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 Sleep little one, your night is here (ft. Callan)

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Keira Young
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Sleep little one, your night is here
Callan de Rhénanie & Keira Young

 
« This is the way you should remain Never feeling any pain Never growing old Sleep little one, your night is here Mine is growing very near Oh, it's getting cold  Never feeling any pain Never growing old Sleep little one, your night is here Mine is growing very near Oh, it's getting cold   »

Le crayon s'évade sur le carnet, déjà noirci de part en part. Ce ne sont que des traits en plus, sur d'autres déjà dessinés auparavant. La place lui manque, elle devrait s'aventurer en ville, afin d'en trouver un nouveau. Sauf qu'il lui est difficile de quitter cette sécurité relative qu'offre cet amas de pierres. Quatre murs près d'un lac. Un toit seulement la séparant des intempéries trop fréquentes sur les terres irlandaises. Confort si peu présent, mais elle a besoin de cette solitude actuellement. Pour réfléchir. Pour se débarrasser de cette fureur qui lui parcoure les veines chaque seconde. D'autant plus depuis quelques jours. Son coeur s'emballe toujours de cette colère, de cet effroi dissimulé derrière une hargne qu'elle offre à tous ceux qui osent la croiser. Chaque seconde, depuis qu'elle a aperçu, dans un souffle, la crinière blonde, accrochée à la carcasse de cet être. Une part d'elle, avait toujours cru qu'il était loin d'ici, quittant l'Irlande dans un de ces excès dont il sait être maître. Probablement ne l'avait elle jamais espéré, mais elle l'avait aussi cru, enfin renvoyé sous terre par quelqu'un d'assez fou pour se mesurer à lui. Aucune des deux suppositions n'était pourtant avérée, puisqu'elle l'aurait reconnu entre mille. Nul ne pouvait l'imiter, même avec la meilleure volonté du monde. Seul lui peut dégager cette aura. A cet instant, elle l'a fuit. Avant que son regard ne croise le sien. Avant qu'il ne la sache en vie. Avant d'avoir le possibilité de réfléchir. Avant d'envisager de ne pas détourner le regard et de faire volte face.


Et la voilà maintenant, accompagnée de son carnet trop rempli, et de cette arme de fortune  qui ne ressemble à rien. Juste quelques pièces de métal, associées les unes aux autres de nœuds et espoirs. Pitoyable tentative de se sentir en sécurité, sur une terre qui n'a jamais été tranquille. Elle déteste ça. Ce sentiment incessant de n'être rien de plus que le prochain repas d'une créature quelconque. Rageuse injustice, de n'avoir rien d'autre à faire désormais, que d'attendre d'être dévorée. Et pourtant, elle ne sait pas quoi faire d'autre. A part attendre. A part survivre comme elle le peut, dans cette zone qu'elle connaît désormais par cœur. Dans laquelle elle commence déjà à s'ennuyer. Ca n'a jamais été sa destinée. De rester enfermée, dans un seul et unique endroit, pour sa vie entière. Rien n'aurait du se passer comme ça. Et c'est une prison qu'elle a retrouvé, en fuyant la sienne. Dans un soupir colérique, elle attrape un galet qui traîne au sol, pour le lancer de toutes ses forces dans le lac non loin. Le bruit caractéristique ne l'apaise pas, elle sent son pouls s'accélérer, son visage se crisper dans une grimace de cette fureur habituelle. Elle n'est plus que ça. Une boule de nerf, qu'un rien agace, qu'une contrariété énerve. Et savoir ça la rend d'autant plus irritée. Nouveau caillou, qu'elle balance avant de se détourner, pour retourner chez elle... Dans son taudis, qu'elle exècre autant qu'elle le bénit.


La détente n'est pas au rendez vous lorsqu'elle passe le seuil, au contraire. Elle n'arrive plus à ressentir le calme qu'elle a pu rechercher au bord de cette eau pourtant sereine. Sa silhouette, revient s'imposer, sans cesse. Sa superbe n'a plus le même effet, seulement elle sait. Ne jamais se fier à son apparence. C'est signer sa perte. Et s'il imagine, une seconde, qu'elle est en effet en vie, il ne faudra probablement pas longtemps avant qu'il ne vienne la tourmenter de nouveau. Cruel jugement, qu'il mérite sans aucun doute... mais qu'elle sait faussé par bien des déboires ressentis. Le pressentiment ne la quitte pas, elle préfère conserver son bâton métallique, inutile rempart face à la grandeur qu'il peut imposer, par sa nature démoniaque. Légère assurance, de n'être complètement démunie face à lui, s'il décide de la contraindre de sa présence. En quelques inspirations, elle tente d'apaiser son souffle impétueux et les battements erratiques de son palpitant déchaîné. Tu commences à dérailler ma vieille. Elle soupire finalement, s'enfonce dans la cabane presque délabrée, pour se débarrasser de sa veste d'un mouvement leste. Au dehors, les bruits de la nuit commencent à se faire entendre, à mesure que l'obscurité vient envahir l'espace. Elle allume quelques bougies, pour ne jamais se retrouver dans un noir absolu. Elle sait ce qui vient roder la nuit et elle cherche à être prête... Toujours prête...
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Callan De Rhénanie
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maybe on the moon there's a soil for the doomed, i should save us a ride. rain, rain, rain, am i the only winner in this silly game where tears are a trophy to gather ? my solitude ain't new, i'm used to it by now but there's something in the blue that has faded out of my eye.

Quelque part, entre les effluves acariâtres de son agressivité et les déboires monotones de son insensibilité, il a cru apercevoir son image. Comme un mirage projeté par l'armée de ses divagations hallucinatoires, entité exilée qu'il pensait disparue à jamais, dans les tréfonds de cet oubli magistral au sein duquel il l'avait autrefois enfermée. La silhouette s'était dessinée, bien plus que le visage. Cette presque ombre à laquelle son Âme ancienne s'était dévoilée, l'espace de quelques heures vagabondes et fantasmagoriques que les feux de sa Raison ont pourtant vite fait d'incendier. Cette femme était devenue cendres froides en son palpitant. Amas de poussières morose, que sa cruauté caractéristique avait lancé aux quatre vents. Tout comme le reste, tout comme River Crow. Rien qu'un énième fantôme décharné, dont il avait malmené autant la chair que l'esprit. Au péril de cette histoire d'à peu près qu'incarnait leur liaison blessée. Lui qui haïssait tant la facticité, avait enseveli sa franchise sous un océan de mensonges afin de mieux entraver les libertés dont Keira avait toujours suinté. Cherchant inlassablement à mieux la garder, quoi qu'en dise sa fierté.

Dans l'abstraction de ses émotions nécrosées, l'Allemand avait été incapable de tolérer les possibilités de son départ. Pris au piège par les excès que lui imposaient ses désirs démesurés, aussi lassé qu'affamé d'entrevoir aux côtés de l'Australienne les faisceaux trompeurs d'une existence sereine et dénuée d'orages... C'était avant qu'elle ne comprenne qu'il n'était pas ce qu'il prétendait être. Avant qu'on ne lui arrache les pâles lueurs expectatives qu'il pensait percevoir en elle. Pour les mêmes raisons que celles qui le séparaient indéniablement des autres autant que de ses semblables. Dans l'espace clos que fut leur vie ensemble, l'illusion d'un semblant de refuge avait été assez forte pour qu'il envisage parfois d'y croire. Jusqu'à ce la réalité de ce qu'il était et de l'ampleur de son infamie ne le rattrapent, irrévocablement. Comme un mauvais présage que rien ne peut éloigner. Comme un carnage immatériel que rien ne peut empêcher.

Des nuits étaient passées sans qu'il ne la revoit ; cette chimère à la peau opaline, bout de rêve incarné en femme avec lequel les ventricules immobiles de son muscle moteur parfois s'embrasaient. De cette réminiscence déchue qu'elle lui avait laissée, de toute cette force qui l'animait. Séduisante de ces multitudes de contradictions au creux desquelles elle s'égarait, s'immunisant avec insolence aux meurtrissures fiévreuses qu'il tapissait sur le parchemin de son corps. Comme n'importe quel musicien était en pouvoir de composer son requiem. Il n'avait fallu que peu de choses pour que la simplicité de leurs premiers jours ne s'embourbe dans les méandres complexes du quotidien infernal qui lui appartenait, disparaissant définitivement sous le magma en fusion de cette Immortalité scandaleuse à laquelle il n'était, au fond, qu'un disciple enragé. Les étoiles de leur nuit avaient fini par s'éteindre, les unes après les autres, alors que la sérénité qu'elle lui inspirait à l'origine se métamorphosait cruellement en impétuosité dangereuse, lui faisant ainsi découvrir tout ce qu'il avait autrefois refusé de lui avouer.

Comme pour la protéger de sa monstruosité, de toute l'horreur que sa réputation dispersait derrière lui au moindre de ses gestes... Il était rentré à Belfast depuis qu'elle était revenue hanter les couloirs de son esprit désaxé. Avec une insistance si persévérante que sa curiosité difforme avait finalement décidé de courir après le spectre en lequel il pensait la reconnaître, déterminé à dépasser les frontières de ses doutes et à accentuer cette nécessité implacable qu'il avait d'abuser d'elle ainsi que du moindre souffle qu'elle expirait. C'était plus fort que lui. Bien plus fort que les restrictions qu'il lui avait été apposé depuis ses récents écarts. Il a cherché à s'informer, à remonter la source jusqu'à cet endroit esseulé. Perdu dans les Limbes humaines, au sein desquelles s'immolaient de peur les pauvres individus qui avaient choisi de s'y ancrer.

Parmi eux, il l'avait finalement trouvée, le visage abîmé par toutes les heures qu'il avait passé à l'enlaidir de l'intérieur. S'insinuant au plus profond d'elle-même pour mieux l'étrangler. Elle s'agitait alors que lui s'efforçait de la traquer. À l'image de ces fauves qui s'évertuent à chasser pour mieux déchirer, de leurs crocs, les muscles agiles et la chair tendre des plus belles antilopes. Il n'avait plus d'autres ambitions que celles tournant autour de sa destruction puisqu'elle avait pris le risque de lui faire affront. En délaissant ces abîmes dans lesquels elle l'avait trouvé et au fond desquels il finirait par l'enterrer... De là où il se trouvait, tapis dans l'ombre des environs, il contemplait les soubresauts de son animosité. Absorbant la dissonance furieuse de ce cœur dont les pulsations éveillent ses sens autant que ses envies sanguinaires. Puisqu'il reste irrémédiablement attiré par le flux régulier de ce sang auquel il n'avait plus goûté depuis qu'il avait pris la décision de tout quitter. Sans prendre la peine de la prévenir ni même de l'emmener avec lui. L'habitude de leur discorde finissant de l'achever alors que des trahisons vomitives lui retournaient les tripes avec véhémence. Puis les bombes se sont dispersées sur leurs terres et en sous-estimant ses capacités à survivre, il s'était convaincu qu'elle avait péri. Comme tous ces milliers d'âmes, prisonnières des murs de son ancienne cité. Pourtant, à la voir se débattre, plus contre elle-même que contre ses véritables ennemis, il était enthousiaste à l'idée de la retrouver. Amusé même, d'à nouveau peser sur son existence comme le ferait la plus étincelante épée de Damoclès.

Callan attend qu'elle disparaisse à l'intérieur de cette cabane, presque en ruines, dans laquelle elle se pensait en sécurité. Il aperçoit la lueur de ces quelques bougies fébriles, vacillant déjà de ces infimes courants d'air qui se faufilent sous la porte branlante et ce toit, loin d'être assez épais pour isoler la modeste demeure dans laquelle il espère la piéger. Mais aucun de ses mouvements n'émane d'une quelconque violence. Il semble modéré, vêtu d'un calme authentique aux nuances quelque peu glacées par cette indifférence qui lui colle à la peau. En silence, à la vitesse surnaturelle que sa nature lui accorde, il dépasse les limites de ce seuil derrière lequel elle croit être suffisamment bien cachée. Il franchit ainsi la porte qui les sépare sans grandes difficultés avant de la fermer derrière lui. Son regard s'encastre alors dans le sien et l'espace de quelques secondes, l'absence de mots prédomine avant qu'il ne se décide à lui parler, la rendant ainsi à nouveau aussi concrète qu'elle avait pu l'être autrefois, à ses yeux.

« J'ai vu de la lumière. Alors je suis rentré. »

Pas la moindre expression sur ses traits, si ce n'est que la lividité inquiétante d'une sérénité qui ne lui a jamais réellement appartenu.

« Ne sais-tu pas, après tout ce temps, que la lumière attire toutes sortes de créatures ? »

C'est l'une de ces flammes qu'il contemplait maintenant. De manière lointaine et évasive. Jusqu'à ce qu'il choisisse de l'éteindre. Tout comme il a pu éteindre sa bonté, quelques années plus tôt.


NΞRIOИ




And who are you, the proud lord said, that I must bow so low ? Only a cat of a different coat, that's all the truth I know. In a coat of gold or a coat of red, a lion still as claws and mine are long and sharpe, my Lord, as long and sharpe as yours. And so he spoke, and so he spoke, but now the rains weep o'er his hall with no one there to hear. Yes, now the rains weep o'er his hall and not a soul to hear.

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La douce lumière des flammes apposent une quiétude fade sur les murs de sa cabane de fortune. Loin, est le luxe dont le manoir l'avait habitué. Cela ne lui manque pas. Elle est bien plus à son aise, dans cette masure, qu'elle a jamais pu l'être entre les draps de soie et tapisseries hors d'âge. La sécurité s'y trouve toute relative et la blonde sait qu'il ne suffit d'un rien pour que le danger se retrouve à sa porte. Néanmoins elle ne s'en effraie pas. Les bougies ne sont pas là pour la rassurer. Les flammes ne sont pas présentes pour leur lumière, ni même leur chaleur. Certes, l'une, et l'autre, restent agréables, mais le feu, reste avant tout une arme, qu'elle n'oublie pas de placer chez elle. Prudente, mais pas peureuse pour autant, elle préfère s'entourer. Protection dérisoire pour sa survie inutile. Sur un malentendu, un coup de chance, elle pourrait bien mener quelques vampires à leur décès. Utopie bienfaisante, dans un monde pourtant si noir désormais. Dans un nouveau soupir audible, elle dépose son arme de fortune contre le mur le plus proche, avant de fermer les yeux. Juste une seconde. Pour se défaire du poids, accumulé dans la journée, sur ses frêles épaules. La masse de sa trace sur cette terre est proche du néant. Incapable de trouver une occupation, plus intéressante que celle de se reconstruire. La solitude la pèse, plus qu'elle ne saurait l'avouer, mais la compagnie de ses semblables lui semble, encore aujourd'hui, insurmontable. La force de son être, l'impertinence de ses pensées, semblent pourtant éteintes, alors qu'elle se réveille seule, avec ses doutes et ses faiblesses. De ses lèvres, s'échappe un souffle abîmé par les questionnements et la douleur qu'elle ressent dans cette phase incertaine de son existence. La vengeance même, lui semble parfois futile, lorsqu'elle pense à ce qui saurait l'apaiser. Et la réponse souvent la glace... Rien...


La porte, qui se referme, soudain derrière elle, la pousse à rouvrir les paupières en hâte, avant qu'elle ne se retourne d'un mouvement vif, dans lequel elle attrape au passage sa faux. Le choc est terrible lorsque ses prunelles enveloppent les siennes. Son cœur loupe un battement d'abord, avant de se lancer dans une course effrénée, qu'il entend probablement de ses sens décuplés. Battements douloureux, qui s'enchaînent à une vitesse trop intense pour sa cage thoracique, soudain trop petite. Elle ne sait comment analyser la cavalcade qui l'anime à cet instant. Ce maelstrom de sensations diverses, contraires, dans une intensité proche du malaise. La tête lui tourne bientôt et l'impression qu'une éternité s'est écoulée, la prend soudain.  Ce ne sont pourtant que quelques secondes. A peine le temps d'un clignement d'oeil. Juste assez pour déglutir lentement, et sentir chacun de ses muscles s'alourdir. Sa voix résonne finalement dans le silence qui les entoure et semble faire éclater la bulle, qui les maintenait hors du temps, dans ce regard infini. Agacée par sa remarque infantile, elle se retient néanmoins de rouler des yeux, ou même le moindre commentaire. Probablement parce qu'elle bien trop occupée à l'observer, à chercher une faille sur son visage si parfait. Celle qui pourrait lui indiquer les raisons, de sa présence ici, entre ses murs défraîchis. Son impassibilité lui fait froid dans le dos, amène les doutes à ses lèvres et un frisson sur sa peau diaphane. Et tu passais par hasard bien sûr. Elle ne manie pas aussi bien l'ironie qu'elle le voudrait, sa voix n'est pas autant assurée qu'elle le croyait. Pourtant la réplique fuse, à la seconde même où sa voix se meurt, dans l'insolence qui la caractérise toujours autant.


Lui reprend, sibyllin, dans une réplique qui se veut probablement amusante, mais dont la banalité l'afflige. Elle veut lui hurler dessus, le pousser hors de chez elle, lui offrir une rencontre privilégié avec l'arme autour desquels se doigts s'agrippent fortement, sans se soucier de la douleur qu'il ressentent à la serre ainsi. La poigne se maintient fermement, mais sa volonté n'est pas de fer. Lentement elle vacille, à l'image de cette flamme, proie innocente du vampire qui lui fait face. La lumière s'amoindrit soudain, lorsque dans un cri elle s'exclame. Non! Ce n'est pas de la peur, qui suinte de cet unique mot. Mais une colère farouche, face à son attitude. Lui qui se comporte à son image, comme le maître des lieux, dans cet endroit qui ne lui appartient pourtant pas. Dans sa velléité, elle redresse son arme, menaçante et le fixe, dans un regard désormais flamboyant. Pourtant, elle se sent fondre. Trop vite. Trois années, se sont écoulées depuis leur séparation, depuis sa fuite impromptue, qui l'avait laissé elle, sur le carreau et à la merci de ses pairs, qui n'ont finalement rien à lui envier, dans l'ensemble. Trois années, durant lesquelles elle l'a maudit et détesté... Trois années où sa présence, est finalement venue à lui manquer...


Lorsque l'arme s'écrase au sol, c'est dans un fracas de métal assourdissant. Et sans crier garde, elle quitte son immobilité pour courir et effacer la courte distance qui les sépare. Dans son élan, elle bondit et referme ses bras autour de sa nuque. C'est une étreinte qui n'a rien de tendre, rien de préméditée, mais elle s'agrippe à sa silhouette, incapable de ne pas plonger son visage dans le creux de son cou. Son absence a pesé sur son âme, jusqu'à la faire réagir stupidement. Tout son être, veut sa destruction. Mais auparavant, elle a besoin de cette caresse, de son corps contre le sien, pour une simple seconde. Peut être deux... Folie passagère, à laquelle elle met un terme en le repoussant, avec autant de vivacité que lors de son assaut précédent. Toutes sortes de créatures en effet. Et les moins recommandables visiblement... Pique qu'elle adresse, sans parvenir à se sentir mieux en la prononçant.
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Callan De Rhénanie
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Des mots creux pour une attitude toute aussi creuse. Espérait-elle réellement survivre en ce lieu maussade ? Dehors, le Chaos grouillait tout autant que la perfidie. Et elle n'était qu'une humaine parmi les monstres. Callan pouvait entendre les tressaillements de son cœur malgré les quelques mètres qui les séparaient. Il percevait ses souffles heurtés, la cadence anémique de ses poumons blessés par l'éreintement. Les effluves de son odeur quant à elles étaient parvenues à ses narines alors qu'il n'était encore qu'à l'autre bout du terrain qu'elle occupait. Des multitudes d'indices qui indiquaient aux prédateurs la fébrilité qu'ils recherchaient. La faiblesse humaine, la tendresse de sa chair et le goût somptueux de ce qui coulait en ses veines. Ces murs branlants ne la préservait d'absolument rien... Encore moins de lui. Toutes les précautions du monde ne pourraient pas anéantir la volonté qu'il avait de la revoir. Ne fusse que pour le plaisir. Sa beauté sans pareille était toujours bien réelle malgré l'usure qui a creusé ses joues. Elle demeurait délicate malgré les maux qu'il lisait dans son regard égaré, malgré la douleur muette que lui murmurait son cœur. La noirceur avait assombri la limpidité de ses iris. Il en avait été le seul créateur. La source première de cette rage qui l'agite et qui la brime. L'Allemand se souvient de chaque coup porté, de chaque insulte, de chaque agression. Leurs fantômes déambulent de la même manière que ces quelques lueurs d'espoir qu'elle lui avait donné mais qu'elle a tout aussi rapidement brisé. Très certainement à raison.

Puisque lorsqu'elle se retourne, ce n'est que pour récupérer cette arme approximative derrière laquelle elle essaie de se cacher. Callan penche la tête sur le côté, observant les détails de la confection artisanale. Il aurait pu en sourire s'il n'était pas conscient qu'elle avait sûrement été construite pour lui. Il ne la craint pas pour autant. La fissure est autre. Elle se trouve ailleurs. Entre les bras d'une réalité abrupte et corrosive, dans laquelle Keira a finalement rejoint cette longue liste d'individus qui souhaitaient le tuer. Keira à qui il avait pourtant confié quelques bribes de sa vie humaine. Keira en qui il avait un jour déversé sa confiance. Par erreur. Faux pas pour lequel il aurait pu se mordre les doigts à présent mais qu'il choisissait malgré tout d'assumer. « Non, je ne passe pas par hasard Keira. Loin de là. Je t'ai cherché, je t'ai trouvé. C'est aussi simple que ça. » Les manières et les faux semblants n'ont jamais été pour lui. Il avait eu la volonté d'être ici ce soir. Face à elle et à tout ce qu'ils avaient perdu. Il n'avait pas la stupidité de prétendre le contraire, quoi qu'elle puisse en penser. Là n'était pas son intention. Son ouïe s'imprègne de l'impétuosité de ses battements cardiaques et il en savoure la frénésie sourde, satisfait à l'idée qu'elle est loin d'être aussi insensible à sa présence qu'elle ne voudrait l'être. De rage ou de peur. D'amour ou de haine. Pour lui, c'était du pareil au même. Elle réagissait, elle vivait encore. Et à cet instant, c'était bel et bien à cause de lui que son corps tout entier frémissait.

Et puis un refus catégorique s'échappe d'entre ses lèvres lorsqu'il anéantit l'existence d'une des flammes illuminant la maisonnée. Cri de désaccord qu'elle lui assène violemment. Comme si le moindre de ses mouvements étaient criminels. L'espace de quelques secondes, il ose croire qu'elle s'apprête à l'attaquer. Avec cette faux ridicule à laquelle elle s'accrochait dans un mélange de férocité et de désespoir mesuré. Comme si cette dernière était significative d'une nouvelle liberté avec laquelle Keira ne savait pas encore conjuguer. Callan était alerte. De ce que le conditionnement était capable d'accomplir, des traces que la séquestration avait pu laisser en elle. Il connaissait les cicatrices qu'il avait dessiné sur son corps et son âme, bien plus qu'elle ne pouvait les connaître elle-même. L'Australienne était comme un livre ouvert dont il déchiffrait les lignes sans difficulté, sans lassitude. Il la connaissait. Puisqu'elle avait été sienne si longtemps. Et elle lui manquait, même s'il ne lui ferait jamais l'honneur de le lui avouer. Pour la simple raison qu'elle s'était positionnée en ennemie d'elle-même et que par conséquence, elle n'avait plus le moindre mérite. Du moins, c'est ce dont il était persuadé avant qu'elle n'abandonne son arme pour se ruer sur lui afin de mieux s'échouer contre son corps. Dans une étreinte tiraillée, aussi hargneuse que nécessaire. S'accrochant à son cou alors que lui immole son impassibilité de confusion, désarçonné par la fulgurance paradoxale dont elle venait de faire preuve.

La chaleur de son épiderme éveillant en lui une multitude de sensations qu'il n'avait plus ressenti au cours de ses trois dernières années. Ses bras s'enroulant autour de son corps afin de mieux la garder. Comme il avait l'habitude de le faire lorsqu'ils étaient ensemble. Callan inspirait à plein poumon le parfum de cette femme dont l'absence l'avait marqué, se rappelant qu'à une certaine période de leur existence ; ils étaient si complices que leurs odeurs n'en formaient plus qu'une seule. Mais cette divagation ne dura qu'un temps. Puisqu'elle le repousse avec la même fureur que lorsqu'elle s'était jetée sur lui précédemment, le forçant ainsi à reculer pour mieux les distancer. Callan aurait pu la forcer à l'étreinte. L'enserrer assez fort pour briser ses os. Assez, du moins, pour l'empêcher d'effectuer le moindre mouvement. Il aurait ensuite pu l'emmener et la faire prisonnière à nouveau. Cependant, il n'en fit rien. Au contraire, il restait étonnement calme alors qu'elle commençait tout juste à lui cracher son venin. De manière maladroite et décontenancée. Il se mit dos au mur, croisant ses bras avant de la scruter, une énième fois. « Rien n'est véritablement recommandable, Keira. » dit-il avec certitude. Encore moins lorsque la guerre se préparait. Des temps sombres les attendaient. La Morale n'avait pas sa place dans le Chaos. « Je ne te ferais pas de mal. Si c'est ce qui te préoccupe. » Du moins, pas pour le moment. Pas ce soir. « Je t'ai aperçu récemment. Et depuis tu n'as pas quitté mes pensées. Je te pensais morte. » Il l'avait sous-estimée. Convaincu que si ce n'était pas les bombes qui l'avaient tué alors c'est entre les mains d'un autre de sa race qu'elle avait succombé. « Mais je me suis trompé. Jusqu'ici, tu es encore vivante. C'est plutôt... Surprenant. » Il la fixe, de haut en bas. Comme s'il évaluait son corps et les marques que celui-ci pourrait posséder mais il était plutôt en bon état. Intact, à quelques détails près.


NΞRIOИ




And who are you, the proud lord said, that I must bow so low ? Only a cat of a different coat, that's all the truth I know. In a coat of gold or a coat of red, a lion still as claws and mine are long and sharpe, my Lord, as long and sharpe as yours. And so he spoke, and so he spoke, but now the rains weep o'er his hall with no one there to hear. Yes, now the rains weep o'er his hall and not a soul to hear.

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« This is the way you should remain Never feeling any pain Never growing old Sleep little one, your night is here Mine is growing very near Oh, it's getting cold Never feeling any pain Never growing old Sleep little one, your night is here Mine is growing very near Oh, it's getting cold »

Sa présence... entre ses murs, est suffisamment surprenant en soi. Et pourtant, il ne cesse pas, de l'étonner. Autant par son attitude, que par l'image qu'il renvoie. Une sorte d'énigme, qu'elle ne peut décrypter que par petits bouts. Un soupir quitte ses lèvres, sans qu'elle ne sache réellement ce qui l'ennuie là dedans. Tout probablement. Ou bien simplement rien. Il lui est difficile, de toute façon, de se comprendre depuis son départ de River Crow. Le cadavre de sa vie passée y traîne toujours et elle se pensait libre. De tout, de lui. Force est de constater qu'il n'en est rien, alors qu'il fait face à elle désormais. Tu ne fais jamais rien par hasard. Elle murmure. Autant pour elle que pour lui. Comme une évidence qui ne saurait la tromper. Comme un équilibre, sur lequel elle semble finalement reposer, malgré toutes ses défenses. Elle ne pensait pas être encore engluée, dans ce tourment de sensations. Et il n'a pourtant qu'à franchir le seuil de sa demeure de fortune, pour réduire à néant tout l'espoir qu'elle s'était maladroitement construit autour d'elle. Comme une lumière dans son âme tourmentée. Qui se voit éteinte, en même temps que la bougie qu'il souffle négligemment. Le manque de respect dont il fait preuve est accablant, mais pas étonnant. Les libertés qu'il prend ici, ne sont finalement qu'insignifiantes, face à celles de leur passé. Seulement elle n'est pas prête à le laisser faire ce qu'il désire de nouveau. Elle veut le croire... Qu'elle est capable de mener la danse. Qu'elle peut se jouer de lui comme il se joue du monde. Elle veut le croire... même si tout le monde, elle inclue, sait que ce n'est qu'illusion. Ses dents s'entrechoquent, lorsqu'elle sent sa mâchoire se crisper de nervosité, mais elle prétend que ce n'est rien, lui offrant un regard de défi, dès l'étreinte délaissée.


Elle les a senti. Ses mains, se refermer autour d'elle, dans cette étreinte qu'elle a instauré, mais à laquelle il a bel et bien répondu. Chaque geste qu'il use est un assaut dans sa compréhension. Et les secondes écoulées continuent de la précipiter dans la méconnaissance. Sa présence ici est un mystère... mais c'est l'impunité dont elle dispose à cet instant, qui la perturbe le plus. Le fol espoir s'embrase de nouveau, elle se prend à croire un peu plus en sa chance, à son importance dans ce monde. Celle qui a su réduire à néant plusieurs années plus tôt. Et qu'il semble remettre au goût du jour.


Ses yeux, toujours plongés dans les siens s'agrandissent à chaque mot de plus. Sa bienveillance ne lui ressemble pas. Du moins pas depuis qu'il lui a révélé sa vraie nature. Un peu plus tôt dans leur histoire, elle a cru en cet homme, ce vampire plutôt, qui n'avait rien dans son bagage. Sa naïveté l'a perdu et elle se retrouve de nouveau dans cette position aujourd'hui, alors qu'il présente un visage qu'elle n'aurait jamais cru revoir. Seulement elle ne tombera pas de nouveau. Pas pour ce visage parfaitement innocent. Pas pour ces paroles qui se voudraient doucereuses. Pas pour lui. Ses sourcils se froncent, elle cherche à montrer sa dureté, lorsqu'il termine dans un sarcasme qui lui est bien plus semblable soudain. Oh mais je n'ai pas peur Callan. Rien de ce que tu pourras me faire ne sera surprenant de toute façon. Elle cherche, titille et dénigre, d'un simple mouvement d'épaule. Celui qui montre qu'elle se moque bien de ce qu'il fait ici, quand la curiosité pourtant la démange. Son regard le quitte, elle cherche à se donner contenance et se penche, pour rattraper l'arme au sol. Elle ne compte pas la reprendre en main, pas plus qu'elle ne cherche à se montrer menaçante de nouveau. Elle préfère simplement l'agripper et la reposer, sur ce qui devait être un beau meuble autrefois. Elle s'occupe les mains, pour ne pas se focaliser sur ce qu'il a pu dire... Tu n'as pas quitté mes pensées. Hypocrite. C'est plus fort qu'elle. Elle se perd dans les lignes. Celles entre lesquelles il louvoie, pour ne pas dire ce qu'il devrait, pour ne pas la laisser savoir, ce qui se passe réellement dans sa caboche.


Et finalement elle ne parvient plus, à conserver le silence, qu'elle bafoue dans un ton presque agressif. Tu me laisses seule face à mon destin, pour ensuite t'en inquiéter? Comme c'est mignon! Elle soupire finalement, avant de reprendre, en plantant ses prunelles dans les siennes de nouveau. J'ai survécu oui. Au manoir, aux bombes. Me demande pas comment, je suis pas sûre de m'en souvenir. Elle ne l'accuse pas. Il ne le regrettera pas... de ça elle est persuadée. Elle n'a pas besoin de lui dire que c'est à cause de lui qu'elle a souffert le plus, à cause de son départ... parce qu'il n'en a probablement rien à faire. Tu m'as vu. T'as la preuve que je suis bien vivante et que ce n'était pas ton imagination. Maintenant tu veux quoi? Toujours cette volonté. Celle de lui montrer qu'elle n'a pas perdu de sa hargne. Qu'elle n'est toujours pas le chaton mignon que son visage suggère.
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Répétitive. Il a la sensation de vivre cette scène pour la première fois. Atmosphère bariolée d'hostilités et de discorde qu'il avait lui-même provoqué. Entre eux, des marques de violence traînaient. Ces dernières s’épiçaient de tout ce qu'il avait pu lui dissimuler pour la préserver, de tout ce qu'il lui avait fait subir au fil des années. Elles étaient sales de son égoïsme, de sa cruauté. Et toutes ces cicatrices qu'il devinait en son âme ne faisait que le conforter dans l'idée qu'elle n'avait pas su l'évincer de sa mémoire. L'Allemand s'était tant acharné à la marquer de sa hargne qu'il était incapable d'accepter l'idée de n'être plus rien d'autre qu'un fantôme du passé. Pour elle, Callan n'en serait jamais un. C'était une certitude à laquelle il se raccrochait, un énième but qu'il se donnait pour ne pas totalement sombrer dans les affres des désastres actuels. Il se promettait de la récupérer. Au même titre que tout ce qu'il avait pu perdre sous le joug de l'organisation. Keira n'avait pas le choix. Contrairement à ce qu'il accepterait de lui laisser croire. Elle lui appartenait et cette liberté bancale qu'elle s'était construite ne suffirait pas à le détourner de ces décadentes ambitions. Il aurait été stupide d'attendre d'elle qu'elle soit conquise, stupide et profondément naïf. Les maux avec lesquels il avait coloré son regard étaient trop nombreux et trop denses pour qu'elle lui pardonne, pour qu'elle se montre docile. Le but de son emprise sur elle n'avait jamais été de lui plaire ou de la satisfaire... Mais plutôt de l'endurcir et de la rendre digne de tout ce que Callan pouvait entrevoir pour eux.

N'avait-il pas besoin de l'avoir à ses côtés, elle qui l'avait accompagné durant deux décennies ? S'était-il trop attaché aux courbes de son corps, à la manière bien particulière qu'elle avait de se révolter contre ce qu'il lui imposait ? Callan était indigné à l'idée qu'elle ait pu s'insinuer en lui à ce point, effleurant de son Humanité fébrile les contours abîmés du cœur goudronneux stagnant en sa poitrine immobile. Serait-il possible qu'il ne puisse se passer d'elle... Lui qui maudit pourtant l'affection et tout ce qui en suinte vulgairement. Cela le dépassait et le répugnait en même temps. Ces faiblesses qui le guettaient l'agaçaient, au même titre que l'insolence avec laquelle elle s'adressait à lui. Effaçant pour son plaisir, l'authenticité de la douceur qu'il avait pressenti de leur étreinte à laquelle la blonde s'était finalement arrachée pour mieux le balafrer de son regard furieux ; enseveli de colère et de rancune, perverti par toute la haine dans laquelle il espérait l'étouffer. Keira fut l'une des rares personnes à qui Callan a menti, déchargeant sa propre vie de toute les horreurs qu'il avait pu commettre et de cette absence de regrets qui poussait les autres à le craindre. Elle était l'une des seules qu'il avait dupé au point de s'égarer dans une vie qui n'était pas la sienne. Jouant un rôle tout en restant pourtant naturel, lui-même, sans l'épaisse couche noirâtre qui recouvrait les nombreux siècles qui avaient façonné son Âme. Tout, avec elle, lui avait semblé neuf et inédit.

Elle avait été ce nouveau départ programmé, échappatoire inattendu qu'il ne regrettait pas de s'être approprié. Jusqu'à ce qu'elle s'en aille après avoir découvert la vérité. Jusqu'à ce qu'elle fasse imploser cette normalité tranquille au cœur de laquelle leur relation avait pu évoluer. Tout était pourtant si différent aujourd'hui. Et cette contrariété qui le hantait de la savoir loin de lui ne faisait qu'attiser ces feux dont il aurait préféré la préserver. Étrange constat avec lequel il aurait aimé pouvoir s'étrangler, décontenancé par ces vomissures de compassion qu'il se refusait d'admettre. Les lèvres de l'ancien vampire s'en écorchait d'avance à l'idée de lui révéler ces défaillances. Ce n'était pas digne de lui. Pas digne de cette fierté qui le rongeait, bien plus profonde que pouvait l'être les limbes de l'Enfer lui-même. « Bien. La peur n'est, de toute façon, qu'une sordide illusion. Le désappointement est ton ami. Cette fois, c'est toi qui me surprend. » Cette épaisse armure qu'elle s'était construite, il commençait peu à peu à la comprendre. Callan s'apprêtait à en découvrir les rouages. Il s'inspirerait de ces complexités pour mieux les simplifier. Si tout était à refaire, à reconstruire, il était prêt à le faire. Pour toutes ces raisons obscures qu'il se gardait bien de lui révéler.

Durant un laps de temps volatile, le silence revient les envelopper sans pour autant que ses prunelles ne la quittent. Puisque malgré toutes ces années, sa beauté réussissait toujours à le séduire et à lui inspirer les plus vicieuses des envies. Le reproche qu'elle lui lance à la figure lui arrache une rire sincère, plutôt ravi de l'ambivalence dans laquelle il l'avait laissé flotter ces trois dernières années. « Seul face à notre destin, nous le sommes tous. Cela dit, je suis plutôt satisfait à l'idée que tu aurais apprécié que je t'emmène avec moi. » Se nourrissant de la confusion dont transpire l'humaine, il s'amuse du mécontentement qui habille ses pensées pour mieux s'en rapprocher, la forçant ainsi à reculer pour s'adosser au mur qui leur fait face. Son corps se plaquant contre le sien, la maintenant de sa force alors que les deux mains du vampire prenaient appui sur la surface rugueuse de la roche contre laquelle il venait de la coincer. « Je viens récupérer ce qui est à moi. À moins que tu choisisses de t'y opposer. » dit-il, ne laissant que quelques centimètres séparer leurs visages. Son regard se baissant sur ses lèvres alors que ses narines inspiraient déjà l'odeur délicate du sang qui la rendait si humaine, comparé à lui.


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And who are you, the proud lord said, that I must bow so low ? Only a cat of a different coat, that's all the truth I know. In a coat of gold or a coat of red, a lion still as claws and mine are long and sharpe, my Lord, as long and sharpe as yours. And so he spoke, and so he spoke, but now the rains weep o'er his hall with no one there to hear. Yes, now the rains weep o'er his hall and not a soul to hear.

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Keira Young
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« This is the way you should remain Never feeling any pain Never growing old Sleep little one, your night is here Mine is growing very near Oh, it's getting cold  Never feeling any pain Never growing old Sleep little one, your night is here Mine is growing very near Oh, it's getting cold   »

Elle se mord la lèvre. Garde en elle cette remarque qui voudrait se faufiler entre eux. Ce genre de phrase qu'elle devrait garder pour elle, si elle désire conserver la moindre once de crédibilité envers lui. Sa colère doucement s'évade. Tout simplement parce qu'elle est trop faible pour rester furieuse après lui bien longtemps. Quand elle était enfermée, elle pouvait garder sa rancune pendant des jours, voire des semaines. Seulement là. Après ce temps d'absence bien trop long, elle comprend qu'elle n'est plus maîtresse de ses sentiments. Alors la fureur s'égare, pour laisser place à un sentiment plus diffus, qu'elle ne cherche pas à comprendre. Et finalement les mots la quittent, plein d'insolence et d'une impertinence si piquantes, qu'elle se demande où elle a pu trouver cette force. C'est bien. Si je parviens à te surprendre encore, c'est que tu ne te lasseras pas de moi aussi facilement. Son sourire traîne quelques millièmes de seconde sur ses lèvres, avant de s'échapper et qu'elle ne retrouve une vague indifférence face à lui. Le silence flotte, la rend mal à l'aise. Elle attend quelque chose. Sans trop savoir quoi. Et se perd dans les suppositions, toutes plus stupides les unes que les autres. Jusqu'à ce qu'elle se rende compte du mouvement de recul qu'elle a entreprit. Chaque pas qu'il esquisse vers elle, elle y répond par un en arrière. Ses yeux plantés dans les siens, elle cherche une réponse, à ses questions muettes.


Jusqu'à ce que son souffle se coupe, alors que son corps vient presser le sien. La surprise décore son visage, en ayant cette douloureuse impression de le découvrir. Elle le connaît pourtant. Mais à chaque fois elle le redécouvre. Puits infini de découverte, elle aime ce fait. Qu'il soit un vampire plusieurs fois centenaire, lui offre une renaissance à chaque rencontre, chaque discussion. Ce qu'elle savoure à chaque fois... Seulement cette fois, elle est plus désemparée qu'agréablement surprise. Elle cherche à comprendre pourquoi il est si près, pourquoi il vient se presser contre elle. Et puis l'évidence la touche. Cela n'arrivera pas. Elle ne peut concevoir une réelle compréhension de l'apparent jeune homme. Tout simplement parce qu'il lui faudrait plus d'années qu'elle n'en aura, pour simplement entrevoir chaque rouage de son être. Elle cesse donc de torturer son cerveau, pour juste se perdre dans le moment. Ne flatte pas ton égo. Ma situation était juste plus... disons... moins... douloureuse. Quand j'étais avec toi. Ca lui arrache les lèvres de l'avouer. Elle sait que c'est une erreur, dès que les mots quittent sa trachée. Alimenter son égo, n'est jamais une bonne idée. Pourtant, ce n'est qu'une pénible vérité. Sa vie avec Callan, était bien plus enviable, que celle qu'elle a pu avoir après son départ. Elle lui en veut. De l'avoir laissé là bas. De se réjouir à l'idée qu'il ait pu lui manquer. Alors elle lui offre un regard buté, un visage fermé, qui ne s'égaye que lorsqu'il reprend la parole. Elle s'amuse de ces quelques mots, reprenant enfin pied avec ce qu'elle connaît de cet homme. Celui qui joue. Celui qui veut lui faire croire des choses. Seulement elle n'est plus la gamine de 19 ans qu'il a connu. Loin de là...


Intéressant choix de mots qu'elle murmure tout contre lui. Sa main, s'élève doucement, difficilement, jusqu'à atteindre sa joue qu'elle caresse du bout des doigts. Aériens, ils parcourent quelques centimètres de peau, avant qu'ils ne quittent son contact. Elle sent le frisson qui la parcoure et se maudit déjà face à son corps qui réagit tant en sa présence. Déjà perturbée, elle le devient d'autant plus que le désir devient prédominant. Elle veut se jeter entre ses griffes. Sans se soucier des conséquences ensuite. C'est un désir si intense, qu'elle pourrait y céder aisément. Seulement elle n'en fait rien. Nourrie d'une volonté farouche, elle laisse retomber sa main sur son épaule, avant de reprendre, toujours dans un souffle à peine murmuré. Je n'ai jamais été à toi Callan. Tu peux croire tout ce que tu veux. Tu peux prétendre ce que tu désires. Tu peux m'être supérieur en tout point. Je ne t'appartiendrai jamais. Pas au sens où tu l'entends. Elle se rebiffe. Comme d'habitude. Tout en laissant pourtant ce doute. Ce besoin de possession qu'il ressent, n'est pas recevable pour la blonde qui ne peut supporter la simple appellation de chose. Elle n'est pas à lui. Pas comme l'on possède un objet, une demeure ou un vêtement. Elle n'est pas à lui... pourtant elle le sait. Elle pourrait être avec lui. Nuance qu'elle n'est pas certaine de pouvoir lui inculquer. Elle peut le tenter... et dans un mouvement doux, elle vient s'emparer de ses lèvres. Il ne reste rien, de la haine qu'elle ressentait encore quelques minutes plus tôt. Elle reviendra. Plus tard. Seulement pour l'instant, elle savoure le goût perdu de ses lèvres. C'est aussi intense, que l'étreinte qu'elle lui a offert un peu plus tôt. Seulement cette fois, elle ne désire pas le rompre. Elle préfère le laisser faire. Comme pour lui montrer qu'elle ne veut pas juste se battre... Pas uniquement.
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Et puis le bleu. Azur stellaire dans lequel quelques miettes de son Âme aimaient se prélasser. Bleu implacable, dont les vagues l'ont autrefois bercé et au cœur desquelles il a parfois cru voir l'ombre de quelques étoiles. C'est son regard qui le happe. Si bien que Callan en éloigne le reste, attentif au moindre de ses gestes. Il comprend, dans le flux abstrait de ses pensées, que de nombreuses choses entre eux se sont brisées. Pourtant, il ne cherche pas son pardon. Il n'attend aucune rédemption. Dans l'affront de son corps contre le sien, il lui impose à nouveau sa présence. Celle qui lui a parfois glacé le sang. Celle qu'elle a souvent rejeté mais à laquelle elle peinait toujours à résister. Callan le devinait, dans les rivières sauvages que préservaient ses yeux. Elles étaient toujours aussi vives et libres que lors de leur première rencontre. Malgré le temps qui avait passé, Keira avait toujours le don de l'attirer dans les précipices de son regard cristallin. Et comme toujours, au-delà de l'impassibilité qu'il lui démontre avec aisance, il se jette dans la transparence de ces profondeurs captivantes et explorées. Terrain connu qu'il a trop souvent pris pour refuge. Par erreur. Puisqu'elle était partie. Elle s'était détournée de lui. Dans l'état d'urgences des folies qu'il avait peint en elle. Dans l'excès d'un refus qu'il ne parvenait pas à assumer pour une fois ; celui qu'il ressentait de la voir s'envoler. Vers d'autres mirages. Plus doux et moins abrasifs que cette dure réalité qu'il la forçait à avaler. Elle lui fait comprendre ses troubles sans pourtant les lui dire. Dans l'hésitation des mots qu'elle lui lance, il retient surtout la perdition et l'amertume. Toute la rage étouffée qu'elle n'a jamais entièrement pu lui hurler. Callan l'entend, même s'il prétend le contraire vulgairement.

Comme toujours, sa position de faiblesse ne l'empêche pas de rester droite. Elle se pare de fierté, reprend les armes avec la délicatesse de sa voix. Et lui... Lui se joue des émotions qui la traversent, des signaux naturels que son corps lui envoie. Callan s'attache aux battements de son cœur plutôt qu'aux épines de ses phrases. Pour dominer, pour progresser, il se nourrit de cette évidence qui se tisse entre eux : celle qu'ils se sont manqués, envers et contre toute la Morale qui l'éloignait de lui. Parce qu'il l'avait fait souffrir, à de nombreuses reprises. Parce qu'il avait chercher à la retenir, en la condamnant à subir son empire. Et pour cela, elle espérait le condamner. Puisque qu'au-delà de la haine qu'elle portait aux plaies qu'il avait gravé en elle, elle s'était surprise à les aimer. C'était une victoire, une assurance. La preuve concrète qu'ils avaient encore du chemin à accomplir tous les deux.. L'Australienne a beau le maudire, elle ne peut nier certaines réalités et dans une franchise à laquelle il ne s'attendait pas, elle lui confesse ce qu'il voulait entendre. En cela, il déchiffre que la liberté ne lui suffit pas et que comme lui, elle a faim de plus. Autrefois, il aurait pu se jouer d'elle, des points faibles qu'elle lui livrait sans crier gare. Sa sournoiserie aurait abusé de ses inquiétudes alors que son avarice en aurait souri. Mais rien de tout cela ne se passe. Alors il se tait lorsqu'elle déverse la vérité de son inconfort depuis qu'elle vit sans lui. Comme il le lui avait dit précédemment, il n'était pas là pour lui faire du mal. Et il allait respecter sa parole.

Ne cherchant pas à attiser les colères qu'il sent pourtant bouillonner en elle mais simplement à l'emmener, plus loin qu'au cœur de ses ruines qu'elle prend pour château. À la ramener contre ce qu'ils ont pu perdre, dans les aléas de leurs erreurs et de leur fierté. Callan n'aimait pas ceci. Il n'aimait pas se plier à des règles qu'il n'avait pas écrites. Encore moins se battre pour récupérer ce qui, autrefois, était irrémédiablement en sa possession mais cette fois, les choses étaient différentes. La Coalition était une belle illusion en laquelle beaucoup d'esprits entrevoyaient de nouvelles opportunités. Il allait devoir se la jouer fine pour la garder auprès de lui. Et si ce n'était pas par la force, il ne lui suffisait en vérité que d'une autre méthode. Plus... Douce. Mais pas forcément plus honorable. Callan ne changerait jamais. Tout était calculé, tout était pesé. N'était-ce pas ainsi qu'il s'était façonné son esprit ? Pour maîtriser le Chaos, il faut d'abord savoir faire preuve de justesse... Ces quelques pensées s'arrêtent dans le temps lorsqu'elle l'effleure de sa douceur. Il en ressent la chaleur alors que les traits de la blonde se métamorphosent sous son regard d'acier. Il ne peut réprimer les ondes suaves qui le traversent, dévalant son échine jusqu'au creux de son dos pour éveiller des désirs auxquels il n'avait plus pensé depuis longtemps. Moins dépravés que ceux qu'on lui connaissait, plus appropriés à l'histoire qu'ils avaient vécu avant la fin.

Amusée, elle finit par abandonner son sourire pour laisser place au courroux de ses révoltes secrètes. Keira brise l'instant, cherchant la fuite autant que cette envie partagée de les retrouver. Elle prétend simplement le contraire de ce qu'elle ressent. Pour ne pas lui céder. Pour ne pas le laisser gagner. La main qu'elle laisse choir sur son épaule l'agace plus qu'elle ne lui plaît. Callan aurait voulu qu'elle le touche, encore. Afin que de plus beaux frissons agitent le bas de son ventre, afin que l'agressivité au fond de ses prunelles se change en sensualité. « Oh, vraiment ? Tu ne m'appartiens pas... » dit-il alors que ses mains s'emparent de sa taille, avec une délicatesse qu'il ne lui a plus fait ressentir depuis qu'il était parti, l'abandonnant à son propre sort, sans même se retourner. « Pourtant j'étais persuadé d'avoir ressenti le contraire... » Il la caresse, effleurant ses hanches alors que sa chaleur s'accroche à la froideur qu'il dégage, que son odeur lui rappelle la passion de leurs ébats. Lorsque tout allait bien. Et que l'obscurité était encore loin. Lorsqu'elle était véritablement sienne et qu'une autre vie prétendait les attendre. Il aurait pu poursuivre mais toutes les possibilités de réponses s'échouent entre ses lèvres lorsqu'elle vient l'embrasser, contredisant toute l'animosité et la rancœur dont elle suintait pourtant. Callan, quant à lui, enveloppe ses lèvres de ce désir qui le dévore, allant cherchant sa langue avec lenteur. Puisqu'il espérait bientôt pouvoir savourer les plus infimes parties de son corps, comme il avait pris l'habitude de le faire au Manoir. Et même avant cela. Ses doigts se font un peu plus conquérants lorsqu'ils se glissent sous son haut pour caresser son ventre, remontant ensuite jusqu'à ses côtes. Doucement, sans précipitation. Il cherche à s'approprier de sa peau, attisant le feu qui crépite déjà au fond d'elle. Alors qu'il s'abreuve de l'intensité soudaine qu'il partage, qu'il s'enivre de la familiarité de son parfum, il coupe leur baiser pour mordre l'inférieure de sa lèvre, laissant quelques gouttes de son sang sceller des retrouvailles qu'il se promettait de réussir. Elles disparaissent ensuite entre les lèvres de l'Allemand qui sourit, amusé et légèrement enflammé par l'inconstance de son attitude envers lui.

« Viens avec moi. » dit-il, avec assurance. À Belfast. En sécurité et surtout à ses côtés. « Qu'est-ce qui te retient ici ? Ne pas être à moi ne t'empêche pas de me suivre de ta propre volonté. » Faire des concessions, compromettre... Voilà bien quelque chose qui était nouveau pour lui.


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« This is the way you should remain Never feeling any pain Never growing old Sleep little one, your night is here Mine is growing very near Oh, it's getting cold  Never feeling any pain Never growing old Sleep little one, your night is here Mine is growing very near Oh, it's getting cold   »

Ressentir... Un mot qui semble si étranger entre les lippes de l'allemand. Lui qui semble toujours si froid, tant incapable de sentiments, elle aurait pu en rire. Si elle ignorait qu'il peut cacher tellement plus que ce qu'il montre. Seulement elle sait. Alors elle s'abstient de se moquer, pour préférer lui offrir une douceur dont elle sait parfois faire preuve à son égard. Ses instants de rébellion s'efface, pour simplement laisser place à un besoin qu'elle ne savait pas éprouver encore à son égard. L'évidence est pourtant là et se joue d'elle allégrement alors qu'elle s'empare de ses lèvres. Le baiser se fait ardent très vite malgré la fraîcheur qui les entoure et dont elle ne se préoccupe pas. Danse éternelle, maintes fois répétée, dont la saveur se fait plus amère cette fois. Le désir est là, palpable et déchirant, tout comme ses doutes, qu'elle relègue au fin fond de son esprit pour n'y accorder aucune importance. C'est l'instant qui l'intéresse. Et ses lippes infernales, qui éveillent en elle des frissonnements d'une concupiscence qu'elle n'a pas envie de réfréner. Elle se perd et son bassin, vient de lui même s'approcher, jusqu'à le frôler d'un mouvement lascif. C'est sa virilité qu'elle agace, consciente de jouer avec un feu qu'elle ne pourra éteindre que dans une étreinte qu'elle n'est pas certaine de vouloir lui offrir. Pourtant elle s'attarde à ce jeu dangereux, jusqu'à laisser ses mains s'égarer à son tour, jusqu'à ses hanches et même son dos, qu'elle agrippe sans se soucier de la violence avec laquelle ses ongles, peuvent s'enfoncer dans le tissu de son haut.


Un gémissement lui échappe, guttural, lorsque les dents du vampire viennent cueillir sa lèvre. Il n'a pu s'en empêcher. Le liquide carmin s'évade des deux petites blessures qu'il vient d'ouvrir et vient s'échouer sur sa langue. Jeu de sang, face à cette créature qui s'en délecte. Seulement elle apprécie elle aussi la situation, qui lui aurait presque manquée. La douleur s'efface dans un léger murmure, alors que contre toute attente, elle rit. S'amuse de son assurance presque feinte et de ses mots, dont le ridicule échappe probablement à sa conscience. Vingt longues années se sont écoulées, avant qu'elle ne parvienne à s'extirper des griffes vampiresques, avant qu'elle ne réussisse à quitter ce manoir maudit. Et dans la plus grande nonchalance, il lui propose de revenir? Elle imagine presque une blague, tant ça lui semble grotesque. Je n'ai pas cassé mes chaînes pour que tu m'en remettes. Crache t'elle finalement, d'un ton si hargneux qu'on aurait pu oublier le baiser passionné qui venait de se dérouler. Je ne retournerais pas dans un château de vampires, pour que tu m'y abandonnes dès que tu auras été bafoué de nouveau. Cette fois, la rancoeur se fait entendre, alors qu'elle l'accuse enfin de ce qui lui a fait le plus de mal. D'une certaine façon, elle s'était habituée, aux actes de Callan, aux douleurs qu'ils engendraient. Et pourtant ce n'était rien, face à ce que son départ avait provoqué. Je ne viendrais pas avec toi aujourd'hui Callan.


Elle croise les bras, dans sa détermination, non sans choisir avec attention ses mots. Ce n'est pas absolu. Ce n'est pas une fermeture sur lui non plus. Seulement elle refuse, dans l'état actuel des choses, d'aller avec lui. Pas à l'instant... Ceci dit... Merci... D'avoir posé la question. D'avoir été suffisamment attentif, pour penser à demander son avis. Les mains de la blonde refusent de quitter sa proximité et reviennent se poser sur son torse, regrettant le battement caractéristique du palpitant. Elle pourrait donner beaucoup, rien que pour entendre l'agitation. Se donner un simple indice, de ce qu'il peut ressentir derrière ses masques et ses facéties qui n'amusent souvent que lui. Dans son arrogance, elle voudrait prétendre le connaître, le comprendre. Rien est pourtant plus éloigné de la vérité. Son front lentement, vient entre ses mains et elle finit par murmurer, d'un ton incertain. Pourquoi tu es venu ici Callan? Réellement? Le doute suinte chaque mot ainsi que dans sa voix tremblante, qu'elle ne parvient pas à maîtriser plus. Elle, tant déterminée à lui arracher la tête, a perdu toute sa hargne en plongeant ses yeux dans les siens. Et maintenant qu'elle s'est extraite de leur influence, elle ne peut que se rendre à l'évidence. Elle ne peut le tuer, ni lui couper la tête. Tout simplement parce qu'elle a besoin de lui. De ça il s'est assuré, en marquant chaque parcelle de sa peau, de son influence néfaste. Elle est perdue maintenant et ne saura jamais se défaire, de ces sentiment insidieux d'impuissance et de douleur combinés. Peu importe ce qu'elle prétend. Elle lui appartient. Et ce même si ça la rend malade...
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Callan De Rhénanie
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| sleep little one, your night is here |


maybe on the moon there's a soil for the doomed, i should save us a ride. rain, rain, rain, am i the only winner in this silly game where tears are a trophy to gather ? my solitude ain't new, i'm used to it by now but there's something in the blue that has faded out of my eye.

Entre eux, le désir se veut sinueux. Tout comme les humeurs qui ébranlent cruellement sa raison. S'il s'attache aux lèvres qu'elle lui donne, Callan n'en perd pas moins sa lucidité. Il reste maître de lui-même. Malgré les douceurs tentatrices qu'elle lui tend presque aveuglément. Comme un instinct viscéral au sein duquel il avait, autrefois, la fâcheuse habitude de s'abandonner. Se donnant par ce billet, la fébrile illusion de pouvoir mener une vie à peu près normale. Mensonge écœurant, avec lequel il a fini par s'étrangler. Aussi éphémère que pouvait être la maîtrise de ses colères. C'est une sottise dont il fut conscient mais que l'ennui l'avait encouragé à commettre malgré tout. Puisque l'Éternité est longue... Et que la démence a beau être amusante sur l'instant, elle finissait tôt ou tard par le lasser. L'indécence de leur liaison persistait quant à elle à l'électriser, enflammant le creux de ses reins, à mesure que les caresses que partageaient leurs langues s'intensifiaient. Était-ce parce que son absence avait défiguré la muraille de son insensibilité ou était-ce simplement par pur désir ? Il avait envie d'elle, c'était un fait. Mais la manière dont il la voulait demeurait encore une énigme à laquelle il ne cherchait pas spécialement de réponse. Pour l'heure, Callan se contentait de la lenteur lascive avec laquelle elle emplissait son corps de désir. Une part de lui cherchant inconsciemment à se fondre dans les rares instants de tendresse qu'elle lui donnait. Des moments qu'il était pourtant conscient de ne pas mériter. Pour tout ce qu'il avait pu lui faire subir au cours de ces vingt dernière années. Il avait appris à les chérir, tout autant qu'il a su aduler le sel de ses larmes et le bleu de ses contusions. Dans son entièreté, il l'avait apprécié et dans l'effusion de leur baiser meurtrier, l'ancien vampire se remémorait tout cela ; ce qu'ils avaient pu vivre ensemble. Lorsqu'elle était libre puis sous la contrainte de l'esclavagisme. Ces réminiscences étaient restées intactes en son esprit. Quoi qu'elle puisse en dire ou en penser. Le fantôme de leur relation marchait encore sur l'interminable sentier de sa mémoire. Esseulé mais tenace. Comme les affres d'une maladie dont on ne parvenait pas à se défaire et qui viciait nos chairs.

Contre lui, elle demeurait encore fébrile, cherchant à fuir la perfidie de cette attirance contre laquelle ils ne pouvaient pourtant pas résister. Et ce jeu, lui, l'amusait. Il aimait la voir se débattre, résister, pour ensuite mieux s'éteindre et regretter, leurs incompréhensions et la fureur sous lesquelles la beauté de ce qu'ils ont pu être par le passé s'étouffe. L'agacement qu'il retirait de leurs disputes ne faisait quant à lui que nourrir les profondeurs de tout ce qu'il méprisait. La manière stupide qu'elle avait de se détourner de lui, sa fierté irritante qui ne fléchissait jamais et puis surtout cette indépendance, qu'elle s'acharnait à sauver, malgré elle et la chaleur qui grandissait entre ses cuisses. Cette opposition insultante l'excitait. Keira éveillait en lui de sombres appétences mais maltraitait aussi la susceptibilité de son ego surdimensionné. Elle savait où frapper, en général. Elle comprenait les cicatrices, même si elle les confondait parfois avec une soit-disant faiblesse qu'il dissimulait. La saveur de sa vitae embrume pourtant la transparence de leurs déboires, il s'abreuve de ses lèvres avec une délicatesse passionnée. Bercé par les relents de cette famine sous laquelle lui-même et les siens étaient soumis. Dévoré par ce besoin qu'il avait de la posséder mais qu'il réprimait afin de mieux la garder. Dans un paradoxe qui n'appartenait qu'à leurs jeux insensés. Le soupir émis d'entre ses lèvres le charme tout comme la chaleur de sa peau, qu'il touche et qu'il caresse alors que leur étreinte se resserre encore. Dans une illusion qu'elle cisaille d'un rire qui lui échappe lorsqu'il lui propose de le suivre, à Belfast.

Il l'entend refuser. S'offusquer de ses propos et lui rappelle, au passage, la morsure que lui avait laissé son Sire, il y a trois ans de ça. Avec celui qui l'avait aidé à s'échapper. Au souvenir de Sedna et au dégoût qu'il en ressentait à chaque fois, ses mains quittent presque automatiquement la douceur chaleureuse de sa peau alors que son corps délaisse leur étreinte. De son côté, Keira croise les bras, comme le ferait une petite fille boudeuse. La scène aurait pu le faire sourire si seulement ses pensées ne s'étaient pas tournées vers ce passé. Encore trop proche, bien trop proche pour qu'il soit en mesure de pardonner. Son remerciement ne l'effleure qu'à peine et n'éloigne absolument pas les ombres qui s'emparent de sa froideur habituelle. Elle le touche, à nouveau, cherchant à sauver cette connexion houleuse dont eux seuls avaient le secret. Confuse, elle lui pose une question alors que lui s'en va. Prenant la décision de s'asseoir sur l'une des chaises qui traînent dans la pièce pour s'allumer une cigarette, domptant intérieurement l'ardeur et la déception qui, soudainement, le faisaient suffoquer. Elle ne comprenait pas et se doutait encore moins de ce qu'il désirait. Comment aurait-elle pu, d'ailleurs ?

« Seulement, tu fais erreur. Ce n'est pas au château que je comptais t'emmener. »

Il avait suffisamment perdu son temps. Et plus rien d'intéressant, là-bas, ne l'attendait. Le vent avait tourné. Et s'il ne s'agissait pas d'une quelconque rédemption, Callan envisageait malgré tout certains changements. Et Keira pourrait y avoir sa place, si seulement elle décidait d'avancer et de tourner la page de leur chute.

« Parce que tu m'es chère, Keira. Qu'est-ce que tu crois ? »

Il fume, emplissant ses poumons de nicotine avant de la regarder. Avec cet air désabusé qui ne le quittait plus ces dernières années.

« Suffisamment pour que ton sort m'importe, suffisamment aussi pour que ton absence se fasse sentir. »

Il n'aimait guère parler ainsi. Étaler ce qui pouvait le tourmenter ou même l'apaiser. Ces choses-là, pour lui, ne se disaient pas. À toutes ces mièvreries, il préférait la stérilité implacable du silence. Cependant, il savait qu'il n'obtiendrait rien sans efforts. Keira avait, depuis toujours, un étrange besoin de le voir exposer ses fragilités alors qu'il haïssait ça plus que tout au monde. Tirant à nouveau sur sa cigarette, il en recrache la fumée, calmant cette rage qui était venue lui chatouiller le ventre quelques instants plus tôt. Elle risquait probablement de ne pas le croire, certes. Mais son regard et sa voix ne mentaient pas cette fois-ci. Il était sincère.

« Tu ne seras plus jamais mon esclave, Kay. Les chaînes que tu évoques n'existent plus et mes ambitions ont changé. La vérité, c'est qu'on a vécu ensemble trop longtemps pour que le vide que tu as laissé malgré toi me laisse indifférent. Mais si tu préfères rester ici alors ainsi soit-il... »

Haussant les épaules, il observait cette demeure qui lui appartenait mais au sein de laquelle, lui, n'était qu'un étranger.


NΞRIOИ




And who are you, the proud lord said, that I must bow so low ? Only a cat of a different coat, that's all the truth I know. In a coat of gold or a coat of red, a lion still as claws and mine are long and sharpe, my Lord, as long and sharpe as yours. And so he spoke, and so he spoke, but now the rains weep o'er his hall with no one there to hear. Yes, now the rains weep o'er his hall and not a soul to hear.

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♦ Humain ♦
survivant des limbes
Keira Young
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Sleep little one, your night is here
@Callan de Rhénanie & Keira Young

 
« This is the way you should remain Never feeling any pain Never growing old Sleep little one, your night is here Mine is growing very near Oh, it's getting cold  Never feeling any pain Never growing old Sleep little one, your night is here Mine is growing very near Oh, it's getting cold   »

Un long frisson parcoure son corps entier, alors qu'il s'éloigne et récupère cette chaise. Le sentiment qu'il laisse pa son départ la plonge dans une confusion qui la dépite plus qu'autre chose. Elle voudrait tant le haïr et être capable de ne pas ressentir de manque, dès qu'il s'éloigne d'elle. Seulement l'évidence est palpable. Il se joue d'elle comme d'une marionnette, jouant de ses états d'âmes sans s'en soucier. Et pendant une seconde, elle se demande même s'il le fait sciemment. Un soupir, de nouveau, voudrait quitter ses lèvres, seulement elle n'ose pas montrer son désarroi. Ah non? La surprise elle, fuse par contre aussitôt, alors qu'elle est incapable de retenir l'exclamation. Légèrement ses lèvres s'entrouvrent, dans une expression visible et sincère de surprise, quand elle cherche des yeux la moindre étincelle qui pourrait signifier une blague. Ce n'est pas le genre de Callan. Elle le sait mais s'étonne néanmoins de sa remarque qu'elle n'aurait jamais imaginé. Loin de cette image qu'elle garde, d'un manoir faste mais lugubre, elle se prend à imaginer une vie avec ce vampire, qui n'aurait rien à voir. Une réminiscence de ce qu'ils auraient pu avoir, lorsqu'elle était encore jeune et naïve. Lorsqu'elle le croyait jeune et presque inoffensif. Erreur passagère, qu'elle ne referait pas aujourd'hui. Seulement, même en sachant ce qu'il est, qui il est... Elle se prend à rêver, à cette vie qu'elle avait voulu autrefois. Et qu'elle a l'impression de caresser doucement, d'un espoir probablement futile. Son nez se fronce, face à l'assaut de la fumée. L'espace clos, trop exigu, conserve toute l'agression de ce poison et elle laisse échapper un léger grognement, sans pour autant oser lui demander de l'éteindre. Probablement car trop secouée, par la suite de ses révélations. tu m'es chère... que ton absence se fasse sentir... plus jamais mon esclave... pour que le vide que tu as laissé me laisse indifférent... Tant de mots et de détours, pour simplement énoncer une vérité, qu'elle n'est pas certaine de croire.


Elle désire lui faire confiance. Plus que tout au monde. Seulement les faits et le passé, la pousse à une méfiance exacerbée. Chaque mot qu'il prononce, elle ne peut s'empêcher de les décortiquer, jusqu'à s'en faire mal à la tête. Il ne vaut mieux pas que tu saches ce que je crois. Simple murmure qui la quitte, qui se faufilera probablement sournoisement jusqu'au vampire et son ouïe trop aiguisée. Son impulsivité la rend folle, tant qu'elle entame un va et viens à l'intérieur de la cabane, bras croisés et sourcils froncés. Maudissant sa langue trop pendue, mais surtout perdue, dans ses introspections douloureuses. Toutes ces questions qui se bousculent, qui voudraient se frayer un chemin jusqu'à sa gorge, mais qui y restent bloquées. Probablement parce qu'elle estime  avoir déjà épuisé son lot d'interrogation, en le poussant dans cette confession dont il n'a pas été friand. Elle n'a pas eu besoin de lire dans ses pensées pour le savoir. Elle retient donc sa curiosité, pour se stopper dans sa course et imposer son regard au sien. Un rictus, presque moqueur, vient déguiser son visage, alors qu'une facétie traverse son esprit furtivement.


Et si toi tu restais aussi? Elle pousse le vice, pousse sa chance, vers un point de non retour, dans un bluff qu'elle ne maîtrise probablement pas entièrement. Ce n'est qu'une blague dans le fond, parce qu'elle n'y croit pas une seconde. Pourtant, elle est vraiment sérieuse. Au milieu de nul part, ils pourraient se retrouver, sans se laisser distraire par tout ce qui les entoure habituellement. Presque persuadée que c'est ce qu'elle désire, la blonde cherche son accord. Ses yeux l'accrochent une seconde de plus, avant qu'elle ne quitte sa nouvelle position pour fondre sur lui. Dans son mouvement, elle s'impose, elle vient s'assoir sur ses genoux et passe ses bras autour de sa nuque,dans un souffle. Chaque jour sans toi a été une torture. Elle commence doucement, sans hausser la voix maintenant qu'elle se trouve si proche de lui. Compliment détourné, pour simplement mieux asséner son coup. Mais chaque jour avec toi l'a été aussi. Mots plein de hargne, contrebalancé par ces mains douces, qui jouent lentement avec ses cheveux. Tu m'as condamné à une vie misérable parce que ton égo n'a jamais été capable de se faire à l'idée de devoir t'excuser ou même simplement demander. Caresses plus douces encore, alors qu'elle lâche finalement du bout des lèvres. Et tu m'as pourtant offert un sentiment que je ne pourrais jamais oublier. Sourire qui vient achever son discours, qui n'a probablement pas autant de sens qu'elle le voudrait. Peut être vire t'elle lentement dans une folie douce. Seulement là, elle se contente de laisser planer sa phrase, sans pour autant indiquer de quoi elle peut bien parler. Son sourire, qui s'élargit, pourrait être un ténu indice, face à une évidence qui l'est moins pour lui...
(c) DΛNDELION
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Vampire
Caïn's child
Callan De Rhénanie
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Callan était amusé. De la voir s'étonner et faire les cent pas. Il aimait l'expression de son visage lorsque la confusion la saisissait, la manière délicate avec laquelle elle avait l'habitude de froncer son nez lorsqu'elle était contrariée. Foule de détails en apparences inutiles qui avait pourtant éclairé ses vingt dernières années. De quoi laisser son Âme s'attacher à sa présence, de quoi lui laisser le temps de se faire une place en ce qui peut lui rester de cœur. Kay avait quelque chose de rassurant pour lui, malgré leurs engueulades et leurs injures. Elle faisait partie de ces trésors qu'il s'était acharné de cacher au monde de peur qu'on les lui arrache. Dans la virulence de sa possessivité, il se souvient de l'avoir presque étouffée. Puisque l'idée de la tuer lui semblait plus tolérable que celle de la voir s'échapper. Ce n'est pas la logique ni même la morale qui régissait leur relation. Entre eux, les choses étaient uniques mais différentes de ce à quoi les autres pouvaient les associer.  Toutefois, l'Allemand ne s'encombrait pas de questions futiles ; il se contentait de traverser le temps en ne gardant à ses côtés que ceux qui comptaient véritablement pour lui. Il s'était aussi lassé de ce que lui proposait Léandre. Il s'était lassé des nuisibles que ce dernier avait choisi d'infanter dans la saleté. De ce fait, il ne comptait pas s'installer au château. Il était hors de question qu'il soit sous la coupe d'incompétents qui se prenaient, à tort, pour des dirigeants. Et à tout ce cirque, il préférait la liberté d'agir tel qu'il le désirait et non comme on le lui dictait. Les raisons pour lesquelles il n'avait pas agi ainsi avant lui appartenaient. Mais les choses avaient changé et ses ambitions avaient naturellement suivi la même route.

Dans son observation, il remarque à quel point les émotions de la blonde se font changeantes. Il souligne ainsi son instabilité et les doutes qui doivent l’assaillir. Keira ne lui fait pas confiance. De cela, l'Allemand en a parfaitement conscience. Cependant, il est là, à attendre qu'elle se décide plutôt que de lui imposer ses directives. Pour la première fois depuis qu'il avait pris la décision de la garder sous son emprise. Peut-être était-ce pour cette raison qu'elle ne comprenait pas son attitude. Peut-être était-ce pour cela, qu'à demi-mot, elle se braquait. Cette attitude, venant de la part de l'ancien vampire, lui paraissait sans doute inhabituelle, voire anormale. Lorsqu'elle s'arrête en plein milieu de la pièce, ce n'est que pour lui asséner un regard rieur ; contrastant réellement avec les expressions dont s'était paré son visage quelques minutes auparavant. La remarque qu'elle murmure à peine retient son attention, au-delà de sa mesquinerie. Il s'arrête à elle, en restant plutôt insensible au reste puisque ce dont elle suinte brise les émotions maussades qui le traversent imperceptiblement. Elle les met en suspens, les bloque dans leur espace-temps.

« Pourquoi ne vaut-il mieux pas que je sache ? »

Il ne peut s'empêcher de relever ce qui l'intrigue, espérant sa franchise lorsqu'elle n'espérait qu'enterrer ses secrets. Certes, il aurait pu forcer les rouages de son esprit et ainsi le violer mais cela aurait été contraire à ce qu'il venait de lui annoncer. Keira n'était plus son esclave, elle n'était plus soumise à son emprise. Des limites que lui-même imposent, par prudence. Sous l'influence d'une paranoïa qui commençait à l'user et sous les coups furieux de laquelle il avait perdu trop de temps. Mais son rictus aliéné ne lui offre pas le luxe d'avoir une réponse immédiate. D'abord, elle lui évoque la possibilité de disparaître ici, à l'abri de ces briques bancales, au sein desquelles elle se cache. De ses prunelles vives, Keira retient son regard avant de s'installer sur ses genoux, enroulant ses bras autour de son cou. À l'aise et assurée, bien loin de l'idée que l'on pouvait se faire d'une victime. Depuis le début, l'Australienne avait cette indépendance arrogante qui lui était propre. Malgré toutes les confusions et les peines que Callan avait pu lui faire endurer. Elle était restée fidèle à elle-même, définitivement pas aussi soumise qu'il avait pu la désirer. Étrangement, c'est aussi ce qui lui avait permis de rester vivante car si Callan aimait une chose, c'était bel et bien la liberté.

Cette théorie se confirme lorsque les mots sucrés laissent place à l'acidité. Il en oublierait presque sa cigarette tant sa répartie le griffe, tendrement. Mais il ne fait que la porter à ses lèvres une énième fois, laissant son autre main se poser sur la taille de la femme qui l'accuse. Elle diffuse quelques caresses dans la blondeur éteinte de ses cheveux. À ces gestes et ces mots contraires, Callan se fait docile. Il la laisse s'exprimer, encaissant ces faits qu'il ne pourra jamais nier. Mais ses caresses autant que les paroles qu'elle réplique s'attendrissent au fil de son discours, à tel point qu'elle finit par lui offrir l'éclat d'un sourire qu'il ne mérite probablement pas mais dont il abuse, en dévorant ses lèvres du regard. Il n'allait pourtant pas lui mentir. Il n'allait pas non plus lui lancer des paroles factices. Ce n'était pas pour cette raison qu'il était là, ce soir. Callan ne pensait qu'à la convaincre de le suivre. Pour qu'ils puisse créer ensemble, un avenir différent de celui auquel il avait pu la condamner à River Crow.

« Qu'il s'agisse de mon ego ou pas, souhaites-tu réellement que mes phrases ne sortent de ma bouche que pour te plaire ? Il n'existe pas d'excuses acceptables pour ce que j'ai pu faire à River Crow. Il n'existe pas non plus d'excuses lorsqu'on sait que j'ai pris plaisir à les faire. »

La vérité, pure et simple, n'était pas censée plaire ou convenir. Elle se contentait d'exister. Parfois, comme un cheveu dans la soupe. D'autres fois, comme une épine dans le cœur. Cette franchise caustique le rendait blessant et arrogant. Beaucoup le méprisait alors que d'autres parlaient de ses mots comme certains religieux pouvaient parler d'épiphanie. Elle le rendait dur et impartial mais Keira connaissait pourtant cette facette de lui. Tout autant qu'elle connaissait la vilenie de ses manipulations. Dans leur paradoxe venimeux, il savait qu'elle n'était pas en train de lui mentir et chacun des mots qu'elle venait de prononcer avait pesé sur son myocarde comme aurait pu le faire une enclume. L'ancien vampire s'accrochait à cette sincérité, tentant d'éloigner ses psychoses, tachant de la voir pour ce qu'elle était réellement et non comme un des vautours, qui tournaient en rond au-dessus de sa tête.

« Rester ici m'est impossible. Non pas parce que je ne le conçois pas mais plutôt car on manque de place. Quelqu'un m'accompagne. »

Quelqu'un qui deviendra son infant. Tout comme Keira pourrait le devenir un jour, si elle le décide.


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