The Island of the damned est un forum post Apocalyptique rassemblant un grand nombre de créatures surnaturelles.
 

Poster un nouveau sujet   Répondre au sujetPartagez | 

 Ashes of Eden | Orfeo

Vampire
Caïn's child
Vincent Granger
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 130
Points RP : 107
Crédits : AVATAR @CHARLES
Date d'inscription : 26/08/2018


Ashes of Eden

Vincent Granger | Orfeo Spinola




Parmi les meurtrissures qui me tourmentent, celles qui m'affligent le plus resteront certainement l'Inhumanité, la violence et la cruauté. Créatrices des ecchymoses qui colorent mon cœur, elles demeureront pour moi les messagères de toute la haine que je m'empêche d'extérioriser. Puisque mes convictions se trouvaient ailleurs que dans la noirceur de nos émotions primaires, je choisissais d'écouter ma conscience et de nourrir ma compassion plutôt que d'assouvir les désirs coupables qui me hantaient. Ceux qui jugent et qui ne rêvent que d'infamie. Les fruits maudits d'une violence et d'un égoïsme virulent auxquels je refusais vivement de céder pour mieux les contrôler et les dominer. Afin de ne blesser personne. Cette nuit, pourtant, ces émotions négatives me vrillaient l'esprit. Propulsées par la véhémence de mon inquiétude, elles s'intensifiaient au fil des minutes qui passaient. J'en voulais aux hommes d'avoir blessé mes proches, de les avoir enfermé. Je les haïssais d'inciter Léandre à désirer le suicide, utilisant pour ce faire la douleur corporelle comme terrible ultimatum. L'humiliation souveraine et unanime d'une condamnation sans appel, infligée aux innocents au même titre qu'aux criminels, finissait quant à elle de m'écœurer. L'inégalité invraisemblable des hommes m’affligeait autant que les agressions qu'ils avaient asséné à celui que j'aimais et qui, à présent, vacillait entre la mort définitive et la vie qu'on lui avait arraché.  

Prisonnier de la tristesse morose et dangereuse qui m'avait enseveli après qu'on m'ait révélé l'horreur, je ne pouvais pour autant pas cesser d'envisager un plus bel avenir. Pour chaque peuple. C'est du moins ce que je tentais de me convaincre. Au-delà de la peine et de la souffrance que je partageais avec Léandre, je ne rêvais toujours que de lueurs réparatrices. Pourvu qu'il guérisse. Restant à ses côtés jusqu'à ce que ses paupières se ferment, je pris la décision de quitter le château. Pour prendre l'air et m'échouer jusqu'à la porte de celui qui m'avait accompagné durant quelques décennies. Faiblesse nébuleuse que je m'étais autorisé après l'abstinence et la solitude ; ma mémoire ne pouvant se détacher de sa bienveillance et de la joie que j'ai toujours éprouvé à l'idée de partager quelques heures en sa compagnie. Je ressentais la nécessité de savoir s'il avait survécu, s'il s'en était sorti. J'espérais, du plus profond de mon âme, qu'il soit toujours là. Quelque part. La nuit était fraîche et quelques gouttes de pluie décidèrent de m'accompagner. L'anxiété de ne pas le trouver chez lui m’empoisonnait doucereusement. Est-ce que l'organisation s'était emparée de lui ? Souffrait-il, lui aussi, du virus avec lequel ils avaient infecté notre race ?  

L'acerbité de ces questions me tétanisait de l'intérieur, forçant mes pas à s’accélérer alors que je me dirigeais vers cette demeure qui était la sienne depuis plusieurs années. Cette maison que je connaissais et que j'avais appris à aimer, qui m'était familière et au creux de laquelle j'arrivais à me sentir en sécurité. Je me surprenais à prier qu'il ne lui soit rien arrivé, incapable de deviner quelles seraient mes réactions dans le cas opposé. La fraîcheur accentuait le stress carnassier qui me faisait frissonner. J'inspirais inutilement, cherchant à me raccrocher à une humanité qui m'avait pourtant quitté depuis bien longtemps à présent. Arrivant finalement aux faubourgs, je continuais mon chemin sur les quelques mètres qui me séparaient de son adresse. Angoissé, perturbé et totalement déstabilisé par un océan de sensations contraires et étouffantes. L'impuissance dévastant les vains espoirs qui déambulaient en moi fébrilement. J'aurais voulu résoudre l'impossible pour nous libérer et surtout protéger les quelques êtres chers qui berçaient mon bonheur. Êtres chers dans lesquels Orfeo avait une place toute particulière, auréolé d'un amour singulier que je m'étais pourtant condamné d'avoir éprouvé en l'absence de celui que j'avais pris l'habitude de ne pas nommer mais qui s'imposait éternellement entre l'Italien et moi.

Léandre n'avait pas besoin d'être présent pour m'empêcher de reconstruire ma vie avec un autre. Il n'avait pas besoin de s'offusquer de quoi que ce soit. Sa présence perdue au creux de mes veines suffisant largement à me rappeler que je ne serais jamais aussi libre que j'aurais voulu l'être. Ainsi étaient les choses. Désordonnées et pleines de complexités. Cependant aux côtés de l'Italien, il m'était si facile de croire en la simplicité de nos deux âmes qui s'entremêlent. Il était si simple de me convaincre que le bonheur n'était qu'à portée de main. Était-ce pour tout ce que nous avions vécu qu'il me fallait savoir à tout prix s'il avait réussi à survivre ? Des questions sans réponses qui tournaient dans ma boîte crânienne de plus en plus vite et de plus en plus fort. Si mon cœur avait été doté de battements, il serait sans doute en train de me marteler la poitrine à cet instant. Sur le pas de sa porte, j'hésitais. Les lumières avaient beau être allumées, le doute que ce ne soit pas lui à l'intérieur de ces murs me pétrifiait. Pourtant, j'ai frappé à la porte, préférant couper court à cette avalanche de doutes qui me guettait silencieusement. Malgré le temps qui me donnait l'impression de s'arrêter, je patientais, vulnérable aux secousses impétueuses de ce destin bancal qui nous attendait. Vulnérable à l'idée d'avoir perdu cet homme.
NΞRIOИ
Revenir en haut Aller en bas
♠ Vampire ♠
Membre du mois
Orfeo Spinola
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 215
Points RP : 65
Crédits : Morphine
Date d'inscription : 22/03/2018

Ashes of Eden
Vincent & Orfeo


Ambiance

Insensé. C’était insensé tout ce qu’il s’était passé en compagnie de mon infant. Insensé qu’il ait pu au fil du temps éprouver de l’amour envers moi. Insensé qu’il ait pu nourrir un tel sentiment alors même que je n’avais été qu’une bouée dans l’océan de sa folie. J’avais cru en tout cas que je n’avais été rien d’autre que cela, du fait qu’il avait voulu son indépendance et qu’il ne m’avait jamais recherché. J’observais le verre de sang dans ma main. Je me laissais engloutir dans ses sombres volutes tout en me questionnant sur ce que j’avais mal fait avec Jayden. J’avais toujours cru veiller sur lui, alors même que je n’avais pas vu cette souffrance qu’il m’avait soufflé au visage il y a encore deux nuits. Tout cela ne faisait qu’appuyer sur mon incompétence à être celui que j’étais autrefois. Un être flamboyant qui avait un œil sur tout au point d’être un incontournable dans le monde des soupirs. Mais aujourd’hui, c’était mes soupirs qui remplissaient les nuits. C’était eux qui me malmenaient en cette nuit sans lune.

Je vidais mon verre d’une traite tandis que je me redressais, quittant le salon pour me rendre dans le jardin. J’avais allumé quelques chandelles afin de me tenir compagnie tandis que l’air nocturne me faisait du bien. J’allai m’agenouiller près des rosiers que nous avions planté il y a peu. Garder ce jardin en vie me donnait une raison de vivre, en plus que de me donner la sensation d’avoir le contrôle sur quelque chose en ce monde. Toutefois, depuis la visite de Jayden, je me questionnais également sur mon rôle dans tout ce qu’il se tramait. Pouvais-je me laisser aller ainsi tandis que certains des miens combattaient et risquaient leur vie? J’avais su préserver un certain confort, ayant la chance d’avoir deux mortels sous mon toit. Mais ce confort n’était-il pas une prison quelque part? J’humais l’odeur d’une rose rouge tandis que cette question me taraudait de plus en plus fortement.

En un geste stupide, mu par une colère qui ne m’était pourtant pas habituelle je décidais de couper de mes mains cette rose, faisant couler mon sang, son épine s’ancrant dans ma peau comme une souffrance que je tentais moi-même de percer. En vain. La fleur était splendide entre mes doigts, entachée partiellement de mon sang. Mais qu’en était-il de mon trouble? Était-il aussi beau? Est-ce que l’agonie pouvait posséder un semblant de beauté? C’est là que ton image me revint à l’esprit. Peut-être était-ce en raison de cette rose...Je t’en offrais sans cesse quand nous étions en Italie. Et aujourd’hui? Et bien j’espérais que toi au moins tu étais loin de cet endroit de fous. Que la fondation avait su te préserver...Chose que je n’avais pas su faire pour mon propre infant.

C’était la désolation dans l’âme que j’entendis un frappement. Un murmure contre la porte d’entrée. Je délaissais le jardin, la rose toujours en main, ne prenant même pas la peine d’ajuster le col de ma chemise entrouverte. J’étais encore vêtu d’un large pantalon japonais qui me rappelait cette époque où je n’étais pas cantonné à un pays. J’ouvris enfin la porte, ne sachant trop à qui m’attendre. Était-ce Jayden qui venait prendre une pause auprès de moi? Était-ce une autre connaissance qui avait trouvé le chemin jusqu’à ma demeure? Une fois la porte ouverte, je restais saisi. J’étais mêlé entre la joie de revoir ton visage d’ange, et la déception de te savoir toi aussi prisonnier d’entre ces murs. Mais bien vite, mon cœur avait fait son choix. Je fis un pas afin de te prendre dans mes bras, sentir ton odeur et m’exhalter de ta présence. "Je ne devrais pas être aussi heureux...mais je le suis micio".

Quelques mots prononcés en italien. Je me redressais, mon visage en intimité avec le tien tandis qu’un sourire égayait mon visage. Doucement, ma main se glissa dans la tienne, te tira à l’intérieur et te plaquais doucement contre la porte désormais fermée. Avec une infinie tendresse, je vins alors caresser ton visage avant d’embrasser tes lèvres. J’eu la sensation de replonger dans ce passé qui nous avait autrefois bercé. Ma main tenant la rose se redressa afin de te la tendre. "Pour toi".

Une fois que tu l’eus saisi, je reculais, te contemplant avec une joie non feinte et fébrile à la fois.



made by black arrow



Prière Aveugle moi de tes ténèbres. Je saurai les engloutir, m'y noyer et encore renaître.
Revenir en haut Aller en bas
Vampire
Caïn's child
Vincent Granger
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 130
Points RP : 107
Crédits : AVATAR @CHARLES
Date d'inscription : 26/08/2018


Ashes of Eden

Vincent Granger | Orfeo Spinola




Égaré et confus. Bousculé par des vagues qui me dépassaient pour mieux m'engloutir ensuite. C'est ainsi que je m'échouais à sa porte, le cœur enserré par la peur et le souvenir d'une douleur qui ne m'appartenait pourtant pas. J'espérais, dans la noirceur des pensées qui m'habitaient, qu'il avait survécu. Aux bombes ainsi qu'à la cruauté sordide par laquelle l'organisation était animée. Je me demandais si son âme aurait toujours les mêmes couleurs ou si ces dernières s'étaient assombries face à la terreur qu'imposaient les hommes par crainte et par besoin de vengeance... Les échos de sa faiblesse venant m'étreindre d'un peu plus de douleur. L'instabilité des sentiments qui me traversaient m'aveuglant et me rendant presque paranoïaque, je n'étais plus qu'impuissance et frustration. Colère refoulée et tristesse profane. Tout ceci m'étouffait, plus que de raison. N'était-ce pas honteux de permettre à la douleur de m'envahir alors que d'autres souffraient bien plus que moi ? Comment ne pas culpabiliser de ressentir ces choses alors que de pauvres âmes se faisaient torturer au sein même de cette prison dans laquelle Léandre avait subi les mêmes sévices ? L'idée que l'Italien ait subi le même sort me pétrifiait, tendant le moindre de mes muscles jusqu'à la plante de mes pieds. Faisant de mon corps tout entier un refuge aux mauvaises vibrations. L'air, dont je n'avais pourtant plus besoin, finissant même de m'oppresser, j'attendais que le suspense se meurt pour laisser place à la fatalité de l'avoir perdu ou au tendre bonheur de le retrouver.

Alors que mon cœur se trouvait sur la corde raide, la porte s'est ouverte sur son visage, éclairant perceptiblement l'obscurité dont s'étaient teintées mes prunelles depuis les larmes et le désordre émotionnel qui s'était emparé de ma personne. La singularité de ses traits restant infiniment belle et fidèle à elle-même, sa vision me consolait l'esprit et me donnait une prise solide à laquelle me raccrocher. Il ne fallut que quelques secondes, à peine, pour que je me retrouve contre son corps ; laissant ainsi mes bras l'enlacer dans une étreinte que j'aurais voulu douce et délicate mais qui suintait, en vérité, d'une affliction certaine. Cette odeur qui était la sienne et qui m'était si familière devenait à nouveau mon second souffle, ma bouffée d'air. Celle qui m'avait manqué et celle que j'ai trop souvent regretté. Saine et sauve. Du moins, en apparences. Épris de l'instant, j'en oubliais presque la réalité qui nous surplombait de ces crises devenues trop fréquentes, de cette agitation virulente au creux de laquelle la douceur ne semblait plus avoir sa place. Qu'était-il arrivé à notre vie, à celle que nous avions réussi à bâtir de nos efforts et de nos passions ? Tous ces anciens idéaux étaient à terre, dévastés et inutiles. Je me sentais soudainement défaitiste et incapable de me situer dans la tempête qui avait kidnappé ma vie et celle de ceux qui comptent pour moi.

Je n'avais que la douceur de son parfum pour me rassurer et calmer les miasmes de souffrance qui m'étreignaient le cœur. Comme toujours, il était là ; domptant les marées de doutes qui m'assaillaient sans même s'en rendre compte. Le simple son de sa voix me rappelait que nous n'étions pas seuls et qu'il me fallait me reprendre et continuer à croire en ces convictions qui m'ont toujours préservé. Ce surnom qu'il avait l'habitude de me donner éclaira faiblement mon visage d'un peu de ce bonheur que je n'attendais plus. Et puis sa main se glissa dans la mienne, comme si rien n'était plus naturel que ce geste. À l'intérieur de la maison, mon dos vint se plaquer contre la porte en bois. Ce sont ses lèvres enrobant les miennes tendrement, ses mains encerclant mon visage, qui me plongèrent dans ce que nous avions pu être avant le drame. Avant la folie des hommes et leur besoin de destruction. Tout ceci ne semblait plus exister et pourtant quelque chose en moi ne tournait pas rond, quelque chose en moi restait vicié par la possibilité que Léandre disparaisse pour de bon, que la Coalition s'effondre et que nous restions à jamais prisonniers de l'Irlande. Il m'était impossible de me défaire des ces inquiétudes. Et pourtant la rose dont il me fit cadeau me poussait à voir au-delà de ce que nous subissions depuis deux ans.

Cette rose me ramenait à des temps plus beaux. Tout comme la langue qu'il avait choisi pour s'adresser à moi. Notre attachement semblait intact, indifférent à l'horreur qui nous guettait et solide de toutes les années que nous avons partagé. Je la contemplais en silence alors qu'il se reculait fébrilement pour finalement sentir mon regard s'en désintéresser pour mieux le voir, lui. « Tu m'as manqué, Orfeo. » commençais-je, faiblement. « Je n'aurais pas supporté qu'il te soit arrivé quelque chose à toi aussi. » L'obscurité envahissant mon regard, j'hésitais un bref instant avant de m'installer dans le salon, l'entraînant à ma suite après lui avoir saisi le bras, doucement. J'ai pris place, faisant rouler la tige de la fleur entre mes doigts alors que la nervosité me donnait l'impression de suffoquer. « Est-ce qu'ils-t-on fait du mal ? » Je ressentais ce besoin viscéral de savoir, d'en avoir le cœur net.
NΞRIOИ



I will always find another mountain to climb. I will always be chasing this light cause the road ahead is so much better than the life I left behind. Are there ever really mistakes ? Or simply a slide of destiny's hand, cause every choice has led me here. My own proverbial promise lived and now there's no looking back, cause now I'm where I'm meant to be.

Revenir en haut Aller en bas
♠ Vampire ♠
Membre du mois
Orfeo Spinola
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 215
Points RP : 65
Crédits : Morphine
Date d'inscription : 22/03/2018

Ashes of Eden
Vincent & Orfeo


Ambiance

Il y a des éclats de vie qui restent à jamais contenu dans certains êtres. Comme si la vie choisissait de résider dans une âme plus que dans une autre. Comme si elle était douée de raison, mais aussi de sentiments allant jusqu’à préférer des personnes. J’ai toujours pensé que tu étais l’une de ces personnes. L’une de celles dont la vie s’était épris au point de se cacher en toi, pour l’éternité. Il n’y avait pas eu de moments, depuis que je te connais, où je n’avais été électrisé par cette vie qui transparaissait dans le moindre de tes gestes ou attentions. Même sans te fréquenter pendant de longues années, je savais comme tu jouais de la vie, autant que je jouais du piano. Avec doigté, précision et volupté. Mais tu ne te rendais pas compte. Tu n’as jamais vraiment eu conscience de ce qui se dégageait de toi, préférant te dévaloriser, te mettre en retrait, alors même qu’il n’y aurait qu’un fou pour ne pas voir l’étoile brillante que tu es.

Ce soir ne fait pas exception. Malgré la fébrilité que je sens dans ta voix et ton regard, je n’ai pu que t’exprimer ma joie de te retrouver. Ici, dans une Belfast ruinée, la mort aux aguets, je n’avais pas réussi à faire preuve d’inquiétudes. Après tout tu étais là, tu avais su trouver ton chemin jusqu’à moi, et cela signifiait que le Seigneur veillait encore sur nous tous. Mais à peine les minutes loin de tes lèvres s’égrenaient, que déjà tu me communiquais toutes tes angoisses. Avais-tu eu si peur qu’il ne me soit arrivé quelque chose? Tandis que je m’installe à tes côtés, une ombre passe dans mon regard. Jayden aussi s’était enquis de mon état. Lui aussi m’avait fait part de ses craintes. Mais sans doute avais-je une bonne étoile, ou alors mes prières portaient leur fruit, mais je n’avais rien à déplorer...pas même la perte d’amis chers. Du moins, je n’en avais pas connaissance. “Rassure toi, je vais bien. Je n’ai pas été emprisonné, à peine si on a du remarquer ma présence.” J’observais la tension dans ton être, sans plus oser venir te toucher. Tu avais besoin de m’entendre, plus que de te fondre en moi. C’est ainsi que je passais un bras sur le dessus du canapé, m’installant plus confortablement avant de poursuivre: “Je me terre dans cette maison depuis le commencement.” De tout ça. Mon regard se porte sur le feu, tandis que je me confie, acte très rare pour moi. “Je n’ai rien d’un héros...rien d’un militant. Je n’ai même pas mis les pieds au château, alors que je viens d’apprendre que ma présence pourrait apporter de l’apaisement à ceux qui souffrent.” Mon visage se tourna vers toi, un faible sourire venant éclairer mon visage, comme pour rattraper cette perdition dans laquelle j’avais plongé.

Mon regard se fit ensuite plus insistant quand ce fut mon tour de demander: “Que fais-tu là Vincent? Je te croyais en sécurité à la fondation. Pourquoi es-tu sur cette île? Pour qui as-tu si peur qu’il te fallait savoir par toi-même?” J’avais eu connaissance de part Wellan de ceux de la fondation qui avaient été pris entre ces murs, et ceux qui étaient en sécurité en Angleterre. Je ne comprenais pas ce qui t’avais poussé à te mettre en danger. Je savais qu’il ne s’agissait pas de moi...nous ne possédions pas ce genre d’amour. Nous n’étions pas à l’image d’un sire et de son infant, car Jayden m’a appris que ce lien-là est plus puissant que ce que j’avais pu imaginer jusque là.

Je me perdis un instant dans la contemplation de ton visage. Un instant, j’eu même l’impression de voyager, que nous nous trouvions dans une de ces demeures à travers le monde où le temps perdait toute notion. Où je perdais la raison, enfoui dans les draps auprès de toi avant de philosopher sur la beauté du monde. Étions-nous inconscients? Je ne le crois pas. La fondation et moi-même avions conscience que plusieurs vampires, dont Léandre bien sûr, abusaient de leur pouvoir et nous mettaient tous en danger. Mais comment aurions-nous pu prévoir l’ampleur du drame qui nous attendait? Comment aurions-nous pu imaginer et être assez unis pour contrecarrer le plan des hommes? Une part de moi espérait que cette expérience non voulue nous permette de comprendre nos faiblesses et de les résoudre. J’espérais que nous tirerions des leçons de cette aventure, car j’avais la convictions que nous réussirons à nous échapper. Moi qui restait planqué depuis toutes ces années, j’avais aperçu l’étincelle d’un espoir, rien qu’à la rencontre avec mon second infant dont la passion ne faisait aucun doute.

“Loges-tu au château? As-tu pu retrouver ceux qui te sont chers?” Tu avais toujours été discret sur ton sire, comme je l’avais été envers toi pour mes infants. Mais en ce soir, je ne pouvais que penser que c’était pour lui que tu étais présent. Les temps extrêmes amènent des actes désespérés. C’est pour cela que suite aux guerres il y avait toujours eu de nombreuses naissances. La vie s’accroche quand la mort se présente. À quoi t’accroches-tu Vincent?



made by black arrow



Prière Aveugle moi de tes ténèbres. Je saurai les engloutir, m'y noyer et encore renaître.
Revenir en haut Aller en bas
Vampire
Caïn's child
Vincent Granger
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 130
Points RP : 107
Crédits : AVATAR @CHARLES
Date d'inscription : 26/08/2018


Ashes of Eden

Vincent Granger | Orfeo Spinola




Il allait bien. De ses lèvres, il me l'affirmait alors que mes craintes se diluaient dans la sérénité qu'il dégageait. J'avais même trouvé quelques étincelles de bonheur au fond de son regard lorsqu'il m'a découvert. Derrière la porte de son logis. Électrisé par des peurs qui ne ressemblaient pas à mon calme habituel. Pourtant, le rappel de sa voix me rassurait puisqu'il me prouvait qu'il était bel et bien là, présent à mes côtés et libre de la violence qui se cachait derrière les épais murs de Tullamore. Il m'avait fallu la preuve concrète qu'il était sauf pour que les palpitations de mes angoisses s'allègent. Cependant, je ne peux m'empêcher de le voir s'éloigner lorsque ses prunelles me délaissent pour s'enliser dans les flammes. Il effleure une possible isolation, un retrait de la société que je ne lui connaissais pas réellement. En mon esprit, Orfeo était pourtant étincelant. Il débordait d'un nectar vivifiant et d'une Humanité sans pareille. Ce souvenir ne me quittait jamais car mon cœur s'est souvent senti renaître à la chaleur de ses tendres sourires. Alors... Je fus happé par ces ombres délicates qu'il me dévoilait, probablement inconsciemment. S'il allait bien en apparences, je me demandais naturellement comment se portait son Âme. Puisqu'il comptait. Spécial à mon être, il l'avait toujours été. Comment pourrait-il en être autrement après tout ce qu'il avait pu m'offrir ? « Pardonne-moi... Je n'ai pas envie d'obscurcir ton humeur. » Cette tension dont mon être semblait émaner ne devait pas l'effleurer mais les ondes négatives se propagent souvent à l'image des virus volatiles. Ils gangrènent simplement les âmes avant de s'attaquer au corps et je n'avais aucune envie que mes affres ne s'en prennent à la beauté de son cœur. Passant calmement l'une de mes mains dans ses cheveux longs, je lui souriais alors que son regard revenait sur ma personne. « Parle-moi si le cœur t'en dit. Pourquoi te coupes-tu des autres ainsi ? » J'espérais qu'il me fasse encore suffisamment confiance pour s'ouvrir à moi. J'espérais peut-être pouvoir lui venir en aide et l'inciter à sortir de cette discrète torpeur dans laquelle je pensais le voir s'effacer.

« Personne n'attend de toi que tu sois un héros ou un militant. Si tu n'arrives pas à te mêler à la communauté, c'est peut-être car quelque chose en ton intérieur t'en empêche. » Des suppositions dont je lui faisais part ouvertement, cherchant à nouveau à ouvrir les portes de son esprit pour mieux le comprendre. La bonté de cet homme n'était plus quelque chose qu'il fallait me prouver. Nous nous connaissions et tous les souvenirs que nous pouvons partager à deux me sont inestimables... Il fut le centre de ma vie durant de nombreuses années et en leur sein, c'est le goût de vivre qui m'était revenu. Je n'oublierai jamais ceci, tout comme je n'oublierai jamais ce qu'il était parvenu à me faire éprouver à son égard. Pourtant, comme souvent, la certitude de mes émotions et la douceur avec laquelle je tentais de repousser les marées noires ne suffisaient pas à lui faire oublier la fatalité d'une vérité qui fut l'une des raisons de notre séparation. Et l'obstination de son regard, pourtant respectueux, me demandait de réelles explications. Ainsi, je ne me voyais pas les lui refuser... Il les méritait amplement. « C'était effectivement le cas. J'étais en sécurité auprès de Blanche... Cependant, nous n'avions plus aucune nouvelle de Wellan et prise de doute, elle désirait se livrer aux autorités de l'organisation. » Pourtant, il m'était impossible de la laisser encourir de tels risques et influencé par cet instinct de protection qui me prenait dès lors que cela concernait la Française, je ne pouvais me résoudre à la laisser partir. « J'ai simplement choisi de prendre sa place. La Fondation a besoin d'être gérée à l'extérieur et elle est bien plus douée que moi. » C'était presque aussi simple que cela. Si savoir Léandre en vie ne m'avait pas semblé aussi essentiel et vital mais mon Sire caché n'était pas encore le sujet de cette conversation.

Était-il pourtant encore judicieux de ne pas lui révéler qui était celui qui m'avait créé ? Est-ce que la retenue était encore de mise, maintenant que Léandre agonisait et que j'avais l'étrange sensation d'avoir failli aux promesses que j'ai pu lui faire des siècles plus tôt ? Je m'emplissais de regrets pour un homme perçu comme un dictateur cruel et ignoble... Pourtant, le souvenir de l'homme tendre et abîmé persistait à me hanter... River Crow était, pour moi, l'enfer que j'avais choisi de ne pas arrêter. Puisque je m'étais montré lâche... Et faible de ne pas vouloir affronter et arrêter Léandre dans sa folie meurtrière. Ce fait me flagellait le cœur car en moi demeurait le doute que le rejet que j'infligeais à mon Sire ainsi que mon inaction envers lui me rendait directement responsable du Chaos virulent qui secouait l'Irlande à présent. Orfeo m'extirpait de ses élucubrations lorsqu'il poursuivait ses questions sensées. Et dans un soupir léger, je me focalisais sur les iris céruléennes de mon tendre ami, m'accrochant à leur beauté éternelle pour me donner un peu plus d'assurance.

« Le château est le premier endroit dans lequel je me suis rendu. » lui confiais-je posément malgré la douleur qu'avaient provoqué en moi les aveux de celui qui m'a façonné. « J'ai retrouvé Wellan. Il m'a expliqué ce qu'ils ont traversé et les choses ignobles qu'ils ont dû endurer. Il me semble qu'il n'a rien omis. » De l'emprisonnement jusqu'aux abus. De l'enfermement de l'un de mes frères jusqu'à l'infection de mon Sire. « Je... Orfeo, mon Sire... Le véritable, ce n'est autre que Léandre. »  Je n'ai pas pu m'empêcher de détourner le regard puisqu'il s'assombrissait alors que les brûlures de plusieurs souvenirs revenaient parjurer les valeurs auxquelles je m'étais dévoué. Soudainement, je me questionnais sur ce qu'il pourrait ressentir face à cette confession... Ce secret que je m'infligeais de porter depuis le début. Me regarderait-il autrement maintenant que je lui avais révélé qui était l'auteur de mon Immortalité ? Malgré ce que je pensais connaître de son Âme, j'avais peur que tout ce qui nous unissait s'envole sous l'éclat de cette annonce. « Il est mourant... Je n'ai pas encore été à sa rencontre. C'est pour cela que je... » M'arrêtant un instant pour à nouveau plonger mon regard dans le sien, ma mâchoire se crispait brièvement car l'évoquer aussi ouvertement m'était encore difficile. Cette rage et cette haine dont Léandre a pu suinter m'avait tant peiné et déçu que mes lèvres n'osaient presque jamais prononcer son prénom. « C'est pour cela que j'avais besoin de savoir que tu étais sain et sauf. Réellement. J'en avais profondément besoin. » Cette sincérité me mettait mal à l'aise, tout comme l'idée qu'il ne me voit plus comme il a pu le faire auparavant. J'espérais me tromper. J'espérais rester, pour lui, cet homme qu'il avait su aimer un jour.  
NΞRIOИ



I will always find another mountain to climb. I will always be chasing this light cause the road ahead is so much better than the life I left behind. Are there ever really mistakes ? Or simply a slide of destiny's hand, cause every choice has led me here. My own proverbial promise lived and now there's no looking back, cause now I'm where I'm meant to be.

Revenir en haut Aller en bas
♠ Vampire ♠
Membre du mois
Orfeo Spinola
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 215
Points RP : 65
Crédits : Morphine
Date d'inscription : 22/03/2018

Ashes of Eden
Vincent & Orfeo


Ambiance

Ta douceur a toujours eu une portée salvatrice. Comme si à travers elle, tu pouvais soigner tous les maux du monde, même ceux silencieux. Encore aujourd'hui, alors que je ressentais ton anxiété qui se manifestait autours de nous, tu savais être à l'écoute de ce que je tais depuis toutes ces années de captivité. Sans doute était-ce toi qui me connaissait le mieux, ayant pu vivre à mes côtés, ayant pu voir le moindre changement d'humeur tandis que mes sourires se faisaient toujours présents. Tu n'as jamais été dupe des apparences, t'étant toujours intéressé à ce qui enrobait les cœurs comme pour mieux les border. Alors, peux-tu réellement obscurcir mon humeur? N'est-elle pas déjà tâchée d'ombres? N'est-elle pas déjà froissée par toutes ces nuits où j'ai perdu mon chemin, me rattachant à ma foi comme ultime réconfort? Mais qu'en était-il de cette nuit plus récente où Jayden est revenu dans ma vie? Qu'en était-il des conséquences des actes les plus récents? Avaient-ils réellement de l'importance? Je ne le savais plus trop, avec toi réapparaissant dans ma vie en ce temps troublé. Toi et tes inquiétudes qui se marquaient dans l'expression de ton visage. C'est d'une caresse dans ma chevelure que tu viens à mon contact avant de m'inviter aux confidences. Peu s'inquiétaient de ce que je ressentais profondément. Tu faisais partie de ceux là, toi dont la jeunesse d'âge n'avait rien à envier à la sagesse de ton esprit.

Toutefois, tu ne cessais de me voir plus pur que je ne l'étais en réalité. Je percevais comme il était important pour toi de parvenir à soulager le poids que tu lisais dans mon regard. Je sentais également ta fébrilité face à notre relation. Cette dernière s'étant terminée en raison de ce trou béant que ma présence ne pouvait combler. Sans parler de mon propre cœur qui continuait de taire les affections qui étaient les miennes et dont je ne pouvais te faire part. Ce qui était certain, c'est qu'ensemble nous nous sommes fait du bien. Ensemble nous avions pu toucher à un paradis qui nous a échappé face à la réalité. Ensemble, cela avait été comme une bulle d'oxygène, une nouvelle naissance, qui n'a désormais plus sa raison d'être. «Me croiras-tu si je te dis que je n'en avais tout simplement pas la force? L'unique volonté qui se saisit de moi est celle des arts, par le biais de la musique, et celle bassement matérielle de reconstruire cette maison…» Il était loin l'Orfeo que tu as connu. Celui qui ne cessait de voyager, de rencontrer des personnes différentes à travers le monde. Il était loin, mais à la fois si près de toi en cet instant. Parce-que te revoir m'avait fait regoûter à la vie que j'avais connu avant, auprès de toi.

En cet instant, je n'étais toutefois pas en recherche de ta sollicitude, ni même de ta compréhension. Ta venue sur l'île me restait fort mystérieuse et je ne pouvais pas ne pas insister pour que tu te mettes à ton tour à te confier. Mon regard profita de ta réponse pour courir un instant sur ton visage que mes baisers avaient autrefois si bien connus. J'étais totalement charmé par ce qui se dégageait de toi, même si je ne tentais aucun geste tactile pour réduire la distance qui nous séparait. Je sentais que cette époque était révolue. C'était presque émouvant de t'entendre parler de Blanche et de la fondation. Nous étions si unis dans notre cause autrefois, que cela me fit du bien, même si nous avions tous conscience que tout cela n'avait plus d'importance. Seul les races comptaient. L'ennemi était Tullamore. J'avais toujours trouvé idiot de se combattre au sein du même peuple. C'est donc avec attention que j'appris que tu avais pris la place de Blanche, afin qu'elle continue de gérer les affaires extérieures, pendant que tu viens t'enquérir de Wellan. J'observais comme ton regard brillait, comme tu étais engagé envers la fondation. Toutefois, je sentais qu'il y avait autre chose. Peut-être était-ce ton regard qui te trahit? Un regard dont je connaissais les moindres tonalités et qui parlait au-delà de tes paroles.

J'aurai pu te toucher pour t'encourager à poursuivre. Toutefois je me retins. Je ressentais qu'il y avait bien plus que Wellan et bien plus que moi en jeu dans le danger que tu avais pris. C'est ainsi que tu me racontas tes retrouvailles avec ce dernier et que doucement, de façon hésitante, tu me parlas enfin de lui. Ton sire. Celui qui de part son ombre n'a jamais permis à ce que ma présence t'apporte une paix constante. Ton regard se détourna, tandis que le mien continuait de regarder ton visage, me raccrochant à ce que je connaissais de toi afin que cette révélation ne me fasse pas adopter une expression qui pourrait te blesser. J'étais bien aise que tu fuyais mon regard. Naturellement, je me laissais davantage glisser dans le canapé, mon esprit commençant à se rendre compte d'une bien étrange vérité: j'étais lié à deux infants de Léandre. Deux infants qui ne se connaissaient pas, et dont l'amour envers leur sire pouvaient les amener à se haïr. Du moins, je savais que Callan pourrait te détester, comme il déteste ses autres frères...Mais toi tu en serais incapable. Ce genre d'émotion n'est pas pour toi. Tu as toujours été au-delà de tout ça. Mais pourquoi dis moi, pourquoi m'avoir caché l'identité de ton sire? Parce-qu'il ne faisait pas partie de la fondation? Parce-qu'il était son ennemi attitré?

Ces questions restèrent silencieuses. Tes yeux trouvèrent à nouveau les miens tandis que ta voix s'ébranlait. Je sentais toute ta détresse...même peut-être une forme de honte face à ce secret que tu avais porté durant toutes ces années. Mais j'étais incapable pour le moment de prononcer le moindre mot. Tes paroles n'avaient pas de sens pour moi. Tu venais me voir car Léandre était mourant? Mais tu étais avant tout venu pour le voir lui. Pour lui pardonner? Comment pourrais-je t'en vouloir...Mais mon regard délaissa le tien pour se jeter dans les flammes. Ton attitude envers ton sire venait me questionner sur le mien. Est-ce que j'aurai bravé les dangers pour aller le voir si j'apprenais qu'il allait mourir? Soudain je me levais, te tournant le dos tandis que je me perdais dans le spectacle des flammes. Je me devais d'être là pour toi, malgré toutes les émotions à travers lesquelles je venais de passer. De la joie à l'inquiétude, jusqu'à ces questionnements concernant ce passé que je croyais enterré. Ma voix s'éleva alors, douce à souhait: «Alors tu es venu pour te sacrifier? Tu es venu pour lui donner ta vie...lui pardonner. Te pardonner peut-être?» Mes interrogations restèrent en suspens, avant que je ne consente à me tourner vers toi. «Comme tu le vois, je vais bien mieux que Léandre Vincent...tu n'as pas à t'inquiéter pour moi.» Tu n'as pas à le faire. Aucun lien de sang ne nous retient l'un à l'autre. «Mais qui va prendre soin de toi? Wellan sait que tu souhaites voir Léandre? Sais-tu au moins à quoi tu t'exposes?»

La visite de Jayden faisait soudainement sens. Il m'avait dit comment le virus se communique...et s'y exposer comme tu t'apprêtais à le faire était une des meilleures options pour l'attraper.


made by black arrow



Prière Aveugle moi de tes ténèbres. Je saurai les engloutir, m'y noyer et encore renaître.
Revenir en haut Aller en bas
Vampire
Caïn's child
Vincent Granger
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 130
Points RP : 107
Crédits : AVATAR @CHARLES
Date d'inscription : 26/08/2018


Ashes of Eden

Vincent Granger | Orfeo Spinola




Quelque chose le dérangeait sans que je ne puisse réellement savoir de quoi il s'agissait. Ça flottait dans l'air comme un parfum subtil, changeant le calme de l'atmosphère en une ambiance plus froide et lointaine. Il n'était pas lui-même et ce constat ne m'échappait malheureusement pas. Nous avions passé trop de temps ensemble pour que je ne saisisse les profondeurs de ses défaillances lorsqu'elles apparaissaient. Mon regard l'avait bien trop contemplé pour ne rien remarquer de ces fissures étrangères, blessures nouvelles, qu'il me cachait délibérément. Ces dernières habillaient le cristal de ses iris. Comme de sombres nuages le feraient dans le bleu d'un ciel qui m'était, depuis trois siècles, complètement inaccessible. Les traits de son visage étaient usés mais l'éclat immuable, vivant au fond de ses prunelles, persistait quant à lui à illuminer la noirceur de toutes mes inquiétudes. Cet éclat si singulier avait souvent métamorphosé le Chaos qui m'avait parfois enveloppé, protégeant et sublimant inconsciemment cette part d'Humanité qui refusait de m'abandonner. Durant si longtemps, il avait contribué à mon équilibre, m'apportant cette fraîcheur qui m'était nécessaire afin de ne pas sombrer. Nous nous complétions ainsi. Dans le bonheur d'un idéal qu'on savait temporaire mais dans les bras duquel il nous était impossible de ne pas nous perdre. Puisque en son sein, nos plaies semblaient se cicatriser. Et rien d'autre que la vie, l'instant présent, ne nous importait. Toutefois, les fantômes du passé finissaient toujours par nous rattraper tandis que les aléas du présent nous ramenaient aux incontestables certitudes des réalités nous entourant. Pouvait-on réellement faire abstraction du monde en nous cloîtrant dans le confort de la sérénité et de la douceur ? Pouvait-on réellement fermer les paupières sur des plaies que nous n'avons pas pris le temps de soigner comme il se doit ? Le temps était souvent un allié mais quelques fois, il pouvait tout aussi bien devenir notre ennemi. À force de trop attendre, c'est la vie elle-même qui nous filait parfois entre les doigts. Ceci, c'est à mes dépens que je l'ai appris. Le temps ne devrait toujours être qu'un pansement. S'il devient refuge, inévitablement, il se changera en sable mouvant. Aspirant ainsi nos ambitions, nos rêves et même les êtres qui nous sont chers. Nous rendant ainsi prisonniers d'une léthargie aussi meurtrière qu'indifférente.

Se perdait-il dans l'apathie d'une vie recluse pour ces raisons ? Pour guérir et se protéger des ardeurs de la guerre qui nous menaçait, tout en restant pourtant soumis à la déception ainsi qu'à l'amertume que nous a laissé l'Humanité. Cette même Humanité pour laquelle nous continuons malgré tout de nous battre... Il m'était pourtant impossible de juger son désarroi, impossible même de le lui reprocher. N'étaient-ce pas nos failles et nos erreurs qui nous permettaient de rester humains ? Cette sensibilité d'âme et de cœur que nous nous devions d'entretenir afin de ne pas laisser l'infinité du temps nous démanteler d'indifférence. Peut-être que ma jeunesse m'empêchait encore de voir clair, d'effleurer cette émotion si particulière qu'était le désappointement, ou peut-être que la dimension que je lui donnais m'était plus personnelle. Puisque calculée à une échelle moins universelle. Mes convictions étaient encore intactes et fières. Elles brûlaient d'un feu que rien en semblait pouvoir éteindre. Mon affection pour la vie, les hommes et la Terre qui nous porte, dépassait de loin les ombres d'égoïsme qui asséchaient parfois mon cœur. La Fondation m'avait littéralement sauvé, des affres étranges de l'amour et de la partialité, rien d'autre ne pouvant surpasser ma dévotion à la cause que je défendais. Le moindre de mes actes lui était destiné. Mais pour combien de temps encore ? Si le vide était une étape propre à l'Immortalité, est-ce qu'il finira par m'affecter à mon tour ? En observant mon ancien amant, la curiosité me poussait à m'interroger et à me remettre en question. Serait-ce temporaire ou était-il vraiment essoufflé ? Dans mon indéfectible optimisme, l'espoir primait cependant sur les doutes qui pouvaient m'assaillir. Pour vaincre nos tourments, il était essentiel de croire en une finalité plus harmonieuse. Il fallait savoir préserver la volonté de braver les obstacles que notre esprit nous imposait. Pour notre bien. Car les épreuves que l'on pouvait traverser au cours de notre existence n'étaient qu'une opportunité, pour nous, de nous purifier, de faire le point, afin de mieux repartir.

« Tu sais, j'ai la volonté de croire que tout ce qui nous arrive est temporaire et que l'on pourra en sortir plus riche, humainement parlant. » Au-delà des douleurs et des atrocités que toute guerre parsème irrévocablement dans le cœur de ceux qui l'endurent. Il fallait nous montrer assez forts pour surmonter cela. D'autres ont su le faire avant nous, d'autres ont survécu. Pourquoi pas notre peuple ? « C'est à nous de faire notre possible pour changer la donne. Personne n'aura la bonté de le faire à notre place. » C'était une réalité dont Orfeo était pourtant parfaitement conscient. Tant que des hommes comme lui existait, tant que les valeurs de la Fondation emplissaient un cœur de courage alors l'espoir demeurait intact. « Et quoi que tu puisses en penser, notre communauté a besoin de toi. De tes convictions, de ta sagesse et de ta capacité à transformer le néant en quelque chose de plus humain. Peu importe la manière dont tu l'exprimes, crois-moi, c'est bien plus utile et essentiel que tu ne l'imagines. » La passion qu'il mettait dans ses convictions m'avait toujours ému car son authenticité résonnait directement avec mon âme. Elle se reflétait à l'activisme dans lequel s'était logée ma conscience et elle l'avait même nourri. « Ne me dis pas que la passion t'a abandonné. C'est quelque chose qui te colle à la peau et qui te suit. C'est en toi, c'est inné. » Il lui suffisait juste de regarder à l'intérieur et de comprendre que tout était là, entre ses mains. Je ne pouvais m'empêcher de croire en lui et en ses capacités. Pour moi, il était inconcevable qu'il ne puisse s'extraire de cet isolement et j'espérais sincèrement qu'il puisse s'en libérer. Mais bien vite, la situation s'inversait. Pour me laisser la place de celui qui s'explique et qui se confie. Puisque ma présence sur l'Île et les raisons qui m'avaient poussé à faire ce choix l'intriguaient. Il me connaissait et devinait que cet acte désespéré, brutal même, était le fruit de quelque chose dont j'hésitais à lui faire part.

Par respect, peut-être, envers l'histoire de notre relation et envers la déception avec laquelle j'ai pu l'envelopper malgré moi par le passé. Puisque ces sentiments m'échappaient et qu'en eux, aucune logique n'était présente. Pourtant il me réclamait doucement la sincérité, la simple vérité, alors bien qu'un malaise certain vint m'étreindre, je la lui donnais sans me poser davantage de questions. Incapable, au final, de lui mentir frontalement. Cet aveu me poussant malgré tout à me perdre entre que j'ai choisi de sacrifier au nom de Léandre et ce qui m'attendait à présent, mes mots se confondaient. Tout comme le faisaient mes sentiments. Il s'est levé en silence, me tournant le dos alors que mon regard ne pouvait le quitter, dans l'attente incertaine d'une quelconque réaction. Malgré le calme de sa voix, je ne pouvais m'empêcher de trouver la situation étrange et inconfortable. Plus encore lorsqu'il interprétait mes actes, avec une justesse qui me dépassait. Puisqu'il me connaissait. Parfois même plus que je n'avais la sensation de me connaître moi-même. Sans me laisser le temps de répondre, il s'était retourné pour m'assurer qu'il allait mieux que Léandre et que mon inquiétude à son sujet n'avait pas lieu d'être, me demandant ensuite qui allait s'occuper de moi et si j'avais conscience de ce à quoi je m'exposais. « Pour nous pardonner, oui. Pour l'empêcher de faire les mêmes erreurs aussi. » Il existait encore cette culpabilité en moi, celle qui me murmurait que si j'étais resté à ses côtés ; River Crow n'aurait jamais existé. « Ne crois pas que je cherche à mourir, Orfeo. C'est faux. J'ai beau avoir du mal à tolérer ma nature, la vie qu'il me reste m'est précieuse... Peu importe si elle est damnée. » Il ne fallait pas qu'il fasse erreur... Ce désir étrange n'était pas ce qu'il semblait être. « L'espoir qu'il survive, qu'on survive tous, n'est pas prêt de me quitter. Quant à ton bien-être, j'ai du mal à te comprendre. Pourquoi devrait-il m'indifférer ? Préférerais-tu que je ne m'en soucie pas ? » Instinctivement, mes sourcils se fronçaient... Son importance dans ma vie n'allait pas diminuer sous prétexte que Léandre la réintégrait. « Oui, j'en suis conscient... Mais est-ce réellement important ? C'est mon devoir d'être à ses côtés en ce moment. Malgré toutes les horreurs qu'il a pu commettre. Il reste celui qui m'a offert cette nouvelle vie... » Aussi ironique et contradictoire que cela pouvait sembler, sans l'intervention de Léandre, il serait mort en 1715. 
NΞRIOИ



I will always find another mountain to climb. I will always be chasing this light cause the road ahead is so much better than the life I left behind. Are there ever really mistakes ? Or simply a slide of destiny's hand, cause every choice has led me here. My own proverbial promise lived and now there's no looking back, cause now I'm where I'm meant to be.

Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé

Revenir en haut Aller en bas
Ashes of Eden | Orfeo
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Démo EDEN le 7 mars à l'Usine !!!
» Creme of Nature Straight from Eden
» coucou a vous toutes
» Les 7 Péchés capitaux
» Nouvel démo EDEN mercredi 21 mars à l'Usine à Jeux

Permission de ce forum:Vous pouvez répondre aux sujets dans ce forum
The Island Of the Damned ::  :: Belfast :: Faubourg :: Maison d'Orféo-
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujetSauter vers: