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 Le silence est le langage du cœur [PV Balian]

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Le silence est le langage du coeur
Balian & Sofyan

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La poussière parsème mes vêtements à chacun de mes réveils. À l’image de ces rêves épars qui voltigent dans mon esprit. Des rêves de toi, de nous, de cette alchimie qui nous a toujours lié et qui ne peut être contenue. J’ai soif de toi dans mon corps. J’ai soif de nous arpentant les toits et étant les rois du monde! Un sourire étire mes lèvres. C’est la troisième semaines où mes pas foulent Belfast, où je me rends à la banque de sang pour me nourrir, désormais que je ne vis plus parmi les sorciers.

Le sang a revigoré mon âme, mais mon cœur reste encore mort. Alors je peins. C’est ma troisième fresques murales depuis mon arrivée. Je prends toujours soin de signer de mes initiales, comme des volutes de fumée pour parvenir jusqu’à toi. Certains jugeraient cela romantique: l’est-ce? Je n’en ai rien à faire. Ces considérations sont bien loin de celles qui arpentent mon esprit à chaque instant: celles de déguerpir d’ici en mettant mon plan au point. Nous sommes plus forts que toute cette humanité qui nous craint! Vont-ils bientôt organiser des tournées comme dans un zoo? Vont-ils comme autrefois mettre en place de nouvelles arènes afin que nous combattions comme les bêtes que nous sommes à leurs yeux?! Mes spray se font plus virulents, mes coups de pinceaux plus incisifs. Si tu savais comme je n’ai que le désir de les pourfendre? Comme chaque nuit mes rêves vides se remplissent du souvenir de mon échec.Je ne me sens pas encore prêt à te faire face, alors je sème des fresques comme certains sèmeraient des graines! Mais quel genre d’oiseau es-tu réellement Balian? En as-tu seulement la moindre idée?

Dans mon cœur je n’ai aucun doute quant à toi, à nous. Même si tes mots se sont toujours fait discrets, j’ai toujours su deviner dans ta voix l’intonation, le quelque chose qui me faisait me sentir unique. Parce-que je suis ton prince n’est-ce pas? Qui d’autre pourrait seulement l’être? Qui d’autre que moi a pu me montrer généreux, au point de te laisser filer loin de moi pendant toutes ces années? Te rends-tu compte à quel point cela m’a fait mal? Te rends-tu compte que ton absence a plongé mon être dans des abysses que l’obsession de l’alchimie, de l’informatique ou encore de la peinture ont été les seules à pouvoir redonner un sens à cette vie dont tu m’as fait cadeau?

Ne crois pas que je suis ingrat, j’ai bien trop de décence pour cela. Mais crois en ces sentiments qui n’ont jamais quitté mon cœur. Comment l’auraient-ils pu? Aurais-tu pu me remplacer de ton côté? Je n’y croyais pas. Je n’y avais jamais cru. Nous étions comme deux alliages d’une même alliance: parfaits l’un pour l’autre. Mais pour le moment, je finissais cette fresque commencée la veille. Mon style évoluait au fil de mon imagination. Je pouvais peindre des choses très typiques de la renaissance ou bien plus modernes. Je savais que si tu les croisais, tu saurais reconnaître ma marque au-delà de la signature. Cette omniprésence de symbole comme celui qui se trouvait au centre de cette oeuvre. Sais-tu seulement ce que cela veut dire? Tu étais moins versé que moi dans les sciences occultes...tu adorais m’écouter te parler de ces formes, mais surtout te faire ressentir leur puissance…

Le dernier ajustement est porté. L’oeuvre respire, elle vit, sans que je n’ai plus besoin d’intervenir. Je me souviens un instant des premières fois où tu m’as laissé peindre l’un des murs de notre château. Tu m’avais fait confiance, et tu m’avais même demandé de vêtir d’autres murs...ce que j’avais fait, avec doigté, dextérité et respect. Maintenant ce sont les rues de Belfast que j’embellis. J’aime à croire que la beauté allège tous les esprits…

Je m’éloigne de ma fresque, je l’admire un instant, déjà engagé dans une des rues adjacentes. Mais c’est là que je m’arrête. Mon regard se porte sur mes mains gantées - toujours - tandis que je me laisse imprégner de ce que je ressens. Je rebrousse doucement chemin, jetant un œil à la route face à laquelle se tient la fresque. À peine le regard porté, que mon corps me propulse loin de cette vision, le dos contre un mur. Mes yeux se ferment face à cette familiarité et cet enthousiasme qui m’imprègne. La peur et la joie font une course incroyable pour se saisir de mon être.

La joie la remporte, et je me glisse le long de la ruelle afin de parvenir à me glisser derrière toi. Je ne suis pas encore prêt à croiser ton regard. Je ne suis pas encore prêt à être saisi par ta présence. Pourtant mon bras se lève. Pourtant ma main se porte sur ton épaule dans un silence grisant. Tu te retournes. Je défaillis. Rien n’avait préparé mon cœur à te retrouver. Rien ne m’a jamais préparé à l’intensité de nos présences réunies.

Mes lèvres s’entrouvrent. Seul le silence se glisse à travers elles. Ma peau frémit. Seul les frissons parcourent leur étendue dorée. Mon regard se fait profondeur. Seule sa sensualité m’offre un semblant de vie.


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Vœux Les murmures de tes désirs me sont connus. Te rends-tu compte que tu es à ma merci?
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Il l’avait fait souffrir un moment avant de le tuer. À cette époque, sa jalousie l’étouffait. Il en suffoquait presque, chaque fois qu’il voyait un autre homme en compagnie de son infant. La peur de le voir s’éloigner ? De se faire détrôner ? Il n’en avait aucune fichue idée. Balian ne laissait jamais personne s’approcher de trop près, veillant sur Sofyan avec une attention toute particulière, au point-même que l’on se mit à craindre le prince, de peur de froisser le roi. Il y avait cet homme, pourtant. Un artiste. Professeur de peinture et mentor de Sofyan, lui inculquant les disciplines de l’art avec une passion certaine. Balian l’avait laissé faire, au début, trop heureux de voir son fils vampirique s’épanouir dans la pratique de l’art, mais il avait vite regretté, au final. Jusqu’à en être malade. Maladivement jaloux. Jusqu’à, un jour, attraper cet homme au détour d’un couloir alors qu’il allait rejoindre Sofyan, le traînant derrière lui tandis qu’il se débattait comme un beau diable. Là, il l’avait jeté dans cette pièce sombre, posant un regard fou sur le malheureux. Sofyan avait cet effet, sur lui. Cette capacité de le faire sortir de ses gonds en un rien de temps, d’ouvrir la cage de la bête qui vivait en lui. Ivre de jalousie, étourdi de fureur, alors, Balian l’avait fait souffrir. Beaucoup. Le torturant pendant plusieurs heures, sans jamais rien lui expliquer, mais le pauvre homme avait probablement compris dès le début. À cette époque, oui, on payait cher un regard de travers sur le prince ou des mots un peu trop chaleureux. Balian veillait comme un dragon sur son trésor, féroce et avide, aussi sanguin qu’une bête sauvage. Ça n’avait jamais eu l’air de déranger Sofyan. Quand bien même ça avait été le cas, il n’en aurait eu rien à faire. Balian De Lusignan était égoïste, possessif et jaloux. Balian De Lusignan était fou. Fou d’amour.

Il se souvenait vaguement de cette époque où il tuait sans vergogne, faisant couler des torrents de sang pour son infant. Là, au milieu d’une Belfast en ruines, ce temps lui semblait bien lointain. Comment aurait-il pu s’imaginer qu’il finirait ainsi, dans un monde où les vampires se nourrissaient à présent dans les banques de sang et où la plupart des humains étaient à présent protégés par un traité qui maintenait difficilement un équilibre fragile ? Balian le vomissait, ce monde-là. Il le gerbait tout comme il gerbait cette pourriture vivante qu’étaient les Tullamores. Frémissant de haine comme à chaque fois qu’il y pensait. Il avait tout perdu, à cause d’eux. Son statut. Son royaume. Son infant. Il en avait le cœur pincé à chaque fois, pleurant intérieurement l’absence de Sofyan. Plusieurs années déjà qu’il ne l’avait pas vu. Depuis la prise de River Crow, il avait appris à vivre loin de lui, lui confiant même les rênes de Moïsmasem, mais il restait malgré tout terriblement attaché à son infant. Sa chair. Son sang. En ces temps-là, lorsque River Crow tenait encore debout, il comblait la distance à travers quelques échanges épistolaires, trouvant dans l’écriture une sorte de réconfort, un soulagement temporaire qui lui faisait oublier l’absence de Sofyan. Ses visites en Palestine étaient rares. Aujourd’hui, il regrettait qu’elles n’aient pas été plus nombreuses. Il aurait dû… Il aurait dû. Il aurait dû aller le voir plus souvent. Profiter de sa présence. S’ancrer au plus profond de son âme. Jamais il ne se serait douté qu’il regretterait un jour de ne pas en avoir fait plus. Les regrets venaient toujours lorsqu’il était trop tard. Ils se manifestaient dans une vanité assommante, déprimante. Stacey n’avait jamais vraiment pu combler ce vide au fond de lui. Une plaie invisible qu’il ne lui avait pas confiée, préférant jalousement garder sa peine pour lui en se consolant de la survie de Sofyan. Car il était en vie. C’était une certitude.

Le lien du sang était fort. Indéniable. Inébranlable. Et cette chose invisible qui le liait à son infant était toujours là. Comme un instinct ancré en lui, une impression inéluctable de le sentir, même loin de lui. Si Sofyan était mort, il le saurait. Si Sofyan était mort… Il se demandait s’il s’en serait remis. Probablement pas. Il était sa plus belle création. Son prince, son chef-d’œuvre. Balian ne voulait pas d’un monde sans lui, tout comme il ne voulait pas d’un monde sans Stacey. Pourtant, il allait devoir se faire à l’idée qu’il lui fallait vivre sans la présence de l’humain à ses côtés. Stacey était parti, prenant impunément son indépendance et piétinant son cœur au passage. Il se sentait seul, maintenant. Terriblement seul. Et cette solitude, il la comblait dans le sang et la violence, s’aventurant dangereusement hors de la ville pour croiser le chemin des agents de Tullamore, quand il n’était pas en train de rendre visite à Léandre pour simplement squatter sa chambre pendant plusieurs heures. Balian n’aimait pas la solitude. Depuis Sofyan, il ne l’avait jamais plus été. Seul. L’infant était un morceau de son âme. Une partie de lui qui l’aidait à être complet. Et aujourd’hui… Aujourd’hui, pourtant, il se retrouvait seul. Mains dans les poches, il errait dans Belfast en traînant des pieds, repoussant l’instant où il rentrerait chez lui pour retrouver les murs décrépis de sa misérable maison. Ah ça… On pouvait dire que ça le changeait bien de son palais et du faste indécent dans lequel il avait pu vivre. Tout était gris dans ce nouveau monde. Tout était sombre, sale et morne. Tout était sordide, à en devenir fou. Un éclat de couleur, pourtant, attira son regard. Les pas du vieux vampire ralentirent et il s’arrêta doucement pour observer le mur couvert d’une fresque étonnante. En temps normal, il ne se serait sûrement pas arrêté.

En temps normal, il aurait fermé les yeux sur les motifs peints qui habillaient le mur, n’aurait pas accordé la moindre attention à cette parcelle de ciment. Pourtant, son regard ne put pas se détacher de la peinture, comme happé par une force qui le dépassait. Sa gorge se serra. Épris d’une émotion profonde qu’il n’expliqua pas. Quelques initiales le mirent sur la piste, mais sans cette signature, il aurait probablement pu aisément deviner qui se cachait derrière cette toile urbaine. Instinctivement, il caressa du bout des doigts l’anneau qu’il portait au majeur. Pas l’annulaire. C’était trop souillé d’une symbolique qui lui donnait la nausée. Ils étaient au-dessus de ça. Ils avaient toujours été au-dessus de ça. Lèvres pincées, il continuait d’observer le mur, hypnotisé par les mains qu’il reconnaissait à travers ces coups de pinceau. C’était lui. Sofyan. Il en aurait mis sa main à couper. Son cerveau se mit à fonctionner à toute vitesse. Il était là ? À Belfast ? Comme répondant silencieusement à cette question, il sentit au fond de lui un puissant instinct refaire surface. La présence de son infant lui fut révélée avant même que sa main ne se pose sur son épaule. Lentement, Balian se retourna, se noyant dans la profondeur ténébreuse de ce regard qu’il avait tant rêvé. D’ailleurs, était-il en plein songe ? Délirait-il en pleine nuit ? Ou Sofyan était-il bien là, au milieu de cette ruelle, juste en face de lui ? Ses larges mains vinrent cueillir son visage pour le relever doucement vers lui. Combien de fois avait-il espéré cet instant, se perdant dans des rêveries diurnes, à redessiner mentalement les traits orientaux de ce visage qu’il connaissait si bien ? Son pouce effleura la courbe de sa joue. Sous la pulpe de ses doigts, cette peau semblait si réelle. Ce ne pouvait décidément pas être une illusion.

« Omri… » Souffla Balian d’une voix rauque, peinant encore à croire à ce qu’il vivait.

Il était là. Devant lui. Entre ses mains. Juste là. Il aurait presque pu en pleurer. Il se pencha vers lui pour happer brusquement ses lèvres, le plaquant brutalement au mur en conquérant audacieusement sa bouche. Il voulait s’assurer qu’il ne rêvait pas. Mordant sa lèvre, il goûta son sang du bout de la langue avant de coller son front au sien, presque haletant, ému au plus profond de son âme. Sa moitié. Son enfant. Son tout, même. Ses mains glissèrent sur sa gorge, ses épaules, ses hanches, tâtonnant ses muscles, redécouvrant ce corps qu’il avait étreint jusqu’à en perdre le compte. Il réalisait maintenant combien Sofyan avait pu lui manquer. Son nez glissa contre sa gorge. Il avait le parfum de l’Orient et des nuits de Palestine, le parfum doux et chaleureux d’une terre lointaine, l’odeur rassurante d’un chez soi que l’on retrouve.

« Twahachtlek… » La distance l’avait rendu mielleux. Assez pour qu’il se permette quelques mots doux, lui qui pourtant n’avait pas l’habitude de se laisser aller à des paroles affectueuses avec son infant. « ‘Ant hqaan hunak. »

Les bombes auraient pu leur tomber encore sur la tête qu’il n’en aurait eu rien à faire. Vraiment plus rien n’avait d’importance alors qu’il sentait le corps de Sofyan contre le sien pour la première fois depuis des années. Trop d’années. Il se promit de ne plus jamais s’éloigner aussi longtemps de lui. La douleur de l’avoir presque perdu lui avait fait prendre conscience de son affection pour lui. Jamais il ne reprendrait le risque de le perdre à nouveau. Non, jamais… Il allait détruire Tullamore, emmener Sofyan loin d’ici et ne plus jamais le quitter. Si Stacey pouvait se joindre à l’équation, alors ce serait l’idéal. Mais ça, il y penserait plus tard. Pour l’instant, une seule personne comptait : son infant. Il prit sa main gantée dans la sienne en souriant, plongeant à nouveau dans son regard en espérant s’y noyer à jamais. Il avait tant de questions à poser, tant de mois à rattraper, tant de choses à lui dire… Mais il restait résolument muet pour le moment, à simplement profiter de l’instant, réalisant difficilement qu’il ne délirait pas.



Omri : Ma vie
Twahachtlek : Tu m'as manqué
‘Ant hqaan hunak : Tu es vraiment là

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Il y a toujours eu un gouffre entre un désir souhaité perdu dans les limbes d’un esprit...et un désir qui se manifestait au point de pouvoir le toucher. Ce gouffre, je savais le faire disparaître juste en portant ma main sur l’esprit envieux. C’était simple et fragile à la fois. Chaque désirs me rentraient dedans, aussi sûrement que s’ils avaient été miens. Je les laissais pénétrer mon être afin de pouvoir au mieux les manipuler jusqu’à faire ressentir l’effet désiré. Certains se mettaient alors en joie tandis que d’autres commençaient à trembler. Et cela dépendait uniquement de Mon désir. Je devenais marionnettiste de l’esprit pendant quelques minutes à bien plus longtemps. Et cela, par contre, ne dépendait que de toi à l’époque. Quand tu mettais ta main sur mon épaule tandis que la mienne caressait la joue d’un traître avant de s’emparer de ses pensées à la recherche du précieux sésame: le désir...et les tortures qui pouvaient alors commencer.

Il en allait toutefois autrement aujourd’hui. Je ne jouais à aucun jeu. Je ne portais aucun masque face à toi. Mon désir se faisait violence tandis que mon regard s’évertuait à retenir chaque boucle de ta chevelure, chaque lumières happées par ton regard, ou encore les commissures de tes lèvres qui m’avaient tant manquées. C’était comme si tu étais un fantôme et que je voulais me convaincre coûte que coûte qu’il me resterait un souvenir. Alors je ne pus réagir trop emporté par ta vue, ton odeur, ta présence. Cela ne pouvait pas ne pas être réel. Et tu me le confirmas; tes mains recevant mon visage, tandis que ce dernier se levait vers le tien et que j’entendais de ta voix ce mot - unique - que j’avais lu tant de fois dans nos correspondances écrites. Comment avions-nous pu nous tenir éloignés si longtemps? Comment avais-je réussi à enchaîner mes démons pour ne pas parcourir les cieux et les mers jusqu’à ta couche?

Loyauté. Fidélité. Folie? J’avais voulu te rendre fier de moi et faire prospérer ton royaume. J’avais été ambitieux et en même temps fiévreux de ne plus partager mes nuits avec toi. J’avais étouffé mon cœur, le faisant respirer à travers quelques lignes, quelques mots manuscrits, mais jamais rien d’aussi fougueux que tes lèvres s’emparant des miennes qui s’entrouvrent comme une mélopée jamais oubliée et toujours surprenante. Mes mains s’engouffrèrent sous ton pardessus, au plus près de ta peau, sans pour autant venir contre elle. Le choc du mur dans mon dos m’apparut aussi doux que ton front se déposant contre le mien, tandis que ma poigne se faisait forte, aussi incisive que ta morsure à ma lèvre car visant la même chose; tu es vrai. Tu es bel et bien là malgré l’absence - la souffrance - et l’éternité qui nous avait séparées. Je te laissais me redécouvrir, m’abandonnant à toi avec un plaisir non feint. J’avais la sensation que mon cœur se perçait à la fois de façon agréable et à la fois de façon poignante. J’avais envie de te sourire, mais également de pleurer, réactions contraires mues toutes deux par l’amour que je nourrissais envers toi.

T’avoir contre moi me rappelait les nuits de Palestine où nous nous amusions à chasser ensemble. J’aimais quand nous jouions notre propre rôle d’amants nocturnes, occupés à se découvrir alors même que nous étions sensibles aux proies que nous voulions chasser. Ce souvenir et sa chaleur s’évanouirent rapidement à l’entente de tes mots. Des mots qui m’étaient inconnus. Des mots qui mirent fin au doute intérieur de mon cœur. Doucement, ma main gantée vint caresser la fine et puissante ligne de ta mâchoire. Tu savais qu’en retirant mes gants je pouvais avoir accès à tes désirs. Et en cet instant, je n’étais pas sûr d’être assez fort pour résister à ce que je pourrais y lire. C’est ainsi que frustré du contact de ta peau, je pris à mon tour la parole, laissant une larme traversée ma joue: “Na’am ila al-abad”*.

Mon regard ne désirait pas quitté le tien. Mon esprit n’était pas encore sûr d’avoir bien compris les mots que tu venais de prononcer. Se pouvait-il que tu aies changé en ce sens? Se pouvait-il que mon absence - la croyance de ma perte - t’amène aujourd’hui à te montrer autrement avec moi? Tant de questions qui fondaient sous le soleil de ton regard.

Ma main dans la tienne, je la fis remonter le long de ton bras, avant d’user de cette capacité propre à notre race - la célérité - pour échanger nos places, te plaquant à mon tour - malicieux - contre le mur. Ce fut l’histoire de quelques secondes, mes mains maintenant tes épaules, mon regard s’affolant de la perfection de ton visage, avant que je dépose avec fougue mes lèvres à ton cou, non pas pour percer la chaire mais pour la bénir de maints baisers: doux, lents, sucrés. Comme autrefois tu t’en souviens? Je crois que nos corps n’ont pas oubliés, tant la saveur de ta peau me submerge comme un fruit défendu. Sensuellement, mes lèvres remontent jusqu’à ton oreille, mon corps se fond presque au tien, avant que je ne te murmure:”aishtaqat lak 'aydaan”*

Là-dessus, je me redresse, délaissant à regret ton corps, faisant un pas en arrière pour mieux te contempler. Mon regard passe de l’effronterie dont tu as souvent eu l’exclusivité dans notre intimité, à un aspect plus sérieux qui pouvait parfois t’effrayer. Je crois que je n’arrivais toujours pas à comprendre comment j’avais réellement pu me tenir si éloigné de toi...Tout en prenant conscience que je serai incapable aujourd’hui de te laisser partir. Mon regard, qui s’était un instant perdu dans ta silhouette aux accents ténébreux, retrouva le chemin du tien: “Ne pars plus jamais loin de moi, veux-tu?!” Une colère mêlée de tristesse venait colorer mes paroles. J'étais le premier surpris de constater que ton absence avait tant broyée mon cœur et que je t'en voulais encore! Ne vas pas croire que je te rejette. Je te veux, infiniment, impunément! Mais tu me connais assez pour savoir que toi seul peut me faire bouillonner à la fois de désir et de colère. Toi seul dérange le chaudron alchimique que je suis et es capable de le faire exploser.

✦✦✦✦✦✦✦✦


“Na’am ila al-abad” = oui et à jamais.
aishtaqat lak 'aydaan = tu m’as manqué aussi



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Les rôles s’inversaient. Plaqué contre le mur, Balian ouvrit des yeux surpris, trop choqué pour réagir sur le moment. Il n’avait en effet pas l’habitude de prendre cette place-là. Des années que personne n’avait eu l’audace de vouloir prendre le dessus ainsi. Sofyan, cependant, avait un passe-droit. Avec lui, le prince pouvait se permettre des choses que personne d’autre ne pouvait oser espérer se permettre. Il l’avait compris, avec les années, parfois capricieux face au roi de Moïsmasem. Balian était fou de lui. Il lui passait bien des choses, refusant de contrarier son prince favori. Docile, le vieux vampire se laissa donc faire, savourant chaque baiser, frémissant chaque instant où les lèvres de Sofyan effleuraient sa peau. Combien il avait pu y penser, invoquant cette bouche, cette tendresse, jusqu’à retrouver son infant dans le monde des songes. Il inclina légèrement la tête pour mieux le laisser embrasser sa gorge à loisir, un long frisson s’attardant sur son échine lorsque son souffle chatouilla son oreille. Bon dieu. Il retint un juron, tout émoustillé de ce simple contact, encore plein d’émotion de le retrouver. Car c’était bien Sofyan, il était bien là, contre lui, dans ses bras. Il sentait sa taille sous ses doigts, son corps contre le sien. Cette sensation-même était extatique. Il n’imaginait pas le retrouver un jour. Bien sûr, il espérait revoir Sofyan un moment ou l’autre, mais pas aussi vite. Il n’aurait jamais imaginé qu’il était là aussi, sur cette île. Les premières fresques lui avaient mis la puce à l’oreille, mais il avait fait l’autruche, car d’une certaine façon, il était peiné. Peiné que Tullamore l’ait eu lui aussi, peiné de le savoir prisonnier sur cette île de la mort. Peiné que Sofyan souffre lui aussi. Maintenant qu’il l’avait là, sous ses yeux, c’était décidé, il allait quitter cet endroit de malheur en détruisant Tullamore. Il adressa un mince sourire à son infant en le voyant redevenir mortellement sérieux.

« Je ne suis jamais loin de toi. » Lui répondit-il en posant sa main sur le cœur de Sofyan. Ce cœur qui ne battait plus, qui n’était que symbolique. « Je suis ton sang, Omri. »

Il avait beau dire ça, lui aussi avait souffert de cette distance. De cette absence. Le lien du sang était immuable, mais ça ne changeait rien à la douleur de ne pas le voir, le toucher ou lui parler. Sofyan avait partagé tellement d’années de sa vie. Il avait instauré une certaine distance entre eux lorsqu’il s’était installé en Irlande, mais il l’avait fait en se persuadant qu’il pouvait revenir quand bon lui semblait en Palestine. Il était si naïf à l’époque. Si candide. Ce n’était qu’aujourd’hui qu’il le regrettait, après avoir réalisé combien tout était si fragile, à quel point tout pouvait basculer. Il avait vraiment cru le perdre. À l’époque, il se consolait de le savoir vivant et espérait qu’il survive encore longtemps, mais pour combien de temps encore ? Quand quitteraient-ils l’Irlande ? Quand Tulamore disparaîtrait-il ? Balian n’avait aucune réponse à ces questions. Il avait vécu dans le doute. Dans l’angoisse. Dans la peur de se réveiller un jour et de ne plus sentir ce lien qui l’unissait à Sofyan. Si c’était arrivé, il en serait devenu fou, à n’en pas douter. Il aurait tout détruit. Tout envoyé en l’air. Il aurait perdu sa raison de vivre. Car c’était ce que Sofyan était, au fond. Sa bouée de secours, son trésor, sa moitié, son tout. Une partie de lui. Balian posa une main sur sa joue, caressant tendrement sa peau, bousculé par ce regard sombre, plein de tristesse et de rage. Ce sentiment, il le connaissait. Il avait le même en lui. Rage contre les humains de Tullamore, contre ces déchets qui avaient construit ce mur et l’avaient privé de sa liberté. Tristesse d’être séparé de Sofyan, de peut-être perdre pour toujours sa chair et son sang. Mais aujourd’hui, il en était persuadé, tout irait bien. Comme si la seule présence de Sofyan faisait renaître un espoir qui fanait doucement jusqu’ici. Pour lui, il se battrait. Il tiendrait bon.

« Où étais-tu ? Quand est-ce que tu es arrivé ? J’ai tant de questions à te poser… » Souffla Balian, encore fébrile. « Viens. »

Il lui prit la main pour l’emmener hors de la ruelle, avant de l’enlacer jalousement par la taille. Que personne ne le lui vole. Ne l’emmène loin de lui. Il avait envie d’être seul avec Sofyan. Seul sans personne pour le déranger, seul dans la quiétude silencieuse de sa maison de fortune. Il était… Plein de questions, plein de sentiments si forts qu’il en avait le tournis, plein d’émotion. Il ne savait pas par où commencer, alors il resta silencieux, le bras toujours fermement posé sur la taille de Sofyan en lui faisant suivre le chemin. Juste lui, son infant, le silence, ça lui convenait aussi. Simplement sa présence, son odeur, la sensation de son corps contre le sien. Il l’avait oubliée, d’ailleurs, cette sensation. Il s’était presque habitué à la chaleur de Stacey, là où le corps de Sofyan demeurait froid. Il y pensa à peine, toutefois. Toutes ses pensées étaient plutôt tournées vers son infant. Moïsmasem, Tullamore, l’arrivée ici… Il se demandait comment tout était arrivé. Il en était presque furieux, d’ailleurs, à l’idée que des agents aient pu malmener son fils vampirique. Il en avait des envies de meurtre. Si un seul d’entre eux avait osé ne serait-ce que toucher un seul de ses cheveux… Il retrouverait ceux qui l’avaient emmené ici. Ceux qui l’avaient jeté là, dans cette prison immense, le condamnant à une existence misérable. Sofyan méritait tellement plus. Tellement mieux. Balian l’avait toujours gâté, noyé dans l’opulence, lui faisant vivre une vie de luxe et de profusion. Dans ce temps-là, le sang coulait à flots et le prince de Moïsmasem ne manquait de rien. Il était triste, presque honteux de le voir ici aujourd’hui, de l’emmener dans sa maison misérable, presque aussi minable que quatre murs en béton et du carton par terre. Toutefois, même dans ce triste monde, son prince était toujours aussi beau. Il pivota la tête pour admirer son profil, le cœur serré par la beauté de ce visage oriental.

« C’est là que j’habite. » Lui annonça-t-il, l’air sombre. Il s’arrêta devant une petite bâtisse qui comme les autres habitations de Belfast ne payait pas de mine. « Et toi ? Tu habites où ? Seul ? » Il l’espérait. Pas qu’il souhaite la solitude à son infant, mais il était jaloux à l’idée qu’il ait pu partager son habitation avec une autre personne, particulièrement s’il s’agissait d’un homme. « Rentre. Je crois qu’on a beaucoup à se dire… »

Mais avant ça, il voulait fêter dignement leurs retrouvailles et c’est d’une caresse sur les reins de Sofyan qu’il scella cette promesse, lui offrant un sourire entendu. Il le fit entrer dans la petite maison, qui n’avait pas changé depuis le départ de Stacey. Des murs dénudés, une décoration inexistante, un lit, une table, des chaises, une salle de bain. Le strict minimum. Un intérieur triste et morne qui reflétait bien son état – tout du moins, avant de revoir son infant.



Je n'ai rien traduit parce que c'est trop dur mais Balian parle en arabe à Sofyan xD (toujours lorsqu'ils sont seuls tous les deux)
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C’était solennel entre nous. Bien plus fort que le mariage qui n’était digne que des hommes. Bien plus passionnel que n’importe quelle tragédie grecque! Si tu savais comme j’étais heureux que la comparaison s’arrête là? Que nous n’avions pas eu à donner de notre sang ou pire notre vie! Que notre amour n’était pas plus damné qu’un autre après toutes ces années dans notre royaume où nous étions des dieux? Je me sentais pourtant parfois coupable de ne pas avoir su leur tenir tête, de ne pas être à l’extérieur pour venir te sauver. Mais depuis ces deux années où cette île m’a porté, ma certitude était que je pouvais te sauver de l’intérieur. Les hommes ne pouvaient être plus forts que les dieux. C’était tout simplement impossible, hors nature...Mais pour apporter une rébellion encore fallait-il des rebels! Si tu savais comme j’ai été désolé de constater à quel point les vampires et tous les autres se sont adaptés? À quel point personne ne semble vouloir d’un autre avenir que celui d’animaux en cage! Pourtant à Tullamore les expériences sévissent - les gens parlent - mais ils n’agissent pas! Ils peuvent peut-être nous assoiffer, mais ils ne peuvent toutefois pas nous tuer!

Mais je suis bien loin de ces considérations maintenant que je t’ai retrouvé. C’était comme si la sensualité s’immisçait entre nous, comme une vieille amie qui ne nous a pas oublié. Si ce n’était cette rage en moi - cette crainte de te perdre à jamais - qui avait refait surface, sans doute aurais-je pu continuer mon exploration de tes terres à la saveur unique. Tes paroles finirent de me détendre. “Tu as raison. Tu es mon sang.” Un souffle tandis que ta main perlait ma joue. Mon regard revint se perdre dans le tien tandis que je me retenais de t’embrasser à nouveau, me mordant la lèvre sans faire couler le sang. Tu as toujours été le seul dans mon cœur, au point que ce dernier avait été si vide, que te retrouver en était douloureux. Comme si la place s’était restreinte, et que tu reprenais doucement tes droits. À moins qu’il ne s’agissait que d’un stratagème de mon être: rétrécir le cœur pour ne plus souffrir. Et aujourd’hui? Même si notre lien était palpable - plus que jamais depuis la fin de notre monde - j’étais sensible à la possibilité que nos retrouvailles ne soient qu’éphémères. Toi et moi étions des dirigeants...et nous savons comme ne pas diriger veut dire être soumis au bon vouloir de ceux qui gouvernent.

Mais j’écoutais ta question, me concentrant sur ta voix tandis que mon corps suivait le mouvement que ta main lui soumettait. Une question, précédée d’une autre, et d’autres encore qui restaient silencieuses. Si tu savais comme j’ai hâte d’en savoir plus sur ces dernières années moi aussi. Hâte de savoir si mon choix de rester loin de toi avait été judicieux, ou si pour une raison ou une autre j’allai le regretter amèrement. Tandis que tu menais la danse, ma voix s’éleva, prodiguant quelques maigres réponses, qui peu à peu prenaient de l’épaisseur. “J’étais à Cork.” Naturellement, mon corps se colla au tien dès que ton bras enserra ma taille, et que le mien se glissa autour de la tienne. J’étais perturbé. De ton odeur. De ta présence. De tout ce qui faisait toi. De tout ce qui faisait nous. Un “nous” que j’avais toujours adoré, aussi éloigné que je l’étais de toi. Un “nous” que j’avais sacralisé, car il réchauffait mes jours et nourrissait l’espoir. Celui d’un monde hors de cette prison faite d’une terre désolée et d’un ciel voilé.”Cela fait deux ans”. Un aveu. Un affront peut-être...Mon regard ne cherche plus le tien. Il semble contempler les rues balafrées de Belfast alors même que j’y suis hermétique. Tout cela ne vibre rien, à part le désespoir et l’abandon. Les sorciers avaient eu la décence de leur côté de ne pas laisser paraître leur trouble.

Mais je ne t’en pipais mot. J’appréciais simplement te sentir contre moi. J’appréciais que nos pas se muent ensemble sur ce sol décharné. Soudainement, j’avais la sensation que tout le plan que j’avais fomenté pourrait bel et bien réussir car nous étions à nouveau réunis! Toutefois, mon regard ne se mettait pas encore totalement en joie. J’affermissais ma prise sur ta taille afin de me rendre compte de ta réalité. Tu étais là, réellement. Ce n’était pas un de ces autres rêves à la dérive...Quand je compris que la bâtisse qui nous faisait face était la tienne, je sus que je ne pouvais rêver. Tu ne m’apparaissais jamais avec tant de pauvreté t’entourant. Je gardais de toi l’image de Balian le magnifique, au même titre qu’un Alexandre Legrand dont je me plaisais à imaginer que tu avais croisé la route. Est-ce que je te jugeais? Non. Je constatais que la réalité nous avait attrapé tous deux. Ce qu’elle ne savait pas, était qu’on avait le pouvoir de tout changer ensemble.

Je te laissais me guider à l’intérieur, un doux sourire naissant sur mes lèvres face à la promesse de ton geste. “Nous sommes plusieurs. Mais je les connais à peine.” Dois-je t’avouer que cela fait deux semaines que je vis dans un squat? Je tournais doucement sur moi-même afin de contempler les lieux. Cela ne te ressemblait pas. “Et toi? Avec qui passes-tu tes nuits?” Mon regard s’arrêta sur toi. Tu savais que je n’avais jamais été dupe. Tu savais comme je me doutais que tu n’étais pas capable de traverser les nuits en solitaire. “As-tu trouver de quoi t’occuper pendant mon absence?” Je me faisais taquin, sachant savamment passer de l’accusation dans le ton de ma voix, à la plaisanterie la minute suivante. Les années sans toi m’ont apporté une plus grande affirmation...Je souhaitais que cela ne te déplaise pas.

Un pas, puis un autre. Je revenais à ton contact, mon corps épousant doucement le tien, tandis que ma main se porta sur ton torse. J’aimais sentir ta solidité faute de sentir ce cœur absent. Je baissais également la tête, laissant des mèches rebelles occulter mon visage tandis que je me confessais: “J’ai échoué mon amour.” Je reculais d’un pas, mû par ce poids que je transportais depuis deux ans. “J’ai échoué à protéger ton royaume...à protéger les nôtres...Nous n’étions pas assez préparé...Nous n’imaginions pas une telle attaque.” Je revoyais le sang peinturant les murs du palais. Les nôtres au sol, inertes...Une vision cauchemardesque, même pour moi qui connaissait si bien les nuits d’horreur.

✦✦✦✦✦✦✦✦


Tous les dialogues sont en arabe Razz Plus facile ^^


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Plusieurs ? Il n’aimait pas ça. Balian pinça les lèvres, à peine consolé en apprenant que son infant les connaissait à peine. La pensée qu’il partage le gîte avec plusieurs inconnus lui tordait doucement l’estomac de jalousie. Il imaginait des regards indécents se poser sur Sofyan, des pensées fugaces passer dans le crâne de ces gens. Quoi qu’il en soit, c’était décidé, son infant ne reviendrait pas là-bas. Il n’était pas fou au point de le laisser retourner vivre avec des gens qu’il ne connaissait même pas. On aurait pu le croire père poule surprotecteur, mais ce qui l’inquiétait surtout, ce n’était pas la sécurité de son infant, mais plutôt sa vertu. Il avait beau l’avoir bafouée maintes fois au fil des siècles, il refusait de laisser quiconque d’autre que lui se le permettre. Sa logique était implacable, en effet. Il n’était pas naïf, pourtant. Il avait bien conscience qu’en son absence, Sofyan avait dû trouver d’autres bras dans lesquels se réchauffer. Lui-même ne s’était pas privé pour assouvir sa libido. Il y avait cette règle tacite entre eux, ce principe de ne rien se dire tout en sachant parfaitement ce qu’il en était. Question de respect. D’amour, peut-être. Balian pouvait promettre la fidélité du cœur mais pas celle du corps. À ses yeux, les deux choses pouvaient parfaitement se distinguer. Il aurait pu étreindre tous les hommes d’Irlande qu’il aurait considéré ne pas s’être fourvoyé. Avec Stacey, toutefois, peut-être avait-il franchi la limite. Peut-être avait-il commis cet acte que l’on appelait ‘tromper’. Lui-même ne le savait pas trop, ou plutôt préférait-il se convaincre du contraire. Quoi qu’il en soit, son affection pour Sofyan, elle, n’avait pas changé. Les années, les décennies et les siècles n’avaient pas érodé l’amour qu’il lui portait et même Stacey n’avait pas su y changer quoi que ce soit. Cela ne l’empêcha pas de se sentir coupable quand son fils vampirique lui demanda s’il avait pu s’occuper en son absence. Le sous-entendu était très clair.

« De quoi m’occuper… Je m’ennuie toujours de toi quand tu n’es pas là, tu le sais. » C’était une demi-réponse. À la fois mensonge et vérité, pour ne pas aborder le sujet fâcheux. « Je passe mes nuits seul. »

En ce moment, en tout cas. Quelques semaines auparavant, ce n’était pas le cas. Il partageait encore son lit avec un mortel. Son mortel… L’absence de Stacey, tout comme celle de Sofyan, lui faisait réaliser quelle place l’humain avait pris dans sa vie. Peut-être était-ce une bonne chose que ça se termine là. Au moins, il ne s’attacherait pas plus. Les années passeraient… Il oublierait. Balian connaissait son infant, d’ailleurs. Il lui avait probablement transmis sa jalousie maladive. Il se doutait que si le rapprochement des corps passait, le rapprochement des cœurs, lui, ne mettrait pas en joie son beau prince. Puisqu’il venait juste de le retrouver, il voulait lui épargner cette peine inutile. Il ne savait même pas s’il reverrait Stacey un jour, de toute façon… Il ne voulait pas penser à lui. Pas même une seule seconde. La blessure était trop fraîche, et l’instant était mal choisi. Il préféra profiter du contact physique, du corps de Sofyan contre le sien, plongeant ses doigts dans les boucles brunes de l’oriental. Tout était si naturel. Si évident. Comme si cet homme était né pour se trouver là, dans ses bras. Tout simplement. Balian plongea son nez dans la chevelure sombre pour en sentir les effluves parfumées qui lui rappelaient tant son palais à Moïsmasem. Sofyan avait l’odeur d’ailleurs. Un parfum qui lui avait tant manqué qu’il se sentait tout fébrile d’émotion en cet instant, à le sentir à pleins poumons. Il perdait la notion du temps. Le moment aurait pu durer des heures qu’il ne s’en serait pas rendu compte. Malheureusement, Sofyan se recula, l’air penaud, et le vieux vampire l’observa en fronçant doucement les sourcils. Nulle colère ni déception, simplement la tristesse de voir son infant s’excuser ainsi des événements sur lesquels il n’avait eu aucun contrôle. Balian secoua la tête. Personne n’avait rien vu venir. Ni lui, ni Léandre, ni personne. Tullamore avait surpris tout le monde. Eux les premiers.

« Personne n’était préparé. Nous ne pouvions pas savoir… » Il soupira brièvement, le cœur pincé de repenser à son royaume détruit. « Je reconstruirai Moïsmasem. » Lui promit-il toutefois. « Plus belle et plus puissante que jamais. »

Il le pensait réellement. La perte de ses terres d’Orient avait été un coup dur, juste après les bombardements de River Crow, mais ce qui l’avait le plus inquiété, c’était l’idée de perdre Sofyan. Il ne s’en serait pas remis, si son infant avait péri avec Moïsmasem, alors il était reconnaissant de pouvoir le voir aujourd’hui, le prendre dans ses bras et l’embrasser. Le monde pouvait s’écrouler, s’il restait avec lui. Il lui prit tendrement la main pour l’attirer vers le lit et l’inviter à s’assoir sur le matelas. Balian ne connaissait plus trop le sommeil dans sa forteresse de solitude. Mine de rien, il s’était habitué à dormir dans un lit trop étroit. Il refusait toutefois d’y inviter n’importe qui. Il aurait l’impression de souiller ces draps déjà miteux. Il était d’ailleurs désolé de ce tableau qu’il offrait à voir, lui, roi déchu dans une maison misérable. Sofyan lui épargnait heureusement sa pitié, ce qui le consola un peu, et il suivit du bout des doigts la courbe de sa gorge, effleurant la peau hâlé avec plaisir. Ce que cette sensation avait pu lui manquer. La fraîcheur ensorcelante de ce corps exotique. Chaque creux, chaque bosse, de ce corps qu’il connaissait par cœur depuis des siècles. Il aurait pu retracer les yeux fermés chaque centimètre carré de Sofyan, à force de l’étreindre et de le toucher depuis qu’il lui avait donné la vie. Ce vampire était décidément sa plus belle création.

« Je suis heureux et soulagé que tu sois en vie. Je savais que tu avais survécu. » Il l’avait senti au fond de lui. Le lien du sang. Inaliénable. Indestructible. « Reste à mes côtés, Omri. » Avec lui, il se sentait capable de soulever des montagnes. De détruire Tullamore. « Nous quitterons bientôt ce pays de malheur et nous retrouverons la Palestine. »

Ce n’était pas une promesse en l’air ni des plans sur la comète. C’était ce qu’il avait prévu, tout simplement. Ambitieux, certes, étant donné la situation désespérée dans laquelle se trouvaient les vampires, mais bon. Balian voyait haut. Balian voyait loin. Revoir son infant lui redonnait l’espoir qu’il lui manquait pour mettre tout cela à exécution. Maintenant, c’était certain, il allait y arriver. Et il avait hâte. Se remettre de tout cela prendrait du temps, mais dans un siècle, il y penserait en souriant.

« Parle-moi de ce qu’il s’est passé pour toi, maintenant. Qu’as-tu fait ces deux dernières années ? »

Ces deux ans où ils s’étaient perdus de vue. Ou l’apocalypse s’était abattue sur l’Irlande, obligeant Balian à couper net le contact avec son infant. Ça n’avait pas été facile, au début. Même lorsqu’il vivait à River Crow, il s’arrangeait toujours pour converser avec lui. Il n’était pas un adepte des nouvelles technologies, mais en avion, une lettre ne mettait pas si longtemps à voyager d’Irlande jusqu’en Palestine.

« J’espère que le faste de Moïsmasem ne te manque pas trop… Malheureusement je n’ai pas grand-chose de plus à t’offrir aujourd’hui. Ce que je peux te promettre, au moins, c’est du sang frais qui ne sort pas d’une poche en plastique. » Balian n’était encore jamais allé dans la banque de sang pour se nourrir. Il préférait prendre des risques et aller chasser le Tullamore en dehors de la ville. Pour son infant aussi, il était prêt à le faire. « Au moins, tu ne mourras pas de faim. »

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Balian & Sofyan

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Je ne te connaissais que trop bien. Je savais lire entre les lignes, entre les éclats de tes iris ombreuses. J’en étais désolé. Désolé de t’imaginer prendre du plaisir avec un autre que moi. Jaloux. Un mot qui était dans notre nature à tous deux mais dont la fragilité n’était maintenue que par une promesse faite autrefois entre deux baisers, nos peaux bronzées luisantes de l’huile dont nous nous étions imbibée suite à de peu pieux massages. Une promesse à l’odeur de l’encens de rose qui brûlait dans la pièce tandis que tu m’offrais ton cœur, tes sentiments, ton amour et que je fis naturellement de même. C’était cela notre accord, notre alliance. L’éternité de notre amour au détriment d’une fidélité de chair. Était-ce vrai Maysan? Était-ce toujours vrai? Ou cela avait été englouti en même temps que Moismasen avait été détruite?

Peut-être est-ce en raison de tout cela que j’avais su préserver mon cœur des assauts incessants de mes prétendants. Je ne t’en avais jamais glissé mot dans mes lettres, mais ils avaient été plusieurs au fil des années, hommes comme femmes à vouloir davantage qu’une nuit dans mes draps. Parfois, quand mes pensées se font sauvages, je me demande si je n’aurais pas du te le dire afin de te voir revenir auprès de moi. Toutes ces années loin de toi n’étaient qu’arrogance face à cette éternité que nous avons cru nôtre. L’était-elle réellement? Quand je vois l’endroit où tu as élu domicile, quand j’entends au-delà de ces quelques mots qu’il y a des secrets que tu me tais. Mais j’en avais aussi. Des histoires qui ne serviraient qu’à t’énerver alors que je ne rêve que de tes caresses. Des souvenirs d’un autrefois princier dont il ne restait que nos souvenirs comme sanctuaires. Je ne voulais pas gâcher ce moment. Je ne voulais pas creuser dans la terre que tu prenais soin de protéger. Ce qui était le plus important était cet aveu que je m’arrachais au même titre que je m’étais distancé de toi. Je m’étais toujours perçu comme ton digne représentant. J’avais su étouffé des complots à ton encontre, fait crucifier des traîtres tandis qu’on s’abreuvait de leur sang. J’avais su satisfaire les plus riches des nôtres afin que le royaume puisse perdurer...Nous étions des dieux. Et nous avons été déchus par la couardise des hommes. Jamais ils n’auraient pu vaincre dans une guerre en bonne et due forme! Jamais!

Mon chagrin et la culpabilité que j’éprouvais depuis la chute de Moïsmasem furent balayée par la douceur dont tu fis preuve à mon encontre. Pendant quelques secondes, tandis que ta main se saisissait de la mienne et que tu m’attirais à toi, je remarquais dans tout son éclat ce changement qui s’était opéré en toi. Un bref instant, je me demandais s’il s’agissait d’une faiblesse dû à ce que les hommes nous avaient à tous fait vivre. Mais plus tu t’exprimais, plus je comprenais que tu avais eu peur pour moi. Peur de me perdre aussi sûrement que tu détestais me savoir dans les bras d’autres hommes.

J’entendais également ta promesse, celle de tout reconstruire. Mon regard resta impassible face à tes paroles. J’aimais la musique de cette promesse mais aujourd’hui je n’attendrais plus après toi pour changer la face du monde. Malgré mon repentir, une force - une rage - m’habitait plus que jamais. Et je sentais toute la force de l’éducation que tu m’avais offerte prendre possession de moi. Sans doute étais-je toujours ton prince, ton capricieux dès que cela touchait notre intimité...mais une autre facette de mon être était née durant ton absence. Une facette déterminée à éradiquer tous ceux qui avaient attenté à notre peuple.

Je m’installai auprès de toi après m’être dévêtu de mon long manteau noir que je déposais avec précaution sur le dossier d’une chaise. J’ai toujours été très gracile dans mes gestes, et cette grâce était presque malvenue dans cette Belfast torturée. Quand je m’assis auprès de toi, c’était vêtu de mes gants et d’une chemise noire, bien plus facile à laver que le blanc dans un monde où l’apparence n’avait plus d’importance. Sauf pour moi. J’aimais que ma tenue soit à l’image de mon être intérieur. J’aimais voir au-delà de tes actes cet amour que tes gestes et ton regard affichaient depuis que nous nous étions retrouvés. Je me sentais fébrile et en même temps brûlant de cette passion que je t’ai toujours manifesté.

Je fermais doucement les yeux, voulant m’abandonner à ta main sur ma gorge...Tes mots me berçaient - me réconfortaient - tandis que j’entendais ta question rhétorique à laquelle j’eus toutefois le goût de répondre. Mes yeux s’ouvrirent tels deux miroirs noirs afin de contempler ton visage avec profondeur. J’avais envie de sentir à nouveau nos bouches se lier, mes lèvres parsemer ta peau de leurs caresses...Au lieu de cela, je consentis à prendre la parole: “Maysan...Il nous faut un autre endroit que cette maison. Un autre endroit à notre image...Un endroit où les murs deviendront vivants de mes peintures.” Je ne me voyais pas rester ici. Trop petit, trop étroit. Le squat où j’avais élu domicile possédait une prestance malgré les ruines...Allais-tu comprendre ma requête?

Comme pour devancer toute réponse, je me saisis de ta main et la portais à mes lèvres. C’est avec délectation et lenteur que je l’embrassais avant de m’approcher doucement pour passer une main dans tes cheveux et venir cueillir un chaste baiser. “Fais moi confiance mon amour. Je sais déjà comment nous pouvons nous évader de cet endroit...J’espérais que tu puisses m’aider à mettre en marche mon plan...Que tu me soutiendrais auprès de Léandre.” La détermination s’immisça dans mon regard avant que je ne revienne cueillir tes lèvres pour un baiser plus profond, passionné, perturbant. Cela l’était que de renouer avec toi, de me sentir à nouveau en vie à ton contact! Quand mes yeux se rouvrirent et que mes lèvres s’échappèrent des tiennes, un doux sourire semblait vouloir s’afficher sur mon visage. “Je pensais me souvenir de la chaleur de nos étreintes...mais c’était bien loin de la vérité.”

J’amenai mes doigts à mes lèvres comme pour continuer à goûter à ce baiser. Mon regard se perdit un instant sur le sol en béton de la maison tandis que les souvenirs des deux dernières années me revinrent d’un coup. Je ne me résignais pas à retirer mes gants...de crainte de violer tes désirs. “J’étais à Cork. Depuis le début de ce désastre j’étais là-bas, préférant trouver une solution après la perte de Moïsmasem. Je ne voulais pas revenir les mains vides auprès de toi, le comprends-tu?” Mon regard délaissa le sol à la recherche d’une affirmation dans le tien. “J’ai eu la chance d’être accueillis chez une sorcière du nom de Lahja et de son frère. Ils ont été plus que chaleureux à mon encontre. J’ai beaucoup appris au contact de Lahja, notamment sur les herbes, affermissant ma connaissance des poisons propre à cette région du monde. Nous nous sommes soutenus dans l’épreuve…” J’ai toujours eu cette tendance à exprimer les choses par les faits, à donner la sensation que rien ne m’avait ébranlé. Pourtant cette décision, aussi noble puisse-t-elle paraître a été la plus difficile que j’avais du prendre depuis notre séparation. Je me suis empêcher moi-même de te revoir…

“Les autres sorciers m’ont également acceptés parmi eux. Je leur avais fait la promesse que de me nourrir d’animaux tant que je séjournais chez eux…” Remarques-tu comme je ne suis plus ton beau prince d’autrefois? J’étais affaiblis par ce régime drastique...un régime que les poches de sang de la banque des vampires avaient sensiblement effacées. “Et pendant ce temps j’ai pu observer notre prison...Pendant deux années...et j’ai trouvé la faille qui nous permettrait de sortir de cette île.”

Mon regard s’alluma à cette énonciation...Mais trouvant que je parlais de trop, je décidais de changer d’approches. “Et toi, Maysan? Qu’as-tu fait pendant ces deux années?” Doucement, je vins à califourchon au niveau de tes cuisses, attrapant tes lèvres, poussant doucement tes épaules afin de t’amener à être allongé sur le dos. Je mourrais d’envie de retirer mes gants, de toucher ta peau, de fusionner avec elle...Au lieu de cela, je me contentais d’embrasser ton cou, de libérer tes cheveux de la prise de l’élastique qui les avait maintenu en cheval. “Je pense que tu as plus à m’offrir que tu ne le crois.” Dis-je taquin tandis que j’ouvrais progressivement les boutons de ta chemise et que mes lèvres venaient embrasser ton torse. “Et je confirme que je ne mourrais pas de faim.”



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« Tout ce que ce que tu veux, Omri. »

Balian était habitué aux caprices de son prince, il y avait eu droit pendant quatre cent ans. Moins au début, plus quand Sofyan apprit à prendre confiance en lui au point de comprendre que le roi de Moïsmasem voulait tout faire pour le satisfaire. Balian devait l'avouer. Il était faible face au regard sombre et hypnotisant de son infant, dans lequel il se noyait sans fin. Il en venait parfois à des extrémités étonnantes rien que pour le voir sourire. Il pouvait tuer, pour lui. Torturer. Traquer. Détruire. Et encore plus maintenant qu'il le retrouvait après de si longues années. Sa seule priorité, à présent, c'était son bonheur. Son bien-être. S'il devait quitter cette maison pour lui faire plaisir, il le ferait. Il trouverait bien un autre endroit où vivre avec lui. Il n'était pas attaché à cet endroit, quand bien même il y avait vécu avec Stacey. Il se demandait si l'humain reviendrait ici un jour. Il en doutait. Ça ne servait à rien d'attendre ici, alors. D'autant que Sofyan avait raison, cet endroit ne leur ressemblait pas. Il était bien loin de ce que Balian avait fait connaître à son infant jusqu'ici. Il l'avait habitué au faste et au luxe, à l'opulence et à la grandeur. Rien n'était trop beau pour Sofyan. Rien n'était trop grand, trop cher, trop... Trop. Parce qu'il était parfois dur et brutal avec lui, Balian compensait sa sauvagerie avec ces cadeaux tous plus indécents les uns que les autres. Effectivement, ça devait être un changement violent, pour le prince de Moïsmasem. Balian en était désolé, même embarrassé, mais que pouvait-il y faire ? Deux ans qu'ils survivaient, les choses de valeur avaient disparues depuis longtemps. L'or, l'argent, la soie, les bijoux... Quelle importance tout cela avait, maintenant que le marché s'était écroulé ? On s'échangeait du sang, des vivres, des armes, pas des pierres précieuses ou des œuvres d'art. Pourtant, Balian continuait de vouloir le meilleur pour Sofyan. Il ne voulait pas lui infliger une vie dans la crasse et la misère, même dans une île en pleine apocalypse.

« Léandre a une place pour nous au château, si tu le désires... Ce sera plus spacieux. » Lui confia-t-il en caressant sa cuisse. N'importe quel endroit lui convenait, du moment qu'il était avec lui et qu'ils restaient à Belfast. « Tu pourras peindre autant que tu veux. »

Il frémit longuement en sentant ses lèvres sur sa main, fasciné par ces lèvres effleurant sa peau. Ce simple contact suffisait à réveiller tout un tas d'émotions et de sensations en lui, tant et si bien qu'il eut du mal à écouter les paroles qui suivirent. Il arqua pourtant un sourcil quand l'oriental lui révéla qu'il savait comment quitter cet endroit. Décidément, Sofyan ne cessait jamais de le surprendre... Son infant avait toujours été terriblement intelligent. Un artiste à l'esprit acéré, dont la créativité servait avec une efficacité incroyable sa réflexion. Il n'était pas étonné que Sofyan sache déjà comment s'en sortir. Il avait hâte de l'entendre en parler mais il n'eut pas vraiment le temps de débattre sur la question... Déjà, Sofyan l'embrassait et il répondit au baiser avec passion et empressement. Trop longtemps, déjà, qu'il n'avait plus connu cette sensation. Ça n'était pas qu'un baiser, c'était plus que ça. Comme si leurs âmes se retrouvaient et s'enlaçaient. C'était puissant, intense et presque désarçonnant. Ses mains trouvèrent toutes seules le chemin de sa taille, effleurant son corps et ses courbes minces tout en fermant les yeux, se délectant de la fraîcheur de sa bouche contre la sienne. Il en grogna de frustration quand les lèvres de Sofyan se détachèrent des siennes, trouvant que le baiser n'avait pas assez duré à son goût. Il fronça doucement les sourcils en regardant Sofyan s'écarter légèrement, mais son sourire revint bien vite aux mots du plus jeune. Cela le fit hocher la tête, confirmant tout à fait ses paroles... Lui aussi croyait s'en souvenir, mais il était étonné par la violence avec laquelle son corps réagissant, son cœur dansant au creux de sa poitrine.

Il l'écouta lui parler de sa vie, de ces deux ans pendant lesquels ils avaient perdu contact, hochant régulièrement la tête, rassuré de constater qu'il n'avait pas trop peiné. Lui aussi, à une période de sa vie, avait été obligé de boire du sang animal, mais jamais il ne l'aurait fait volontairement pour rester vivre auprès des sorciers. Aujourd'hui encore, il rechignait à boire du sang humain en poche, alors se constituer un régime à base de sang animal ! Une ignominie... Toutefois, il était admirable de l'acharnement de Sofyan et de son courage. Son infant ne le décevait jamais. Même en revenant les mains vides, il ne l'aurait pas déçu. Balian ne le tenait responsable de rien, dans ce malheur. À sa place, lui non plus n'aurait pas pu défendre Moïsmasem. Lui aussi aurait assisté impuissant à la destruction du royaume. Alors Sofyan ne lui devait rien, mais il lui ramenait tout de même une réponse inespérée. Inattendue. Une réponse que Balian s'évertuait à chercher, suffoquant entre les murs de l'Irlande, maudissant cette prison en son sein. Une réponse qui lui donnait de l'espoir dans cet avenir qui s'annonçait si sombre pour les siens. Il voulait croire que Sofyan disait vrai. Non. Correction faite, il le croyait. Son infant ne lui mentirait jamais aussi éhontément, et il était convaincu que son fils vampirique avait bel et bien la capacité de la trouver, cette faille qu'il espérait tant. Il esquissa un sourire carnassier. Finalement, ils allaient peut-être pouvoir retrouver le Moyen-Orient plus tôt qu'il ne l'aurait cru. Malheureusement, sortir d'ici n'était pas son seul souci. Ça ne servait à rien de s'échapper si Tullamore les rattrapait aussitôt après. Ça ne servait à rien de s'en aller si c'était pour vivre comme des fugitifs, Il fallait d'abord les détruire. S'assurer qu'on ne reviendrait pas les emprisonner. Et surtout, se venger. Faire souffrir ceux qui avaient osé le faire souffrir. Ceux qui avaient osé faire souffrir Sofyan. Il n’aurait pas la moindre merci pour ces ordures.

« J’ai pensé à toi… pendant ces deux ans. » Lui confia Balian, pensif. « Tous les jours. » Avoua-t-il dans un souffle alors qu’il concédait à s’allonger lentement. Il omettait volontairement Stacey. Le sujet serait abordé, mais… Plus tard. « J’ai pensé à ce que je ferai pour détruire Tullamore, aussi. Tu nous as trouvé la faille qui nous permettrait de partir, et moi… Je trouverai le moyen de les exterminer jusqu’au dernier. » Sourit le roi de Moïsmasem dans une lueur sadique.

Il avait envie d’en parler un peu plus, de savoir, de prévoir, planifier et organiser la bataille, tel le conquérant qu’il était, mais Sofyan parvint rapidement à embrouiller ses pensées. Balian se laissa déshabiller pendant que ses doigts pianotaient naturellement sur le corps de son amant, tâtant distraitement ses muscles en des caresses qui devenaient presque un réflexe, lorsqu’il l’avait contre lui de la sorte. Il n’avait rien oublié de leurs habitudes, de leurs étreintes, de leur passion. Il grogna quand il sentit les lèvres de Sofyan effleurer son torse, causant quelques frissons qui descendirent jusqu’à son bas-ventre. Un juron accompagna son sursaut alors qu’il décida de tirer sur les vêtements de son infant qu’il trouvait décidément bien trop couvert à son goût. Tant pis… Ils parleraient plus tard. Ils avaient tout leur temps. Ils étaient éternels, tout comme leur amour. Les doigts de Balian glissèrent dans la chevelure ondulée pour effleurer quelques mèches avec douceur juste avant de s’en emparer avec fermeté pour ramener son visage au sien, l’obligeant à un baiser passionné.

« Tu vas me rendre fou. » Gronda le vieux vampire contre sa bouche, les doigts crispés de frustration sur son crâne. « Ne me fais pas de telles révélations avant d’enterrer ça sous de telles caresses… »

Main sur sa hanche, il le fit brusquement basculer pour se retrouver au-dessus de lui, un sourire carnassier ourlant ses lèvres. Les canines bien sorties, il descendit ses doigts le long de son flanc pour constater que la peau de Sofyan avait toujours la même douceur. Il s’empêcha de penser aux autres qui avaient pu en profiter lorsqu’il n’était pas là.

« Soit on parle, soit on ne parle pas… Que choisis-tu, Omri ? », demanda Balian en plongeant son regard plein de promesses dans le sien.


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“Tout ce que tu veux”. Une phrase dont jamais je ne me lasserai. Une phrase qui me rappelait cette époque où je prenais conscience que tu ne pouvais rien me refuser. Un temps où tout nous était possible. Je me souviens encore de cette fresque de la taille d’un mur que tu avais fait livrer de Florence. Je me souviens des étoffes provenant d’Inde...tous, absolument tous mes désirs, tu venais les combler sans jamais lever un sourcil. Sans jamais me remettre en question. À part si mon regard s’égarait sur d’autres courbes que les tiennes. À part si j’avais le malheur de me laisser caresser l’épaule lors d’une discussion innocente. Parce-que rien était innocent quand il s’agissait de l’intérêt que quiconque pouvait me porter, ou que je pouvais porter à quiconque. Tu devenais alors pire qu’un dragon dont le trésor venait d’être trouvé. Sauf que tes flammes tu ne les réservais pas qu’aux inconnus. Tu savais aussi me les asséner, comme un acte naturel dont ma peau pouvait garder la trace quelques temps. Comment avais-je pu alors continuer à t’aimer? Comment avais-je pu continuer de nourrir cet amour malgré toutes ces colères que je savais absorber? Je savais que plusieurs se posaient la question...certains me voyaient même comme ton jouet, jusqu’à ce que les siècles s’écoulent et que je sois toujours là, à prendre ta suite dans le royaume. Et vois-tu, je pense que ce n’est pas moi qui nourrissait l’amour, mais bien l’amour qui me nourrissait et qui nous liait. Rien de rationnel ne pouvait et ne peut encore expliquer ce que je ressens en ta présence. Tu es le seul à me faire sentir impunément vivant! Naïvement, je voulais croire que cela tenait à bien plus que ton sang coulant dans mes veines. Je voulais croire en l’alchimie de nos âmes. Unique quand nous étions ensemble.

Tout comme cet instant que nous partageons. “Vas pour le château alors…” Tant que j’étais auprès de toi c’était ce qui importait. Tu avais toujours été mon essentiel malgré mes nombreuses passions qui m’avaient aidé à me construire, à devenir un homme dont tu pouvais être fier. Je savais que ma grandeur servait la tienne, que la moindre chose que je pouvais accomplir favorisait ta propre influence. Il était d’une importance capitale que ton sang soit à la hauteur de ta puissance. Je l’avais compris dès les premiers instants et je pensais sincèrement que c’est ce qui a contribué à notre amour. Ce sentiment qui nous avait réuni en ce soir et qui m’amenait à vouloir profiter égoïstement de toi malgré les informations sur notre évasion que je souhaitais te partager.  J’entendais qu’il en allait de même pour toi. Que toi aussi tu avais pensé à détruire Tullamore tandis que je cherchais à nous délivrer de cette île. Un sourire étira mes lèvres. Nous étions toujours sur la même longueur d’onde. Nous possédions tous deux cet esprit calculateur qui nous avait permis de maintenir Moïsmasem durant de nombreux siècles. “J’ai hâte d’en apprendre davantage sur ton plan Maysan. Tu sais comme mes capacités peuvent être utiles si leur sécurité repose sur l’informatique.” J’adorais t’embrasser tout en continuant cette discussion tactique. J’aimais le mélange des saveurs comme pour prélasser le désir.

Je te laissais me déshabiller, découvrant mon torse au même moment que ta chemise devint entièrement ouverte. Immédiatement, je sentis un frisson dégringoler le long de ma colonne jusqu’à mon bas ventre. C’était comme si nos énergies se fusionnaient tandis que mes lèvres jouaient de baisers et que tes mains retrouvaient leur place sur mon corps. À tes paroles je vins murmurer à ton oreille: “Mes caresses sont là pour révéler, non pour enterrer quoi que ce soit…” Révéler ce qui est resté trop longtemps endormi. Révéler ce feu qui me grignotait le ventre au fur et à mesure que nos peaux se frôlent. Révéler cette passion qui avait été trop longtemps maintenue.

Soudainement, tu te retrouvas au-dessus de moi, me dominant comme j’adorais que tu le fasses. Je ressentais toute ta puissance, mais il me fallait une dernière chose pour être entièrement comblé de ton attention. Sensuellement, avec une infinie lenteur, je retirais mes gants que j’envoyais valser quelque part dans la pièce. “Je crois que ma réponse est assez claire.” Je me redressais afin de me saisir de ton visage et que nos lèvres se scellent en un baiser qui sonnait comme un sceau. Comme si nos âmes renouvellaient nos vœux en nos souffles silencieux, tandis que nos corps reprenaient cette danse là où ils l’avaient laissé il y a de cela près d’un demi-siècle. Naturellement, mon corps se cambrait pour que nos bassins puissent s’épouser. Mon ardeur se mêlait alors à la tienne. Les passions se déversaient et j’avais la sensation de perdre littéralement pied. C’était comme se perdre en plein océan. Nos grognements de plaisir seraient alors comme des vagues, distinctes et fusionnelles à la fois. Parce-que le silence qui m’enlisait l’âme en cet instant, se laissait bousculer par ces flots de délectation au moindre bruissement de peau.


Le contact de mes mains contre ta peau me provoqua un soulagement en constatant qu’il n’y avait que moi dans ton désir. Qu’il n’y avait que moi dans l’immensité des frissons de tout ton être. J’avais eu si peur de t’avoir perdu. Si peur que cette prison t’ait éloigné de moi. Si peur enfin que tu ne te sois lassé de mes caprices. Chacun de nos mouvements semblaient en harmonie, comme une musique qu’il était facile de se rappeler. Mes lèvres délaissèrent les tiennes pour s’aventurer dans ton cou. J’avais soif de ton sang, soif de goûter à ton essence de toutes les façons qui soient. Ton odeur venait me rendre fou, provoquant des râles doux et profonds. Ton désir griffant le mien de par sa seule présence. Je ne voulais plus parler. Seulement m’engloutir en toi. Disparaître de ce monde le temps de nos retrouvailles. Perdre la raison et ne plus jamais la retrouver. Il n’y avait qu’une étoile dans mon ciel. Et tu la connaissais très bien. Maysan.




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Les âmes sœur. Balian était brutal, violent, cruel, sadique, et pourtant, il y croyait, aux âmes sœurs. Persuadé qu’un cœur pouvait trouver sa moitié, avec un grand M. Cette moitié qui rendait enfin complet. Il avait vécu quelques décennies dans le flou, dans une humeur étrange, où le jour et la nuit se confondaient, où les plaisirs s’affadissaient. À cette époque, il atteignait les cinq cents ans, avec sur les épaules un fardeau plus lourd que n’importe quoi d’autre, le poids de la culpabilité et de la douleur, portant la responsabilité de la mort de son Sire. Son âme sœur. Il s’en était persuadé, convaincu que son cœur incomplet ne trouverait alors jamais de quoi combler le vide. Il avait perdu la foi. Perdu l’amour. Cherchant dans la brutalité et la sauvagerie de quoi estomper sa peine, son âme s’assombrissant au fil des siècles, dans la quête interminable d’une personne qui n’existait plus. Errant dans le flou. Dans le rien. Balian avait fini par la ressentir, cette lassitude harassante, ce manque d’envie, tout simplement, qui l’avait violemment assailli. En cinq cents ans, il avait l’impression d’avoir tout vu, tout fait, au point de ne plus avoir envie de rien. Las. Ennuyé de sa propre existence. Incapable de trouver un épice capable de redonner un peu de goût à sa vie si morne. Il avait un royaume, il avait le pouvoir, il avait un harem. Il avait tout ce qu’il pouvait désirer, s’étant débrouillé tout seul pour s’élever à ce rang, faisant même le sacrifice ultime en éliminant son Sire, brisant ce lien d’amour qui, il le savait, l’avait toujours maintenu en laisse. Alors Balian avait cherché. Cherché de quoi combler ce vide, ce manque, ce néant dans sa vie. La guerre ? La conquête ? Rien de tout ça. Il avait trouvé un homme. Il avait trouvé Sofyan.

Ça avait été comme une évidence. Un coup de foudre. Car soudain, en le voyant, sa vie avait retrouvé ses couleurs et son intérêt, bousculé par le regard sombre de cet esclave qu’il rencontrait tout juste. Hamid. Son nom, à l’époque. La première fois qu’un humain l’avait ému à ce point. Il n’y en avait eu aucun autre, si l’on omettait Stacey. Mais Stacey n’était pas à l’ordre du jour, en cet instant. Pas alors qu’il retrouvait celui qui avait de nouveau fait battre son cœur, à sa manière. Celui qui avait su faire naître un nouvel intérêt pour la vie, après cinq cent ans d’existence. La moitié qu’il avait perdue. Cette âme sœur qu’il pensait disparue. Il se trouvait un brin niais lorsqu’il pensait de cette manière, mais c’était pourtant la vérité. Sofyan était tout cela et bien plus encore, et aujourd’hui, Sofyan était dans ses bras. Il n’y croyait pas, enivré de joie, assommé de bonheur, à roucouler entre ses mains, frémissant du contact de sa peau contre la sienne. Il n’y avait plus rien d’autre en cet instant, que le corps de son infant contre le sien, le bruissement de ses doigts remontant sous ses vêtements et le son aérien de ses soupirs. Il ne suffisait que de ça pour que Balian sombre dans un autre monde, celui de la chair et du plaisir, un territoire qu’il n’avait plus foulé depuis trop longtemps avec Sofyan. Alors, chassant bien loin de ses pensées Tullamore et l’île-prison, le vieux vampire renversa son vis-à-vis sur le lit pour le déshabiller rapidement. Fébrile. Impatient. Ses gestes fiévreux trahissant son désir sourd. Son âme se mêlait à la sienne à coups de baisers et de caresses, tandis que son bassin se pressait avec assurance contre le sien, dardant son envie ardente avec indécence.

Avare de mots d’amour. Balian l’avait toujours été, taisant ses sentiments pour mieux les exprimer par des gestes ou des regards, considérant qu’il était inutile de s’épancher en de longs discours. Peut-être qu’il n’était pas doué pour ça, non plus. Resté seul trop longtemps, il avait oublié comment faire et en présence de Sofyan, il avait décidé de ne pas se confier plus que nécessaire vis-à-vis de son affection. Son amour était réel, pourtant. Malgré sa violence, malgré son attitude, malgré tout, Balian l’aimait démesurément. Désespérément. Et cela transpirait dans ses caresses, dans ses baisers, aussi passionnés que tendre, trahissant sans avoir à le dire son inquiétude de l’avoir presque perdu. Même s’il ne le disait pas, Balian le pensait très fort. Il n’avait juste pas l’habitude, avec Sofyan. Par fierté, peut-être ? Ou simple routine depuis trop longtemps installée ? Il avait toujours compensé ce silence têtu par des cadeaux somptueux, offrant à son infant tout ce qu’il désirait, rattrapant son mutisme par une générosité sans pareil, jusqu’à même lui léguer son royaume. Sofyan était tout cela, oui. Son prince, son infant capricieux, son amant, son sang. Et aujourd’hui il était là. L’objet de son désir. Subissant caresses et griffures, douceur et brutalité alors que l’appétit légendaire du bourreau se réveillait, attisant cette soif indomptable qui ne se tarissait jamais. Même s’il aurait préféré un lit spacieux aux draps de soie pour mieux enlacer Sofyan, il se contentait de ce petit matelas miteux posé sur un sommier branlant. Cela ne comptait presque plus à ses yeux puisque le monde s’effaçait, gommé par l’aura merveilleuse de l’oriental, obscurci par tout ce que Sofyan bousculait en lui. Il ne se souciait de rien d’autre, sinon de ses frissons et de ses soupirs, de ses poils se hérissant le long de ses avant-bras, de ses prunelles ténébreuses vibrant de désir. Happé par l’intensité de ce regard, Balian se perdait.

Pas une parole. Rien. Il n’avait pas besoin de ça pour communiquer avec Sofyan. Ils étaient liés. Pour l’éternité. Son langage était celui du corps, de la chair, celui des caresses, de plus en plus poussées, plus fiévreuses, plus osées, Balian retrouvant rapidement les habitudes d’autrefois, sachant parfaitement comment faire réagir son infant. Le contraire marchait, d’ailleurs, et sûrement était-ce pour cette raison qu’ils savaient si bien s’étreindre l’un et l’autre, avec une intensité que rien d’autre n’égalait. Balian se retrouvait. Ce vampire qui s’était égaré ces deux dernières années, à errer dans un monde qu’il ne reconnaissait plus. Il redevenait enfin l’homme dont Sofyan s’était entiché, le conquérant, le guerrier, le bourreau, l’amant, le maître des plaisirs, cultivant aussi bien les gémissements de son partenaire que ses propres grognements. Dans cette danse sensuelle de leurs deux corps, son âme retrouvait de sa substance, comme ranimée par la présence de Sofyan. C’était exactement ça, en fait. La moitié qui le complétait. Qui faisait de lui un tout. Balian le savait et l’exprimait par mille embrassades, redessinant les contours de son corps de ses lèvres et de ses mains, s’unissant à lui dans des ondulations aussi embrasées que délicates. Le monde pouvait bien partir en fumée, il s‘en fichait, puisqu’il n’était plus seul. Perdu dans les bras de celui qui lui avait redonné la vie jusqu’à devenir la sienne. C’était aussi à travers lui qu’il existait. Qu’il vivait. Il y avait bien une raison pour qu’il ait décidé, à sa façon, de lui offrir une existence nouvelle. Une autre vie. L’invitant à fouler de ses pieds ce monde pour l’éternité à ses côtés. Ta vie est mienne et ma vie est tienne, tu le sais, ça, n’est-ce pas… Omri.


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La vie est comme une immense bibliothèque. Elle regorge de livres différents, certains qu’on ne croisera jamais, certains qu’on feuilletera seulement et d’autres qu’on lira jusqu’au bout. Mais il y en a qu’un dont on ne se lassera jamais. Qu’un dont le parfum ravit nos sens, dont le toucher rappelle la sensualité d’un amant, qu’un dont l’histoire était écrite d’avance, tel un destin victorieux, mais dont l’écriture se mêle à la nôtre au point que deux vies n’en deviennent plus qu’une. Mais avant de trouver cet ouvrage unique, la vie peut paraître bien fade, à moins qu’elle n’apparaisse comme une lutte constante. Et puis vient le bon livre, le bon moment, pour que l’obscurité laisse place au firmament, et que la froideur de la solitude prenne vie dans la chaleur d’un amour éternel. Parce-qu’avec toi je suis né à nouveau. Parce-qu’avec toi, mon destin a prit un tournant imprévisible. Parce-qu’avec toi, l’amour a pris une nouvelle saveur. Inconnue. Tu as été le seul à cueillir mon coeur sans me faire souffrir. Intense. Nos corps qui se mêlent me donne à chaque fois la sensation que nous nous brûlons et renaissons plus forts tels des phénix. Unique. Au-delà des amants qui passent, les pages de notre livre ne s’étiolent jamais. Elles se renforcent dès que nos présences se retrouvent réunies. Comme maintenant.

La nudité de nos corps rappelaient celle de nos âmes. Il n’y a jamais eu aucun masque, aucun non-dit entre nous. Il y a toujours eu du respect, des souffles de plaisir et des caresses entières. La musique que nous jouons ensemble s’est toujours libérée de l’éphémère des mots. L’amour qui nous liait s’est toujours exprimé par des regards, des baisers, des silences, des présents. Beaucoup de présents. Au point que beaucoup m’ont vu comme un prince gâté. Mais surtout comme celui pour qui tu ne peux rien refuser. Absolument rien. Et moi de plonger dans cet écueil fait de soie, de sang, de magnificence et de m’en enivrer comme jamais un enfant de la pauvreté n’aurait pu l’espérer. Et ces extrêmes qui faisaient notre vie se retrouvaient dans notre couche. Là, dans ce lit miteux de Belfast, bien loin de la splendeur de notre royaume, nous retrouvions le goût du faste, des encens et de l’extase! Il suffisait que mes lèvres parcourent ton ventre, que tes mains agrippent mes hanches, que nos langues se rejoignent en un dialecte connu de nous seuls pour que tout disparaisse autours de nous.

Tout à part cette mélopée qui jamais ne s’éteindra. Tout à part la violence de nos corps s’enjoignant, et la douceur de nos caresses perlées. Tout à part ce sentiment que tu avais eu peur: de me perdre. Notre passion voulait se consumer pour qu’une nouvelle vie reprenne, pour oublier ce manque qui avait rendu nos ventres si vides, si creux au point que plus rien n’aurait pu en renaître! Je me laissais complètement happé par le paysage de ton corps contre le mien, par ce naturel qui me liait à toi aussi sûrement que si nous avions habité le même corps. Tu étais mon évidence, et chacun de tes baisers me le rappelaient, chacun de tes grains de peaux me le hurlaient! Et dans cette symphonie qui s’embrasait jusqu’au final, j’entendis distinctement à quel point j’étais ta vie. Je ressentais profondément que ce nom d’affection était bien plus qu’une appellation, bien plus qu’un petit nom...c’était bel et bien la vérité. Et cela me transcenda au même moment que nos corps s’arquèrent pour une ultime fois. Cri vibrant de notre amour, de notre union, de ce qui Est. Mon regard se porta alors dans le tien, mes mains venant s’emmêler à tes cheveux afin de t’amener à venir à nouveau m’embrasser. Un baiser d’une douceur apaisante, avant de venir contempler ton visage.

Le temps avait cessé d’exister depuis longtemps entre nous. Je remarquais comme tu avais toi aussi du mal à délaisser cet instant où nos yeux parlaient pour nos coeurs. Un sourire vint illuminer mon visage tandis que je me relevais sur mes coudes et que mes lèvres vinrent murmurer à ton oreille: “Je t’aime..” Des frissons me parcoururent à ces mots. Je ne savais pas si c’était ton absence, le moment, ou tout cela mêlé...mais mon coeur aurait explosé si je ne t’avais rien soufflé. Tacitement, comme une danse que nous ne connaissions que trop bien, je vins poser ma tête sur ton torse, mon corps tourné vers le tien en raison de l’étroitesse du lit. Je n’avais pas envie de parler davantage, profitant encore de la caresse de notre étreinte, de la solidité de ton torse sous ma joue, de la douceur de ton bas-ventre où ma main flirtait allègrement. Des gestes simples, porteurs de toute la profondeur de notre relation que nous avons su entretenir, ne jamais corrompre et surtout protéger de tout envahisseur extérieur. Rien ni personne n’avait réussi à se mettre entre nous, car mes racines étaient tiennes et ta vie était mienne.

Je ne cherchais pas ton regard. Je n’en avais nul besoin. Il n’y avait que la douceur de l’instant. La sensation d’être entier, comblé, vivant. C’est ainsi que je laissais filer le temps, avant que je ne décide de me redresser, plongeant à nouveau dans ton sombre regard, écho au mien, avant que le timbre de ma voix ne perce le silence: “Toi et moi. Rien ne pourra jamais se mettre entre nous, n’est-ce pas? Même pas l’enfer auquel les hommes veulent nous faire goûter!” La joie se lisait sur mon visage. La joie que toi seul savait si bien me faire ressentir! Savais-tu à quel point j’étais vulnérable face à toi? À quel point tu avais toujours été l’étoile qui guide mes choix?

Je me redressais, m’asseyant sur le rebord du lit, te tournant le dos, mes pieds touchant la fraicheur du sol. “Il y a une réunion demain soir avec tous les opposants de Tullamore. Tu y seras sans doute en tant que représentant de Léandre n’est-ce pas?” Je tournais mon visage vers toi un instant. J’avais beau être encore entièrement nu - à ta portée - tu pouvais déjà ressentir cette détermination qui m’habitait toujours dès qu’il s’agissait de choses sérieuses. Même si l’heure m’échappait, je savais que la nuit était bien avancée et que je me devrais de rentrer sans trop tarder. “Bien sûr que nous devons faire justice nous-même, nous avons toujours fait cela, mais comme je te le disais tout à l’heure, j’ai également un plan pour nous sortir de cette île.” Je me levais, allant rassembler mes vêtements épars en un tas ordonné. Te souviens-tu de mon soucis du rangement? “J’ai observé pendant deux ans leur tour de garde, mais également les endroits où se situaient leurs câbles électriques...Il suffirait d’une bombe placée à un endroit que j’ai déjà identifié, pour faire sauter leur protection concernant les connexions satellites...ce qui me laisserait le temps de m’y connecter, et ainsi avoir accès à leur réseau informatique et...accéder à ce qui rend actif le mur. En le désactivant, cela nous permettrait de le détruire avec l’aide des sorciers et de sortir d’ici!” Bien sûr qu’il manquait à l’heure actuelle des alliés à l’extérieur qui viendraient nous récupérer car c’est une mer qui nous attend...Mais j’étais persuadé qu’avec la réunion qui se tiendrait certaines clefs apparaitraient.



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Je t’aime. Des mots si simples et si doux. Si puissants et si forts. Les entendre dans la bouche de son infant était un délice sans fin. Un plaisir infini. Balian en frissonna tellement fort qu’il en ressentit presque l’extase d’un second orgasme. Je t’aime. Je t’aime, ce n’était pas des paroles à la hauteur de son affection. Je t’aime, c’était bien trop faible, en réalité, par rapport à ce qu’il ressentait pour Sofyan. Il n’existait aucun mot capable de le décrire, car ce sentiment surpassait totalement le monde de l’expressif pour mieux s’ancrer dans l’âme. Sofyan le savait. Balian le savait. C’était quelque chose entre eux, qu’ils savaient se dire sans même avoir à se parler. C’était dans leurs regards, dans leurs gestes, dans la danse sensuelle de leurs corps et dans la chaleur de leurs étreintes. C'était dans l’air, dans le sang. Partout. L’amour embaumait l’atmosphère autour d’eux, invisible et insaisissable, et pourtant palpable et étourdissant. C’était si bon de le retrouver. Tout devenait naturel, avec Sofyan. De la manière de s’embrasser jusqu’à leur tendresse câline après la passion, sa main venant se glisser dans la chevelure brune pour jouer distraitement avec quelques mèches ondulées. Comme il était beau, son prince. Magnifique avec ses cheveux en bataille et son regard qui brillait encore d’une lascivité certaine. Balian grava cette image dans son crâne, comme les centaines d’autres qu’il gardait en mémoire et auxquelles il pensait régulièrement quand il se retrouvait seul avec ses pensées. Pour être honnête, il aurait aimé que cet instant dure toujours, qu’il ne s’arrête jamais. Lui. Sofyan. Un lit. Avaient-il vraiment besoin de quoi que ce soit d‘autre ? Peut-être un peu de sang et tout aurait été parfait. Une belle gorge dans laquelle mordre entre deux étreintes… Oui, c’était le monde dont il rêvait en cet instant.

Balian soupira lorsque son infant se redressa, mais finalement, ce n’était que pour mieux sourire à ses mots qui réchauffèrent son cœur. Oh, Sofyan n’en avait pas idée… Rien n’aurait pu détruire ce qu’il y avait entre eux. Pas même les bombes de Tullamore. Il en avait toujours été persuadé et maintenant que Sofyan se trouvait dans ses bras, il en était sûr et certain. Le destin les avait réunis. Cette force invisible à laquelle Balian ne croyait pas le moins du monde, d’ordinaire. Pourtant, il y avait entre lui et l’oriental quelque chose de magique. De si fort que cela ne pouvait pas appartenir au monde réel. Peut-être avaient-ils été une seule et même âme dans une vie antérieure, et qu’à présent, ils s’étaient retrouvés dans cette nouvelle vie pour mieux s’unir ? Balian en était convaincu, lui et Sofyan, c’était surnaturel, ça transcendait tout. Il sourit en caressant sa joue, son pouce suivant délicatement la courbe de son visage. Avec douceur. Avec tendresse. Il pouvait le faire, quand il y mettait du sien. Il n’était pas toujours le bourreau brutal et violent, il enfilait parfois le costume de l’amant doux et attentionné. Sofyan avait la chance de pouvoir admirer cette partie de sa personnalité que peu de gens connaissaient. Balian ne se montrait pas sous ce jour à n’importe qui, Sofyan pouvait se vanter d’être privilégié. Il était sans aucun doute la personne qui le connaissait le mieux au monde, conscient aussi bien de ses faiblesses et de ses défauts que de ses forces et ses qualités. Balian était comme ça. Entier. Vrai. Il fallait s’accrocher pour le supporter, il fallait du caractère pour vivre avec lui, mais sous ses abords angéliques, Sofyan était probablement aussi redoutable que lui, sinon plus. Ce n’était pas pour rien que Balian l’avait choisi. Dès le début, il l’avait vu en lui.

« Rien du tout, Omri. Les hommes pourraient vivre cents vies et nous infliger mille souffrances, ils n’altèreront rien. » Lui répondit le vieux vampire d’une voix rauque, son regard plongé dans le sien. « Si mon affection pour toi change, ce ne sera que pour mieux grandir. »

C’était rare, voire même inédit, qu’il se laisse aller à ce genre de confession, mais les circonstances étaient spéciales. Balian s’était souvent demandé ce qu’il aurait regretté, s’il avait dû perdre Sofyan, ici, enfermé sur cette île. Ne pas avoir assez exprimé son amour faisait partie de la liste. Il en était certain, Sofyan se savait aimé, se sentait aimé, mais si jamais… Il voulait en être vraiment sûr. Il avait toujours été un peu secret à ce propos, presque timide, mais cela ne minimisait en rien son amour. Alors aujourd’hui, il profitait de l’occasion pour lui offrir ces quelques paroles, ces mots qu’il s’était répété dans sa tête en espérant que le lien de sang entre eux puisse les faire converger vers son infant. Il regretta de déjà voir Sofyan s’échapper de ses bras pour s’assoir sur le rebord du lit, mais il resta allongé, se redressant simplement sur un coude pour le regarder. À présent que l‘étreinte était terminée, il semblait que le moment de parler arrivait. Cela ressemblait bien à Sofyan, ce sérieux et cette détermination, et Balian tenta de ne pas se laisser distraire par sa tenue d’Adam pour l’écouter attentivement. Il hocha la tête quand son fils vampirique le questionna sur la réunion. Il l’avait attendue si longtemps et maintenant qu’elle arrivait, il avait du mal à y croire. Léandre comptait sur lui pour le représenter et Balian n’allait pas faillir à la tâche. La guérison de son ami et la victoire sur Tullamore étaient sa plus grande priorité. Cette réunion serait déterminante pour la suite. Il en ressentait une impatience presque nerveuse, alors que le moment se comptait dès à présent en heure. Bientôt, il y verrait plus clair pour l’avenir des vampires et de l’île en général. C’était un hasard heureux qu’il ait retrouvé Sofyan juste avant. Avec son infant près de lui, plus rien ne pourrait l’arrêter.

« C’est un bien beau plan, mais une fois dehors, qu’est-ce qui les empêchera de nous rattraper ? Ce n’est pas pour rien que nous sommes sur une île… Ces ordures ont bien pensé leur concept. Briser le mur et partir est une chose. Les détruire en est une autre. » Répondit Balian en s’asseyant, suivant d’un regard distrait les gestes mesurés de Sofyan qui repliait ses vêtements. « Je crois malheureusement que nous allons devoir compter sur nos alliés pour espérer une victoire. » Soupira-t-il en venant se glisser dans le dos de Sofyan.

Il déposa ses lèvres contre la base de sa nuque, embrassant chastement sa peau. Comme il était intelligent, son infant. Fin stratège et visionnaire. Il l’avait bien éduqué. Balian était fier de lui, très fier, car il était persuadé que Sofyan serait d’une aide certaine pour la rébellion contre l’ennemi. Il n’avait jamais douté du talent de Sofyan. Bientôt, tous pourraient en être témoins. Même Tullamore. Et ça, il était impatient d’y assister et de voir sur leurs visages des expressions effarées quand ils se rendraient compte de la vanité de leur soi-disante force. Les tables allaient tourner. Les rôles allaient s’inverser. Et les vampires reprendraient leur place en haut de la pyramide.

« Tu viendras aussi demain, n’est-ce pas ? Tu m’accompagneras. Il y aura là-bas des gens capables de t’assister. » Ronronna Balian en caressant sa hanche. « Toi et moi contre les autres, Omri. Contre Tullamore… ce sera comme au bon vieux temps. » Sourit-il ensuite, se souvenant de cette époque où ils avaient étendu la puissance de Moïsmasem. Il se décolla de lui et ses doigts descendirent lentement le long de ses reins. « Nous devrions parler de la suite… Il faut que je te fasse part de… certaines choses. » Ajouta le palestinien en se frottant pensivement le menton.

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Balian & Sofyan

Ambiance


La réalité était bien fade pour l’amour qui nous liait. Un amour au-delà de ces mots que j’avais prononcé. Un amour au-delà du temps qui rythmait nos échanges. Un amour qui ne possédait ni début, ni fin. Comment cela irait-il autrement? Pouvait-on réellement séparer les vagues de l’océan? Pouvais-je réellement exister sans toi et toi sans moi? Nous étions l’inspire et l’expire d’un même souffle. Vital autant l’un que l’autre. Nous étions unis à chaque nuit - chaque respiration - que nos pas sur cette terre nous faisaient vivre. Nous étions la face opposée - complémentaire - d’une même pièce, et jamais quiconque ne pourrait nous séparer. C’était ma foi la plus profonde. Une foi qui me faisait transgresser mes croyances les plus ancrées, comme celle de l’équilibre. Parce-qu’il n’y avait que toi qui pouvait me faire sortir de mes gonds, que toi qui pouvait me rendre fou! Et si l’univers devait s’effondrer pour que nos corps - nos âmes - puissent continuer à s’unir, je m’y attellerai sans une hésitation. Le monde sans toi serait un enfer. Mon monde sans toi serait mort. Des pensées - vérités - que je n’avais pas besoin de t’exprimer tant cela s’imprimait dans la moindre de nos caresses. Je pouvais lire tout cela et plus encore dans tes iris, dans lesquelles j’aimais me faire engloutir et ainsi oublier où nous nous trouvions.

Au final, c’est en toi que je me trouvais encore suite à notre étreinte. J’avais parfois l’impression de distinguer nos auras se mêler et n’en former plus qu’une. Notre rayonnement s’expansait ainsi considérablement quand nous étions l’un près de l’autre. Et ta douceur me transportait dans un état qu’il me serait difficile de quitter pour ce soir. Mais tu me connaissais assez pour savoir que le devoir était une chose à mener à son terme. Que nous ne pouvions décemment nous voler à ce monde, à cette union qu’avait bâti Léandre. Nous étions importants, que les autres le reconnaissent ou non. Nous avions les connaissances pour mener une invasion autant qu’une évasion. Mais ce ne fut pas sans regret que je délaissais la chaleur de ton regard, le toucher de ta peau, l’ivresse de tes baisers. Et que dire de tes paroles qui sont venues allumer mon âme d’un éclat nouveau? Ton amour grandir? Cela est-il possible, tant il me semble gigantesque et infini? Mais le temps n’est déjà plus à ce qui nous lie. Il est à ce qui nous a réunit sur cette île et dont on a besoin de se défaire. Nous ne sommes pas fait pour continuer de vivre en cage. Nous avions un royaume éternel - comme notre amour - des hommes à nos ordres, des esclaves pour nous servir et des nuits pour jouir des nouveautés que chaque époque a apporté.

J’écoutais tes premières paroles, mon regard ne pouvant s’empêcher de suivre les courbes de ton corps. Je m’étonnais moi-même de ma maîtrise quand je me trouvais ainsi proche de toi...surtout après cette trop longue absence. Je me détournais, prêt à m’habiller, quand tu te glissas dans mon dos et que ton contact me fit pousser un doux soupir. “Bien sûr que nous avons besoin de nos alliés. Pour mon plan également. Je reste convaincu que certains ont des contacts à l’extérieur...ne serait-ce que la fondation…” Ennemis autrefois, nous étions désormais tous dans le même clan. Je penchais ma tête afin de t’offrir le plein espace sur ma nuque, là où tu déposas un baiser. Mes mains vinrent glisser sur tes avants-bras, tandis que je poursuivais: “Les détruire...Bien sûr, mais il nous faudra ensuite sortir, car ils ne sont pas tous sur cette île. Restés là comme des rats c’est appeler notre extermination...et ça vois-tu Maïsan, je ne le permettrais pas.” Mes mots étaient durs, et pourtant mon corps ne devenait que lascivité sous tes caresses.

Cela me ramena non intentionnellement au temps de nos premières étreintes. À l’époque, j’avais eu la sensation d’être ravagé de tant d’amour. Je me sentais affûté au fur et à mesure de nos caresses rageuses. Les moments de douceur comme en ce soir avaient mis du temps à venir. Et pourtant, j’avais toujours décelé ça en toi. J’avais toujours senti la moindre de tes variations d’humeur, comme si ton prochain geste était à la fois une évidence, et une surprise qui embrasait tout mon corps. Et là, maintenant, tandis que j’écoutais tes paroles, je sentais à quel point j’avais souffert de ton absence. À quel point la compagnie des livres, des peintures, et même des rares personnes qui avaient su obtenir mon attention, n’avaient été que de maigres étincelles, face à ce brasier que nous vivions ensemble. J’avais envie de te faire l’amour à nouveau. Sans demi-mesure, sans hésitation...pourtant je me retenais face à la véracité du jour qui ne tarderait pas à se lever.

Mon corps frissonnait face aux arabesques dont tu parais mon corps. Je me retournais afin de te faire face et venir t’apporter des réponses: “Je serai là demain. Bien sûr.” Je vins passer une main dans ta sombre tignasse, mon regard dans le tien, avant de venir t’embrasser avec passion, mon corps voulant à nouveau se coller au tien, mais je ne le lui permis pas. À la place, le baiser cessa et je te souris. “J’espère bien que les choses continueront à être comme au bon vieux temps Maïsan. Je t’ai toujours été fidèle...mon cœur n’a jamais voulu d’un autre cœur que le tien. Jamais.” Ma main glissa, délaissa ta chevelure, pour retrouver sa liberté. Je me saisis ainsi de mon pantalon que j’enfilai prestement, avant de récupérer ma chemise et me mettre à la boutonner.

Je remarquais ton air pensif, et j’inclinais doucement mon visage qui avait repris sa douceur habituelle, bien loin de l’air déterminé que j’arborais en parlant affaires. Mes cheveux en pagaille autours de mon visage, je vins me saisir du tien, de mes deux mains, tandis qu’un sourire naissait sur mes lèvres. “Je me dois de rentrer au squat...au moins pour cette nuit. J’ai besoin de mon matériel pour demain, pour la réunion. Mais après, je t’assure que nous pourrons nous installer au château et continuer de vivre ensemble comme nous l’avons toujours fait.” Mû par ce désir qui me vrillait toujours le ventre quand tu étais là, mon corps se colla au tien, tandis que mes lèvres goûtèrent à nouveau aux tiennes...Malicieusement, je perçais ma propre langue afin de t’offrir ma vie. Naturellement je commençais à goûter à ton propre sang qui se mêlait au mien. Je n’aurai pas pu partir sans ce dernier échange, qui m’amena à me coller encore plus fortement contre toi, me laissant totalement absorbé par ton essence, voulant me fusionner à toi. Encore. Mes mains descendant le long de tes bras jusqu’à ton bassin voulant se glisser jusqu’à ta virilité mais prenant plutôt appui sur tes hanches afin de me dégager en douceur, mon regard fouillant le sol à la recherche de ma lucidité.

“Je ne me lasserai jamais de l’effet que tu me fais.” Une phrase lâchée dans un souffle, avant que mes yeux ne retrouvent les tiens. Pendant quelques secondes, tu pus ressentir une tristesse m’envahir. Ce fut léger, comme un clignement de paupière. Une tristesse qui m’avait habitée tout le long de ton absence même si j’ai toujours été à la hauteur, fort, juste, parfois même magnanime comme tout seigneur se doit de l’être. Pourtant, ton absence m’a laissé dans une solitude que ta seule présence venait de combler...laissant dans son sillage cette sourde tristesse qui venait me prendre à l’appel de mon départ.

Je détournais mon regard, le posant sur mon manteau que je revêtis prestement. Je me tournais à chaque fois vers toi, comme pour être sûr de ton existence. Comme pour ancrer ton souvenir bien profondément en ma mémoire. Ce fut mes gants que j’enfilai à la toute fin, laissant le silence s’éprendre de nous. Une fois totalement habillé, je me suis senti soudainement ému…

“On se retrouvera demain. Sans faute.”
Je m’approchai à nouveau de toi. Mon corps vibrant de tant d’émotions que je n’avais plus ressenti depuis tellement d’années…”Plus qu’un jour loin l’un de l’autre. Je crois que nous pouvons y arriver.” Un nouveau baiser. Effronté, effréné. Un baiser qui disait ne plus vouloir te quitter. Un baiser qui relatait toute l’intensité qui nous liait. Un baiser enfin qui venait clore nos retrouvailles.




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Vœux Les murmures de tes désirs me sont connus. Te rends-tu compte que tu es à ma merci?
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Le silence est le langage du cœur

We need silence to able to touch souls


« Et le mien t’appartient, tu le sais. »

Balian voulait s’assurer que Sofyan le sache, en tout cas. S’assurer qu’il soit bel et bien conscient de son affection. L’avoir presque perdu le convainquait de se montrer plus… Expressif. Plus sincère. Il s’était toujours persuadé de montrer suffisamment son affection, mais ces deux dernières années, il avait eu le temps d’y réfléchir pour se dire que finalement, peut-être que non. Peut-être que Sofyan avait mérité plus de mots d’amour. Plus d’attentions. Plus de cadeaux. Toujours plus. Au fond, rien n’était suffisant pour exprimer son affection. Trop intense et trop grande, elle ne pouvait se résumer en des gestes ou des paroles. C’était plus que ça. Bien plus que ça. Sofyan le savait. Et Balian savait que Sofyan savait. Son infant était l’une des personnes les plus intelligentes qu’il connaissait. Il grogna lorsque son amant l’informa qu’il devait partir. Il avait l’impression de l’avoir retrouvé quelques minutes à peine auparavant… Et déjà il devait s’en aller. Il n’aimait pas l’idée de le voir retrouver son squat, ses colocataires qu’il ne connaissait pas, cette maison bien trop loin de la sienne. Il n’aimait pas l’idée de devoir déjà le relâcher alors qu’il n’avait pas encore eu une dose suffisante de lui. C’est avec impatience et passion qu’il répondit au baiser, son sang se mêlant à celui de Sofyan sur sa langue, grondant de plaisir mais surtout de frustration lorsque son infant s’écarta doucement. Il venait d’attiser un feu pour mieux en éteindre les braises… Conscient que ça n’irait pas plus loin, toutefois, Balian dut calmer ses ardeurs en se forçant à retrouver son sang-froid. C’était un peu plus facile à présent que Sofyan avait réenfilé son pantalon, mais toujours très dur après un tel baiser. Il se lécha pensivement les lèvres sans le quitter du regard, touché par ses mots qui lui arrachèrent un sourire.

« Moi non plus, Omri… Et me faire cet effet après m’avoir annoncé ton départ, c’est bas. Très bas. » Commenta Balian d’une voix rauque. « Je voudrais que tu restes. »

Est-ce qu’il faisait un caprice ? Ça y ressemblait. Mais lui demander de laisser Sofyan s’échapper si vite après leurs retrouvailles, c’était simplement trop demander. Ce n’était pas comme s’ils se revoyaient dans les mêmes conditions qu’habituellement. Ils étaient sur une île en ruine, avec un virus qui rôdait et une organisation qui les menaçait de mort… Pourtant, à son grand dam, Sofyan semblait décidé à partir. Il sentit son cœur se serrer un peu. Ce n’était pas un adieu, évidemment, ils se reverraient dans quelques heures, mais même dans sa vie de neuf cents ans, ces quelques heures lui paraissaient insurmontables. Balian pinça les lèvres en tentant de se convaincre qu’elles passeraient probablement plus vite que prévu, mais il se doutait, au fond, qu’il aurait du mal à trouver le sommeil jusqu’au lendemain. Ses pensées seraient tournées vers Sofyan, inéluctablement. Sofyan et son regard sombre, Soyfan et son corps sensuel, Sofyan et sa voix de velours… Un peu plus et il pourrait presque penser que tout ça n’était qu’un beau rêve. Cela lui arrivait si souvent, de voir son infant hanter ses songes. Trop souvent, d’ailleurs. Il prit les mains de Sofyan dans les siennes, les serrant doucement pour s’assurer qu’il était bel et bien présent. Il n’avait plus envie de le lâcher. Déjà, la sensation de sa peau contre la sienne lui manquait terriblement. Il était un junkie en cure de désintoxication qui venait de goûter à nouveau à un fix d’héro… Il replongeait. Brutalement. Immanquablement. Il avait besoin de sa dose de Sofyan. Juste une étreinte, c’était loin de lui suffire.

« Demain… » Répéta Balian à contrecœur. « Un jour sans toi me semble une éternité. » Argua-t-il avant de l’embrasser tendrement.

Un baiser plein de passion. Plein de promesses. Ce soir, il le laissait peut-être s’en aller, mais ce serait pour mieux le retrouver demain. Et pour ne plus le lâcher. Il rassemblerait ses affaires en attendant, il quitterait cette maison pour s’installer avec Sofyan au château. Il n’avait plus de raison de rester là, de toute façon. Stacey était… Ce n’était pas le moment de penser à lui. Plus tard. Quand il en parlerait avec Sofyan. Il sentait qu’il devait se confier à lui à ce propos, lui parler un peu de Stacey. Ce serait plus honnête. Il n’avait pas très envie d’aborder le sujet, il craignait la réaction de son infant, mais il était forcé de le faire. Si Sofyan le découvrait après, ce serait encore pire. Plus vite il aborderait le sujet, plus vite il pourrait passer à autre chose. Ce n’était qu’un mauvais moment à passer. Lorsque leurs bouches se séparèrent enfin, il pressa son front contre le sien en soupirant, prenant sur lui pour finalement daigner lâcher ses mains.

« Fais attention à toi. » Lui intima-t-il. Il n’était pas du genre papa poule habituellement, mais qui ne s’en ferait pas pour son fils après une si longue absence ? « J’ai hâte de te revoir, Omri… » C’est ce que sa bouche disait, tandis que son regard hurlait ‘ne me quitte pas’. « File vite avant que je ne te retienne en otage. »

Il poussa un soupir. Jusqu’ici, il avait vécu sans Sofyan en espérant simplement qu’il ait survécu et qu’il aille bien, mais… Mais maintenant, vivre sans lui ne serait-ce que quelques heures lui paraissait insurmontable. Il en venait même à se demander comment il avait pu faire jusqu’à aujourd’hui. Avait-il vécu la tête sous l’eau, deux ans durant ? C’est le cœur serré qu’il vit Sofyan passer la porte et il s’assura de la refermer rapidement. C’était moins douloureux que de voir sa silhouette disparaître petit à petit. Il fila aussitôt sous la douche pour s’empêcher de regarder par la fenêtre, se refroidissant les idées par la même occasion. Il fallait qu’il garde en tête la réunion du lendemain et tous ses enjeux. Et après… Après ce ne serait que lui et Sofyan. Eux. Un chez eux au château. Des retrouvailles chaleureuses. Le bonheur, enfin. Pour toujours, il l’espérait.

FIN
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