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 « Love is my drug of choice » | Feat Charles

Vampire
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Love is my drug of choice

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J’fouille dans ma poche. Trois cachets et un joint. Ça fera pas long feu. Malheureusement, si j’garde toute la marchandise pour moi, j’ferai pas du bon business. J’pousse un soupir. Si la situation dure, j’sais pas comment j’vais faire perdurer les affaires. La came est d’plus en plus dure à trouver… Et pas facile à chiper. Heureusement que j’ai d’bonnes cachettes pour y planquer mes réserves. Mais un d’ces jours, y’aura plus rien à y cacher… En prévision d’ça, j’ai commencé à côté à jouer les jardiniers en plantant quelques pieds de marijuana. L’climat est pas idéal mais avec deux-trois bricoles trouvées çà et là, j’ai quand même pu improviser une serre pour y installer mes p’tits bébés, et honnêtement, ça pousse plutôt bien. J’croise les doigts pour une bonne récolte. Ça m’rappelle un peu River Crow et le Manoir. Ça m’rappelle ce jardin clandestin planqué derrière le bâtiment. Ce même jardin qu’on avait ratissé d’long en large avec Eden pour en retirer toutes les mauvaises herbes, des heures durant, pendant le maigre répit qu’le jour nous offrait. On y avait planté d’la beuh, pareil. C’était ma proposition. Elle avait juste accepté de bon gré. J’crois qu’elle voulait simplement m’faire plaisir, j’devais lui faire un peu pitié. En même temps, fallait m’voir, à l’époque… Quand j’me promenais pas dans les couloirs la gueule arrachée par Vlad ou les reins en miettes, j’étais tout simplement défoncé. J’étais misérable quand j’arrivais pas à voir H ou quand j’le quittais en sachant très bien qu’il retournait chez l’Borgia. Il avait beau dire, il était comme moi. Un putain d’esclave. Trop fier pour l’admettre, sûrement. C’était p’têt’ trop dur pour lui, d’se l’avouer. J’étais bon prince. J’insistais pas. J’ruminais ma douleur pour lui et c’était Eden qui m’aidait à l’évacuer en jouant les agriculteurs avec moi. Maintenant qu’j’y repense, ça m’fait sourire, mais quand j’y étais, c’était un peu moins drôle.

J’écrase les cachets d’Phénergan, appliqué. J’viens d’me réveiller, c’est l’aube. Enfin, non, pas l’aube, l’crépuscule. J’suis un animal nocturne depuis un bail, maintenant, mais ça m’fait toujours bizarre d’me dire ça. Que j’me lève au soleil couchant. Que j’me couche au soleil levant. J’ai la gorge un peu serrée quand j’me dis que ça changera jamais. Que j’pourrais plus jamais sortir en plein jour, main dans la main avec H. J’secoue la tête en m’massant la nuque. Non, j’dois pas penser à ça. Déprimer et me morfondre fera pas bouger les choses. J’dois garder mon objectif bien en tête. Sauver H. Buter l’Borgia. Quitter c’foutu pays. Voilà. C’est simple, en perspective. J’verse la poudre blanche dans la flasque de whisky avant d’bien agiter l’tout puis j’colle le goulot d’la bouteille contre mes lèvres pour en avaler l’contenu en quelques gorgées. J’me tapote les joues en soufflant. Rien d’mieux que d’commencer la journée avec un brin d’défonce. T’façon, j’peux pas en crever. Voilà un des points positifs d’la vie d’vampire. Aucun risque de crise cardiaque, de maladie du foie ou d’une connerie du genre… Ça m’soulage d’un poids parce que l’absence de H me pèse assez pour pas m’encombrer d’plus d’emmerdes que ça. J’me redresse en soupirant. Mon cocktail maison devrait faire effet d’ici une demi-heure. Ça m’laisse largement l’temps d’me préparer. J’me lave, j’m’habille, j’glisse une main dans ma chevelure de feu et j’pars en direction du cœur de la ville. Vivre parmi les sangsues, c’est toujours chelou pour moi. J’m’y fais pas. Parfois, j’reconnais des visages que j’avais croisés au Manoir et ça m’fout les tripes en boule. J’en tremble de rage. Putain, c’que ça m’met mal, ça. J’suis malade de voir que des ordures ont survécu et jouent maintenant les victimes en f’sant la queue dans les banques de sang. C’est même parfois moi qu’elles viennent voir, désespérées pour du sang ou pour du bonheur en poudre. Si j’fais affaire avec ces gens, c’est pas par pitié. C’est juste pour les affaires. J’fais jamais crédit. C’est mon principe en or. J’me fais payer en clopes, en infos, en objets divers. L’argent n’a plus d’valeur, maintenant.

Enfin bref. Si j’suis là aujourd’hui, c’est pas pour dealer, non… Ou en tout cas, pas dans l’immédiat. J’ai entendu d’un client qui a entendu d’un type qu’il aurait vu H traîner dans un bar à Belfast. Un loup au milieu des strigoï, ça s’loupe pas. J’serre les poings. J’suis dégoûté, parce que H a dû s’casser d’puis longtemps maintenant, j’l’ai loupé. Mais l’mec avec qui il était… Le vampire avec qui il a parlé… Lui, j’peux l’trouver. Lui demander c’qu’ils ont dû s’dire ou où H a pu repartir…Enfin j’sais pas. N’importe quoi qui pourrait m’servir à atteindre mon but. J’plonge les mains dans les poches en sentant mon esprit dériver. Être vampire m’a bizarrement rendu plus résistant à toute forme de drogue. J’dois doubler les doses pour ressentir la même intensité qu’en étant humain. Mon p’tit dèj’ m’procure juste une sensation lointaine de bien-être qui se confond à une sorte de vertige permanent. J’titube un peu dans la rue en battant des cils, laissant mon âme s’évader un instant, dégustant cette montée vertigineuse, cette impression d’planer au-dessus du vide. Ça s’estompe rapidement. Ne persiste qu’une faible impression de marcher comme sur des nuages, comme si j’avais la plante des pieds engourdie. J’secoue la tête, m’ébrouant, frustré de déjà sentir les effets s’évaporer. Si j’m’écoutais, j’passerais mon temps à avaler des conneries pour ne jamais redescendre. La seule chose qui m’rend aussi extatique… Il y en a deux, en fait. La première est interdite. La première, ce serait planter mes crocs dans une gorge chaude et boire en m’en foutant plein l’menton. Sentir le liquide brûlant tapisser ma gorge et cette force imprégner mon corps. La seconde… La seconde, ce serait baiser. Mais pas n’importe qui, évidemment. L’homme de ma vie. H. Ça, c’est pas interdit, mais c’est plutôt impossible. Alors, voilà, il m’reste la troisième option. La défonce. J’essaye d’pas en faire une habitude trop régulière, mais j’avoue qu’c’est pas facile, surtout en sachant qu’j’ai aucun risque sur ma santé. Hey… On dit pas ‘ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort’ ?

J’pousse la porte du bar. Celui-là même où H a été aperçu. Instinctivement, j’essaye de capter son odeur, mais son parfum s’est évaporé depuis longtemps, chassé par les vapeurs d’alcool. J’soupire en balayant la salle du regard. De tout façon, c’est pas lui que j’suis venu chercher. C’est l’autre. Avec un peu d’chance, il a ses habitudes ici. Et décidément, la chance est d’mon côté. J’l’aperçois au comptoir. Il correspond à la description qu’on m’en a fait. Il a la gueule du gendre bien sous tous rapports. Ça m’énerve direct. J’en sais rien, les belles gueules, c’est toujours trop suspect, et bizarrement, les vampires sont jamais très moches. Faut bien ça pour tromper son monde, j’imagine. J’ai la haine. Sans raison. Être un néo, c’est comme une crise d’ado permanente. Parfois on est secoué par des émotions qu’on n’explique pas. Les cachets pris plus tôt estompent un peu ma colère. Heureusement pour ce mec. J’m’approche et j’tire la chaise d’à côté pour m’assoir. J’le dévisage sans gêne, l’examinant du regard. Sans sourire. Sans grimacer non plus. « Salut. C’est toi, Charles ? » J’lui tends pas la main. J’crois que de toute façon, les vampires, en général, ne se serrent pas la main. « Moi c’est G. » Ça sonne comme un foutu nom de code. Rien à foutre. J’me prends pas pour un putain de James Bond, mon gars. J’suis pas un agent secret venu t’menacer. Juste un mec lambda qui veut parler. J’fais signe au barman pour commander un verre, l’air de rien. Quand il m’sert ma vodka pure, j’bois une gorgée avant d’attaquer. « Il paraît qu’t’as discuté avec un loup-garou, ici, y’a peu d’temps. H, ça t’dit quelque chose ? » J’l’observe du coin d’l’œil. Ayant mes propres sources de mon côté, j’sais que H vend des infos à qui le veut. Ça m’étonne pas vraiment d’sa part. J’en déduis que Charles avait besoin d’savoir quelque chose. Quoi ? J’m’en fous, c’est pas l’sujet. L’sujet, c’est H.

« J’le cherche. Enfin… Plus ou moins. » Seconde gorgée d’vodka. « Parce que j’crois savoir où il est, mais… J’ai b’soin d’plus de détails. » Merde. Avouer ses faiblesses, c’est une erreur de débutant. J’aurais dû éviter le cocktail avant d’venir ici. Ça m’rend pas service, j’dis vraiment d’la merde. J'passe distraitement la main dans mes cheveux en pivotant l'visage vers Charles. Il a pas l'air bien méchant, le bougre. J'ai pas l'souvenir d'l'avoir croisé au Manoir, mais bon, ça veut pas forcément dire qu'il y était pas. J'y ai pas croisé tout l'monde et j'me souviens pas d'tous les visages. Faut dire que m'éclater les neurones continuellement avec des substances diverses, ça n'a pas vraiment aidé ma mémoire. « Qu’est-ce que tu sais, toi ? »


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Des beuglements indistincts crient dans mon esprit depuis des heures, celles qui sont censées être un moment de repos. Le répit des damnées, des conneries. L’astre solaire hante les recoins et vous rampez pour l’éviter. Suffocant devant les nitescences solaires comme des malades, vous vous avalisez sous terre. Impossible de trouver une trêve mentale dans le poignet d’heures qu’il reste, les pensées dévalent et s’écrasent. Nocifs, inutiles, faut-il encore avoir la patience de les éviter sans suivre ce fichu courant qui dégueule chaleureusement. Sans analyser, je m’applique chaque épine continue sa vie. Insultante petite caboche, mécaniquement, mes phalanges enfoncent inconfortablement devant mes lèvres serrées un bâton de nicotine. La mâchoire encore tendue. C’est le visage gris, que l’autre main gribouille la rage au bout des doigts des fragments de syllabes. Écorché de vérité et des défaites. Confusion, dégoût et amertume sur le bord des lippes. Il faudra bien plus que de la nicotine pour avoir l’absolution. Les souvenirs déchus me hantent accompagné des terreurs du présent.

Aujourd’hui, l’optimiste s’est effrité en morceaux et la chute m’enlace. L’incompréhension du comment, du pourquoi, de toutes ses racines qui s'enfoncent comme des clous. L’ire s’infuse, sauvage colère contre moi-même. Responsable de mes actes, des carnages et de ses rêves. Joyeusement, chaque nuage qui passait s’était éclaté. Il aurait été plus aidé de remettre la faute sur un autre, mais dès le commencement, il ne s’agissait qu'une suite d’erreur de ma part. Naïvement, croyant on s’offre et on perd une part de soi rationnel dans le néant. Les guerres et mes faiblesses, elles sont difficilement achetables dans l’écume de mon encéphale, mais il y a cette rage qui ne cesse de grandir. J’ai merdé sur toute la ligne. J’aurais dû être là, tenir bon puis la sensation contradictoire d’être dépouillé vient m’épouser. Qu’est-ce que je fous en ici ?  Dans une sincérité haletante et une pureté débile, j’avais été une des pièces sur l'échiquier géant. Ma paranoïa venait suinter de mes pores, laissant les divagations prendre le dessus. Les monstres des mensonges venaient puiser dans la facétie sa réalité. C’est la colère toujours qui me fait balancer à terre ce qui traîne sous les mains. Trop blasé des ruines, de mes erreurs et des épines.  

Changer les trajectoires et ne pas laisser tomber. Incapable de réfléchir sous la fulgurance de l’instant alors que tout est déjà calculé, tout est déjà joué. Ne rien avoir enfanté d’utile au passage n’allégeait pas les sentences qui tombaient ce soir, ne rien avoir laissé sur son passage si ce n’est qu’avoir vécu égoïstement. Il y avait bien eux ses idées-là, de soigner les mots et d'éduquer des visions pour ce faire respecter. Avoir une place, être accepté, nous les monstres, nous les créatures de la nuit, mais a chaque fois tout tombé en miette puisque les cendres du ciel on dictée la damnation, l’isolation. L’hémoglobine, toujours le sang, le carmin qui dans nos veines se sublime et nous diffuse notre énergie. Tourne et brûle dans cette fulgurante nuit. Il fallait faire mieux que cela. Sous cette bienveillance apparente, il y a surtout l’envie de vivre. De ne pas crever, encore une fois. Profiter d’être encore sur la terre étant donné qu’on y est attaché et de découvrir les merveilles qui se cachent dans les absurdités du vent. Étant donné que nous ne sommes que des ignorants.  Dans la vie, on pouvait choisir son trottoir, quels que soit les déboires et moi, j’aimais savourer l’essence des choses. Cette rage, qui m’habite, n’est qu’un reflet de mes regrets, puisque je suis connecté à mes remords. Je suis touché vivacement par mes échecs, parce que je tiens a ce que j’ai blessé, faillé, cassé. Apprendre de mes erreurs et elles sont bien nombreuses mes erreurs. Les relations avaient toujours été quelques choses de mystérieux, je ne comprenais pas les amours imparfait ce n’est que dans cette vie vampirique que j’ai compris les reliefs de ses conjugaisons. Comme des enfants qui apprennent à marcher, on trébuche, on se relève.  

Dans ses mouvements, on s'abandonne, on se console de façon passagère, puisque tout s’effondre et que rien ne dure.  Ce combat, cette lutte se poursuit et pourtant le sommeil vient flirter avec mes pupilles. C'est sans attendre que mes os commencent à tomber dans le matelas. Petit à petit, la mâchoire, ce délit et le repos viennent. Durant quelques heures, les écorchures ne sont plus qu’un souvenir dans cette mémoire morte. Les remords, cette fièvre haineuse contre mes déboires se taisent. J’aiguise mon sourire dans les méandres invisibles. Calmant mes peines et éteignant les débats frauduleux. Les bobards, la lâcheté, les jours d’absences, ce passé que je ne peux changer, la culpabilité se dissipe et je ne pleurniche plus de ses idées. Et puis dehors la luminosité s’est éteinte, c’est maladroitement que mes paupières s’élèvent. Happé par le chant des nocturnes. Une mécanique rodée se met en place, je cherche à m’engouffrer sous l’eau. La laissant laver les recoins salis, chauffant le froid trop faiblement à mon goût. Profiter des gouttes qui tombent, en savourer les sensations qui coulent sur ma nuque mordorée. La disproportion des sensations s'étale dans mes pupilles. Le choix des vêtements et vite fait, vite enfilé, vite recouvert. J’aurais aimé en avoir d’autres, mais la vérité est que l’importation du tissu n’est pas la principale préoccupation. Une fois réveiller, j’ai entassé mes affaires afin de les regrouper et je me suis extirpé de mon doux taudis.    

Un doux sourire s’est installé sur mes lèvres, me sentant moins agressif à la sensation de l’air qui touche ma joue. L’effet cloporte de cette nuit m’avait rendu plus sensible à la monter de la nuit. Je n’avais attendu que ça. Il fallait rejoindre Belfast et rapidement. Ce sont les entrailles serrées que j’ai taillé la route en m’enfonçant dans le vent, trop vite, trop fort. Oubliant les dangers encenser sur la route, finissant par poser mon casque apercevant Byron isolé. C’est son ombre que je rejoins en m’engouffrant dans un bar qui ne m’est pas inconnu.  Il me donne des boîtes et nous prenons un verre. Il m’informe, j’ouvre les boîtes pour me rouler de quoi fumer tout en étant attentif à la formulation de ses phrases et puis il me dit qu’il doit y aller. Le brun s’échappe rapidement dans les cadences de la nuit, mes yeux voltigeant dans tous les sens pour finir par se fermer. Je me laisse enivré par le verre que j’ai pris et je le laisse me réchauffer la gorge.

 
Facilement, je me suis préparé de quoi fumer tranquillement en fermant ma boîte pour l’engouffrer dans ma poche et puis je me suis allumé une cigarette en repensant aux mots qu’il avait formulés. Une certaine angoisse passagère venait s’étirer et c’est rapidement qu’une voix s’est fait entendre en m’extirpant de ma psyché. « Salut. C’est toi, Charles ? » Visage inconnu au bataillon, rousseur et jeunesse sur l’échine, il a les pupilles perchées. «  C’est moi oui, Bonsoir  »  je réponds sagement en étant attentif.  « Moi c’est G. » Naturellement, je fronce les sourcils «  et tu as quoi ?  »,  puis je comprends que c’est l’initial de son prénom «  Awh je vois… je suis pas encore bien réveillé. » Pas assez dormi, pas encore bouffer, pas besoin de faire des dessins ni de me justifier.  « Il paraît que t’as discuté avec un loup-garou, ici, y’a peu d’temps. H, ça t’dit quelque chose ? » J’ai un rire un peu nerveux, mes nerfs sont pas en forme,  il dit H mon cerveau a visualisé une hache. « Hm hm ? » Je ne veux même pas savoir comment il sait ça, on a du nous voir ensemble comme quoi on pouvait plus rien faire tranquille. C'est a propos de Callan que vous vous êtes vu alors ma méfiance apparait naturellement.     « J’le cherche. Enfin… Plus ou moins. » Ah sûrement un client perdu d’Hati.. « Parce que j’crois savoir où il est, mais… J’ai b’soin d’plus de détails. » Le pauvre il était mal tombé, je n’avais aucun détail à lui fournir.  « Qu’est-ce que tu sais, toi ? » Il avait l’air fragile en parlant de ça, comme un agneau blessé. « Je ne vais pas pouvoir t’aider, je ne sais pas ou il se trouve. Par contre, je sais qu’il passe dans ce bar. On s'est vu ici. Laisse un mot au barman, il doit sûrement venir prendre ses messages auprès de ce gars. » Mon doigt pointe le gars en question en le fixant et en haussant les sourcils. Le barman fallait parfois s’en méfier mais là,  il y avait pas de quoi. « T’es un de ses clients ? » Piqué par la curiosité, plus ou moins.   Peut-être juste parce que ça change les idées qui brûlent les nerfs acrobates. Vivant devant trop de soupire, avalant la nuance nacrée de mon verre. « Il va bien finir par repasser.  » Pourquoi il ne repasserait pas ? Sérieusement, il était venu et il avait l’air intéressé par ce qu’on pouvait lui donner. 

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Putain, il sert à rien. J’crois qu’mon regard dit tout. Plus que je ne devrais en dire, c’est vrai, mais j’peux pas m’empêcher d’être assommé d’mépris pour ce type. Qu’est-ce que j’peux détester les vampires. Eux et leur face toute pâle, leurs crocs tous blancs. Cette nonchalance tranquille qui les caractérise presque tous. Ils ne semblent craindre aucun danger. J’soupire en vidant mon verre, noyant mon agacement naissant sous quelques gorgées de vodka. J’dois pas m’laisser envahir par les émotions. Wayne m’le répète souvent et j’lui dis d’aller s’faire foutre. Pourtant, j’sais qu’il a raison. Mais j’y peux rien. C’est… j’sais pas, les hormones, un truc du genre ? J’vis comme une seconde adolescence, à subir les fluctuations incontrôlables de mon humeur. Ça va plus dans la colère sourde que la tristesse. J’pète des gros câbles, parfois. Souvent. J’me souviens d’ces moments passés avec H, où la rage s’emparait d’lui et où il s’mettait à tout casser, à s’écorcher les poings sur les murs sans parvenir à s’contrôler. À l’époque, j’comprenais pas qu’on puisse se mettre dans un état pareil, j’le trouvais un peu dingue, des fois, quand j’essayais de le calmer. J’crois que j’comprends un peu mieux, maintenant. J’étais un idiot. C’est dingue comme on relativise quand la vie change brutalement. J’prends conscience aujourd’hui de tellement d’choses. J’avais l’esprit étriqué, fermé, aveuglé par mon ignorance. Aujourd’hui je vois. Aujourd’hui seulement. Il a fallu que j’passe l’arme à gauche pour ça, c’est dire… C’est malheureux. Malheureux comme ma situation actuelle, à aller voir un type que j’connais même pas pour des informations qu’il ne possède même pas. J’devine qu’il est pas bien lui non plus. J’sais pas, boire seul, c’est l’début d’la dégringolade. S’il a même pas d’pote avec qui partager un verre, c’est triste. J’suis son doigt du regard quand il m’désigne le barman.

« Nan. » J’réponds en secouant la tête. J’lui avoue pas qu’Hati sait pas lire. L’seul mot que j’pourrais laisser, c’est un rébus, mais ça, j’suis même pas sûr qu’il puisse le déchiffer. « J’préfère pas. »

Je hèle pourtant le barman en question pour lui réclamer un autre verre. Mon nouveau copain semble s’interroger sur les raisons de ma venue ici et de mes questions. C’est tout à son honneur. Moi aussi, à sa place, j’me serais posé des questions. Pourtant, j’hausse les épaules. « Ça t’regarde pas. » J’lui lance, abrupt. C’est vrai que j’suis pas tendre quand lui a accepté de répondre à mon petit interrogatoire, mais bon. La vie est comme ça. Pleine d’injustices. La vie est une pute. Elle m’a arraché l’amour de ma vie et transformé en monstre. Sérieux, j’ai fait quoi pour mériter ça ? Okay, j’ai fait des conneries dans ma vie, mais ça, c’est à cause de la misère dans laquelle j’vivais. J’aurais jamais commencé à dealer, sinon. J’aurais jamais commencé à consommer non plus. La misère appelle la misère. C’est comme ça qu’j’en suis arrivé là ? Sorti du ventre d’une protituée pour terminer là, vampire dans un monde en ruines ? Sérieux, la vie est bizarre, parfois. J’me pose trop d’questions quand j’y réfléchis. J’me demande plein d’choses sur c’qui m’arrive, c’qui arrive aux autres. J’pense souvent à H. Au Borgia, aussi, par association. Ça m’rend malade, ça. Quand est-ce que ça va s’arrêter, cette connerie ? Quand j’crèverais pour de bon ? Pas avant d’avoir sauvé H, ça, c’est certain. Tant qu’le Borgia s’ra de ce monde, j’resterai ici aussi. H est ma priorité. Son bien-être, son bonheur. C’est ma raison d’être. C’est pour ça que j’dois survivre. C’est pour ça que j’dois m’battre et m’démerder dans c’monde. Pour lui. Seulement pour lui. Ça n’a toujours été que pour lui. D’puis l’jour où j’l’ai rencontré, c’est là que j’me suis juré, inconsciemment, que j’me battrai jusqu’à la fin pour ses beaux yeux. Quand mon deuxième verre arrive, j’sors le sachet plastique d’ma poche, j’écrase avec le récipient le cachet qui s’y trouve et j’verse la poudre dans l’alcool. Dans un sourire, j’pousse l’verre vers l’autre vamp’.

« Tiens mon pote, c’est cadeau. » C’est comme ça qu’on se constitue une clientèle. Ça s’appelle du marketing. « T’as l’air d’en avoir plus besoin qu’moi. » J’lui fais remarquer sans le moindre tact. « Tu tirais la gueule avant que j’m’approche. »

J’lui dis pas c’que c’est. Il a pas besoin d’le savoir. Du bonheur en poudre. Qu’est-ce qu’on en a à faire, au fond ? C’est juste une substance pour se sentir bien. Un petit verre pour se détendre. Pour arrêter d’tirer la tronche. Merde, le monde est déjà assez nul comme ça, faut pas non plus s’complaire dans son chagrin ! J’en ai marre de tous ces connards qui dépriment. Moi aussi, ça m’brise le moral. J’allume un joint en soufflant bruyamment. Un bon point de la chute de l’Irlande, c’est la fin des lois. Chacun vit sa vie comme il l’entend, maintenant. J’ai pu r’prendre mon bon vieux boulot de dealer sans risquer d’être ennuyé par les flics. Et aujourd’hui, j’peux fumer un joint dans un bar sans qu’personne me dise rien. Ah, les bons vieux côtés d’l’apocalypse… Ça donne envie qu’le monde parte en couille plus souvent. « Désolé si j’ai été un peu con. J’me suis pas levé du bon pied. » J’souffle quelques volutes de fumée en passant la main dans ma chevelure de feu. J’me rends compte que j’lui ai peut-être un peu mal parlé alors que c’pauvre mec avait rien demandé. À sa place, ça m’les aurait bien brisé qu’un tocard sorti de nulle part vienne me déranger comme ça. Le cocktail maison, c’est aussi pour ça, du coup. Pour m’faire pardonner, parce qu’au fond, j’le connais pas, c’mec. C’est p’têt’ un type bien, j’en sais rien. P’têt’ qu’il a pas choisi d’être vampire, comme moi. J’ai cette mauvaise habitude d’juger les gens trop vite. Puis bon… On est dans l’même camp, aujourd’hui. Des immortels. Des strigoï, comme dirait H. Des sangsues. J’ai vraiment encore du mal à assumer ma nature. C’est moche. J’grimace en tendant mon joint à Charles, lui proposant de tirer une latte.

« J’la récolte moi-même, tu sais… Deux ans dans une île fermée du monde, ça épuise vite les ressources, il este plus grand-chose de l'extérieur. » J’annonce fièrement.



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Errer l’angoisse dans le ventre. Elle traîne. Parfois on préfère rester ignorant face aux réalités pour ne pas les encaisser, mais ça ne fonctionne pas ainsi.  Ce qui se trame au loin perturbe mes vibrations. L’annonce de mon ami me trouble et le stress grimpe. Vampire pourtant d’habitude calme sous les conneries enfantines, je sens la fêlure s’ouvrir. Je cherche à enfouir les pensées qui se nourrissent aisaiement de mon être. Je sers les crocs dans le silence. J’ai envie de m’enfuir. De partir, loin d’ici, loin de ce pays, j’ai envie de courir et pourtant je reste là, a regardé ce vampire. Ce n’est pas l’heure de partir en raid, mais dans quelques heures tout ça doit s’être évaporé pour être au moins d’une efficacité optimale.  Être en forme pas avoir l’angoisse et la douleur en tête, j’essaie de me réveiller avec un verre avant de repartir tranquillement et l’autre me regarde comme s’il voulait me buter. Je ne peux pas foutre un GPS à Hati. « Nan. »  Okay. « J’préfère pas. » Si tu veux. « Ça t’regarde pas. »  En effet, va te faire foutre alors. Mon attention, il l’a perdu. Elle a été fugace aussi rapide qu'une fusée, elle s’est posée et elle est repartie. Je n’ai pas envie de changer de place parce que j’étais là avant, parce que j’ai la flemme parce que j’en ai marre.

L’espoir se ruine entre mes doigts, il a toujours le parfum des remords qui me colle à la peau. Il ne me lâche pas, celui d’avoir fait tout de travers et de ne pas avoir su conserver notre monde. Cette sensation d’une strangulation qu’on effectue sur ma gorge à chaque pas que je fais.  La complicité qui devient lointaine et l’omniprésence d’un géant malade qui ne fait qu’être là. Une présence absente qui royalement couvera d’amour enveloppe éternellement une souffrance corrosive gangrénée de vestiges et de mont imprenable. Parfois, j’aimerais tout détruire, tout souffler. Ô combien c’est égoïste, ô combien ça serait une mauvaise idée. Echec et mat, je vacille ce soir sous diverses notes et variés.  Bêtement la croyance d’être quelque chose à nous deux m’avait bercé, qu’il ne s’agissait pas de sexe frivole uniquement  et qu’il y ait quelque chose de plus dans ses années passées. Je pensais que c’était de l’amour en tout cas pour moi c’en était. C'est sans doute le seul que j'ai jamais réellement eu avec celui de ma famille et de la liberté. Il y avait quelque chose de pathétique qui me coller à la peau. Je craignais qu'on ne soit qu'une illusion et je ne le désirais pas. Non.

Aujourd’hui, j’avais la sensation d’avoir tout perdu, la confiance que j'ai normalement, le flegme britannique  et ma douce fierté, tout  c'était endormi dans mon insomnie pendant que mon esprit vagabondé ici et là. Je m’arrachais de l’intérieur. J’étais responsable, d’être amoureux d’une personne déjà éperdument amoureuse d’un autre. Ça ne faisait pas du bien, ses conneries. Je ne pouvais que m’en vouloir a moi-même alors quelque chose rampe dans mon corps, s’agrippe et écorche les veines dessécher. Violemment, je sais plus trop ce que c’est, j’évite de me poser des questions et pourtant je sais que c’est le manque.  Je suis responsable de mon bordel, de mon chaos, j’en ai conscience. Dans ce bar miteux, il n’y a rien pour calmer mes accalmies, pas de musique ni de pluie qui perle sur les vitres.

C’est la fatigue, c’est la putain de fatigue qui me donne envie d’avoir des larmes qui cavale à mes yeux. Je serre les dents en essayant de penser à autre chose qu’a ce caillou que j’ai dans le coeur.  La brume de la fumée de ma cigarette devient de sorte d’armure et cherche un peu de force, ici, là. Je ne sais pas. L’autre, le G, il joue au chimiste. « Tiens mon pote, c’est cadeau. »  Pas besoin de ça, non je n’avais pas besoin ça pour planer. À moi tout entier j’étais un mensonge. « T’as l’air d’en avoir plus besoin que moi. » Pas si sur, lui aussi il était morne et il devait être jeune. Ça se sentait. « Tu tirais la gueule avant que j’m’approche. » Alors quoi ? Je n’en avais pas le droit ? Je ne pouvais pas avoir une sale gueule ? « Ça arrive et puis ça ira merci, faut que je me reprenne pour le raid j'ai pas envie de faire de la merde. »  J'en ai déjà assez fait comme ça de la merde alors on va éviter de foutre ça en l'air. Surtout pas ça, c'est con mais ça me tiens à coeur d'être responsable, actif et un bon élèment.  Je décline poliment parce que je ne peux pas me permettre ce genre de débordement alors que putain, ouais une cuite, oublier cette putain d'angoisse, ce qui est en train de se passer pendant que je suis là, à ce bar. Pour la consolation je me dis qu'il y a de fortes chances que ça n’ait que très peu d’effet.

Reprendre mes esprits et prendre le chemin pour partir sur le terrain. Peut-être trouver quelque chose qui permettra d’avoir des soins ou des armes.  « Désolé si j’ai été un peu con. J’ne me suis pas levé du bon pied. »  Je lui prêtais plus vraiment attention, trop prit dans la rivière de mon égocentricité depuis que j'avais décidé qu'il aille se faire foutre et ce n’était pas bien. Ça arrivait à tout le monde de pas être d'humeur, moi-même j'étais pas en capacité optimale là.  «  Pas grave, moi non plus alors t’inquiète. Ça arrive  » J'essaie de me fixer sur le maintenant, sur ce gamin qui me parle de lui répondre en essayant d'oublier les torrents.  Il tend son joint et ça je ne refuse pas, si ça peut me détendre ne serait-ce qu’un peu. Je suis pour. « J’la récolte moi-même, tu sais… Deux ans dans une île fermée du monde, ça épuise vite les ressources, il reste plus grand-chose de l'extérieur. » La liberté, c’est ce que j’espérais, c’est au fond la seule chose qui m’a fait me lever. Être utile à un truc étant donné que je suis dans un état de santé passable. Il dit qu’il y a plus grand-chose de l’extérieur et la sensation d’être prisonnier revient. Je n’en ai pas envie. Lui qui est jeune ne doit pas comprendre ce qui se passe réellement, sa vie de vampire à être traité comme un reclus ne devait pas l’aider dans l’acceptation de son nouvel état.  «  Merci, ça craint vraiment, plus rien de l'extérieur.. »  Je balance ça, mais c’est pas la nouvelle du siècle, il est au courant n’est-ce pas ? Je tire sur le joint tranquillement avant de le lui rendre.  

Ce ne sont que des passades, faut prendre ses esprits. « Tu as été entraîné  ? » C’est avec intérêt que je lui demande. Un vampire entraîné fait plus facilement face aux situations dangereuses et dans ce cas présent c’était important. Les nôtres se faisaient zigouiller pour un rien, ça devenait chaotique alors ouais, je lui demande et je suis intéressé par sa réponse.   « C'est pas pour te casser les couilles que je te demande mais parce que c'est utile par les temps qui courent  » J'en avais marre de voir disparaitre des visages de mois en mois, décimé par la famine, par la maladie et d'autres plaies qui nous assaillaient.





 Nos bouches cousues et nos yeux clos seront donc nos derniers joyaux. Sur la terre et dans nos caveaux et si les cendres sont demandées. Je veux qu'elles soient portées si haut. Je me glisserai pour te voir là où il fait toujours noir nous effleurant de nos voix, nous savons ce qui nous éloigne. Je reviendrai encore et encore même si je pars avant l'aurore, je laisserai mes mots sur le sol. Tous emportés par l'automne.
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« Si tu l’dis. »

Ben dis donc… Mec, sois un peu moins enthousiaste, là c’est un peu trop, j’ai envie d’lui dire, roulant des yeux. J’le laisse dans ses pensées alors qu’il refuse mon cocktail. Ça a l’air d’être la joie dans sa tête, j’me demande à quoi il pense. Dire qu’il y a deux ans, j’étais encore persuadé qu’les vampires ressentaient pas d’émotions… En devenir un m’a fait changer d’avis sur la question, mais j’me demande si c’est pour le mieux. Manquerait plus que j’compatisse à leur sort… J’vais plus m’en sortir si j’dois être triste pour eux aussi. J’essaye d’pas m’laisser attendrir par mon camarade d’infortune, songeant qu’ça finira par s’arranger pour lui. Ça s’arrange toujours. C’est pas un proverbe, ça, en plus ? J’ai envie d’y croire. À ce renouveau. À cette vie heureuse qui nous attend. Qui viendra bientôt, après la misère. J’ai pas envie d’penser à tout ce qui arrive. Tullamore, les monstres, la famine, le virus. Sérieux. J’ai pas mérité ça, moi. Si seulement H s’était pas fait enlever comme un con, on s’rait partis d’Irlande avant tout c’bordel, c’est certain. On s’rait loin de tout ça et on s’rait encore humains. Putain, ça fout les boules de se dire que pour un choix différent, tout notre monde aurait pu basculer. J’en ai presque le tournis quand j’y pense. À moins qu’ce soit les cachets de ce matin. Mais bon, comme on dit, avec des si, on pourrait refaire le monde… le mieux que j’puisse faire, maintenant, c’est survivre et me battre. Je joue pas vraiment collectif, mais c’est la loi d’la jungle, ici. J’ai pas l’temps d’me bouger l’cul pour la communauté, j’ai déjà un business à gérer. Les vampires sont vieux, forts et expérimentés, ils se débrouilleront très bien sans moi. Ça m’fait presque rire quand Charles m’demande si j’suis entraîné. Entraîné ? J’tire sur le joint en ricanant.

« Ouais, entraîné à m’torcher la gueule. » J’réponds en reprenant mon cocktail maison pour finir le verre en quelques gorgées. « Et à encaisser les coups. »

J’lui lance un sourire de travers en reposant mon verre. J’ai bien conscience que j’suis pas comme lui. J’l’ai entendu parler du raid. Ces types qui se rassemblent et qui traversent le pays à la recherche de vivres, qui prennent des risques pour ramener des médocs à l’hosto et qui parfois même affrontent Tullamore.  J’suis pas comme eux, non. J’suis pas un héros. J’suis pas un mec généreux et volontaire qui va au secours des autres. J’suis pas un vampire au bon cœur qui nourrit les affamés dans les banques de sang. J’ai pas l’étoffe de ces gars-là. Et par conséquent, non, on peut pas vraiment dire que j’suis entraîné. Oh, en deux ans, j’ai eu l’temps d’apprendre à m’défendre, mais j’suis pas sûr qu’il entende la même chose en m’posant cette question. D’ailleurs, j’imagine que comme moi, il doit être surpris d’voir un type pareil encore en vie… Mais bon, faut le dire, j’suis comme les parasites. Je m’accroche. Je résiste. Pour être honnête, être un vampire m’a sauvé la mise pas mal de fois, en m’empêchant par exemple de crever d’overdose. J’observe le fond d’mon verre, pensif, suivant du regard les dernières traces de résidus de cachet qui collent au fond du récipient. Des fois, j’me demande c’qui m’attend. Quel genre de futur. Quel genre d’éternité. Ca donnerait peut-être un peu plus de sens à mon existence, d’me bouger pour les autres plutôt qu’pour mon business… Qui sait ? J’devrais p’têt’ m’engager pour les raids ? Dev’nir un collègue de Charlie le dépressif ? Quelle ambiance de dingue il doit y avoir, au boulot. J’lui rends le joint en lui lançant un sourire de travers, l’regard légèrement voilé.

« Tu devrais pas t’en inquiéter. » Je lance à Charles en haussant les épaules. « La coalition est une belle connerie. Ça reste du chacun pour soi, ici. Cette illusion de paix durera pas très longtemps, moi j’te le dis… Quand l’grand manitou aura enfin clamsé, tous ses petits fidèles vont péter les plombs et lorsque Tullamore répliquera, ce s’ra pas beau à voir. » Je prédis d’un air sombre. J’secoue doucement la tête en soupirant. « L’temps est compté. »

J’me sens comme ces illuminés qu’on voit dans les films, qui s’promènent avec une pancarte sur eux en criant ‘la fin du monde est proche’. Sauf que là, c’est vrai. La fin du monde est putain de proche. J’peux l’sentir. Ça pue la mort dans les quartiers de Belfast. J’entends les rumeurs. Léandre McGuinness est sur le point de mourir. Tué par Tullamore. Franchement, est-ce que ses amis vont s’contenter de pleurer sur sa tombe ou vouloir le venger ? J’penche plutôt pour la deuxième option. Et sérieux, ça m’fout les boules quand j’y pense. Ça va péter d’tous les côtés. J’ai pas envie d’me retrouver au milieu d’tout ça. L’conflit, ça n’a jamais été mon truc. C’est dur à croire, mais j’suis un pacifique. J’aime pas la violence. Ouais, ouais, c’est l’comble pour un voyou d’mon genre, mais c’est l’cas. J’aspire qu’à vivre en paix. C’est ce dont j’ai toujours rêvé. Hati, Panic et moi. Juste nous trois, tranquille, sans se soucier d’rien d’autre. Dans un pays avec beaucoup d’verdure et d’soleil si possible. C’est mon idéal. Ma chimère. Ce à quoi j’m’accroche pour éviter d’sombrer. Même si ça paraît impossible, j’continue d’espérer. Même si rien n’s’annonce facile, j’continue espérer. C’est c’qui m’fait avancer. Même si j’ai l’air pitoyable, comme ça, là, à boire dans un bar, même si j’en ai pas l’air, j’ai l’espoir. J’sais que j’paye pas d’mine, mais j’ai connu un pire état qu’ça. Des périodes sombres où rien qu’mon regard criait l’désespoir qui m’assaillait. Mais j’ai changé. Mûri. Grandi. Et j’me suis endurci.

« Mais, hé… C’est cool c’que tu fais pour la communauté, les raids, tout ça… » J’ajoute pour éviter d’trop l’déprimer. Il a pas l’air d’avoir besoin qu’on l’enfonce plus que ça. « Donc, heu… Merci, j’suppose. C’est grâce aux gens comme toi qu’le monde continue de tourner… Pour le moment. »


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