The Island of the damned est un forum post Apocalyptique rassemblant un grand nombre de créatures surnaturelles.
 

Partagez | 

 Cuál es el propósito de todo esto?▲Feat. Nilolaï

♦ Humain ♦
survivant des limbes
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 179
Points RP : 56
Date d'inscription : 09/10/2018



"¿Cuál es el propósito de todo esto?"

Hasta la victoria siempre - Comandante



Lueur morbide. Au bout de ce tunnel qu'il me fallait retraverser nuit après nuit. Pour finalement me réveiller en sursaut au cœur de ce même cauchemar qui ne me laissait plus un instant de répit. Assis dans mon lit. Seul. Ne supportant plus qu'on m'approche ni qu'on me touche. Les cicatrices déchirant l'intérieur de mes cuisses continuant de me causer des douleurs artificielles.

Mais bien trop profondes pour que je puisse me permettre de les ignorer. Perdu quelque part entre les ombres du passé et les lueurs d'un jour qui tardait à se lever. Me laissant terrorisé, sans aucun bras pour me rassurer. Mort. Vide à l'intérieur. Rien qu'une coquille vide, incapable de se laisser aimer ou d'accepter qu'on lui vienne en aide. Pas fragile. Indestructible. Un verdadero guerrero.  Pourtant, je suffoquais. Manquant d'oxygène. Pris à la gorge. Leurs corps à tous bougeant au centre du mien. En panique. Leurs éclats de rire m'écorchant et me giflant avec une force me couchant à terre. Et toujours ces foutues larmes que je retenais, dans un aveu de faiblesse. Si loin de l'homme que j'avais pu être. Ce garçon souriant qui te fascinait. Un rebelle. Épris de liberté. Une loque ayant fini suicidé devant ton portrait. Parce-que je t'aimais putain. Au point de rester. Une promesse ça se tenait. Tu le sais toi que je n'avais qu'une parole. Niko, Niko, mon Nikolaï. Droit. Les pieds fortement ancrés dans le sol. Pas de ceux qui s'engageaient à la légère. D'une fidélité à toute épreuve, l'âme pure. Tu étais le premier. Celui qui m'avait initié, le seul qui m'avait porté plus haut que je n'espérais aller. Sauf qu'ils t'avaient tué. Pris et arraché à cet amour soudain que tu m'avais inspiré. Encore que. Je ne savais pas jouer. Tout était vrai. Du début à la fin, entre-nous. Mi amor. Perdóname…

Je m'en voulais. De t'avoir perdu de vue. De les avoir laissé te faire du mal et de ne pas avoir été assez fort pour nous sauver tous les deux. Je t'avais trahi et pour ça, je ne me trouvais aucune excuse. Puis d'un coup, ça partait. Incapable de retenir le flot de sanglots s'échappant de ma gorge. Honteux. Enfouissant mon visage dans l'épaisseur de la couette pour les étouffer. Ne supportant plus de m'entendre. Le dos courbé, plié et replié sur moi-même. Les jambes en tailleur et les doigts agrippé au tissu. Secoué. Presque étranger à mon propre corps. Un corps que je ne supportais plus, apprenant à lentement le détester et à le cacher. Une nouveauté. La pire de toutes, la plus humiliante. Qui voudrait encore d'un mec sur lequel des dizaines d'hommes étaient passés ? J'y arrivais pas. J'en pouvais plus et à contrario, lâcher prise me paraissait juste impensable. Es muy duro sin ti. Es demasiado difícil no saber en qué te has convertido. Nikolai.

Puis comme d'habitude, je me levais. Pour mieux courir m'agenouiller devant la cuvette des chiottes. Regarde ce qu'ils ont fait de nous. Il ne reste plus rien. Rien d'autre que des brisures, des éclats auxquels on se coupe à chaque fois qu'on essaye de les ramasser. C'est pour ça que je suis sorti. Dans la nuit. Noire. Effrayante. Une nuit au sein de laquelle je ne me sens plus en sécurité. Après avoir pris une douche. Chaude, pour ne pas dire brûlante. Le besoin de voir rougir ma peau me possédant au-delà de la raison. Il fallait que je les chasse. Que je me détache et que je m'en débarrasse. Que je m'anesthésie. La tête et le corps. L'esprit, et que je repousse au loin les mains qui m'attrapaient. Cinglé. Trop blessé pour espérer pouvoir réparer. Alors je marchais. Jean, baskets, sweat blanc et mon cuir. Avançant comme un fantôme téléguidé. Les cheveux retombant sur mes épaules. Les yeux fiévreux. Respirant bruyamment.  Abîmé.

Il fallait que j'aille le trouver. Pour lui parler. Alexander. Du coup, je prenais le chemin conduisant chez lui. Même si ce gars me flippait, tant il soulevait de drôles de trucs en moi. Me transperçant de sa lucidité. C'est là que je croyais te voir. Niko. Mon rythme cardiaque se figeant un court instant, et repartant subitement à la hausse. Je devais pas y voir clair. Ou à force de me camer, je délirais. Virant paranoïaque en plein. T'étais là. Sous mes yeux. Mes paupières collantes et les pupilles remplies d'un sel les piquant.

Et comme aspiré en arrière, je reculais. Toi me tournant le dos tandis que je ramassais une pierre. De taille moyenne. Persuadé qu'elle te traverserait sans te toucher. Puisque tu étais mort. Puisque toi aussi tu m'avais laissé, abandonné, puisque face à ton portrait je t'avais fait mes adieux. Avec une prière, celle que j'avais récité avant de me suicider et que je marmonnais ici, entre mes lèvres.

- ‘Dios te salve, María, llena eres de gracia, el Señor es contigo, bendita tú eres entre todas las mujeres y bendito es el fruto de tu vientre, Jesús... Santa María, Madre de Dios, ruega por nosotros, pecadores, ahora y en la hora de nuestra muerte...

Tout allait de mal en pis Nikolaï. Refermant les doigts de ma main libre sur la croix ne quittant jamais mon cou, je te visais. Tout en pinçant les lèvres. Des lèvres blêmissant à vue d'œil. Disparais. Tu n'existais pas. C'était juste mon imagination, c'est ça. Tu me manquais. Donc, par défaut je t'inventais. Sur quoi, je te matraquais à coups de pierres. Sauf qu'elle ne te passait pas au travers et que comme un con, je me décomposais. Lèvres entrouvertes. Bouche sèche, le vent faisant voler des mèches de mes cheveux dans les airs. Les yeux humides. Te voyant flou et devinant ta silhouette au travers d'un rideau de larmes incapables de couler. Stagnant sous mes paupières.

Merde… je voulais pas te faire de mal. Excuse-moi. M'en veux pas. Merde, merde, merde. Glissant mes doigts dans mes cheveux, je dégageais mon visage. Mes traits se durcissant aussitôt. Les sourcils froncés. C'était quoi ce bordel ?

Pas bien, je recommençais à frissonner. Tu ne pouvais pas être là, vivant. Et j'aurais voulu hurler, comme toujours. Hurler, puis encore revenir à moi. Me réveiller en sursaut. Bien à l'abri dans mon lit, enfermé dans ma chambre. Au lieu de quoi je ne tenais plus debout que par miracle. Les bras retombant trop lentement le long de mon corps. Aucun élan ne me poussant vers toi, lo siento mi chip...

Code by Sleepy



Perdóname. Si sueñas con otro yo, otra vida. ¿Cómo podría engañar a la muerte cuando ella sonríe? Una vez más, una noche más. Perdóname. Si el volcán profundo de mí no sale. Si la furia de los recuerdos no vuelve...
Revenir en haut Aller en bas
Tullamore ♝ Humain mais pas trop…
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 17
Points RP : 15
Date d'inscription : 12/10/2018

Cual es el proposito de todo esto ?



« Fais pas ça Niko, s’il te plait. J’vais dire à O’Brian que je pars pas, je vais lui demander d’engager un autre gars à ma place. Mais n’y vas pas. »
« Arrêtes Curtis. Je t’avais pas demandé de m’oublier putain ? T’y étais pas toi là-bas, tu sais pas ce que j’ai vécu. Tu sais pas toi, alors arrêtes. Je dois y aller, je dois savoir, je dois comprendre. »
« Mais à quoi ça va t’avancer de risquer ta vie pour des réponses ? »
« A avancer putain ! Je l’aimais, tu peux comprendre ça ? Je l’aimais, j’ai pris des risques pour lui, j’ai trinqué pour lui et lui qu’est-ce qu’il a fait ? Il s’est tiré sans se soucier de savoir si j’étais encore là-bas ! Je veux savoir pourquoi. Je… »

Nerveusement j’ai balancer un T-shirt dans le sac que j’étais en train de faire, Curtis venant poser une main délicate sur la mienne pour me calmer. La veille je lui avait demandé de m’oublier, mais pourtant il était là, me demandant de rester, essayant de me protéger contre je ne sais quoi. Mes envies ? Mes choix ? De moi ? Je l’ai simplement laissé faire alors qu’il est venu me prendre dans ses bras, une main plaquée dans mes cheveux, je l’ai laissé faire, non pas parce que j’allais changer d’avis, mais parce que ça me rassurait. Parce que ça me faisait du bien. Je crois que jamais plus je n’arriverais à aimer comme je l’avais aimé lui, je pense que jamais personne n’arrivera à le remplacer malgré tout ce que j’ai subis pour lui, mais pourtant je n’avais pas envie de me fermer, plus maintenant alors qu’après deux ans j’allais enfin l’affronter. Depuis quelques mois je me sentais enfin libre, Polaris m’avait sauvé, Tullamore m’avait donné un but, un toit, un job avec un salaire, des alliés, des vêtements propres et de la nourriture. Un truc que je n’avais pratiquement jamais connu. Je leur été redevable. Bien plus que je ne le voulais.

« Je sais que tu n’es pas prêt p’tit cœur. Je sais que tu as peur et c’est normal. Mais je t’ai promis d’attendre et je vais le faire. Le temps qu’il faut. Fais attention à toi là-bas. Laisses ta balises GPS allumée et la même pour la montre. Si je vois ton rythme cardiaque augmenter de façon disproportionné je viendrais moi-même te chercher d’accord ? »
« Ouai. P’tit cœur ? C’est nouveau ça ? J’suis désolé pour hier j’ai flippé. Mais… Si t’as encore le champagne j’en veux bien. J’ai peur mais je dois le faire. Puis… J’ai besoin de temps tu sais. Je sais que tu ne vas pas t’évanouir dans les airs ça fait deux ans que tu me surveille, c’était même flippant au départ j’avoue. »

Je me suis dégagé de ses bras, lui souriant timidement alors qu’il est sorti chercher la bouteille de champagne pendant que je finissais mon sac. Je savais qu’il comprenait, Curtis comprenait toujours, c’était un don qu’il avait. Il avait cette patience et cette écoute qui me faisait du bien. On a simplement bu la bouteille avant de passer au Rhum, parlant toute la nuit de tout et de rien, allongé sur mon lit en fixant le plafond. Il aurait pu profiter de mon état, mais il n’a rien fait. Il a juste pris ma main dans la sienne, et c’est tout. Le matin je lui dit au revoir avant de monter dans le zodiac. Il m’a regardé partir, et j’ai allumé la balise GPS comme je lui avait promis pour qu’il puisse me localiser à n’importe quel moment. Il me faisait du bien, mais j’avais des comptes à régler et je ne pourrais pas avancer tant que je ne l’avais pas revu, je le savais. Je l’avais aimé. Sans doute un peu trop et j’avais peur. Peur de tout lui céder en le voyant, peur de perdre pied, peur de ce que je pourrais faire. Mais j’avais besoin de ces réponses. Je voulais comprendre pourquoi, je voulais comprendre ce qu’il s’était passé. Te trouver a été tellement simple Sean. Dans les Limbes, proche des hommes. Proches de tous ces traites qui avaient ravalé leurd convictions pour signer ce putain de traiter de paix. Traité lancé par McGuinness. Avais-tu oublier ce qu’on avait vécu Sean ? Avais-tu toi aussi oublié qui tu étais ?

Je me le demandais, je me posais des questions. Sans doute de trop. Aller sur le terrain. Je n’étais pas habilité pour ça mais Davina avait donné son accord. Davina ou bien Curtis ? Lequel avait eu le plus de poids ? J’aimerais le savoir. Mais quoi qu’il en soit j’étais là maintenant. Vivant. Autant vivant que tu ne l’étais quand j’ai reçus un caillou en plein dans la tronche. C’était clairement pas ce à quoi je m’étais attendu. Je n’avais pas espéré que tu viennes me prendre dans tes bras, mais si je m’étais attendu à ça ? Non. J’ai senti mon cœur s’emballer. Sans doute de trop. Rythme cardiaque qui s’est indiqué sur la montre que je portais. J’avais promis de ne pas l’éteindre, j’avais promis de rester connecter mais c’était plus fort que moi. Discrètement je l’ai éteinte. Je savais que Curtis m’engueulerait pour ça mais c’était mon combat, pas le sien, et il était temps qu’il me laisse aller au bout. J’avais quand même laissé la balise GPS allumé, histoire qu’il me voit bouger sur son écran, histoire qu’il sache que j’étais encore en vie. Je l’appellerais, il comprendrait, je l’espérais. Je t’ai regardé, d’abord sans bouger, pourtant j’ai sorti l’unique arme que j’avais emmené avec moi. Un simple couteau de chasse. Le tirant de ma ceinture comme pour me défendre. Mais me défendre de quoi ? De toi ? C’était donc ça ce qu’on était devenu ? Des ennemis ? Des rivaux ? J’ai eu envie de hurler, j’ai eu envie de pleurer. J’ai eu envie de me jeter sur toi pour t’étrangler. Comme tu pouvais me faire ça ? Comment ? Pourquoi ! Des questions que tu pouvais lire dans mon regard. Pourtant c’est la colère qui a fini par l’emporter.

« ¡ Hijo de puta ! ¿ Cómo puedes hacerme esto ? »

Comment tu peux me faire ça ? Comment ! J’ai parlé dans ta langue, jamais je ne l’avais fait mais je l’avais appris, là-bas, sur Polaris. Et tu sais pourquoi ? Je l’avais appris dans le but de te voir, de t’affronter ! Toi ! Sans ne plus rien contrôler je me suis jeté sur toi, pointant ce couteau sous ta gorge, t’obligeant à reculer, te coinçant là, contre le mur d’une baraque. Regardes ce que tu as fait de moi ! Regardes bien ce que je suis devenue ! J’ai eu envie de t’égorger mais pourtant je n’ai rien fait. Pourtant non, je n’ai rien pu faire. Des larmes venant couler sur mes joues. Des larmes qui en disaient tellement long. La gorge serrée, je me suis demandé pourquoi j’étais venu. Curtis avait raison, je n’étais pas prêt. C’était trop tôt. Ca faisait trop mal, bien trop mal de t’avoir là devant moi. Tout ce que je voulais c’était que tu me regarde, que tu me vois, que tu constates l’ampleur des dégâts. Tu te cachais derrière ton sourire factice, derrière ton hypocrisie, ces mensonges. POURQUOI ! Hein POURQUOI MOI ?! Je t’ai attrapé par le col, venant te frapper comme jamais je ne l’avais fait. Venant te secouer sans trop savoir pourquoi je le faisais avant de te relâcher pour aller exploser une vitre. M’en faisant saigner les mains. Incontrôlable. Jamais tu ne m’avais vu comme ça, jamais tu ne m’avais vu me sortir de mes gongs comme ça, parce que jamais je ne l’avais fait. Alors allons-y, dis-moi la vérité maintenant. Dis-la-moi ! Celle que tu te servais de moi pour avoir des informations. Celle que tu le servais lui, cette idole dont tu me loué des louanges. Aindreas. Comment t’as pu ! COMMENT !

« Pourquoi Sean ? Pourquoi t’es parti ! Si tu savais tout ce que j’ai enduré pour avoir couché avec toi ! T’ENTENDS ! Alors dis-moi pourquoi tu t’es barré ! CONNARD ! REPONDS-MOI ! »

Pourquoi tu t’es tiré ? Pourquoi tu m’as laissé tomber ? Pourquoi tu m’as menti ? Ca faisait mal, putain, ça faisait mal. N’en pouvant plus je me suis laissé glisser contre ce mur, me retrouvant par terre, chialant comme jamais je ne l’avais fait. Empoignant ma tête entre mes mains, j’avais tellement souffert pour toi. Je t’aimais… Je t’aimais tellement… C’est ça qui faisait mal. Tellement mal…

« Je t’aimais tellement putain… Comment t’as pu m’faire ça… Comment ? »

Je ne comprenais pas, je ne comprenais plus. Ca avait été toi le rebelle. Ca avait été loin le soldat. Toi qui te bâtais, toi qui m’encourageais à me révolter. Et pourtant… C’est toi qui t’es tiré une fois libre, me laissant là, derrière toi, sans te retourner. J’étais vivant putain… J’étais encore là… Je t’ai cherché… J’ai hurlé ton nom… Mais tu n’as jamais répondu. Alors dis-moi juste pourquoi… Dis-moi que je puisse enfin avancer… J’avais tant donné pour toi, tant perdu pour au final… Me retrouver seul… J’avais besoin de réponse. Alors réponds. Simplement… Réponds…



NΞRIOИ



THE WORST IN ME
Is there nothing left to keep myself awake? To keep the walls from caving in when all they ever do is try to bend and break. Is there forgiveness in the end ? I need relief, a failure's coming on. Just breathe in deep, it's taking far too long...
Revenir en haut Aller en bas
♦ Humain ♦
survivant des limbes
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 179
Points RP : 56
Date d'inscription : 09/10/2018



"¿Cuál es el propósito de todo esto?"

Hasta la victoria siempre - Comandante



Ça faisait mal Niko. Beaucoup trop.  Puis je sais pas, je me rappelais même plus comment j'avais pu arriver jusqu'à toi. Ma tête tournait. Alors que j'essayais juste de rester debout. De ne pas m'effondrer. Un froid inquiétant venant m'envelopper. Ils avaient menti. Tous ceux que j'avais vu défiler dans ma cellule. Mort. Sven n'ayant pas supporté que tu l'aies trahi. Ils s'étaient foutus de ma gueule, tous ensemble. Pour m'atteindre. Pour ne plus me donner aucune raison de leur résister. Brisant le combattant. Bafouant l'homme et me forçant à grandir plus vite. Mort, mort, mort. Je les haïssais. Le gamin que tu connaissais ayant laissé une part de lui-même dans ce combat qui nous avait tué.

Et d'un coup, tout refluait. Mes poings se fermant sous l'assaut de la douleur. Toute couleur quittant mon visage. Me donnant l'impression de marcher à reculons et de tourner, tourner, tourner en rond. J'avais voulu faire l'amour et la révolution, tout ça pour me faire traiter de fils de pute à la sortie. Des mots qui dans ta bouche me blessaient plus que n'importe quel autre des coups qu'on m'avait donné jusqu'ici.

Hijo de puta…

Dans ma langue maternelle. Puisant dans mes origines pour te les approprier. Me prenant aux tripes.  Me touchant en plein cœur, quitte à me plonger dans une totale incompréhension. Mes jambes refusant de me laisser avancer. Vers toi. En sachant que deux ans plus tôt, c'est dans mes bras que je serais venu te serrer. Sans hésitation. Guidé par mes instincts. Mais de l'eau avait coulé sous les ponts et lorsque tu sortais un couteau de chasse pour m'en menacer, je reprenais enfin conscience. Tu n'étais pas lui. Parce-que lui, il ne se serait pas jeté sur moi ! Lui, il était doux. Lui, il n'était que compassion. Lui, je l'aimais. Pourtant, je restais impassible. Jamais tu m'entends, jamais je ne lèverais la main sur toi. Quoi que tu sois devenu. Mes yeux s'asséchant sous l'assaut de ta colère. ¿ Cómo puedes hacerme esto ? Mais moi, je ne t'avais rien fait Nikolaï. J'étais resté. Je t'avais pleuré, et depuis il n'y avait plus eu personne. Toi, comment tu pouvais me faire ça ! Le plus grave, c'est que je ne cherchais même pas à te repousser malgré l'angoisse. En dépit du malaise que le fait de te sentir aussi proche m'inspirait. Provoquant une réaction quasi épidermique, quand on savait combien j'avais pu me montrer décomplexé à une époque. Même si pour toi, pour tout ce que tu représentais, je m'efforçais de garder un minimum de self-control. Arrêtant de respirer.

Je te jure Niko, ça faisait bien trop mal. Aux limites du supportable. Comme si mon cœur se préparait à imploser. Dans un mélange d'amour et de haine. Parce-que c'est ce que j'étais maintenant. Une bombe à retardement. Fanatique. Extrémiste, la main par laquelle périrait l'ennemi. Quel que soit son camp, n'importe qui m'empêcherait de regagner ma liberté. Moriría como un hombre libre, nunca como un esclavo. O estás conmigo o contra mí. Es tu elección. Recuerda lo que te enseñé. Viva la revolution !

La lame de ton couteau m'entaillant la gorge. Sans que je ne bronche. Les yeux fixent, mon regard ne se détournant pas une seconde du tien. Toujours dans ce soucis de t'épargner, de te protéger. Faisant passer ton bien-être avant le mien. Normal. Un réflexe. Si je devais choisir, tu sais qu'entre toi et moi, ce serait toujours toi. D'abord et en priorité. Coincé contre ce mur, ton torse se plaquant au mien. Le souffle court, ma respiration atteignant une nouvelle pointe de stress. Tu le sens pas bordel ! Luttant, je me retenais d'éclater. De t'envoyer dans le décor et de me libérer. Désarmé par tes larmes. Ne pleure pas. Je le supporterais pas. Pas plus que de m'entendre sangloter, calme toi. Et au prix d'un effort me paraissant démesuré, je levais les mains vers toi. Dans l'espoir d'arriver à te rassurer. J'étais désolé. De les avoir cru. Si désolé, désolé, désolé. Sauf que tu ne me donnais pas le temps d'amener mon esquisse de geste à son terme. Les mains suspendues, prêtes à venir se poser sur tes joues. Chaudes. Humides, tes joues qui rougissaient dans mes souvenirs. Ton poing s'écrasant sitôt sur ma figure après que tu m'aies chopé par le col de mon cuir. M'obligeant dès lors à fermer les yeux quand tu me secouais. Comme si la terre s'ouvrait sous mes pieds. Vivant la scène au ralenti. Mes cheveux fouettant ton visage sous la violence de la secousse. Dans une décharge d'adrénaline me conduisant à sortir du silence, pour te hurler de me lâcher. Mes doigts agrippant tes poignets avec brutalité.

- Deja de Niko!  Me lastimaste follando. ¡Estás completamente loco!

Te parlant espagnol sans y penser. Comme une évidence qui désormais découlerait de nous deux. Lâche-moi ! Bastardo. Ouais. Lâche-moi. Ce que tu faisais, comme si tu lisais dans mes pensées. Ma respiration devenant presque erratique. Les battements de mon cœur pulsant dans mes oreilles, si fort que ça en était assourdissant. Prêt à tomber. Ne me rattrapant qu'à la volée contre le mur tandis que toi, tu éclatais une vitre. Au risque de rameuter tout Riverdall. Je comprenais rien. Rien du tout. Ma main enveloppant ma mâchoire, pour me rendre compte que ma lèvre inférieure pissait le sang. Tes insultes me tétanisant sur place. Pourquoi Nikolaï…

- Je suis jamais parti sans toi…

Puisque c'est ce que tu me demandais. Jamais je ne t'avais quitté. Tout ce temps, j'étais là. Enfermé dans les sous-sols du manoir. Six pieds sous terre. Banni de la cour de Léandre McGuinness. Toi par contre, personne ne semblait t'avoir revu depuis la célébration du centenaire.

- J'étais là. Todo este tiempo, estuve allí, mi amor.

Moi aussi je t'aime. Même si tout était terminé. Je ne pourrais pas t'offrir ce dont tu as besoin, ce serait au-dessus de mes moyens. Tu devais te faire une raison. Ils m'avaient brisé. Tu n'avais plus rien à attendre ni à espérer de moi. Et tu me connaissais suffisamment pour savoir que je me comportais toujours comme un homme digne de ce nom. Pas de mensonge. Pas de fausses promesses. Rien que la vérité, es así.

Puis là-dessus, je m'accroupissais devant toi. Entier. M'apprêtant à te montrer quelque chose que je gardais caché. Pour que tu m'entendes à ton tour.  Pour que tu saches que je t'écoutais et que ta peine était aussi la mienne. Tu te rappelles ? À la vie, à la mort. Prêt à tout pour toi. On partageait tout. Toi, c'était moi. Et moi, je ne vivais plus que pour toi. Sacrifiant tout ce en quoi je croyais. Me heurtant à l'incompréhension d'As lorsque je lui avais craché que je ne sortirais pas du manoir en t'abandonnant derrière moi. Ton portrait régnant en seul maître au milieu des ruines de l'aile désaffectée. Sèche tes yeux. Relève la tête, reste fier. Juste regarde et juge après seulement.

- Regarde-moi, s'il te plaît. Je suis pas parti sans toi. Ils ont dit que tu étais mort. Que j'avais plus rien à espérer, que je ne reverrais plus rien d'autre que ton cadavre. Que Sven t'avait tué, par ma faute. Mais quoi qu'il ait pu arriver ensuite, je regrette rien. Si ce n'est de ne pas avoir su te mettre en sécurité. Crois-moi, je referais exactement pareil. Juste pour être avec toi une dernière fois…

Si seulement. Mais il était trop tard pour nous et soulevant mon sweat, je te montrais la marque au fer rouge qu'on m'avait apposé sur le torse. Deux lettres, deux initiales. L.M. Tu le savais toi ce que ça voulait dire. Ce que ça impliquait. Tu le savais.

- Lo lamento. Por todo. No quería que nadie te hiciera daño. Todo es mi culpa, lo sé. Tienes derecho a odiarme, no te culpo. Dime por favor dime Dime qué te pasó, estoy aquí. Siempre he estado allí. Tú y yo, de la vida a la muerte.

Je t'avais enseigné de quelle façon faire la part des choses. Raison pour laquelle je me refusais aujourd'hui encore à influencer ton jugement. Tu étais libre. Tu étais fort. Tu avais le courage de toute une armée et avec ou sans moi à tes côtés, tu t'en sortirais. C'est tout ce que je pouvais te souhaiter.  Apprends à ne plus dépendre de personne, et à avoir confiance en toi. Juste ça...

Code by Sleepy



Perdóname. Si sueñas con otro yo, otra vida. ¿Cómo podría engañar a la muerte cuando ella sonríe? Una vez más, una noche más. Perdóname. Si el volcán profundo de mí no sale. Si la furia de los recuerdos no vuelve...
Revenir en haut Aller en bas
Tullamore ♝ Humain mais pas trop…
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 17
Points RP : 15
Date d'inscription : 12/10/2018

Cual es el proposito de todo esto ?



Ca faisait mal. Mal de te savoir là, mal de ne pas venir me pendre à ton cou, soulager de t’avoir enfin retrouvé. Mal dans toute sa splendeur. Je n’y arrivais pas, je ne pouvais pas faire ça, et j’ai eu soudainement l’envie de déclencher cette putain de balise, ce putain d’appel au secourt pour que Curtis vienne me chercher et me ramener à la maison. Maison. Je n’avais pas eu de maison depuis tellement longtemps avant celle-là. Parce que oui, c’était chez moi, c’était là-bas que je me sentais en sécurité. J’avais les clés d’un appartement entier, avec un lit double, un micro-onde, une douche italienne, des toilettes, une intimité. Je m’y étais fait des amis, des alliés, peut-être même plus ? J’avais un travail qui exploitait mon savoir, un travail qui me plaisait même si je savais pertinemment que les résultats auront des impacts sur des civilisations entières.  Mais j’étais bien, j’étais heureux, pourtant j’avais eu ce besoin de venir te retrouver, de venir t’affronter, de comprendre et de repenser à ce passé qui faisait mal. Le portable dans ma poche s’est mis à vibrer, mais je n’ai rien fait. Je t’ai laissé t’accroupir devant moi. J’avais besoin d’espace, j’aurais voulu te demander de reculer, mais je n’ai rien fait. J’ai relevé les yeux vers toi, les joues trempées par ces larmes que je n’arrivais pas à retenir. Je ne pouvais pas te parler de tout ça. Je ne pouvais pas te parler de ma maison. Non. Tu étais dans le camps adverse, se serait me mettre en danger. C’était une réalité, j’avais beau t’aimer, toi et moi, nous n’étions plus du même camp. Nous n’étions plus dans le même bateau. C’était fini tout ça.

Pourtant tu as parlé. Je t’ai regardé, attrapant mes genoux entre mes bras, posant mon menton dessus en observant les traces que tu portais. Les initial de McGuinness, je les connaissais. Son seau, sa façon bien à lui de marquer ce qui lui appartenait. Délicatement j’ai tendu la main vers ton torse pour effleurer cette marque du bout de mes doigts. Ca aurait dû me rassurer, mais à la place le souffle me manquait. C’était trop dure. C’était injuste. Je me suis mis à pleurer de plus bel, replongeant ma tête dans mes genoux pour me cacher. Tu n’étais pas parti sans moi, on t’avait fait croire des trucs. Je crois que c’était pire. Pire de savoir qu’on nous avait obligé à ça. Ca n’avait pas de sens, ça n’en n’avait plus. La haine que je ressentais pour les vampires ne faisant que s’accroitre davantage. Je n’arrivais pas à y croire, tes mots essayant de me rassurer. Tu ne t’étais pas servis de moi, tu ne l’avais pas fait. Tu n’étais pas parti avec As ce soir-là, tu étais resté. Oui, j’avais su, malgré le fait que j’étais enfermé j’avais su ce que les rebelles avaient tenté de faire pour sauver les esclaves. Sven était énervé ce soir-là et il avait passé ses nerfs sur moi. T’insultant de traître, t’insultant en me frappant, encore et encore. J’ai fini par relever la tête en reniflant, venant essuyer mes joues avec la manche de mon pull. Plongeant l’autre main dans la poche centrale pour arrêter de téléphone qui vibrait encore. On s’inquiétait pour moi, ça aussi c’était nouveau. Trop de choses avait changé. Tellement de choses.

« Pourquoi on nous a fait ça Sean ? Pourquoi nous ? »

Pourquoi on s’en était pris à nous alors que l’on n’avait rien demandé à qui que ce soit ? Tous ce que l’on voulait à l’époque c’était avoir le droit de s’aimer. Ils leur auraient suffi de nous laisser faire, peut-être qu’on les aurait alors écoutés. Peut-être que ? Davina avait raison, c’était eux les monstres, pas nous. C’était eux l’erreur de la nature. Pourquoi ils avaient fait ça ? Se sentir obligé de nous rabaisser, de nous humilier, de nous maltraiter ? Je crois que cette question j’avais arrêté de me la poser. Curtis m’avait dit un jour qu’on ne pouvait pas avoir réponses à tout. Que certaines choses ne s’expliquaient pas dans le comportement des uns et des autres. Il avait comparé les vampires aux sociopathe. Dépourvu de sentiment, incapable de se rendre compte et de réaliser le mal qu’ils pouvaient faire. Il ne leur donnait pas raison, non, Curtis avait passé sa vie à traquer des criminels de ce genre, mais il aimait comprendre. Machinalement, je suis venu attraper l’une de tes mains pour la serrer dans la mienne. Un geste qui se voulait naturel, comme si au final on ne s’était pas vu non pas depuis deux ans, mais depuis deux jours. Je me calmais, petit à petit, ravalant la colère, ravalant toutes ces choses. Tu avais toujours eu les bons mots avec moi. Tu avais toujours su comment me parler, comment faire pour me rassurer. C’est ce qui m’avait attiré chez toi. Tu n’avais pas peur de moi, pas peur de la maladie, tu ne me regardais pas comme un pestiféré. Je t’aimais tellement pour tout ça putain. Mon mode s’était effondré, et puis je l’ai reconstruit, petit à petit. Sans regrets. Mais pourtant si je pouvais te ramener à la maison avec moi je le ferais. Oui, je le ferais quand je saurais que je peux te faire confiance.

« Quand je suis rentré ce soir-là Sven a immédiatement senti ton odeur sur moi. Il a su, simplement, ce qu’on avait fait. Il m’a enfermé dans une pièce insonorisée. Accroché comme un chien à une chaine par le cou. Nu, enfin presque, sans eau, ni nourriture, pas de couverture, dormant à même le carrelage. Ca a duré des mois. Il ne me touchait plus, il disait que j’avais été souillé, mais pourtant il m’a mis une sorte de ceinture de chasteté, un truc en métal que je ne pouvais pas retirer. Je me pissé dessus. Il m’a laissé dans ma merde durant des jours entiers. Quand les bombardements ont détruit River Crow c’est là qu’on m’a retrouvé. J’étais malade, déshydraté, affamé. J’ai été accueilli par des gens super qui m’ont soigné. C’est devenu ma famille maintenant. Désolé faut que je réponde. »

J’ai relâché ta main, sortant le portable de ma poche pour simplement taper un texto. « Je vais bien, je rentre demain, t’en fais pas. » Des mots simples, simplement pour le rassurer lui. Cette nouvelle famille dont je me devais de taire le nom pour les protéger. Pour me protéger aussi. Si on savait qui j’étais crois-moi qu’on n’hésiterait pas à me faire la peau ici. Je le savais. Ne serait-ce que pour sauver McGuinness et ça, je préférais crever que de donner la réponse au remède. Parce que oui, je la connaissais. J’avais fouillé dans les archives de Théodore, j’avais fouiner pour savoir, pour bosser sur un truc encore plus fort, plus intense, plus destructeur. J’avais la haine si tu savais. Des fois je ne réfléchissais pas aux conséquences, simplement rongé par ces envies de vengeance. Tout simplement. J’ai replongé le téléphone dans la poche de mon sweat après avoir lu la réponse de Curtis. Un simple « prends soin d’toi p’tit cœur mais fait pas de conneries. » Curtis, il me connaissait si bien. Je crois que jamais personne ne m’avait compris aussi bien que lui. Lui non plus il ne voyait pas la maladie en moi. Un peu comme toi. Pourtant j’ai sorti une boite de comprimés de la même poche central. Te les montrant.

« Ils n’ont pas fait que me soigner sur le cours thermes. On a cherché ensemble et on a trouvé Sean. Alors ok mon sang est toujours contaminé, je crois qu’on ne pourra jamais rien faire contre ça, mais ça aide à endormir la maladie. Grâce à ça les chances de voir le SIDA se déclencher reste mince. Putain ce que tu m’as manqué. »

Sans réfléchir, j’ai attrapé ton visage entre mes mains, venant t’embrasser, posant mes lèvres contre les tiennes. Le cœur battant plus que jamais. Retrouvant cette sensation d’être enfin entier. D’avoir retrouvé cette moitié qui me manquait temps. Je ne t’en voulais plus. Je crois même que ça n’avait jamais été le cas. Je crois que je ne pourrais jamais te détester. Je me suis accroché à toi, comme jamais, un geste sans doute désespéré. J’avais peur de te voir me repousser. J’avais peur que tu disparaisses à nouveau. Mais je t’aimais Sean. Je t’aimais et je ne pouvais rien faire contre ça. C’était plus fort que moi. Plus fort que tout.




NΞRIOИ



THE WORST IN ME
Is there nothing left to keep myself awake? To keep the walls from caving in when all they ever do is try to bend and break. Is there forgiveness in the end ? I need relief, a failure's coming on. Just breathe in deep, it's taking far too long...
Revenir en haut Aller en bas
♦ Humain ♦
survivant des limbes
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 179
Points RP : 56
Date d'inscription : 09/10/2018



"¿Cuál es el propósito de todo esto?"


Hasta la victoria siempre - Comandante



Arrête Niko. Ça ne servait plus à rien. Tu le savais pourtant, tu le savais bien toi que tous les pourquoi du monde ne suffiraient pas à changer notre histoire. Il n'y avait rien à comprendre. Rien à expliquer. Les pourquoi n'ayant jamais d'autres conséquences que d'à chaque fois venir et revenir soulever de nouvelles questions auxquelles tu connaissais déjà les réponses.

Ils étaient mauvais. Pervers. Ils ne pensaient qu'à détruire. Source de souffrance, ils s'abreuvaient du sang s'écoulant dans nos veines. Tout en étant pleinement conscients de ce qu'ils faisaient. Maîtres de leurs actes. Qu'on essaye même pas de me la faire à l'envers. Sinon, certains d'entre-eux ne se seraient pas retournés contre des individus de leur propre race. Je te promets. Le premier qui oserait prétendre le contraire, c'est mon poing dans la gueule qu'il se mangerait. Pour comprendre, il fallait l'avoir vécu. Et nous, on était là. Alors ouais, prétendre une absurdité pareille, ça en reviendrait à offenser toutes leurs victimes. Nous en premier, toi et moi en particulier. Puisque par la force des choses, c'est ce qu'on était devenu. Des victimes. Des poches de sang. Des animaux de compagnie qu'on battait, qu'on baisait, qu'on laissait juste crever de faim dans un coin. Pour le plaisir. Sciemment. Sous prétexte de dominer l'humanité. Mais tu veux que je te dise ? Ils avaient raison d'avoir peur. Depuis des millénaires, les hommes s'adaptaient à tout. Que ce soit à leur environnement, au climat, à leurs conditions de vie et de détentions, jusqu'à traverser les âges et à survivre aux pires cataclysmes. Ils foulaient nos terres. Ici-bas, ils étaient chez nous. Grâce à Tullamore, c'était à leur tour maintenant de se soumettre. D'obéir aux règles de l'île. De se chier dessus.

Pobre mierda que íbamos a aplastar. Il n'y aurait pas de pardon. Alors pourquoi nous ? Simplement parce-que nos cœurs battaient à l'unisson, parce-que nous étions amoureux et que l'amour nous rendaient dangereux. Voilà mi amor. Puis pour le reste, ne m'en veux pas de rabattre mon sweat sur mon torse pour en chasser la sensation de tes doigts qui effleuraient ma peau. Je te dis Niko, tous tes espoirs en ce qui pouvait me concerner étaient morts avant même d'avoir eu une chance d'exister. Oublie-moi.

À quoi bon ? Tu n'avais pas déjà assez souffert par ma faute peut-être ! Tu te voyais t'endormir ou te réveiller à côté d'un homme avorté. Un type qui t'interdirait de le toucher sous la menace de te piquer des crises de panique à répétition ? Tu méritais mieux. Je ne saurais pas te rendre heureux. Avec moi, tu serais malheureux. Et des larmes, je ne voulais plus en voir creuser tes joues. Tu avais droit au bonheur. Plus que quiconque, tu méritais qu'on s'occupe de toi. Qu'on te protège et qu'on te donne tout ce dont tu avais besoin. Que ce soit des sourires, des caresses, des baisers. Qu'on  t'offre la magie d'un soir d'été, ou la chaleur d'un hiver à deux. Moi, j'étais mort. Perdu. Tu devais enfin dire adieu à ce garçon que tu avais aimé. Je te promettais qu'ensuite tout irait mieux, confía en mí. Je voyais tellement clair dans tes yeux. Pour cela, il me suffisait de me fier à ta main qui venait prendre la mienne. T'écoutant juste me parler. Comme si je flottais. Comme si je sortais de mon corps et que je nous observais d'en haut. Comme si je planais. Focalisé sur ma main brûlant d'un désir charnel que je n'éprouvais plus. Une main que je retirais un peu trop brusquement sans doute. Profitant que tu la relâches. Refusant tout contact physique, incapable de gérer ça.

Et toi, toi tu n'aurais pas la patience de m'attendre. De me réparer. Je ne pouvais pas t'imposer ça. Toi, tu devais continuer à avancer. Sans subir mes cauchemars, sans avoir à supporter mes insomnies, sans devoir regarder les cicatrices me déchirant la chair. Tu avais déjà vécu trop d'horreurs. La maladie, tes parents et ce calvaire que tu me décrivais. Des aveux que j'enfouissais dans un coin de mon esprit. Te promettant silencieusement que Sven te rendrait des comptes, qu'il paierait. Du manoir à Riverdall, rien n'avait changé. C'était mon devoir de te préserver. De te pousser à rentrer chez toi, à Polaris. Parmi les tiens. J'étais ni con ni aveugle. Même si je ne possédais pas ton QI. Il y avait des signes qui ne trompaient pas. T'avais l'air bien. En bonne santé, si je peux dire. Avec ta montre digitale, celle que tu avais discrètement éteinte. Ton portable hype et ce traitement que tu prenais, un traitement qu'on avait spécialement conçu pour toi et avec toi.

C'étaient eux ta chance Nikolaï. Pas moi. Vas-y, réponds. Il n'y avait pas de problème. Au fond, ça m'arrangeait bien de ne pas devoir te faire part de ce que j'envisageais pour te venger. Sven ne devenant que le premier d'une longue liste. Sauf que tu me balançais en pleine gueule que je t'avais manqué après m'avoir éclaté la lèvre. Le picotement aussi désagréable soit-il ne me préoccupant pas outre mesure.

- Yo también te extrañé, pero tienes que irte. Sería peligroso quedarse.

Tu m'as manqué aussi, mais tu dois y aller. Ce serait dangereux de rester. C'est ce que je venais de te souffler en entendant qu'on approchait. Alors que toi, tu ne pensais plus qu'à te jeter à mon cou. Manquant me faire tomber à la renverse, la main que tu avais prise entre tes  doigts une minute plus tôt trouvant appui sur le sol. Tandis que je me raidissais. L'étau que formait tes mains autour de mon visage m'opprimant et tes lèvres s'écrasant sur les miennes me plongeant dans une détresse presque palpable. Initiant un mouvement de recul qui ne mentait pas. Me trahissant plus que je ne l'aurais souhaité. Ignorant ton baiser. Nerveux. Prêt à m'enfuir en courant.

Néanmoins, je finissais par t'empoigner au niveau des avant-bras pour t'obliger à te relever en même temps que moi. Articulant contre tes lèvres de manière presque imperceptible et te poussant dans un renfoncement. Me plaquant contre toi.

- Chut. Demain matin, je te raccompagnerais jusqu'à ton point de départ. Mais en attendant, personne ne doit savoir que tu es là.

Une mise en garde, pour me permettre de revenir ramasser ma pierre. Les semelles de mes godasses piétinant et finissant de réduire en paillettes les morceaux de verres de la fenêtre que tu avais brisé. Calme. Trop tranquille. Froid. Distant et prenant le blâme à ta place avec toute la détermination, l'abnégation, les sacrifices et le dévouement que je te devais.  Ma pierre volant à travers la vitre explosée.

- Hey ! Qu'est-ce qui se passe ici ?
- Rien. J'ai cru voir passer une ombre et dans le doute, j'ai voulu la faire fuir. C'est tout. Pas de quoi réveiller toute la sentinelle.
- Mouais, si tu le dis. Le prends pas mal surtout Sean, mais tu devrais rentrer chez toi.
- C'est ce que je vais faire, t'inquiètes.

T'inquiètes. Tu parles, Fred devait surtout se dire qu'à force de me poudrer le nez je devenais complet parano à chasser des  ombres. Enfin. Au pire je rendrais des comptes demain. Là, il repartait dans le sens opposé et c'est tout ce que je demandais.

Puis, revenant vers toi, je t'entraînais à ma suite. Sans réellement te laisser le choix, désolé. Balayant des yeux les alentours et contournant les gars qui traînaient aux abords de nos habitations. Ma maison, rien de très chouette en soi, se trouvant à proximité. Est-ce qu'au moins, cette famille que tu t'étais choisie savait que tu jouais les amants romantiques en territoire ennemi ? J'espérais.

D'ailleurs, je supposais que ce message auquel tu avais répondu venait d'eux. Voilà. On y était. Ouvrant la porte, je t'invitais à entrer. Une porte d'entrée que jamais je ne fermais à clef. Ne verrouillant que la serrure de ma chambre. Pour permettre aux autres d'aller et venir à leur guise sans me déranger. Dans un esprit communautaire que je m'efforçais de respecter. Cependant, cette nuit serait une nuit exceptionnelle sur tous les plans. Puisque cette fameuse porte d'entrée, libre d'accès, je la condamnais. Tournant le loquet. Nous enfermant à l'intérieur, en tête à tête. Allumant ensuite la lumière. Tu vois, on avait un peu de confort nous aussi. Grâce à des générateurs qui une fois sur deux tombaient en rade. Mais bon. C'était toujours mieux que le grenier du manoir. Toujours mieux que de vivre dans la misère et le dénuement.

- OK. Niko, je… non. Rien. Tu vas passer le reste de la nuit ici d'accord ? Tu peux prendre mon lit si tu veux, moi je dormirais sur une couverture par terre. Est-ce que t'as faim ? Soif ? J'ai pas grand-chose à te proposer, mais je vais faire en sorte que tu manques de rien.

Niko. Je savais pas quoi te raconter d'autre. J'avais pas envie de m'apitoyer sur ton sort, ni de te renvoyer à une partie de toi-même que tu t'employais à transformer. Je ne voulais rien gâcher. Je voyais bien que tu avais changé, que tu semblais mieux dans ta peau et plus solide aussi. Ces choses là ne mentaient pas. Qu'est-ce que j'avais encore à t'apporter ? Si ce n'était de la peine et de la déception. J'en démordais pas.

Arrête. De te faire souffrir inutilement. Je te détruirais si tu restais accroché à moi. C'est ce dont je voulais me persuader. Par ma faute, c'est l'enfer que tu avais vécu. Par ma faute, Ma faute. Pas celle d'un autre. Tu ferais quoi de moi, de moi ou d'un bloc de glace…

Code by Sleepy



Perdóname. Si sueñas con otro yo, otra vida. ¿Cómo podría engañar a la muerte cuando ella sonríe? Una vez más, una noche más. Perdóname. Si el volcán profundo de mí no sale. Si la furia de los recuerdos no vuelve...
Revenir en haut Aller en bas
Tullamore ♝ Humain mais pas trop…
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 17
Points RP : 15
Date d'inscription : 12/10/2018

Cual es el proposito de todo esto ?



En désespoir de cause. C’était en désespoir de cause que je venais m’accrocher à toi, essayant en vain de t’embrasse. Espérant que je me trompais. Que tu n’étais pas en train de me repousser sur tous les fronts. Pas après tout ça. Pas après tout ce que j’avais enduré pour toi. Durant des moi j’avais refusé tes avances. Durant des mois je me faisais fureur, me protégeant égoïstement de Sven et de ce qu’il aurait pu faire. J’avais eu peu de lui, des représailles, alors je t’avais repoussé, éviter malgré ce que je ressentais, jusqu’à ce jour où tu m’as promis protection. Jusqu’à ce jour où tu m’as certifié que l’on ne me ferait jamais de mal. Tu m’as menti ! Par ta faute j’avais souffert, par ta faute j’avais morflé alors qu’avant ça j’étais à peu près bien traité. Tu n’as pas pu me protéger comme tu me l’avais promis. Mais je ne t’en voulais pas, parce que ce n’était pas de ta faute. C’était de la leur à eux. Parce que t’avais autant pris que moi, parce que cette histoire nous avait conduit au même niveau. Parce que toi et moi on ne pouvait que se comprendre. Je t’interdisais de me repousser après ça ! T’avais pas le droit de me faire ça. Tu n’avais pas le droit de me traiter comme ça. Un coup de poignard dans le cœur. Voilà la sensation de tes mots, la sensation de tes gestes. Une lame enfoncée dans mon abdomen, tu ne te contente pas de l’enfoncer, non, tu la tourne encore et encore pour bien faire mal. Comment tu pouvais me faire ça ? J’avais envie de crier, de te hurler dessus, de te frapper, j’en n’avais rien à foutre que l’on m’entende. Que l’on vienne me chercher, quelle importance ça pouvait faire à tes yeux hein ? J’étais là, j’étais vivant, devant toi, mais à l’évidence, ça ne te faisait ni chaud, ni froid. Je ne comprenais plus rien.  

Non, je ne comprenais plus rien. Plus rien n’avait de logique dans cet instant. Je n’ai rien pu dire, tu menais la danse, comme toujours. C’était toi qui décidais, toi qui dominais, toi qui commandais, c’était comme toi tu voulais. J’avais envie de te cracher ma haine en pleine gueule. Moi qui avais naïvement espéré te voir heureux de me retrouver, te voir rassurer de me savoir bien ! Curtis avait raison, je n’aurais jamais dû venir. Je ne sais même plus pourquoi je l’avais fait. Comme absorbé dans un autre monde. Je faisais abstraction de tout ce qui se passait autour. Te laissant me conduire chez toi, entrant dans ta maison, le regard vide, le cœur battant. Ce n’était plus une lame dans ma poitrine. C’était pire que ça. Tu me brisais le cœur. T’étais en train de me l’arracher à main nu. Pourquoi tu faisais ça ? Non je n’avais pas faim ! Quant à ta speudo hospitalité tu pouvais te la carrer où je pense ! Dormir dans ton lit. Seul. C’était officiel, tu me repoussais. Ca faisait mal putain. C’était violent, encore plus violent que tout ce que j’avais pu subir avec Sven. Tu pouvais parler de lui, mais là, dans l’instant, tu ne valait pas mieux que lui. Qu’est-ce que tu pouvais savoir de ce qui était bien ou non pour moi ? Ca faisait deux ans que tu ne m’avais pas vu. T’en savais rien ! Que dalle. Te tournant le dos je suis venu me passer une main dans les cheveux. Les repoussant en arrière. Faire en sorte que je ne manque de rien ? Si c’était vraiment ce que tu voulais tu pouvais commencer par arrêter de me repousser ! Par arrêter de me regarder comme si j’étais ton ennemis Sean ! Alors quoi, tu n’avais plus la difficulté de violer un putain de règlement, c’est pour ça que je ne t’intéressais plus ? Regardes-moi et dis-moi que tu ne m’aimes plus putain !  

« Alors c’est ça ? On n’est plus du même camp du coup c’est terminé ? A moins que ça soit l’absence d’adrénaline qui te manque ? Après tout ce que j’ai mangé dans la gueule pour t’avoir cédé, pour avoir couché avec toi c’est comme ça que tu me traite ! REGARDE-MOI PUTAIN !»  

C’est ça, lève la tête Rebelle ! Haut, comme tu le faisais avant. Affronte-moi, regarde-moi dans les yeux et dis-moi que c’est terminé. DIS-LE-MOI !  J’aurais voulu rester calme. J’aurais voulu ne pas m’emporter, te parler, calmement, c’était peut-être de ça dont tu avais besoin. Mais j’avais changé. Et j’avais mal. Tes mots me faisant bien plus mal que tout le reste, j’avais besoin de sortir, d’espèce, de prendre l’air, je suffoquais. Je n’avais pas la force de rester dans la même pièce que toi. Putain ça brulait Sean ! Regardes ce que tu me faisais, regardes ce que tu étais en train de faire. Tu me faisais du mal, c’était horrible. De la torture. Incontrôlable je me suis jeté sur toi, mettant en pratique tous les entrainements de Curtis. Curtis qui souriait quand je n’arrivais pas à frapper fort. Curtis qui se moquait gentiment quand je lui disais que je n’avais pas envie de lui faire mal. « Tu crois me faire peur avec tes brindilles qui te servent de bras ?» qu’il disait. Pourtant pour la première fois je tapais fort. J’avais trop mal. Mal de t’aimais encore. Mal de ne pas réussir à te détester. Crochet du droit, crochet du gauche, uppercut. Un enchainement simple, rapide, démontrant une technique que j’avais appris depuis peu. Jamais je n’avais envisagé l’expérimenter sur toi. Je n’avais pas envie de ça et je me maudissant pour ça. Mais je voulais que tu souffres, je voulais que tu ressentes ce coup dans la gueule que tu venais psychologiquement m’enseigner. Tout ce que j’avais espéré c’était te retrouver toi, c’était de te voir m’aimer comme avant, comme si rien n’avait changé parce que ce n’était pas de notre faute si notre histoire avait dû se terminer comme ça. Je ne comprenais pas Sean... Ca n’avait pas de sens.  

« Je t’en prie Mi amor... Je t’en supplie... Reviens-moi... Ca peut pas se terminer comme ça alors qu’on peut enfin être ensemble. Ils savent que je suis là, ils comprennent, YA lyublyu tebya. Tu te souviens ? T’avais pas compris la première fois que je t’ai dit ces mots. Ya lyublyu tebya. Te Quiro Sean. Ca ne peut pas se terminer comme ça.»

J’étais désespéré. Désemparé, posant une main sur ta joue, te regardant, les yeux remplis de larmes. Je refusais d’admettre que ça se termine. Je refusais l’idée de te laisser mes quitter comme ça. Toi et moi, on s’était promis. On s’était promis de s’aimer, peu importe le prix à payer, peu importe ce qu’on devait perdre ou gagner. Alors si tu ne voulais plus de moi il te suffisait de me regarder droit dans les yeux, et de me dire ces mots. Ceux que tu taisais. Dis-moi simplement que tu ne m’aimais plus, que c’était terminé, que je n’étais plus rien pour toi. Mais alors ne viens pas pleurer sur le cadavre que tu sèmeras sur ton chemin Sean. Parce qu’un cadavre brisé c’est bien tout ce que tu laisseras derrière toi. Curtis m’avait aidé, Curtis m’aimait, je le savais. Mais moi je t’aimais toi, toi Sean. Notre histoire, ces souvenirs, ça faisait partie de nous. On avait pris de gros risque à l’époque, alors pourquoi tout arrêter maintenant ? Ca n'avait pas de sens. Alors non, je ne pouvais contrôler ces larmes qui roulaient le long de mes joues. Rongé que par cette envie de venir t’embrasser, m’arrochant à toi en désespoir de cause. Vas-y mon amour, arrache cette lame que tu as toi-même plongé dans mon cœur. Arraches-là d’un coup, sec, net, et dis-moi c’est mots. Me reculant j’ai plongé mes yeux dans les tiens, te défiant, je ne te croyais pas putain... Tant que tu ne le dirais pas, je ne pourrais pas y croire. Ca ne pouvait pas être réel. Ce n’était pas possible. C’était impensable même.  

« Dis-le-moi Sean... Dis-moi que ce n’est plus ton cas, que tu ne m’aime plus, que c’est terminé... Je te crois pas putain... Regardes-moi dans les yeux et dis-moi qu’à ma différence, tu n’as pas envie de m’embrasser, là, maintenant. Mais saches que la peine que t’es en train de me faire est bien pire que tous les sévices que j’ai enduré aux côtés de Sven. Tu viens de me tuer Sean. Vis avec cette idée maintenant, toi, qui prétendait m’aimer plus que tout. Parce que sans toi, même le plus pur des oxygènes s’en retrouve pollué. C’était toi mon souffre, mon oxygène, alors sans toi j’suis plus rien. Autant m’achever maintenant.»  



NΞRIOИ



THE WORST IN ME
Is there nothing left to keep myself awake? To keep the walls from caving in when all they ever do is try to bend and break. Is there forgiveness in the end ? I need relief, a failure's coming on. Just breathe in deep, it's taking far too long...
Revenir en haut Aller en bas
♦ Humain ♦
survivant des limbes
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 179
Points RP : 56
Date d'inscription : 09/10/2018



"¿Cuál es el propósito de todo esto?"

Hasta la victoria siempre - Comandante



Tu vois Nikolaï, c'est pour ne plus jamais me sentir aspiré par le vide creusant ton regard que je voulais te renvoyer d'où tu venais. Quoique tu puisses croire et en penser, ta place ne se trouvait plus à mes côtés. Regarde un peu autour de toi. Regarde ! Puis maintenant sois honnête, et dis moi ce que tu voyais. C'est vraiment comme ça que tu espérais passer le restant de tes jours ? Dans cette maison froide, ce taudis.

Un endroit qui ne te ressemblait pas. Parce-qu'après le manoir, tu méritais mieux que ça. Tellement mieux. Et retirant mon blouson, je venais le suspendre au dossier de la chaise se trouvant en bout de table. Des bancs complétant l'ensemble. Mais dont l'usure du bois rendait juste le fait de s'y asseoir inconfortable au possible. Sauf si on voulait se casser le cul. Un bois dur, rugueux. Un peu comme je devais paraître l'être à ton égard à cet instant même. Pour ton bien. Pour continuer à te préserver de ce mal qui me rongeait de l'intérieur et me tuait. Pour ne surtout pas t'imposer une vie de misère, dans la peur. Que tu comprennes ou pas ne changeant plus rien à la donne. On nous avait tout pris. Tout.

Jusqu'à cette complicité qui nous unissait. Rompant ce lien indéfectible qui faisait de nous des êtres uniques, des hommes amoureux. Sur un pied d'égalité. J'y tenais. Ils avaient tout cassé. Tout brisé, réduit en morceaux. Avec une telle violence que même poser les yeux sur toi m'en devenait presque douloureux. Dios mío, perdóname mi amor. La vérité c'est que ta présence ici, devant moi, tes larmes coulant et dévorant tes joues me renvoyaient à des choses que j'essayais désespérément d'oublier. Aussi dégueulasse que ça puisse te sembler rien entre nous ne serait plus jamais pareil. L'amour ne nous sauverait pas. Pas cette fois encore. Je t'aime pourtant tu sais. Je t'aimais putain. Si fort. Que de nouveau ma poitrine se comprimait. Me faisant vaciller sous la décharge électrique.  Mon cœur ratant des battements avant de se remettre à pulser furieusement. Me forçant à baisser la tête, mon bras se levant et ma main s'apprêtant à venir se poser sur mon torse lorsque tu me recollais ton poing dans la gueule. M'envoyant cette fois-ci valdinguer dans le décor sous l'effet de la surprise. Ailleurs, planant à dix mille. Alors que toi, tu me décrochais une droite. Le tout suivi d'un déferlement de coups me séchant littéralement. Mon corps heurtant lourdement le mur, et mes jambes menaçant de plier sous mon propre poids. Un rideau d'étoiles s'abattant dans la pièce.

C'est con tu vois. J'aurais pu t'en vouloir, riposter. Te hurler de dégager. De repartir rejoindre ta famille, plutôt que de me sentir fier du chemin que tu avais parcouru. Heureux de constater qu'on t'avait appris à te défendre et à t'affirmer. Qu'un autre que moi ait su prendre le relais. C'est ça. Ne te laisse plus jamais faire, soi le seul maître de ton destin et abats chaque obstacle venant se dresser devant toi. De sorte que je souriais. De cette manière dont je t'avais toujours souri. Tu frappais fort… si bien que je m'accroupissais.

- On a pas couché ensemble Niko, on a fait l'amour. C'est différent. Et tu resteras le premier, rien ne pourra jamais changer ça. Puis toi et moi, on était déjà pas du même camp du temps du manoir. Ça nous a pas empêché de nous aimer, parce-que je t'aimais...

T'obéissant, je levais la tête. Les yeux trop brillants et le nez pissant le sang. Le dos de ma main appuyé dessous, te regardant enfin. Bien en face. Même si ça me coûtait. Restant doux dans mes attitudes, protecteur. Tout ce que je souhaitais, c'était ton bonheur. Et ce bonheur là ne portait plus mon prénom. Fais toi une raison. Puis s'il le fallait, j'allais donc mettre des mots sur ce qui nous arrivait.

- Je t'aime Niko. Je t'aime tellement… mais c'est fini depuis longtemps déjà. Tu vas rentrer chez toi et reprendre le cours de ta vie.

Mais avant, tu devais entendre certaines choses. Te confronter à la réalité, celle que j'endurais. Celle qui nous séparait. Irrémédiablement. Sur quoi, je me remettais debout. Ma vision s'éclaircissant assez pour me permettre de reprendre mes marques. Tais-toi maintenant. Laisse moi parler. Arrête de me supplier. Je ne changerais plus d'avis, à toi de savoir l'accepter.

- Arrête ! C'est ça que tu veux ? C'est ça… t'as vraiment envie de t'allonger tous les soirs à côté d'un mec qui ne supportera pas que tu le touches ? Tu crois que tu pourras gérer mes insomnies ? Que ce sera facile de m'entendre hurler la nuit parce-que j'aurais fait un cauchemar…  et que je me mettrais à me débattre dans mon sommeil au risque de te blesser ? Tu pourras te contenter de me regarder sans avoir envie de poser tes mains sur moi ? Tu te sens capable de tout ça peut-être ? De me calmer quand j'aurais pas trouvé ma dose ? De me voir boire jusqu'à en gerber ? C'est ça la vie qui t'attend avec moi. Et pour le coup, ce sera plus moi celui qui doit protéger l'autre !

Polaris ne comprenait rien ! Toi non plus d'ailleurs, si j'en croyais la main qui se posait sur ma joue. La tienne. Une main que je n'avais plus la force de repousser. Fatigué. Usé jusqu'à la moelle. Et au bout de tout, je t'attirais contre moi pour te serrer entre mes bras. Dans une dernière étreinte. Me faisant violence. Prenant sur moi pour ne pas me mettre à trembler à ce simple contact. Les mains moites. La respiration sans doute un peu trop bruyante. En sueur. Ton odeur attisant toutes mes craintes et compulsivement, j'agrippais ton visage.

- Je viens de te le dire. Te quiero mi amor. Te quiero.

Te relâchant quand tu reculais. Par contre non, je n'éprouvais plus du tout les mêmes désir que toi. T'embrasser m'étant impossible. J'étais désolé putain. Je voulais pas ça. Je voulais pas. Tes larmes me brûlaient les mains. Tes paroles me blessant. Mais…

- Je n'ai pas envie de t'embrasser, j'ai plus envie de rien. Avec personne. Je regrette, je voudrais mais je peux pas te donner ce que tu espères de moi. S'il te plaît, reste. Je sais que t'as mal, que tu souffres et que tu m'en veux, mais reste jusqu'à demain…

Moi aussi j'avais de la peine. Tu n'avais pas le droit de me dire que je venais de te tuer, ni que j'étais pire que Sven. C'était dur. Trop dur pour que j'arrive à le surmonter. Trop dur à entendre ou à supporter. On m'avait abusé Nikolaï. On m'avait conditionné et violé, frappé, encore et encore et encore. Sans que ça ne s'arrête jamais. Comment tu voulais que je me défasse de ça, comment ! Comment tu voulais que je puisse me reconstruire après ça. Contrairement à toi, on ne m'avait pas aidé à aller mieux.

Je vivais dans la terreur. Persécuté par des souvenirs, alors ne me déteste pas. Et reste. Reste avec moi, jusqu'à ce que les ombres de la nuit se dissipent et que j'ose de nouveau sortir à l'extérieur.  Pour aller ailleurs que chez Alejandro. Je n'ai jamais prétendu t'aimer plus que tout, c'est juste la vérité. Sincère. Un homme entier. Qui donnait tout, et qui ne s'engageait pas à la légère.  Aujourd'hui encore...


Code by Sleepy



Perdóname. Si sueñas con otro yo, otra vida. ¿Cómo podría engañar a la muerte cuando ella sonríe? Una vez más, una noche más. Perdóname. Si el volcán profundo de mí no sale. Si la furia de los recuerdos no vuelve...
Revenir en haut Aller en bas
Tullamore ♝ Humain mais pas trop…
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 17
Points RP : 15
Date d'inscription : 12/10/2018

Cual es el proposito de todo esto ?



Tes mots étaient durs. Tellement durs. Mais d’un revers de main j’ai essuyé les larmes. Ca ne servait à rien de pleurer, je le voyais bien que tu ne changerais pas d’avis. Je le voyais bien que tu te persuadé d’illusion, de choses fausses, de choses connes. Tu ne savais rien Sean. Tu ne voyais rien. Tu pensais bien faire mais t’agissais comme un con putain. Et c’est ça qui faisait mal. C’était ça qui me foutait hors de moi. T’avais été brisé, ok, je le comprenais. Mais tu n’étais pas le seul ! Non je n’avais pas été violé. Mais battue oui. Est-ce que tu sais ce que ça fait que de s’endormir dans sa propre chiasse, dans sa propre pisse ! Parce que la chiasse, c’était ce que j’avais. Parce que j’étais mal nourrie, parce que des fois je n’avais rien à boire, rien à manger ! Et que la seule chose que je pouvais faire pour survivre c’était de boire même pisse dans laquelle je m’endormais. Alors arrêtes merde. Arrêtes de te croire tout seul dans ta condition. Moi aussi j’ai vécu l’enfer, mais j’essaye de m’en sortir. Toi tu ne fais que de te noyer dedans. Tu sombre, encore et encore, et tu ne laisses personne t’aider. Aucune porte de sortie, rien, que dalle ! Putain de fierté. Il est passé où le rebelle qui m’avait fait rêver ? Ce mec qui se battait pour ne pas crever ? Il est passé où ! Et tu vois, c’est ça qui me fout la rage. C’est ça qui me fous hors de moi et c’est pour ça que je te frappe. Parce que je voudrais te voir réagir, je voudrais te voir j’en sais rien. T’es brisé Sean. T’es cassé en mille morceau et tout ce que tu trouves à faire c’est me repousser ? Sérieusement ? Désolé de trouver ça complétement débile. Si je n’avais été rien, je comprendrais. Mais ce n’est pas le cas. Je t’écoute et plus je t’écoute plus j’ai envie de te secouer dans tous les sens. Redescends sur terre merde ! T’es en train de les laisser gagner ! Se sont eux qui gagnent ! Et toi tu perds. Tu perds tout… Même les gens qui t’aime. Alors non. Tu ne sais rien Sean.

Essuyant une dernière larme j’ai pris sur moi. Vraiment. J’ai pris sur moi pour ne pas la passer cette porte. Tu ne voulais plus de moi ? C’était terminé ? Bien ! Mais t’aider c’était mon droit. C’était mon choix Sean ! Mon choix ! A moi. Et ça tu ne me le retireras pas. Je t’interdisais de le faire. C’était ma liberté de le faire. De le prendre. Que tu le veuille ou non. Et j’en n’avais rien à foutre que ça te plaise ou non. Fixant cette veste que tu avais posé. Je m’en suis approché, l’attrapant sans te demander ton avis, allant chercher dans tes poches pour en sortir un sachet. J’ai soupiré. Vraiment ? Tu voulais crever ? Il fallait viser la bonne veine pour ça, la bonne dose, et enfoncer l’aiguille, bien au fond pour ne pas se manquer. Ca demander des couilles Sean. Et des couilles, t’en n’avais plus. A quoi tu jouais ? C’était ça ton truc ? Te tuer à petit feu ? J’appelais ça un appel au secourt moi. Et crois-moi, le monde des junkys je le connaissais trop bien pour savoir de quoi je parlais. Me passant une main dans les cheveux je me suis tourner vers toi. T’étais vraiment trop con je te jure. Ca me faisait de la peine de voir ce que tu étais devenu. Ca me faisais de la peine de voir que… J’en sais rien, tu pensais me protéger, me préserver en me foutant hors de ta vie et hors de ta réalité. Ca me foutais en rogne, t’avais pas idée. Mais je te l’ai dit Sean. Je t’aime ! Je t’aime à en crever. Je t’ai dans la peau bordel ! Et c’est hors de question que je sois témoins de ta propre destruction sans rien faire ! Enfonces toi ça bien dans le crâne ! Si tant est que t’es encore quelques neurones fonctionnels. Hijo de Puta. Cabròne. Je te croyais plus intelligent que ça. J’ai eu tort. Vraiment. T’étais trop bas. Vraiment trop bas. Tu voulais que je reste ? Alors va falloir m’affronter. Mais surtout affronter le mal que tu me fais et l’assumer. Parce que du mal tu m’en faisais Sean. T’avais pas idée comme ça faisait mal putain.

« C’est ça qui me sépare de toi c’est ça ? C’est pour ça que tu veux me sortir de ta vie ? J’ai passé des années avec une junky Sean. Des années à tenter de l’aider. T’es vraiment trop con putain. Tu veux me tenir à l’écart ? Ok. Demain je sortirais de ta vie vue que c’est ce que tu veux. Mais ce soir je suis là. J’ai quoi ? Sept heures pour te prouver que t’es en train de faire la pure connerie de ta vie. La pire. Tu nages en plein délire Sean. Ca ? Ca te rends pas rationnel. Tu veux te tuer ? Saute d’un pont, fous toi une balle dans le caisson. Ca sera plus radicale. »

Et crois-moi je savais de quoi je parlais. Je t’ai tourné le dos, cherchant la salle de bain, y pénétrant sans rien te demander. Tu voulais que je fasse comme chez moi ? Parfait, j’allais faire comme chez moi. Balançant le sachet dans la chiote. Détestes moi, mais c’était pour ton bien. La cock ça ne devait pas courir la rue par les temps qui court et j’étais curieux de savoir quel fils de pute te la refourguait. Et crois-moi que je me suis promis de le trouver et de lui faire sa fête. Tu me faisais chier Ezederna. Vraiment. Tes mots m’avaient fait mal. A moi de te rendre la pareille. T’avais besoin de moi et tu refusais de le voir. Alors parfait. Restes dans ton délire. Je suis sorti de la salle de bain allant fouillé dans une armoire pour en sortir un duvet. Il était hors de question que je dorme dans ton lit. Pas si tu n’y étais pas, pas si tu refusais de venir ne serait-ce que t’allonger à côté de moi. Balançant le duvet dans un coin, je me suis allumé dessus, m’allumant une clope. Qu’est-ce que tu voulais que je te dise de plus ? Que je fasse de plus ? Tu ne voulais pas de mon aide, tu ne voulais pas de moi dans ta vie. J’avais essayé. Tu m’avais repoussé. C’était comme ça. Je prenais simplement sur moi pour ne pas pleurer, pour ne pas m’effondrer, mais j’avais mal. Putain, j’avais mal. C’était douloureux. Douloureux de savoir que tu pouvais m’éloigner de toi aussi facilement, comme ça, d’un simple geste. Juste parce que tu l’avais décidé. C’était injuste. C’était égoïste. Mais tu étais borné et je ne pouvais rien faire. Tirant sur ma clope, nerveusement, ma main tremblait. Tu étais là, en face de moi, et tu m’interdisais de te toucher, tu m’interdisais simplement de t’aimer. C’était cruel. C’était injuste. J’étais vivant, j’étais là, devant toi. Mais tes réactions étaient tellement différentes de ceux à quoi je m’étais attendu. J’aurais voulu que tu me prennes dans tes bras, que tu me souris, que tu me dises que… Je ne sais plus ce que j’aurais voulu en réalité.

« T’as de l’alcool au moins ? Non parce que là tu vois faut que j’avale la pilule. »

Et crois-moi, elle était bien coincée dans la gorge. Elle m’étouffait, m’empêcher de respirer. Me bourrer la gueule c’est tout ce qu’il me restait. Finir fin saoul, vomir mes tripes et juste me déclencher un black out monumental pour oublier cette soirée. Pour l’effacer de ma mémoire, me réveiller demain en me demandant ce que je foutais là. C’était ce que je voulais. Ca aussi tu allais me le retirer ? Ou tu pouvais au moins me donner ça ? Restant assis contre ce mur, n’osant même plus te regarder, n’osant même plus lever les yeux en ta direction. C’était douloureux. J’ignorais si tu t’en rendais compte, mais tu me faisais un mal de chien. Ta tentative était éhontée Sean. Tu foirais tout. Tu pensais me préserver de je ne sais quoi, ce à la place de quoi tu me détruisais. Enfonçant une lame dans mon cœur, profondément. Tu me tuais à petit feu comme tu te tuais toi, lentement. Peut-être bien que c’était ce que tu cherchais à faire vas savoir. Oses encore me dire que tu m’aimais après ça. Je ne te croyais pas. Je ne te croyais plus. On ne brise pas les gens qu’on aime. On… J’ai senti les larmes me remontaient aux yeux. C’était plus fort que moi. Plus fort que tout.

« Puis merde vas te faire foutre. Faut que je sorte d’ici. Ouvres la porte. »

Ouvres la porte. Celle que tu avais fermé à clé. Celle que tu avais verrouillé, m’enfermant là, chez toi, avec toi. Toi qui ne voulais plus de moi. Toi qui me rejetais. Comment tu osais me demander de rester. Fallait que je sorte. Je me suis énervé contre cette porte, tirant sur la poigné. Désespéré. Je refusais, je refusais de pleurer devant toi, je refusais de te donner raison. Je refusais que tu me vois comme ça. J’aurais voulu. Vraiment. J’aurais voulu ne rien te montrer. Faire comme si je m’en foutais. Mais c’était trop dure. Trop compliqué. Je suffoqué. J’angoissais. Je manquais d’air. La pilule elle passait putain. Ca passait pas ! Respirant fortement, ça ne voulait pas. Ca ne voulait plus. L’oxygène ne descendait pas dans mes poumons. Pris d’une crise d’angoisse. Incapable de me calmer, incapable de me détendre. J’en suis venu à rallumer cette montre, voulant son aide, voulant qu’il vienne me chercher. Lui comprenait, lui écoutait. Ouvre la porte putain ! T’avais pas le droit de me séquestrer ! T’avais pas le droit de m’enfermer ! T’avais pas le droit de me faire ça. Regardes ce que tu fais Sean… Regardes et assumes… Assumes ta propre connerie et ton propre refus. J’avais mal… Mal putain !



NΞRIOИ



THE WORST IN ME
Is there nothing left to keep myself awake? To keep the walls from caving in when all they ever do is try to bend and break. Is there forgiveness in the end ? I need relief, a failure's coming on. Just breathe in deep, it's taking far too long...
Revenir en haut Aller en bas
♦ Humain ♦
survivant des limbes
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 179
Points RP : 56
Date d'inscription : 09/10/2018



"¿Cuál es el propósito de todo esto?"

Hasta la victoria siempre - Comandante



Repose cette veste Niko !

Tu n'avais aucun droit sur moi, aucun. Putain. Mais qu'est-ce que tu croyais ? Je sais pas. Peut-être qu'après deux ans à te pleurer et puis à te croire mort, tu t'attendais à ce qu'on passe notre première nuit à faire l'amour comme si de rien n'était.

Comme si rien de tout ça ne s'était passé. Comme si on ne s'était jamais quitté. Ou qu'il te suffirait de te pointer. De venir frapper à ma porte et de lever la main sur moi pour me faire entendre raison. Pas que je craigne les coups. J'en avais tellement reçu. Juste qu'au fond, je crois qu'un tel geste venant de ta part à toi me choquait beaucoup plus que je ne voulais bien l'admettre. Sauf qu'en agissant comme ça tu ne m'aidais pas. Au contraire.  Tu me foutais un peu plus dans la merde. Parce-que c'est moi qui devrait aller sucer les boules de mon dealer et toi,  tu ne savais pas ce que ça me coûtait de me procurer mes doses. Des services qu'il me forçait à lui rendre en échange. De ce que j'en étais réduit à trafiquer pour le payer, bien sûr que non. D'ailleurs, personne ne s'en doutait. Même pas Alejandro. La peur de le décevoir me tordant le ventre. Il comptait. Son avis, les sourires qu'il m'adressait, toute son humanité, sa chaleur, cette main qu'il gardait toujours ouverte et tendue dans ma direction. Qu'importe que je puisse lui hurler dessus et le repousser. Il était présent. Et ça suffisait, alors tu ne réalisais pas je crois.

Tu ne réalisais vraiment pas. Ma came, j'en avais besoin. Comme de son estime à lui. Pour survivre un jour de plus. Pour respirer, pour ne pas suffoquer. Pour ne plus sentir tout mon corps se tordre et se contorsionner dans des crises de manque. Lo siento. Désolé de te décevoir. Mi culpo a mi mismo. Je m'en voulais de ternir tes souvenirs. D'abîmer cette image de petit rebelle à laquelle tu te raccrochais. Avec mes cheveux longs, mon cuir et mes bijoux. Ce jeune mec au sourire infaillible, et que rien ne pouvait effacer de ses lèvres. La rage au cœur. Trop fougueux et persuadé qu'à la fin les gentils gagneraient contre les méchants. Perdoname mi amor. De ne plus être celui que tu espérais retrouver. Seulement, j'avais grandi. Comme nous tous. J'étais devenu un homme, avec ses fêlures et sa part d'ombre.

Et ne touche pas à ça ! Mierda de mierda. Repose cette foutue veste maintenant. D'où tu te permettais de fouiller mes poches ? Que je sache, ça ne te gênait pas que je me shoote du temps du manoir. Atterri Niko. Ça ne venait pas d'arriver. Addict, je l'étais depuis déjà plusieurs années. Depuis que je m'étais pris une balle et que j'avais fini à l'hosto. Arya à mon chevet. Arya qu'on avait tué, elle aussi. Cette fille je l'aimais tellement. Comme toi. Après je dis pas. Sûrement que ta démarche partait d'un bon sentiment. Que tu pensais bien faire.

Le problème, c'est que de mon côté je n'avais plus l'ouverture d'esprit nécessaire pour l'accepter. En fureur. Luttant désormais contre l'envie de te sauter à la gorge pour t'arracher le sachet de poudre que tu venais de sortir de ma poche. Rends-le moi.

- Non, c'est pas ça d'accord ! C'est pas que ça. Je suis peut-être trop con, mais toi t'as toujours été trop naïf. Puis qu'est-ce que tu sais encore de ma vie ? T'es qui pour me jeter à la gueule que je fais une connerie ! Hein ? Tu t'es jamais posé la question avant aujourd'hui de savoir si j'allais bien. T'étais où Niko ? T' ÉTAIS OU !!! J'ai voulu crever pour toi… écoute, je regrette ce qui t'est arrivé. Je m'en veux. Si j'avais pas défié Sven, si je m'étais pas amusé à graffer des slogans anti-vampires et à t'inventer des jeux de pistes, on n'en serait jamais arrivé là. J'espère sincèrement que tu sauras me pardonner pour tout ça. J'aurais pas dû. Puis comme tu le dis toi-même, ta junky tu as tenté de l'aider et elle est morte. Trouve toi un mec gentil qui prendra soin de toi. Loin de toute cette merde…

Loin de toute cette merde que je remuais autour de moi. Me débattant comme je pouvais pour ne pas couler, supportant très mal ta déception.   Tout allait trop vite. Tout entre nous était trop brusque, trop rude. Le bruit de la chasse d'eau que tu tirais après avoir balancé mon sachet de poudre dans les chiottes, finissant de me faire complètement vriller. Si bien que pris de panique, j'entrais à mon tour dans la salle d'eau. Rien de beau, rien de propre, juste de la récupération. Une douche, une vasque fendue et la dite cuvette, dont je me dépêchais d'arracher le couvercle du réservoir d'eau. Déglinguant littéralement le mécanisme de la chasse dans l'espoir d'enrailler le débit de flotte formant comme un siphon autour de mon sachet. Trop tard. Du coup, je m'agenouillais devant. Envoyant les mains au fond de la cuvette pour essayer de le choper et l'empêcher de partir. En vain. Glissant ensuite mes doigts mouillés dans mes cheveux. Fixant la surface de l'eau.

- Mais pourquoi t'as fait ça… joder, vete a tomar por el culo…

Putain, va te faire foutre. C'est ce que je disais, en jurant. Pas contre toi, mais juste de manière générale. Parce-que jamais je n'oserais ou je ne me permettrais de te manquer de respect. Pas à toi. Puis je me relevais, te rejoignant dans ma chambre. Te retrouvant assis par terre, sur mon duvet. Dans un coin. Occupé à tirer sur ta clope. Et puisque j'en étais réduit à te rendre aussi mal, j'en arrivais à me dire que tu ne devais pas avoir tort. Qu'en effet, me tirer une balle dans le caisson pourrait être la meilleure solution. Ou sauter d'en haut d'un pont. Tu crois que ça faisait quoi de se sentir tomber ? Si ça pouvait te soulager, alors pourquoi pas. Niko, plus rien ne nous sauverait.

Quand bien même tu aurais entièrement raison en prétendant que je nageais en plein délire. Que la coke ne me rendait pas rationnel. Sauf que cette réalité que tu incarnais et que tu défendais, à cris et en larmes, je la fuyais comme la peste. Me rappeler de ce passé qu'on avait en commun m'hallucinant. Tout ce que je voulais moi, c'était endormir les émotions qui me secouaient.

- De l'alcool… sí, tengo. Pero no para ti.

Ouais. J'en avais. Mais pas pour toi, tu avais causé assez de dégâts comme ça. Je voulais la paix. Que la nuit se termine vite et dans le calme si possible. Que tu rentres chez toi. Retrouver ces gens que tu considérais comme ta famille, en sécurité. Loin de moi. Loin de mes cris, de mes passages à vide, de mes crises de mutisme ou de violence. Loin tout court. Mais d'un coup, tu t'agitais. Alors qu'à contrario, toute énergie vitale me quittait. J'avais besoin de m'allonger. De me reposer. Toujours dans ce même état latent d'épuisement, du soir au matin. Me dire que ça allait passer ne servant juste qu'à me rassurer. Niant l'évidence, celle qui voulait que quelque chose n'aille pas. Puis, tu te jetais sur ma porte. Hystérique. En furie. Mi palabra, querías que nos mataran. Arrête tes conneries. Tu ne sortirais pas d'ici avant le levé du jour, raison pour laquelle je t'empoignais. Te repoussant au centre de la pièce sans douceur. Les yeux descendant de ton visage à ton poignet, affolé. Le doigt pointé vers toi. Éteins ce truc !  Riverdall, c'était ma maison putain. Mon chez moi. Ne détruis pas ça, ne demande pas aux tiens de venir te récupérer. Au détriment de ces gens qui m'avaient recueilli, donné une place, traité en égal et auxquels je devais tout.

TOUT !!

- C'est quoi cette montre que tu viens de rallumer ? Je te préviens Niko, si les tiens se pointent ici ça finira en bain de sang. Démerde-toi ! Fais comme tu veux, mais dis leur que demain matin tu seras de retour et que tout va bien.

Reculant d'un pas, je laissais mon bras retomber contre mes hanches.  Me mets pas en porte-à-faux. Le dos trouvant appui contre la porte lorsque mes jambes me lâchaient et que je me retrouvais le cul par terre. Une loque humaine à tes yeux. Sans couilles. Plus du tout le jeune rebelle prêt à tout que tu avais connu, mais juste un homme fatigué. Et la tête lourde, mon front tombait sur mes genoux après que j'ai plié et ramené mes jambes contre mon torse. Mes doigts se croisant sur mon crâne. Enveloppé.

Inspirant et expirant, les mains tremblantes. Nerveux. Me contenant uniquement parce-qu'il s'agissait de toi. Pardonne-moi Niko. Pardon. De ne plus voir le monde se refléter dans tes yeux et de penser à lui. Malgré moi. Perdu.

- Demain matin, on profitera du roulement entre les veilleurs de nuit et la relève pour sortir de Riverdall. D'accord ? S'il te plaît. Je voulais pas ça. Je t'aime. Mais y'a trop de trucs qui nous séparent, c'est trop compliqué...

Et je ne te parlais pas de la Coalition ou de Polaris. Je te parlais de nous,  Rien que de nous...


Code by Sleepy



Perdóname. Si sueñas con otro yo, otra vida. ¿Cómo podría engañar a la muerte cuando ella sonríe? Una vez más, una noche más. Perdóname. Si el volcán profundo de mí no sale. Si la furia de los recuerdos no vuelve...
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé

Revenir en haut Aller en bas
Cuál es el propósito de todo esto?▲Feat. Nilolaï
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» les popples fruit
» You, alive ? Haha. Ϟ feat. Eun Ae
» Un p'tit coup vite fait, bien fait [PV: Jessica StJames feat Yitzhak Anavim]
» Curiosity is a bad sin ! feat. Heath
» La fille qui criait au loup feat Kim Jae Hwa

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
The Island Of the Damned ::  :: Les Limbes :: Riverdall-
Sauter vers: