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 Soulmates Ft Egon

Djinn
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Hyacinthe Lancaster
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Le soleil se lève, balayant la nuit de ses rayons sans parvenir à en chasser la fraicheur.  La rosée glisse sur quelques feuilles et goutte sur ma peau que la lumière ne suffit à réchauffer. Le vent fait bruisser les feuilles, quelques unes se décrochent pour suivre sa course et mourir là où il les déposera, quand il sera las d'en dicter la danse. Il se glisse dans mes cheveux après avoir giflé mes joues. Un frisson de froids, le chant de quelques oiseaux au loin et j'ouvre les yeux, perdu. Mon premier réflexe est de chercher Egon, à mes côtés. Les brumes du sommeil qui se dissipent me révèle son absence. Il n'est pas là, je panique une seconde avant de me rappeler pourquoi celle d'après. Je ne suis pas notre chambre, je ne suis même pas dans une maison. Je passe ma main sur mon visage. J'ai du m'endormir, je crois que je ne l'avais pas fais pendant quelques jours... Ou semaines. Je ne saurait dire. Le temps passe vite et moi je ne fais qu'attendre qu'il me ramène Egon, le reste je l'oublie. Je m'assois, observant les arbres qui m'entoure, la quiétude des lieux semblent échapper à la folie qui embrase le reste de l'île. La Nature est insensible aux conflits des Hommes, dans le pire des cas, elle les subit. Ici, elle en semble préservé. Il n'y a que moi qui semble y penser. Je m'appuie contre un arbre pour me relever. La pression de mes doigts contre le bois, électrise mon être d'une décharge que j'assimile à de la douleur. J'en observe les écorchures sur le derme, me rappelant fugacement de cette peinture vermeille, laissé sur une écorce claire. Une échappé de quelques heures dans l'angoisse de cette solitude qui ne m'a jamais bien accompagnée.

Je les portes à ma bouche, y recueillant le sang séché, le goût métallique éveille une désagréable sensation en mes entrailles. Ce serpent qui s'y glisse, je crois que c'est la faim. Mais je n'en ai pas l'appétit. Je secoue la tête, puis retire, pensif, la terre sur mon pantalon. C'est l'impression d'être sale qui me saisit brutalement à la gorge, la serrant au point de plus parvenir à déglutir le plomb qui l'habite. Cette crasse, semblable à celle de l'asile, quand l'époque était à l'égarement et aux doutes. Je frotte le tissu, la chair en dessous, avant de finalement me redresser. Je me souviens du bruit d'une rivière dans l'obscurité de la lune, avant les ténèbres de l'inconscience. J'étais misérable lorsque j'ai rencontré Egon, je ne veux plus jamais l'être sous ses yeux. Je ne veux pas qu'il me trouve dans l'incertitude de ce que je suis. Il a donné tant pour me reconstruire... Je me redresse, un peu titubant, quelques larmes perlent à mes yeux, de cette vue temporairement trouble. Je fais quelques pas maladroit avant de retrouver une démarche plus assuré. J'avance un peu hasard, dans cette forêt autant que ma mémoire, essayant de rassembler ce qui m'a mené ici précisément.

Les jours se ressemblent, s'accumulent et s'entassent. Sans Egon pour les dissocier, j'ai l'impression de vivre la même en boucle. Il me manque. Il me manque au point où j'ai songé à m'arracher le cœur pour en faire taire la souffrance. Son parfum, le son de sa voix, l'intonation dont il plie les mots, son regard, ses lèvres délicatement  rosés comme sous une touche légère du pinceau. Je voudrai le voir apparaître devant moi et fondre sur lui, disparaître aux creux de ses bras, renaitre dans ses baisers. A chaque instant, je guette son retour. Je sais qu'il viendra, qu'il me retrouvera, j'ai une foi sans faille en lui, en ce qui nous unit. Je m'arrête une fois face à la rivière. J'ai quelques images, impossible à situer dans mon passée, où nous plongions dans des similaires avec Isaac avant de se réchauffer près d'un feu. Troublé de cette joie soudaine, Némésis de ce qui m'anime depuis que j'ai été jeté ici, je vacille, me laissant retomber sur le sol boueux. Je tâche mes vêtements, mes paumes, dessinant du doigts quelques symboles dans la terre humide, avant de l'aplatir brusquement. Mes émotions sont toujours imprévisibles brusque d'apparaître sans aucun prémices. La peur fait tourbillonner mon souffle, versatile comme ce vent qui soufflait tantôt. Je ne veux sombrer de nouveau dans la folie, mes mains souillées et cette sensation oppressante de la suinter, me ramène entre les murs capitonnées et son étreinte redoutable. Je retire à la hâte des vêtements qu'il me faudra laver aussi, avant d'avancer dans l'eau, la peau frissonnante de sa froideur.

Je me détend, m'enfonçant jusqu'à la taille, puis jusqu'à ne plus toucher le fond. Je laisse ma tête disparaître sous l'eau, refermant les yeux. Je peux sentir chaque parcelle de mon derme brûler sous un froid pénétrant; je le laisse s'infiltrer, geler puis détruire ce qui me salit. Je laisse le courant emporter la boue et le sang, traçant un chemin qui se perd ensuite. Je penche la tête sur le côte, une fois remonté, regardant mes doigts qui ne peuvent laisser un tel sillon. Dans un sursaut de lucidité, je pose ma main sur mon épaule cuisante qui s'engourdit pourtant. Je frémis lorsque j'effleure la plaie encore ruisselante, à vif. L'éclair d'une lame qui s'enfonce, l'incompréhension. Je tente d'écouter cette conversation qui résonne quelque part dans ma tête. - ... Dommage qu'on puisse pas savoir à leur gueule, à quel foutu race ils appartiennent. Quelques rires. - C'pas con c'que tu dis... Je me laisse de nouveau submerger, disparaissant de la surface. Je retiens mon souffle, concentré. - ...un foutu collier... c'est ça ! Un collier d'couleur pour savoir à quel bâtard on a à faire... Ils rient encore, avant de se tourner. L'un d'eux s'avance, tirant sur des cheveux sombres. - Qu'est ce t'en pense, toi, hein ? Ton foutu collier, il s'rait de quel couleur, hmm ? ça serait quoi pour les dégénérés comme toi... J'ouvre les yeux brutalement, touchant ce fond que je frôle du pied, pour remonter. J"aspire l'air, retenant un cri muet lorsque je ressens le couteau sortit, s'enfoncer dans mon épaule... Ils voulaient voir la couleur de mon sang, ne se rappelant plus si il était rubis ou non.

Je sors de l'eau, tremblant et secoué. Si je peine à rattraper mes souvenirs, ils s'imposent à moi avec la même brutalité que le présent. Mes dents claquent sous le froid et je me retrouve un instant interdit... Le feu s'est avant de se baigner qu'il faut le faire. Je soupire longuement, Egon aurait rit si il avait été là. ça m'aurait consoler et je serai venu me réchauffer dans ses bras et prêt de ce feu que lui aurait pensé à faire. Je remet mes habits à la hâte et entreprend de ramasser du bois, de ne pas perdre le fil. Je suis si fatigué. C'est rare que cela pèse autant sur mes épaules. Je me reprend pourtant, à genoux pour préparer le foyer. Isaac m'avait apprit et ça, je m'en souviens bien. J'en ai fais un bijou qu'Egon a un jour racheté à une vente aux enchères. Un bracelet aux pierres scintillantes, jouant avec la lumière comme les flammes ardentes. J'étais fier de réussir, principalement parce qu'Isaac en rayonnait. J'essaie de reproduire, mais mes mains sont maladroites de trembler. Je m'écorche la peau avec les pierres, les laissent souvent retomber. Je ne compte pas les tentatives, je les enchaines, obstiné. Comme lorsque j'ai cherché le chemin de cette maison que j'avais trouvé. Abandonné mais debout parmi les ruines. Elle était vielle, je la trouvais belle d'avoir une histoire... j'aurai aimé la dessiner... J'y suis rester plusieurs jours... j'ai oublié comment y retourner après l'incident. En cherchant, ce sont ces bois que j'ai trouvé.

Je souris en regarder les flammes s'élever, puis danser sous la vie qui les animent, j'en sens la chaleur me réchauffer. Je souris sous la beauté du feu, refermant les yeux. J'ai ramené mes jambes contre moi, les enserrant de mes bras. Je garde les yeux clos et comme tout le temps, je pense à lui. Je redessine son visage dans mon esprit, en connaissant les tracés par cœur, pour les avoir maintes et maintes fois reproduit. Il sourit alors qu'il me souffle qu'il revient vite. Qu'il n'en a pas pour longtemps.

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Egon Lancaster
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Whatever our souls are made of, his and mine are the same.

"Hyacinthe Lancaster"

Une pierre rose. Un diamant éthéré rappelant la couleur d’un crépuscule d’automne. Plusieurs dizaines de millions d’euros. Oui. Une folie au prix indécent que j’avais pourtant décroché aux enchères. Je m’en souviens, de ça. De cet achat compulsif et de la joie de Hyacinthe face à la beauté si rare de cette pierre précieuse. Pour moi, cette joie valait bien quelques millions. Les souvenirs se lient. S’appellent. Notre mariage, près de la falaise. Ce même ciel, rose, presque chimérique de par l’intensité surprenante de cette teinte. Une lune de miel sous les aurores boréales. Un loft new-yorkais. Un chat dénudé de poil. C’en était presque cliché, cette vie. Deux homosexuels qui vivaient le rêve américain en se vautrant dans le luxe le plus total. Puis le cauchemar qui surgit. L’appartement sens dessus-dessous. Vide. Pas de Hyacinthe à l’horizon. La douleur de comprendre. De réaliser. La quête vers l’Irlande. Vers l’île-prison. Je soupire, réprimant un frisson à ces souvenirs qui se jouent ainsi dans ma tête, toujours avec la même clarté, si acérée qu’elle en est presque douloureuse. Le visage de mon mari n’a pas quitté mon esprit une seule seconde. Je revois ses yeux sombres et emplis d’innocence, cette naïveté joyeuse dont il transpirait. J’aimais me sentir indispensable. J’adorais le voir se reposer sur moi, me confier sa vie aveuglément pour mieux se consacrer à son art. Il était beau quand il créait. Il l’est encore, très certainement. Il est toujours en vie, quelque part sur cette île. Je le sais. Je le sens. Le lien qui nous unit transcende le temps et l’espace. Il a traversé les âges. Au fond de moi, j’ai cet instinct puissant, profond, qui me dit que Hyacinthe m’attend. J’aimerais qu’il puisse m’entendre. Comme une prière, je me répète ces mots dans la tête. Attends-moi, mon amour. J’arrive.

La vie en ces terres n’a rien de facile. Je m’y suis vite fait, pourtant, malgré le luxe et l’opulence auxquelles je m’étais habitué ces dernières années. J’ai beau être né d’une grande lignée, j’ai connu la dureté de la vie. J’ai foulé la terre pendant des décennies en me contentant de peu. De presque rien. Revenir à cette modestie forcée n’est pas grand-chose. Quelques siècles d’existence m’ont déjà permis de connaître la famine, la guerre, la cruauté, la torture ou l’humiliation. Rien de véritablement nouveau dans cet acte qui se joue aujourd’hui. Rien de nouveau, si ce n’est l’erreur fatale de m’avoir enlevé la seule et unique raison que j’ai de vivre. Et quand je l’aurais retrouvé, je ferai payer à ces hommes cette malheureuse erreur. Ma priorité, pour le moment, reste de retrouver Hyacinthe. Je l’imagine seul, perdu dans ces terres hostiles. Livre à lui-même. Malgré son grand âge, il reste si… Vulnérable. Depuis que nos chemins se sont croisés, il s’est reposé sur moi et j’ai pris goût à cette dépendance qui est née chez lui. Je l’avoue. J’avais plaisir à savoir qu’il ne pouvait pas se passer de moi, une satisfaction presque malsaine de me dire qu’il avait littéralement besoin de moi. Nous étions les deux faces d’une même pièce. Inséparables. Pourtant, aujourd’hui, je me dis que j’avais probablement tort de cultiver cette dépendance. J’aurais dû lui apprendre à se débrouiller seul. Lui apprendre à ne plus compter sur moi pour manger, pour lui dire de dormir, pour choisir ses vêtements. L’aurais-je trop cajolé ? Se retrouver du jour au lendemain du confort chaleureux de notre maison à la nature froide et dangereuse de l’île… Je me demande dans quel état il doit se trouver. Je me demande s’il a pu manger. Trouver un abri. Je me demande si les membres de l’organisation lui ont fait du mal. L’idée-même d’imaginer mon mari subissant les coups de ces vermines me fait serrer les poings. Ils paieront.

Nulle peur en mon cœur à cet instant. Pour Hyacinthe, je serai prêt à tout. Traverser les océans, combattre une armée toute entière, offrir jusqu’à ma propre vie. Hyacinthe est une fleur. Un diamant pur, un bijou qu’il faut protéger. Il est trop fragile pour ce monde, pour la violence sourde et acerbe qui anime les hommes et fait s’ériger des barrières pour emprisonner les créatures. Il faut le préserver de tout ça. De cette pourriture, cette engeance, qui souille ainsi ce monde que nous avons vu vieillir. Nous étions là bien avant, et pourtant… Si nous laissons les choses faire ainsi, nous disparaîtrons d’ici peu. Elle est bien loin, cette époque où ma lignée avait intégré le cœur de la société, s’étendant parmi les humains comme un cancer silencieux. Quelques siècles auparavant, rien de tout cela n’aurait pu arriver. Le monde a bien changé… Dire que nous étions au-dessus des hommes. Qu’il fut un temps où ils nous adoraient comme des dieux. Et aujourd’hui ? Ils nous enferment comme des bêtes… Ils ne font que souffler sur les braises d’un feu qui les engloutira tous crus. Ils n’ont pas idée de ce qu’ils sont en train de faire. Plusieurs jours, déjà, que je marche presque sans m’arrêter, à ressasser ces idées et ces ressentiments, à nourrir le feu de ma haine et de mon inquiétude. Je ne serai pas tranquille tant que je ne l’aurais pas retrouvé. J’ai besoin de le voir, de le serrer contre moi, de caresser les boucles sombres de ses cheveux et d’embrasser ses lèvres roses. J’ai besoin de savoir qu’il va bien. J’ai peur que sans moi, son esprit ne se brise. Je crains de le trouver dans le même état que je ne l’avais trouvé, quelques centaines d’années auparavant, dans cet asile de l’est de Londres. Une coquille vide. Je lui ai promis de prendre soin de lui, depuis cet instant. De le protéger. J’espère qu’il y croit encore et qu’il m’attend.

Hyacinthe. Je me répète son nom en boucle dans ma tête comme une prière. Comme pour l’invoquer et me donner de la force. Je me remémore les traits de son visage, l’expression naïve de ses doux sourires, l’éclat malicieux de son regard. Ces images me brisent le cœur quand je me rends compte que je suis seul. Et en même temps, ces bribes de mémoire me donnent de la force. La force de continuer d’avancer. Je ne me perds pas dans ce pays que je ne connais pas. À mesure que j’avance, je me souviens de chaque arbre, chaque racine, chaque pas. Je foulerai chaque centimètre carré de l’Irlande s’il le faut. Je m’en fais la promesse avec toujours ce feu qui brûle au fond de ma poitrine, cette volonté puissante de retrouver la moitié qu’il me manque. Dans cette quête presque mystique qui m’anime, j’en oublie la faim et la fatigue, animé par une force venue de nulle part. Le temps m’échappe. Combien de temps s’est-il écoulé depuis que Hyacinthe a été enlevé ? Une semaine ? Un mois ? Un siècle ? Je n’en ai plus la moindre idée. Alors, quand mon chemin croise finalement le sien, la surprise est telle que je peine à y croire. Je pensais devoir chercher encore longtemps avant de le trouver. Et pourtant, il se tient là, recroquevillé devant un feu de camp. La lumière danse devant ses yeux et le crépitement des flammes ponctuent le mouvement saccadé des ombres sur son visage. Je souris en me rapprochant d’un pas doux. Est-ce un rêve ? Une illusion ? La folie a-t-elle fini par me gagner ? Peut-être ai-je fini par sombrer dans le désespoir jusqu’à en perdre mon esprit…

« Hyacinthe ? » Ah, j’ai prononcé sans m’en lasser son nom dans mon esprit, mais aujourd’hui, pour la première fois depuis longtemps, il passe enfin la barrière de mes lèvres. « Je suis là, mon amour. » Je tombe à genoux devant lui pour le prendre dans mes bras avant de me reculer et poser les mains sur ses joues. C’est bien lui. Je le touche, il est bien réel. « Enfin, je te retrouve. »

Je souris, le cœur battant. Tout cela est bien en train d’arriver. C’est bien lui. Son odeur, sa chaleur et son corps. C’est bien ma moitié, là, enfin contre moi. Je sens un poids quitter mes épaules. Cette nervosité qui ne me quittait pas depuis sa disparition. Il est en vie. Il va bien. C’est ce qui compte le plus à mes yeux. Je me fiche de la richesse, des biens, du loft, de notre maison sur le bord de côté. Je me fiche du matériel. Tout ce qui a toujours compté, c’est lui.



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Les flammes se perdent en danses ondulantes, elles esquissent des courbes colorés qui explosent en gerbes d'étincelles. Elles viennent parsemer l'obscurité de l'infinité, celle qui se tisse dans les yeux d'Egon. J'y contemple ces étoiles qui n'ont pas d'âge, ces soleils qui explosent sans bruit et se perdent en lumières vivent. Je m'y perd et je pourrai m'y sentir et insignifiant, mais ces constellations n'excitent que pour moi, il n'y a que lorsqu'il me regardent, qu'elles naissent d'intensité et de passion. Je l'imagine sans peine dans les ténèbres de mes paupières causes. Ça me rassure, alors j'attends que le temps passe et me le ramène. C'est long. Je ne peux pas peindre, je n'ai que la toile de mon imaginaire et ça ne me suffit pas. Je veux extérioriser et exprimer. Je tourne en rond dans mon esprit, revenant à ces tableaux que je ne peux créer. Je soupire, rouvre les yeux pour observer le feu qui me rappelle les siens. Egon, tu me manques, chaque seconde un peu plus que la précédente. J'agonise que tu ne reviennes pas et je ne tiens que parce que je sais que tu le feras. Mais tu es long. Est ce qu'on tourne ? Est ce qu'on avance au même rythme sur le cercle que forme la prison ? Condamné à plus se croiser ? je suis prêt à ne plus bouger. Rester ici et alimenter la flamme de ton regard. Je pourrai tenir longtemps, celui qu'il te faudra pour me revenir.

Je somnole je crois. Je déambule sur un fil étrange, contemplant le crépitement des braises. Le son résonne jusqu'à esquisser des traits, des lignes à suivre jusqu'à en comprendre le dessin. Un bruit puis un autre, jusqu'à entendre mon nom. C'est son visage qui s'en peint. Lui qui fait naitre un sourire alors qu'enfin, je me love dans ses bras. C'est son coeur qui se perd à présent en croquis le représentant tous. Je me presse contre lui, respire son odeur, m'enfonce dans sa chaleur. En réponse à ses mains sur mes joues, je rouvre les paupières. - Je suis là. Lui aussi et mon monde se reconstruit de sa simple présence. Je me presse à ses paumes, un souffle long, soulagé, franchissant mes lèvres. Je reviens vite me serrer dans son étreinte. Mon attention se porte sur l'âtre et je souris. - Tu as vu ? J'ai fais un feu. Je lui dis parce que je veux qu'il sache que j'ai fais au mieux pour ne pas qu'il s'inquiète. J'ai remplis ce pacte quand on est séparé. Je reste en vie, je ne doute jamais de lui et lui, il me retrouve. J'ai pas tout maîtrisé, tout comprit, mais je suis là. Je veux qu'il soit fier, qu'il réalise que je serai jamais plus le fou dans son asile. Que pour lui, je veux être un moi meilleur.

Je cherche sa main pour la prendre dans la mienne et la poser dans mes cheveux, l'autre se glisse sous son blouson pour approcher d'avantage sa peau. Mon nez dans son cou, je respire. - Tu as été long, Egon. Je le soupire, sans l'en accabler. Je le constate juste et disparait un peu plus contre son torse. Je relève ensuite mon visage vers le sien, je l'admire et je souris, venant l'embrasser. Il comble un vide qui me pesait dans la poitrine au point de m'asphyxier. Je ne veux étouffer que de ses baisers. Je caresse ensuite son visage, mon pouce sur ses lèvres. Il est tellement beau. J'effleure sa peau. Il est tel que dans mes souvenirs, peut être plus éclatant. - Ils sont venus si vite. J'y repense en même temps que je me rappelle pourquoi il avait été absent. - J'ai essayé de ne pas les suivre, mais ils m'ont fait mal. Je frémis, comme si leurs douleurs m'étaient de nouveau infligés. Je met celle qui me tiraille l'épaule sur le souvenir. - Je n'ai pas aimé le voyage en bateau. Je me blottis, cherchant son réconfort. Je tente de faire le tri aussi, de replacer les évènements. - J'ai beaucoup marché. Je me tais, essayant de situer le château et la maison, mais c'est si flou.

Je ne lui demande pas si il va bien. C'est une évidence. Il est un Dieu qui marche parmi les mortels, un au-dessus qui daigne vivre dans leur monde. Ils devraient le voir, non ? Qu'Egon leur est supérieur. Et eux, ils l'ont forcé à venir s'enfermer ici. J'ai envie de leur faire mal. Je frissonne à présent de cette colère que je ne peux extérioriser. A la place, je pose ma tête contre son torse, écoutant les battements de son cœur. - Toi aussi, tu es vraiment là, hein ? Je me raccroche à son haut, soudain prit du doute. Je me suis peut être endormi, je manque de m'en rendre compte souvent.- Je ne veux pas me réveiller maintenant et que tu ne le sois pas vraiment.  

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