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 Soulmates Ft Egon

Djinn
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Date d'inscription : 13/11/2018

Soulmate



Le soleil se lève, balayant la nuit de ses rayons sans parvenir à en chasser la fraicheur.  La rosée glisse sur quelques feuilles et goutte sur ma peau que la lumière ne suffit à réchauffer. Le vent fait bruisser les feuilles, quelques unes se décrochent pour suivre sa course et mourir là où il les déposera, quand il sera las d'en dicter la danse. Il se glisse dans mes cheveux après avoir giflé mes joues. Un frisson de froids, le chant de quelques oiseaux au loin et j'ouvre les yeux, perdu. Mon premier réflexe est de chercher Egon, à mes côtés. Les brumes du sommeil qui se dissipent me révèle son absence. Il n'est pas là, je panique une seconde avant de me rappeler pourquoi celle d'après. Je ne suis pas notre chambre, je ne suis même pas dans une maison. Je passe ma main sur mon visage. J'ai du m'endormir, je crois que je ne l'avais pas fais pendant quelques jours... Ou semaines. Je ne saurait dire. Le temps passe vite et moi je ne fais qu'attendre qu'il me ramène Egon, le reste je l'oublie. Je m'assois, observant les arbres qui m'entoure, la quiétude des lieux semblent échapper à la folie qui embrase le reste de l'île. La Nature est insensible aux conflits des Hommes, dans le pire des cas, elle les subit. Ici, elle en semble préservé. Il n'y a que moi qui semble y penser. Je m'appuie contre un arbre pour me relever. La pression de mes doigts contre le bois, électrise mon être d'une décharge que j'assimile à de la douleur. J'en observe les écorchures sur le derme, me rappelant fugacement de cette peinture vermeille, laissé sur une écorce claire. Une échappé de quelques heures dans l'angoisse de cette solitude qui ne m'a jamais bien accompagnée.

Je les portes à ma bouche, y recueillant le sang séché, le goût métallique éveille une désagréable sensation en mes entrailles. Ce serpent qui s'y glisse, je crois que c'est la faim. Mais je n'en ai pas l'appétit. Je secoue la tête, puis retire, pensif, la terre sur mon pantalon. C'est l'impression d'être sale qui me saisit brutalement à la gorge, la serrant au point de plus parvenir à déglutir le plomb qui l'habite. Cette crasse, semblable à celle de l'asile, quand l'époque était à l'égarement et aux doutes. Je frotte le tissu, la chair en dessous, avant de finalement me redresser. Je me souviens du bruit d'une rivière dans l'obscurité de la lune, avant les ténèbres de l'inconscience. J'étais misérable lorsque j'ai rencontré Egon, je ne veux plus jamais l'être sous ses yeux. Je ne veux pas qu'il me trouve dans l'incertitude de ce que je suis. Il a donné tant pour me reconstruire... Je me redresse, un peu titubant, quelques larmes perlent à mes yeux, de cette vue temporairement trouble. Je fais quelques pas maladroit avant de retrouver une démarche plus assuré. J'avance un peu hasard, dans cette forêt autant que ma mémoire, essayant de rassembler ce qui m'a mené ici précisément.

Les jours se ressemblent, s'accumulent et s'entassent. Sans Egon pour les dissocier, j'ai l'impression de vivre la même en boucle. Il me manque. Il me manque au point où j'ai songé à m'arracher le cœur pour en faire taire la souffrance. Son parfum, le son de sa voix, l'intonation dont il plie les mots, son regard, ses lèvres délicatement  rosés comme sous une touche légère du pinceau. Je voudrai le voir apparaître devant moi et fondre sur lui, disparaître aux creux de ses bras, renaitre dans ses baisers. A chaque instant, je guette son retour. Je sais qu'il viendra, qu'il me retrouvera, j'ai une foi sans faille en lui, en ce qui nous unit. Je m'arrête une fois face à la rivière. J'ai quelques images, impossible à situer dans mon passée, où nous plongions dans des similaires avec Isaac avant de se réchauffer près d'un feu. Troublé de cette joie soudaine, Némésis de ce qui m'anime depuis que j'ai été jeté ici, je vacille, me laissant retomber sur le sol boueux. Je tâche mes vêtements, mes paumes, dessinant du doigts quelques symboles dans la terre humide, avant de l'aplatir brusquement. Mes émotions sont toujours imprévisibles brusque d'apparaître sans aucun prémices. La peur fait tourbillonner mon souffle, versatile comme ce vent qui soufflait tantôt. Je ne veux sombrer de nouveau dans la folie, mes mains souillées et cette sensation oppressante de la suinter, me ramène entre les murs capitonnées et son étreinte redoutable. Je retire à la hâte des vêtements qu'il me faudra laver aussi, avant d'avancer dans l'eau, la peau frissonnante de sa froideur.

Je me détend, m'enfonçant jusqu'à la taille, puis jusqu'à ne plus toucher le fond. Je laisse ma tête disparaître sous l'eau, refermant les yeux. Je peux sentir chaque parcelle de mon derme brûler sous un froid pénétrant; je le laisse s'infiltrer, geler puis détruire ce qui me salit. Je laisse le courant emporter la boue et le sang, traçant un chemin qui se perd ensuite. Je penche la tête sur le côte, une fois remonté, regardant mes doigts qui ne peuvent laisser un tel sillon. Dans un sursaut de lucidité, je pose ma main sur mon épaule cuisante qui s'engourdit pourtant. Je frémis lorsque j'effleure la plaie encore ruisselante, à vif. L'éclair d'une lame qui s'enfonce, l'incompréhension. Je tente d'écouter cette conversation qui résonne quelque part dans ma tête. - ... Dommage qu'on puisse pas savoir à leur gueule, à quel foutu race ils appartiennent. Quelques rires. - C'pas con c'que tu dis... Je me laisse de nouveau submerger, disparaissant de la surface. Je retiens mon souffle, concentré. - ...un foutu collier... c'est ça ! Un collier d'couleur pour savoir à quel bâtard on a à faire... Ils rient encore, avant de se tourner. L'un d'eux s'avance, tirant sur des cheveux sombres. - Qu'est ce t'en pense, toi, hein ? Ton foutu collier, il s'rait de quel couleur, hmm ? ça serait quoi pour les dégénérés comme toi... J'ouvre les yeux brutalement, touchant ce fond que je frôle du pied, pour remonter. J"aspire l'air, retenant un cri muet lorsque je ressens le couteau sortit, s'enfoncer dans mon épaule... Ils voulaient voir la couleur de mon sang, ne se rappelant plus si il était rubis ou non.

Je sors de l'eau, tremblant et secoué. Si je peine à rattraper mes souvenirs, ils s'imposent à moi avec la même brutalité que le présent. Mes dents claquent sous le froid et je me retrouve un instant interdit... Le feu s'est avant de se baigner qu'il faut le faire. Je soupire longuement, Egon aurait rit si il avait été là. ça m'aurait consoler et je serai venu me réchauffer dans ses bras et prêt de ce feu que lui aurait pensé à faire. Je remet mes habits à la hâte et entreprend de ramasser du bois, de ne pas perdre le fil. Je suis si fatigué. C'est rare que cela pèse autant sur mes épaules. Je me reprend pourtant, à genoux pour préparer le foyer. Isaac m'avait apprit et ça, je m'en souviens bien. J'en ai fais un bijou qu'Egon a un jour racheté à une vente aux enchères. Un bracelet aux pierres scintillantes, jouant avec la lumière comme les flammes ardentes. J'étais fier de réussir, principalement parce qu'Isaac en rayonnait. J'essaie de reproduire, mais mes mains sont maladroites de trembler. Je m'écorche la peau avec les pierres, les laissent souvent retomber. Je ne compte pas les tentatives, je les enchaines, obstiné. Comme lorsque j'ai cherché le chemin de cette maison que j'avais trouvé. Abandonné mais debout parmi les ruines. Elle était vielle, je la trouvais belle d'avoir une histoire... j'aurai aimé la dessiner... J'y suis rester plusieurs jours... j'ai oublié comment y retourner après l'incident. En cherchant, ce sont ces bois que j'ai trouvé.

Je souris en regarder les flammes s'élever, puis danser sous la vie qui les animent, j'en sens la chaleur me réchauffer. Je souris sous la beauté du feu, refermant les yeux. J'ai ramené mes jambes contre moi, les enserrant de mes bras. Je garde les yeux clos et comme tout le temps, je pense à lui. Je redessine son visage dans mon esprit, en connaissant les tracés par cœur, pour les avoir maintes et maintes fois reproduit. Il sourit alors qu'il me souffle qu'il revient vite. Qu'il n'en a pas pour longtemps.

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