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 No puedo respirar, ayúdame ▲ Feat. Alexander

♦ Humain ♦
survivant des limbes
Sean Ezderna
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"No puedo respirar, ayúdame"

Hasta la victoria siempre - Comandante



Je cognais. Déchargeant toute ma rage sur ce putain de sac de frappe de merde. Encore et encore. Poings fermés, sans bandes enroulant mes mains pour les protéger. Jusqu'à m'en péter les doigts et à m'en briser une à une les phalanges, le tabassant au point de l'éventrer. Insensible à la douleur. Comme anesthésié. Indifférent et presque étranger aux signaux d'alarme que m'envoyait mon propre corps. Les battements de mon cœur devenant  de plus en plus désagréables à sentir palpiter dans ma poitrine. Pas loin sans doute de m'effondrer. Juste rattrapé par cet état de santé précaire qui me poursuivait depuis le manoir et  dont j'avais essayé de faire abstraction en fait. Au risque de réellement finir par me mettre en danger. Mais ça me faisait mal. Beaucoup trop mal pour que j'arrive encore à le supporter. Et je m'en foutais. De tout.

On m'avait déjà tout pris de toute façon, alors ma vie… elle ne valait plus grand-chose. D'autant plus maintenant que je te savais vivant et en sécurité. Niko, Niko, mon Nikolaï. Je t'aimais tellement. Si fort que je ne pensais plus qu'à t'éloigner de moi, pour te protéger. Pour ne surtout pas t'obliger à choisir entre moi et ta nouvelle famille. Eux savaient ce qu'il y a de mieux pour toi.

Eux. Pas moi...

Alors tu m'oublierais. Tu nous oublierais, puisque désormais entre toi et moi tout se terminait. Raison pour laquelle je t'avais raccompagné jusqu'à ton point de départ. Sans un mot. Sans te dire au revoir. Sans te témoigner un quelconque geste d'affection. Pour ton bien. Je ne voulais pas de cette dernière chance que tu m'offrais. Je ne pouvais pas la saisir. Refusant de t'entraîner à ma suite dans cette chute sans fin et qui devant mon entêtement, causerait tôt ou tard ma perte. Soit en brandissant une arme, soit ici. Seul. Enfermé entre les murs de cette chambre de laquelle je ne sortais plus. Ayant passé ces derniers jours à boire et à me défoncer. Incapable de ressortir affronter la lumière du jour, pas plus que de disparaître parmi les ombres peuplant mes nuits. Parce-que je t'imaginais. Enchaîné. Tenu en laisse, le cou encerclé par un collier. Dormant à même le sol. La taille entièrement prise dans un morceau de ferraille. Nu. Comme si tu n'étais rien. Comme si tu n'étais plus un homme. Comme si tu n'étais plus que sa chose, mais pour ça il crèverait. Te lo prometo y sabes que cumplo mis promesas. Siempre. Mi amor. Il fallait juste que je trouve le moment et l'opportunité. Ce n'était qu'une question de temps et de la patience, j'en avais à revendre. C'est pour ça que je continuais à m'acharner sur ce maudit sac de frappe qui venait de se vider de son rembourrage.

Un rembourrage fait maison. Fabriqué sur mesure. Se déchirant de l'intérieur et répandant à mes pieds du sable, des copeaux de bois et des chutes de tissu. Me faisant littéralement enragé. Explosant une bonne fois pour toute lorsque tu toquais à ma porte. Pas besoin de t'annoncer pour que je sache qu'il s'agissait de toi ? Alexander. ¡Me haces la mierda! Vete. No quiero ver a nadie…

Personne t'entends !! Et portant le goulot de la bouteille à mes lèvres, je me mettais à tourner sur moi-même. La tronche en vrac et tout prêt à gerber. Tenant à peine debout. Vacillant et tanguant comme la danseuse de la boite à musique, avec son mécanisme rouillé. Celle qui jouait de la musique la nuit de mon suicide. Me retrouvant subitement en plein milieu de l'aile désaffectée. À longer un couloir sans issue. Si t'avais pu voir ça Alex, je te jure. Les débris de verre et le plâtre des plafonds qui se fissurait. Et moi, assis. Juste là. Contre un mur. Face au portrait de ce garçon que j'avais dans la peau, mais qui méritait mieux qu'un mort en sursis. Le corps courbé, jusqu'à lentement m'affaisser sur moi-même pour ne plus ressembler qu'à une silhouette sans début ni fin. Décharnée. Le front reposant sur mes genoux, fiévreux. Paupières closes. Les jambes repliées contre mon torse. Les bras ballants et les paumes des mains ouvertes en direction du ciel, presque mort. Mes cheveux dissimulant la pâleur maladive de ma peau. La seringue avec laquelle je m'étais injecté ce mélange de coke et d'héroïne traînant quelque part dans le coin. Puis le bruit des pas de Zubrosky qui approchait. Si tu avais été là mi amigo.

Mais par chance, tu n'aurais jamais à connaître ça. Et hurlant comme un cinglé, je balançais ma bouteille sur la porte. Putain mais fous-moi la paix. Je ne t'avais rien demandé. Arrête de m'appeler. Dégage, dégage, dégage. N'insiste pas.

- DEGAGE PUTAIN !!

Je t'ouvrirais pas. Tu me perturbais trop depuis quelques temps. J'allais faire de la merde si je te laissais entrer. J'étais pas en état. Je voulais qu'on me laisse tranquille. Puis je voulais pas non plus que tu vois ce que je lui avais montré à lui. Des cicatrices barrant mon torse, à moitié à poil. Pieds nus aussi. Ne portant qu'un simple bas de jogging. Les initiales de McGuinness gravées dans ma chair, me rappelant sans cesse ce que j'étais et que je lui appartenais. Sur quoi, je me remettais à cogner contre le mur. Finissant de m'éclater les mains, au sang. De me briser les poignets, ou limite. Les doigts cassés pour certains, c'était sûr au vu de la brûlure remontant dans mes bras.

Mais je m'en tapais. Soy fuerte ! Indestructible. Un verdadero luchador. Un rebelde, revolucionario. Voilà pourquoi je n'avais pas besoin qu'on me vienne en aide. Indépendant. Un survivant, ne voulant pas avouer ses peurs ni confier ses tourments. Alors…

- T'ES SOURD OU QUOI ? DEGAGE !! VA TE FAIRE FOUTRE ALEJANDRO.

Je supporterais pas de te faire du mal à toi aussi, parce-que je la voyais bien ta manière de me regarder et que ça me paniquait...

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Perdóname. Si sueñas con otro yo, otra vida. ¿Cómo podría engañar a la muerte cuando ella sonríe? Una vez más, una noche más. Perdóname. Si el volcán profundo de mí no sale. Si la furia de los recuerdos no vuelve. Perdóname. Nadie sabrá mejor que tú...
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♦ Humain ♦
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Alexander O'Brian
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Plus de nouvelles. Depuis quelques jours. Silence radio au sein duquel les échos de son inquiétude s'intensifiaient. Progressivement. S'insinuant à l'intérieur de ses veines comme le ferait un lent poison, dont les effets indésirables se feraient presque attendre. Alexander avait pourtant patienté, se convaincant que ce n'était qu'une question de temps avant que Sean ne réapparaisse dans son champ de vision. Mais les heures s'évadaient sans que rien ne se passe, laissant son ombre brisée aux abonnés absents. Parfois rapide et parfois trop lent, le temps se faisait capricieux, s'amusant de ces peurs qui le rongeaient de plus en plus. Pour chaque visage impuissant, chaque regard souffrant. Il rêvait et s'agitait. Pour tout ceux qui n'y croyaient plus. Alexander avait abandonné sa famille pour mieux soutenir ces lambeaux de rêve. Halluciné par ce besoin viscéral qu'il avait de se révolter contre les dictatures et les mensonges. Et Sean faisait partie de ceux qui avaient trop perdu. Il faisait partie de ceux qui respiraient encore. Seulement debout par le miracle de cette indignation qui ne semblait jamais le quitter. Rage meurtrière avec laquelle il s'aveuglait pour mieux se protéger. Se cloîtrant sans se l'avouer dans l'enfer de sa propre mémoire. Alexander le savait rescapé du régime de Léandre McGuinness. Ignominie scandaleuse qui l'écœurait, qui lui rappelait que certains individus n'étaient pas mieux que l'organisation. À quel point pouvait-on être égoïste pour jouir du sang d'innocents ? C'était une question à laquelle l'Irlandais ne trouverait sans doute jamais de réponses.

Pour l'heure, la seule chose qui lui importait étant de savoir ce que Sean foutait. Alors que tout le monde se préparait. Pour se battre, pour les affronter. Afin qu'ils retrouvent un peu de dignité. Juste de quoi rêver encore. De quoi attiser ce feu intransigeant qui leur saccageait le cœur à coup de haine et d'envies de vengeance. Émotions virulentes avec lesquelles Sean se nourrissaient, crachant sa rancœur à tout ceux qui s'opposaient à ces convictions d'or qui le maintenaient en vie et qui lui faisaient aussi oublier qu'il n'était pas aussi invincible que ce qu'il ne pensait. Puisqu'il n'était qu'un homme. Rien qu'un homme fait de chair et de sang dont la force le transportait vers les cimes d'un courage surréaliste ; si grand qu'il en effaçait les méandres de sa fragilité. Tout comme de cette douceur que l'Irlandais devinait pourtant derrière l'épaisse noirceur de son regard fiévreux. Sean, complètement fermé à l'idée qu'on lui vienne en aide. Pas prêt à comprendre que sa vie n'était pas seulement cadencée par le chaos et qu'il existait en ce monde d'autres couleurs et d'autres émotions. Plus saines et constructives que la violence et la solitude. Ainsi il s'était dirigé vers l'endroit où Sean se cachait, ne fermant en cette demeure qu'une seule et unique pièce : sa chambre. Il rentra à l'intérieur, frissonnant un peu sous le froid qui envahissait les lieux. Comme si personne ne résidait entre ces murs et que ces derniers avaient été abandonné de toute vie.

« Sean, putain, qu'est-ce que tu fous ?! »

Rien, ici, n'était chaleureux ou sécurisant. L'obscurité remplaçait les lueurs et une violence sourde vint à en briser le silence inquiétant. Le bruit d'une bouteille explosée contre une surface, les éclats tombant d'eux-même comme une pluie agressive. Fracas agité qui s'ensuivit de ses hurlements à lui. Suintant de ce rejet avec lequel il s'acharnait à le repousser. Pour mieux mourir et disparaître. Fatalité qu'Alexander refusait pourtant d'accepter et qu'il était déterminé à contourner. Au risque de provoquer les tempêtes fracassantes de celui qui lui hurlait de déguerpir. Comme s'il cherchait à éloigner les moindres possibilités qu'il avait de s'en sortir. Comme si son destin ne rimait qu'avec cette déchéance à laquelle les vampires l'avaient trop longtemps conditionné. Alexander lui en voulait mais préférait le comprendre avant de le condamner ; usant de patience tranquille comme d'autres usaient continuellement de sévices cruels. Si cruels que leurs conséquences se traduisaient dans la véhémence qu'il avait de frapper contre ce foutu mur, au point de s'en blesser davantage. Forçant Alex à entrer dans la pièce en faisant sauter la serrure après avoir tiré dessus avec ce flingue dont il s'était emparé pour agir au plus vite, ne laissant qu'un trou dans le plancher délabré qui semblait presque trembler sous sa précipitation.

Pour enfin laisser sa silhouette se nicher dans ses prunelles alors qu'elles le détaillaient dans un automatisme incontrôlé. Sillonnant sans le vouloir réellement ces multitudes de cicatrices dont la peau de Sean était parsemée. Les initiales de cet enfoiré trônant vicieusement sur son torse alors que le cœur de l'Irlandais se nouait. De violence et de tristesse.

« TA GUEULE SEAN ! QUAND EST-CE QUE TU CESSERAS DE TE FAIRE AUTANT DE MAL ? DIS-LE MOI. »

Il hurlait à son tour, s'emportant de comprendre à quel point il était perché. Complètement ivre, en plus d'être défoncé. Le regard brumeux et vague alors qu'il peinait à tenir sur ses deux jambes. L'état de la pièce était tout aussi bordélique que l'était l'Âme de celui qu'il était venu retrouver. Celui-là même qu'il espérait aider et auquel il s'attachait, refusant catégoriquement de le laisser sombrer. Besoin que le hacker justifiait par cette nécessité viscérale qu'il avait de lui tendre la main.

« Tu pensais vraiment que j'allais zapper ton existence en t'enfermant dans ce taudis ?! Je peux savoir ce qui ne tourne pas rond chez toi ! T'es pas seul, Sean. Comprends-le, merde. »

Les battements de son cœur agressant sa poitrine, Alex soupire et finit par remettre l'arme dans son étui pour ensuite s'approcher de son ami. S'emparant de ses mains pour seulement contempler l'étendue des dégâts que Sean avait lui-même causé. La mâchoire crispé et l'estomac complètement noué à l'idée de le retrouver mort, un jour.



harder than imagined, harder when it's cold. even when i'm playing in the fire, even when i'm doing it for all my life. harder than imagined, harder when i let it go...

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Sean Ezderna
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"No puedo respirar, ayúdame"

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Dégage putain. Dégage. Qu'est-ce que tu ne comprenais pas dans ce que je te hurlais ? Tire-toi merde ! Oublie moi. Je ne voulais voir personne et surtout pas toi. Pas toi Alejandro. Pas toi. Va-t-en. DEGAGE. Tu ne savais pas comme ça me faisait tourner, tourner, tourner la tête de te sentir de l'autre côté de la porte. Tu ne pouvais pas le deviner toi, tout ça. Comment est-ce que tu aurais pu t'en douter ? Comprendre que si je te repoussais sans cesse avec autant de violence, c'est parce-que tu me plaisais. Et que j'avais tellement peur de te faire du mal. Tellement. Alors sûrement que tu ne pouvais même pas t'imaginer combien ça me flippait de voir les murs se mettre à tanguer et se dédoubler devant mes yeux à chaque fois que tu violais mon périmètre de sécurité. Afin de t'immiscer dans mon espace privé. T'approchant d'un peu trop près pour je ne cherche pas à m'éloigner. Le plafond me donnant même la sale impression de descendre, et descendre, descendre si bas que je m'en sentais presque écrasé. Oppressé… à moins que ce ne soit à cause de la douleur lancinante dans ma poitrine.

Cette espèce de sensation d'inconfort qui me flinguait littéralement. Mais dont je m'obstinais pourtant à faire abstraction. Te cachant juste la précarité dans laquelle il me fallait apprendre à survivre. Pour ne pas t'inquiéter. Je t'ai dit, je la voyais bien cette façon que tu avais parfois de me regarder. La brûlure remontant dans mes bras me dévorant à présent tout le torse, et me mordant le cou. Jusqu'à irradier mes épaules et ma mâchoire. Au point que le simple fait de continuer à respirer normalement m'en devenait impossible.

Essoufflé. Alors je voulais que tu partes bordel ! Chacun sa merde. Laisse-moi crever, un hombre muerto ya no hablaba. Je n'avais pas envie de te parler. Crever, crever, crever. Dégage. Crois-moi Alejandro, tu ne voulais pas vraiment savoir ce que je foutais. Les mains en sang. Pas aussi insensible que j'aurais dû l'être à la souffrance physique que je m'infligeais. Les effets secondaires de mes rails de coke perdant de plus en plus en intensité. Amenuisant au fur et à mesure l'extase de me sentir indestructible. Intouchable. Passant de l'euphorie la plus totale, la plus incontrôlable aussi, à un état de dévastation implacable. M'obligeant à augmenter la fréquence de mes prises. Et je les entendais. Mes os qui craquaient, phalanges éclatées. Mon corps se mettant à me hurler d'arrêter quand je partais en arrière. Comme si quelqu'un me poussait, pris d'un vertige. En pleine crise psychotique. Les lèvres bien trop sèches pour encore les humidifier à la seule aide de ma salive. La gorge écorchée. Me rattrapant par miracle. Quelque part. À quelque chose, Des voix murmurant tout autour de moi, et des mains me touchant. De partout. Persuadé que j'étais. Me débattant comme un fou contre des ombres. Terrorisé. DEGAGE. DEGAGE PAR PITIE. J'avais besoin que tu t'en ailles. J'en avais besoin pour décompenser. Besoin. Tu n'avais pas le droit d'entrer. Pas le droit de faire sauter les derniers verrous de ce qu'il me restait encore de dignité. Même si je perdais brutalement pied avec la réalité. Le coup de feu que tu tirais m'extirpant de ma torpeur. Une torpeur morbide qui m'intimait l'ordre de me jeter au sol. Pour me traîner à quatre pattes au milieu des éclats de verre et en attraper un. Ce sont eux qui commandaient tu sais. Eux qui décidaient. Eux qui voulaient que je coupe mes cheveux.

Tous ces vampires qui m'étaient passés dessus. Pourquoi ce n'était pas une balle en pleine tête que tu me collais ? Aide-moi. Achève-moi, mi amigo. Fais ça pour moi si je compte un peu pour toi. Puis, je tranchais des mèches brunes. Avec des gestes saccadés, au risque de finir de me défigurer. Les yeux baissés. Ne me regarde pas. Tout était moche. Tout était gâché, abîmé. Sur quoi je me remettais à te crier après.

- ¡No me mires! Je t'ai dit de dégager… t'es chez moi ici putain, CHEZ MOI !! AAAAAAaaaaaaah !!!

J'en pouvais plus. C'était beaucoup trop pour moi, et sans savoir par quel miracle je me relevais. Ivre. Perché trop haut pour qu'on puisse encore espérer m'atteindre. Me remettant debout dans un dernier hurlement de rage et de colère. Teinté de détresse. Le tout accompagné d'un mélange d'émotions confuses. Paniqué que tu me découvres dans cet état, hystérique. Mais toi, tu ne reculais pas. Nada. Au contraire, tu avançais sans appréhension. M'ordonnant en même temps de la fermer. Direct. Toujours cash. Me demandant quand est-ce que je cesserais de me faire du mal. Mais jamais Alejandro. Jamais ! Avoir mal, c'est tout ce qui me rendait entier.

Puis, tu me rejoignais. Me gueulant dessus. Le moindre de tes pas me faisant reculer, ou plus justement vaciller. Rangeant ton flingue pour prendre mes mains en lambeaux entre les tiennes. Le morceau de verre que je serrais me perforant la chair, jusqu'à ce qu'il me glisse des doigts. Incapable d'encore tenir quoi que ce soit. Les yeux figés. Le regard fixe, comme si j'existais réellement à travers toi.

- Me parle pas comme ça ! Je suis pas ton chien, t'entends !? Soy un hombre libre, no un esclavo...

Et brutalement, je retirais mes mains pour les plaquer sur ton torse. Lâche-moi ! Les plaquer, et te frapper à plat. Tâchant tes fringues de mon sang, pour ensuite m'embroncher à ma couette qui traînait par terre et m'étaler de tout mon long sur le lit. Défait. Tu te trompais. J'étais seul. Désespérément seul. Ce qui ne tournait pas rond n'en deviendrait pas plus carré parce-que tu prétendais l'inverse. Le bras tendu. Mais les doigts recroquevillés sur mes paumes. En sang. Pitoyable. Des doigts qui ne bougeaient plus. M'empêchant d'attraper mon pull, et du coup de me couvrir. Pour te cacher mes cicatrices. Moche. Je me sentais moche.

Dégueulasse et juste imbaisable.

Sors Alejandro. J'avais honte que tu me vois comme ça. Honte. SORS !! Et dans un éclat foudroyant, je fondais en larmes. Mes genoux heurtant durement le sol alors que cette fois-ci, le poids de mon corps m'entraînait pour de bon en arrière. Les mains en l'air, et le visage écrasé contre le matelas. En sanglots. Si. Mon existence, tu aurais dû l'oublier. Comme ça. Me zapper...

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Alexander O'Brian
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Blessé, autant par ses mots que par le spectacle qu'il lui offrait, Alexander s'acharnait pourtant à encaisser. Refoulant la colère qui grimpait en lui, domptant ses marées d'acerbité qui menaçaient de les engloutir tous les deux. Il préférait rester focaliser sur l'essentiel, omettant son irritation par rapport au comportement que l'Hispanique adoptait. Pour protéger les autres de lui-même. S'autodétruisant pour une cause qu'il s'inventait de toutes pièces et qui n'existait que par la grâce de ses blessures inoubliables. L'Irlandais n'approuvait pas son isolement. Il n'approuvait pas non plus toutes les meurtrissures qu'il s'infligeait, se cachant derrière une force factice et des barrières de puissance au sein desquelles on l'avait formaté. Pour respirer et survivre encore. S'il comprenait son combat, il n'était pourtant pas en mesure de le laisser dévaler la pente que lui désignait la haine et la rancœur. Alexander l'observait brûler sous l'indignation, il acceptait de subir le retour de flammes d'une révolte qu'on lui a retiré mais il était absolument incapable de l'observer mourir à petit feu. Au nom d'une guerre qui s'était déjà fanée, au nom d'une rébellion qui avait été disloquée. Les temps avaient changé. River Crow n'était plus. Mais la douleur d'une de ses victimes, elle, suintait encore de toute la tristesse du monde et Alexander n'arrivait pas à l'ignorer. Sean avait besoin d'être écouté. Il avait besoin que sa souffrance soit reconnue. Même s'il en faisait trop, excessif car écorché vif. Même s'il mettait sa propre vie en danger dans l'espoir d'être compris.

Le rôle qu'il s'était attribué dans la vie de son ami, cette place qu'il n'arrivait pas à refouler, le poussait à empêcher le pire de progresser. Il était celui qui le retenait. La touche de réalité qui lui échappait, une prise solide dans un monde qui tombait en ruines. Seulement, pour survivre encore, il fallait que l'ancien rebelle désire s'y accrocher, qu'il ose encore croire aux convictions qui ont fait de lui quelqu'un de courageux, quelqu'un de solide. L'Irlandais avait envie de croire que les vampires ne lui avaient pas tout pris. Il avait envie de croire en cette étincelle qui luisait au fond de son regard sombre, même si l'Hispanique lui-même n'était plus capable de l'apercevoir. Alors Alexander s'était promis d'encaisser, d'endurer les tempêtes d'insultes et la peur que sa présence soit insuffisante pour lui venir en aide car tout le reste était trop noir. La dictature de sa propre famille, la déchéance ignoble de certains peuples et cet instinct de survie qui transformaient les âmes les plus tendres en des bêtes sanguinaires. C'est la guerre qui les attendait dehors. Il ne se sentait pas prêt mais il n'avait pas d'autre choix que celui d'affronter tout ce qui le terrifiait. Puisque si personne ne se bat, comment pourraient-ils un jour guérir ?

S'il avait tiré sur la serrure, ce n'était que dans le but de sauver son ami de lui-même. De l'empêcher de commettre le pire, si tant est que ce soit possible. Si tant est qu'il puisse avoir une quelconque influence sur ses choix et ses actes. Il connaissait la fragilité de celui qu'il était venu chercher. Il connaissait les ombres qui le poursuivaient sans relâche et s'il détestait lui faire peur, hurler pour briser les psychoses qui le tenaillaient, Sean ne lui laissait pas d'autre choix. Ainsi, l'Irlandais pénétrait de force dans la pièce, pétrifié par ce qu'il y découvrait. Des morceaux de verre éparpillés sur un sol crasseux, le corps de son ami entaillé et abîmé, son angoisse le poussant à trancher de longues mèches de cheveux alors que les prunelles d'Alex ne percevaient plus rien d'autre que la détresse sous laquelle son vis-à-vis s'enterrait. Il l'écoutait le rejeter avec la même férocité. Il écoutait l'injustice salir ses lèvres dans l'espoir de le voir céder. Cependant, Sean se plantait complètement. Alexander n'irait nulle part. Il ne pouvait pas partir en le savant dans cet état alarmant. Il ne pouvait pas le laisser se faire dévorer par ses propres pensées. Pas alors qu'il hurlait son mal comme un possédé. Pas alors que le sang dégoulinait de ses mains sur toute la longueur de ses bras dénudés.

« Je n'irais nulle part, Sean. T'es pas en mesure de rester seul. J'aurais même dû me bouger plus tôt. »

Plus tôt, ouais... Sans doute que cela aurait changé les choses. Peut-être que s'il ne l'avait pas laissé livré à lui-même, la crise n'aurait pas été aussi forte qu'elle ne peut l'être à présent. Et à cette pensée cruelle, Alexander s'en voulait d'avoir pensé que tout irait bien. Mais il s'était trompé et sa peine ne faisait que s'agrandir à cette idée. Décontenancé par les émotions qui l'envahissait, Alexander s'était montré plus virulent qu'il ne l'aurait voulu, lui ordonnait de se taire, s'avançant vers lui alors qu'il était terrorisé. En état d'ébriété, complètement à côté de ses pompes. Halluciné par des spectres que lui seul semblait être en mesure de voir. O'Brian refusait pourtant de l'entendre et de simplement s'en aller. Déterminé, il s'était emparé de ses mains alors que la morsure de ses mots revenaient l'attaquer. Sans pitié et sans détour.

« Parce que tu crois que j'en suis un ? Tu crois que je vais fermer ma gueule et te laisser te foutre en l'air quand tu me l'ordonnes ?! » dit-il, en fronçant les sourcils. Cependant, Sean ne lui laisse pas le temps de poursuivre, se défaisant de son emprise pour le frapper, tambourinant avec rage sur la surface de son torse pour mieux le repousser. À nouveau. Peignant le tissu de son t-shirt aux couleurs de sa faiblesse. Ce qui n'a pu que lui arracher un soupir de frustration, de colère qu'il réprimait. Se contrôlant au possible pour ne pas aggraver la situation, cherchant la sérénité alors que tout, ici, ne faisait qu'appeler le chaos et la discorde. Sean fuit ainsi, s'enroulant dans une couette comme si cela pouvait le protéger de l'univers, s'échouant à proximité de son lit, abandonnant son corps là. Ce corps aussi meurtri que son esprit. Face à cette image défaitiste, Alexander quitta la pièce, fouillant brièvement la maison pour revenir dans la chambre de son ami avec une bouteille d'eau. Il s'installa à ses côtés, le ramenant contre lui avec douceur afin qu'il s'abandonne à ses bras. Protecteurs et soudainement moins agressifs que les mots que l'Irlandais avait pu employer. D'un geste calme, il ouvrit la bouteille et l'approchait ensuite des lèvres de l'Hispanique, espérant qu'il accepte de boire. De s'hydrater. Sainement. Mais surtout de se calmer.

« Respire, Sean. Respire. Rien ne va t'arriver ici, tant que je suis auprès de toi. Respire et bois, d'accord ? Qu'est-ce qu'il se passe ? Pourquoi t'es dans cet état ? Parle-moi. »

Il avait abandonné la violence pour faire preuve d'humanité ; se fiant à la compréhension avant de céder à sa fierté. Les jugements étaient futiles. Il n'était personne pour le condamner. Surtout pas lorsqu'il devinait les raisons pour lesquelles il choisissait de s'abîmer plutôt que de vivre. Comme il le méritait.



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Est-ce que tu l'entendais toi aussi ? Cette mélodie discordante que jouait la boite à musique avec son mécanisme rouillé. Tu sais Alejandro. Si. Tu sais bien. Regarde. Ouvre les yeux putain ! Regarde Le crépi sur les murs s'effriter et aussi, les morceaux de plâtre joncher le sol. Est-ce que tu ne la sentais pas toi cette odeur de mort qui s'insinuait de partout… et la petite danseuse...

...en nacre. La petite danseuse au bras cassé. Sur la pointe des pieds, s'inclinant gracieusement à chaque fois qu'on soulevait le couvercle de la boite.  Puis la fille qui se cachait sous le lit. Jolie. À laquelle j'avais tendu la main, alors que je taguais le portrait de Nikolaï. Bravant tous les interdits. Du côté de l'aile désaffectée, toujours à l'angle de ce même couloir. Muni de mes bombes de peinture acrylique flame. Format basse pression. Tu me voyais ? Coincé là-bas, mon reflet se déformant au travers des éclats de verre brisés. Impétueux. Plus jeune, dopé à l'adrénaline. Tellement plus fougueux. Un sourire de défi étirant mes lèvres chaudes. Des bijoux au cou et aux poignets, les trous dans mes fringues me donnant ces allures de mauvais garçon que j'aimais cultiver. Un bandeau retenant mes cheveux. Me désolidarisant des pulls trop sages que je portais aujourd'hui. Adulte et sérieux. Enseveli sous les décombres d'une ville en ruines. Cet endroit unique sur terre qui m'avait vu disparaître aux yeux du reste du monde. Me séparant de ma famille au nom d'un combat dans lequel je m'étais entièrement jeté. Froissant mon âme, torturant mon corps, effaçant tout ce que j'avais un jour ou l'autre pu incarner. Jusqu'à y être retenu prisonnier. La fureur de mes souvenirs altérant mes jugements. Troublant ma perception des choses et retirant tout son goût à la victoire. Alors pardonne-moi. De crier. De m'emporter. De lever la main sur toi lorsque les traits de ton visage se tordaient. Ne m'en veux pas de me débattre contre tes attentions, et de rejeter ce que tu essayais de m'apporter. Ce soir, comme tant d'autres fois. Ton amitié. Ton affection, cet attachement qui faisait que j'espérais depuis des mois déjà réapprendre à m'abandonner entre tes bras. Pour me sentir en sécurité, et oublier la peur. En tout bien et tout honneur. Espérant secrètement que ta force et ton courage viendraient me transcender. M'aider. Me permettre de redevenir un rebelle.

Comme lorsque l'appel de la liberté me poussait à toutes les folies. Plutôt que de poser genoux à terre. Le visage écrasé et pressé contre la couette au tissu s'imbibant du sel de mes larmes. Les sanglots secouant mes épaules. Pleurant des années de souffrance que je m'interdisais d'exprimer. Maintenant dis-moi, qu'est-ce que j'aurais pu faire de mieux ? Comme toi. Parce-que rien de tout ça n'était de ta faute. Tu ne pouvais pas savoir Alejandro. Tu ne pouvais pas deviner. Ce qui se tramait de l'autre côté de la porte. Close. Te bouger avant n'aurait sûrement rien changé. Rien. Tes remords ne servant qu'à me culpabiliser moi, quand ce que j'arrivais à comprendre de tes mots me disait.

No uno esclavo !  Que je t'avais balancé à la gueule. Méchamment. Toi me rétorquant que non, que toi non plus tu n'en étais pas un. Un esclave.  T'indignant à ma place. De me découvrir si proche de commettre le pire. Seulement, la décision de me foutre en l'air ou pas m'appartenait. On parlait de mes choix là. Mon corps n'ayant plus été ma seule propriété durant trop longtemps. Aussi, quoi de plus normal que de vouloir me le réapproprier ! Raison pour laquelle je te demandais de la fermer, de dégager, raison pour laquelle je hurlais pour te l'ordonner. À m'en faire éclater les poumons. Mais toi, tu n'écoutais pas. Sourd.  Indifférent aux menaces. Ne jurant que par le pardon. Toi, avec ta douceur. Ta chaleur. Toi, et cette compassion admirable que tu me témoignais. Me traitant avec une humanité qui me bouleversait, sans coups, sans insultes, sans me juger. Ne faisant pas l'amalgame entre aujourd'hui, ici et maintenant. Puis hier. Te moquant bien qu'on ait pu m'entraîner. Qu'on ait pu faire de moi un guerrero, et qu'on ait pu m'apprendre à ne jamais détourner les yeux devant la douleur. Devant la détresse. Devant ces faiblesses que j'aurais  normalement dû surmonter, sans faillir.  D'après eux. Sauf que je n'en pouvais plus. J'arrivais au bout. Physiquement, comme moralement. N'arrivant pas à suivre. Avec toi qui tentait de sauver mon envie de vivre une dernière fois. Aveugle face à l'horreur insoutenable de la scène se jouant entre nous. Toi et moi. Nosotros Alejandro, nosotros. Focus sur ce que j'éprouvais. Toujours tout en retenu par rapport à ce que toi tu ressentais. Le bruit de tes pas s'éloignant me laissant contre toute attente en proie à un désespoir inattendu. Reviens-moi. Ne me laisse pas. Reviens. Et un peu effrayé, j'inclinais légèrement la tête pour regarder sous mon lit. Juste pour vérifier qu'elle avait disparu. La fille à la boite à musique, le masque bestial de Sven me sautant à la figure et m'incitant à croiser les bras pour me protéger. Pile comme tu revenais te poser à côté de moi, une bouteille d'eau à la main.

Tandis que tu m'enlaçais. Dans une étreinte salvatrice, une étreinte que je n'osais plus espérer. Les tremblements me secouant brutalement de la tête aux pieds s'apaisant aussitôt. Serre-moi fort. Serre-moi.

Serre-moi Alejandro.

Puis tu ouvrais la bouteille. Très certainement dans l'intention de me faire boire, portant le goulot à mes lèvres. Le peu d'eau se déversant dans ma bouche passant de travers et me faisant d'abord tousser. Le débit de mes larmes n'en rendant que plus chevrotante ma respiration. Pleurs qui pourtant commençaient à se calmer. Pris dans l'engrenage protecteur dont tu m'entourais. L'envers de mes décors  me laissant à nouveau basculer du bon côté. Les murs du manoir se floutant et ceux de ma chambre se matérialisant dans tes yeux. La tension accumulée dans tout mon corps redescendant d'un cran. M'offrant ainsi une courte parenthèse de répit.

Et si c'était à eux de dégager Alejandro ? Ceux qui s'invitaient dans un présent se confondant toujours un peu plus dangereusement aux restes d'un passé inachevé. Du coup, je te parlais. Parce-que c'était mon seul moyen possible d'exorciser….

- Niko… Nikolaï… il est vivant. Ils m'ont menti Alejandro, ils ont tous menti. Pour pouvoir faire leurs saloperies. Ils m'ont fait croire qu'il était mort pour….  et l'autre nuit, il est venu. Ici. J'en ai parlé à personne. Il est venu putain… il est revenu...

Et moi je l'avais repoussé. Pour son bien. Incapable de lui témoigner de l'affection. Choqué qu'il puisse me frapper et m'insulter avec autant de facilité. Choqué ouais. Mais soumis à sa colère. Fier au fond, de le voir se révolter. Enfin. D'agir plutôt que de subir. Capable de frapper, d'être autre chose qu'une victime, d'avoir repris son destin en main et de ne plus laisser personne lui dicter sa conduite.

- Mais je peux pas être avec lui… je peux pas.

Notre relation était maudite. Notre amour interdit. Et puis… et puis, il y avait tes bras. Autour de moi. Alors même que mon visage s'échouait dans ton cou. Mes lèvres frôlant ta peau. Dans un contact faisant renaître en moi des choses que je ne pensais jamais plus ressentir. Est-ce que toi aussi tu le sentais ce léger frémissement faisant pulser mon cœur un peu plus vite ? Les papillonnements imperceptibles s'agitant dans mon ventre ne m'en rendant que d'autant plus fébrile. Ne promets pas. Que rien ne pourrait m'arriver tant que tu serais là. Que rien ne m'arriverait ici. Parce-que ta vie était ailleurs Alejandro. Alejandro… Alejandro.

No prometer. Déjà que ton odeur m'enivrait. Comme dans du coton à cause de la chaleur que tu dégageais, corporelle et humaine. Relevant en toute finalité la tête pour venir accrocher ton regard. Les hurlements que je poussais tout à l'heure encore pour te faire dégager s'éteignant au creux de ma gorge. Pour en laisser sortir tout autre chose : « Tu me plais...»

Mes yeux glissant sur tes lèvres. Quitte à zapper ma semi-nudité tant ta proximité me perturbait. Au risque que tu comprennes pourquoi je te fuyais avec autant de rage, de hargne et de crainte. M'abandonnant fiévreux et en sueur contre toi.

Respire Sean, respire. Tu vois, mon souffle se calait sur le tien. M'insufflant juste le bon rythme. Un rythme parfait…

No de Dios, ¿qué me hiciste Alejandro?

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Perdóname. Si sueñas con otro yo, otra vida. ¿Cómo podría engañar a la muerte cuando ella sonríe? Una vez más, una noche más. Perdóname. Si el volcán profundo de mí no sale. Si la furia de los recuerdos no vuelve. Perdóname. Nadie sabrá mejor que tú...
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Alexander O'Brian
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Rien n'avait de sens. De cela, il en avait pleinement conscience. De sa présence ici jusqu'à l'attention qu'il portait à l'ancien rebelle. De cet irrévocable attachement jusqu'aux certitudes immuables qui les éloignaient. Alexander ne devrait pas être ici. Il devrait être ailleurs. Comme toujours. Jamais là où il faudrait. Présent là où personne ne l'attendait. C'est l'histoire de sa vie, en quelques mots. Riverdall avait remplacé Polaris. Jughead avait remplacé sa famille. Histoire de choix, puisqu'il s'était émancipé d'un avenir tout tracé pour embrasser sa propre destinée. Pourtant, est-ce que tout cela ne sonnait-il pas faux ? Autour de lui, ses amis souffraient. Leurs peines s'incrustant à l'épicentre de son cœur pour mieux le révolter. Il s'indigne de tout ce qu'on avait pu leur faire subir et se perd dans des eaux troubles qui ne lui appartiennent pas. Et dans ces moments-là, il n'était plus aussi sûr de lui. Alexander n'était pas parfait. Il tentait simplement de faire de son mieux. Son calme apparent ne le rendait pas moins émotif, pas moins réceptif aux maux de ceux qu'il chérissait. Au contraire, il les absorbait puis les étouffait pour ne se focaliser que sur ceux qui souffraient. Ses souffrances à lui disparaissaient dans la noirceur de son silence. Il ne les partageaient jamais. Probablement trop pudique, refusant catégoriquement qu'on les entrevoit. C'était sans doute ce qui faisait de lui la bonne épaule sur laquelle pleurer. C'était sans doute ce qui faisaient de ses bras, de solides remparts. Oui, il avait conscience de tout ceci ainsi que de l'aspect éphémère qu'impliquait son statut. Il était temporaire, une trêve aux batailles incessantes qui criaient en l'esprit de chacun depuis deux ans.

Et ce constat ne lui posait aucun problème puisqu'il n'avait jamais été de ceux que l'on attache. Libre de choisir les routes qui lui plaît. Peu envieux de se retrouver sous l'emprise de qui que ce soit. Ainsi il le lui faisait comprendre, à lui. L'esclave affranchi, le rebelle déchu, le survivant. Il le lui disait ouvertement, qu'il n'était pas un esclave. Sa douleur, aussi puissante soit-elle, ne pouvant pas lui servir d'excuses pour meurtrir ceux qui ne cherchent qu'à l'aider ; le mettant face à des réalités qu'il ne pourrait pas nier. Aussi défoncé soit-il, aussi sourd à la vérité qu'il prétendait l'être. Alexander ne le craignait pas. Il n'était pas impressionné par ses démonstrations de violence et ne reculerait probablement jamais devant elles. Puisqu'il était un homme, avant d'être un rebelle. Rien qu'un homme qui, un jour, a été fragile. Dans les bras de sa mère. Sous le regard de son père. Avait-il oublié tout ça ? Cette fragilité qui le rendait humain, cette sensibilité qui le différenciait des monstres qui l'avaient enfermé... Pourtant, malgré la violence de sa voix, malgré l'agitation qui secouait son corps, Alexander ne percevait en Sean que l'enfant apeuré. Complètement perdu et désorienté. C'est ce gosse, se reflétant à l'intérieur de ses prunelles, qui le rendait confiant et qui lui donnait la certitude qu'il ne courait aucun danger. C'est lui encore qui le poussait à s'asseoir à ses côtés. Pour le prendre dans ses bras et le réconforter, l'apaiser de toutes les larmes qui l'empêchaient de voir le monde pour ce qu'il était et non comme on l'avait forcé à le voir.

Monde qui ne demandait qu'à être réparé. À la force de leur endurance et de leur optimisme. Rêve que beaucoup choisissait de penser inatteignable mais avec lequel Alexander se donnait la force de se lever chaque matin. Il était incapable de croire que tout s'arrêtait ici pour eux. Il voulait croire aux possibilités se cachant derrière les murs de l'Irlande. Il voulait croire en ces quelques grammes d'espoir qu'il lui restait. C'était ce qu'elle aurait voulu, Imani. Elle aurait voulu qu'il s'accroche, qu'il éloigne les plaies qui rageaient en son cœur pour rester lucide et prêt à reconstruire un avenir meilleur. Et de cette sagesse précieuse qu'elle lui avait légué, Alexander espérait la partager avec tout ceux qui en avaient besoin. Il espérait la partager avec Sean. Mais d'abord, il fallait qu'il parle, qu'il crache ce qui le brûlait si fort en son intérieur, qu'il confesse tous les maux qu'il n'avait pas osé lui avouer plus tôt et les raisons qui l'ont poussé à s'enfermer. Pour mieux le comprendre et le guider, éclairer ses ombres... Si seulement il était assez fort pour le faire. Pas confiant en ces capacités qu'il s'obligeait à avoir. Pour lui, pour son bien. Mais volontaire et tâchant d'être aussi compréhensif qu'il le pouvait. Persuadé que la violence n'aurait fait qu'engendrer plus de violence encore. Et puis la surprise l'étreint quand il lui parle de lui, de Nikolaï. Cet homme qu'il aimait profondément, celui qu'il pensait mort mais qui soudainement ne l'était plus. Lui confiant ensuite qu'il ne pouvait pas être avec lui.

« Pourquoi est-ce qu'il n'est plus là ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Tu l'aimes, Sean. C'est avec lui que tu dois être si vous vous aimez. »

Peu importe l'attirance qu'il avait l'impression de partager avec lui. Peu importe la détermination avec laquelle ils s'empêchaient de simplement se laisser porter. L'amour était censé être plus fort. Du moins, pour lui. Et de ce qu'il en avait tiré de ses propres expériences. Alexander savait que le bonheur n'était réel que lorsque l'amour le permettait. Il l'avait vécu mais c'était la mort qui le lui avait arraché. Et il n'avait pas été assez fort pour la braver. Pas assez fort, ouais. Pourtant la chaleur de son regard s'encastrait dans la froideur du sien et cette proximité qu'ils partageaient changeait l'ambiance ; la rendant nettement différente de l'état d'urgence dans laquelle ils étaient plongés quelques minutes plus tôt. C'est le temps qui semblait ralentir et son cœur qui semblait s'alourdir, étrangement compressé par les points de suspension qui nouaient son estomac sur un goût de première fois. Jusqu'à ce qu'il le lui dise. Enfin. Amorçant quelque chose que lui n'était pas sûr de pouvoir gérer, peu enclin à s’immiscer entre deux âmes sœurs mais confus par ce que lui-même ressentait pour l'Hispanique.

« Sean... Je... T'es complètement défoncé. Tu ne sais sûrement plus ce que tu dis. »

Sa mâchoire se crispe alors qu'il détourne le regard pour regarder devant lui, mal à l'aise. Pris de court par ce qu'il lui lançait à la figure alors que l'amour de sa vie revenait d'entre les morts pour... Pourquoi, d'ailleurs ? Qu'est-ce qui les empêchait de s'aimer jusqu'à manquer d'air ? Qu'est-ce qui les empêchait de se recréer une deuxième fois, loin des vampires, loin de cette folie que fut River Crow ?

« Tu ne peux pas me dire ça alors que tu viens de m'annoncer que Nikolaï est revenu. Tu ne te rends pas compte, je crois. »

De la position dans laquelle il se retrouve. Face à ce gosse, à cette histoire et aux possibilités de ce que la leur, à lui et à Sean, pourraient lui offrir. C'était injuste, injuste que tout se déroule ainsi, dans le bordel qu'était leur vie. À chacun.



harder than imagined, harder when it's cold. even when i'm playing in the fire, even when i'm doing it for all my life. harder than imagined, harder when i let it go...

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Sean Ezderna
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"No puedo respirar, ayúdame"

Hasta la victoria siempre - Comandante
   

   

Tout devenait si doux lorsque tu me serrais contre toi.  Les tumultes qui s'agitaient à l'intérieur de ma poitrine s'apaisant aussitôt que tes bras revenaient m'entourer. Me plaçant ainsi au centre de toutes les attentions. Ta sollicitude me procurant une impression d'importance que plus personne ne m'avait témoigné depuis trop longtemps déjà. Grâce à toi je réapprenais à vivre. Tu sais...

… tu étais comme un second souffle. Un nouveau départ. Avec toi, tout semblait couler de source. J'avais tant besoin de toi. Alejandro. Pas pour le remplacer, ni même pour m'aider à l'oublier. Mais juste pour toi. Pour tout ce que tu incarnais, las et fatigué de devoir sans cesse regarder en direction du passé. Mon avenir se trouvant désormais en face de moi. Juste devant. Pas si loin en réalité, rien qu'à porté de tes mains. Est-ce que tu crois que ce que je ressentais pour toi en cet instant T me rendait plus faible et plus lâche que n'importe quel autre homme ? On m'avait appris à ne pas pleurer. À tout garder. M'inculquant la loi du plus fort, en me répétant jusqu'à m'en bourrer le crâne que le courage ne se mesurait qu'à la taille d'une paire de couilles. Sauf que tous ceux là n'avaient pas eu à  les sucer ces dites couilles, pas plus qu'à écarter les cuisses. Puis que de se montrer plus sensible, émotif, nous transformait en cible facile. Comme si tout était de ma faute.  Tout. Alors peut-être bien que ce soir j'avais envie de mourir sous le feu de tes balles. En total lâché prise. Prenant mon image de rebelle et de révolutionnaire à contrepied, pour la casser. Je voulais que tu saches. Que tu comprennes. Que tu vois de tes yeux à quel point ce garçon qui s'abandonnait à toi pouvait se montrer vulnérable. Je n'étais pas un monstre, à aucun moment je n'avais voulu ce qui été arrivé.

À aucun moment. Pourtant, Nikolaï me l'avait reproché.  Il s'en voulait d'avoir couché avec moi. Il regrettait. Parce-que c'était de ma faute s'il avait fini enfermé et enchaîné à un mur. Nu. Un collier autour du cou. Parce-que je l'avais détourné de son maître et que j'avais présumé de mes forces en lui promettant ma protection. Obligé de s'endormir dans sa propre merde. Alors je n'avais pas riposté à ses coups, acceptant sa colère et sa sentence. Choqué. Je l'avouais. Voilà pourquoi il n'était plus là. Parce-que tout nous séparait. Parce-que j'avais dû le repousser, par manque de désir. Par manque de tout un tas de trucs inexplicables. Mais heureux de le savoir vivant et désormais en sécurité. Avec un mec bien. Curtis Brown je crois. De toute façon, je ne lui inspirais plus que de la déception. Tu vois.  Et puis, Alejandro…

Tu me plaisais. Pas que sous l'effet de la drogue ou de l'alcool. Ça faisait des mois que je te regardais, des mois que je venais trouver refuge chez toi quand ça n'allait pas. Sans jamais rien te dire. Fermé et endeuillé. M'interdisant d'aimer et de me laisser aimer en retour. Quitte à ne te parler que de banalités et à contourner les sujets qui me dérangeaient. Le soucis, c'est que tu n'étais plus un simple ami.

La preuve. Tu ne paraissais même pas surpris de mon aveu. Comme si tu t'y attendais, comme si tu ressentais cette attirance toi aussi. C'était réel. Je ne l'imaginais pas. Je  ne te fantasmais pas. Du coup, les vannes s'ouvraient et je te racontais.

- Il n'est plus là parce-que je l'ai renvoyé chez lui. C'est là-bas qu'est sa place, à Polaris. Avec les siens. Sa nouvelle famille comme il dit. Et ça s'est mal passé Alejandro… vraiment très mal. Je peux pas être avec lui, parce-que j'ai pas envie de te quitter. Je peux pas. Mais je crois que sans lui, je l'aurais jamais su. Je veux pas te faire de mal tu sais. Je veux plus en faire à personne…

Les vannes s'ouvraient en grand Alejandro. Tout ce que j'avais sur le cœur, c'est sur toi que je le déversais. Cet espoir que tu me donnais de connaître des jours meilleurs, qu'on reste des amis ou qu'on devienne beaucoup plus. Ce cadre protecteur et exclusif que tu m'offrais quand on se retrouvait tous les deux. Me promettant que je ne risquais rien. Que tu ne permettrais pas qu'on me fasse du mal et qu'on me touche à nouveau. Ce rempart en haut duquel tu t'érigeais, assurant mes arrières. C'était fou pour moi. Raison pour laquelle je te racontais, dans les moindres détails, Niko… le manoir, Sven et mes provocations. Les viols, les coups, les brimades et le manque de tout…

Te cacher ça, ça aurait été malhonnête. Tu devais savoir dans quoi et avec qui tu t'engageais. Qu'importe l'issue. Tu devais savoir d'où toutes mes cicatrices venaient, tu devais te préparer à voir bien pire si jamais… tout avait été si dur avec lui, si brutal.

- Il a été brutal, et… il m'a frappé.  Parce-que je lui ai fait du mal et qu'il me déteste… alors si Alejandro, je sais ce que je dis. Tu me plais. Je sais pas faire semblant et s'il y a une chance que tu veuilles de moi, alors je la laisserais pas passer. Je suis libre. Nikolaï est vivant, je l'ai pas tué. Il est en sécurité et… je suis peut-être plus grand-chose, mais je suis pas lâche. Mais avant dis-moi … si je te dégoûte ? Maintenant que…

Que tu savais à peu près tout. Maintenant que des mots avaient le pouvoir de panser mes plaies. Maintenant qu'en tout désespoir de cause, je cherchais à te retenir. Te sentant flancher toi aussi, juste démuni. Toi détournant le regard et moi bataillant avec mes mains pour arriver à prendre ton visage entre mes doigts. Te barbouillant le visage de sang. Les yeux plantés dans les tiens.

- Regarde-moi…

Regarde-moi. Au fond, on ne changeait pas l'ADN d'un homme. Je ne deviendrais jamais une petite chose fragile qu'il faut sauver. Tout ce dont j'avais besoin, c'était de soutien et de respect. De patience et d'une épaule solide sur laquelle m'appuyer pour marcher.

- Alejandro… je me rends pas compte de quoi ?

Sur quoi, je t'embrassais. Ma bouche déposant un baiser à la commissure de tes lèvres. Les mains dans un état tellement pitoyable que bien vite, j'étais obligé de refermer mes poings. Douloureux. L'adrénaline chutant à une allure vertigineuse. Mes bras passant autour de ton cou, alors que je me remettais à trembler comme une feuille. De froid, de stress, de peur sans doute. Plus très habitué à de telles démonstrations d'affection. Seul depuis trois ans. Objet sexuel, réceptacle clos qu'on remplissait. Encore jeune et déjà vieux.

Plus tout à fait le gosse que tu entrevoyais au travers des flammes embrasant tes yeux. Toi aussi tu avais souffert, et cette souffrance là rien ne saurait jamais tout à fait l'apaiser. Tout ce que je te demandais là, c'était de la partager un peu.

Et si tu ne voulais pas, si tu me disais non, tant pis. Je n'insisterais pas. Mais je ne te rayerais pas pour autant de ma vie. S'il le fallait, je jouerai même les entremetteurs avec cette fille qui te plaît. Sur quoi, je te souriais. T'offrant pour la première fois un autre visage, une autre facette de cette personnalité que je m'acharnais à rendre rageuse et assassine. En revanche, si tu avais envie de plus, tu devrais m'aider. Parce-que je n'y arrivais pas tout seul. Pas aussi rapidement. Pas dans l'urgence, ni dans la précipitation.

Même si ce baiser, je crevais d'envie de te le prendre. L'envie… Alejandro, l'envie d'être avec toi. Plus claire. Plus précise, quand bien même de l'amour subsistait avec Nikolaï. Indéfectible et indéfinissable. Le même que tu éprouverais toujours envers Imani. Du coup, tu ne me  diras sûrement pas le contraire si je te réponds que ma place se trouve uniquement là où m'emmène mon cœur...

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Perdóname. Si sueñas con otro yo, otra vida. ¿Cómo podría engañar a la muerte cuando ella sonríe? Una vez más, una noche más. Perdóname. Si el volcán profundo de mí no sale. Si la furia de los recuerdos no vuelve. Perdóname. Nadie sabrá mejor que tú...
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Alexander O'Brian
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Pris entre deux feux, c'est ainsi qu'il se sentait. Indécis et tiraillé par sa raison et la voracité de ce que pouvait lui dicter son cœur. Alexander n'était pas un mec que l'on coinçait et ne faisait définitivement pas partie de ceux qui perdaient leur temps à hésiter. Le doute et les tourments empoisonnaient son âme. Sa détermination le poussait à trancher lorsque la situation lui échappait... Mais là, face à la douleur de son ami, face à ses larmes et aux prémices de sentiments qu'il ne nommait pas, Alexander suffoquait. Peu enclin à brouiller le peu de calme qu'il lui restait. Peu enclin à souffrir et à faire souffrir un homme qu'il ne connaissait pas, un homme qui espérait certainement le voir mort d'éprouver l'attirance qu'il voue à l'Hispanique depuis qu'il avait retrouvé sa trace à Riverdall. Pour cette femme aux cheveux sombres et au regard tendre, pour cette femme qui n'était autre que celle qui l'avait porté durant neuf mois. Ne lui avait-il pas promis qu'il veillerait sur lui et qu'il lui indiquerait où elle se trouvait ? O'Brian était un homme de parole. Il s'échinait à respecter les valeurs qu'il avait apprises au bord des routes. Au sein même de ces multiples escapades grâce auxquelles il avait abandonné la rancœur qu'il éprouvait envers sa propre famille. Imani avait fait de lui un homme nouveau. Elle avait absous la noirceur de sa haine pour la remplacer avec l'acceptation et la compréhension. Sean souffrait. Pour tout ce qu'on avait pu lui faire subir. Pour tout ce qu'on avait pu lui arracher. Et Alexander ne parvenait simplement pas à ignorer ces maux. Puisque ignorer le mal était comme en devenir le complice direct. L'Irlandais ne tirait aucun plaisir à creuser la tombe de l'ancien rebelle. Il n'arrivait pas à enfoncer le couteau pour ensuite le remuer dans la plaie. Les insultes qu'il pouvait lui asséner pour l'éloigner ne changeront rien à cela. Alexander était ainsi fait... Que cela soit une preuve de force ou de faiblesse, il s'en fichait éperdument car l'essentiel n'était pas dans ce que les autres pouvaient penser de lui mais dans les actes qu'il choisissait d'accomplir.

Alors... Il écoutait le bruit des torrents qui s'étaient abattus sur son cœur. Sans rien dire. À la force de sa compassion et de son attention. Puisqu'il avait toujours été ainsi. Alexander n'était pas quelqu'un de méchant. Il n'était pas égoïste et la peine de ses proches le touchait sans doute bien plus fort qu'elle ne le devrait. S'il maudissait son émotivité, bien cachée derrière une fausse impassibilité, elle permettait  pourtant aux autres de se sentir écoutés et compris. Le temps de quelques minutes ou de quelques heures, au moins. La déstabilisation qu'il éprouvait ne l'empêchait pas de rester à ses côtés. Alexander prenait sur lui, mettait ses sentiments de côté pour mieux les comprendre plus tard. Pour l'heure, Sean et ses explications étaient les seules choses qui devaient lui importer alors il se retenait, attachant ainsi ces sentiments flous au creux de sa poitrine. Peu importe avec quelle virulence ils frappaient l'intérieur de sa cage thoracique. Peu importe à quel point son souffle pouvait lui manquer et peu importe, aussi, que ce manque d'air lui monte doucement à la tête. Alexander n'était pas surpris. Il était simplement embarrassé par la tournure que prenaient les choses et la réapparition soudaine de Nikolaï dans le quotidien de Sean. Pour une raison abstraite, son muscle moteur se serrait. Non pas par égoïsme mais à cause des complications qui allaient en découler dans les jours prochains. Il craignait de les faire souffrir tous les deux. Il craignait de passer pour un briseur de couple et à cette idée, il ne pouvait s'empêcher de revoir les innombrables maîtresses de son père alors que le souvenir des larmes de sa mère finissait de l'achever. Alexander se souvenait des cris et du déchirement ; et ces mauvais tours que lui jouait sa mémoire lui donnaient l'envie de courir aussi loin qu'il le pouvait. Cependant... Cela aurait fait de lui quelqu'un d'égocentrique. Et la douleur qui semblait brûler au fond de ses iris devait être ravalée et enterrée.

« Ce qui me fait mal, c'est d'être la raison pour laquelle vous vous séparez. Je refuse de m'interposer entre vous. »

De représenter tout ce qui avait brisé son enfance autrefois. D'être celui que l'on maudit parce qu'il devient le pilleur d'un bonheur certain. Mais les raisons du pourquoi n'intéressaient personne. Et encore moins Nikolaï. Nikolaï qui s'était déplacé jusqu'à Riverdall, malgré la famille qui l'attendait à Polaris. Nikolaï qui devait sans doute se sentir brisé de comprendre qu'il n'était plus le seul à envahir les pensées de l'Hispanique... Sean était honnête malgré tout. Il lui annonçait la couleur. Sans aucun filtre pour embellir la réalité. Et il continuait, lui racontant ce qu'il s'était passé. Y compris les coups que Niko lui avait porté. Sans réellement le commander, la mâchoire de l'Irlandais se crispa à nouveau. Puisque lui méprisait la violence à n'importe quel niveau. Puisqu'à nouveau, c'est l'image du despotisme abusif de son père qui lui revenait lorsqu'on lui parlait d'agressions physiques. De la culpabilité, Alexander est passé à la colère, serrant l'un de ses poings alors que son regard sur Sean se fit soudainement plus lourd qu'il ne l'aurait voulu. Parce qu'il n'avait pas à se sentir coupable et qu'un coup restait un coup et que si ceux de l'âme restaient ineffaçables, ils ne restaient cependant pas une excuse recevable pour frapper ceux que l'on aime. En quoi cela était-il nécessaire ? Il ne parvenait pas à le comprendre, incapable d'intégrer cette idée dans son encéphale. Le pire étant que Sean continuait à s'en vouloir, craignant qu'il ne le dégoûte... C'était incompréhensible, incompréhensible et grotesque. Et le silence qui habillait les lèvres de l'Irlandais n'était que le fruit de ce flot d'émotions contraires qui restait bloqué au fond de sa gorge.

Puis le désordre de ses pensées l'étouffait, peu à peu, laissant son cœur en suspens alors que les mains de Sean venaient entourer son visage pour qu'il le regarde à nouveau, pour que leurs prunelles s'accrochent et qu'il se détourne des crissements qui agitaient les méandres de son esprit. Alexander se fichait bien des taches de sang qui venaient maculer ses joues. Il s'évadait dans les profondeurs d'un regard qui le touchait bien trop pour son propre bien, avant de lui dire non. Catégoriquement. Quant à l'idée qu'il puisse l'écœurer. Ce qui l'écœurait appartenait aux autres, à leur inconstance, à leur trivialité. Ce qui l'écœurait appartenait aux exigences de soumission, aux attentes constantes alors que leurs mains et leurs âmes avaient déjà été pillées de tout le bonheur qui pouvaient y exister. Ce qui l'écœurait était le manque de fidélité et l'incapacité à tenir les promesses qui avaient pu être faites. Alexander était parfois lassé du monde dans lequel il évoluait, lassé d'être gentil alors qu'on lui crachait à la gueule dès que l'occasion se pointait. Ces pensées sombres l'assaillaient parce qu'il faisait face à ce qu'il avait voulu dépasser et qu'à travers certaines attitudes externes, il ne pouvait s'empêcher de voir le visage de son géniteur. Alors il le regardait, cherchant sans se l'avouer, à se focaliser sur lui. Puisqu'il en avait besoin pour se relever et qu'il voulait l'aider. Sincèrement.

Mais il n'a pas su lui répondre lorsqu'il lui demandait de quoi devait-il se rendre compte. Encore moins au contact de ses lèvres sur la commissure des siennes. Encore moins lorsque, tremblant, ses bras s'enroulaient autour de son cou pour rester auprès de lui... Et peut-être était-ce brouillon, peut-être était-ce injuste mais Alexander revint chercher ses lèvres pour les embrasser avec plus de franchise. S'autorisant à fermer les paupières alors que ses pensées assassines s'éloignaient dès lors qu'une de ses mains s'est glissée dans le désordre de sa chevelure mal coupée. Et malgré cette raison qui le rendait conscient de ce dans quoi il s'engageait, O'Brian ne reculait toujours pas. Excédé et stressé. Mal en point mais pas assez mal pour lui tourner le dos et l'abandonner à une misère qu'il ne méritait pas. Après quelques minutes, peut-être deux, peut-être trois, leurs bouches se sont quittées pour ne lui laisser qu'une nette cassure à la cadence naturelle que pouvaient avoir ses souffles. Est-ce qu'il se trompait ? Est-ce qu'il était responsable ? Peut-être. Et si ça le blessait, Alexander était pourtant incapable de mentir sur la manière dont Sean pouvait parfois le toucher sans le savoir. Il existe des choses que personne ne pourrait jamais expliquer... Il existe des choses qui dépassent les mots.

« De la douleur... De celle qu'il peut ressentir. Et de celle dont je me sens déjà coupable sans pourtant le connaître. »

Puisque trop bon, trop con. Il se souciait de quelqu'un qui devait probablement se foutre de lui.

« Je t'avoue que je ne sais pas quoi faire... » dit-il avec franchise et en prenant une profonde inspiration. « Mais tu me plais aussi. » Son regard l'avait quitté pour finalement revenir observer celui qui lui faisait face. « Tant pis si ça fait de moi un mec horrible. » Il tentait d'alléger les choses, d'alléger la lourdeur de cette ombre invisible qui pouvait flotter au-dessus de leurs têtes. « Faut que je te dise quelque chose moi aussi... Je n'ai jamais pu te laisser car j'ai promis à ta mère de te retrouver et de faire attention à toi. Elle est là-bas, Sean. À Polaris. » Retirant la main qu'il avait laissé vagabonder dans ses cheveux, Alexander tentait de calmer ses propres émotions, refusant de laisser Sean en absorber les poussières négatives.



harder than imagined, harder when it's cold. even when i'm playing in the fire, even when i'm doing it for all my life. harder than imagined, harder when i let it go...

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Sean Ezderna
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"No puedo respirar, ayúdame"

Hasta la victoria siempre - Comandante



J'aurais voulu mourir. Disparaître. Fermer les yeux, et m'endormir. Contre toi. Le visage enfoui dans ton cou. Puis respirer ton odeur,  comme pour me l'approprier.  M'en imprégner. Sans rien d'autre que la chaleur de ton corps pour me réchauffer. Aussi fort que les rayons de ce soleil sous lequel j'aimais tant m'allonger. De longues heures durant. Le grain de ta peau hérissant la mienne, si naturellement. Malgré un contact encore timide. Juste les prémisses de quelque chose survolant mon épiderme. Nada más que una promesa. Des frissons de bien-être courant à la surface de mon échine, tout en éveillant en moi un sentiment nouveau de légèreté. Mon cœur se soulevant et se remplissant dès lors d'un bonheur abstrait. Dans cet accomplissement précaire qui voulait me laisser croire que désormais tu serais là pour m'aider à combattre mes démons intérieurs. Et que grâce à toi, ces cauchemars qui écrasaient mes nuits de tout leur poids n'auraient plus jamais d'emprise sur mes rêves. Fatigué. Épuisé de toujours me débattre contre des ombres. Difformes et impalpables. Mais pourtant plus réelles à chaque fois que je m'effondrais à leur pieds. Rampant, suppliant, pleurant les larmes d'une honte que même de l'eau bouillante ne parvenait pas à laver.

Mais que la violence des poings de Nikolaï m'avaient forcé à ravaler. Pris à partie. Victime. Hallucinant et halluciné. Paranoïaque. Sujet à une folie de moins en moins passagère, omniprésente. Délirant. Me faisant lentement sombrer. Tout me paraissant hostile, dangereux, tout ce qui me touchait d'un peu trop prêt représentant une menace insurmontable. Complètement déchiré. Et donc, toujours sonné. Mais face à toi, pour des raisons juste très différentes de celles qui m'animaient un peu plus tôt à ton arrivée.

Alors s'il te plaît. Je te le demandais, reste. Reste avec moi Alejandro. Dans cette chambre. Entre nous. On avait qu'à rabattre les volets sur les fenêtres, faire comme si on étaient pas là. Tirer les rideaux. Oublier la vie qui passait, dehors. Pour toujours, et peut-être qu'à cette condition le temps accepterait de suspendre sa course. De t'offrir à toi, comme à moi, une trêve. Rien qu'un instant. De nous foutre la paix, avant. Avant que tu ne m'échappes. Baissant simplement les yeux lorsque tu me confiais ne pas vouloir être la raison pour laquelle on se séparait. Avec lui. Sauf que… je l'avais quitté. Droit. Honnête, le fils des mes parents. Le même depuis tout petit. N'ayant gardé pour unique bagage que leur éducation, et aussi leurs principes. L'homme d'un seul homme. Du coup, à quoi bon te culpabiliser ? Puisque je ne reviendrais pas en arrière. C'est comme ça que j'étais fait, façonné. Que je fonctionnais. Révolutionnaire et entier. Obstiné. Ne prenant rien à la légère. Sûr d'un choix dont je peinais néanmoins à prendre toute la mesure. Un choix important. Que ça passe ou que ça casse. Mes signaux se brouillant, incapable de savoir si ce que je ressentais pour toi se muerait un jour en sentiments amoureux. L'évidence m'effrayant. Parce-que je crois qu'au fond, je le savais déjà ça. Que tu ne serais pas qu'une passade, un moment d'égarement. L'aveu de t'aimer demandant d'abord à ce que la mort vienne me faucher. Ces trucs trop forts, trop intenses, ces émotions que j'éprouvais à ton égard à présent que ton regard se reposait sur moi, lourd de sens, teinté de colère et épris d'autre chose, la lueur brillant dans tes prunelles m'aveuglant, me laissant entrevoir la possibilité que tout ça, tout ça Alejandro, puisse aussi être partagé de ton côté. Même si là, c'est une énième larme qui dégringolait le long de ma joue. Tandis que je papillonnais des cils et que je clignais des paupières. Persuadé que tu allais me dire non. Me repousser. Bon et généreux. Détestant faire du mal à autrui, quitte à t'effacer. Mais je ne voulais pas. Reste. Mes bras entourant encore une minute ton cou.

Allant jusqu'au bout de ce que je pouvais te donner. Il ne tenait plus qu'à toi de choisir de d'interposer, à toi et j'hésitais. Est-ce que je n'en avais pas déjà trop dit… trop fait. Est-ce que je n'en attendais pas trop… de toi. Dépendant. Ce soir en tout cas, et peut-être beaucoup plus que ça. Mes bras se mettant à glisser et à desserrer leur prise. Un peu effaré devant les torsions de tes traits. Tourmenté. Ta mâchoire se crispant et ta main ouverte se contractant pour devenir un poing. Ne sachant plus de quelle façon décrypter des préoccupations que je n'avais pas encore l'habitude de voir s'afficher sur ton visage. Beau. La couleur de tes yeux m'évoquant le bleu du ciel.

Ce qui ne m'empêchait pas d'esquisser un mouvement de recul lorsque tes lèvres prenaient les miennes. Mes iris s'écarquillant pour mieux te regarder, Tu m'embrassais… pour de vrai. Après m'avoir certifié que non, je ne te dégoûtais pas. Que je n'avais pas sur toi un effet répulsif. Le corps abîmé. La peau continuant à se déchirer, prostitué.  Mes yeux ne se fermant qu'au moment où l'une de tes mains se glissait dans mes cheveux. Les paupières fendues. Mes doigts effleurant ton torse, mon rythme cardiaque implosant et subitement, c'est mon souffle se mêlant au tien qui m'aidait à respirer. Gauche. Craintif, comme si on ne m'avait jamais embrassé. Comme si tu étais le premier. La douceur de tes lèvres gommant les rugosités de tout ce que ces autres m'avaient fait. Te rendant du bout de mes lèvres à moi ce baiser que j'avais tant désiré, avant de réellement le partager.  Planant. Plus à cause de la drogue ni même des vapeurs d'alcool. Juste parce-que tu m'enveloppais Alejandro. Me mettant en confiance, chacun de tes actes prenant une valeur inestimable à mes yeux clos.

Alejandro… qu'est-ce qu'on allait devenir ? Demain, sous l'éclairage d'un nouveau jour, est-ce que je te plairais encore un peu…

La poitrine comprimée, c'est ma cage thoracique qui poussait pour se soulever. Culpabilisant encore. De te placer en porte-à-faux, de faire de toi un homme que tu refusais d'être, de te rendre coupable de ce quelque chose dont j'avais décidé seul. Mes lèvres se séparant des tiennes à contre cœur, pour t'écouter. Me dire que tu ne voulais pas lui faire de peine à lui. Nikolaï. Alors je te faisais une dernière confession.

- Rien n'est de ta faute… s'il n'était pas venu me trouver, peut-être bien que tu n'aurais jamais rien su de tout ça. C'est son retour qui  a… il faut que… Alejandro… je lui ai dit qu'il y a quelqu'un d'autre. Il sait. Mais je lui ai pas vraiment parlé de toi… j'avais pas prévu de…

Ce n'était pas ta faute. Je m'exprimais mal, mais tu n'étais responsable de rien. Ni de me plaire, ni de provoquer une séparation sans doute inévitable entre Nikolaï et moi. Deux ans étaient passés. Deux années à porter un deuil inutile et à m'interdire de vivre. Deux ans à croire qu'il était mort par ma faute, parce-que je n'avais pas su le protéger. Deux ans Alejandro, dont toute une année avec toi. Je lui en voulais tu sais. Je ne comprenais pas sa colère, ses reproches. Les coups m'ayant été portés me blessants plus que de raison. Dis-moi, explique-moi pourquoi l'amour devait exiger toujours plus de l'être aimé. Puis pourquoi je me détestais de t'imposer ça, pourquoi ! Tu ne savais pas quoi faire, mais je ne te laissais pas indifférent. Moi aussi je te plaisais. Et j'avais tellement l'impression de me répéter, de ressasser les mêmes choses. La tête prête à éclater. Les joues trop chaudes et les oreilles qui me brûlaient. J'aimais mieux te voir sourire. T'entendre rire.

- T'es pas un mec horrible, t'es même le garçon le plus gentil et patient que j'ai jamais connu. Je mens pas. C'est vrai.

Comme si j'en avais connu des tas. Des mecs je voulais dire. En fait, je n'avais que très peu d'expérience avec les hommes. Mis-à-part Nikolaï. Et ça ne s'était produit qu'une fois. J'avais porté la capote. Le reste… ça ne comptait pas. N'est-ce pas ? Ce qu'on m'avait contrait de faire…

- J'en ai pas connu beaucoup remarque… y'a eu personne entre Niko et toi… juste vous.

Va savoir pourquoi je ressentais le besoin de me justifier. De me purifier. Comme je pouvais, de me défendre et de me réapproprier mon corps.  Je n'avais pas attendu mes vingt-et-un ans pour finir comme ça. Je n'avais pas été fidèle durant trois ans à la même femme pour qu'on me traite comme ça. Je n'étais pas ce que j'avais l'air d'être Alejandro. Je te le jure. Ce n'était pas moi tout ça.

Et d'un coup, ma semi-nudité me remettait au supplice. Me couvrir. Je voulais te cacher mes cicatrices, et ces initiales immondes. Alors, je te fuyais. Pas physiquement, mais juste des yeux. Cherchant une veste, un pull. N'importe quoi.

- Alejandro, tu peux m'aider s'il te plaît ? Quoi… qu'est-ce que tu viens de dire… Alejandro !

J'avais dû mal entendre. Me tromper. Les sourcils froncés, je retournais la tête vers toi. Délaissant le pull qui traînait sur mon lit et que je te désignais en essayant de pointer le doigt. Un doigt qui refusait de se tendre pour te montrer. Trop occupé à te dévisager. Qu'est-ce que t'étais en train de me dire là… Mamá.  Ici. Sur l'île. En Irlande et à Polaris. Mi madre. Et toi, qui m'avouais ne jamais avoir pu me laisser à cause d'une promesse faite. Parce-que tu lui avais donné ta parole. Me retrouver. Faire attention à moi. Alors c'était quoi tout ça Alejandro… de la pitié. De l'affection. Ou encore autre chose. Je ne voulais pas que tu te sentes responsable de moi. Je ne voulais surtout pas que tu te sentes obligé de quoi que ce soit à mon attention. Ta main délaissant mes cheveux. En stress, autant que je pouvais moi-même l'être.

- Tu te rends compte que ça fait douze ans que j'ai plus vu ma famille… pourquoi tu m'en as pas parlé avant ? Et mon père et mon frère… ils sont là-bas aussi ? Mamá… dis-moi qu'elle va bien, je t'en prie. J'arrive pas à le croire… t'es vraiment venu à Riverdall pour moi ? Je me sens pas bien… t'es venu pourquoi au juste ? Parce-que tu t'inquiétais ou juste pour tenir ta promesse… je dois aller la rejoindre…

Suffoquant, je me sentais pris à la gorge. Une toux sèche et mauvaise me pliant en deux. Mes bras se croisant sur mon torse et mes poings se refermant de façon abrupte. L'un d'eux se pressant contre mon cœur. Ça me lançait. La barre dans ma poitrine réapparaissant. Qu'est-ce que tu attendais de moi maintenant ? Et des souvenirs remontaient, des images de ces temps heureux et insouciants. Les paroles de cette berceuse que maman me chantait… Hijo de la luna… j'avais besoin de redevenir son bébé. Comme elle m'appelait.

Ne m'en veux pas Alejandro. Excuse-moi. Juste rassure-moi et permets-moi de t'appartenir vraiment ou de tout arrêter maintenant. Avant qu'on s'attache. Je voulais être avec toi pour les bonnes raisons et pas t'enchaîner par obligation.

Alejandro… y esta chica ? No quiero privarte de tu felicidad. No nos engañes. Moi j'étais sincère avec toi...


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Perdóname. Si sueñas con otro yo, otra vida. ¿Cómo podría engañar a la muerte cuando ella sonríe? Una vez más, una noche más. Perdóname. Si el volcán profundo de mí no sale. Si la furia de los recuerdos no vuelve. Perdóname. Nadie sabrá mejor que tú...
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