elle… Et son regard humide ne saurait le nier. Mais il bloque. Il ne peut tout bonnement pas y croire.  

A l’aide de sa pogne meurtrie, Killian s’empresse, malgré la douleur brûlante, de sortir un téléphone de sa poche. L’un de ces téléphones dont il a crypté chacune des informations avec un soin méticuleux et dont il a donné certains exemplaires aux personnes importantes sur l’Île, notamment Lahja et Wellan. Il active la caméra grâce à l’écran tactile, et la pointe sur la jeune femme, agrandissant l’image sur son visage pour y déceler le moindre signe suspect. Un reflet lumineux à l’endroit des pupilles indiquerait que c’est un polymorphe qui se tient devant lui. Avec sa main tremblante, il peine à distinguer nettement mais une chose est sûre, la personne ou la créature devant lui n’est pas un polymorphe. Un instant, il ferme les yeux, accueillant en lui le soulagement d’apprendre cette nouvelle. Une chance en plus… Mais ça ne suffit pas. Une goule aurait pu prendre l’apparence de la rebelle, et pire encore… ses souvenirs. Il déglutit difficilement et serre les dents pour ne pas céder. Non sans peine, il remet le téléphone dans sa poche, en gardant son flingue pointé droit sur elle

« Prouve-le-moi. », siffle-t-il entre ses lèvres chevrotantes, déjà à bout de souffle. Killian s’avance vers l’usurpatrice d’apparence et la colère et les déchirures enflamment ses pupilles. Ses iris givrées prennent une teinte menaçante et c’est presque avec une certaine culpabilité qu’il pose ce regard noir sur la silhouette de Negan. « Prouve-moi que tu n’es pas l’une de ces foutues créatures. » Il garde son sérieux, il garde les dents serrées. Agir de la sorte émiette son cœur, mais il craint encore plus de voir cet amour s’émietter et glisser entre ses doigts ; il est à un iota de céder et de tomber à ses genoux. Il voudrait lâcher son arme et goûter à ses lèvres, goûter à cette douceur enivrante dont il se souvient des saveurs comme s’il s’en était délecté encore hier. Sentir la délicatesse de sa peau contre le sienne, caresser la chaleur de son derme. Se laisser emporter par la mélodie onctueuse de son rire, laisser son cœur fondre à chacun de ses sourires. Ressentir à nouveau son sang pétiller comme celui d’un adolescent à l’amour bourré d’hormones. Mais il reste ferme, quoique bancal sur ses deux jambes. Et il n’ose imaginer à quel point ce comportement doit lui aussi être douloureux pour la personne qui lui fait face.

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Hypocritical, egotistical, I don't wanna be the parenthetical, hypothetical, working onto something that I'm proud of, out of the box, an epoxy to the world and the vision we've lost. I'm an apostrophe, I'm just a symbol to remind you that there's more to see, I'm just a product of the system, a catastrophe, and yet a masterpiece, and yet I'm half-diseased, and when I am deceased, at least I go down to the grave and die happily, leave the body of my soul to be a part of me. I do what it takes…
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Negan McMara | Killian McGrath




Des fioles perdues en éclats de verre. L'étreinte d'un silence presque mortuaire et puis son irrépressible envie de faire comme si le monde derrière eux n'existait plus. Son regard ainsi que son corps n'étant focalisés que sur un seul être. Killian, qu'elle venait à peine de retrouver. Killian, qu'elle avait cru perdu à jamais. Sa présence face à elle l'empêchant de penser clairement, amoindrissant ses défenses au fur et à mesure qu'elle le contemplait respirer. L'ombre infâme de sa mort s'éloignant chaque seconde un peu plus de ses pensées entremêlées alors que lui choisissait de se reculer, étranglé par la confusion, les prunelles brouillées par des larmes qu'elle devinait mais qu'il s'acharnait visiblement à retenir tant bien que mal. Les battements de son cœur s'accélèrent à la réaction que l'Anglais venait d'adopter. Non pas de crainte mais bel et bien de douleur, d'incompréhension et d'impuissance. Voilà donc à quoi les créatures les avaient réduits. Comme un poison, ils s'insinuaient dans ce qui comptaient le plus pour eux. Comme un poison, ils nécrosaient l'authenticité sincère de leur amour, brisant cette confiance mutuelle qu'ils s'étaient pourtant toujours donnés. Celui qu'elle aimait était incapable de la croire. Il n'osait guère le faire et le pire était qu'elle n'était même pas en mesure de lui en vouloir. Comment aurait-elle pu le faire en sachant tout ce qu'elle sait, après avoir enregistré tout ce qu'elle avait appris sur les créatures à Polaris ? Killian avait toutes les raisons du monde de la soupçonner de n'être qu'une copie de ce qu'elle était, de ce qu'elle est. Le climat hostile de la guerre mondiale finissant d'accentuer la paranoïa ambiante dont ils étaient tous sujets au fond.

Elle était simplement blessée. De le voir dans cet état. De contempler les meurtrissures invisibles de ce combat perpétuel qu'ils avaient autrefois partagé. De la dissonance de son absence, qu'elle décodait dans les échos du lourd silence qui les séparait. Le regard avec lequel il la détaillait lui heurtait le cœur avec virulence. Negan savait qu'il cherchait une faille, quelque chose qui briserait l'illusion qu'il croit qu'elle est. Killian cherchait l'erreur, la brèche qui pourrait lui donner l'opportunité de l'éloigner ou pire encore, de l'éliminer. Malgré la douleur qui flottait dans l'air, malgré la réalité qu'elle n'était pas qu'un cruel mirage. Negan était bien là et sa cage thoracique la faisait souffrir. Sa gorge s'asséchait alors que l'humidité s'emparait peu à peu de ses yeux. Elle était épuisée, son corps faiblissant sous le poids des sentiments qui la malmenait. Coincée dans l'étau de sa conscience et de son refus de tout gâcher. Il aurait été tellement plus simple de lui prouver qu'elle n'était pas l'un de ces monstres en lui avouant qu'elle appartenait désormais à l'organisation. Tullamore qui ne faisait que se battre contre eux. Pour leur sécurité, leurs droits mais aussi pour éviter que le schéma de McGuinness ne se répète dans le futur. N'était-ce pas ce pourquoi ils se battaient à la Fondation ? Pour retrouver leur liberté et leurs droits fondamentaux.

« Killian. » souffla-t-elle alors que ses paupières se fermaient un bref instant. Elles ne se rouvrirent que pour remarquer cette blessure à sa main alors qu'il s'était saisi d'un cellulaire pour en pointer la caméra sur elle. Intérieurement, elle devinait qu'il s'agissait certainement d'un appareil spécial. Objet technologique qu'il avait pris le temps de modifier afin que ce dernier réponde à divers besoins. En d'autres circonstances, cela l'aurait fait sourire. Negan aimait tant ce côté de sa personnalité, cette inépuisable curiosité qui le plongeait dans un état de recherches constant... C'était l'une des nombreuses choses qui lui plaisait chez lui. La première étant indétrônable puisqu'elle appartenait à la beauté du cœur, de l'âme. Killian était profondément bon. Bienveillant. Il ne faisait jamais de mal. Du moins, pas volontairement. Il parvenait à la stabiliser, à lui faire prendre le recule dont elle manquait cruellement parfois. Et elle savait, oui, elle était même certaine qu'il n'apprécierait pas ce qu'elle est devenue. Alors qu'il la dévisage, elle ne peut s'empêcher de s'inquiéter. De ces tremblements qu'elle entrevoit grâce au téléphone qu'il tient entre ses doigts. « Qu'est-ce que tu as fait à ta main ? » La mine de Negan devint grave. Inquiète. Elle s'était même redressée pour mieux s'approcher de l'Anglais mais ce dernier n'en est devenu que plus distant encore. Le ton de sa voix devenant même menaçant. Cette distance soudaine ne fut pourtant que de courte durée puisqu'il entreprit de se rapprocher d'elle à son tour. Plus virulent, plus dangereux, qu'il ne l'était déjà depuis qu'il lui avait ouvert la porte.

L'Américaine fronçait les sourcils alors que ces larmes, qui menaçaient plus tôt de tomber, finirent par rouler le long de ses joues légèrement creusées. Troublée. Profondément déstabilisée par l'attitude qu'avait Killian envers elle. Avait-elle changé à ce point pour qu'il ne parvienne plus à l'entendre respirer ? Ressemblait-elle à ces horribles créatures qui lui avaient déjà tant volé ? Il la jugeait coupable. De la même manière qu'elle-même jugeait les êtres terribles qui peuplaient l'Irlande et quand bien même elle savait pourquoi, Negan avait l'impression de sentir son cœur disparaître une énième fois... Killian lui demandait des preuves. Il avait besoin qu'on le rassure alors c'est ce qu'elle allait faire. En se laissant tomber sur le sol, usée de la situation et de ces centaines de kilomètres parcourus. « C'est moi. C'est vraiment moi. Et le fait que tu me prennes pour un de ces monstres m'est insupportable mais si tu as besoin de preuve, je t'en donnerais. » Elle s'empara ainsi d'un morceau de verre et cisailla la paume de sa main gauche, salissant l'immaculée de vermeil, de ce rouge si vif qui appartenait à sa vitae d'humaine. Prouvant que sa chair était tendre, que son sang n'était pas goudronneux. Prouvant qu'elle était humaine et qu'elle le resterait jusqu'à son dernier souffle. La militaire se releva difficilement, déjà étourdie par sa migraine douloureuse. Elle posa ensuite sa main maculée d'hémoglobine sur la crosse de l'arme pointée sur elle. La laissant finalement s'éteindre sur celle de la personne qu'elle aime et qu'elle est venue retrouver. Il fallait qu'il sente sa chaleur pour qu'il se souvienne. Sa chaleur qui diffèrait si bien de la froideur caractéristique de ces foutues sangsues qu'elle haïssait du plus profond de son être.  

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