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 The fall ◘ Djibril

Vampire
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The fall
« When all these words don’t seem to form. What are these words without your soul. Forever lights the stars. Forever haunts the ghost. When all the angels fly far from thee. When demons dance in dream….»

Le chauffe-eau. En panne depuis des mois. Dans l'attente que le voisin réussisse à se procurer la pièce à changer et que ce dernier vienne réparer. Sauf que rien ne bougeait. Et pour cause, lorsqu'on savait que j'avais simplement failli le tuer. Quelques semaines auparavant. En présence de Shannon, parce-qu'elle avait dit m'aimer et que j'avais très mal supporté de voir ce type poser les yeux sur elle. Mais aujourd'hui, Shannon avait disparu. Comme tant d'autres avant elle, tandis que j'avais cru mourir sous les coups des hommes de Tullamore. Si bien que rattrapé par de vieux réflexes que parfois il m'était encore difficile à contenir, j'avais plaqué ce type contre la porte. Pour en revenir à lui. Brutalement. Mes doigts se pressant et se crispant autour de son cou, pendant que mon pouce lui écrasait la trachée. Le tout en ne pouvant pas m'empêcher de penser que je devais être malade. Un véritable danger public. Toujours aux prises avec ces mêmes penchants névrotiques qui me pourrissaient l'existence à n'en plus finir. Par la faute de ce Sire qui m'avait réduit au rang d'esclave. Me dressant à son image.

Une image dont j'avais désespérément essayé de me détacher. Dès lors que je l'avais condamné à une mort certaine, le prenant au piège dans un mausolée. Après qu'il m'ait baisé pour la dernière fois. Physiquement en tout cas. Parce-que durant des décennies, j'avais continué à le sentir bouger et s'agiter entre mes cuisses. Sous forme de réminiscences.

Des réminiscences m'ayant longtemps donné l'impression d'être réelles. Jusqu'à m'en rendre cinglé. Au point que même trois siècles plus tard, le traumatisme restait vivace. Amarok étant bien le seul à avoir su m'inspirer une confiance pleine et aveugle. Totale et irrémédiable. Puisqu'il était bien le seul et l'unique que j'avais laissé me toucher, me dominer. Sans en éprouver de crainte particulière. Naturellement. Grâce à sa force tranquille. Avant que lui aussi ne se mette à sombrer, ne m'en laissant que d'autant plus inquiet. Mais en attendant, je me retrouvais là. Face à ce maudit chauffe-eau. Une clef rouillée à la main, dégueulasse. Le tee-shirt jaune que je portais recouvert de crasse et les cheveux attachés. Dubitatif. Le toussotement dans les tuyaux passant sous le plancher semblant se calmer. En sachant qu'il m'avait fallu couper l'eau et que donc, plus rien n'y circulait. Le fait est que cette baraque tombait littéralement en ruines et que si je ne me bougeais pas le cul pour la retaper, c'est le toit qu'on allait finir par se prendre sur la gueule.

Quand je disais on, je faisais surtout allusion au gamin que j'avais accepté de loger. En souvenir de son Sire. De Saor. Ma pitoyable petite chose. Ce défunt amour que j'avais bafoué et trahi par pur péché d'orgueil. Uniquement dans le but d'atteindre Léandre McGuiness et de le mettre à terre. Restant avant tout autre chose un soldat. Un combattant. Une arme de guerre au service de l'opposition. Aussi, quand Mikkel était apparu, j'avais simplement pris sa présence comme un cadeau du destin. Une chance de me faire pardonner à travers lui. Et dans la mesure où cet invité surprise supportait mal de ne pas pouvoir se doucher à l'eau chaude, j'avais entrepris de poursuivre les travaux entamés avec Shannon.

Bouclant la boucle. Façon de parler, de me rassurer. Dans l'espoir de bientôt la revoir. Bref. En attendant, je me sentais un peu con devant cet amas de pièces détachées. La salle de bain en chantier. Les poings fermés appuyés sur mes hanches, un soupir à ramener les morts à la vie s'échappant de ma gorge. Juste comme on frappait à la porte.

Et naïvement – j'avais cru que peut-être – le voisin aurait tenu sa promesse. Me ramenant donc ma pièce à changer. Du coup, je me précipitais dans la pièce principale, le sourire aux lèvres. Tranquille. Loin de me douter que tu te trouvais de l'autre côté. Juste ici, sur le pas de mon palier. Toi que je haïssais. Te jetant un : « Il était tant ! J'y croyais plus...» presque joyeux. La pince que je tenais entre mes doigts venant se fracasser par terre, dans un bruit sourd. Ton visage s'illuminant à la lueur des deux bougies que j'avais posé sur la table. Le sourire que j'affichais une seconde avant se transformant en grimace. Paupières plissées. Mes traits se décomposant dramatiquement alors que j'articulais péniblement.

- Comment tu m'as retrouvé…

Comment… tu étais mort. Les morts ne revenaient pas. J'avais fait tout ce qu'il fallait pour t’éradiquer de la surface de la terre. De toute manière, tu n'avais dû manquer à personne et face à ton : “Salut chéri, je suis rentré.” je reculais. Puis, les lèvres se pinçant et contournant la table sans te quitter des yeux, j'humidifiais mes doigts pour éteindre les flammes consumant le bâton de cire des bougies. Nous plongeant dans l'obscurité. Des nuages voilant temporairement la lune, alors que le vent faisait battre le battant de la porte. Son gond grinçant sinistrement.

Aucune autre source de lumière ne venant se substituer à cet éclairage là. Mon générateur ne servant qu'à alimenter le chauffe-eau en électricité. Sur quoi, j'allais me réfugier dans un coin de la pièce. Grimpant sur le matelas reposant à même le sol et m'accroupissant après m'être laissé glisser contre le mur. Terrorisé. Incapable de réagir autrement. M'attendant à ce que ta vengeance soit terrible. Préparé à recevoir tes assauts et soumis à cette idée. Parce-que face à toi, je prenais enfin conscience du fait qu'en dépit des mes efforts, je restais toujours cet infant que tu avais abusé, frappé, cet infant que tu prétendais chérir mais que tu t'appliquais à détruire. Cette chose que tu possédais. Trop faible pour te tenir tête ou pour oser te faire face frontalement. Regarde ce que tu me faisais. Pourquoi tu revenais. Pourquoi tu n'étais pas resté mort, tu pouvais pas me foutre la paix putain !! Juste disparaître. M'oublier. Me rendre pour de bon ma liberté !

Mais le pire, le pire de tout, tu sais ce que c'est ? C'est de comprendre que tout ce temps où j'ai cru te voir et t'apercevoir au détour d'un couloir, tout ce temps où j'ai cru sentir ta présence, tu étais là. Planqué dans l'ombre. Occupé à m'épier et quand j'ai eu besoin de toi, vraiment besoin que tu te montres, tu n'as pas bougé.

Alors pourquoi tu m'avais sorti de ces décombres au final ? S'il s'agissait bien de toi. Sans doute pour mieux m'obliger à te payer. À te rembourser mes dettes. Allez... viens Djibril. Viens. Prends ce que tu veux, je te laisserais faire sans résister.

Et ensuite, repars. Va-t'en. Tel le fantôme que tu étais. Rien qu'un revenant, il ne pouvait pas en être autrement...

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ELIJIAH HASSAN JAZEEM
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The FallElijiah & DjibrilLa situation aurait été presque comique à voir, si la peur du plus jeune n'était pas une réalité évidente. Surtout qu'il semblait plus disposé à recevoir quelqu'un d'autres, vu la rapidité avec laquelle il avait ouvert la porte. Djibril en était plus que sûr, ce n'était certainement pas pour lui qu'Elijiah aurait ouvert le battant de cette façon. Un Sire qui avait été le pire des enfoirés avec un Infant qui n'avait connu que violence et maltraitance de sa part. Pourtant, il ne pouvait s'empêcher d'être amusé de la situation, même s'il savait que c'était sans doute l'attitude qu'il ne valait mieux pas adopter. Les vieilles habitudes ont la vie dures et sont difficiles à éradiquer.

« Eh bien, quel accueil ! Je ne te pensais pas si pressé de me voir. »

Tout cela alors que le sourire naïf du plus jeune s'était effacé de son beau visage. Celui qu'il continuait de chérir malgré les années, et surtout malgré la tentative de meurtre. Car oui, même s'il avait décidé de pardonner (ça, on le devait à Falballa qui avait expliqué le pourquoi du comment de la tentative), c'était resté quelque part dans un coin de sa tête, comme un douloureux souvenir de son échec d'apprivoisement sur son Infant. Un Infant qui avait simplement voulut se libérer de son emprise, ça, il l'avait bien compris et assimilée à présent. Mais qui, pourtant, semblait encore succomber à un sentiment de terreur rien qu'en le voyant.

Djibril n'avait pas bougé d'un pouce, alors qu'il observait les actions de son Infant. S'il semblait d'abord à peu près calme malgré la peur qui émanait de lui, il n'en avait pas été de même par la suite. Et le vampire, bien qu'il n'en montrait rien, commençait à prendre la mesure de ses anciens actes. Ceux qui faisaient mal, ceux qui faisaient peur, ceux qui marquaient à jamais. Évidemment qu'il ne s'était pas attendu à ce que son Infant lui saute au cou, mais là... Sa terreur était frappante et parlait d'elle-même. Il continuait pourtant de ne pas bouger, alors que le brun reculait toujours plus après les avoir plongés dans le noir. 

« Tu sais, c'est pas parce que tu vas éteindre une pauvre bougie que je vais disparaître comme par enchantement. J'aimerais bien avoir ce pouvoir, mais malheureusement, ce n'est pas celui qu'on m'a donné. »

Ce n'était sûrement pas ce qu'il aurait fallu qu'il dise pour le rassurer, mais bon. Qu'est-ce qu'il pouvait bien avoir de rassurant aux yeux de son Infant de toute façon ? En revanche, pour lui faire prendre conscience que non, il n'était pas qu'un fantôme venu le hanter, qu'il était bel et bien le psychopathe supposé mort qui faisait de nouveau surface dans sa vie, pas de doute qu'il finirait sûrement par y croire pour de vrai avec une introduction pareille. Mais il ne comptait pourtant pas faire les mêmes erreurs qu'avant. Son nouveau but était de prouver à son Infant qu'il avait changé, ou du moins qu'il était prêt à changer. À faire des efforts. Pour lui. Pour le reconquérir, même s'il devait actuellement le haïr atrocement, et quitte à y passer le temps qu'il faudrait. Parce qu'au fond, il n'avait jamais cessé de l'aimer. Ça, il n'avait pas su le montrer correctement, et c'était sans doute son plus grand regret.

Elijiah s'était maintenant terré dans un coin de la pièce, dans l'obscurité la plus totale, presque impossible à discerner dans ce décor à la fois épuré (soit par manque de choix, soit par envie personnelle), mais qui laissait deviner des efforts pour essayer de maintenir le tout de façon aussi solide que possible. Croisant les bras sur son torse, Djibril avait tenté de deviner l'intérieur de la battisse avec le peu de lumière qu'il lui restait, maintenant que le plus jeune avait éteins la seule source de lumière de la pièce.

« C'est toi qui as fait ça ? Tu as l'air de t'en sortir un peu mieux que moi. Du moins du peu que j'en vois. T'es sûr de ne pas vouloir rallumer au moins une bougie ? Il fait tout noir. »

Pour la référence, comprendra qui pourra. Pourquoi vouloir absolument que le plus âgé entre dans l'habitat ? Pour quoi faire Elijiah ? Djibril n'était-il donc pas capable d'un acte charitable à tes yeux ? Question idiote. Bien sûr que non. Il n'en avait jamais fait envers toi, ni même en ta présence. Alors pourquoi croire à une absurdité pareille ? Pour découvrir qu'en fait, c'était possible. Mais ça, tu ne l'accepterais peut-être pas tout de suite. Ça viendrai sans doute avec le temps. Beaucoup de temps. Combien exactement, c'était difficile à dire. Peut-être même jamais en fait. Qui pouvait-il savoir ça ?

Toujours bloqué dans l'encadrement de la porte, sans même avoir avancé d'un pas vers l'intérieur, Djibril avait attrapé le briquet qui traînait dans la poche de sa veste pour l'allumer histoire d'avoir un peu de lumière et y voir plus claire. La chaude lumière de la flamme venait ainsi illuminer son visage, ou tout du moins en éclairer une partie, laissant deviner les contours du reste. Son regard émeraude était ensuite venu se fixer dans le coin de la pièce où il avait vu son Infant se réfugier, s'adressant de nouveau à lui toujours de façon calme et posé. Chose exceptionnelle qui surprendrait peut-être. Mais il n'était pas là pour s'énerver.

« Tu sais, au début, je pensais que tu me claquerais la porte au nez à peine deux secondes après m'avoir vu. Force est de constater que je me suis planté. »

Un soupir avait traversé ses lèvres, avant qu'il reprenne.

« Bon, c'est pas que je m’ennuie sur le palier, mais est ce que mon hôte m'autorise à rentrer ? Je pense que ce serait plus agréable pour discuter. On a des choses à se dire, tu ne penses pas ? »

Djibril demandant la permission de faire quelque chose, ça relevait presque d'une mauvaise blague. Et pourtant.
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Tu n'étais qu'un…

Je t'interdisais de te foutre de ma gueule ! Les morts ne riaient pas. Les démons ne dansaient pas, les petites ordures de ton espèce ne devraient même pas avoir le droit d'exister en fait. Pourtant, tu souriais. Me parlant sur un ton que j'aurais presque pu trouver anodin s'il avait s'agit d'un autre que toi. Tandis que tu t'adressais à moi avec un air amusé : « Eh bien, quel accueil ! Je ne te pensais pas si pressé de me voir.»

Tu n'étais vraiment qu'un...

Est-ce que tu n'avais rien appris de tes erreurs ? Est-ce que tu pensais qu'il te suffisait de me demander la permission de franchir le seuil de ma porte pour tout effacer ! De toute manière, tu n'existais pas. Rien de tout ça ne pouvait être vrai, je devais délirer. Rêver ou cauchemarder. Si je fermais les yeux, alors tu disparaîtrais. Pour sûr. Il me suffisait de compter jusqu'à cinq et tu ne serais plus là. Un. Seulement, en bon menteur que tu étais, comme toujours, voilà que tu essayais de me convaincre qu'éteindre les bougies ne changerait rien à ta présence ici. Que tu aimerais bien avoir le pouvoir de te volatiliser, mais que malheureusement ce n'était pas celui qu'on t'avait donné. Deux. Mais pourtant, tu n'aurais eu qu'à reprendre la porte dans l'autre sens pour exaucer mon souhait. Trois. Faire demi-tour et m'oublier. Quatre. Comme si je ne te connaissais pas suffisamment pour savoir que ce n'était pas vraiment ton style. Cinq.

Battant des cils, je tentais donc de décoller mes paupières. Des larmes de rage me perlant au coin des yeux lorsque je réalisais à quel point je tremblais. Secoué par des spasmes que rien ne me paraissait pouvoir réfréner. Incapable de gérer ou de contenir mes émotions. Trop sensible. Pour ne pas dire souffrant d'hypersensibilité. Mes bras venant à présent se croiser devant mon visage en découvrant que non, tu n'étais pas parti. Je t'en prie…

Tu n'étais vraiment qu'une pourriture. La racine malade de mes fondements, le salopard qui m'avait pris ma vie, qui m'avait volé tous ceux que j'aimais, le monstre qui m'avait rendu mauvais. Le fléau de l'Europe. Tous ces hurlements que j'entendais la nuit. Les litres de sang me recouvrant de la tête aux pieds. Le bruit des jupons que je froissais et déchirais, prenant sans demander ce que je désirais. Suivant ton exemple. Voulant devenir le maître à la place du maître. Tous ces corps que j'avais réduit à l'état de morceaux de viande. Par ta faute Djibril. Par ta faute. Et étouffant un sanglot, c'est à peine si j'osais de nouveau te regarder. Tu m'avais abîmé. Changé. Pourtant, je pleurais devant toi. Sans retenue. Signe que cet autre qui m'avait réparé, avait fait du bon travail. Ne m'en rendant irrémédiablement que plus humain.

Puis, te voyant t'éclairer à l'aide de ton briquet, je sursautais. Me redressant brusquement. Le dos et les mains plaqués contre le mur. Depuis quand est-ce que tu étais en mesure de tenir une conversation ? Pour autre chose que me coucher sur un lit, ou à même le sol. Tu ne pouvais pas être celui que tu prétendais. Tout en moi rejetais cette possibilité.

- D'accord… je vais rallumer une bougie. Comme tu voudras. Tout ce que tu voudras… mais n'approche pas.

Laisse-moi juste le temps de foutre le feu à la baraque avant d'avancer. Reste là où tu es. Pendant que je rejoignais le centre de la pièce. À pas mesurés. Les jambes en coton. Mes larmes se tarissant au fur et à mesure que je reprenais de la consistance dans mes projets incendiaires. On allait mourir. Ici et ce soir. Pourquoi est-ce que je devrais me contenter de te claquer la porte au nez comme tu disais ? Je ne te raterais pas une seconde fois.

- Je voudrais savoir. Comment tu t'en es sorti ? Je t'ai fait exploser Djibril… qu'est-ce que ça t'a fait ? De perdre le contrôle. De comprendre que je t'avais pris au piège alors que tu venais de me sauter ? Est-ce que ça t'a rendu fier… c'est toi qui m'a tout appris. T'as pas idée du temps que ça m'a pris de retourner tes propres amis contre toi. J'ai dû marchander tu sais et écarter les cuisses aussi. Si tu les avais vu… ils t'ont vite oublié.

D'un coup, mon sang froid reprenait le dessus. J'avais quatre siècles. Je n'étais plus un néo que tu pouvais manipuler à ta guise. J'étais un homme affirmé, un combattant. Un putain de survivant ! Mais ça aussi, c'est à toi seul que je le devais. Et plus jamais je ne te donnerais le privilège de me voir dans cet état. La peur n'était rien à côté de l'enfer que tu m'avais fait endurer. Uniquement pour assouvir tes pulsions. Parce-que tu ne pensais qu'à ta gueule et à m'enfoncer ta queue dans le cul. Baiser, anéantir, soumettre et détruire, c'est tout ce à quoi tu prétendais. Dégueulasse et écœurant que tu étais. Rien que de sentir ton odeur d'ailleurs, ça me collait la gerbe. Je voulais que tu crèves.

J'espère au moins que ça te faisait bander que des sillons de sang viennent creuser mes joues. Seulement, tu allais devoir trouver quelqu'un d'autre pour te sucer : « Puis tu t'es souvent planté, mais ça ne t'as jamais arrêté pour autant. Attends, juste une seconde encore.» Attrapant la boite d'allumettes posée sur le manteau de la cheminé, je me dépêchais de te la rallumer ta bougie. La flamme caressant doucement la mèche, avant que de la lumière n'en jaillisse.

- Est-ce que c'est mieux comme ça ?

Lentement, mes doigts se refermaient autour du bâton de cire. Puis, je tendais le bras en direction du fauteuil près de la cheminée. L'espace réduit de la pièce me permettant de prendre la vieille veste en laine qui traînait sur son dossier. Cette veste, j'y tenais. Elle m'avait tenu chaud dans les périodes les plus difficiles.

Alors, elle m'accompagnerait dans ma prochaine vie. Celle où Noora m'attendait. Celle où je retrouverais ma famille. De l'autre côté des flammes de ce feu que j'avais tant de fois regardé brûler dans le foyer de la cheminée.

- Oui. Maintenant je t'autorise à entrer. Chez moi, c'est chez toi non ? On partage tout… à la vie à la mort. Et oui, encore. C'est moi qui ai fait tout ça. Mais ça n'a plus la moindre importance, parce que tu détruis tout. Toujours…

Et moi, je ne voulais plus te ressembler. Si bien que j'enflammais la veste. La tenant à bout de bras, mon torse se soulevant et ma cage thoracique s'écrasant. Me remettant à respirer, mécanisme habituel et témoignant du stress qui m'étreignait. Les mailles de ma veste se tordant sous l'assaut du feu, les flammes progressant trop rapidement. Tire-toi. Casse-toi si tu ne voulais pas cramer vif. Pour pas part, je choisissais de m'immoler plutôt que de me retrouver à ta merci. De redevenir ta chose et ton vide couilles, de morfler pour toi : « Je t'attends. C'est à toi de choisir…»

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The FallElijiah & DjibrilUn quoi exactement ? Il avait des tas et des tas d'insultes possibles et inimaginables sur la terre entière. Dans tout les pays, dans toutes les langues, dans tout les dialectes. Mais une seule était elle à la hauteur pour définir Djibril à lui tout seul ? Peut-être, peut-être pas. Autrefois, c'était le genre de mots qui pouvaient réveiller ses envies de meurtre, se permettant de tuer quiconque pouvait avoir un mot de travers à son égard. Dans ses bons jours, il pouvait se contenter de torturer un peu sa victime, celle qui avait eu le malheur de ne pas s'adresser à lui comme il le fallait. Et encore, ils n'y survivaient généralement pas. Mais il n'y avait eu qu'une personne jusqu'à maintenant à réussir l'exploit de garder la vie sauve pour cet affront. Elijiah, encore et toujours lui. Lui qu'il ne punissait jamais comme les autres, qu'il n'aimait pas comme les autres, ou en d'autres termes avec qui il ne faisait jamais rien comme les autres. Mais aujourd'hui, les temps avaient changé. Tout avait changé. Sauf l'amour qu'il lui portait, à cet être de lumière qu'il avait détruit, brisé, qu'il avait tiré vers le bas pour l'observer de plus près et mieux se l'accaparer. Il ne la voyait pas, mais il la devinait. Cette peur qui envahissait les limbes de son âme brisée. Celle de son Infant. Il la sentait d'ici. Et elle lui faisait mal. Pourquoi maintenant ? Pourquoi pas avant ? Il avait tant que ça perdu le contrôle de lui-même pour ne plus sentir la douleur que lui provoquait la peur de ceux qu'ils aimaient à son égard ? Tous les pardons du monde ne suffiraient jamais pour excuser ce qu'il avait fait. Et même sans ça, aucune parole ne le pouvait, parce qu'il pouvait très bien les dires en l'air. C'était des actes qu'il fallait. Des vrais, des transcendants. Ceux qui changeaient tout.

Toujours armé de son briquet comme seule source de lumière, Djibril avait attendu les paroles de son Infant. Car oui, Djibril savait parler. Lui qui semblait si souvent l'avoir oublié. Qui s'estimait surtout ne plus avoir besoin de parole pour se faire comprendre. Or, cela avait changé. Du moins, il essayait de faire en sorte de changer. Falballa veillait au grain pour s'assurer de cela, même si elle savait que Djibril partait encore une fois de loin. D'ailleurs, le châtain aux mèches blondes n'avait aucun souvenir d'avoir parlé d'elle à Elijiah. Ni d'elle, ni de Farod. Sa Sire et son propre frère. Sans doute parce qu'il n'avait jamais dû le faire. Eux qui, pourtant, connaissaient son existence à lui. C'était presque dommage, car en y réfléchissant, il était pratiquement sûr qu'ils pourraient s'entendre avec lui. D'ailleurs, ce sont peut-être eux qui auraient dut venir le voir au lieu de lui ? Quoique non, plus tard peut-être, mais ce n'était pas à eux de réparer ses erreurs à sa place. Bien que pour le moment ça relevait surtout d'un début de tentative.

Finalement, la voix d'Elijiah avait résonné à ses oreilles pour lui répondre. Il était d'accord pour rallumer une source de lumière, à condition que Djibril ne bouge pas de sa place. Soit, condition acceptée, s'il n'y avait que ça pour lui faire plaisir. De toute façon, qu'est-ce qu'il craignait à rester à l'extérieur une ou deux minutes de plus ? Normalement, pas grand chose. Il avait laissé son précieux infant avancé dans la pièce, déambulant comme s'il venait tout juste d'apprendre à marcher, alors qu'il l'entendait de nouveau s'adresser à lui. Pour simplement lui demander comment il s'en était tiré, de ce piège qui aurait dû le tuer, que son cher Elijiah avait monté contre lui, tout seul comme un grand. Mais aussi ce que ça lui avait fait. Avoue Elijiah, que ça te satisferait d'entendre que même si tu n'avais pas totalement gagné, tu n'avais pas totalement perdue non plus. Quant à savoir si le plus vieux aurait le courage de mettre sa fierté de côté pour te l'avouer... Mais ne parlons pas trop vite. 

« On va dire que j'ai reçu un coup de main de personnes qui me sont proches. Des personnes que tu n'as pas pu retourner contre moi, puisque tu ne les connais pas, mais qui n'ont jamais vraiment cessé de me suivre. Ils auraient pourtant pu, vu la déception que j'ai été pour eux. Enfin bref. »

Un premier aveu, celui qui contredisait la légende selon laquelle, à l'image de Chuck Norris, Djibril pouvait se sortir de n'importe quelle situation tout seul. C'était totalement faux. Mais est-ce que le fait de savoir qu'il avait des alliés malgré sa façon d'être avait quelque chose de rassurant ? Peut-être moins. À Elijiah d'en juger.

« Pour ce qui est de mon ressentie... À l'époque, j'ai vu ça comme étant un des plus gros échecs de mon existence. Si ce n'était d'ailleurs LE plus gros de mes échecs. J'ai pas compris où j'avais foiré avec toi. Mais aujourd'hui, je suis mitigé sur la question. Ai-je répondu à tes interrogations ? »

On allait espérer que oui. Le plus vieux n'avait même pas relevé la remarque suivante que lui avait adressé le brun. À quoi bon, puisqu'il venait de toute façon de reconnaître lui-même qu'il pouvait se tromper ? Et pardon pour la déception, mais les traces de tes larmes n'avaient pas eu l'effet escompté, Elijiah. Le Djibril d'avant aurait sans doute fonctionné comme ça, mais là... Ca n'avait plus la même signification. Et bien qu'il ne l'avait pas montré, cela perturbait le châtain bien plus que ce qu'il ne l'aurait cru. Il faudrait sans doute qu'il en parle avec Falballa. Il savait qu'elle saurait trouver les mots pour ça. Elle avait toujours su le faire, c'était à lui de savoir écouter maintenant.

Une bougie de nouveau allumée, Djibril avait donc relâché la pression qu'il exerçait sur le bouton de son briquet, le laissant s'éteindre et le rangeant dans la poche de sa veste, alors que la nouvelle source de lumière éclairait faiblement l'endroit.

« J'y vois déjà un peu plus claire, on va dire que c'est un bon début. »

Mais peut être aurait-il mieux valu qu'il ferme sa grande gueule pour une fois, au lieu de demander à ce que le feu soit rallumé. S'il n'était pas maîtrisé, il pouvait être destructeur, et dans les mains d'un Elijiah qui faisait face à celui qui l'avait détruit, Djibril aurait dut se douter que ça revenait à faire une catastrophe. Comme s'il n'avait pas pu se dire que son Infant chercherait à remettre le couvert, après s'être rendu compte que sa première tentative de meurtre avait raté. Sauf que ça, il ne l'avait pas compris tout de suite. Il ne s'en était rendu compte qu'avec les événements qui avaient suivit : l'étrange discours du plus jeune, suivit de l’inflammation de la veste qu'il venait de prendre.

Prit d'un sentiment de panique à cette image, le plus vieux avait réagit au quart de tour, attrapant à la volée un sceau remplis d'eau de pluie qu'il avait repéré à l'extérieur juste à côté de la porte, avant de rentrer et de balancer son contenu sur le pyromane improvisé. De ce fait, il venait aussi bien d'éteindre le vêtement que la bougie (éclaboussant probablement son Infant au même titre), plongeant de nouveau la pièce dans le noir. Quant à savoir ce que ce sceau faisait là, ce n'étaient pas ses oignons. Tout ce qu'il savait, c'est qu'il tombait bien et avait permis d'éviter le pire. 

« T'es complètement malade ma parole ! Qu'est-ce qui t'as pris de faire ça ?! Abruti !»

C'était sortit tout seul. D'une voix fort, grave, pleine de colère et d'incompréhension. Djibril était bel et bien en train d'engueuler Elijiah pour la frayeur qu'il venait de lui faire. Son acte venait de le mettre en colère. Et quand il était en colère, ce n'était jamais bon signe. Du moins, à l'époque où Elijiah l'avait connu. S'il s'en souvenait suffisamment, peut-être prendrait - il peur ? Lâchant le sceau comme un vulgaire paquet de chiffons en le laissant s'écraser au sol, Djibril s'était approché presque dangereusement d'Elijiah, l'attrapant par le col avant de poser ses lèvres sur les siennes sans prévenir. Juste les poser, même juste l'histoire d'un bref instant. Et tant pis si Elijiah devait lui envoyer son poing dans la gueule juste après. Djibril avait eu peur, et c'était le seul moyen trouvé pour le lui faire comprendre.

La peur retombée, il avait séparé leurs lèvres et avait lâché le col du plus jeune, avant de s'éloigner de quelques pas en passant une main dans ses cheveux. La colère grondait encore en lui, moins forte, mais toujours là. Se retournant pour faire de nouveau face au brun, Djibril avait une fois de plus croisé les bras sur son torse, contrarié de ce pseudo-incendie qu'Elijiah avait tenter de mettre en place.

« Tu m'expliques ce qui t'es passé par la tête ? »
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The fall
« When all these words don’t seem to form. What are these words without your soul. Forever lights the stars. Forever haunts the ghost. When all the angels fly far from thee. When demons dance in dream….»


Je t'attends, c'est à toi de choisir. Et pour choisir, Djibril avait choisi. De rester. De prendre le risque de brûler vif et ce, afin de m'éviter à moi de cramer tout entier. Alors que je menaçais de nous donner la pire des morts. Aveuglé et n'obéissant plus qu'à mes pulsions. Sous le coup de la colère, et de la violence avec laquelle j'avais senti l'adrénaline monter. Le tout me rendant aussi instable que le néo qu'il avait autrefois infanté. Par abus de faiblesse. Ne m'en laissant aujourd'hui que plus irrationnel et hors de contrôle. De sorte qu'en ayant ce geste désespéré à son encontre, c'est mon indépendance que je cherchais à affirmer. En le défiant. En le provoquant et en faisant juste n'importe quoi.

Uniquement pour qu'il sache à quoi s'en tenir. Pour qu'il comprenne bien que l'homme qu'il avait connu et côtoyé, ne reviendrait plus jamais. Que les choses avaient changé. Que lui et moi, on avait évolué. Et surtout, surtout pour qu'il imprime en gras quelque part dans sa tête que désormais, il n'aurait plus la moindre emprise sur moi.

C'était fini. Terminé. Pour moi, il n'existait plus. Il n'était plus rien d'autre qu'un mauvais souvenir. C'est ça Jazeem. Essaye encore de t'en convaincre. Plus toi que lui. Superbe démonstration pour un gars émancipé. Je devais avoir tellement fière allure là, à littéralement me chier dans les brailles. Comme un gamin que je n'étais pourtant plus. Même si en tout état de cause, je restais jeune face à lui. Beaucoup trop jeune en réalité pour prétendre espérer avoir le dessus, son âge venant le placer d'office au sommet de la chaîne alimentaire. De sorte qu'à l'échelle de la hiérarchie vampirique, ma place se situait tout en bas du caniveau. Une réflexion qui me laissait une drôle d'impression. Me diminuant plus qu'elle ne m'élevait. Un peu inquiet à l'idée de ne pas avoir d'autre choix que celui de devoir le suivre et me tenir à ses côtés sur les routes du mal et de la destruction. Voilà pourquoi je brandissais cette bougie que tu avais voulu que je rallume mon amour. Peut-être dans l'espoir de te découvrir sous un nouveau jour. Parce-que tu sais, je crois sincèrement qu'à un moment donné je t'avais aimé. Dans la douleur, le deuil, les privations, la brutalité et la soumission certes.

Puis toi, avec tes mots. Tes explications foireuses. C'était qui ces personnes ? Pourquoi est-ce que j'ignorais jusqu'à leur existence ! En fait, j'avais affaire à un parfait étranger. Qui étais-tu, avec tes pseudos regrets.

- Un échec ? C'est comme ça que tu me vois… comme un putain d'échec !? Je te hais Djibril. T'ENTENDS !!! Et je veux que tu crèves. Que tu souffres tout ce que j'ai souffert avec toi… Pourquoi tu fous pas le camp, laisse-moi ! Qu'est-ce que tu veux… pourquoi t'es revenu… comment tu m'as retrouvé ? Qu'est-ce que j'ai pu te faire pour mériter tout ça… t'es sérieux quand tu dis que t'as pas compris ce que t'avais foiré avec moi ! T'es qu'un monstre… t'as pas de morale, tu ressens rien, t'éprouves rien, t'es passé à côté de tout. T'as tout gâché et moi, je me suis retrouvé seul. SANS SIRE, SANS TOI !!

Le suite de ton discours me privait définitivement du peu de sang froid qu'il me restait. Je débloquais. Hurlant et enfilant ma veste alors qu'elle était en train de s'embraser. Écartant les bras en croix et relâchant la bougie. Sois maudit. Mes paupières se refermant. Prêt à m'endormir pour le reste de l'éternité, mais d'un coup tout devenait humide autour et sur moi. Moite. Est-ce que tu venais de me balancer un seau d'eau à la gueule pour de vrai ? Alors que je sentais la brûlure des flammes s'attaquer à ma peau. Leur crépitement me rappelant le bruit des draps qui se froissaient lorsque tu me pilonnais de tes coups de reins. Déchirant le tissu comme tu déchirais mes chairs. Mes yeux se rouvrant sur l'obscurité. Incrédule. La peur transperçant  ta voix quand tu t'adressais à moi “T'es complètement malade ma parole ! Qu'est-ce qui t'as pris de faire ça ?! Abruti !” me forçant à sortir de ma transe. La présence du sceau d'eau étant sûrement due au fait que j'avais eu une fuite dans la toiture et que je l'avais mis dehors sans prendre le temps de le vider. Encore une fois, Dieu était plus grand. Plus grand que nous, plus grand que tout ici bas. Plus grand que toi Djibril Al-Niaimi.

Pour autant, il n'y avait que nous ici. Et t'entendre me crier après évoquait de sales trucs en moi. Autant à cause de l'onde de choc que la déflagration de ta voix dans la nuit venait d'occasionner, autant par la faute de cette inquiétude qu'il me semblait percevoir émaner de toi. Te rendant beau à mes yeux l'espace d'une seconde. Furtive. Inexistante. Tout dans tes attitudes me témoignant cet attachement que tu me vouais. Par-delà les siècles. Pas comme lui qui m'avait oublié au bout d'une pauvre année. Ton petit-fils, Ezechiel. Le seul qu'il te restait. Le premier, Elyas, n'ayant pas survécu aux bombardements. Tu l'aurais apprécié. Mais déjà, ce que je m'imaginais être ta véritable nature reprenait ses droits.

Tu ne changerais jamais. Ton affection, tu pouvais te la garder. Je la vomissais. Fatigué de voir que comme d'habitude, tu te contentais d'agir sans réfléchir aux conséquences. Et lorsque tu m'attrapais par le col, je me débattais. Essayant de te faire lâcher prise assez piteusement. Avec mes mains recouvertes de cloques.

Des sueurs froides dégoulinant entre mes omoplates et la chaleur du feu me rendant fiévreux. Mes maux de crâne me mettant au supplice. Pas bien. Pas bien du tout. Ta bouche se posant sur la mienne me propulsant quatre cent ans plus tôt. Dans un flash assassin et dévastateur. Les murs de ma maison disparaissant pour laisser les contours de la Mosquée se redessiner sous mes paupières closes. Fendues. Abruti, abruti, abruti. Un gémissement franchissant la barrière de mes lèvres. Mes doigts s'enroulant autour de tes poignets. Te revoyant me coucher de force sur les tapis de la salle des prières. À la seule différence que je te mordais la lèvre inférieure. Mes dents s'enfonçant dans sa pulpe jusqu'au sang, le message était assez clair pour toi comme ça ? Je te l'ai dit, c'était fini.

Juste satisfait que tu recules à ton tour. Pas parce-que je t'avais mordu, non. Je ne me faisais plus ce genre d'illusions. Simplement parce-que tu en avais décidé ainsi. Tes doigts se glissant dans ta longue chevelure, moderne. Traversant le temps avec classe et ce charisme qui t'avait toujours différencié du commun des mortels. La finesse de tes muscles me dévoilant toute la pureté des lignes de ton dos. Ça aurait pu être bien nous deux. J'aurais pu te pardonner les viols et les coups à répétition si tu avais seulement su t'arrêter au bon moment. J'aurais pu. Ravaler ma fierté, travailler sur la peur que tu m'inspirais et t'apprendre la douceur. La tendresse et le partage. Mais on avait raté le coche, dans la mesure où tu ne m'avais jamais laissé aucun espace. Aucune marge de manœuvre. Ni dans cette intimité que tu m'imposais ni ailleurs. Ce qui fait que lorsque tu t'es retourné, c'est ma main que tu as pris dans la gueule. Et estime-toi heureux, j'aurais tout aussi bien pu fermer le poing pour te démolir la mâchoire. Alors que là, je m'en suis gentiment tenu à te gifler. La main grande ouverte, ma paume s'écrasant sur ta joue. Le claquement de ta peau faisant écho au bruit qu'avait produit le seau en heurtant le plancher. Juste après que tu m'aies demandé “Tu m'expliques ce qui t'es passé par la tête ?”  

Si je le savais. Tout s'embrouillait. Tu me tournais la tête, et déjà je ne m'appartenais plus. Redevenant tiens. Monstruosité que tu étais. Distillant dans mes veines le plus dangereux des cocktails. Tellement que j'en suffoquais.

- Je sais pas… c'est de ta faute tout ça. Tu me fais faire n'importe quoi… Djibril…

Fais quelque chose. S'il te plaît. Regarde… on n'y voyait rien. Jusqu'à ce qu'une éclaircie ne vienne nous éclairer. Mettant l'état de mes mains en évidence. Des mains qui recommençaient à trembler et que je fixais. Des boucles s'échappant de l'élastique retenant mes cheveux et se collant à mon visage mouillé. Ma veste en laine à moitié cramé me collant au corps telle une seconde peau. Me faisant sûrement ressembler à rien. Incapable de détourner les yeux, fixé et pétrifié. En proie à une crise de panique comme je n'avais plus eu a en souffrir depuis que je t'avais quitté : « D'accord… t'as dit qu'on devait parler, je t'écoute. Mais fais vite. Fais vite…» Magne-toi. Mes jambes me lâchaient. Et là, je n'arriverais pas à aller m’asseoir ou à m'allonger seul. Sauf si tu m'envoyais à l'hôpital pour avoir osé lever la main sur toi.

Auquel cas, ça réglerait tous mes problèmes...

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ELIJIAH HASSAN JAZEEM
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The FallElijiah & DjibrilPour réagir, Djibril avait réagi oui. Balançant un sceau de flotte à la tronche de son Infant, sans prévenir. Le Sire qu'avait connu Elijiah n'aurait peut-être pas réagi de cette façon, laissant son Infant cramer avant de fuir pour ne pas crever avec lui. Peut-être. Mais là, ça n'avait plus rien à voir. Alors oui, il était resté, pour empêcher son Infant de vouloir se tuer bêtement, répondant sous le coup de l'impulsivité, simplement pour provoquer ce Sire qu'il détestait et qui avait été si cruel avec lui. Djibril ne voulait pas ça, lui maintenant, il voulait apaiser les choses. Le protéger, vraiment. Pas de cette façon particulière qu'il avait de le faire avant, mais de cette façon qu'il aurait dû le faire avant de devenir le monstre que son Infant avait connus.

« Je n'ai jamais dit ça Elijiah, tu ne m'as pas bien compris. Tu as été et es toujours ma plus belle réussite. C'est moi qui ai échoué avec toi. L'échec ne vient pas de toi, mais de moi. Tu l'entends ça ?! Cet événement n'a fait que le souligné. Si je suis revenu, c'est parce que j'accepte d'avoir merdé d'un bout à l'autre et que j'accepte de faire des efforts pour changer ! »

Qu'est-ce qu'il pouvait bien répondre d'autre à un Infant en panique qui cherchait simplement à comprendre ce qu'il se passait ? À comprendre pourquoi un Sire tyrannique et égoïste avec lui revenait subitement dans sa vie, pourquoi un homme qui l'avait détruit revenait presque comme une fleur pour lui faire voir qu'il n'avait pas disparu... Un Sire qui, pourtant, n'avait cessé d'être fier de sa création. Toujours. 

Djibril avait grimacé en sentant la morsure de son Infant sur sa lèvre, avant qu'il s'en détache pour lui tourner le dos quelques secondes. Cela n'avait fait que rajouter à sa colère déjà présente. Son Infant ne se laissait plus faire, et ça il allait falloir qu'il s'y fasse. D'accord, essayons de passer pour cette fois. Le baiser avait peut-être été un peu brusque, certes, même si l'intention de base n'était pas mauvaise. Sans doute pour ça que Djibril n'avait rien dit à ce sujet en se retournant, demandant plutôt à son Infant ce qui lui était passé par la tête pour se mettre le feu de cette façon. Mais au lieu d'une réponse, c'est d'abord une claque qu'il avait reçue. Bien sonore et bien douloureuse par-dessus le marché. Une de celle qui, généralement, avait tendance à vous laisser une jolie marque de main là où vous la receviez. Autant dire que si ça colère était un peu retombé quelques secondes plutôt, elle venait de faire une remontée fulgurante. C'est d'abord un regard noir qu'il avait posé sur le plus jeune, colérique, avec une nette impression d'envie de meurtre. Mais c'étaient ses mauvaises habitudes qui reprenaient le dessus, et déjà, il devait se forcer pour ne pas lever la main sur lui. Comme un animal en cage prêt à sauter sur sa proie, mais qui devait se maîtriser pour apprendre à vivre en harmonie avec elle. Pas encore, pas comme avant. Il n'avait plus le droit à l'erreur, il en avait fait bien trop. Il avait promis qu'il changerait. À son frère, à sa Sire, et à Elijiah qui ne voulait pas encore l'entendre. Pour eux. Puis une baffe, qu'est ce que c'était au final contre ce qu'il avait fait subir à celui qu'il aimait ?

Il l'avait vu faillir, alors qu'il entendait sa réponse. De sa faute... Voyant sa réaction, ou du moins la devinant, il s'était instantanément calmé. Ce n'était pas de la vengeance, c'était de la peur. Un instinct de survie contre la bête qu'il avait tenté de tuer. Attaquer le premier pour mieux se défendre. Une éclaircie était venue mettre un peu plus la scène en lumière. C'était toujours la même panique que Djibril voyait sur les traits de son Infant. Un regard sur ses mains, et le châtain comprenait que les batteries de guérison d'Elijiah étaient à plat. Il devait le nourrir. Le plus jeune semblait près à parler plus calmement avec lui à condition de faire vite.

« Je ne peux pas te promettre ça. Je ne sais pas combien de temps prendra cette conversation. En revanche, je peux faire des efforts. »

Il l'avait alors attrapé par le bras, non pas pour lui faire du mal, mais pour l'aider à se poser sur le fauteuil tout près. Il était peut-être encore un peu bourrin sans le vouloir, il ne savait pas. Il essayait d'agir de la même façon qu'il le faisait naturellement avec Falballa et Farod, même si ce n'était pas aussi convainquant. 

« Mais avant, ne bouges pas, je reviens. »

Puis il était sorti de la maison, l'espace d'une minute ou deux, avant de revenir avec des pochettes de sang à la main. Se rapprochant du fauteuil, il avait déposé les deux pochettes sur les genoux d'Elijiah avant d’attraper la boite d'allumette qui traînait sur la table. Craquant un bâton de bois, il avait allumé les bougies encore sur la table et que l'eau n'avait pas touchée, avant de se déplacer et faire de même pour allumer la cheminé. Ils y verraient plus claire. Reposant la boite sur la table, il avait tiré une chaise pour s’installer de façon à voir et pouvoir parler avec le plus jeune, laissant bien un mètre de distance entre eux si cela pouvait rassurer un peu son interlocuteur.

« C'est pas grand chose, mais ça devrait pouvoir t'aider pour soigner tes blessures, et remettre un peu ton pouvoir de guérison en forme. » 

Il avait désigné les pochettes de sang qu'il lui avait amené, pour qu'il comprenne de façon implicite qu'il souhaitait le voir les boires. Peut-être que le brun refuserait, par simple esprit de contradiction, ou peut-être pas, à lui de voir. Mais Djibril trouverait ça idiot de gâcher de la nourriture vu le conteste actuel. Et pour une fois qu'il lui apportait de la nourriture au lieu de l'en priver en plus...
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