The Island of the damned est un forum post Apocalyptique rassemblant un grand nombre de créatures surnaturelles.
 

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 Nunca serás un rebelde, mi muchacho▲Feat. Amarok

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Sean Ezderna
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"Nunca serás un rebelde, mi muchacho."

Hasta la victoria siempre - Comandante



Il voulait ressembler à un homme. Ouais. À un véritable rebelle, l'un de ceux possédant un si lourd passif à son actif qu'en ce jour semblable à tant d'autres, rien ne lui permettait de venir s'y mesurer. Son ego ne soutenant aucune comparaison. Mais pourtant, il donnait tellement l'air d'avoir envie de jouer dans la cour des grands. Il fallait le regarder. Toujours en rivalité avec ce qu'on représentait, Enfin. Au moins à ses yeux. Et rien que pour ça, je le respectais. Ce gosse portait ses couilles. Fièrement. Sans pour autant éprouver le besoin de nous castrer.

Nous. Ses aînés. Anciens esclaves, juste des affranchis. Des survivants, mais surtout des hommes sacrifiés. Rien que les oubliés d'une guerre ne servant aujourd'hui encore qu'à assouvir les désirs de domination des uns, la soif de pouvoir des autres et aussi à appuyer les intérêts personnels  de tous ceux qui restaient. Formant une coalition d'hypocrites, de menteurs, de pseudos manipulateurs qui pensaient sans doute pouvoir nous la faire à l'envers. Mais la vérité, c'est qu'ils se foutaient tous qu'on retrouve ou pas notre liberté.  Les humains que nous étions ne restant que du bétail pour eux, rien que de la chair à canon. Nos pairs nous ayant trahis et abandonnés. Alors j'attendais avec impatience de revoir Aindreas, le grand alpha. Un vrai dur à cuir. Il paraît. Mi hermano. Même si j'en riais. Avec une amertume non dissimulée. Rageur et enragé. Juste pressé de le mettre face à ses responsabilités.  Ce connard. Je lui en voulais tellement putain. Blessé et injuste peut-être. C'est ça. N'acceptant d'ailleurs de ne me rendre à cette réunion souterraine qui se préparait que dans un seul but. Lui foutre la misère. Le reste, ça ne me concernait plus. Désolé. Parce-que j'annonçais, ouvertement et sans détour, sans retour en arrière possible, cash et toujours sincère dans chacune de mes intentions, qu'il ne fallait pas s'attendre à me voir lever le petit doigt. Pour aucun de ces bâtards. Prêt à assumer mes décisions et mes actes. Comme si de toute façon, tout ça, toute cette agitation, pouvait échapper à Tullamore.

Era mi derecho, mi deber. Donc, à partir de là, de cette certitude dont je ne démordais pas, qui pourrait trouver à y redire ? Lui peut-être. Ce môme qui se prenait pour un leader. Amarok Donoma. Uniquement parce-qu'avec Scott, ils se plaçaient à la tête de Riverdall et qu'avec notre consentement à tout, ils s'étaient tous les deux érigés au rang de protecteurs des limbes. Après, la vérité, toute bête et toute nue, c'est que je ne voyais à ça rien de très contestable. Son job, il le faisait bien. Il avait les épaules solides et au vu des souffrances qu'il lui avait déjà fallu endurer pour son jeune âge, il forçait l'admiration. Moi, à vingt et un an, je découvrais à peine l'amour et vivait sous la protection de la rébellion. Encore sain. Ma famille n'ayant pas été assassinée sous mes yeux. Aussi, et pour toutes ces raisons, je me pliais à ses règles sans jamais les discuter. Dans l'absolu. Dans tout ce qui me paraissait acceptable et tolérable. Par contre, ce que je comprenais un peu moins bien, c'était sa détermination à venir en aide aux vampires. Un peu trop strict à mon goût sur tout ce qui touchait à la coalition. De mon point de vue. Tout simplement parce-que pour l'instant, c'est quelque chose à quoi il m'était impossible d'entièrement adhérer.

Raison qui me poussait si souvent à jouer la provocation. Le défiant. Le testant, comme on m'avait moi-même mis à l'épreuve. Pour qu'il sache à quoi s'en tenir. Tout en allant le prendre et le surprendre sur son propre terrain. Veillant toujours à faire vibrer ses cordes sensibles, par pur esprit de défi. Et aussi pour lui rappeler que de toute façon personne ne lui ferait de cadeaux. Que rien n'était jamais acquis et que l'air de rien, il avait encore beaucoup à apprendre. Même si au fond, on se complétait plutôt pas mal. Lui qui formait les gars au combat et moi qui prenait le relais avec les nouvelles recrues désirant partir en raid. Un juste équilibre.

Normalement. En principe. Ce qui ne m'empêchait pas de régulièrement venir empiéter sur son territoire. La trentaine. Un passé de rebelle, de combattant et de révolutionnaire. Alors avec ma clope à la main, une clope que je portais de temps à autre à ma bouche afin de la coincer entre mes lèvres pour tirer dessus, je me ramenais comme si de rien n'était. Pour m'adosser contre le hangar duquel Niko avait pété une vitre l'autre nuit et que j'avais sciemment fini de briser, puis d'exploser à coups de pierre pour couvrir sa présence en territoire ennemi. Prenant le blâme à mon seul compte. Me demandant à présent si c'était tricher, tromper, trahir, que de mentir par omission ? Le problème c'est que je ne me voyais pas trop balancer à tout le monde qu'un Tullamore avait franchi nos sentinelles et que j'avais poussé le vice jusqu'à le reconduire à son point d'arrivée afin de m'assurer que rien de grave ne lui arriverait. Parce-que j'en étais amoureux. Et qu'en quelque sorte, ça me rendait complice. Non pas que j'approuvais une quelconque forme de massacre, encore que. Les choses changeaient. On devenait sans pitié, sans sentiments. On ne pensait plus qu'à se venger et moi, je voulais qu'ils crèvent. Jusqu'au dernier. Ces saloperies de vampires, qui pompaient notre sang et avec lesquels ce gamin auquel je prêtais allégeance et pour qui je me dévouais corps et âme, entretenait des rapports plus que contestables. Enfin. Avec au moins l'un d'entre-eux. Jazeem. De son nom. Une impasse qui nous conduisait tout droit vers un cul de sac.

Altérant notre entente. Mettant en danger nos alliances, et attisant mes colères. Générant des états incontrôlables qui faisaient qu'à cet instant précis, je lui emboîtais le pas lorsqu'il me passait sous le nez pour se rendre au local où se déroulait les entraînements en intérieur. Cherchant la faille. Attendant avec impatience de le voir à l'œuvre et curieux de savoir à quoi ressemblerait sa leçon du jour. Puisqu'il faisait grand jour. Un jour rassurant, un jour trop lumineux sans doute pour moi. Conscient qu'il deviendrait un rival redoutable. Rapide. Puissant. Mais pas encore infaillible. Toujours en compétition, et un peu plus particulièrement avec moi. Nous plaçant dans une dynamique de rivalité que je ne faisais rien pour enrailler. Por la sencilla razón de que nunca serás un rebelde, muchacho.

Puis au-delà de ça, j'avais bien le droit de prendre des leçons moi aussi. Rien ne me l'interdisait. Par conséquent, j'écrasais ma clope avant d'entrer à mon tour dans la salle. Retirant mon blouson et le balançant dans un coin. Sans un mot, sans faire de bruit. Restant juste debout et croisant les bras sur mon torse. Le visage fermé. Les doigts encore pris dans des bandages à cause de mes dernières conneries en date.


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Perdóname. Si sueñas con otro yo, otra vida. ¿Cómo podría engañar a la muerte cuando ella sonríe? Una vez más, una noche más. Perdóname. Si el volcán profundo de mí no sale. Si la furia de los recuerdos no vuelve. Perdóname. Nadie sabrá mejor que tú...
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Nunca seras un rebelde
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Les démons, ils étaient partout depuis quelques années. Depuis toujours en réalité même si on se voilait la face, même si on se persuadait que tout aller bien dans un monde où tout aller en fin de compte, mal. L’univers s’était dégradé depuis quelques temps, depuis le début des années 2000, depuis cet instant ou l’homme a réalisé que tout partait en couille, que la terre tentait de reprendre ses droits par le biais de catastrophes naturelles plus ou moins violente. Les tsunamis, les tempêtes, les incendies, les éruptions volcaniques, ça fait déjà bien longtemps que le monde n’était plus épargné. Qu’est-ce qu’on pouvait espérer de pire ? Une apocalypse avec une invasion de zombi ? On en était pas loin et on n’avait rien vu venir. Les sacrifices humains avaient pourtant repris depuis presque dix ans, les camps FEMA en étaient la preuve. On y enfermait soit disant les délinquants, mais aussi les gens de convictions religieuses différentes que les catholiques, rappelant l’époque sanglante de l’inquisition. Les homosexuels, Tao en avait été la victime. Les gens que l’on jugeait différent. L’homme était au cœur même d’une épuration et personne ne voulait rien voir. On rejetait la faute sur ces êtres surnaturels, parce que c’était plus simple, mais ce n’était pas eux les coupables. Mais pour se rendre compte de cette évidence fallait-il avoir connu l’horreur de dehors, l’horreur du monde réel et non pas ce qui se passe ici en Irlande.

Cette horreur je l’avais vu, je l’avais connu, elle m’avait transformé en quelque sorte. Je voyais les choses différemment, me souvenant de cette époque qui n’était pas si lointaine. Mais comment en parler ? Personne ne me croyait vraiment. Parce que la race humaine refuse de hurler cette réalité, elle refuse de se dire coupable de bien des choses. Je pense que c’est ça qui me rend en colère et qui me pousse à devenir l’un dès leur. C’est dans mon sang, dans mon ADN, et même si ça fait peur, même si je ne dis rien pour rester ici, proche de mon peuple, je suis fier de ce que je suis. De ce que je deviendrais. Parce que si je le fais ce n’est pas pour moi mais pour eux. Pour nous donner une chance de gagner, de combattre et de retrouver cette liberté qui nous a été retiré. Je pactise avec ces démons parce que nous sommes tous coupables. Personne n’est innocents, ni les hommes. Il serait temps qu’ils arrêtent leur hypocrisie et qu’ils se rendent à l’évidence. Parce que l’homme est peut-être en réalité le seul coupable de ce qui lui arrive. Peut-être que la terre, que notre mère nature a fini par se retourner contre lui, voulant procédé à elle seule à une purge de cette race abjecte dont je fais partie. On n’a que ce que l’on mérite. C’est ma triste vérité, celle que je me dis, parce que c’est plus simple. On ne vaut pas mieux.

Personne ne vaut mieux qu’un autre peu importe notre histoire. La haine des uns et des autres nous rends responsables de ça. Ma haine pour eux, me force à faire des erreurs, à réagir comme un imbécile, sans réfléchir. Je leur en veux, à tous ces hommes. Plus qu’à ces créatures. Pour des raisons plus ou moins valables. Un vampire fait ce qu’il fait parce qu’il est ce qu’il est. Il tue pour survivre. L’homme lui, tue par plaisir, par cupidité, par simple instinct de conquête. Il tue, parfois pour le plaisir. On en souffre, depuis toujours. Nous autres, que l’on a longtemps nommé peau rouge. Pour notre peau bien trop brune à leur goût, pour nos coutumes jugées barbares, mais ils ne savent rien parce que la différence leur fait peur. On nous a simplement éliminé, parqués dans des réserves sur notre propre territoire, même des années après les premiers massacres. Des siècles plus tard. On nous jugeait, encore. Alcooliques, parias, rebus de la société et tout ça pourquoi ? Pour une histoire que nous n’avons en aucun cas demandé la finalité. On était prêt à partager, on n’était prêt à capituler, mais les blancs ne voulaient pas, partager. Ils voulaient plus, et c’est ce qu’ils ont eu. Est-ce qu’ils sont mieux que les autres ? Je pense qu’ils sont pires. Tellement pires que tous les reste. J’en veux à la terre entière pour tout ça.

Alors je forme, je forge dans ces convictions que je tente d’inculquer aux miens. Sans doute à tort bien plus qu’à raison. Mais l’homme ne vaut pas mieux. Nous en faisons partie, mais c’est à nous de faire nos propres choix. Deux loups sommeil en nous. L’un est bon, l’autre mauvais. Mais celui qui survis reste celui que l’on alimente. Nous sommes aptes à faire nos propres choix et à devenir meilleurs qu’eux. Meilleurs que ces hommes qui ne font que massacrer pour leur propres intérêts. C’est aussi ça que je veux leur apprendre. Apprendre à combattre pour une cause qu’eux-mêmes penseront juste. Et si on n’est pas d’accord avec moi alors soit, je respecte. Parce que le respect reste la base de tout. Et ça commence par la tolérance. Cette tolérance que mon peuple n’a pas connue dehors. Cette tolérance que je n’ai pas connue. Pour ma couleur de peau, pour mon orientation sexuelle, par beaucoup trop de choses qui me représente. Je suis fier malgré tout de ce que je suis, je ne baisserais plus jamais la tête devant qui que ce soit, alors que l’on vienne me défier, je n’ai pas peur. De personne. Et si je dois mourir alors qu’il en soit ainsi, mais je mourrais fier, en Cherokee, hissant haut les couleurs de ce peuple que je représenterais jusqu’à mon dernier souffle. Que l’on ne vienne plus nous écraser. Jamais. Parce que je suis un survivant. Parce que je suis encore là. Parce que nous ne sommes pas morts encore.

Ma haine remonte à loin. Et c’est ça qu’il ne comprend pas. Lui qui me regarde, qui me défit sans cesse. J’ai des choses à apprendre, je le conçois, mais je sais des choses que lui ne connait pas. Lui faisant face, j’ai croiser les bras sur ma poitrine. « Qu’est-ce que tu me veux Sean ? » que je lui ai dit, décroisant mes bras pour les laisser tomber de part en part de mon corps. Je n’avais pas envie de me battre aujourd’hui. Le cours n’aura pas lieu aujourd’hui. La réunion approche, j’ai bien des choses à leur dire et j’ai la tête ailleurs. J’en ai marre de perdre, j’en ai marre d’échouer, je veux gagner. Et je gagnerais cette fois. Déterminé à aller au bout même si je dois le faire tout seul. Je sais que ses convictions ne sont pas les miennes. Mais on traine tous nos casseroles. Il ne comprenait peut-être pas mes choix, il ne comprenait peut-être pas ce qui me poussais à choisir ce qu’il jugeait être le mauvais camps mais il avait ses raisons, des raisons que je respectais bien que je refusais de mettre la coalition en danger pour les choix d’un seul homme. « Ecoute si t’es venu me chercher des noises ce n’est pas le moment. » J’étais agressif avec lui.

J’allais mal, je le savais, j’avais repoussé Elijiah prétextant que je n’avais besoin de personne et j’étais en train de péter les plombs, j’en avais conscience. Peut-être que je me sentais un peu seul dans mon combat et que ça me rendait con. Je n’étais pas parfait, j’avais des défauts moi aussi, et en ce moment je savais que cette colère ne donnait pas la plus belle facette de ma personnalité. « Excuses-moi, c’est pas une bonne semaine, je peux t’aider ? » Non ce n’était pas une bonne semaine. Ma rupture avec Elijiah, l’annonce de la réunion, le stress, l’angoisse, Tullamore qui prenait de plus en plus de terrain dehors. Je pense que j’avais besoin de décompresser, de faire ce que les jeunes de mon âge font en temps normal. Ces choses que je ne faisais plus depuis trop longtemps. Me détendre et arrêter de penser dans la mesure du possible.






You better lose yourself in the music, the moment. You own it, you better never let it go. You only get one shot, do not miss your chance to blow. This opportunity comes once in a lifetime yo. The soul's escaping, through this hole that is gaping. This world is mine for the taking. Make me king, as we move toward a new world order.
     
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Ce que je voulais ? Le provoquer…

Dans un premier temps en tout cas, il me semble. Ou du moins au départ. Lorsque je lui avais emboîté le pas afin de le suivre. Jusque dans ce local faisant office de salle d'entraînement. Pour le tester. Le bousculer, et aussi pour savoir comment il réagirait si tant est qu'on en vienne à le pousser dans ses derniers retranchements. Si eso es todo. Le défier, c'est bien ce que je cherchais à faire. Sans conteste.

Alors ce que je voulais, je crois que ce n'était pas trop difficile à deviner. Parce-que dans l'immédiat, ça se résumait surtout à m'assurer qu'il saurait prendre les bonnes décisions au moment opportun. Avant tout autre chose. Et pas seulement pour lui-même, mais pour nous tous. La communauté. Au nom du collectif. Juste pour ça. Juste pour avoir la certitude inébranlable qu'il ne compromettrait pas nos chances de survie par égoïsme. Dans son intérêt personnel. Porté par la haine, la rancœur, habité par ce sentiment d'injustice qui allait à l'encontre de mes plus profondes convictions. Ce pourquoi je respirais encore. Pro Tullamore. Anti-coalition, du côté des hommes. Mais fidèle aux miens, à ceux qui m'avaient aidé et à qui je devais beaucoup plus que ma liberté. Et puis peut-être qu'en me mettant en tête de le confronter à ses lacunes, ce sont les miennes que j'essayais de combler. Tant je me sentais faiblir et décliner ces derniers temps. Les seuls rayons du soleil ne suffisant plus à redonner des couleurs à mes joues. Le teint délavé. Les heures, les minutes, les secondes défilant si vite que j'éprouvais l'amère et effrayante impression de ne plus arriver à suivre le mouvement. Tic-tac, tic-tac, tic-tac. Les aiguilles du temps s'emballaient.

Tournant à l'envers comme pour mieux compter et éprouver ce temps qu'il me restait. Me foutant le cœur en vrac.  Plus encore lorsqu'il ouvrait la bouche afin de parler. Contrarié.  Le ton acerbe qu'il employait n'en accentuant que davantage les élancements jaillissant de ma poitrine et resserrant autour de moi l'étau d'une mort programmée. Puisque, que je veuille continuer à le nier ou pas, la réalité me rattrapait. En sachant que c'est à coups de lignes de vie entrecoupées que je me tuais. Cultivant le silence et me cachant à moi-même ce qui se passait dans mon corps. Enfermé dans un déni qui ne suffisait dorénavant plus à  diminuer l'intensité des symptômes.

Comme une étoile filante je passais. Ne demandant au final qu'à assister à l'un de ses entraînements. Pour le débriefer ensuite. Parce-que si je devais l'aider à atteindre le point culminant de ses capacités, ça ne pouvait être que maintenant. Pas plus tard. Ni demain.

J'en avais le pressentiment. Pourtant, je me taisais. Pensant à toi Alejandro. J'avais envie qu'on construise un truc tous les deux tu sais. Mais tu méritais mieux. Comme Nikolaï, c'est à ton bonheur que je songeais en priorité. D'autant que tu n'avais pas besoin de t'inquiéter inutilement pour quelque chose dont je ne connaissais pas vraiment la cause. Quelque chose dont je faisais totalement abstraction en plus. Conscient ou inconscient des dangers que j'encourais et de la gravité de mon silence. Je crois.

Plus très lucide depuis que j'avais essayé de me donner la mort devant un portrait inanimé. Plus depuis que dans un shoot, j'avais combiné de l'héroïne pure à de la cocaïne. Plus depuis que j'avais commis l'irréparable. Me brisant les doigts en m'éclatant les phalanges contre le mur de ma chambre. Défoncé, complètement ivre. En pleine crise de panique. Pour ne pas entrer dans le détail. Hésitant encore trop souvent entre vivre ou mourir. Ce qui fait que je refusais de l'entraîner dans ma chute, même s'il était un peu tard pour ça. Cet homme que je repoussais sans cesse, parce-qu'il me plaisait et que ça me flippait. Alex méritait autre chose qu'un mec brisé. Autre chose qu'un type réfractaire à toute forme de contact et sans doute condamné. Parce-qu'il avait déjà perdu la femme qu'il aimait d'un cancer et que je comptais pour lui.

Si j'avais eu des doutes, il n'en restait désormais plus rien. Mierda. Faisant primer leur bien-être à tous les deux avant le mien. Hijo de puta. M'enfermant dans une solitude n'ayant pour seules cloisons que celles de mon esprit. Bien plus attentionné envers les autres qu'envers moi-même. C'était ma façon d'être. On ne se refaisait pas, puis le môme là, je sentais qu'il allait mal. Hostile dans sa posture. S'opposant à tout ce que je pouvais incarner. Du moins, c'est comme ça que je le ressentais. Prenant aussitôt le parti de calmer le jeu.

- Quienquiera que frecuenta a los hijos del diablo corre a la ruina.

Celui qui fréquente les enfants du diable court à sa ruine. C'est ce que je lui répondais. Repoussant du mieux que je le pouvais mes propres angoisses pour cristalliser mon attention sur les siennes. Mes lèvres se fendant d'un sourire doux et tranquille qui venait trancher avec l'air sérieux et sans doute hostile que me donnaient mes sourcils froncés. Lorsque je soupirais et que j'en décroisais les bras pour lever les mains en signe de capitulation. Ça va. Je lâchais l'affaire. L'air peu amène que j'affichais à mon entrée dans le local cédant aussitôt sa place à un visage beaucoup plus chaleureux. Malgré les ombres venant creuser mes cernes. Un peu comme si mes envies d'en découdre essayaient encore de conjurer le mauvais sort. Comprenant qu'Amarok avait visiblement besoin de parler, d'échanger. Plus que de se faire mettre sur la gueule. Ce qui fait que je sortais de la poche arrière de mon bas un paquet de clopes pour le lui lancer.

- T'as un briquet à l'intérieur.  Puis y'a pas de mal, t'inquiètes. On est tous sur les nerfs en ce moment, regarde.

Mettant en évidence mes bandages aux mains, je voulais qu'il comprenne bien qu'il n'y avait aucun mal. Que j'en avais vu d'autres. Qu'on m'envoie chier parce-qu'en soi, je l'avais cherché, ce n'était pas très grave. Après tout, je n'avais qu'à mieux choisir mon moment pour venir lui chercher des noises comme il disait. Timing de merde. Donc, j'oubliais volontairement de relever la pointe d'agressivité que l'intonation de sa voix contenait. N'en rendant ses paroles que plus acides. Plus indigestes. Acceptant ses excuses de bonne grâce.

- C'est Jazeem qui te fout en l'air, ou c'est juste tout ce bordel qui te colle les boules ?

Néanmoins, je n'en perdais pas nos différends de vue pour autant. Mais sans l'oppresser. Posé. Initiant une discussion basique, simple. Sans complications. Tout en me laissant glisser pour m'asseoir, mes cheveux coupés s'éparpillant sur le mur. Attendant qu'il me revoie mes clopes pour m'en griller une, tandis que je choppais ma veste pour en sortir un sachet de poudre. Ressentant les effets de ce manque qui promettait de se profiler à l'horizon d'ici à ma prochaine prise. Qu'il voit de ses yeux. Qu'il saisisse bien que mes opinions ne faisaient pas de moi quelqu'un de meilleur.  Ni de pire. Puis, la dope. La came. Peu importe, tout ça n'avait rien de secret. On savait que je me défonçais. Que je buvais de trop, et que lorsque mes mains se mettaient à trembler, alors mieux valait me foutre la paix. Le sachet pris entre mes doigts me rassurant et me donnant une sensation de contrôle.

En revanche non, je n'avais pas pour intention de lui en proposer. Jamais. Infecté, mais pas contagieux…


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« Je ne comprends pas ce que tu dis mais si tu veux jouer à ça, pas de soucis.» Il a parlé espagnol, cette langue, je ne la comprenais pas. Tout naturellement j’avais répondu en usant de la mienne, ma langue natale, le Cherokee, sachant qu’il ne comprendrait pas plus. Un discourt de sourd qui commençait très mal. Mais je le reconnaissais, j’étais sur la défensive, j’étais en colère, et je ne voulais parler à personne même si j’avais conscience que l’enfermement n’était pas la solution. Il m’a lancé son paquet de cigarette que j’ai réceptionné sans peine, le faisant tourner dans mes mains. Je ne fume pas, je n’aime pas ça, sauf quand il s’agit du calumet mais j’en ai pourtant pris une, pour faire passer l’amertume et ces pensées négatives. Allumant le bout sans me poser de question, inspirant la première bouffée, manquant de tousser un coup, peu habitué. On aurait simplement dit un ado qui se cachait pour crapoter histoire de jouer les dures à cuire. C’était ridicule. Je me sentais ridicule. « Je ne fume pas vraiment. Mais merci.» que j’ai répondu en relançant le paquet en sa direction. Le regardant s’assoir par terre. Ce qui me fout en l’air ? Tellement de choses. Une accumulation d’évènements. Un ras le bol permanant, constant, cuisant, ce genre de sentiment qui nous fait bouillir sans trop savoir pourquoi. Je me sentais mal et je ne savais même plus pourquoi. Ezechiel en avait été la cause mais après notre soirée peut-être que c’était moi qui me monter le bourrichon tout seul, comme un grand, sans aide, sans qui que ce soit pour déclencher tout ça.

Je laissais la cigarette se consumer, lentement, me laissant tomber en face de lui, par terre, à même le sol, comme à l’époque où on se posait en cercle avec les copains pour discuter, buvant des bières dans le dos de nos parents, caché derrière le garage de chez Jackson. Son père buvait tellement que nos cadavres passaient inaperçue. On parlait, de tout et de rien avec les copains. Des fois ils me demandaient comment c’était le lycée, là-bas, dehors, loin de la réserve. Ils me demandaient comment était Tao, et parfois, ils me reprochaient de passer trop de temps avec lui. M’insultant en prétendant que j’oubliais nos racines pour un étranger de Japonais. Un jour, après avoir bu un peu trop de bière, j’ai trop parlé. Lançant naturellement que je couchais avec l’étranger de japonais, et que je l’aimais. Ils n’ont pas compris, mais ils ne m’ont pas jugé pour autant. Répondant simplement que ça expliquait mes aller et venu à China Town et que mon secret serait bien gardé au chaud, là, derrière le garage de chez Jackson. Parce que c’est ce que l’on faisait depuis toujours, garder nos secrets dans cet endroit qui nous appartenait. Même malgré nos désaccords. Les copains, ils avaient été là après l’exécution de Tao. Les copains, ils n’ont pas trouvé les mots parce qu’ils n’ont pas eu la force d’en sortir un seul de peur de dire une connerie qui fasse mal. Les copains, ils se sont contentés de ça, de rester à côté de moi sans ne rien dire. Tendant une bière. En silence. Les copains, ils étaient toujours là sans juger. Et ça me manque quelque peu.

C’est ce genre de silence dans lequel je nous avais plongé après sa question. Jazeem. J’ai tiré sur ma cigarette, avant de parler, crachant la fumée en même temps. « Je l’ai largué. » Un terme brutal, vulgaire, qui voulait tout dire. Je l’ai largué comme si je m’en étais débarrassé. Rapidement. Sans préavis. Sur le bord de la route. Je voulais m’en convaincre. Ne plus y penser. « Je ne sais pas pourquoi je l’ai fait mais je l’ai fait. Ca ne pouvait pas marcher de toute manière. Nous autres on a une durée de vie assez limité.» Bullshit ! Une espérance de vie très courte. Je pensais que si je me voyais dépasser les trente ans ça serait un miracle. C’était défaitiste, mais au moins si je fêtais mes trente-et-un je serais content. Et puis Elijiah je l’avais aimé, mais je ne savais plus si ça avait été pour les bonnes ou les mauvaises raisons. J’avais fait n’importe quoi. Et la seule chose que je pouvais faire pour revenir en arrière était de passer à autre chose, tourner la page. Je ne sais pas pourquoi je lui parlais de ça aussi naturellement. Ce type, il n’était pas mon copain, il n’était même pas mon allié. On l’avait sauvé, recueilli, on lui avait donné un rôle, un but, une liberté. J’ai fixé ce paquet qu’il tenait dans ses mains. Cette cocaïne. Avant de le regarder lui, sans doute un peu froidement. « Je ne sais pas où tu trouves cette merde mais si c’est un type de Riverdall qui te la refourgue ça ne va pas le faire. Je ne veux pas de ça chez moi. » Chez moi, chez nous, cette ville qu’on avait bâtît à la sueur de notre front. C’était brutal sans doute, mais j’avais toujours détesté ça.

Tao en avait fait les frais quand je l’avais surpris en train de snifer après la mort de son père. Son dealeur aussi. On avait des enfants, des jeunes, et je refusais que les addictions néfastes du dehors franchissent nos portes. On avait une guerre à assumer et on se devait d’avoir toute notre tête. Toute notre concentration, surtout que lui avait des jeunes à former. « Ecoutes mec, je sais que toi et moi on n’est pas en raccord parfait mais si tu dois former les jeunes j’espère au moins que t’es clean. Je ne sais pas pourquoi tu te détruis comme ça, je ne sais pas ce qui se passe dans ta vie, mais c’est pas la solution. Tu te relèves où tu tombes. Si t’as besoin de parler t’es pas tout seul. Mais si tu décides de refuser qu’on t’aide on ne pourra pas faire des miracles. Riverdall c’est une chance pour nous. Tu le comprends ça au moins ? Cette ville si elle tient c’est grâce à nous. Alors ok on n’a peut-être pas le confort de dehors, de ces bourgeois qui se laissent aller au fond de leur canapé après leur journée exténuante au boulot. Mais nous au moins on connait des choses qu’eux ne savent pas. Nous au moins, on survivra à l’apocalypse. Ressaisi-toi amigo. Cette merde elle va te détruire. Autant creuser ta tombe tout de suite. » Autant lâcher prise entièrement. Soit on se bat soit on chute. Et je ne pense pas que chuter face parti de ses habitudes. Je l’avais pensé plus fort que ça, jugé plus combatif aussi et je savais qu’on avait besoin de type comme Sean. Des types avec un vécu, une expérience.

Je me suis pourtant relevé pour aller vers lui, m’asseyant là, juste en face de lui, lui attrapant la main sans lui demander son avis pour regarder ses blessures. Défaisant le bandage avant de palper les phalanges pour vérifier que rien n’était cassé ou déboité. Des gestes que j’avais appris récemment avec le toubib de la citadelle. Faisant craquer un doigt sans prévenir pour le remettre à sa place initiale. « Tu devrais nettoyer c’est pas très propre. J’ai ce qu’il faut chez-moi, viens. » Je me suis relevé, balançant les vieux bandages dans un coin avant de lui tendre la main. Espérant qu’il l’accepte plutôt que d’aller s’exploser tout seul. Ca ne servait à rien de faire ça. On était un clan, une famille, il était grand temps qu’il l’accepte et qu’il voit les choses comme elles étaient.






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D'accord. Un point de partout. Le fait est que je ne comprenais pas plus ce qu'il me disait que lui ne m'avait compris. Du coup, je lui traduisais : « J'ai dit que celui qui fréquente les enfants du diable court à sa ruine.» Qu'il en fasse ce qu'il voulait.  Ce n'était rien d'autre qu'une mise en garde éclairée de la part d'un homme qui savait à juste titre de quoi il parlait. À prendre ou à laisser.

Puis riant, je me foutais de sa gueule en le voyant tirer sur sa clope. Il ne fumait pas, Non. Vraiment ? Bizarrement, je ne m'en serais pas douté. Et voilà que ma tête se remettait à tourner, tourner, tourner. Comme autrefois la terre sous mes pieds lorsque le soleil se levait et qu'à son âge, je vivais. Libre. Un esprit sain dans un corps sain. Avant les coups, avant les viols à répétition, avant que les vieilles traces de morsures sur mon cou ne viennent trahir mon ancien statut d'esclave. Bien avant que mes amours ne tombent eux aussi dans l'oubli, puis que toutes les cicatrices que je cachais et qui me déchiraient la peau, ne finissent de tout salir. De tout gâcher. Abîmant la candeur même de cette jeunesse qui m'échappait. Arya. Nikolaï. Bien avant que la nuit tombe et que mes rêves ne se brisent contre les écueils de nos désillusions. Sur quoi, je réceptionnais mon paquet de cigarettes. M'en cramant une. Accro à la nicotine. Addict. Juste inconscient des risques que je prenais au vu de mon état de santé. Puisque je m'entêtais à nier. Ignorant les alertes que mon organisme m'envoyait, avec une constance déconcertante. Plus suicidaire que je voulais bien l'admettre. Le suivant des yeux quand il s'asseyait en face de moi.

Son mal-être enveloppant l'espace. Alors qu'il recommençait. À cracher son venin, un peu comme il recrachait la fumée de sa clope. Largué, qu'il prétendait. Jazeem Elijiah. Ce vampire qui me permettait de communiquer avec l'extérieur et As, du temps du manoir. Un traître à sa race, ni plus ni moins. Que l'enfoiré dont je portais les initiales sur le torse “L.M” des lettres tatouées au fer rouge, avait condamné à mort. Un bien rendu à l'humanité. Qu'ils crèvent. Tous autant qu'ils étaient. Qu'on les torture, qu'on s'en serve de sujets d'expériences, qu'on leur fasse mal et qu'on les brise. Ils le méritaient. Sans distinction. Sans pitié ni compassion. Bref. Juste décision. Laquelle me paraissait la meilleure qu'il ait pu prendre en l'état des choses. Et cognant l'arrière de mon crâne contre le mur en fermant les yeux, paupières fendues, j'essayais simplement de repousser tout ça au loin. De ne pas me rappeler. De forcer l'amnésie, les doigts se crispant et se rétractant sur mon paquet de poudre. Presque à le broyer. Jusqu'à ce que mon poing se referme entièrement. Dios te salve, María, llena eres de gracia … acquiesçant juste en silence. Mon regard errant encore quelques instants sous mes paupières closes.

Pour ensuite le reposer sur lui. Blessé. J'avais dû mal comprendre. Parce-qu'ici, je nous pensais tous égaux, tous semblables. Je ne savais pas qu'à Riverdall, on était plus chez l'un que chez l'autre. J'ignorais que je devais obéir et rendre des comptes. Du moins, sur ce qui me concernait et sur ce qui pouvait encore contribuer au peu de vie privée que j'entretenais.

- Chez toi ? Excuse-moi, j'avais cru comprendre qu'ici on était chez nous. Je ne savais pas que ces terres t'appartenaient, ni même que ceux qui y vivent te devaient obéissance. Mais j'ai dû mal comprendre… est-ce que je dois te dire merci ?

Amer. Je tranchais dans le vif. Mes yeux transperçant les siens. La glace de mes pupilles se transformant dès lors en brasier. Personne, non personne, ne me dirait plus jamais quoi faire. Quand le faire et comment le faire. Écrasant ma clope dans un geste fébrile au sol, et reprenant mon blouson, je prenais alors le parti de ranger mon sachet de coke dans une poche. Sujet clos. Ou pas…

- Non mec ! Toi et moi, on est pas raccord. Et j'ai passé l'âge de recevoir des leçons de morale. Encore moins de la part d'un gamin, entiendes !? Pequeño bastardo… et toi, est-ce que tu comprends que tes grands idéaux ne sont que des objets de manipulation ? Qu'ils font de toi ce qu'ils veulent. Qu'ils te poussent à penser de leur manière ? C'est ça pour toi la liberté, c'est d'être prisonnier d'une prison à ciel ouvert… alors tu as raison Amarok. Continue comme ça. Saisis la ta chance, et reste l'esclave d'une coalition qui t'oubliera une fois que les murs de l'île seront tombés. Mais ne me parle plus jamais comme ça, jamais. Tu crois savoir, mais tu ne sais rien. Mène-là jusqu'au bout ta guerre. Deviens à ton tour un sacrifice pour la cause. Et seulement après, on en reparlera. On en reparlera quand tu auras creusé ta tombe à mains nues et que tu auras été jusqu'au bout du chemin. Pour les tiens. À condition que tu saches encore qui tu es…

Qu'il s'enfonce bien ça dans le crâne. Parce-que là, il faisait face à plus fanatique que lui. Viva la revolución ! Entonces sí. Je me défonçais. Et ça ne datait pas d'hier pas plus que d'aujourd'hui. Des années de lutte. Qui ne seraient pas remises en cause par des jugements hâtifs et les leçons de vie d'un gamin qui ne savait rien. Reconnaissant ou pas, je ne baisserais pas les yeux.  Même si j'esquissais un mouvement de recul lorsqu'il se relevait pour n'en revenir s'asseoir que plus près. Trop proche. Donner des coups et en recevoir pendant des corps-à-corps, donc se toucher, s'empoigner,  correcto.  Les entraînements étant une chose, et le voir me prendre la main une autre. Tout mon corps se tendant malgré moi. Trahissant des choses que je gardais à l'abri sous mes vêtements. Le visage de nouveau fermé. Faisant un effort considérable pour ne pas retirer ma main de la sienne. Les lèvres sèches. Le souffle déjà plus erratique.

- Putain ! Qu'est-ce que tu fous, je t'ai rien demandé…

Rien du tout, ni aide ni pitié. Rien. Et grimaçant, je le fixais. Défaire mon premier bandage. Sans lui expliquer que parfois j'avais besoin de décompenser. En proie à de violentes crises psychotiques . Halluciné. Et que du coup, je cognais contre des murs. Jusqu'à m'en briser les os. Jusqu'à ce que mes mains pissent le sang. Pour me laisser suffoquant et sans force. C'était le deal. Puisque mes prises de cocaïne ne suffisaient plus à dissiper ce sentiment de chute qui m'étreignait. C'était ça ou frapper sur les autres de toute façon. Les bras d'Alejandro restant le seul endroit où je me sentais en sécurité. Pris dans sa chaleur, enveloppé. Il était… mon dernier refuge.

Sans lui… qu'importe que ce soit juste ou pas. Qu'on l'ait choisi ou non. Il restait cet homme sur lequel mes émotions se déversaient. Mon seul catalyseur. Néanmoins, je me refusais à laisser transparaître tout ça. C'était à moi, et ça m'appartenait. Le craquement en provenance de ma phalange initiant un premier pincement au niveau de mes lèvres. Surpris. Mais pas douloureux.

- Pourquoi tu fais ça ?

Pourquoi… me proposer de le suivre chez lui. De soigner mes mains. En quoi ça pouvait lui importer ? Je crois qu'au fond, toutes ces années de conditionnement m'avait fait perdre de vue ce que devait être l'humanité. Tous les changements survenus ces derniers jours commençant à fissurer ma carapace. Alors j'acceptais. De le suivre. Sans pour autant oser accepter sa main tendue. Trop tôt. Trop sauvage encore. Trop peu en confiance avec ces autres qui m'entouraient. Mes mains revenant s'enfoncer dans mes poches après que j'ai remis mon blouson. Du cuir. Clouté. La capuche de mon sweat dissimulant en partie mon visage quand je la rabattais sur ma tête.

- Dis-moi un truc Amarok, qu'est-ce qu'on connaît de si génial que ces bourgeois qui se laissent aller au fond de leur canapé ne savent pas ? Parce-que ça m'échappe… et je ne suis pas ton ami. Jefe. Toi, ressaisis-toi. Pour le bien de tous, et ceux qui croient en toi.

Ceux qui ne le défiaient pas. Ceux qui ne doutaient pas de la voie qu'il leur montrait. Puis je passais devant lui pour sortir. Prenant la direction de sa maison sans l'attendre. Fixant l'horizon et songeant à cette famille que je n'avais plus revu depuis douze ans. Mamá. Mi padre. Et puis ce petit frère que je n'avais pas vu grandir. Gabriel. Comme l'ange… conscient que Tullamore possédait les clefs du monde...


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Perdóname. Si sueñas con otro yo, otra vida. ¿Cómo podría engañar a la muerte cuando ella sonríe? Una vez más, una noche más. Perdóname. Si el volcán profundo de mí no sale. Si la furia de los recuerdos no vuelve. Perdóname. Nadie sabrá mejor que tú...
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Nunca seras un rebelde
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Si moi je ne savais rien lui n’était qu’ignorance. Inculte du monde extérieur et de la vie qui se passait dehors. Il parlait sans la moindre réflexion. Me faisant presque sourire de façon ironique face à la situation. Après ça c’était moi le gosse ? Le donneur de leçon ? Qu’il le veuille ou non, oui on était ici chez nous. Mais cette ville, ces murs, cette protection, cette barricade c’était à Scott et moi qu’il la devait. C’était nous qui avions pris les choses en mains pour leur offrir une vie au péril de la nôtre. Qu’il ne l’oublie pas. Sans loi, sans code, le monde ne serait qu’anarchie. On ne faisait pas ce que l’on voulait et les code de Riverdall était les nôtres. Que ça lui plaise ou non. Et s’il refusait éperdument de rentrer dans les rangs alors qu’il parte. Qu’il aille ailleurs là où personne ne pourrait lui briser ses couilles je ne le retiendrais pas. Sean était instable émotionnellement, c’était comme ça que je le voyais. Alimenté par sa haine, par les souvenirs d’un passé douloureux, victime de ses émotions qu’il ne contrôlait pas. Un enfant perdu dans les enfers d’un passé torturé. Alors je n’avais pas de scrupule à lui dire le fond de ma pensé, moi l’enfant de 21 ans qui ne savait soit disant rien. Mais des choses j’en connaissais, bien plus que lui à l’évidence, lui qui ne voyait rien d’autre que sa haine, sa colère, sa frustration, sa détermination à briser, casser, anéantir chaque parcelle qu’il pouvait toucher. L’ignorance l’enfermait dans un noir constant, ce noir qui lui faisait peur, il lui suffisait simplement d’allumer une lumière mais pour ça fallait-il déjà trouver l’interrupteur. Il ne me faisait pas peur, il ne m’impressionnait pas, lui et ses grands airs d’ancien rebelle victime des murs du manoir de McGuinness.

« Parce que je suis humain et que tu fais partie de mon peuple. Tu as beau penser le contraire je t’ai protégé durant les bombardements et non l’inverse. T’es perdu, largué, aveuglé par ta rage et tu te penses plus raisonnable que moi ? C’est toi qui ne sait rien Sean. Il y a encore trois ans en arrière j’étais là-bas, de l’autre côté. Moi je me souviens de ce monde et crois-moi il est bien plus moche que tout le reste. J’ai vu les hommes, des hommes Sean, nous parquer dans des réserves parce que nous sommes trop bronzés à leur goût, nous les sauvages. Peu importait ta nation. Amérindien, Chinois, Arabes, Mexicain, si tu n’étais pas blanc comme la neige on t’enfermait, te soumettant à des lois impartiales et surtout spartiates. Alors imagine un Chinois couchant avec un Amérindien. J’ai vu l’homme que j’aimais mourir selon des méthodes moyenâgeuses parce qu’il était homosexuel. Ouvres les yeux Bastardo, les monstres ne sont pas ceux que tu crois. Et ici, ces murs, cet endroit il tiens debout parce que nous l’avons construit. Si tu n’es pas contant tu connais la porte de sortie. Entiendes ? » Je lui parlais, sans prendre de gants, lui disant les choses sans me soucier de savoir s’il le prendrait mal. Ca ne m’importait peu, j’étais las, fatigué d’écouter et de donner aux autres ce qu’ils voulaient pour les rassurer. Cela faisait deux ans que moi on ne me demandait pas ce que je voulais à l’exception de Magna. Je leadais, je dirigeais, je rassurais mais je n’étais qu’un enfant, il avait raison sur ce point. Un enfant qui avait vu trop d’horreur pour son jeune âge. Un enfant trop mature, lancé dans le bain sans avoir eu le choix de donner son avis.

Alors mon avis je le lui donnais, le laissant entrer pourtant entre les murs de ma maison. Cette maison que j’avais reconstruite à la sueur de mon front. Un endroit simple. Une pièce à vivre, une chambre et une salle de bain. L’eau chaude et l’électricité je le devais au générateur que j’éteignais pour économiser l’énergie. L’allumant seulement pour les besoins vitaux, comme pour chauffer le ballon d’eau. Choisissant de boire la bière un peu plus chaude. Conservant ma viande en la faisant sécher ou dans le sel plutôt que de perdre cette énergie précieuse en usant d’un frigo inutilement. M’éclairant à la bougie. Je me débrouillais. Ne faisant qu’un avec la terre, avec ce qu’elle voulait bien me donner. Donnant le reste à ceux qui étaient vraiment dans le besoin. Je chassais, je péchais, je cultivais. Voilà comment j’avais choisi de vivre, moi l’enfant. Moi l’ignorant. Je l’ai laissé là un instant alors que je suis allé chercher de quoi lui nettoyer la plaie. Son assurance mensongère il pouvait se la garder pour lui. Il me jugeait, mais valait-il mieux ? Lui et sa drogue, lui et ses addictions, lui et sa persuasion de mieux savoir que nous parce que lui avait connu l’esclavagisme. S’il savait. Je n’avais pas eu besoin d’être enfermé dans une cage pour me sentir esclave de la civilisation. En Oklahoma, je n’avais pas eu le choix et notre avis, on ne le demandait pas. Couvre-feu, heures de sortie, signature d’un registre et j’en passe. Au lieu de faire un pas en avant l’humanité avait fait un pas en arrière. Lui au moins il a été préservé de ça. De la vision d’un monde qui s’effondre sous l’effervescence des envies surdimensionnées de la race humaine. Celle que lui pense parfaite.

« Les monstres ne sont pas ceux que l’on croit. » Je l’ai invité à prendre place sur une chaise, posant une bassine d’eau tiède, des pansements propres et de l’alcool à côté de moi. Venant reprendre sa main pour la nétoyer avec un tissus imbibé d’eau et d’alcool mélangée. « La coalition tiendra même si tu penses le contraire et tu sais pourquoi ? Parce que si Tullamore tombe, si on gagne, que ce soit les vampires, les lycans, ou encore les créatures d’un autre genre, ils n’ont rien à y gagner en leur donnant raison de nous enfermer. La race humaine est en nombre supérieur à eux, ils sont tombés une fois, ils retomberont. Moi j’ai envie d’y croire. Et toi tu as tort. Tu as tort de penser le contraire. Ce n’est pas à moi de me ressaisir Sean. C’est à toi de le faire. Tu le vois de tes propres yeux l’avantage que j’ai acquis face à tous ces bourgeois qui le soir s’effondrent dans leur canapé en se plaignant de leur journée de boulot merdique. Moi je n’ai besoin de rien ni de personne. Et personnellement je survivrais à l’apocalypse. Pas eux. » Je parlais, ne le regardant pas, focalisé sur ce que je faisais, sur cette plaie que je nettoyais, lui bandant la main soigneusement avant de le relâcher. Décapsulant une bière tiède pour la lui donner. « Je ne suis pas ton ennemi tu sais. Je ne serais jamais l’ennemi de qui que ce soit. Cela dit si on fait du mal aux miens, je me défendrais, je les défendrais eux, je tuerais s’il le faut. Mais je sais au plus profond de mon être que je ne serais jamais le méchant de l’histoire. Apprends de ton histoire mais n’en sois pas victime. » J’ai bu une goulée de bière, reprenant place sur la chaise en face de lui.

Des choses, j’en avais tellement à lui dire, à lui qui me pensais immature, inculte de ce monde. Qui était persuadé que je ne savais rien alors que je savais tout. J’observais, j’écoutais, j’entendais. Parfois je pouvais passer des heures entières dans ne dire aucun mot, juste parce que j’appréhendais le monde autour de moi. « Je ne sais pas si tu te souviens, si tu l’as connu. Ezechiel. C’était un rebelle. Tout comme moi, tout comme toi. Je ne l’ai pas connu quand il était encore un homme. Je l’ai toujours connu vampire. Mais son histoire je la connais. Il était malade, mourant même, transformé par Elijiah alors qu’il avait déjà un pied dans la tombe. Aujourd’hui il est mon meilleur ami. Il est pour moi l’un des hommes les plus empathique que je connais. Je ne connais pas ton histoire à toi mais tu transpire la culpabilité. Pourquoi ? Je ne sais pas et très franchement je m’en fous. Mais tu devrais essayer de te pardonner plutôt que de te détruire. Quant à la drogue. Je te suspends de tes fonctions le temps que tu te soigne. Je ne te demande pas obéissance. Tu es libre, tu n’es pas esclave ici et personne ne te retient de partir si nos règles ne te plaisent pas. Mais si tu refuses de laisser les autres te protéger laisses-moi protéger les mômes que tu formes. Scott et Magna seront de mon avis et tu sais que j’ai raison. Détruis-toi si ça te fais plaisir mais ça c’est ta décision, à toi. Ne leur impose pas ce que tu t’imposes, ils n’ont pas signé pour ça. » Personne n’avait signé pour voir les autres s’auto détruire. Qu’il apprécie ou pas mes méthodes ça n’avait pas d’importance pour moi. Mais que ça lui plaise ou non c’était moi l’un des deux chefs de la communauté et non lui. A lui de se faire à l’idée de se faire diriger par un gamin. Mais cette communauté elle était là grâce aux épaules de Scott, grâce aux miennes et pas aux siennes. Et il était temps que Sean se retrouve. Qu’il trouve l’interrupteur et qu’il revienne à la lumière. Mais pour ça fallait-il déjà accepter de se faire aider.






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- Gracias.

Juste merci. Ouais. Un putain de merci… qui m'arrachait la gueule lorsque je le prononçais. Douloureux. La mâchoire se crispant jusqu'à m'en faire mal. Détestant juste ressentir ce que je ressentais à ce moment précis. Alors que mes dents s'enfonçaient dans ma lèvre inférieure.  La rougissant à cause de la force mécanique de la morsure. Un goût dégueulasse de bile remontant aussitôt dans ma gorge et que je recrachais sous forme d'un  “gracias”. Démuni de sens et de sincérité. Parce-que ma survie, je ne la devais plus qu'à moi-même.

C'est vrai. Déjà pas très fier de ne plus être que la moitié d'un homme. Et qu'on vienne encore m'enlever le peu de mérite qu'il me restait, ce peu de dignité et de masculinité que je gardais, ça passait plutôt de travers. Entonces sí. Gracias. Est-ce que ça allait mieux maintenant ?

Est-ce que…

… j'avais l'air assez reconnaissant comme ça. En tout cas j'espérais l'être suffisamment pour satisfaire son ego. Assez… si je le savais. En fait, et pour dire vrai, je m'en battais les couilles. Plus rien ne comptait. Plus rien n'avait d'importance, je me sentais vide. Comme mort. Démuni. Sans emprise ni prise sur ce qui m'entourait. En chute libre. Incapable de me rattraper, et je courais. Après tout ce qui m'échappait. Pourtant, j'aurais souhaité, vraiment voulu, que de son côté il fasse au moins l'effort de me témoigner un minimum de gratitude quand je le remerciais. Gracias, gracias, gracias. Pour quelque chose que je n'avais pas demandé. Jamais. Ni à lui, ni à aucun autre d'ailleurs. Lui accordant dès lors une importance illusoire. Une importance pathétique. Mais je regrettais. Mon peuple à moi ne pactisait pas avec les ennemis d'hier. Les miens n'iraient pas s'asseoir à la même table que des créatures sanguinaires et esclavagistes pour soi-disant parlementer. Donc forcément. Bien sûr et évidemment, que c'est par défaut que je lui accordais avec mépris ce merci qu'il me donnait tellement l'impression d'attendre. Puis surtout, par-dessus tout, qu'il s'estime déjà heureux que je ne lui saute pas à la gorge. Pour lui démolir le portrait. Quitte à me faire démonter, les mains toujours enfoncées dans mes poches. L'écoutant me raconter. Sa vie d'avant. Comme si on devait se mesurer sur ce terrain là aussi. Comme si tout ce qui s'était produit à l'extérieur pouvait avoir plus d'importance que ce qui se jouait ici. Sauf que je n'avais pas choisi de me retrouver enfermé entre les murs de River Crow. Chacune de ses paroles me semblant plus déplacée que la précédente.

Parce-que je regrettais, mais les monstres étaient exactement ceux que je croyais. Eux. Pas nous. En même temps, quand on s'envoyait un suceur de sang et de moelle, forcément… alors ils tomberaient. Tous. Qu'il s'agisse de vampires ou bien de ces petits imbéciles qui voulaient croire le contraire. Sans discernement. Ensuite, chacun s'arrangerait avec sa conscience. Mais pour ma part, je savais d'ores et déjà qu'il n'y aurait plus de compassion. Envers quiconque. Aucun pardon, aucune sorte d'acceptation. Tant pis. Juste tant pis, j'assumerais. Comme toujours. Mes choix, mes décisions et mes prises de positions. Qu'importe qu'on me trouve trop fermé ou qu'on me juge ignorant, inculte et j'en passais. Qu'on se le dise, envers ceux qui trahissaient, je n'aurais plus de pitié. Jamais. Mais qu'il réfléchisse un peu.

Qu'il comprenne que si je poussais mon fanatisme à l'excès, c'est que peut-être derrière, il y avait une raison. Valable. Qui venait justifier à elle seule tout le reste. Nikolaï. Mon Niko, Niko, Nikolaï. Malade, abusé, soumis à un connard d'esclavagiste après avoir assisté au meurtre de ses parents et au viol de sa mère. Est-ce que ça avait moins de valeur que ce qui était arrivé à son mec à lui ? Est-ce que c'était moins grave qu'un gosse séropositif subisse les assauts d'un pervers, psychopathe et meurtrier. Est-ce que...

Pourtant, pourtant… je le suivais. Rêvant au monde extérieur. De l'autre côté de ces murs qu'ils avaient construit, lui. Avec sa jeunesse, et son manque d'expérience. Pas le bon leader. Pas l'homme de la situation, selon moi et d'autres. Il n'empêche que pour l'instant, j'étais ici. Et pas ailleurs. Ici. Prêt à assurer ses arrières. Encore que. Qu'il ne me pousse pas trop vers la sortie, conseil d'ami. Il savait ce qu'on disait… les amis de mes ennemis… et je n'aurais plus une seconde d'hésitation.  Bercé par des dogmes révolutionnaires, fidèle de Castro. Disciple d'Ernesto Guevara. Tout sauf lucide. Aboyant en premier et m'offusquant d'être mordu en retour. Moi, et cette vague de tristesse qui me submergeait. Ouais. Du coup, je préférais la fermer. Me taire. Ne pas répondre lorsqu'il me répétait que les monstres n'étaient pas ceux qu'on croyait. Allant m'asseoir sur la chaise qu'il me montrait. Le laissant simplement reprendre ma main et me fixant dessus.

Les dents toujours serrées. Inspirant et expirant aussi calmement que possible. Jusqu'à sentir les battements de mon cœur ralentir, à peine. Si peu. Ne relevant les yeux sur lui que pour lui souhaiter bonne chance. Qu'il y reste, seul. Sans personne.

- Tant mieux pour toi si tu n'as besoin de personne. Tu crèveras seul.

Sans personne… choisissant de revenir m'enfermer dans le silence, je rebaissais la tête. Qu'il tue. Qu'il défende les siens, moi je ferais ce que je devais le moment venu. Victime ou pas. Puis qu'il continue à se voiler la face, à jouer les aveugles qui ne voulaient pas voir qu'une fois hors de ces murs, tout recommencerait. Comme avant. Les royaumes vampiriques. Les guerres. Et tout ce qui allait avec, tout.

Voilà tout ce que j'avais encore à lui dire. Froid. Distant. Entier et rongé de l'intérieur par cette maladie que ses potes les suceurs de sang m'avaient refilé. Ma voix s'éteignant dans un souffle. Muet. Contrarié et agacé devant ce dialogue de sourds. Pire quand il me suspendait de mes fonctions. Me privant de la seule chose qui me donnait le courage de me lever le matin. En ayant pris soin de d'abord me bander la main et de me tendre une bière. Bière que j'attrapais, et que je gardais entre mes doigts. Le fusillant du regard.

- Je me fous d'Ezechiel, comme je me fous de toutes tes suppositions. Et arrête avec tes vampires ! Arrête putain… qu'est-ce que tu cherches à faire en me racontant ta vie ? La mienne s'est arrêtée il y a trois ans quand j'ai cru qu'on avait tué Nikolaï par ma faute. Et toi.. il n'y a plus rien à pardonner. Tu peux t'enfoncer ça dans le crâne ? Tu parles trop Donoma. Reste avec tes certitudes et fais ce que tu penses être juste. Mais tu as raison sur au moins une chose, peut-être que je devrais me tirer. J'ai plus rien à foutre ici…

Rien. Si seulement Alejandro n'était pas là. Si j'avais la force de bouger sans lui, de tourner le dos à toute cette merde qui me débectait. Puis je me relevais. Faisant racler les pieds de la chaise au sol alors que je lui tournais le dos pour vider ma bière cul-sec. Tout ça, je ne pouvais pas l'entendre. Surtout pas maintenant, maintenant qu'il ne me restait plus rien.

Former les jeunes, c'est tout ce qui me tenait debout. C'est tout ce qui me permettait de ne pas sombrer complètement, parce-que tous ces mômes étaient remplis d'espoir. Comment j'allais expliquer ça à Daley ? Ce gamin et moi, on étaient tellement proches…

Et toujours de dos à Amarok, j'ouvrais l'un de mes bras en croix. Celui au bout duquel se trouvait la main qu'il venait de soigner. Écartant les doigts, pour lui demander : « Est-ce que pour ça aussi je dois te remercier ? »

Le front brûlant. Les joues chaudes, et le sang battant mes tempes...


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Perdóname. Si sueñas con otro yo, otra vida. ¿Cómo podría engañar a la muerte cuando ella sonríe? Una vez más, una noche más. Perdóname. Si el volcán profundo de mí no sale. Si la furia de los recuerdos no vuelve. Perdóname. Nadie sabrá mejor que tú...
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Amarok Donoma
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Nunca seras un rebelde
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« En fait t’es vraiment qu’un con Ezderna. » Des mots simples qui se sont échappés presque sans le vouloir. Des mots qui fuyaient mes lèvres alors que je sentais la rage monter dans mes veines, un poison mortel que je tentais d’enfouir comme je le pouvais ces derniers temps. Un con qui pensait sans vraiment réfléchir et qui ne voyait vraiment rien d’autre que ses propres certitudes et son propre passé. Une histoire dont il n’est pas le seul à avoir participé au récit mortel qu’était River Crow. On y était presque tous, peu importe dans le camp dans lequel nous étions, on avait connu l’oppression, l’horreur, il se pensait seul dans sa peine et sa souffrance ? Je le suspendais non pas pour le punir mais pour protéger ces gamins qu’il prétendait aimer. Les protéger de lui parce qu’un drogué n’est jamais lucide, les jugements d’un drogué sont toujours faussés, il pense avoir raison alors qu’il a tort. Les junkys ne sont rien d’autre que des parasites pour leurs proches. Un danger permanant pour autrui mais également pour lui. Quand serait-il du jour où trop défoncé il n’aura pas les capacités de préserver ces gamins si l’un d’eux tombe sur l’ennemi ? L’ennemi que lui considère comme étant ce nouveau messie, ce nouveau peuple à rejoindre, ces monstres qui se contentaient de nous regarder mourir un à un, bien au chaud dans leur salon, le postérieur vissé dans leur canapé, une bière bien fraiche en main, fixant stupidement l’écran de leur téléviseur. Il pensait que c’était eux les sauveurs ? Ces monstres qui créé des lois raciste, fasciste homophobe. Qu’il se regarde, il ne sera rien d’autre que ce métèque sodomite à l’extérieur.

« Tu as cru, ça veut dire qu’il est vivant. Moi ils l’ont tué sous mes yeux, ils lui ont brisé les os, un à un avec une barre de fer pour qu’il avoue ses crimes, le seul crime d’avoir aimé un homme et ils lui ont arrêté son cœur, simplement, comme un animal. Une simple injection et c’était terminé. Tu penses que ces hommes dehors sont les sauveurs de l’humanité ? Ils en sont les destructeurs ! » Je répondais venant frapper sur la table, en colère de par sa réaction de par ses paroles, de par sa propre stupidité. Il vivait dans la rancune c’était son droit mais ce n’était pas comme ça que nous avions était formé, nous avions été formé pour protéger les plus faibles, pour préserver notre peuple, c’était notre serment. Nous avons donné de notre personne, laissant une partie de notre âme dans les sous-sol de la fondation pour ça, on a promis de donner notre vie pour ça, de se battre, de faire ce qui était juste et non pas ce qui était injuste et lui détruisait tout ça avec ses paroles et ses spéculations. Qu’est-ce qu’il pensait ? Que je voulais me faire remercier pour ce que je faisais ? Je le faisais parce que j’avais la force de le faire, parce que je n’avais ni les idées, ni le cerveau embrumé par des drogues, par des idéaux radicaux sur ces peuples qui nous entouraient, parce que je savais regarder, parce que j’écoutais. J’écoutais la terre autour de moi, je laissais mes sens réagir a toutes ces vibrations, à tout ce que je tentais de comprendre et d’apprendre depuis que j’ai réalisé qui j’étais vraiment. C’était en moi. En moi. Suis-je autant un monstre que les autres à ses yeux ? Me condamnerait-il pour ça aussi ? Pour mon histoire, pour avoir découvert ce que mon propre père a tenté de me cacher durant toutes ces années ?

Qu’il le fasse grand bien s’en fasse ! Je me sentais jugé pour des actes que je n’avais pas commis, montré du doigt, critiqué alors qu’il ne savait et ne comprenait strictement rien à rien sur ce monde qui nous entourait. C’est là, à ce moment, que tout à changer, que je n’ai plus rien contrôlé. J’ai eu envie de crier, de lui hurler de sortir de chez-moi, ce à la place de quoi je l’ai fixé lui, d’un regard noir, plus sombre qu’à l’accoutumé. Les plantes autour de moi se sont misent à mourir. Une après l’autre, spontanément sans même que je ne puisse m’en rendre compte. Cet homme dégageait des énergies tellement négatives que je m’en sentais menaçais sans le vouloir. Tout semblait devenir soudainement sombre dans la pièce. Les flammes des bougies se sont misent à danser alors que la terre se serait presque mise à trembler. Je voulais le voir disparaitre là, sous ses propres pieds, enfouis, s’étouffant dans les profondeurs de la terre. Je le pensais malgré moi, tellement fort, que le parquet s’est mis à craquer, comme voulant l’engloutir pour l’entrainer dans les abysses. Le fixant, encore et encore, incontrôlable, sans même m’en rendre compte, incapable de me reprendre, incapable de me calmer, incapable de revenir à moi. Il m’insultait sous mon toit, menaçait mon peuple, crachait des abominations au sein même de notre village, attirant presque l’ennemi à nos portes pour des spéculations et de la rancœur. Sean était un danger pour nous, c’est comme ça que je me suis mis à le voir. Prononçant des mots dans ma langue natale, des incantations comme étant possédé soudainement par le grand esprit, me sentant envahis par la force des ancêtres alors que j’étais à des milliers de kilomètres de ma terre natale.

C’était là, dans mes veines, ça l’avait toujours été et ce soir ça se réveillait enfin sans même que je ne puisse m’en rendre compte. La bière que je buvais en est venu à se briser sur le sol et c’est le son de son verre brisé qui m’a fait revenir à moi. Réalisant enfin ce que j’étais en train de faire, paniquant face à ce qui était en train de se passer, ne comprenant qu’à moitié, réalisant la chose. Comment j’avais pu faire ça ? Je sentais mon sang bouillir dans mes veines, cette sensation électrique me parcourant, me sentant presque en paix avec ce que j’étais, laissant mes mains à plat sur cette table, en ressentant toutes les énergies qui se dégageait du propre bois que j’avais moi-même coupé pour la construire. Le fil conducteur de tout ce qui venait de se passer, souriant presque face à ce sentiment de satisfaction que je ressentais. J’avais sans doute failli le tuer, lui qui se trouvait en face de moi, mais tout ce que je sentais en moi n’était rien de plus que ce réveil. Entendant leur voix dans mon esprit. Une voix qui m’était tellement familière. Des mots chantaient dans cette langue qui n’appartenait qu’à nous. « Control-toi mon enfant »… C’est ce qu’elle disait. J’ai alors relevé les yeux vers lui, le fixant de nouveau, me redressant pour couper le contacte, ne touchant plus à rien. « Et moi suis-je un monstre à tes yeux Sean ? Une abomination de la nature ? C’est elle qui m’a fait ce cadeau, c’est elle qui dicte toute ma conduite et c’est elle-même qui sauvera ceux qu’elle juge apte à continuer de vivre. Elle a tous les droits et nous sommes là uniquement parce qu’elle le décide. Trahis-nous, mets notre peuple en danger et c’est dans ses entrailles que ton chemin s’arrêtera je t’en fais la promesse. »

Qu’il me traite de monstre, qu’il vienne me sauter à la gorge pour ce que j’avais laissé s’exprimer dans l’instant, qu’il fasse ce qu’il veut, mais personne ne pouvait comprendre ce que je ressentais. Ce sentiment de se sentir enfin entier. C’était magique, c’était unique, c’était intense. Et grâce à ce don je le savais que je pourrais tous les protéger sans la moindre difficulté. Riverdall était devenu ma terre et par conséquent celle de mes ancêtres et silencieusement je me promettais de la protéger des ennemis, des intrus, et de tous ces parasites qui tenteront de la détruire. Qu’il aille le crier sur tous les toits peu m’importais. Tout ce que je savais c’est que je renaissais enfin. Un cadeau, un présent de mon peuple que je pensais mort mais qui pourtant vivait aujourd’hui à travers moi. Ce peuple a la culture basée uniquement sur les vibrations de la terre, ce peuple qui la chérissait tant et qui apprenait à la comprendre en lisant à travers le vent, le son des feuilles dans les arbres, qui entendait les chants des loups comme étant une douce mélodie. Non il ne pouvait pas comprendre. Il m’avait simplement poussé à bout et rien que pour ça je l’en remerciais pourtant. Même si je savais que plus jamais il ne me regarderait de la même façon.






You better lose yourself in the music, the moment. You own it, you better never let it go. You only get one shot, do not miss your chance to blow. This opportunity comes once in a lifetime yo. The soul's escaping, through this hole that is gaping. This world is mine for the taking. Make me king, as we move toward a new world order.
     
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Sean Ezderna
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"Nunca serás un rebelde, mi muchacho."


Hasta la victoria siempre - Comandante



En fait t'es vraiment qu'un con Ezderna.

Le noir…
Dans un blackout total…
Une absence de réaction inquiétante…
Sans doute que je n'étais qu'un con oui, un connard.

Un mec insensible à leurs yeux. Qui s'interdisait de ressentir, de vivre. Alors est-ce que j'étais en colère ? Haineux. Indifférent à tout autre forme de souffrance que celle qu'il me fallait endurer. Enfermé dans un quotidien d'aliéné. Trop dur. Au moins en apparence, vu de l'extérieur. Refusant de suivre quiconque hors de ma réalité. Marcher ou crever. Psychologiquement perturbé, dépendant.

Rien qu'un enfant perdu…
Un homme à la recherche de son passé…
Encore jeune, mais qui se sentait déjà vieux. Un guererro.
Sangre mexicana…
Plus rien à pardonner. Un rebelde. Un revolucionario… implacable.
Formaté et formé pour ne plus ressentir la douleur…
Gracias por todo esto mi hermano, Aindreas.

Ne redevenant réceptif qu'entre ses bras à lui. Réconforté et porté par cet amour interdit qu'on partageait. Pris à parti au milieu d'un grand fracas. Éteint. Moins accessible de jour en jour, coupé du monde. Sauf lorsqu'il me touchait. Qu'il m'embrassait. Qu'il me serrait contre lui, un peu comme s'il ressentait ce besoin de protection que je n'exprimais jamais par des mots. Pas fragile. Juste désordonné, défiant n'importe qui sur cette île d'oser lever la main sur lui. De l'accuser à tort de choses dont il ne portait pas la responsabilité. Alejandro. Un O'Brian. Le neveu de la tête pensante de Tullamore. Et pour moi qui avait toujours cru au destin, tout prenait un nouveau sens.

Alors du bout des doigts, ma main redevenait un poing. Pendant que le bras que je gardais tendu, perpendiculaire au sol et écarté en croix, retombait le long de ma hanche. Eso es. Exactamente. Yo había creído. J'avais cru. On m'avait dit, fait croire. À sa mort. Pour mieux me mater, m'abuser. Me dissimulant son calvaire. Pour autant, je ne me montrerais pas désolé. Pas dans ces conditions.

Tu as cru, ça veut dire qu’il est vivant. Moi ils l’ont tué sous mes yeux, ils lui ont brisé les os, un à un avec une barre de fer pour qu’il avoue ses crimes, le seul crime d’avoir aimé un homme et ils lui ont arrêté son cœur, simplement, comme un animal. Une simple injection et c’était terminé. Tu penses que ces hommes dehors sont les sauveurs de l’humanité ? Ils en sont les destructeurs !”  

- Et tes nouveaux amis sont quoi eux, si les autres, tous ces hommes là-bas, dehors, ne sont que des destructeurs ?

Unique réplique que je lui donnais. Dans une opposition constante et agressive, ne manifestant pas le moindre sentiment d'insécurité quand il frappait sur la table. Son regard glissant sur mon dos, avec une hostilité venant lourdement appesantir l'atmosphère.

Le silence…
Les plantes qui mourraient, leurs feuilles se desséchant…
La bouteille de bière encore prise entre mes doigts se fracassant contre le mur, ses éclats de verre retombant au sol.
En fureur. Pas même conscient de mes gestes, alors que je me retournais…
Face à face.
Fou, toujours un peu plus dans l'excès…

- FAIS LE !!  Muéstrame que tienes bolas !

Qu'il aille jusqu'au bout, sans hésiter. Qu'il me la fasse fermer. ALLEZ ! Que la loi du plus fort soit la meilleure. Qu'il me montre combien il pouvait leur ressembler, à tous ces hommes qu'il méprisait. Et j'avançais. Vers lui. Toujours plus prêt. Mon rythme cardiaque augmentant d'un cran et montant très vite sous l'afflux d'adrénaline. Avant de se stabiliser. Les élancements dans ma poitrine se faisant plus denses, et intenses. Puis le calme plat. Coutumier de ce type d'altercation, qu'il s'agisse de vampires ou d'autre chose.

Les flammes vacillantes des bougies me renvoyant à de sales trucs. Au manoir. Qu'est-ce qui aurait encore pu m'effrayer après ça ? Puisque, après l'enfer, il n'existait plus rien. Ses intentions meurtrières ne s'arrêtant plus de faire échos à mes instincts les plus primaires. Qu'il aille se faire foutre. Je ne baisserais pas les yeux. Mon regard s'écrasant dans le sien, l'une de mes mains s'accrochant au dossier d'une chaise. Livide. Pas rassuré sous la sensation du parquet qui craquait. Mais droit. Stable sur mes pieds. Ne laissant rien paraître, plus qu'un martyr au cœur de pierre. Nous plonger dans l'obscurité ne suffisant pas à me faire reculer. J'avais vu pire. Vécu plus difficile, et si pour survivre je devais accepter de me plier à des conneries d'alliances contre nature parce-qu'un gamin inconscient pensait détenir la vérité, j'aimais encore mieux disparaître dans les profondeurs de la terre. Et je me répétais.

- Fais le… montre-moi qui tu es. Sorcier !

Calme. Bien trop calme. Alors qu'entre mes omoplates, des sillons de sueurs froides se mettaient à dégringoler. Oubliant le fait qu'en face de lui, je ne devenais qu'un homme. Un simple humain. Étranger à sa culture, étranger à cette langue dans laquelle il me menaçait.

Envie de le cogner…
De me faire allumer, d'en découdre et d'en venir aux mains…
Pourquoi est-ce que j'avais aussi froid ?
Mes doigts qui s'agrippaient à la capuche de mon sweat pour la retirer.

Puis tout s'apaisait. Mes mains qui restaient dans mon cou, chiffonnant le tissu de mon haut. Un vertige. Mes yeux toujours braqués sur lui, Amarok qui lentement reprenait le contrôle. Affichant un air plutôt satisfait, semblable à tous ceux qui détenaient le pouvoir. Sa bouteille de bière ayant fini comme la mienne, à la différence que ce qui le ramenait lui dans cette réalité que je fuyais ne contribuait qu'à d'autant plus m'en tenir éloigné. Lui et moi, on avait rien de commun. Rien qui puisse nous rattacher ou nous rassembler. Néanmoins, je ne lui planterais pas un couteau dans le dos. Honnête. Franc. Le jour où il serait mis au défit, il le saurait. Ce jour où je passerais de l'autre côté, ce jour qui se rapprochait dangereusement. En sachant que pour l'heure, j'assisterais moi aussi à la réunion qui s'annonçait.

En sachant que je ferais ce qui devait être fait si on s'avisait de s'en prendre à lui. Par loyauté. Encore un peu. Le temps qu'il me restait. Parce-qu'il ne pouvait pas le deviner, mais j'avais chassé Nikolaï de Riverdall. Faisant en sorte que ce village qu'il estimait être sien, ne soit pas menacé. Parce-que je n'étais tout bêtement rien de tout ce qu'il supposait. Il ne voyait qu'un aspect des choses.

- Non… à mes yeux, tu n'es qu'un gamin prétentieux. Qui fonce droit dans un mur. Les monstres ne te ressemblent pas tu sais, ce n'est pas toi l'abomination. Ce sont toutes ces choses qu'on t'enfoncent dans le crâne et qui vont à l'encontre des idéaux de la Fondation. Mais il n'y a rien de surprenant à ça. C'est un vampire qui t'a formé, le vampire avec lequel tu baisais. Alors ne te cache pas derrière ta mère la terre, et fais en sorte de tenir tes promesses. Seul. Comme un homme et pas comme un môme  blessé qu'on manipule.

Sí. Sólo un aspecto. Un lado de las cosas. Je ne voyais qu'un petit con. Pas un grand leader. Parce-qu'un grand leader ne menacerait pas un homme vulnérable.  Désarmé. Un homme dans son plus simple appareil, et qui n'avait que ses poings pour se défendre. Lâche Donoma. Trop orgueilleux, au sommet d'une illusion. Il pouvait bien se sentir satisfait, il n'en restait pas moins un instrument entre les mains de créatures sans scrupules. Sans valeurs ni morale. Une poche de sang en sursis, un sale gosse. Pas prêt à diriger. Irrespectueux. Qui jugeait inutile de prendre en compte l'expérience de ses aînés. De prendre le bon et de laisser le mauvais de côté pour essayer de trouver un terrain d'entente. Préférant me faire une démonstration de force. Dans l'espoir de quoi ? De s'imposer.

- Puis laisse-moi te dire qu'il n'y a rien de plus stupide que de menacer un homme vulnérable. De quoi est-ce que tu as peur ? Donoma.

De moi. De ce que je dégageais...
De cette rage qui m'animait ou de tous ces sacrifices que j'avais fait au nom d'une cause qu'il bafouait...
Dommage qu'il se trompe d'ennemi, dommage qu'il ne comprenne pas ça.


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Perdóname. Si sueñas con otro yo, otra vida. ¿Cómo podría engañar a la muerte cuando ella sonríe? Una vez más, una noche más. Perdóname. Si el volcán profundo de mí no sale. Si la furia de los recuerdos no vuelve. Perdóname. Nadie sabrá mejor que tú...
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