The Island of the damned est un forum post Apocalyptique rassemblant un grand nombre de créatures surnaturelles.
 

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 Cuál es el propósito de todo esto?▲Feat. Nilolaï

♦ Humain ♦
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"¿Cuál es el propósito de todo esto?"

Hasta la victoria siempre - Comandante



Lueur morbide. Au bout de ce tunnel qu'il me fallait retraverser nuit après nuit. Pour finalement me réveiller en sursaut au cœur de ce même cauchemar qui ne me laissait plus un instant de répit. Assis dans mon lit. Seul. Ne supportant plus qu'on m'approche ni qu'on me touche. Les cicatrices déchirant l'intérieur de mes cuisses continuant de me causer des douleurs artificielles.

Mais bien trop profondes pour que je puisse me permettre de les ignorer. Perdu quelque part entre les ombres du passé et les lueurs d'un jour qui tardait à se lever. Me laissant terrorisé, sans aucun bras pour me rassurer. Mort. Vide à l'intérieur. Rien qu'une coquille vide, incapable de se laisser aimer ou d'accepter qu'on lui vienne en aide. Pas fragile. Indestructible. Un verdadero guerrero.  Pourtant, je suffoquais. Manquant d'oxygène. Pris à la gorge. Leurs corps à tous bougeant au centre du mien. En panique. Leurs éclats de rire m'écorchant et me giflant avec une force me couchant à terre. Et toujours ces foutues larmes que je retenais, dans un aveu de faiblesse. Si loin de l'homme que j'avais pu être. Ce garçon souriant qui te fascinait. Un rebelle. Épris de liberté. Une loque ayant fini suicidé devant ton portrait. Parce-que je t'aimais putain. Au point de rester. Une promesse ça se tenait. Tu le sais toi que je n'avais qu'une parole. Niko, Niko, mon Nikolaï. Droit. Les pieds fortement ancrés dans le sol. Pas de ceux qui s'engageaient à la légère. D'une fidélité à toute épreuve, l'âme pure. Tu étais le premier. Celui qui m'avait initié, le seul qui m'avait porté plus haut que je n'espérais aller. Sauf qu'ils t'avaient tué. Pris et arraché à cet amour soudain que tu m'avais inspiré. Encore que. Je ne savais pas jouer. Tout était vrai. Du début à la fin, entre-nous. Mi amor. Perdóname…

Je m'en voulais. De t'avoir perdu de vue. De les avoir laissé te faire du mal et de ne pas avoir été assez fort pour nous sauver tous les deux. Je t'avais trahi et pour ça, je ne me trouvais aucune excuse. Puis d'un coup, ça partait. Incapable de retenir le flot de sanglots s'échappant de ma gorge. Honteux. Enfouissant mon visage dans l'épaisseur de la couette pour les étouffer. Ne supportant plus de m'entendre. Le dos courbé, plié et replié sur moi-même. Les jambes en tailleur et les doigts agrippé au tissu. Secoué. Presque étranger à mon propre corps. Un corps que je ne supportais plus, apprenant à lentement le détester et à le cacher. Une nouveauté. La pire de toutes, la plus humiliante. Qui voudrait encore d'un mec sur lequel des dizaines d'hommes étaient passés ? J'y arrivais pas. J'en pouvais plus et à contrario, lâcher prise me paraissait juste impensable. Es muy duro sin ti. Es demasiado difícil no saber en qué te has convertido. Nikolai.

Puis comme d'habitude, je me levais. Pour mieux courir m'agenouiller devant la cuvette des chiottes. Regarde ce qu'ils ont fait de nous. Il ne reste plus rien. Rien d'autre que des brisures, des éclats auxquels on se coupe à chaque fois qu'on essaye de les ramasser. C'est pour ça que je suis sorti. Dans la nuit. Noire. Effrayante. Une nuit au sein de laquelle je ne me sens plus en sécurité. Après avoir pris une douche. Chaude, pour ne pas dire brûlante. Le besoin de voir rougir ma peau me possédant au-delà de la raison. Il fallait que je les chasse. Que je me détache et que je m'en débarrasse. Que je m'anesthésie. La tête et le corps. L'esprit, et que je repousse au loin les mains qui m'attrapaient. Cinglé. Trop blessé pour espérer pouvoir réparer. Alors je marchais. Jean, baskets, sweat blanc et mon cuir. Avançant comme un fantôme téléguidé. Les cheveux retombant sur mes épaules. Les yeux fiévreux. Respirant bruyamment.  Abîmé.

Il fallait que j'aille le trouver. Pour lui parler. Alexander. Du coup, je prenais le chemin conduisant chez lui. Même si ce gars me flippait, tant il soulevait de drôles de trucs en moi. Me transperçant de sa lucidité. C'est là que je croyais te voir. Niko. Mon rythme cardiaque se figeant un court instant, et repartant subitement à la hausse. Je devais pas y voir clair. Ou à force de me camer, je délirais. Virant paranoïaque en plein. T'étais là. Sous mes yeux. Mes paupières collantes et les pupilles remplies d'un sel les piquant.

Et comme aspiré en arrière, je reculais. Toi me tournant le dos tandis que je ramassais une pierre. De taille moyenne. Persuadé qu'elle te traverserait sans te toucher. Puisque tu étais mort. Puisque toi aussi tu m'avais laissé, abandonné, puisque face à ton portrait je t'avais fait mes adieux. Avec une prière, celle que j'avais récité avant de me suicider et que je marmonnais ici, entre mes lèvres.

- ‘Dios te salve, María, llena eres de gracia, el Señor es contigo, bendita tú eres entre todas las mujeres y bendito es el fruto de tu vientre, Jesús... Santa María, Madre de Dios, ruega por nosotros, pecadores, ahora y en la hora de nuestra muerte...

Tout allait de mal en pis Nikolaï. Refermant les doigts de ma main libre sur la croix ne quittant jamais mon cou, je te visais. Tout en pinçant les lèvres. Des lèvres blêmissant à vue d'œil. Disparais. Tu n'existais pas. C'était juste mon imagination, c'est ça. Tu me manquais. Donc, par défaut je t'inventais. Sur quoi, je te matraquais à coups de pierres. Sauf qu'elle ne te passait pas au travers et que comme un con, je me décomposais. Lèvres entrouvertes. Bouche sèche, le vent faisant voler des mèches de mes cheveux dans les airs. Les yeux humides. Te voyant flou et devinant ta silhouette au travers d'un rideau de larmes incapables de couler. Stagnant sous mes paupières.

Merde… je voulais pas te faire de mal. Excuse-moi. M'en veux pas. Merde, merde, merde. Glissant mes doigts dans mes cheveux, je dégageais mon visage. Mes traits se durcissant aussitôt. Les sourcils froncés. C'était quoi ce bordel ?

Pas bien, je recommençais à frissonner. Tu ne pouvais pas être là, vivant. Et j'aurais voulu hurler, comme toujours. Hurler, puis encore revenir à moi. Me réveiller en sursaut. Bien à l'abri dans mon lit, enfermé dans ma chambre. Au lieu de quoi je ne tenais plus debout que par miracle. Les bras retombant trop lentement le long de mon corps. Aucun élan ne me poussant vers toi, lo siento mi chip...

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abajo donde los pasos son fríos , donde la luz no existe, ahí es dónde quieres estar, te sientes molesto, encuentra tus esperanzas y tus sueños abandonados, ahí es dónde se encuentra tu propósito...
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Cual es el proposito de todo esto ?



« Fais pas ça Niko, s’il te plait. J’vais dire à O’Brian que je pars pas, je vais lui demander d’engager un autre gars à ma place. Mais n’y vas pas. »
« Arrêtes Curtis. Je t’avais pas demandé de m’oublier putain ? T’y étais pas toi là-bas, tu sais pas ce que j’ai vécu. Tu sais pas toi, alors arrêtes. Je dois y aller, je dois savoir, je dois comprendre. »
« Mais à quoi ça va t’avancer de risquer ta vie pour des réponses ? »
« A avancer putain ! Je l’aimais, tu peux comprendre ça ? Je l’aimais, j’ai pris des risques pour lui, j’ai trinqué pour lui et lui qu’est-ce qu’il a fait ? Il s’est tiré sans se soucier de savoir si j’étais encore là-bas ! Je veux savoir pourquoi. Je… »

Nerveusement j’ai balancer un T-shirt dans le sac que j’étais en train de faire, Curtis venant poser une main délicate sur la mienne pour me calmer. La veille je lui avait demandé de m’oublier, mais pourtant il était là, me demandant de rester, essayant de me protéger contre je ne sais quoi. Mes envies ? Mes choix ? De moi ? Je l’ai simplement laissé faire alors qu’il est venu me prendre dans ses bras, une main plaquée dans mes cheveux, je l’ai laissé faire, non pas parce que j’allais changer d’avis, mais parce que ça me rassurait. Parce que ça me faisait du bien. Je crois que jamais plus je n’arriverais à aimer comme je l’avais aimé lui, je pense que jamais personne n’arrivera à le remplacer malgré tout ce que j’ai subis pour lui, mais pourtant je n’avais pas envie de me fermer, plus maintenant alors qu’après deux ans j’allais enfin l’affronter. Depuis quelques mois je me sentais enfin libre, Polaris m’avait sauvé, Tullamore m’avait donné un but, un toit, un job avec un salaire, des alliés, des vêtements propres et de la nourriture. Un truc que je n’avais pratiquement jamais connu. Je leur été redevable. Bien plus que je ne le voulais.

« Je sais que tu n’es pas prêt p’tit cœur. Je sais que tu as peur et c’est normal. Mais je t’ai promis d’attendre et je vais le faire. Le temps qu’il faut. Fais attention à toi là-bas. Laisses ta balises GPS allumée et la même pour la montre. Si je vois ton rythme cardiaque augmenter de façon disproportionné je viendrais moi-même te chercher d’accord ? »
« Ouai. P’tit cœur ? C’est nouveau ça ? J’suis désolé pour hier j’ai flippé. Mais… Si t’as encore le champagne j’en veux bien. J’ai peur mais je dois le faire. Puis… J’ai besoin de temps tu sais. Je sais que tu ne vas pas t’évanouir dans les airs ça fait deux ans que tu me surveille, c’était même flippant au départ j’avoue. »

Je me suis dégagé de ses bras, lui souriant timidement alors qu’il est sorti chercher la bouteille de champagne pendant que je finissais mon sac. Je savais qu’il comprenait, Curtis comprenait toujours, c’était un don qu’il avait. Il avait cette patience et cette écoute qui me faisait du bien. On a simplement bu la bouteille avant de passer au Rhum, parlant toute la nuit de tout et de rien, allongé sur mon lit en fixant le plafond. Il aurait pu profiter de mon état, mais il n’a rien fait. Il a juste pris ma main dans la sienne, et c’est tout. Le matin je lui dit au revoir avant de monter dans le zodiac. Il m’a regardé partir, et j’ai allumé la balise GPS comme je lui avait promis pour qu’il puisse me localiser à n’importe quel moment. Il me faisait du bien, mais j’avais des comptes à régler et je ne pourrais pas avancer tant que je ne l’avais pas revu, je le savais. Je l’avais aimé. Sans doute un peu trop et j’avais peur. Peur de tout lui céder en le voyant, peur de perdre pied, peur de ce que je pourrais faire. Mais j’avais besoin de ces réponses. Je voulais comprendre pourquoi, je voulais comprendre ce qu’il s’était passé. Te trouver a été tellement simple Sean. Dans les Limbes, proche des hommes. Proches de tous ces traites qui avaient ravalé leurd convictions pour signer ce putain de traiter de paix. Traité lancé par McGuinness. Avais-tu oublier ce qu’on avait vécu Sean ? Avais-tu toi aussi oublié qui tu étais ?

Je me le demandais, je me posais des questions. Sans doute de trop. Aller sur le terrain. Je n’étais pas habilité pour ça mais Davina avait donné son accord. Davina ou bien Curtis ? Lequel avait eu le plus de poids ? J’aimerais le savoir. Mais quoi qu’il en soit j’étais là maintenant. Vivant. Autant vivant que tu ne l’étais quand j’ai reçus un caillou en plein dans la tronche. C’était clairement pas ce à quoi je m’étais attendu. Je n’avais pas espéré que tu viennes me prendre dans tes bras, mais si je m’étais attendu à ça ? Non. J’ai senti mon cœur s’emballer. Sans doute de trop. Rythme cardiaque qui s’est indiqué sur la montre que je portais. J’avais promis de ne pas l’éteindre, j’avais promis de rester connecter mais c’était plus fort que moi. Discrètement je l’ai éteinte. Je savais que Curtis m’engueulerait pour ça mais c’était mon combat, pas le sien, et il était temps qu’il me laisse aller au bout. J’avais quand même laissé la balise GPS allumé, histoire qu’il me voit bouger sur son écran, histoire qu’il sache que j’étais encore en vie. Je l’appellerais, il comprendrait, je l’espérais. Je t’ai regardé, d’abord sans bouger, pourtant j’ai sorti l’unique arme que j’avais emmené avec moi. Un simple couteau de chasse. Le tirant de ma ceinture comme pour me défendre. Mais me défendre de quoi ? De toi ? C’était donc ça ce qu’on était devenu ? Des ennemis ? Des rivaux ? J’ai eu envie de hurler, j’ai eu envie de pleurer. J’ai eu envie de me jeter sur toi pour t’étrangler. Comme tu pouvais me faire ça ? Comment ? Pourquoi ! Des questions que tu pouvais lire dans mon regard. Pourtant c’est la colère qui a fini par l’emporter.

« ¡ Hijo de puta ! ¿ Cómo puedes hacerme esto ? »

Comment tu peux me faire ça ? Comment ! J’ai parlé dans ta langue, jamais je ne l’avais fait mais je l’avais appris, là-bas, sur Polaris. Et tu sais pourquoi ? Je l’avais appris dans le but de te voir, de t’affronter ! Toi ! Sans ne plus rien contrôler je me suis jeté sur toi, pointant ce couteau sous ta gorge, t’obligeant à reculer, te coinçant là, contre le mur d’une baraque. Regardes ce que tu as fait de moi ! Regardes bien ce que je suis devenue ! J’ai eu envie de t’égorger mais pourtant je n’ai rien fait. Pourtant non, je n’ai rien pu faire. Des larmes venant couler sur mes joues. Des larmes qui en disaient tellement long. La gorge serrée, je me suis demandé pourquoi j’étais venu. Curtis avait raison, je n’étais pas prêt. C’était trop tôt. Ca faisait trop mal, bien trop mal de t’avoir là devant moi. Tout ce que je voulais c’était que tu me regarde, que tu me vois, que tu constates l’ampleur des dégâts. Tu te cachais derrière ton sourire factice, derrière ton hypocrisie, ces mensonges. POURQUOI ! Hein POURQUOI MOI ?! Je t’ai attrapé par le col, venant te frapper comme jamais je ne l’avais fait. Venant te secouer sans trop savoir pourquoi je le faisais avant de te relâcher pour aller exploser une vitre. M’en faisant saigner les mains. Incontrôlable. Jamais tu ne m’avais vu comme ça, jamais tu ne m’avais vu me sortir de mes gongs comme ça, parce que jamais je ne l’avais fait. Alors allons-y, dis-moi la vérité maintenant. Dis-la-moi ! Celle que tu te servais de moi pour avoir des informations. Celle que tu le servais lui, cette idole dont tu me loué des louanges. Aindreas. Comment t’as pu ! COMMENT !

« Pourquoi Sean ? Pourquoi t’es parti ! Si tu savais tout ce que j’ai enduré pour avoir couché avec toi ! T’ENTENDS ! Alors dis-moi pourquoi tu t’es barré ! CONNARD ! REPONDS-MOI ! »

Pourquoi tu t’es tiré ? Pourquoi tu m’as laissé tomber ? Pourquoi tu m’as menti ? Ca faisait mal, putain, ça faisait mal. N’en pouvant plus je me suis laissé glisser contre ce mur, me retrouvant par terre, chialant comme jamais je ne l’avais fait. Empoignant ma tête entre mes mains, j’avais tellement souffert pour toi. Je t’aimais… Je t’aimais tellement… C’est ça qui faisait mal. Tellement mal…

« Je t’aimais tellement putain… Comment t’as pu m’faire ça… Comment ? »

Je ne comprenais pas, je ne comprenais plus. Ca avait été toi le rebelle. Ca avait été loin le soldat. Toi qui te bâtais, toi qui m’encourageais à me révolter. Et pourtant… C’est toi qui t’es tiré une fois libre, me laissant là, derrière toi, sans te retourner. J’étais vivant putain… J’étais encore là… Je t’ai cherché… J’ai hurlé ton nom… Mais tu n’as jamais répondu. Alors dis-moi juste pourquoi… Dis-moi que je puisse enfin avancer… J’avais tant donné pour toi, tant perdu pour au final… Me retrouver seul… J’avais besoin de réponse. Alors réponds. Simplement… Réponds…



NΞRIOИ



THE WORST IN ME
Is there nothing left to keep myself awake? To keep the walls from caving in when all they ever do is try to bend and break. Is there forgiveness in the end ? I need relief, a failure's coming on. Just breathe in deep, it's taking far too long...
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"¿Cuál es el propósito de todo esto?"

Hasta la victoria siempre - Comandante



Ça faisait mal Niko. Beaucoup trop.  Puis je sais pas, je me rappelais même plus comment j'avais pu arriver jusqu'à toi. Ma tête tournait. Alors que j'essayais juste de rester debout. De ne pas m'effondrer. Un froid inquiétant venant m'envelopper. Ils avaient menti. Tous ceux que j'avais vu défiler dans ma cellule. Mort. Sven n'ayant pas supporté que tu l'aies trahi. Ils s'étaient foutus de ma gueule, tous ensemble. Pour m'atteindre. Pour ne plus me donner aucune raison de leur résister. Brisant le combattant. Bafouant l'homme et me forçant à grandir plus vite. Mort, mort, mort. Je les haïssais. Le gamin que tu connaissais ayant laissé une part de lui-même dans ce combat qui nous avait tué.

Et d'un coup, tout refluait. Mes poings se fermant sous l'assaut de la douleur. Toute couleur quittant mon visage. Me donnant l'impression de marcher à reculons et de tourner, tourner, tourner en rond. J'avais voulu faire l'amour et la révolution, tout ça pour me faire traiter de fils de pute à la sortie. Des mots qui dans ta bouche me blessaient plus que n'importe quel autre des coups qu'on m'avait donné jusqu'ici.

Hijo de puta…

Dans ma langue maternelle. Puisant dans mes origines pour te les approprier. Me prenant aux tripes.  Me touchant en plein cœur, quitte à me plonger dans une totale incompréhension. Mes jambes refusant de me laisser avancer. Vers toi. En sachant que deux ans plus tôt, c'est dans mes bras que je serais venu te serrer. Sans hésitation. Guidé par mes instincts. Mais de l'eau avait coulé sous les ponts et lorsque tu sortais un couteau de chasse pour m'en menacer, je reprenais enfin conscience. Tu n'étais pas lui. Parce-que lui, il ne se serait pas jeté sur moi ! Lui, il était doux. Lui, il n'était que compassion. Lui, je l'aimais. Pourtant, je restais impassible. Jamais tu m'entends, jamais je ne lèverais la main sur toi. Quoi que tu sois devenu. Mes yeux s'asséchant sous l'assaut de ta colère. ¿ Cómo puedes hacerme esto ? Mais moi, je ne t'avais rien fait Nikolaï. J'étais resté. Je t'avais pleuré, et depuis il n'y avait plus eu personne. Toi, comment tu pouvais me faire ça ! Le plus grave, c'est que je ne cherchais même pas à te repousser malgré l'angoisse. En dépit du malaise que le fait de te sentir aussi proche m'inspirait. Provoquant une réaction quasi épidermique, quand on savait combien j'avais pu me montrer décomplexé à une époque. Même si pour toi, pour tout ce que tu représentais, je m'efforçais de garder un minimum de self-control. Arrêtant de respirer.

Je te jure Niko, ça faisait bien trop mal. Aux limites du supportable. Comme si mon cœur se préparait à imploser. Dans un mélange d'amour et de haine. Parce-que c'est ce que j'étais maintenant. Une bombe à retardement. Fanatique. Extrémiste, la main par laquelle périrait l'ennemi. Quel que soit son camp, n'importe qui m'empêcherait de regagner ma liberté. Moriría como un hombre libre, nunca como un esclavo. O estás conmigo o contra mí. Es tu elección. Recuerda lo que te enseñé. Viva la revolution !

La lame de ton couteau m'entaillant la gorge. Sans que je ne bronche. Les yeux fixent, mon regard ne se détournant pas une seconde du tien. Toujours dans ce soucis de t'épargner, de te protéger. Faisant passer ton bien-être avant le mien. Normal. Un réflexe. Si je devais choisir, tu sais qu'entre toi et moi, ce serait toujours toi. D'abord et en priorité. Coincé contre ce mur, ton torse se plaquant au mien. Le souffle court, ma respiration atteignant une nouvelle pointe de stress. Tu le sens pas bordel ! Luttant, je me retenais d'éclater. De t'envoyer dans le décor et de me libérer. Désarmé par tes larmes. Ne pleure pas. Je le supporterais pas. Pas plus que de m'entendre sangloter, calme toi. Et au prix d'un effort me paraissant démesuré, je levais les mains vers toi. Dans l'espoir d'arriver à te rassurer. J'étais désolé. De les avoir cru. Si désolé, désolé, désolé. Sauf que tu ne me donnais pas le temps d'amener mon esquisse de geste à son terme. Les mains suspendues, prêtes à venir se poser sur tes joues. Chaudes. Humides, tes joues qui rougissaient dans mes souvenirs. Ton poing s'écrasant sitôt sur ma figure après que tu m'aies chopé par le col de mon cuir. M'obligeant dès lors à fermer les yeux quand tu me secouais. Comme si la terre s'ouvrait sous mes pieds. Vivant la scène au ralenti. Mes cheveux fouettant ton visage sous la violence de la secousse. Dans une décharge d'adrénaline me conduisant à sortir du silence, pour te hurler de me lâcher. Mes doigts agrippant tes poignets avec brutalité.

- Deja de Niko!  Me lastimaste follando. ¡Estás completamente loco!

Te parlant espagnol sans y penser. Comme une évidence qui désormais découlerait de nous deux. Lâche-moi ! Bastardo. Ouais. Lâche-moi. Ce que tu faisais, comme si tu lisais dans mes pensées. Ma respiration devenant presque erratique. Les battements de mon cœur pulsant dans mes oreilles, si fort que ça en était assourdissant. Prêt à tomber. Ne me rattrapant qu'à la volée contre le mur tandis que toi, tu éclatais une vitre. Au risque de rameuter tout Riverdall. Je comprenais rien. Rien du tout. Ma main enveloppant ma mâchoire, pour me rendre compte que ma lèvre inférieure pissait le sang. Tes insultes me tétanisant sur place. Pourquoi Nikolaï…

- Je suis jamais parti sans toi…

Puisque c'est ce que tu me demandais. Jamais je ne t'avais quitté. Tout ce temps, j'étais là. Enfermé dans les sous-sols du manoir. Six pieds sous terre. Banni de la cour de Léandre McGuinness. Toi par contre, personne ne semblait t'avoir revu depuis la célébration du centenaire.

- J'étais là. Todo este tiempo, estuve allí, mi amor.

Moi aussi je t'aime. Même si tout était terminé. Je ne pourrais pas t'offrir ce dont tu as besoin, ce serait au-dessus de mes moyens. Tu devais te faire une raison. Ils m'avaient brisé. Tu n'avais plus rien à attendre ni à espérer de moi. Et tu me connaissais suffisamment pour savoir que je me comportais toujours comme un homme digne de ce nom. Pas de mensonge. Pas de fausses promesses. Rien que la vérité, es así.

Puis là-dessus, je m'accroupissais devant toi. Entier. M'apprêtant à te montrer quelque chose que je gardais caché. Pour que tu m'entendes à ton tour.  Pour que tu saches que je t'écoutais et que ta peine était aussi la mienne. Tu te rappelles ? À la vie, à la mort. Prêt à tout pour toi. On partageait tout. Toi, c'était moi. Et moi, je ne vivais plus que pour toi. Sacrifiant tout ce en quoi je croyais. Me heurtant à l'incompréhension d'As lorsque je lui avais craché que je ne sortirais pas du manoir en t'abandonnant derrière moi. Ton portrait régnant en seul maître au milieu des ruines de l'aile désaffectée. Sèche tes yeux. Relève la tête, reste fier. Juste regarde et juge après seulement.

- Regarde-moi, s'il te plaît. Je suis pas parti sans toi. Ils ont dit que tu étais mort. Que j'avais plus rien à espérer, que je ne reverrais plus rien d'autre que ton cadavre. Que Sven t'avait tué, par ma faute. Mais quoi qu'il ait pu arriver ensuite, je regrette rien. Si ce n'est de ne pas avoir su te mettre en sécurité. Crois-moi, je referais exactement pareil. Juste pour être avec toi une dernière fois…

Si seulement. Mais il était trop tard pour nous et soulevant mon sweat, je te montrais la marque au fer rouge qu'on m'avait apposé sur le torse. Deux lettres, deux initiales. L.M. Tu le savais toi ce que ça voulait dire. Ce que ça impliquait. Tu le savais.

- Lo lamento. Por todo. No quería que nadie te hiciera daño. Todo es mi culpa, lo sé. Tienes derecho a odiarme, no te culpo. Dime por favor dime Dime qué te pasó, estoy aquí. Siempre he estado allí. Tú y yo, de la vida a la muerte.

Je t'avais enseigné de quelle façon faire la part des choses. Raison pour laquelle je me refusais aujourd'hui encore à influencer ton jugement. Tu étais libre. Tu étais fort. Tu avais le courage de toute une armée et avec ou sans moi à tes côtés, tu t'en sortirais. C'est tout ce que je pouvais te souhaiter.  Apprends à ne plus dépendre de personne, et à avoir confiance en toi. Juste ça...

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Cual es el proposito de todo esto ?



Ca faisait mal. Mal de te savoir là, mal de ne pas venir me pendre à ton cou, soulager de t’avoir enfin retrouvé. Mal dans toute sa splendeur. Je n’y arrivais pas, je ne pouvais pas faire ça, et j’ai eu soudainement l’envie de déclencher cette putain de balise, ce putain d’appel au secourt pour que Curtis vienne me chercher et me ramener à la maison. Maison. Je n’avais pas eu de maison depuis tellement longtemps avant celle-là. Parce que oui, c’était chez moi, c’était là-bas que je me sentais en sécurité. J’avais les clés d’un appartement entier, avec un lit double, un micro-onde, une douche italienne, des toilettes, une intimité. Je m’y étais fait des amis, des alliés, peut-être même plus ? J’avais un travail qui exploitait mon savoir, un travail qui me plaisait même si je savais pertinemment que les résultats auront des impacts sur des civilisations entières.  Mais j’étais bien, j’étais heureux, pourtant j’avais eu ce besoin de venir te retrouver, de venir t’affronter, de comprendre et de repenser à ce passé qui faisait mal. Le portable dans ma poche s’est mis à vibrer, mais je n’ai rien fait. Je t’ai laissé t’accroupir devant moi. J’avais besoin d’espace, j’aurais voulu te demander de reculer, mais je n’ai rien fait. J’ai relevé les yeux vers toi, les joues trempées par ces larmes que je n’arrivais pas à retenir. Je ne pouvais pas te parler de tout ça. Je ne pouvais pas te parler de ma maison. Non. Tu étais dans le camps adverse, se serait me mettre en danger. C’était une réalité, j’avais beau t’aimer, toi et moi, nous n’étions plus du même camp. Nous n’étions plus dans le même bateau. C’était fini tout ça.

Pourtant tu as parlé. Je t’ai regardé, attrapant mes genoux entre mes bras, posant mon menton dessus en observant les traces que tu portais. Les initial de McGuinness, je les connaissais. Son seau, sa façon bien à lui de marquer ce qui lui appartenait. Délicatement j’ai tendu la main vers ton torse pour effleurer cette marque du bout de mes doigts. Ca aurait dû me rassurer, mais à la place le souffle me manquait. C’était trop dure. C’était injuste. Je me suis mis à pleurer de plus bel, replongeant ma tête dans mes genoux pour me cacher. Tu n’étais pas parti sans moi, on t’avait fait croire des trucs. Je crois que c’était pire. Pire de savoir qu’on nous avait obligé à ça. Ca n’avait pas de sens, ça n’en n’avait plus. La haine que je ressentais pour les vampires ne faisant que s’accroitre davantage. Je n’arrivais pas à y croire, tes mots essayant de me rassurer. Tu ne t’étais pas servis de moi, tu ne l’avais pas fait. Tu n’étais pas parti avec As ce soir-là, tu étais resté. Oui, j’avais su, malgré le fait que j’étais enfermé j’avais su ce que les rebelles avaient tenté de faire pour sauver les esclaves. Sven était énervé ce soir-là et il avait passé ses nerfs sur moi. T’insultant de traître, t’insultant en me frappant, encore et encore. J’ai fini par relever la tête en reniflant, venant essuyer mes joues avec la manche de mon pull. Plongeant l’autre main dans la poche centrale pour arrêter de téléphone qui vibrait encore. On s’inquiétait pour moi, ça aussi c’était nouveau. Trop de choses avait changé. Tellement de choses.

« Pourquoi on nous a fait ça Sean ? Pourquoi nous ? »

Pourquoi on s’en était pris à nous alors que l’on n’avait rien demandé à qui que ce soit ? Tous ce que l’on voulait à l’époque c’était avoir le droit de s’aimer. Ils leur auraient suffi de nous laisser faire, peut-être qu’on les aurait alors écoutés. Peut-être que ? Davina avait raison, c’était eux les monstres, pas nous. C’était eux l’erreur de la nature. Pourquoi ils avaient fait ça ? Se sentir obligé de nous rabaisser, de nous humilier, de nous maltraiter ? Je crois que cette question j’avais arrêté de me la poser. Curtis m’avait dit un jour qu’on ne pouvait pas avoir réponses à tout. Que certaines choses ne s’expliquaient pas dans le comportement des uns et des autres. Il avait comparé les vampires aux sociopathe. Dépourvu de sentiment, incapable de se rendre compte et de réaliser le mal qu’ils pouvaient faire. Il ne leur donnait pas raison, non, Curtis avait passé sa vie à traquer des criminels de ce genre, mais il aimait comprendre. Machinalement, je suis venu attraper l’une de tes mains pour la serrer dans la mienne. Un geste qui se voulait naturel, comme si au final on ne s’était pas vu non pas depuis deux ans, mais depuis deux jours. Je me calmais, petit à petit, ravalant la colère, ravalant toutes ces choses. Tu avais toujours eu les bons mots avec moi. Tu avais toujours su comment me parler, comment faire pour me rassurer. C’est ce qui m’avait attiré chez toi. Tu n’avais pas peur de moi, pas peur de la maladie, tu ne me regardais pas comme un pestiféré. Je t’aimais tellement pour tout ça putain. Mon mode s’était effondré, et puis je l’ai reconstruit, petit à petit. Sans regrets. Mais pourtant si je pouvais te ramener à la maison avec moi je le ferais. Oui, je le ferais quand je saurais que je peux te faire confiance.

« Quand je suis rentré ce soir-là Sven a immédiatement senti ton odeur sur moi. Il a su, simplement, ce qu’on avait fait. Il m’a enfermé dans une pièce insonorisée. Accroché comme un chien à une chaine par le cou. Nu, enfin presque, sans eau, ni nourriture, pas de couverture, dormant à même le carrelage. Ca a duré des mois. Il ne me touchait plus, il disait que j’avais été souillé, mais pourtant il m’a mis une sorte de ceinture de chasteté, un truc en métal que je ne pouvais pas retirer. Je me pissé dessus. Il m’a laissé dans ma merde durant des jours entiers. Quand les bombardements ont détruit River Crow c’est là qu’on m’a retrouvé. J’étais malade, déshydraté, affamé. J’ai été accueilli par des gens super qui m’ont soigné. C’est devenu ma famille maintenant. Désolé faut que je réponde. »

J’ai relâché ta main, sortant le portable de ma poche pour simplement taper un texto. « Je vais bien, je rentre demain, t’en fais pas. » Des mots simples, simplement pour le rassurer lui. Cette nouvelle famille dont je me devais de taire le nom pour les protéger. Pour me protéger aussi. Si on savait qui j’étais crois-moi qu’on n’hésiterait pas à me faire la peau ici. Je le savais. Ne serait-ce que pour sauver McGuinness et ça, je préférais crever que de donner la réponse au remède. Parce que oui, je la connaissais. J’avais fouillé dans les archives de Théodore, j’avais fouiner pour savoir, pour bosser sur un truc encore plus fort, plus intense, plus destructeur. J’avais la haine si tu savais. Des fois je ne réfléchissais pas aux conséquences, simplement rongé par ces envies de vengeance. Tout simplement. J’ai replongé le téléphone dans la poche de mon sweat après avoir lu la réponse de Curtis. Un simple « prends soin d’toi p’tit cœur mais fait pas de conneries. » Curtis, il me connaissait si bien. Je crois que jamais personne ne m’avait compris aussi bien que lui. Lui non plus il ne voyait pas la maladie en moi. Un peu comme toi. Pourtant j’ai sorti une boite de comprimés de la même poche central. Te les montrant.

« Ils n’ont pas fait que me soigner sur le cours thermes. On a cherché ensemble et on a trouvé Sean. Alors ok mon sang est toujours contaminé, je crois qu’on ne pourra jamais rien faire contre ça, mais ça aide à endormir la maladie. Grâce à ça les chances de voir le SIDA se déclencher reste mince. Putain ce que tu m’as manqué. »

Sans réfléchir, j’ai attrapé ton visage entre mes mains, venant t’embrasser, posant mes lèvres contre les tiennes. Le cœur battant plus que jamais. Retrouvant cette sensation d’être enfin entier. D’avoir retrouvé cette moitié qui me manquait temps. Je ne t’en voulais plus. Je crois même que ça n’avait jamais été le cas. Je crois que je ne pourrais jamais te détester. Je me suis accroché à toi, comme jamais, un geste sans doute désespéré. J’avais peur de te voir me repousser. J’avais peur que tu disparaisses à nouveau. Mais je t’aimais Sean. Je t’aimais et je ne pouvais rien faire contre ça. C’était plus fort que moi. Plus fort que tout.




NΞRIOИ



THE WORST IN ME
Is there nothing left to keep myself awake? To keep the walls from caving in when all they ever do is try to bend and break. Is there forgiveness in the end ? I need relief, a failure's coming on. Just breathe in deep, it's taking far too long...
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"¿Cuál es el propósito de todo esto?"

Hasta la victoria siempre - Comandante



Arrête Niko. Ça ne servait plus à rien. Tu le savais pourtant, tu le savais bien toi que tous les pourquoi du monde ne suffiraient pas à changer notre histoire. Il n'y avait rien à comprendre. Rien à expliquer. Les pourquoi n'ayant jamais d'autres conséquences que d'à chaque fois venir et revenir soulever de nouvelles questions auxquelles tu connaissais déjà les réponses.

Ils étaient mauvais. Pervers. Ils ne pensaient qu'à détruire. Source de souffrance, ils s'abreuvaient du sang s'écoulant dans nos veines. Tout en étant pleinement conscients de ce qu'ils faisaient. Maîtres de leurs actes. Qu'on essaye même pas de me la faire à l'envers. Sinon, certains d'entre-eux ne se seraient pas retournés contre des individus de leur propre race. Je te promets. Le premier qui oserait prétendre le contraire, c'est mon poing dans la gueule qu'il se mangerait. Pour comprendre, il fallait l'avoir vécu. Et nous, on était là. Alors ouais, prétendre une absurdité pareille, ça en reviendrait à offenser toutes leurs victimes. Nous en premier, toi et moi en particulier. Puisque par la force des choses, c'est ce qu'on était devenu. Des victimes. Des poches de sang. Des animaux de compagnie qu'on battait, qu'on baisait, qu'on laissait juste crever de faim dans un coin. Pour le plaisir. Sciemment. Sous prétexte de dominer l'humanité. Mais tu veux que je te dise ? Ils avaient raison d'avoir peur. Depuis des millénaires, les hommes s'adaptaient à tout. Que ce soit à leur environnement, au climat, à leurs conditions de vie et de détentions, jusqu'à traverser les âges et à survivre aux pires cataclysmes. Ils foulaient nos terres. Ici-bas, ils étaient chez nous. Grâce à Tullamore, c'était à leur tour maintenant de se soumettre. D'obéir aux règles de l'île. De se chier dessus.

Pobre mierda que íbamos a aplastar. Il n'y aurait pas de pardon. Alors pourquoi nous ? Simplement parce-que nos cœurs battaient à l'unisson, parce-que nous étions amoureux et que l'amour nous rendaient dangereux. Voilà mi amor. Puis pour le reste, ne m'en veux pas de rabattre mon sweat sur mon torse pour en chasser la sensation de tes doigts qui effleuraient ma peau. Je te dis Niko, tous tes espoirs en ce qui pouvait me concerner étaient morts avant même d'avoir eu une chance d'exister. Oublie-moi.

À quoi bon ? Tu n'avais pas déjà assez souffert par ma faute peut-être ! Tu te voyais t'endormir ou te réveiller à côté d'un homme avorté. Un type qui t'interdirait de le toucher sous la menace de te piquer des crises de panique à répétition ? Tu méritais mieux. Je ne saurais pas te rendre heureux. Avec moi, tu serais malheureux. Et des larmes, je ne voulais plus en voir creuser tes joues. Tu avais droit au bonheur. Plus que quiconque, tu méritais qu'on s'occupe de toi. Qu'on te protège et qu'on te donne tout ce dont tu avais besoin. Que ce soit des sourires, des caresses, des baisers. Qu'on  t'offre la magie d'un soir d'été, ou la chaleur d'un hiver à deux. Moi, j'étais mort. Perdu. Tu devais enfin dire adieu à ce garçon que tu avais aimé. Je te promettais qu'ensuite tout irait mieux, confía en mí. Je voyais tellement clair dans tes yeux. Pour cela, il me suffisait de me fier à ta main qui venait prendre la mienne. T'écoutant juste me parler. Comme si je flottais. Comme si je sortais de mon corps et que je nous observais d'en haut. Comme si je planais. Focalisé sur ma main brûlant d'un désir charnel que je n'éprouvais plus. Une main que je retirais un peu trop brusquement sans doute. Profitant que tu la relâches. Refusant tout contact physique, incapable de gérer ça.

Et toi, toi tu n'aurais pas la patience de m'attendre. De me réparer. Je ne pouvais pas t'imposer ça. Toi, tu devais continuer à avancer. Sans subir mes cauchemars, sans avoir à supporter mes insomnies, sans devoir regarder les cicatrices me déchirant la chair. Tu avais déjà vécu trop d'horreurs. La maladie, tes parents et ce calvaire que tu me décrivais. Des aveux que j'enfouissais dans un coin de mon esprit. Te promettant silencieusement que Sven te rendrait des comptes, qu'il paierait. Du manoir à Riverdall, rien n'avait changé. C'était mon devoir de te préserver. De te pousser à rentrer chez toi, à Polaris. Parmi les tiens. J'étais ni con ni aveugle. Même si je ne possédais pas ton QI. Il y avait des signes qui ne trompaient pas. T'avais l'air bien. En bonne santé, si je peux dire. Avec ta montre digitale, celle que tu avais discrètement éteinte. Ton portable hype et ce traitement que tu prenais, un traitement qu'on avait spécialement conçu pour toi et avec toi.

C'étaient eux ta chance Nikolaï. Pas moi. Vas-y, réponds. Il n'y avait pas de problème. Au fond, ça m'arrangeait bien de ne pas devoir te faire part de ce que j'envisageais pour te venger. Sven ne devenant que le premier d'une longue liste. Sauf que tu me balançais en pleine gueule que je t'avais manqué après m'avoir éclaté la lèvre. Le picotement aussi désagréable soit-il ne me préoccupant pas outre mesure.

- Yo también te extrañé, pero tienes que irte. Sería peligroso quedarse.

Tu m'as manqué aussi, mais tu dois y aller. Ce serait dangereux de rester. C'est ce que je venais de te souffler en entendant qu'on approchait. Alors que toi, tu ne pensais plus qu'à te jeter à mon cou. Manquant me faire tomber à la renverse, la main que tu avais prise entre tes  doigts une minute plus tôt trouvant appui sur le sol. Tandis que je me raidissais. L'étau que formait tes mains autour de mon visage m'opprimant et tes lèvres s'écrasant sur les miennes me plongeant dans une détresse presque palpable. Initiant un mouvement de recul qui ne mentait pas. Me trahissant plus que je ne l'aurais souhaité. Ignorant ton baiser. Nerveux. Prêt à m'enfuir en courant.

Néanmoins, je finissais par t'empoigner au niveau des avant-bras pour t'obliger à te relever en même temps que moi. Articulant contre tes lèvres de manière presque imperceptible et te poussant dans un renfoncement. Me plaquant contre toi.

- Chut. Demain matin, je te raccompagnerais jusqu'à ton point de départ. Mais en attendant, personne ne doit savoir que tu es là.

Une mise en garde, pour me permettre de revenir ramasser ma pierre. Les semelles de mes godasses piétinant et finissant de réduire en paillettes les morceaux de verres de la fenêtre que tu avais brisé. Calme. Trop tranquille. Froid. Distant et prenant le blâme à ta place avec toute la détermination, l'abnégation, les sacrifices et le dévouement que je te devais.  Ma pierre volant à travers la vitre explosée.

- Hey ! Qu'est-ce qui se passe ici ?
- Rien. J'ai cru voir passer une ombre et dans le doute, j'ai voulu la faire fuir. C'est tout. Pas de quoi réveiller toute la sentinelle.
- Mouais, si tu le dis. Le prends pas mal surtout Sean, mais tu devrais rentrer chez toi.
- C'est ce que je vais faire, t'inquiètes.

T'inquiètes. Tu parles, Fred devait surtout se dire qu'à force de me poudrer le nez je devenais complet parano à chasser des  ombres. Enfin. Au pire je rendrais des comptes demain. Là, il repartait dans le sens opposé et c'est tout ce que je demandais.

Puis, revenant vers toi, je t'entraînais à ma suite. Sans réellement te laisser le choix, désolé. Balayant des yeux les alentours et contournant les gars qui traînaient aux abords de nos habitations. Ma maison, rien de très chouette en soi, se trouvant à proximité. Est-ce qu'au moins, cette famille que tu t'étais choisie savait que tu jouais les amants romantiques en territoire ennemi ? J'espérais.

D'ailleurs, je supposais que ce message auquel tu avais répondu venait d'eux. Voilà. On y était. Ouvrant la porte, je t'invitais à entrer. Une porte d'entrée que jamais je ne fermais à clef. Ne verrouillant que la serrure de ma chambre. Pour permettre aux autres d'aller et venir à leur guise sans me déranger. Dans un esprit communautaire que je m'efforçais de respecter. Cependant, cette nuit serait une nuit exceptionnelle sur tous les plans. Puisque cette fameuse porte d'entrée, libre d'accès, je la condamnais. Tournant le loquet. Nous enfermant à l'intérieur, en tête à tête. Allumant ensuite la lumière. Tu vois, on avait un peu de confort nous aussi. Grâce à des générateurs qui une fois sur deux tombaient en rade. Mais bon. C'était toujours mieux que le grenier du manoir. Toujours mieux que de vivre dans la misère et le dénuement.

- OK. Niko, je… non. Rien. Tu vas passer le reste de la nuit ici d'accord ? Tu peux prendre mon lit si tu veux, moi je dormirais sur une couverture par terre. Est-ce que t'as faim ? Soif ? J'ai pas grand-chose à te proposer, mais je vais faire en sorte que tu manques de rien.

Niko. Je savais pas quoi te raconter d'autre. J'avais pas envie de m'apitoyer sur ton sort, ni de te renvoyer à une partie de toi-même que tu t'employais à transformer. Je ne voulais rien gâcher. Je voyais bien que tu avais changé, que tu semblais mieux dans ta peau et plus solide aussi. Ces choses là ne mentaient pas. Qu'est-ce que j'avais encore à t'apporter ? Si ce n'était de la peine et de la déception. J'en démordais pas.

Arrête. De te faire souffrir inutilement. Je te détruirais si tu restais accroché à moi. C'est ce dont je voulais me persuader. Par ma faute, c'est l'enfer que tu avais vécu. Par ma faute, Ma faute. Pas celle d'un autre. Tu ferais quoi de moi, de moi ou d'un bloc de glace…

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