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 Crazy horse | Spirit of the wind Feat. Daryl

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Crazy horse | Spirit of the wind
Tu roulais. Depuis quelques kilomètres déjà. Au volant de la vieille caisse de ton cousin, fenêtres grandes ouvertes. Le vent te fouettant le visage, tandis que les rayons du soleil venaient s'étaler sur le pare-brise. Presque à t'aveugler. Les lunettes noires et opaques sur ton nez déjouant les pièges que te tendaient chaque reflets s'incrustant sur tes rétines. Avançant toujours en direction de Moycullen bogs. Sur ces rythmes qui te coulaient dans le sang, irradiant tes veines et te donnant parfois l'impression de n'être plus rien d'autre qu'un membre à part entière des Nations Amérindiennes.

Même si tu restais très occidentalisé. Dans ta manière de penser, de réfléchir et d'appréhender le monde. La peau brune, mais blanc à l'intérieur. Apprenant à chaque instant ce qu'appartenir à tout un peuple signifiait. Quitte à t'éloigner de l'image que tu t'étais construite et à faire des sacrifices. Limite à revendiquer tes origines. Au point que lors de votre première rencontre, c'est à peine si tu ne t'étais pas montré insultant envers Daryl. Insinuant des choses assez dégueulasses à son encontre. Maintenant, tu l'admettais. Allant jusqu'à te remettre en question. Pour votre bien à tous les deux, puis aussi parce-que ce mec là t'avait laissé une chance. Sans te juger. Conscient de tes problèmes de contrôle et de tes changements d'humeurs. Rien que pour ça, tu devais le remercier. Suffisamment mature pour reconnaître tes erreurs. Raison pour laquelle aujourd'hui tu avais enfin pris la décision de sauter le pas. Te prenant seul par la main et mettant les bouts pour partir le rejoindre. Un peu stressé. C'est vrai. Vous aviez prévu de vous revoir après qu'il t'ait emmené dans son clan pour te faire visiter les lieux et y rencontrer des jeunes de la meute. Un aperçu enrichissant. Te permettant d'établir un début de contact. De créer un semblant de lien, de discuter et de montrer une facette différente de ta personnalité. Plus calme. Juste celle d'un professeur agrégé.

Réflexion personnelle sur laquelle tu t'enfonçais un peu plus profondément au cœur d'une végétation des plus sauvages. Aussi indisciplinée que tu pouvais l'être toi-même. Des mèches de tes cheveux s'échappant de tes tresses. Dans un rituel bien rôdé. Le paysage s'offrant à tes yeux ne faisant qu'accentuer ton désir de liberté. Pour mieux te saisir par sa beauté quand ton regard balayait les vastes étendues de tourbières mouchées de rochers qui t'entouraient. Cet endroit tu l'aimais déjà. Ouais. Autant essayer de t'en persuadé. Pas assumé. Encore trop éloigné de tes envies réelles pour oser admettre que c'est sûrement l'homme qui t'y attendait qui te plaisait plus que tout le reste. Daryl An'Sionnach. Irlandais pure souche. Frère de son bêta. Un point commun faisant toute la différence, vous rapprochant au moins sur ce terrain épineux. Même si les circonstances n'avaient rien de similaire ni de comparable. Et tournant la tête, tu apercevais un château. Avec en toile de fond, un lac dont les eaux scintillaient de mille feux. Te soutirant un sourire de satisfaction. Heureux d'être en vie. D'en avoir réchappé. De quoi ? De cette rencontre malheureuse avec un Djinn alors que tu te réveillais nu en territoire étranger. Après une nuit de chasse. La nuit de trop. Celle qui t'avait motivé à venir ici, celle qui avait voulu que tu te retrouves dans la pire des situations.

Vulnérable et malheureusement incapable de gérer tes émotions. Sous tension permanente. Fatigué de tout ça. Donc. Voilà, tu arrivais. Entrant dans le village. Ralentissant d'office l'allure et gueulant contre un de tes futurs gosse en voyant qu'il restait planté au milieu. Oubliant vite fait tes bonnes résolutions et laissant s'exprimer ton côté mauvais garçon, gesticulant. À la plus grande satisfaction de ce dernier qui se mettait à rire. Te narguant ouvertement. La musique à fond dans l'habitacle semblant le réjouir et fortement l'amuser. Peut-être que c'est de ça que Bly te parlait. Peut-être que c'est exactement là qu'il voulait en venir en te bassinant avec ces conneries d'animal totem.

Et au final, tu te garais. Devant chez l'objet de tes préoccupations. L'homme au visage pâle. Te remémorant votre premier voyage. Ce jour où il t'avait chargé dans sa bagnole pour t'emmener avec lui. Toi assis sur le siège passager. Silencieux. Le coude appuyé sur le rebord de la portière, regardant dehors. L'écoutant déblatérer sans prendre la peine de lui répondre.

Jusqu'à ce qu'il prononce tes propres mots : "Gichi-manido wiidookawishin ji-mashkawiziyaan Mii dash bami'idiziyaan" en te demandant s'ils étaient de toi. Attirant et retenant toute ton attention. Surpris de les entendre sortir de sa bouche. Te surprenant même à laisser glisser tes yeux sur ses lèvres. Répétant derrière lui. Avec les bonnes intonations, la bonne prononciation. Un peu choqué d'apprendre dans le même temps qu'un gosse était mort. Des fois, tu devrais apprendre à te taire. Curieux. Ayant eu envie de connaître et de rencontrer ce follower. Corey de son prénom. Pour le peu que tu savais. Un peu qui te suffisait, et coupant le moteur tu posais pieds à terre. Attrapant tes affaires, ta fidèle casquette visée sur la tête. Jean, tee-shirt, baskets. Look sportswear. Confortable. Rien de très académique. Ton sac à dos à la main, ne sachant pas si tu devais en passer les lanières autour de tes épaules ou simplement te contenter de frapper à la porte. Planté comme un piquet.

Toute ta belle assurance foutant le camp à l'idée de le revoir. De te retrouver face à lui. Les mains subitement moites, la gorge sèche et piquante. Tout ça devenant trop sérieux. Trop officiel. Les battements de ton cœur recommençant à déconner. Tel un cheval fou porté par l'esprit du vent qu'on stopperait en pleine course. Te passant un lasso autour du cou.

Rien qui au premier abord ne puisse te plaire, à ceci prêt que tu n'avais plus l'intention de fuir...



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Ohanzee n'aura pas le loisir de fixer cette porte - digne de ce nom que l'ancien Béta avait enfin prit le temps d'installer ! - trop longtemps. L'apercevant faire le piquet en face de celle-ci, un des membres de la meute qui passait par là l'interpella.

« Si vous cherchez Daryl, il n'est pas là. Il hésite un instant, jetant un regard à sa montre. A cette heure, ils doivent être revenus, allez voir à la réserve, c'est le bâtiment là-bas. »

Il lui désigne un bâtiment un peu plus loin. Situé à peu près au milieu du village improvisé de Moycullen Bogs, la réserve était munie de deux générateurs qui se relaient en cas de panne pour alimenter deux gros congélateurs industriels où la nourriture en commun est stockée.

Hier, dans la journée, ils étaient sortis poser des pièges. Il leur avait déjà appris à traquer, repérer les traces de passages du gibier, trouver l'emplacement adéquate et poser des collets, alors cette fois, il les avait laissé gérer et s'était contenté de superviser. Ce matin, ils étaient partis tôt relever leurs prises et chasser quelques proies plus grosses si l'occasion se présentait. Aussi surprenant que cela puisse paraitre, Ben s'était révélé être un excellent facteur d'arcs, il était en revanche très mauvais archer. Contrairement à Elliott qui excellait à son maniement. Ces deux-là faisaient la paire. Du moins d'un point de vue technique et complémentaire. Dommage que niveau caractère ils ne s'entendaient pas, ils auraient fait un sacré duo de choc.

Un sanglier et quelques lièvres plus tard, les voilà de retour. La chasse avait été plutôt bonne. La méthode pouvait sembler archaïque, mais les flèches étaient plus faciles à fabriquer que les balles, qui étaient réservées pour se défendre contre d'autres dangers autrement plus redoutables que quelques animaux sauvages.
Venait ensuite la partie peu ragoutante à laquelle il en entendait déjà certains geindre quand il allait falloir s'y mettre : dépecer et vider.

« On va garder le sanglier pour ce soir, préparez les lièvres, on les met sous vide, et au congélo.

- Pfff.... sérieux, c'est dégueu... j'vais devenir végétarien je crois...

- C'est un choix, cependant les cultures ne sont pas assez rentables, et cet hiver, sans la viande tu as de grandes chances de mourir de faim. Sans parler de la pleine lune. Je te déconseille d'avoir le ventre vide, parce que..

- " Un loup affamé sera intenable, mais si tu te gaves trop, la douleur de la transformation te fera tout rendre, alors remplis-toi l'estomac de bonnes choses qui tiennent au corps et tout se passera bien " !

- ... Tout à fait. »

Les sourcils haussés, il dévisageait ses apprentis loups qui venaient de lui sortir cette litanie tous en coeur avec des airs amusés. Bon, d'accord, il radotait. Mais au moins, comme ça, ça leur était rentré dans le crâne !

Il en était à leur expliquer comment s'y prendre pour être le plus efficace, quelques astuces pour se faciliter la tâche, c'était une partie nouvelle pour eux, mais ils commençaient pour certains à plutôt bien maîtriser, ils pourraient bientôt partir en chasse sans superviseur et contribuer au fonctionnement de la meute par leurs propres moyens, quand on l'interpella.

« Daryl ! Y a quelqu'un qui arrive pour toi. »

Quelqu'un pour lui ? Le brun fronce ses sourcils et repose son couteau. Il ne pouvait pas être plus précis, non ?
Sortant de la réserve, il appela une jeune lycane qu'il connaissait bien. Nheira lui filait un coup de main de temps en temps, elle était à peine plus vieille que les jeunes loups, mais maitrisait parfaitement bien tout ce qui touchait à la chasse depuis bien longtemps déjà.

« Nheira ?! Je te laisse finir avec eux, tu veux bien ? »

Les laissant terminer la matinée sous bonne garde, il se poste devant le bâtiment, curieux de voir quel était ce visiteur mystère. Il est un peu surpris de reconnaitre le cheyenne qui arrivait dans sa direction, mais vient tout de même à sa rencontre, lui attrapant l'avant-bras dans une poigne amicale, le saluant d'un sourire non moins étonné de le voir là.

« Zee ! Ça fait plaisir de te voir, mais on avait pas rendez-vous, qu'est-ce qui t'amènes ? »

Il avait déjà rencontré le membre de la meute Blackbird a plusieurs reprises pour élaborer un projet d'école, afin de reprendre l'instruction des jeunes, déscolarités depuis que Tullamore avait fait de l'Irlande une zone de guerre. Ils avaient récemment enfin convenu de l'emplacement où le bâtiment serait monté, mais la construction ne commencerait que la semaine prochaine. Il y avait encore pas mal de questions d'ordres organisationnels à régler, ce n'était donc pas étonnant qu'ils se rencontrent régulièrement, ce qui l'était davantage, c'est que l'amérindien était d'ordinaire calfeutrer dans les limites de sa meute, surveillé par toute sa famille, ses sorties hors de Ballycroy étaient rares, ce qui rendait cette visite improvisée d'autant plus surprenante. Raison pour laquelle il supposait automatiquement quelques raisons à sa venue, et non pas simplement une visite de courtoisie.
L'irlandais plissa légèrement ses yeux en relâchant son bras, notant la présence du sac à dos sur son épaule, mais surtout, la nervosité qui se dégageait du cheyenne.

« Tout va bien ? »

Ohanzee avait tendance à être nerveux. C'était comme ça. Lors de leur première rencontre, il avait été tellement tendu qu'il s'en était montré agressif et provoquant, Daryl avait été à deux doigts de l'attraper par le col et de le clouer au mur ! Un point de départ bien peu engageant par rapport à ce qu'ils souhaitaient faire ensemble... heureusement, les entrevues suivantes s'étaient mieux passées, découvrant un homme plus posé, aux idées innovantes et justes, et les gamins avaient l'air d'apprécier l'idée qu'il devienne leur nouveau professeur, même si certains s'amusaient un peu trop à titiller cette corde sensible qui pouvait faire sortir encore trop rapidement le professeur de ses gonds. Devoir faire classe allait être un sacré entrainement pour Ohanzee à garder son calme !

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En fin de compte, tu n'as pas eu à te poser la question bien longtemps. Entre attendre ou frapper à sa porte, c'est de l'extérieur qu'est venue la solution. Jusqu'à toi. T'apparaissant sous la forme d'un homme qui t'interpellait : “Si vous cherchez Daryl, il n'est pas là. A cette heure, ils doivent être revenus, allez voir à la réserve, c'est le bâtiment là-bas.

Le bâtiment là-bas. Ok. Avec les deux gros générateurs tu supposais. Mais encore ? Les paupières fendues tu as donc retiré tes lunettes de soleil histoire de déjà y voir un peu plus clair. Les calant aussitôt sur la visière de ta casquette. Ta vue mise à mal par la soudaine luminosité irradiant de derrière tes verres teintés. Opaques et faits pour te protéger les yeux. Ce après quoi, tu passais finalement les lanières de ton sac à dos autour de tes épaules. Te libérant ainsi les mains, tandis que tu tournais la tête dans la direction qu'on te désignait. Au centre du village. Le tout en te demandant qui devait être revenu à cette heure-ci et d'où surtout. Mais tu n'as rien dit. N'osant pas lui répondre autre chose que d'accord et merci. Bien poliment. Puis, laissant les clefs sur le contact de ta caisse tu as choisi de te rendre en marchant jusqu'à la dite réserve.

Gagnant un peu de temps. Un temps nécessaire pour te laisser réfléchir à ce que tu allais lui dire. Pas sûr de ton coup. Ni d'ailleurs de la manière dont tu allais lui présenter les choses. Parti de la réserve au petit matin, après avoir déclenché une énième dispute avec ton frère. Pour que ce soit Bly qui s'interpose entre-vous avant que vous en veniez aux mains et que la situation ne s'envenime définitivement. Tout simplement parce que tu n'y arrivais pas. Qu'à chaque fois que tu ressentais des élans d'affection à l'égard de ton cadet, il y avait toujours cette peur sourde de le perdre à nouveau qui revenait. Et tu ne savais pas si tu serais capable de supporter une autre séparation. D'autant plus quand tu connaissais le contexte dans lequel il vous fallait vivre. De ça, tu prenais de plus en plus conscience. T'éveillant chaque jour davantage à cette réalité.

Une réalité t'effrayant dès lors que tu la regardais en face. Raison pour laquelle tu estimais le moment propice à te libérer de tes chaînes, aussi rassurantes soient-elles. Désireux de mettre cette colère te tuant de l'intérieur au service de ta communauté. Qu'importe le clan. Juste des lycans, égaux et tous porteurs d'un gène que tu estimais fédérateur. Alors toi, à ton niveau, voilà que tu avais commencé à éprouver le besoin de le revoir lui. Cet homme. Daryl. En confiance, sans trop savoir pourquoi. Bien  quand il était là. Et plus en compétition avec de vieux fantômes. Perdu au milieu de tes propres zones d'ombres. Ta mémoire refusant de te livrer ses derniers secrets et te plongeant dans des phases de terreur assez indescriptibles. Voire sans doute, des plus in compréhensibles. Les tiens se bornant à te cacher la triste vérité sous prétexte de te protéger.

Donc, tu avançais. Confiant. Vers lui, vers la réserve, traversant le village sans appréhension. Te sentant plus chez toi ici que de l'autre côté des tourbières. Respirant à plein poumon. Jusqu'à l'apercevoir. Un sourire étirant tes lèvres et tes yeux jouant au grand huit en balayant furtivement le sol puis revenant ensuite se poser sur lui. Les mains enfoncées dans les poches de ton jean. Tant tu te sentais embarrassé et sans savoir quoi en faire. Toute ta belle assurance d'antan te faisant cruellement défaut.

- C'est l'esprit du vent qui m'a poussé jusqu'à toi, est-ce que je te dérange ?

Lui rendant son empoignade tu riais. L'esprit du vent t'évitant surtout de lui expliquer que tu t'étais tiré juste sous le nez de ton cousin en empruntant son tout terrain et en regardant sa silhouette se rétrécir dans le rétroviseur. Après avoir jeté quelques-unes de tes affaires dans ton sac à dos et balancé le tout sur la banquette arrière.

Déçu qu'il te relâche aussi rapidement. Les joues en feu. Tu le sentais et intérieurement, ça se détraquait. Retirant ton bras de la prise de ses doigts comme s'il s'apprêtait à te l'arracher. Si tout allait bien, franchement tu n'en savais trop rien.

- La première fois qu'on s'est vu, t'as parlé de la bête. Tu te souviens ? Tu as dit que ce n'était pas quelque chose d'indépendant et que le plus dur, c'est d'accepter qu'il s'agit d'une part de nous. Que ce n'est pas quelque chose d'extérieur, et que ce n'est qu'une fois qu'on a compris ça, qu'on peut apprendre à le contrôler. Alors me voilà…

Tu ne pouvais pas te montrer plus clair. Toi aussi tu avais envie d'avancer, de progresser. Et tout essoufflé, la bouche ronde, tu répétais encore. Ces mêmes sons, ces mêmes syllabes, avec toujours plus de conviction.

- Gichi-manido wiidookawishin ji-mashkawiziyaan Mii dash bami'idiziyaan… ça veut dire : Grand Esprit aide moi à être fort pour que je puisse m'aider moi-même… est-ce que tu peux faire ça pour moi, est-ce que tu veux bien m'apprendre à me contrôler ?

Plus de doute permis. Tout venait d'être dit, et nerveux tu ressortais pour la seconde fois tes mains de tes poches pour remettre en place ta casquette. Laissant ton pouce glisser sur l'arrondi de sa bordure. Nerveusement. Jetant un coup d'œil curieux dans la réserve pour y découvrir des jeunes membres de la meute occupés à dépecer et découper des produits de leur chasse...



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Il arque un sourcil, un sourire en coin, en entendant sa réplique. Ohanzee jouait la carte du cheyenne à fond, et Daryl ne savait toujours pas s'il était vraiment superstitieux, imprégné de toutes ces croyances, ou s'il ne faisait que mettre en avant la culture de son peuple, de ses ancêtres. C'était un peu comme s'il se mettait à pester après les leprechauns à chaque fois qu'il ne retrouvait plus un truc ! Il devait bien avoir un trèfle à quatre feuilles quelque part, mais c'était plus une histoire de tradition que d'y croire vraiment. Quoiqu'avec tout ce qui se passait ces dernières années, il y aurait parfois de quoi s'interroger sur la véracité de certaines légendes locales... Quand on devenait un loup deux fois plus gros que les canidés classiques à chaque fois que la lune est pleine, se poser ce genre de questions avaient un petit côté ironique, non ?

« L'esprit du vent, rien que ça ? »

Il ne pouvait s'empêcher d'afficher un air légèrement amusé devant cette réponse qui n'en était pas vraiment une, attendant que l'amérindien éclaire sa lanterne. Les relations qu'il entretenait avec BlackBird s'étaient grandement améliorées au fil de leurs entrevues, cependant Daryl avait toujours un peu de mal à cerner ses humeurs changeantes, tantôt amical, tantôt fuyant, mais toujours aussi nerveux. Un peu comme maintenant.
D'un hochement de tête, il l'incite à poursuivre. Il venait tout juste de terminer avec les jeunes, et il n'avait pas d'impératif pour la journée, en tout cas rien qui ne pouvait être déplacé en fonction de ce qu'allait lui annoncer l'amérindien expatrié, et pour tout dire, il était bien curieux de savoir ce que lui voulait Zee.
Il redevint bien plus sérieux lorsque ce dernier aborda finalement la raison de sa visite. Contrôler la bête. Oui, bien sûr qu'il se souvient. L'attitude d'Ohanzee, cette tension qui vibrait autour de lui, cette agressivité qui ressortait, résultante d'une peur sous-jacente ou d'il ne savait trop quoi, tout ça l'avait frappé dès les premiers instants où il avait croisé sa route. Ça, et cette surveillance constante que portait sa famille sur lui. A vrai dire, même si bosser avec lui sur ce projet lui avait permit de le voir sous un meilleur jour, il n'était toujours pas tout à fait serein à l'idée de laisser un type qui ne se contrôlait pas faire classe à une bande de jeunes turbulents. Même s'il avait pensé lui envoyer les plus "sages" d'abord, histoire de tester l'organisation, le voir maintenant ici, lui parler de ça... oui, ça le rassurait quelque part, et ça l'encourageait à se dire qu'ils étaient sur la bonne voie - bien loin de se douter des dernières aventures du cheyenne, dont il n'avait pas entendu parler.

C'est un sourire plus confiant cette fois qui marque ses lèvres, teinté d'une sorte de fierté de le voir enfin prendre le taureau par les cornes. Il acquiesce et vient presser son épaule d'une poigne pleine de volonté et d'encouragement.

« Le fait que tu sois là, c'est déjà un grand pas. Tu peux compter sur moi pour t'aider. Je te l'ai proposé après tout. »

Cela faisait quelques années déjà qu'Ohanzee avait déclenché son gène, mais il avait beau être sous bonne garde, il semblerait qu'aucun des membres de sa famille n'ait réussi à lui apprendre à se contrôler. La relation de Zee avec ces derniers avaient l'air assez tendue... peut-être avait-il alors du mal à les écouter, et qu'être ici, avec quelqu'un de l'extérieur, lui permettrait d'y voir plus clair et de ne pas se braquer systématiquement comme il l'avait vu le faire avec son frère.
Toutefois, Daryl avait bien avisé le sac à dos, et le voir débarquer comme ça, ça donnait un peu l'impression qu'il était venu là sur un coup de tête. Peut-être que vouloir enseigner au milieu de jeunes loups n'était pas le moteur principal de sa soudaine prise de conscience, est-ce qu'il s'était disputé avec Bly ? Ou avec Chad ? Peu importe, quelque part, si cela lui avait permit de se motiver et de franchir le cap, cependant le brun se sentit obligé de souligner un fait qui semblait pourtant évident.

« Mais tu as conscience que ça ne va pas se faire en un claquement de doigts, pas vrai ? »

Loin de lui la volonté de lui casser toute sa motivation, mais il ne rentrerait pas chez lui ce soir en sachant parfaitement contrôler tous ses instincts. Certains avaient des facilités, il en avait déjà vu chez qui ça venait tout naturellement, mais de toute évidence ce n'était pas le cas du professeur.
Daryl jeta un regard en arrière, vers la réserve. Nheira était à l'oeuvre, corrigeant les gestes de l'un, et répondant aux questions d'un autre. Ils n'avaient plus besoin de lui ici. Alors, reportant son attention sur Ohanzee, il acquiesça brièvement, prenant sa décision.

« Bien, je vois que tu as pris des affaires, tu es paré pour commencer tout de suite ? Je ne sais pas à quoi tu t'attends, et honnêtement, je ne peux pas te dire comment ça va se passer, selon comment tu réagiras, ça pourrait très bien se dérouler, comme être très éprouvant. Chacun à sa façon de réagir et appréhende les choses d'une manière différente. »

Il arque un sourcil, le toisant, puis enchaine avec un air un peu plus sournois.

« Okay, si tu as des choses à faire avant de décoller, tu as dix minutes. Après, tu seras coupé de tout. On se retrouve à ta voiture. »

Nop, il ne lui laisserait pas l'occasion de se dégonfler maintenant qu'il était là. Est-ce qu'il était paré ? Il avait plutôt intérêt. Sur ce, il le plante là sans rien lui expliquer de plus. Dix minutes, c'était le temps qu'il lui fallait pour avertir les personnes adéquates comme quoi il allait s'absenter et reporter quelques plans qui étaient prévus pour la journée, avant de se repointer devant le cheyenne.
En revanche, s'il lui avait donné rendez-vous devant sa bagnole, il contourna cette dernière sans grimper dedans, venant le décharger de son sac à dos qui, lui, fini bel et bien dans la voiture, lui indiquant ensuite d'un signe de tête la direction à prendre.

« J'espère que t'es motivé, parce qu'on va marcher un peu. »

"Marcher", c'était un doux euphémisme. Il allait le faire courir oui ! Lui en faire baver, et le crever au possible ! Les loups étaient résistants et endurants, alors il n'allait pas lui faire de cadeau.
C'est comme ça qu'il le fait sortir du village de Moycullen Bogs avec rien d'autre sur eux que leurs fringues et un couteau. Plus son Glock 17, question sécurité. Ils avaient beau être en plein territoire lupin, on était jamais sûr de rien.
Le faire courir, se dépenser, escalader, il lui fait parcourir les plaines d'Irlande, puis s'enfoncer dans les bois, sans destination précise, cherchant juste à l'épuiser, et testant par là même sa volonté, jusqu'à quand continuerait-il d'avancer avant d'en avoir marre ? Était-il capable de puiser dans ses ressources, de tirer parti des capacités extraordinaires que lui procurait l'éveil de son gène ? Ou ferait-il parti de ceux qui rechignent et grognent, réfractaire à cette manière de faire dont il ne lui a pas expliqué le but ? Courant à ses côtés, le brun le pousse à aller plus loin, à se donner davantage. Zee réfléchissait trop. Il n'avait peut-être pas la capacité de lire dans les esprits, mais il n'en avait pas besoin pour tirer cette conclusion. Il comptait bien sur l'effort physique pour lui vider la tête, quitte à le malmener ! Mais comme on dit, c'était pour son bien.~

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L'esprit du vent. Claquant sous le galop d'un cheval fou. Mo'éhno'ha. Alors oui, rien que ça. Et puis courir. Percer et traverser les brumes du levant. Libre. Guidé par ces voix lointaines dont les murmures animaient de vie chaque feuille, chaque pierre, et aussi chaque fleur. Chaque créature peuplant la terre. T'insufflant à toi une toute nouvelle force. Plus digne. Plus combatif peut-être. Conforté devant son sourire à lui dans ton choix de venir te perdre au milieu du clan irlandais.

Un clan allié. Avec lequel ton cousin Bly entretenait des rapports cordiaux. Pour le bien de tous. Même si parfois il lui fallait faire face à des désaccords au sein même de votre meute. Certains de vos guerriers acceptant mal l'emprise que pouvait encore exercer l'homme blanc sur vos prises de décisions. Votre libre arbitre. Mettant ainsi en porte-à-faux l'autorité de ce dernier, et t'aidant toi à la contester. À t'y opposer. Pour de toutes autres raisons. Plus personnelles. Moins objectives, puisque ces raisons te poussaient à revendiquer des origines dont tu te servais comme d'un bouclier. T'ouvrir continuant à te demander des efforts assez considérables. Te souvenant que ne pas t'impliquer dans quoi que ce soit t'avait plutôt réussi jusqu'ici. Pourtant, il aurait été stupide de nier que tu te sentais beaucoup mieux, plus heureux, depuis que tu participais à ce grand projet d'instruction. Le seul problème, c'est que du coup tu cherchais à compenser. Refusant pour l'instant de totalement lâcher prise et d'enfin faire le deuil de l'existence que tu menais avant. Avant que la légende d'Eternal Flower ne prenne tout son sens.

Le fric. Les filles faciles. Toi, te vautrant dans un quotidien factice et superficiel. Rythmé par tes visites dans le Colorado du Sud. Sous la contrainte expresse de ta famille. Une famille t'ayant néanmoins payé tes études et qui de fait, te rendait donc redevable. Mais s'il n'y avait eu que ça. Qu'une histoire de bourse. Puis au fond, à toi de reconnaître que tu avais appris à les apprécier ces trop longues soirées assis auprès du feu. Et encore une fois, c'est à Bly que tu le devais. Bly qui a repris contact avec toi. Comment ? Tu ne l'as su que plus tard. Le fait est que s'il t'a retrouvé, c'est grâce à ta sœur Nirvelli. Ton adresse. Ton numéro de téléphone, les tiens te suivaient à la trace. Sauf qu'après onze ans de silence, ça t'a fait un putain de choc. Tu avais vingt-et-un ans. L'avenir s'ouvrant devant toi. Bien intégré à la société. Alors refoutre les pieds dans cette maudite réserve, c'est ça qui t'a déraciné. Arraché à ton environnement. Hautain et méprisant. Dans un premier temps, en sachant que toi tu n'obéissais qu'aux lois urbaines. Les liens du sang, les connexions de l'esprit, les ancêtres et tout le folklore alentour, ne représentant rien à ce moment là. Alors que maintenant, c'est aux caprices de la nature que tu te pliais. Le sourire aux lèvres qui plus est, lorsque personne ne te regardait. L'odeur de la terre quand il pleuvait. Le chant des oiseaux au petit matin, la musique produite par la chute des torrents et lui. Qui t'apprivoisait. Tes mauvais souvenirs se muant en quelque chose de plus agréable à penser. De plus apaisé. Même s'il suffirait d'un rien pour tout casser. Tout abîmer.

Un tour des choses étrange. Que son “rien que ça” avait provoqué. Rien que ça. L'esprit du vent te servant d'excuse, tu devais bien l'avouer. Le besoin pressant et urgent de te mettre en ordre avec l'autre face de la lune cherchant à se justifier dans tout ce que ta culture possédait de plus irrationnel. De plus mystique et d'inexplicable. Son air amusé te vexant un peu. Si tant est que tu considères que ton cousin puisse avoir raison lorsqu'il affirmait que tes prétendues visions te rendaient spécial. Sauf que ta démarche ne présentait à ce jour rien de spirituel. Et d'un mouvement de recul, tu chassais la main qui venait de se poser sur ton épaule. Tes yeux ténébreux se reposant aussitôt sur lui. Daryl. Ta main à toi quittant la visière de ta casquette pour laisser choir et retomber ton bras le long de ton corps. Toujours défiant devant ces preuves d'amitié qu'il te donnait.

D'amitié et d'acceptation. Soucieux de t'aider, de répondre à tes demandes. Mais sans oublier de t'attendre au tournant, de cela tu ne doutais pas. Sa confiance, il ne tenait qu'à toi de la gagner. Vivant très mal le simple fait de le remplir de fierté pour une démarche que tu savais être parfaitement égoïste. Une démarche que tu faisais pour toi avant tout, et pas pour les autres. Pas vraiment sûr que ce pas que tu franchissais soit aussi grand que ce qu'il affirmait.

- Oui… tu l'as proposé. Mais merci quand même.

C'est encore tout ce que tu pouvais faire de mieux pour l'instant. Le remercier. De tenir sa parole, tandis que de ton côté tu laissais l'esprit du vent repartir au galop. Le sol se mettant à trembler sous tes pieds quand ce dernier jugeait nécessaire de te prévenir que ton apprentissage pourrait se révéler pénible. Long et fastidieux. Que rien ne serait possible en un claquement de doigts. Que l'expérience pourrait se révéler éprouvante, honnête. Ne songeant pas à te décourager. Juste soucieux. Seulement, qu'est-ce qui pourrait être pire que tout ce que tu avais déjà vécu ? Directement ou indirectement. On t'avait séduit. Harcelé. On avait tenté de t'abuser, et pour finir tu avais tué. Amoureux d'une femme mariée et fidèle, attiré par un homme qui ne te regarderait jamais. Puis cette colère, jaillissant des profondeurs troubles de ton enfance.

Alors, tu estimais lui devoir l'entière vérité. Il était temps de parler. De livrer cette part de toi-même et de lever le secret. De lui raconter que dans tes cauchemars, il y avait ce loup. Et qu'au travers de tes yeux d'enfant, il te terrorisait. Puisque les tiens refusaient de raviver le passé. Préférant continuer à te mentir sur ce qui avait causé la mort prématurée de tes parents.

- J'en ai conscience.

Des monosyllabes. Voilà comment tu te surprenais à communiquer. Toi, épris des mots. Des sons. Toi qui scandais d'habitude avec rage tes opinions. Mordant avant d'être mordu. Réduit à écouter, à obéir à d'autres règles que les tiennes. Donc, tu acquiesçais. Les traits tirés. Sérieux. Prêt à le suivre. Même si ça te semblait un peu irréaliste. Les mains moites. Les pulsations de ton cœur et ton rythme cardiaque qui s'emballaient. La pression montant crescendo. En stress. Daryl suggérant de commencer tout de suite, alors que tu avais pensé ne t'y mettre que demain. Après une bonne nuit de sommeil et de réflexion. En immersion. Le trouvant un peu abrupt. Pressant. Mais soit, à partir de maintenant il devenait ton pivot.

- Dans dix minutes, à ma voiture. D'accord. J'y serais.

Ta caisse, ou plutôt celle de ton cousin. Bly. Omniprésent. D'un genre envahissant. Sur quoi tu lui tournais le dos pour refaire le chemin en sens inverse. La distance entre chacun de tes pas se réduisant comme peau de chagrin. Le soleil te tapant et puis te montant à la tête. Frottant le bout de tes doigts les uns contre les autres pour essayer de te débarrasser de cette sensation de transpiration que tu éprouvais. La peau humide. Tatanka traversant les plaines verdoyantes.

Le sol qui tremblait. Les vibrations que les troupeaux de bisons créaient sur leur passage. Ta mère la terre qui te rappelait à elle et tous ces trucs sens dessus dessous qui t'agitaient. Perdu au milieu de cet immense désordre dans lequel plus rien ne trouvait sa place. Ni toi, ni ces cultures qui t'écartelaient, ni les légendes des anciens, ni l'évanescence du profit.

Rien. T'asseyant sur le siège côté conducteur une fois la portière ouverte. Tes jambes restant à l'extérieur et ton sac à dos calé entre. Les paumes de tes mains s'écrasant sur ton visage, et le loup qui grondait.

Ces dix minutes de délai qu'on t'accordait s'écoulant en une fraction de seconde avant qu'il ne se repointe devant toi pour te prendre ton sac et le balancer sur la banquette arrière. Espérant que tu sois motivé. Sans rien t'expliquer, si ce n'était que vous alliez marcher. Un peu. Marcher… pourtant, c'est à pas de course que vous avez quitté le camp. Te faisant suffoquer. Pas très sportif, en dépit de tes longues virées nocturnes. Les kilomètres n'en finissant plus de défiler jusqu'à ce que de nouveaux obstacles ne viennent se dresser devant toi. Et tu te revoyais. Assis derrière ton bureau. Belles chaussures. Chemise et pantalon taillés sur mesure. Tes cheveux tiré en arrière. Les pieds reposant sur le dit bureau, jouant avec ton presse-papier doré. Sous les regards envieux, des regards désireux, curieux. Te pavanant. Profitant à outrance du système et des avantages qu'il t'offrait.

En attendant, tu peinais à suivre la cadence. Courir, escalader, ne plus devenir qu'une ombre furtive. Crachant tes poumons. Pour finir par te faire mal. Ta cheville se tordant alors que tu posais le pied sur une pierre sans plus faire attention à tes points d'appuis. Fatigué. Des mèches de tes cheveux se collant sur ton front quand tu tombais. Poussant un gémissement sourd, les lèvres entrouvertes et l'état de tes tresses reflétant toute ta désolation. Blasé et déjà moins bien disposé.

- Ça suffit ! On va aller encore loin comme ça ? J'en ai ma claque.

Tu avais faim. Soif. La douleur qui irradiait de ta cheville te remontant dans tout le bas de ta jambe en même temps que toute notion de courage te faisant défaut. Pas taillé pour ça...



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Courir jusqu'à l'épuisement, jusqu'à ce que le corps n'en puisse plus, et même encore après. Il se rappelle de ces journées où il rentrait, encore sur ses deux jambes par dieu sait quel miracle, et qu'il allait directement s'effondrer dans son lit sans même avoir la force de passer par la case salle de bain, et s'endormait comme une souche en deux secondes à peine, ne se réveillant qu'au matin suivant, incapable de bouger le moindre muscle, se découvrant même des courbatures à des endroits improbables qui se devaient pourtant de vite disparaitre avant la prochaine séance. A l'époque il en avait pleuré, se demandant quel genre de plaisir sadique avait son frère à le torturer ainsi. Mais les mois passant, son corps s'habituait, et lorsqu'il déclencha son gène quelques années plus tard, nul doute que tous ces entrainements intensifs lui permirent de bien mieux supporter ses premières transformations.
Pourtant s'il torturait ainsi Ohanzee aujourd'hui, lui faire prendre conscience de son corps et de ses capacités n'étaient qu'un but second. Même si le changement était terriblement douloureux et que la peur de cette douleur pouvait être un blocage chez beaucoup, chez le cheyenne celle-ci n'avait pas l'air d'en être la source.
Daryl n'était pas idiot, il savait bien que cette brusque prise de décision de Zee de vouloir se contrôler venait d'un évènement extérieur. Il allait falloir l'effacer pour que l'amérindien ne se concentre plus que sur lui-même.
Le crever littéralement était un moyen d'y arriver. Qu'il ne soit plus capable de se concentrer que sur cette douleur que lui renvoyait chaque partie de son corps, et rien d'autre.

Ohanzee peinait. S'il était fier de ses origines et les exprimait haut et fort, son corps quant à lui trahissait des habitudes bien plus sédentaires et citadines. De toute évidence, il l'avait prit de court en l'emmenant sur le champ pour une telle course, pourtant il l'avait suivi sans protester. Du moins l'avait-il fait au début, Daryl s'acharnait à le motiver et l'encourager dès qu'il le voyait ralentir un peu, pour le booster afin qu'il aille plus loin encore. Jusqu'à ce qu'un mauvais appui ne fasse chuter le rappeur, sonnant la fin de toute motivation.
Revenant vers son camarade, l'irlandais l'écoute pester. Durant une seconde, il hésite à le provoquer, à le chercher pour voir s'il en avait encore sous le capot, quitte à le faire sortir de ses gonds, qu'il relâche tout ce qu'il gardait coincé en lui une bonne fois pour toute pour repartir sur du neuf. Mais de ce qu'il avait vu de Zee, cette méthode là risquait plutôt de le braquer, et maintenant qu'il avait fait la démarche de lui demander son aide, le brun ne voulait pas le voir claquer la porte si vite parce qu'il s'y serait mal prit.

« Okay, très bien. Tu t'es mieux débrouiller que je l'aurais cru pour une première sortie. Ça va ta cheville ? »

Il lui tend la main pour l'aider à se redresser.
S'il voulait éviter de le braquer, cela ne voulait pas dire pour autant qu'il n'allait pas lui en faire baver. Mais depuis qu'il l'avait rencontré, Daryl avait remarqué à plusieurs reprises des réticences chez le cheyenne. Comme tout à l'heure, alors qu'il lui avait simplement posé une main sur l'épaule et qu'il s'en était instinctivement écarté. Si ce n'était que ça encore. Lui non plus n'aimait pas que n'importe qui le touche, et si aujourd'hui il se sentait assez proche d'Ohanzee pour avoir quelques gestes plus familiers à son égard, il ne pouvait pas lui reprocher que la réciproque ne soit pas vraie. C'était plus tout le reste qui l'avait fait tiquer, à chaque fois qu'il y avait du monde autour de lui, Zee devenait plus nerveux, pourtant dans le même temps, il avait également pu voir qu'être avec les jeunes, discuter avec eux et leur apprendre des choses, ça lui plaisait. Il lui restait à déterminé vraiment le malaise, et quel en était la cause, mais aussi si cela avait un rapport avec son manque de contrôle ? Mais ça, c'était une autre paire de manches. Si Zee avait subit un traumatisme quel qu'il soit, il fallait mieux y aller progressivement que lui rentrer directement dans le lard ou ils en reviendraient au claquage de porte de tout à l'heure.

D'accord, il l'avait fait assez courir pour aujourd'hui. Il allait s'intéresser à une autre caractéristique propre aux loup-garou à présent.

« L'endurance est une capacité qu'ont tout les loups-garous, mais tout comme les humains, il faut la travailler pour être performant. Je sais que tu n'es pas venus là pour apprendre à courir un marathon, mais il faut que tu apprennes à connaitre ta nature. Être un loup n'est pas une malédiction, l'éveil du gène peut apporter des tas de bonnes choses, il faut aussi que tu prennes en compte celles-ci pour accepter ses instincts que tu as en toi. Maintenant, fermes les yeux et écoutes. »

Il attend qu'il s'exécute, puis fait de même, abaissant ses paupières.

« Tu les entends ? Écoutes-les, les battements de ton coeur, ta respiration rapide. Focalises toi dessus, entends chaque battement, chaque inspiration, chaque expiration. Lentement, doucement, reprends ton souffle, laisse-les ralentir, jusqu'à ce qu'ils deviennent réguliers et stables. »

Il se tait, guettant le rythme cardiaque de Zee, qu'il réussisse à se détendre progressivement après cette course qui avait malmené son rythme habituel. Il rouvre ses yeux, attentif à ce que la concentration de son élève du jour soit pleine.

« Ne forces rien, prends ton temps. »

Il reste silencieux le temps qu'il faudra, jusqu'à ce que le rythme du cheyenne soit plus serein et régulier, alors seulement ensuite il reprend.

« Gardes tes sens concentrés dessus. Suis son tempo, imprègnes t'en. Tu ne dois entendre plus que ça, Bam bam. Bam bam. Bam bam. Il lui laisse une minute encore, à se concentrer là-dessus, avant de passer à la suite. En t'habituant à un son, tu peux ensuite en faire abstraction. Laisse-le s'effacer maintenant, écoute le reste, ce qui t'entoure. Tu peux entendre les sons les plus flagrant, comme cet oiseau dans l'arbre. Écoutes, repères un son, identifie-le, essaie de repérer d'où il vient, ensuite tu peux passer au suivant. Prends ton temps, et dis-moi, racontes moi ce que tu entends. »

C'était plus facile à dire qu'à faire. Il pouvait commencer par les sons les plus repérables, qu'un humain attentif pourrait également percevoir. Mais ensuite, en prenant la peine d'écouter vraiment, d'être plus attentif, tout comme l'endurance, il pourrait améliorer sa perception des choses, son ouïe, son odorat, sa vue... parviendrait-il à entendre l'écureuil dans les branches à une dizaine de mètres d'eux ? Daryl était curieux de voir s'il saurait repérer le bruissement de l'eau de la rivière qui coulait à une centaine de mètres de là.

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Tu as eu mal. Vraiment. Lorsque tu as senti ta cheville lâcher et se tordre. Crac. Te faisant tomber de toute ta hauteur, alors que ton poids t'entraînait. Impossible de te rattraper. N'en rendant ta chute que plus douloureuse. Pas léger. Sans doute même un peu trop lourd et pas assez affûté. Pas vraiment athlétique comme mec en fait. Pour le moins qu'on puisse en dire en tout cas. Tu le savais. Arpenter le bitume ne suffisant pas à te muscler les cuisses et tenir un micro, ne t'ayant jamais forgé les bras. Soulever de la fonte, très peu pour toi. Et aujourd'hui, le résultat s'imposait à toi.

Pas sportif. Alors te crever en allant courir ? Puis quoi encore. Tu te le demandais, lorsqu'une quatre roues pouvait t'emmener là où tu voulais. Comme à Minneapolis. Le moteur sous le capot tournant, crachant et n'émettant que des émanations toxiques. Bref. Toi tu arrivais d'un autre monde. Rendant la fusion entre ton avant et tous tes après juste impossible. Quitte à te brûler les ailes. En attendant, tu n'avais pas pour habitude de te fatiguer inutilement. De fournir de trop gros efforts. Parce-que bon, à la limite marcher. D'accord. Mais pas ailleurs que dans des rues aux murs recouverts de graffitis. Au milieu de cette jungle urbaine que tu connaissais comme ta poche et à l'abri de laquelle tu te sentais pleinement dans ton élément. Les us et coutumes, l'hygiène de vie, tous les rituels et habitudes propres à ton peuple ne ressemblant pas tellement aux tiens. Que tu veuilles t'en imprégner ou pas, tu devais l'admettre. Revendiquer et pratiquer, ce n'était pas pareil. Toi, tu n'es pas tellement du genre à partir t'exiler en pleine nature. Sous le prétexte de te ressourcer. De te retrouver. De te couper du reste de la civilisation. Red skin. Et d'autres conneries dans le style. Persuadé que ce n'est pas ce qui te définissait. Peut-être en partie. OK. Les esprits t'envoyant des visions. Tu parles. La vérité c'est que de te voir bloqué ici, quelque part. Nulle part. Loin de la civilisation, du moins telle que tu te le représentais, finissait de t'achever. Pas de quoi te réjouir. Pire. Ça commençait à sérieusement t'angoisser. D'autant plus que tu ne savais pas à quoi t'attendre et qu'il te paraissait difficile de continuer.

Et l'autre qui en rajoutait : “Okay, très bien. Tu t'es mieux débrouiller que je l'aurais cru pour une première sortie. Ça va ta cheville ?” Il se foutait de ta gueule. Et avec un sourire en coin, tu le regardais. Le regard brillant, d'une lueur menaçante. Pas conscient de ce qui se jouait en toi à chaque seconde. Dès que tu te sentais menacé. Tes yeux passant du marron au doré en une fraction de seconde avant de reprendre leur couleur normale. Grimaçant ensuite et attrapant sa main.

- À ton avis ? J'ai l'air d'aller bien là ! T'as d'autres questions aussi stupides que ça…

Le pied en l'air parce-que le poser te devenait impossible, récupérant ta main. Moins brusquement que tout à l'heure. Démuni face au picotement que tu sentais parcourir la surface de ta peau. Son contact, physique, matériel et plus palpable que jamais, semblant exacerber tous tes sens. Tes doigts caressant sa paume. Une simple présence qui suffisait à te faire perdre tes moyens et qui à contrario, ne provoquait aucune forme de désir en toi. Le néant. Rien de plus qu'un trouble. Sur un plan secondaire. Te laissant dans le vague, incapable de te définir. Bien qu'avec ton cousin. Puisqu'il était de ton sang, puisqu'il restait ta base et ton socle. Un cousin que tu défiais sans cesse pour le tester, le mettre à l'épreuve. Pour être certain qu'il t'aimait assez, c'est ça. Assez pour continuer à tolérer tes écarts de conduite. Tes provocations. Sauf que Daryl n'avait pas d'obligations à ton égard et que rien ne t'assurait qu'il ne décamperait pas en te plantant là. Dans la merde jusqu'au cou.

- Excuse-moi. Oui, ça va aller. Je crois.

N'oublie pas. Que c'est toi qui est venu le trouver et surtout pas le contraire. N'oublie pas ça. Et tu te le répétais. Que ce mec là n'avait pas d'autre raison que sa charité pour te prendre en charge. Qu'il te plaisait. Beaucoup trop, mais que pour autant, ça ne te donnait pas le droit de mordre par peur d'être mordu en premier. Mais va donc essayer de te persuader de ça.

Aussi têtu et entêté que tu peux l'être parfois. Néanmoins, en l'écoutant tu t'es mis à rire. Sans le vouloir. On aurait dit l'un des tiens. Avec ses grands discours. Pour sûr, le vieux Jolan l'aurait apprécié.

Puis tu le coupais. Dans ses élans, pas tout à fait en quête de performance. Il voyait juste. Encore que. Vu l'abondance avec laquelle tu transpirais, ça se discutait. Le souffle au bord des lèvres. Respirant assez bruyamment, ton torse se soulevant puis ta cage thoracique s'écrasant comme si on te brisait les os. Te renvoyant à des sensations désagréables. Te rendant exécrable. Presque à gerber. Le dos de ton poignet se collant sous ton nez, défait. Pas tant par la fatigue physique. Même si tu serais bien retourné te coucher. Quand aux bonnes choses supposées que le gêne pourrait t'apporter, tu les cherchais toujours.

- Tu sais ce qu'on dit chez les miens ? Que le gêne est soit une malédiction soit une bénédiction, et que tout dépend ce que tu en fais. Tu veux que je te dise Daryl, je n'ai que des instincts meurtriers. C'est pour ça qu'on me surveille d'aussi près. Parce-que mutation ou pas, pleine lune ou pas, il semble que je reste une menace pour ma meute. Et pour les autres…

Dans ta tête, il y avait toujours ces ombres furtives. Ces cris. Te poursuivant le jour et la nuit. Pour transformer tous tes rêves en cauchemars. Comme lorsque tu étais gosse, exactement comme à ton retour dans le Colorado. Au début. Soumis à la loi du silence. Face au mutisme de ton clan, te faisant enrager. Colérique. Lunatique. Changeant, de seconde en seconde. Un peu plus particulièrement quand on te mettait au pied du mur. Redevenant sauvage. Le sang d'Eternal Flower s'écoulant dans tes veines et te contaminant. Il n'empêche que tu les fermais, tes yeux.

Les battements de ton cœur te fracassant les oreilles. Récupérant progressivement. Pas grâce à tes capacités à t'écouter, indifférent à ce que ton corps te racontait, trop effrayé à l'idée de l'entendre te murmurer des choses, mais plus grâce au fait de rester au repos. Ton bras retombant le long de ta hanche. Pensant à tous ces trucs qui te traversaient l'esprit.

Concentré sur sa voix. Bam bam, bam bam, bam bam

- De la pluie… qui tombe sur des sacs en plastique. Puis l'eau qui ruisselle dans le caniveau… des cris aussi, ceux d'une femme. Et les hurlements des sirènes… on me supplie… le bruit des mes pas sur le bitume…

Toi, tu ne percevais pas le chant des oiseaux. Tout se mélangeait. Absolument. Et d'un coup, tu réalisais que tous les deux, vous vous trouviez à proximité d'un ruisseau. D'où la raison de ces réminiscences. L'humidité dans tes yeux venant te sortir de ta méditation. Sinistre. Un peu comme si tu marchais par-delà le royaume des esprits. Détestant te sentir mis à nu, détestant ce que tu représentais, ce que tu incarnais, détestant simplement être toi. Satisfait ?

Il voulait que tu lui racontes, c'était chose faite. Du sombre. Du délavé, gris et triste. C'est tout ce qui t'entourait. Depuis ton enfance. Tes couleurs, c'est toi qui les réinventaient. Sans l'aide de personne. Ta vie, tu l'avais choisi.

- Ramène-moi. Je suis pas venu pour ça…

Que tu lui jetais avant de reposer le pied et de marcher. Douloureux. Ta cheville te lançant, des brûlures remontant le long de ta jambe. Sans plus broncher. Repartant juste d'où vous arriviez. Pas bien. Ton rythme cardiaque s'emballant à nouveau et ta gorge se nouant. Toi qui voulais tellement connaître la vérité, sur tes gènes, sur ton passé, sur ce supposé accident de voiture, celui dans lequel tes parents s'étaient tués, selon eux, ton frère et ton cousin, ton oncle, voilà que tu te surprenais à fuir devant ce commencement de réponse qui se profilait à la lisière de tes souvenirs. Tout ça, c'était de leur faute. Tout ce gâchis. Ton incapacité à te définir, en tant qu'individu et sur un aspect plus intime. Jamais amoureux. Jamais accroché à personne, si ce n'est à Bly et Sarah. Toi, et ce trio improbable que vous formiez. Avec pour fond, ce gamin que tu avais tué.

Puis Daryl. Qui s'obstinait à te rendre une place dans ce monde auquel tu ne souhaitais pas t'intégrer. Que tu rejetais. Te disant que tu n'aurais pas dû venir provoquer le diable. Maintenant que l'enfer t'avalait six pieds sous terre...



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Instable. Des instincts plus sauvages à fleur de peau qui ne demandaient qu'à s'exprimer. Il pourrait presque entendre les grognements de la bête derrière chacun de ses mots. Elle est là, toute proche, et lui fait de son mieux pour l'étouffer, mais elle est lui, et il est elle. Ils ne sont qu'un, et nier ce fait rend l'appréhension de ses instincts, de ses comportements, incontrôlables en se créant cette dualité qui n'a pas lieu d'être. Mais c'était tellement plus facile d'accuser un monstre imaginaire qui emprunterait notre corps pour commettre toutes les choses qu'on ne veut pas assumer. Comme un ivrogne accusant l'alcool après quelques actes honteux, mais ce n'est pas la bouteille qui est allée pisser dans le bocal du poisson rouge, ou s'est retrouvée dans le lit d'une inconnue, c'est bien l'homme. Il lui suffirait pourtant d'apprendre à maitriser sa consommation pour ne plus autant déraper.

Même si ça avait l'air douloureux, Daryl ne s'en faisait pas pour sa blessure à la cheville. Même si le cheyenne pêchait sur tout ce qui était du fait d'être un loup-garou, sa capacité de régénération agirait toute seule. En revanche, il le toise alors qu'il l'interrompt d'un éclat de rire. Il était comme le sac et le ressac de l'océan, s'avançant pour mieux reculer ensuite. Désireux de s'en sortir, mais effrayé, il se dérobait par quelques attaques ou dérobades avant de se renfermer encore. Il lui fallait pourtant stopper le cycle, et continuer d'avancer s'il ne voulait pas faire du surplace comme ces trois dernières années. Alors s'il faisait quelques pas, aussi petits et hésitants soient-ils aujourd'hui, il ne le laisserait pas revenir en arrière ensuite et gâcher ses efforts.
Il l'écoute parler de sa vision des choses, ce que disent les siens sur le gène, malédiction ou bénédiction. Ohanzee a déjà tranché semblerait-il, il ne voit dans l'éveil de son gène que les instincts meurtriers, pour lui le loup est une malédiction, nul doute que s'il avait le choix, il s'en débarrasserait, mais comment pourrait-il en être autrement s'il n'avait gouter qu'aux mauvais côtés de la chose ?

« C'est vrai. Tout comme le fait d'être simplement vivant. Il n'y a pas besoin d'avoir le gène pour se demander si la vie est une bénédiction ou une malédiction, tu ne crois pas ? Il y a des Hommes bons ou mauvais, certains oscillent aussi d'un côté et de l'autre. Lorsqu'on nait, la vie nous ai offerte, il ne tient qu'à nous de choisir quoi en faire ensuite. »

On en revenait à l'histoire des deux loups à l'intérieur de chaque être, celui qui vaincrai étant celui que l'on choisira de nourrir. Mais même si l'un devenait plus fort, l'autre ne disparaitrait pas pour autant et la balance pouvait être inversée à tout moment.

« Mais si tu es encore là, c'est que t'es pas un cas désespéré, alors maintenant concentres-toi. »

Est-ce que c'était vrai ? Est-ce qu'il n'était pas un cas désespéré, ou bien n'était-ce que le fait que son cousin, qui était également l'Alpha des siens, tenait plus à lui qu'à la sécurité de sa meute pour ne pas avoir éliminé un membre trop dangereux qui les mettrait tous en danger ? Honnêtement, Daryl s'était posé la question au début. Si Zee n'avait pas fait parti de leur famille, est-ce que Bly et Chad n'auraient pas agit autrement ? Mais il s'était rendu compte ensuite que si Zee grognait beaucoup, il mordait finalement peu. S'il avait tendance à s'isoler et être ronchon, il n'y avait rien d'irrattrapable. Il avait sans aucun doute commis des erreurs, il ne dénigrait pas cette peur qu'il avait sur ses instincts, mais s'il avait des envies de meurtres, le fait que celles-ci restent des envies et qu'il n'ait pas accumulé les cadavres depuis qu'il était sur l'île malgré le climat ambiant était plutôt encourageant.

Mais chaque chose en son temps. D'abord, il le laissait explorer ses sens, commencer par s'approprier ces capacités physiques était le plus facile, alors autant commencer par là. Mais alors que le silence et la concentration était de mises et qu'Ohanzee commençait à lui faire part de ses perceptions, Daryl fronça doucement ses sourcils en se rendant compte que Zee venait de partir bien plus loin que ce que lui renvoyait ses sens. Sacs plastiques, caniveau, cris, sirènes, bitume... un souvenir ? D'où celui-ci provenait-il ? De la nuit de l'éveil de son gène ? Ou peut-être de l'une de ses pleines lunes où il perdait littéralement le contrôle ?

Mais il se tait et rouvre les yeux lorsqu'il se rend compte. C'est un regard troublé, hanté, qu'il peut voir à travers ses pupilles humides.
Le sac et le ressac. Il venait de se fracasser contre le mur qui le bloquait, et le voilà qui faisait demi-tour, fuyant ce qui pouvait se cacher derrière.

« Non. »

Un seul mot, prononcé d'un ton calme mais ferme, catégorique. Alors qu'il le regardait faire demi-tour, désireux de retrouver la sécurité réconfortante de ce qu'il connaissait. Non, il ne le ramènerait pas.

« Je crois au contraire que tu es venu exactement pour ça. »

Il pouvait toujours essayer de rentrer par ses propres moyens, mais ça faisait des heures qu'il le faisait courir dans tout les sens, et vu son état de fatigue, sa cheville foulée et son amateurisme évident pour tout ce qui est du domaine de la randonnée, il avait de grande chance d'aller se perdre, d'ici là qu'il se retrouve dans les marais, il n'y avait qu'un pas.

Pourtant c'est sur un ton tout à fait badin qu'il ajoute comme si rien de tout ce qui venait de se dire n'avait sonné si important.

« J'ai soif. Il y a une rivière juste à côté, ça fera du bien à ta cheville de la tremper dedans. »

Il n'attend pas son approbation pour faire également demi-tour, s'éloignant dans la direction opposée. Libre à Zee de le suivre ou de tenter sa chance dans la pampa irlandaise.



Accroupit au bord de la rivière, les mains en coupe pour récupérer un peu d'eau pour se désaltérer et se rafraichir, il ne fait pas de commentaire en entendant le rappeur rejoindre la rive à son tour, seul un fin sourire marquant ses lèvres, camouflé alors qu'il lève ses paumes à celles-ci pour boire, content de savoir qu'il s'était décidé à poursuivre - même s'il ne lui avait pas tellement laissé le choix.

Un moment de calme et de repos, il le laisse s'hydrater à son tour, et soulager sa cheville dans l'eau fraiche, avant de lui annoncer une nouvelle qui allait assurément déplaire au minnésotain.

« On va dormir ici cette nuit. On rentrera demain. Ça nous laisse juste le temps de faire quelques pièges, histoire de savoir si on va manger ce soir ou pas. »

Il imaginait déjà le tollé que cette annonce allait engendrer chez l'universitaire, mais loin de craindre le courroux du citadin face à la perspectives de dormir dehors en pleine nature sans le moindre matériel, il... en fait, ça l'amusait plutôt. Allez, encore un peu, et il allait le transformer en véritable hommes des bois !

Et puis comme ça, ça lui laisserait tout le temps pour aborder les sujets qui fâchent. ...Enfin, les autres sujets qui fâchent.


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