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 Go ahead, break me | Léandre

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| go ahead, break me |


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so i will never feel alone again.

L'atmosphère était étouffante. À l'image de ce qui les unissait l'un à l'autre. À l'image de toutes les fissures dont leur relation s'était parée dans l'obscurité. De ces affinités virulentes, il ne restait pourtant que des lambeaux insignifiants. D'anciens sentiments égarés dans l'horreur de leur dictature, à présent devenus reliques poussiéreuses, que le temps finirait certainement par enterrer d'ici peu. Plus rien que du vent. Blizzard auquel Callan était pourtant devenu pratiquement indifférent. Du moins, c'est ce qu'il aimait croire et c'est ce dont il était sûr. Jusqu'ici. Jusqu'à ce que la fatalité ne lui laisse aucun autre choix que celui d'affronter la Mort qui guettait Léandre. Pour la première fois, il n'avait aucune solution sous la main. Aucune issue de secours, à ce qui était en train d'arriver à son père, à ce qui le rongeait jusqu'au plus profond de lui-même. Il n'avait pas le moindre plan en tête et suintait donc d'une impuissance corrosive, à laquelle il ne parvenait guère à s'habituer et qui agitait l'océan de colère qui sommeillait en lui. Ainsi, c'était la rage qui l'avait emporté sur le reste. La rage à son état pur. Celle qu'il vouait aux hommes autant qu'à ceux qui avaient pu s'opposer à eux par le passé. Celle qui s'intensifiait lorsqu'il repensait aux pauvres âmes inconscientes qui avaient osé s'immiscer entre lui et la seule personne qu'il avait choisi d'aimer, à ceux qui l'avait séparé de cet homme qu'il avait pourtant secondé tout au long de son immortelle vie. Celui-là même qui l'avait incontestablement trahi, sans l'ombre d'un doute, et qui s'était détourné de lui. De leur histoire et de tout ce qu'ils avaient pu partager ensemble au cours de ces huit derniers siècles. Pour un autre. Pâle inconnu face auquel le pauvre cœur fébrile de son père s'était liquéfié. Pour Sedna.

Fausse note, aussi latente que déconcertante. Récalcitrante, même. Détestable rengaine qui avait fini par le lasser, par abîmer l'implacable dévotion qu'il avait pu éprouver pour lui. Cette promesse, qu'il lui avait faite à Arles, était en train de s'effriter. Callan la contemplait partir un peu plus en morceaux, à chaque battement de paupière supplémentaire qu'il effectuait. Et pourtant quand Wellan était arrivé à la porte de son appartement, avec pour seul but de le ramener à Belfast, au sein de ce fameux château dans lequel était en train de mourir Léandre, il n'a fait preuve d'aucune résistance. Sachant, de toute évidence, que Von Bürgstag était intouchable. Puisque son ancien amant ne supporterait pas qu'il lui arrive quelque chose. Immunité que l'Allemand n'avait obtenu qu'à son bon vouloir puisque des occasions de le tuer, Callan n'en avait pas manqué. Au contraire. C'était par amour qu'il s'était retenu de l'assassiner. Par amour, toujours, qu'il avait décidé d'obtempérer lorsqu'il lui a conseillé de le suivre jusqu'à la cité vampirique. N'était-il donc pas de son devoir d'être auprès de son père alors que la maladie pourrissait ses entrailles à petit feu ? Autrefois, il aurait été le premier à s'agenouiller à son chevet, remuant ciel et terre pour le venger, maintenant leurs rangs à la force de sa volonté d'acier, de sa cruauté impartiale. Il ne l'aurait pas quitté et l'aurait épauler comme le demande son statut de premier infant. Autrefois.  

Mais ce temps-là n'était plus. Son allégeance s'étant envolée à la minute où il comprit que Léandre l'avait remplacé. De la plus odieuse des manières. Huit cent soixante-deux ans, réduits à l'état de cendres. Effacés dans les méandres d'une absence flagrante de reconnaissance. C'était donc amer qu'il avait quitté River Crow, qu'il avait quitté Léandre, s'éloignant de tout ce qu'ils avaient pu construire ensemble. Après l'assaut des rebelles sur le Manoir, tout juste un an avant les premiers bombardements de l'organisation. Il s'était fait la promesse de ne jamais faire demi-tour, de ne jamais revenir sur ses pas et surtout de s'arracher à ce lien dont les racines ont pris naissance dans les flammes de l'Enfer. Qu'importe les fulgurances que pouvait apposer à son Âme l'absence de son Sire au creux de son existence. Ne craignant ni la souffrance ni la solitude, bien trop accoutumé à l'isolation pour la considérer comme une ennemie, il n'avait jamais regretté son départ. Sa véritable douleur ne siégeant que dans la trahison à laquelle Léandre l'avait condamné, avec maladresse et injustice. Aveuglé et surtout affaibli par ce qu'il était capable d'éprouver pour la pauvre victime nuisible qu'a toujours été Sedna. Autant pour lui que pour Callan. Léandre ne faisant que se voiler la face sur la fourberie du monde, perdant ses vains espoirs dans des idéaux impossibles. Éperdument attaché à ces quelques restes d'Humanité dont son cœur, parfois trop naïf, était nécrosé.

Ce fut une des raisons pour lesquelles il ne l'avait jamais quitté. Callan désirait le protéger, de ces gens qui n'avaient pour ambition que les tromperies et les abus, autant qu'il refusait de le partager avec qui que ce soit. Il alimentait ainsi la noirceur goudronneuse de leur amour jusqu'à en épouser les plus terribles crimes. Faisant couler le sang de n'importe quel homme osant se perdre dans les draps de son père, s'octroyant bien plus de droits qu'il n'en possédait réellement puisqu'il ne se pliait à aucune règle, ni même à celles qu'avait pu écrire Léandre lui-même. Callan n'était véritablement soumis qu'à sa liberté, n'était dompté que par les relents inquiétants du Néant et préférait la froideur cadavérique de son insensibilité à toute démonstration d'amour ou de compassion. Ces deux choses n'étaient pour lui qu'une insulte au chemin qu'ils avaient accompli, des compromis avec lesquels ils ne faisaient que perdre leur temps. Les rouages de l'amour n'étaient quant à eux qu'une promesse d'amertumes et de déceptions. Il l'avait appris à ses dépens et cela se confirmait à chaque fois que les mensonges du Français revenaient malmener toutes les certitudes qu'il avait pu avoir à son sujet. Callan s'était mépris et comme chaque âme éprise d'une autre, il s'était heurté à la réalité abrupte qu'aucun idéal conté et prédit n'était envisageable. Cette conscience carnassière éclairait ses routes sauvages, elle le guidait au travers des illusions puériles et sentimentales auxquelles s'enchaînaient les autres. Il les maudissait de leur crédulité, se riant des échecs qu'ils accumulaient alors que lui avait toujours vu clair. Ces fragilités stupides, il n'avait accepter de les ressentir que pour Léandre mais ses nombreux affronts, ses tromperies incandescentes et son incapacité à comprendre le pourquoi de sa rage avaient fini de le conforter dans la lassitude qu'il éprouvait depuis 2042.

Kieran était de ces âmes frêles et ignorantes, déguisées de bonté et de chaleur pour mieux cacher les fissures décorant son histoire. Il avançait avec cette lueur ridicule au fond du regard, s'imaginant que la réciprocité de sa bienveillance résonnerait au fond des autres comme elle parvient à briller en lui. Callan n'avait fait que remettre les pendules à l'heure, lui faisant comprendre dans la brutalité de la violence qu'ils étaient voués à se haïr puisque le néo-zélandais ne s'était pas rangé dans le bon clan, quelques années plus tôt. Clan qui n'existait pourtant plus puisque les vampires s'étaient unis pour mieux vaincre alors qu'ils ne faisaient que mourir, en raison de cette passivité mielleuse et candide en laquelle il ne reconnaissait plus le règne impartial qu'avait su imposer son père auparavant. Ce traité bancal ne lui ressemblait pas. Cette absence de représailles envers la menace ne lui ressemblait pas non plus. Et cela ne faisait qu'envelopper Callan dans le brouillard d'une confusion sourde, à laquelle il avait choisi de répondre en totale opposition, brisant les lois d'une coalition en laquelle il peinait à croire et qui finirait sans doute par se retourner contre eux, tôt ou tard. La preuve étant dans la manière qu'avait eu McIntyre de le prendre de haut, braquant son arme sur lui alors qu'il avertissait ses collègues de raid au même instant. Juste avant que l'Allemand ne reprenne le contrôle de la situation. Juste avant qu'il ne lui rappelle qu'il n'était pas le genre d'homme que l'on pouvait menacer.

Il s'est donc servi de lui afin de marquer son désaccord, insultant ouvertement ces alliances factices. Il l'avait violé après l'avoir agressé physiquement. Parfaitement conscient que ce qu'il avait commis remonterait jusqu'au château et que son père finirait par en avoir les échos. Callan savait qu'on allait venir le chercher et que l'heure des explications finirait par sonner. Contre son gré. Peu importe à quel point Léandre pouvait lui manquer. Son absence et son refus de le voir n'étant qu'une conséquence parmi tant d'autres aux infidélités qu'il a pu lui faire endurer par le passé. Callan n'avait pourtant pas de mal à s'enivrer des vagues insolentes des sentiments qu'il éprouvait envers le Français. Mais il ne tolérait pas le mensonge ainsi que l'abandon injustifié et supportait encore moins l'idée de n'être qu'un pion entre ses phalanges délicates. Pas après tout ce qu'il avait pu faire pour lui et avec lui. Ainsi donc il avait passé les portes du château avec désinvolture, le visage crispé par un mépris viscéral. Ses attitudes restant fidèles au monstre qu'il a toujours été ; froides et imperturbables. Hautaines et misanthropes. Puisqu'au-delà de tout ce qu'il avait pu perdre, l'Allemand n'avait rien perdu de sa fierté cruelle, de cette insensibilité si particulière qui le caractérisait. Il restait fidèle à lui-même, se délestant de toutes les fausses apparences dont pouvaient suinter ceux qui vivaient dans ce château. À tel point que la plupart d'entre eux baissaient le regard dès lors que le sien se posait sur eux, sa réputation sulfureuse le précédant inexorablement, lui collant même à l'échine comme une seconde peau. Alors que d'autres, ceux-là même qui le pensaient mort et  qui s'étaient réjouis de sa disparition, s'offusquaient à présent de son retour. Et seigneur, qu'il aimait voir leur visage se décomposer à mesure que ses pas martelaient le sol sous leur nez.

Pourtant rien ne le touchait réellement. Rien ne l'effleurait. Puisque ces visages abstraits, pour lui, n'existaient pas et n'avaient aucune valeur concrète. Il n'était présent en ce lieu que pour une seule et unique personne. C'était une évidence qui n'avait pas besoin de discours pour être confirmée, une infaillibilité antique qui ne vivait qu'à travers les liens du sang qui l'unissaient à celui qu'il désignait comme étant son père, son amour, la raison même pour laquelle il s'acharnait à perdurer au-delà des siècles. Cet homme qui mourrait pourtant et dont l'Âme s'émiettait dans des profondeurs bien plus désastreuses que ce que l'Allemand aurait pu imaginer. Le Roi déchu, dont la superbe avait pratiquement disparu sous les décombres d'un royaume dévasté par les bombes. Les vestiges d'un être cher que Callan avait fui comme d'autres tentaient d'échapper aux nouveaux bourreaux de l'organisation. Celui qui avait su éveiller le volcan de sa haine, où se confondaient pour la première fois le fléau de sa rage et l'authenticité inébranlable de ses sentiments. Il refusait pourtant de faiblir sous le poids de l'attachement, répugnant à la pitié et à la compassion autant qu'il était possible de le faire. Il refusait de faire face aux ravages que Tullamore avait exercé sur celui qui l'avait façonné. Pourtant, entre eux à présent, il n'existait plus que cette porte, gardée par deux gardes. En quarantaine et isolée du reste du monde. Et si ce flegme apathique refusait de quitter les traits usés de son visage, son intérieur s'ébouillantait d'enfin briser ce long silence qui les avait tant éloigné ces trois dernières années.

Lorsqu'il pénétra enfin dans la chambre, l'odeur aseptisée et médicale fut le seul arôme que ses narines reconnurent totalement. Les effluves de celui qu'il avait tant embrassé par le passé s'étant annihilées sous le poids de la stérilité nauséabonde, il le cherchait sans le trouver alors qu'à l'intérieur de sa poitrine, l'illusion d'entendre son muscle moteur se craqueler déstabilisait son attention avec véhémence. Aucun bruit ne venait esquinter le lourd silence de la suite macabre. Callan ne percevait que ses propres pas contre le marbre. Ça et la terrible sensation de rentrer à la maison puisque Léandre était là, quelque part, et qu'entre ses bras demeurait le seul endroit qu'il considérait réellement comme étant son refuge. Il était si proche et pourtant si loin, à des années-lumières de ce qu'ils avaient pu être autrefois.

« Léandre. »

Callan énonce son prénom. Fermement et bien plus froidement qu'il ne l'aurait voulu. Ce prénom qu'il a tant de fois prononcé, celui qui imbibait chaque cellule de sa vitae. Il n'avait pas besoin de s'annoncer pour qu'il le reconnaisse, qu'il sache que c'était bel et bien lui. Ils se connaissaient trop bien pour s'oublier. Ils s'étaient bien trop aimés, bien trop déchirés, pour simplement s'effacer mutuellement de leur existence respective. Car oui, au-delà de toutes les blessures qu'ils s'étaient infligées, au-delà du monde qui semblait s'acharner à les éloigner, ils étaient voués à se retrouver. Même si pour cela, il fallait qu'ils sombrent dans les abîmes infernaux que leur avait promis leur destin. Si l'un d'eux devait chuter, ce n'est qu'ensemble qu'ils s'enfonceraient dans les tréfonds de l'obscurité car c'est tout ce à quoi Callan s'était voué. Depuis qu'il l'avait rencontré. Il avait mesuré l'ampleur des morsures que comporteraient leurs retrouvailles, il était prêt à subir les foudres de sa déception, tout comme celles de ses colères ancestrales. Il les connaissait par cœur et ce n'était un secret pour personne qu'il se nourrissait de cette violence, de cette rage, qui animait si fort l'Âme de l'homme qu'il aimait. Alors brise-le, Léandre. Ne te retiens surtout pas. Brise-le pour mieux le reconstruire.

NΞRIOИ



When you speak my name, it don't matter to me. Where you place your blame, it don't matter to me. Where could you be walking to, it don't matter to me. Take my wicked heart, it don't matter to me. Turn my twisted words, it don't matter to me. What are you here waiting for, it don't matter to me. Where do you go to, you don't matter to me.

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Go ahead, break me
- Léandre McGuinness & Callan de Rhénanie -




Tu n'étais qu'un ingrat. Rien de plus. Tu ne comprenais rien à rien et la seule chose qui t’intéressais n'était uniquement que ta petite personne. Je t'avais remplacé, non pas parce que je ne t'aimais plus, mais pour la simple et bonne raison que tu n'avais pas l’étoffe d'un leader. Tu étais impulsif, tu ne réfléchissais pas, tu faisais ce que tu voulais, comme tu le voulais, et tu espérais garder cette place qui aurait dû être la tienne ? J'étais en colère. Je te savais prétentieux, libre d'esprit, sans foi ni loi, mais je ne te savais pas stupide au point de mettre en périple tout ce que l'on avait construit pour survivre. La coalition te paraissait sans doute absurde, mais elle nous était utile. Pour préserver la paix, pour faire en sorte que l'on puisse s'aider et s'en sortir. S'allier pour mieux combattre un ennemi commun. River Crow était tombée ! S'en était terminé de la suprématie que j'exerçais, de tes petits privilèges. Tu n'étais rien d'autre qu'un gosse pourris gâté. Plus de 850 année d’existence et pourtant aussi peu de chose dans la cervelle. Tu n'avais rien appris, de tes erreurs, de tes actions qui t'on conduit à l’enfermement plus d'une fois. Tu te souviens pourquoi tu avais fini enfermer en Ecosse, loin de moi ?

Parce que tu agissais sans penser aux conséquences ! Parce que tu faisais ce que bon te semblais. Tu avais fini par devenir néfaste et dangereux. Pour moi, pour notre peuple, pour le secret. Mais jamais tu ne réagissais. Tu continuais de faire ce que tu voulais, comme tu le voulais, ça te conduirait à ta perte Callan. J'avais eu bon espoir que tu resterais loin de l'île, que tu te caches pour te sauver. Mais Tullamore avait fini par te rattraper, et tes instincts avaient repris le dessus. Qu'est-ce qui t'avais pris de violer Kieran McIntyre ?! Qu'est-ce qui t'avais pris d'aller vivre proche de chez Aindreas, cet homme que t'avais brisé en le privant de sa femme ! Merde ca t'arrivait de réfléchir avec autre chose que ta queue ?! C'est pour cette raison que j'avais envoyé des hommes te chercher. Pour te ramener près de moi, là où peut-être tu prendrais conscience de tes conneries. C'était à cause de vampire comme toi que l'on en était là. Par des gens qui ne pensent pas et qui se pensent supérieurs alors qu'ils ne sont rien ! Agacé, je m'étais allumé une clope après avoir appris tout ce que tu avais fait. Transformer Abygaëlle An'Sionnach, violer Kieran McIntyre, aller trouver refuge chez un loups, proche de ton ennemi.

Tu cherchais quoi au juste ? A le narguer ! Merde ! C'était les loups qui à l'heure actuelle me soignait. Ca t’intéressait pas ça ? Tu t'en foutais de savoir que j'allais peut-être crever ! T'avais la rancune tenace mais putain ça devenait ridicule ! Et dire que j'avais été désolé de t'avoir blessé. Désolé de t'avoir évincé pour Sedna. Désolé des choix que j'avais pu faire. Mais tu me conformais dans ces choix. Me faisant comprendre que finalement ce n'était pas des torts que j'avais eu, mais que j'avais fait des bons choix ! Alors non, tu ne te serais pas enfuie comme Sedna. Non, tu n'aurais pas fait machine arrière, mais ça aurait été à quel prix tu peux me le dire ? Me passant une main dans les cheveux j'attendais. J'attendais que tu franchisses cette porte, que tu viennes enfin m'affronter. Si ma santé ne t'importait peu alors pourquoi avoir mis tant de temps ? Tu peux me le dire Callan ? Toi qui pourtant m'avais sauvé des flammes au périls de ta vie en 1700. Tu sais quoi ? Vincent est revenu lui. J'aspire bien à arranger les choses entre nous. Mais toi... Qu'est-ce qui pourra s'arranger si tu ne te mets pas un peu plus de plombs dans la chose insignifiante qui te sert de cervelle ?

Putain ce que j'aimerais t'en foutre une pour te voir réagir bordel ! Tu sais le mal que ça nous a coûté de rallier tous les autres à la même cause ! Léandre. Ce nom que tu prononces si facilement. Si froidement. Une intonation presque stricte alors que tu franchis enfin la porte de mes appartements. J'étais là. Debout. Te tournant le dos. Bras croisés, fumant comme à mon habitude. Léandre. C'était tout ce que tu trouvais à me dire ? J'étais faible, malade, mourant. Mais pourtant. Un simple mot est sorti de ta bouche et ce fût mon prénom. Léandre. Je me suis tourné, te faisant face. Te scrutant, te fusillant même du regard. Non, je ne m'attendrirais pas devant toi. Pas après ce que tu as fait. J'avais pourtant espéré des retrouvailles plus douces. Moins dramatiques, des réconciliations parfaites. Mais là. Je n'avais qu'une envie. Te faire payer tes fautes et te faire comprendre qu'il était temps que tu grandisses un peu ! Alors je suis venu à ta hauteur, lentement après avoir écrasé ma cigarette dans le cendrier. Levant une main qui est venu te frapper au visage. Une main gantée pour ne pas te contaminer.

J'étais en colère, ce n'était pas pour autant que je voulais te voir mort. Ne vas pas t'imaginer je ne sais quel délires paranoïaques. si toi tu te montrais froid et détaché, moi je ne m'en montrais pas pour autant haineux envers toi. Mais tu avais été trop loin, et il était temps que tu comprennes. Tu n'aurais plus de privilèges, plus de passe-droit. Maintenant tu devais assumer et vivre avec. Tu étais le plus ancien de la lignée, mais pourtant, tu étais sans aucun doute le plus puéril. Ca en devenait pathétique Callan. Vraiment. Et ça me faisait du mal de te voir agir de la sorte. J'aimerais temps que tu te calme, que tu deviennes quelqu'un de respectable et non pas un simple vampire vivant uniquement sur des envies bestiales. Tu valais tellement mieux que ça mon fils. J'étais navré que tu ne t'en rendre pas compte. Navré, de constater que rien ne changeait pour toi. Il était grand temps que tu ravales ta rancœur.

« Je te savais instable mais je ne te savais pas stupide à ce point-là. Je pensais que t'aurais un peu plus de respect que ça à mon égard. Qu'est-ce qui t'as pris de faire ça putain ? »

Qu'est-ce qui t'as pris de le violer et de mettre en danger tout ce que l'on a construit avec Wellan ? Pas besoin de te dire ce qui t’étais reproché, je savais que tu comprendrais. Je voulais savoir. Je voulais comprendre. Je t'en voulais pour aussi mal agir. Je t'en voulais pour te mettre toi en danger, bien plus qu'autre chose. J'étais mourant, et toi tout ce que tu pensais à faire c'était continuer de te venger pour t'avoir laissé sur carreau. Mais tu ne comprends pas que c'est à cause de ce genre de réaction que je t'ai justement laissé en retrait ? Tu es incapable de te gérer toi-même, comment voulais-tu espérer gérer un royaume ? Un conseil ? Tu n'aurais fait qu'erreur sur erreur c'était une évidence. Pourtant je me suis approché de toi, encore. T'attrapant par le col de ta chemise pour t'attirer contre moi. Te serrant fortement en faisant attention de ne pas te toucher. Soulagé de te savoir en vie, et surtout, en sécurité. Je t'en voulais, mais je t'aimais. Et j'aimerais bien que tu réagisses sur ça. Que tu réagisses sur le fait que ce n'était pas contre toi. Mais que j'ai fait ça pour toi. Pour te protéger de toutes ces erreurs que tu aurais faites. Parce que c’était inévitable. Tu es toi, et tu ne changeras jamais. Je me suis reculé, relâchant mon étreinte. Tenté par cette envie soudaine de venir t’embrasser comme je le faisais avant. Tu m’avais manqué Callan. Si seulement tu savais.






©️ Fiche codée par Aindreas An'Sionnach



March of Mephisto
I am the thorn in your side that seeks accomplishment reminding the mortal of death. I am the spore of your pride, an angel heaven sent. The master of all. You know just who I am. Don't be so distant, cause when you're lost, I am solely there to share your grief. Wailing for your sorrow is only my way to comfort you. Reminders of innocent youth, waiting for morrow. You're lonely. I name your solitude, I speak the truth.
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Le frapper fut la première chose que Léandre crut bon de faire. D'une gifle violente qui, au contact de sa joue, incita la mâchoire de Callan à se crisper de frustration. Si la douleur corporelle lui semblait désagréable, le sentiment d'humiliation quant à lui fut bien plus affligeant que le coup en lui-même. Puisque perdue entre les phalanges du Français, l'âme de Callan n'était plus aussi intouchable qu'il aurait voulu qu'elle le soit. Au contraire, elle se faisait plus malléable. Elle était capable de s'effriter. De se fissurer. Fatalement soumise à ces sordides relents amoureux qui l'enveloppaient dès lors que Léandre entrait dans l'équation. Lui qui demeurait son éternelle faiblesse, lui qui réussissait à le faire plier. Lui dont il pensait connaître toutes les coutures sur le bout des doigts mais qu'il était pourtant incapable de reconnaître en cette sombre nuit qui les attendait. Indifférentes étaient les apparences que l'Allemand lui démontrait. Impassibles et froides étaient les impressions erronées qu'il lui faisait miroiter. Sans doute bien trop fier pour faiblir sous son regard d'acier, totalement incapable de faillir en sachant que l'objet de ses désirs était au plus bas de son immortalité. Et pourtant, envers tout ce que son Sire était capable de s'imaginer à cet instant, il était à deux doigts à peine de s'effondrer à ses pieds.

Ne fusse que pour espérer le retrouver, le récupérer et mieux le garder. De gré ou de force. Puisque Callan De Rhénanie ne pouvait s'accompagner que de Léandre De Bourbon, McGuinness. Peu importe au fond. C'est ce dont le plus jeune s'était convaincu. Déstabilisé par la confiance qu'ils partageaient autrefois et par les vestiges de cette vie qui fut la leur durant de nombreux siècles. Puisqu'il lui avait promis qu'il resterait toujours à ses côtés et qu'il ne bafouerait ce serment pour rien au monde. Univers au centre duquel s'étiolait pour la première fois l'amour viscéral que Callan pouvait éprouver à son égard depuis qu'il l'avait évincé, remettant douloureusement en question sa légitimité. Par delà la lassitude et les couteaux de déception qu'ils s'étaient échangés. Par delà le fossé qui ne faisait que s'agrandir entre eux depuis trop longtemps maintenant pour que Callan puisse s'en sortir indemne. Aucune agression ne pourrait égaler la souffrance de ce que ces déchirements pouvaient créer en lui. Aucun coup ne serait jamais assez fort pour l'abattre aussi efficacement que la possibilité qu'ils puissent ne plus rien représenter l'un pour l'autre.

Léandre était en colère et puisqu'il était imbu des bourrasques de ce mécontentement furieux, il omettait que Callan n'avait jamais cessé de l'être depuis Saor. Mais cela avait-il seulement encore une quelconque importance à ses yeux ? Il choisissait de ne pas s'encombrer de ces suppositions incertaines, préférant la réalité brute de cette douleur qui l'assaillait silencieusement pour le condamner. D'un regard qui en disait long sur le fléau de la rage qu'il lui épargnait par amour. À tort ou à raison, cela ne lui importait guère. Au sein des émotions atrophiées qu'il peinait à ressentir et à tolérer, Callan faiblissait de plus en plus malgré son impassibilité vraisemblable. Profondément incertain des conséquences qui allaient découler de toutes les rancœurs qui salissaient leur relation. Ainsi il restait étrangement interdit, l'espace de quelques secondes durant lesquelles ses pensées s'accumulaient à une vitesse furieuse. Secondes qui lui furent pourtant suffisantes pour prendre une décision. Secondes au creux desquelles il dérobait impunément cette assurance dont il pensait manquer mais qui ne le quittait jamais réellement en vérité.

Et cette pluie d'insultes que Léandre fit déferler sur lui n'ébranla presque pas les ombres des nouvelles certitudes embrumant son esprit intéressé. Il le connaissait bien trop pour s'offusquer de la partialité sentimentale dont il faisait preuve. S'échiner à contrôler les fièvres destructrices de son ancien amant n'aurait fait qu'anéantir ses chances d'être écouté. Cette compréhension tacite avait ses avantages et ses inconvénients ; les avantages se trouvant principalement dans cette capacité indescriptible que Callan avait d'endurer les humeurs chaotiques de celui qui fut un jour son roi. Il ne lui en avait pourtant jamais porté préjudice. Du moins, pas autant qu'il aurait dû le faire. Pas autant qu'il le méritait. Pour la simple raison que la dévotion qu'il lui avait offerte à Arles dépassait de loin toutes les frustrations avec lesquelles Léandre avait pourtant marqué son Âme au fil du temps. Callan s'était donné. Entièrement. Alors même qu'il n'était doté d'aucune puissance, d'aucun pouvoir. Se souvenait-il seulement de cette époque où ils n'avaient rien mais où leur amour leur a permis de s'emparer du monde ? Avait-il réellement oublié cela ? Malgré cette étreinte que Léandre lui donnait et avec laquelle le cœur figé de Callan semblait soudainement se mouvoir, il ne parvenait pas vraiment à éloigner les langueurs écorchées de leurs déboires sentimentaux. Ainsi, il ne lui rendit pas cette marque d'affection alors que tout son corps lui hurlait pourtant de s'emparer du sien.

« Calme-toi. » dit-il, la voix enrouée par cette fatigue intérieure qu'il éprouvait depuis qu'il avait appris que Léandre était mourant. Énervé aussi, par cette tentative de suicide qu'on lui avait révélé avant qu'il n'entre dans ses appartements. C'était un ordre, un conseil, une demande. Supplique subtile qu'il espérait qu'il devine et qui ne se comprenait que dans la manière qu'il avait de la lui dire. Désir que Callan ressentait au plus profond de lui-même. Pris au piège par cette usure lamentable qui lui labourait les entrailles secrètement. Coincé entre les brûlures d'une colère sourde et de ces sentiments inébranlables qui le rongeaient comme le plus violent des acides. « Rien ne pourra jamais excuser ce que j'ai fait, ce que j'ai pu faire et ce que je ferais. Tu le sais mieux que personne. » Quand bien même cela ne lui plaisait guère, quand bien même cela impliquait la possibilité qu'ils se perdent. « Aussi, ces actes, je les assume et j'en suis responsable. Préfères-tu, peut-être, que je me défile et que je sois semblable à tous ces hypocrites qui t'entourent ? Est-ce que c'est ce que tu souhaites que je devienne ? » Contrairement à son vis-à-vis, l'élocution de Callan était sereine, éternellement emplie de ce froid qui lui était propre. Non, il ne l'agresserait pas. Il ne lui hurlerait pas dessus. Malgré la douleur que Callan réprimait avec férocité, malgré les jugements bancals et difformes que Léandre lui assénait. « Tu es terrorisé, Léandre. Et cette peur, je la ressens au cœur même de ce que je suis. Tu me penses insensible à ce qu'il t'arrive mais c'est faux. J'ai passé trop de siècles à tes côtés pour ne pas m'en rendre compte, même éloigné de toi. Kieran était une erreur, je te l'accorde, mais j'ai perdu patience. Je ne supporte pas la manière dont ils bafouent tous ton nom à l'extérieur. Encore moins celle qu'ils ont d'espérer te voir crever. Alors pardonne-moi de te décevoir mais je choisis d'assumer plutôt que de me soumettre à tes idées naïves. » Était-ce si dur à comprendre ? Était-ce vraiment lui qui ne comprenait rien à rien ou était-ce Léandre qui s'était perdu en chemin ?

« C'est la peur qui dicte tes actes. Tu retournes ta veste parce que tu es en position de faiblesse. Et crois-moi, tu n'as jamais été aussi faible que tu ne l'es à présent. À un point tel que tu envisages toi-même de te foutre en l'air et ça me rend malade. » Vérité crue, peut-être difficile à entendre mais que Callan n'allait pas lui épargner sous prétexte qu'on le conditionnait à croire qu'il était complètement fini. Ceci, l'Allemand refusait de l'entendre et de le croire. Il méritait de savoir ce qu'on pensait de lui actuellement et l'infant espérait que cela lui permette de sortir de cette torpeur dans laquelle il avait sombré à cause des hommes et de cette nouvelle bienveillance qui, au final, ne faisait que l'enfoncer davantage. « Et surtout ne confonds pas mon désaccord avec un manque de respect de ma part. C'est malvenu. À plusieurs reprises tu as été trahi parce que tes sentiments t'ont aveuglé et à plusieurs reprises, tu l'as regretté. Je n'ai jamais abusé de ta confiance, Léandre. Pas une seule fois en huit siècles. Tu fais de mauvais choix et ce sont eux qui vont finir par nous séparer malgré l'amour que je te porte... Peu importe ton pouvoir, peu importe ce qu'il peut rester de ton héritage. C'est ton attitude et ton manque de reconnaissance qui me répugnent. J'ai beau t'aimer comme un dingue, il me semble que ça ne suffit plus. » Callan n'était pourtant pas un homme qui se perdait dans l'échange verbal futile. Il préférait agir, avancer de manière concrète mais Léandre lui avait demandé des explications alors il les aurait.

« Tu m'en veux de rester fidèle à ce que nous sommes, de ne pas approuver tes décisions. Tu m'infantilises puisque ça t'arrange mais je ne céderais ni à l'organisation ni à cette vie de contraintes qu'ils nous imposent. Nous sommes supérieurs aux hommes et ça m'afflige de voir que tu l'oublies. » Dans toutes ces complications au creux desquelles leur concorde s'empoisonnait, Kieran n'était qu'un dommage collatéral. Victime soit-disant innocente de toute l'horreur que Callan retenait depuis trop longtemps. « Alors si l'on devait réellement respecter ton nouveau régime de justice et de bienséance, toi qui pourtant avait toute la superbe des plus grands dictateurs, je te conseille vivement de me condamner comme Tybalt a pu le faire autrefois. N'est-ce pas réellement ce que tu souhaites dans le fond ? » N'était-ce pas pour cela que ses hommes étaient venus le chercher ? Pour le brider et le soumettre. Pour l'enfermer plus qu'il ne l'était déjà. Et dans le cas contraire, espérait-il vraiment qu'il se contenterait de tourner en rond et de rester les bras croisés alors qu'il était spectateur de la chute de celui pour qui il s'était battu toute sa vie ? S'étaient-ils réellement éloignés à ce point ?

NΞRIOИ



When you speak my name, it don't matter to me. Where you place your blame, it don't matter to me. Where could you be walking to, it don't matter to me. Take my wicked heart, it don't matter to me. Turn my twisted words, it don't matter to me. What are you here waiting for, it don't matter to me. Where do you go to, you don't matter to me.

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