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 In restless dreams I walked alone (ft. Ohanzee)

Djinn
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In restless dreams I walked alone
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« arrow streets of cobblestone 'Neath the halo of a streetlamp I turned my collar to the cold and damp When my eyes were stabbed by the flash of a neon light That split the night And touched the sound, of silence And in the naked light I saw »

Ses pas atteignent bientôt Cork. Presque machinalement, il a suivi l'impulsion, pour arriver en terre des sorciers. C'est malsain, probablement dérangeant, puisqu'il n'est pas là pour de bonnes raisons. Il veut simplement la voir. S'imprégner de sa beauté encore un peu. Juste l'observer, à défaut de pouvoir faire plus. La savoir vivante, le dérange autant qu'il s'en délecte. Son cœur souffre de l'avoir vu. Mais souffre encore de ne plus la voir désormais. C'est la raison de sa présence ici. Très tôt dans la matinée. Le jour ne pointe que très légèrement le bout de son nez et il remonte son col, dans la fraîcheur de l'Irlande. Cigarette au bec, il observe les alentours, sans trop savoir où aller désormais. Sens de l'orientation aléatoire, parfois bon, souvent désastreux, il se retrouve de nouveau à battre la campagne. Sourcils froncés, agacement visible dans ses gestes hachés, mais il continue d'avancer, l'oeil alerte, prêt à trouver le moindre indice quand à la direction à prendre pour retrouver la ville de Cork. Entre ses jambes, le moteur de sa moto piaffe d'impatience, alors il décide, prend un chemin au hasard, pour simplement cesser cette inertie qui est à deux doigts de le rendre fou. La route défile sous ses yeux, mais rien ne lui indique qu'il est sur le bonne. C'est d'une stupidité à faire peur, que de se retrouver à nouveau esclave de son incapacité à se diriger efficacement. Un grognement quitte ses lèvres alors qu'il s'arrête encore. Pupilles qui cherchent, mais ne trouvent rien d'autre qu'un silence étrangement dérangeant. Rien ne traîne autour de lui. Pourtant quelque chose le perturbe. Il n'est pas seul, de ça il pourrait jurer.


Il quitte son destrier, éteint son moteur pour se concentrer plus intensément, comme pour trouver ce qui le dérange, munis d'un espoir proche de la folie. Ce n'est pas la jolie blonde qui viendra déranger la quiétude de ce silence très matinale. Plutôt l'une de ces autres créatures. Pourtant son cœur s'emballe, il sent une cavalcade commencer. Comme une espérance, qui ne se verra pas exaucée. Il la cherche, des yeux, mais sa vue n'est pas aussi bonne qu'il le voudrait. Les affres de la nuit traînent encore dans le ciel, la noirceur l'entoure et c'est pour cela qu'il reste définitivement perdu. Un juron quitte ses lèvres, alors qu'il quitte son destrier, pour observer les alentours un peu plus en détails. Quelques pas l'éloignent, puis il revient pour mettre en route son système de sécurité fait maison. Cette moto devient son seul bien désormais. Son esprit divague de nouveau, repart dans ce passé qui le fait tant souffrir pourtant. Ses yeux se brouillent et il sent la colère monter en même temps que ces larmes qu'il refoule et renvoie au fin fond de son âme d'une grande inspiration difficile. Gorge douloureuse alors qu'un sanglot vient s'y accrocher. Rageur, il s'avance d'un pas agressif vers un bosquet non loin. Aveuglé dans sa révolte, il n'observe pas ses pieds, il ne regarde pas. Grogne et marmonne dans une impulsivité qui lui ressemble bien.


Et il s'étale finalement au sol. Trébuche sur un obstacle qu'il n'a pas avisé auparavant. Et dans sa chute il tape du poing et ronchonne une fois de plus, incapable de taire la frustration qui naît chaque seconde un peu plus. Il roule finalement sur le dos et reste un peu plus longtemps allongé, presque à se remettre en question quand à sa présence ici. Elle n'a finalement ni queue, ni tête. Il ne devrait pas être là. A pourchasser sa chimère comme le moindre pathétique amoureux. Plan stupide, qui le pousse à se retrouver au milieu de nul part, les quatre fers en l'air, à côté d'un... homme? Son regard a glissé sur l'obstacle qui l'a fait chuté et la surprise peint bientôt ses traits. Suffisamment pour qu'il se redresse et se relève même pour observer la silhouette étendue sur le sol. Un homme oui. Nu... aussi. Et la colère du danois fond, pour laisser ses lèvres s'étirer dans un petit sourire, mi moqueur, mi amusé. Ses bras viennent se croiser sur sa poitrine et du pied, il vient tâter l'immobilité. Eho? Y'a quelqu'un là dedans? Il rit de sa propre blague stupide, avant de finalement s'accroupir devant lui. Le djinn tend la main, réfléchit une seconde sur la probabilité que le corps soit toujours en vie. Un mouvement semble visible, une respiration probablement alors ses lippes s'élargissent un peu plus. Ses doigts se tendent, il s'approche de la peau, qu'il caresse de façon aérienne. Ses pouvoirs restent pour l'instant éteint, alors qu'il hésite. Le discours de sa blonde préférée résonne encore toujours un peu dans un coin de son esprit quand il ne sait pas quoi faire. Quitte ma tête skat, tu vas me rendre fou... Cette fois il marmonne, dans sa barbe, dans sa langue natale, toujours dans l'indécision quand à la suite.
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In restless dreams | walked alone
Eho ? Y'a quelqu'un là-dedans ?

S'il y avait quelqu'un, tu n'en étais plus tout à fait certain. Quelque chose sûrement, quelqu'un en revanche… tu ne pourrais pas le jurer. Une bête, au mieux un animal sauvage et dangereux. Ça d'accord. Mais quelqu'un…

Et d'un mouvement qu'on t'impose, avec un pied qui ne t'appartient pas, une semelle rugueuse venant érafler ta peau nue, tu as recommencé à entendre des chants lointains. La silhouette de l'un de tes ancêtres se matérialisant sous tes paupières semi-closes. Fort. Vaillant. Le visage peint. Des mèches de ses cheveux bruns se soulevant au rythme frénétique de ses pas de danse. La terre se transformant en poussière au rythme tapageur et ombrageux des tambours. Le corps pris dans des vêtements d'apparat, faits de plumes, d'un harnais, de manchettes et de bracelets de chevilles, de mocassins fourrés, un tourneur à la main. Rien de moins que la tenue traditionnelle. Ton danseur se mettant à virevolter et à faire des pirouettes sur lui-même. Encore et encore. Comme en transe. Les nuages dans le ciel l'entourant jusqu'à le rendre invisible. La voix des esprits accompagnant chacun de tes voyages nocturnes, les racines de ton peuples grandissant et s'ancrant toujours un peu plus profondément en toi. Par le biais de ces rêves que tes pairs auraient plutôt tendance à qualifier de visions.

Juste à cause de ce maudit détail. Celui qui changeait tout selon eux, d'après vos rites. Vos croyances. Celles qui voulaient que lorsqu'un animal apparaissait et adoptait un individu, autrement dit toi, alors ce dernier lui conférait certains pouvoirs. À ceci près, que ce maudit cheval dont les naseaux s'amusaient à te souffler dans la figure commençait à te les briser. Animal totem. Que d'après Bly, tu contraignais à être ton captif. Le brimant, de la même façon que tu bridais tes instincts.

En même temps, tu ne savais plus faire autrement. Par facilité. Par peur de laisser ressurgir ta véritable nature. Libre. Ouvert aux autres. Indomptable et fougueux. Impulsif aussi. Ne supportant plus qu'on t'enferme ni qu'on te dicte ta conduite. Pourtant tu obéissais. Ne défiant jamais véritablement l'autorité des tiens, qu'importe que tu joues la provocation puisque ça n'allait pas chercher plus loin. Juste tu te vengeais. Du mal qu'on t'avait fait, tant pis s'ils n'y étaient pour rien. Tu avais besoin de respirer. Réfractaire à toute forme d'amour, de compassion ou de pitié. Tu voulais qu'on te respecte. Est-ce que c'était trop demander ? Qu'on arrête de te traiter comme un enfant qu'il fallait à tout prix protéger. Raison pour laquelle on n'essayait sans doute plus de te maîtriser par soir de pleine lune. Tu supposais. Te permettant ainsi de reprendre ton envol, de courir sur des kilomètres et de renouer avec la légende d'Eternal Flower. Le crâne bourré d'histoires enflamment ton imagination. Au risque de te faire tuer lors de ces petites virées ne laissant dans leur sillage que de vagues souvenirs. Distillant à ta mémoire des images toutes plus troubles les unes que les autres, ne reprenant consistance qu'au travers d'odeurs. De sensations. En partie à cause du sang maculant ton corps. Nu. La chair à vif. Un sang rouge cramoisi, s'étalant sur tes lèvres pour ensuite venir maculer tes mains. Des traces recouvrant ton torse et dégoulinant sur tes cuisses. Découvertes et offertes, en sachant qu'habituellement, tu restais quelqu'un de pudique. De réservé. Quelqu'un qui ne se déshabillait qu'entre les murs d'une chambre sans issue.

Une issue qui à cet instant te semblait béante. Ouverte en grand en fait, sur une intimité que désormais tu savais ne plus pouvoir préserver. Inconscient, mais pas non plus absent. Les sons extérieurs te parvenant déjà un peu plus clairement. Et…

Eho ? Y'a quelqu'un là-dedans ?

Et… d'un coup, tu revenais à toi. Sursautant. L'impression d'égratignure que t'avait laissé la semelle en venant érafler ta peau encore vivace. Tandis que le propriétaire de ce pied te secouant s'accroupissait à côté de toi. Ne t'en laissant que plus démuni, d'autant plus vulnérable. Avant que tes yeux ne s'ouvrent enfin sur lui et que tes cils ne se mettent à battre frénétiquement. Pas sûr que ce soit réel. Un peu perdu entre tes visions et la brutalité de cette réalité qui te tombait sur la gueule. Puis finalement, la panique te gagnait. Quand tu apercevais cette main étrangère flotter au-dessus de toi.

Te ramenant à de sales trucs. Des trucs qui te torturaient depuis trop longtemps et que tu n'arrivais pas à expulser. La vision de ce cheval impétueux soumis à ta volonté s'imposant de nouveau à toi. Est-ce que tu ressemblais vraiment à ça ? Captif de tes propres interdits et de tes craintes. Sur quoi, tu te redressais brusquement afin de lui échapper. Le dévisageant.

Les traits tirés, les sourcils froncés et pinçant les lèvres en reculant comme tu pouvais. Te traînant sur les fesses et tes doigts s'enfonçant dans le sol. Il fallait bien que ça se produise tôt ou tard. Que tu te réveilles ailleurs que chez toi, aux prises avec autre chose qu'un loup. Mais où ? Inquiet, tu n'osais pas regarder autour de vous. Le souffle court. Ta longue chevelure noire retombant sur tes épaules. L'autre marmonnant dans une langue que tu ne comprenais pas et te braquant au dernier degré. Sur la défensive. Tes yeux virant au jaune et tes griffes poussant à la place de tes ongles. Muet, figé, dans l'attente...



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Chaque minute son sourire s'agrandit. Non pas qu'il apprécie voir un homme dans sa plus grande faiblesse, à ses pieds, mais parce qu'il sent là, un tout nouveau jeu prêt à le ravir. Ce n'est probablement rien qu'un imbécile inutile de plus. De ces humains qui ne savent pas quoi faire d'autre, si ce n'est avoir peur. Ou bien de ces autres créatures dont il ne sait rien et dont il se moque allégrement. Il n'a pas besoin d'en savoir plus sur eux, tout simplement parce que ça ne l'intéresse pas. Seule l'importe sa propre survie. Bien qu'emprisonné, bien qu'incapable de se rendre dans tous ces lieux qu'il s'était promis de visiter, le grand brun se contente pour l'instant de ce qu'il a. Bien trop content de retaper sa ruine. Et bien plus encore d'avoir revu la blonde de sa vie. En est il là maintenant? A être content de ces miettes qu'il a pu attraper. Juste son visage, qui ne se trouve pas six pieds sous terre. Juste son odeur, qu'il croit encore avoir dans les narines, même s'il sait que ce n'est rien d'autre qu'un pervers souvenir. Juste elle... Devant ses yeux pendant ce temps bien trop court. Ces miettes, dont il se contente quand son âme entière, souffre de n'avoir que ça. Et ce nouveau devant les yeux. Qui s'agite enfin, sans qu'il ne sache si c'était son toucher qu'il l'avait éveillé, ou bien simplement son sommeil qui l'a fuit, sans réelle raison apparente. La peur se lit sur son visage. Ou peut être la panique. Le Djinn n'a jamais trop su comment différencier ces deux émotions. Il arque alors un sourcil, son sourire moqueur toujours aux lèvres. Il ne sait pas trop ce que va lui offrir cette rencontre. Une chose est sûre néanmoins, il apprécie déjà ce qui est en train de se dérouler sous ses yeux. Son sursaut a su éveiller un appétit soudain pour le jeu, réfréné par cette petite voix dans sa tête, qui refuse de se taire. Exaspéré en un instant, il essaye de se concentrer sur le brun, pour ne pas se laisser envahir de sentiments par trop négatifs. Ses yeux ne le quittent pas, il l'observe et cherche le contact visuel, quand l'autre s'évertue à s'enfuir.


L'asticot traîne sur le sol, recule comme il le peut pour se soustraire à la présence du brun. Qui plisse les yeux pour mieux voir le visage de cet homme. Ces yeux... Un frisson parcoure sa colonne vertébrale alors qu'il avise la couleur peu normale qu'ils arborent. C'est une créature. Avec la nudité, la lune qu'il y a eu durant la nuit... Il n'en faut pas plus au centenaire pour se rendre compte qu'il à affaire à un loup. Du moins ses faibles connaissances sur le sujet le pousse à y croire. T'as l'air perdu gamin! Il l'infantilise à dessein, sans même prendre en compte son faciès marqué par les années. Ce n'est qu'un commentaire visant à apporter plus de confusion encore, au type qui semble si effrayé en sa présence. Le jeu et l'amusement s'amenuisent, pour laisser place à une lassitude probante. Il ne peut pas s'attaquer à lui ni prendre son sang. Et il ne peut visiblement pas s'amuser de lui, sans qu'il ne prenne la mouche. En témoignent ces griffes, qu'il aperçoit furtivement au bout de ses doigts. Et le soupir qu'il lâche est à la mesure de l'ennui soudain qui le prend. Probablement cherche t'il à l'effrayer, pour qu'il s'enfuie, qu'il prenne la décision à sa place quand à la suite des évènements. Pourtant, il ne sait pas comment se défaire de cette impression douloureuse qu'il est plus intéressant qu'il n'en a l'air. Tu parles ou tu t'montres juste à poil pour le plaisir des passants? Il ne lui demande pas son nom. Probablement parce qu'il s'en moque légèrement. En vérité, il aurait déjà du tourner les talons, pour retrouver sa bécane et reprendre sa route paumée vers Cork. Même sans savoir quel chemin prendre. Même en ignorant si Lahja s'y trouve. Il se redresse finalement pour fixer la créature, ajoutant à ce malaise avec sa haute stature et cette cigarette qu'il s'apprête à allumer. Je t'en proposerais bien une mais... en fait non. Manquerait plus qu'il m'en manque après. Il parle, pour dissimuler le fait qu'il est perdu lui aussi et qu'il n'est pas autant maître de la situation qu'il le voudrait...
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Tu ne maîtrisais plus rien. Ni tes émotions, ni tes réactions, ni d'ailleurs ce flot de colère qui s'écoulait dans tes veines. Jusqu'à te procurer cette impression de sentir ton sang bouillir, puis entrer en fusion. Comme un torrent de lave jaillissant d'un volcan en éruption. Pour mieux revenir te consumer de l'intérieur, avant de te déborder et de se répandre sur ta peau brune dans de longs sillons carmins. Soumis à la bête. Au point de partiellement en retrouver ta forme animal. Prêt à attaquer. Tes instincts les plus enfouis te poussant à renouer avec ta nature meurtrière. Dès lors que la couleur des tes yeux se faisait plus menaçante. Juste aussi changeante que les milliers de nuances venant se mélanger au bleu de ton ciel lorsque les rayons du soleil s'amusaient à le déchirer. Exactement de la même façon que ce matin là. Tes ongles acérés et pointus prolongeant les lignes de tes mains, la voix de l'homme te faisant toujours face commençant à atteindre un peu plus nettement ton cerveau.

Les dernières bribes entourant ta vision se dissipant enfin. Mettant en lumière la situation inextricable dans laquelle tu avais eu la bêtise de te fourrer. Tout seul. Comme un grand. Sans que personne n'ait besoin de t'aider ou de t'y pousser. Bien de retour sur terre et dans la merde. Enlisé jusqu'au cou. Le souffle de ton canasson se confondant à présent au souffle du vent qui se levait. Les feuilles des arbres s'agitant dans un bruissement évocateur et semblable à des murmures.

Persuadé que tu étais d'entendre votre mère la terre te parler. Juste à l'ouest. En déséquilibre. Désorienté. Sous l'emprise de ces esprits que tu tutoyais. Crânement, en transe dans ces moments là. Les anciens te donnant force et courage. Intouchable. Les battements de ton cœur n'en devenant que plus lourds, plus féroces, battant et cognant avec une violence sans précédent dans ta poitrine. Alors tu l'as fait. Te mettre à genoux. Semi-conscient de tes actes, tout en adoptant une position des plus explicites. Pour ensuite t'accroupir. Pas loin de lui bondir dessus, quoiqu'il puisse être. Ce danger auquel tu t'exposais dorénavant passant à la seconde place et devenant très abstrait. Tant son sourire t'agressait, encore pire que s'il avait osé lever la main sur toi. Et puis, qu'il s'en était servi pour te frapper. Sous l'emprise de cette colère te rendant agressif à longueur de temps depuis que tu avais dû ôter une vie afin de sauver la tienne. Mourir ou tuer. Te défendre ou subir. Mal dans tes pompes. Coupable. En proie à la culpabilité et au rejet. Défaillant et hostile à ta propre meute. Ta famille. Tous ces monstres qui te poursuivaient dans tes cauchemars se matérialisant un peu trop souvent au centre de ton décor et se tapant l'incruste dans ta réalité. Le goût de fer subsistant à la lisière de tes lèvres t'incitant à passer ta langue dessus. Quand ton regard venait contre toute attente s'accrocher à cet autre regard qui te cherchait. La peur s'atténuant progressivement et la panique concédant l'avantage à une détermination sans faille. L'une de celle que tu ne te connaissais pas. L'une de celle dont tu ne te pensais pas capable, encore que.

Ce n'était pas comme si tu avais enfoncé un morceau de verre dans le ventre d'un homme et que tu avais froidement ignoré ses appels à l'aide. Le laissant crever à tes pieds. Donc bien sûr que non, ce n'était pas comme si. Pas comme si tu voyais rouge lorsque le type se moquant de toi t'appelait “gamin”. Résumant en un pauvre mot toute l'histoire de ton existence. Le gamin perdu. Le gosse que l'assistance publique avait arraché à sa famille, à son peuple, pour le confier à des blancs. Le modelant à l'image d'une société rendue coupable de tout un génocide. Le môme que son cousin surprotégeait.

Un enfant qu'on empêchait de se comporter en adulte. Et il fallait que ça s'arrête. Maintenant. Il le fallait. À 32 ans, tu devais leur prouver à tous que tu n'étais pas qu'un irresponsable asocial et résistant à toute forme d'autorité.

Rebelle. Toi ce n'est pas des cigarettes que tu fumais, mais sur des spliffs que tu tirais. Ancien professeur. Brillant. Artiste de talent. Prêchant la bonne parole et revendiquant avec de plus en plus de virulence tes origines. Tombé bas, trop bas pour que tu puisses espérer t'en relever. Alors, comme dans cette ruelle des années en arrière, pris au piège, tu choisissais la riposte.

Aveuglément. T'emmurant vivant dans un silence destructeur. Ton corps se tendant et tes muscles roulant sous ta peau. Le feu ravageur brûlant au fond de tes yeux t'empêchant d'y voir clairement. Les membres souples. Amorçant ton saut, et exposant ta nudité. Sans même plus t'en soucier. Les traces rouge barrant ton front et s'étalant sur tes joues, te souillant de ce sang séché que tu aimais tellement faire couler. Un tueur né. Prenant goût à tes chasses nocturnes. Comme si tu entendais le mal hurler, un peu comme si de tes racines la souffrance de toute cette nation bafouée remontait à la surface.

Puis tu t'élançais. Toujours sans prononcer le moindre mot. Te jurant de lui faire ravaler chacun de ses soupirs. Oubliant de lui demander à lui, ce qui avait bien pu rendre l'homme rouge, rouge.

La détente de tes jambes trahissant tes appartenances au gène lycanthrope. Agile. N'attendant pas que la chance s'en revienne frapper à ta porte, mais créant par toi-même l'occasion. De t'en sortir. De conjurer le mauvais sort. Quand tu te jetais sur l'autre homme. Toutes griffes dehors. Bly avait raison. Un de ces quatre, c'est la mort que tu trouverais. Un de ces quatre, c'est ton cadavre qu'on ramènerait à la maison. Un de ces quatre. Uniquement parce-que tu refusais d'accepter cette part de toi qui te terrorisait. Heurtant de plein fouet et de tout ton poids la silhouette imposante venant se dresser devant toi...



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